12 bénéfices potentiels à vivre en acceptant sa créativité par ES Vorm

Mon esprit bouillonne constamment d’idées qui tournent parfois tellement que j’ai du mal à en dormir.

Je commence plein de choses, je n’en finis aucune, désespérant chaque fois de faire quelque chose de bien, de vraiment bien… et en commence de nouvelles dans un espoir chaque fois renouvelé, chaque fois déçu…

Sur le site « Giftedness Revealed« , j’ai trouvé une exhortation à vivre en acceptant sa créativité, rédigée par Eric Stephen, Vorm, psychologue.

Je remercie Eric Stephen d’avoir si aimablement accepté que je reproduise ici son billet, traduit en français ( texte original).

« Vivre avec un cerveau créatif peut être parfois vécu comme un fardeau par certains surdoués.

Les projets s’empilent, les idées arrivent de toutes parts, l’anxiété apparaît en même temps que l’effort pour faire coller le produit fini à l’image mentale : ce sont là les obstacles courant que rencontrent les esprits créatifs quand ils s’efforcent d’équilibrer besoin de créer et besoin de dormir !

Ceci me renvoie à une citation merveilleuse que j’ai souvent vue utilisée dans les études sur la créativité. A mon sens, elle résume parfaitement ce qui se passe :

« Quel que soit son domaine de création, le véritable esprit créatif n’est rien d’autre que ça :   une créature humaine
née anormalement, inhumainement sensible.
Pour lui, un effleurement est un choc, un son est un bruit, une infortune est une tragédie, une joie devient extase, l’ami un amoureux, l’amoureux est un dieu, et l’erreur est la fin de tout.
Ajoutez à cet organisme si cruellement délicat l’impérieuse nécessité de créer, créer, et encore créer »

Certains adultes surdoués expriment leur frustration et leur insatisfaction face à ce besoin irrépressible de créativité qui semble parfois diriger leur vie.

Beaucoup expriment un sentiment d’anxiété à ne pas être capable de produire assez, ou au sujet de cette pression constante qui pèse tant sur eux. Pour certains, les succès rencontrés en tant qu’enfants précoces ont eu un impact inattendu : l’attente de productions ou de créations futures à des niveaux toujours plus élevés d’excellence.

Avec une telle pression sur les épaules, il est facile de comprendre qu’il y ait tant d’enfants surdoués et si peu d’adultes surdoués…

Mais qu’en serait-il si cette créativité n’était plus un tyran interne ? Qu’en serait-il si elle pouvait être apprivoisée, maîtrisée, et même exploitée ?  A quoi pourrait ressembler la vie quand la créativité s’exprime naturellement ? A quoi ça pourrait ressembler de voir ses dons se manifester d’une façon qui ait du sens et qui soit partagée, sinon avec le monde entier, en tous cas avec des amis proches ? Un petit tableau pendu au mur du bureau. Un court chant solo. Un poème tendre écrit pour un amoureux. La créativité n’a pas besoin d’être forcément médiatique, mais elle a surement besoin d’être cultivée, nourrie, et par dessus tout, d’être respectée chez chacun.

Ci-dessous, une courte liste des 12 bénéfices potentiels qu’il y a à vivre en acceptant sa créativité. Quand je suis créatif, je suis…

