Agir contre le harcèlement

Parmi les billets en préparation sur ce blog : « Est-il vrai que les surdoués sont plus facilement victimes de violence ? » Je veux bien sûr parler des adultes.

Et puis il y a eu cette sollicitation que j’ai reçue, pour relayer la campagne : « Agir contre le harcèlement« ….


Les claques – Agir contre le harcèlement à l'École par STOPharcelement
10 % des collégiens rencontrent des problèmes avec le harcèlement et 6 % des collégiens subissent un harcèlement qu’on peut qualifier de sévère à très sévère (source : première enquête nationale de victimation au sein des collèges publics réalisée par Éric Debarbieux – 2011).

Ceci nous concerne tous :
Numéro d’appel national « Stop Harcèlement » : 0808 80 70 10 (appel gratuit depuis téléphones fixes et portables) – Un référent harcèlement a été nommé au sein de chaque académie.
– Numéro vert : 0820 200 000. Un numéro gratuit, anonyme, confidentiel et ouvert du lundi au vendredi de 9h à 19h.
E-mail : Posez vos questions de façon anonyme et confidentielle, un conseiller Net Écoute vous répondra en fonction de votre profil :
Élève : www.netecoute.fr/discuter.php?via=email
Parents : www.info-familles.netecoute.fr/contact.php?via=email
Professionnels de l’éducation : www.netecoute.fr/discuter.php?via=pros
Chat : Dialoguez en direct avec un conseiller Net Écoute de 9h à 19h :
www.info-familles.netecoute.fr/contact.php
Site de l’association e-Enfance pour des ressources complémentaires :
www.e-enfance.org/

Application Facebook « STOP au harcèlement à l’École ! » : pour dire stop et sensibiliser votre entourage : www.facebook.com/agircontreleharcelementalecole Quiz :
www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr/que-savez-vous-du-harcelement/
Centre de ressources contre le harcèlement  en ligne

Enfant, j’ai connu le harcèlement, peut-être comme vous qui me lisez en ce moment,
ou comme Chouchou1978 qui a laissé hier soir un témoignage parlant : « De 11 a 13ans j ai vecu un véritable enfer au college, au point de tout arrêter en 5em, toute cette humiliation cette honte cette haine sont toujours présentes. Aujourdhui j ai gardé des réflexes de cette époque (raser les murs) je me sens toujours cet ado au fond de moi, je voudrais m’en