  • Dynamique. En recherchant le changement, en participant au monde qui nous entoure, se sentir connecté à une cause plus élevée, ou à quelque chose de plus large que soi ; ce sont des façons de vivre une expérience dynamique qui permet de se développer. Vivre en acceptant sa créativité nous permet de voir au-delà de ce que nous sommes et va exploiter une énergie qui ne peut être décrite, mais qui, d’une certaine façon, nous connecte tous.
  • Conscient. Je suis en phase avec mon moi intérieur. Je vis au présent et suis conscient de mes pensées, de mes émotions, et de mes actions, sur lesquelles je me concentre. Je ne mets plus en pilotage automatique et je ne laisse pas mes besoins profonds être dépassés par les circonstances. Quand je suis créatif, je suis attentif et conscient que j’existe, et le monde autour de moi.
  • En bonne santé.  C’est incroyable combien il est facile d’avoir une vie saine une fois le premier pas franchi. S’entraîner devient plus facile et même agréable (ok, pour quelques uns seulement…). Les décisions sont prises dans le meilleur intérêt de sa propre santé et semblent aller d’elles mêmes. Je me mets au lit plus tôt, je n’avale pas de barres aux cacahuètes enrobées de chocolat pendant la nuit, je me lève tôt et je m’offre un petit-déjeuner sain et mon jogging du matin. Ce sont les tous les à-côtés agréables que je remarque quand je vis ma créativité.
  • Pas sur la défensive. Comprendre nos émotions ne peut être possible que si nous sommes équilibrés. Quand ce n’est pas le cas, nous sommes sur nos gardes, et le plus petit incident peut nous mettre dans tous nos états. Quand nous sommes équilibrés, nous pouvons plus facilement recevoir des critiques, même si elles ne sont pas fondées, tout en restant objectif et ouvert à la communication. C’est une expérience très gratifiante de savoir que je n’ai pas besoin de réagir violemment à tout désaccord ou contretemps que je rencontre. Certains le décrivent comme la capacité à rester calme au milieu des éléments déchaînés. Plus je suis équilibré, plus je suis capable de comprendre, reconnaître et maîtriser mes émotions de façon saine, sans les étouffer ou les renier.
  • Ouvert. L’essence même de la créativité, c’est l’exploration. Etre ouvert à de nouvelles choses, à explorer le monde autour de nous n’est pas le seul bénéfice à vivre créativement : c’est un élément de cette capacité d’inspiration qui elle-même génère la créativité. Avoir l’énergie, la souplesse et l’ouverture d’esprit de voir et d’expérimenter de nouvelles choses développe notre capacité à percevoir et notre imagination.
  • Plus global dans mon approche. Quand je suis en forme, je trouve que j’ai tendance être créatif dans des domaines que je n’aurais jamais imaginés. Je découvre que je suis capable de mieux imprégner ma vie de ce que je suis en train de faire et réciproquement. Mon travail est alors plus complexe et plus riche, même celui qui a pu être à d’autres moments sans intérêt.
  • Observateur actif. Que ce soit physiquement passif ou actif, en m’engageant dans une participation mentale active et consciente, aussi bien en tant que simple auditeur qu’en tant que participant actif ; en dialoguant avec ce que j’observe, qui est lié à mes propres objectifs et en m’ouvrant aux nouvelles opportunités.
  • Attentif aux autres. Guidé par des valeurs et des préoccupations qui sont ancrées dans l’amour, la compassion et le sens du plus grand que nous ; conscient de notre interconnection et de notre unité.
  • Collaboratif. En travaillant avec les autres pour atteindre des objectifs plus élevés, en résolvant des conflits, en honorant chacun, en tant qu’être unique et élément d’un ensemble plus grand, nous co-créons.
  • Androgyne. Je peux établir des passerelles entre les dichotomies apparentes (par exemple sensible et assertif, intuitif et logique, gentil et fort) ; en restant ouvert à des liens encore inconnus avec d’autres êtres vivants, au-delà des stéréotypes et des limites sociales.
  • Développeur. Conscient de ce que notre développement personnel et celui de l’espèce est permanent (que ce soit sur le plan biologique, psychologique, culturel, biotechnique, spirituel) ; qu’il est en partie conscient ; qu’il nous implique soit seul soit dans un tout, et peut contribuer à produire une dynamique de changement et d’amélioration qui peut persister au travers de nombreuses générations.
  • Courageux. En acceptant, et même en décidant de courir le risque d’explorer l’inconnu, ce qui peut aller de la simple surprise à un changement total de paradigme qui a un impact déterminant sur la vie ; en ayant confiance dans ce qui arrivera et dans le fait que ce sera mieux ensuite.

« …au point que sans la possibilité de créer de la musique, de la poésie, des livres, des édifices, ou n’importe quoi d’autre qui ait du sens, il n’a plus de raison d’être.
Il doit créer, il doit se vider de sa créativité.
Par on ne sait quelle étrange urgence intérieure, inconnue, il n’est pas vraiment vivant à moins qu’il ne soit en train de créer. » (Traduit de Pearl Buck)

Il n’est peut être pas surprenant que beaucoup perçoivent leur créativité comme perturbante et même dangereuse.

En la laissant évoluer en toute liberté, il est vrai qu’elle nous rend impulsifs et esclaves de ses poussées.… Mais quant à capturer et dompter son essence dans notre quotidien…

C’est pourtant là l’étincelle qui peut enflammer toute une vie qui vaut le coup d’être vécue ; en transcendant les conventions de l’art, de la musique ou de la science. Sa présence peut nous permettre de réunifier nos différents « Moi » physique, émotionnel et spirituel dans ce que Michael Piechowski appelle une intensité  « vivante, absorbante, pénétrante, englobante, complexe, inspirante… la vie dans tous ses frémissements »*.

* Piechowski, M. M. (1991) Emotional development and emotional giftedness. In N. Colangelo and G.A. Davis (Eds.) Handbook of gifted education. Boston: Allyn and Bacon pp. 285 – 306

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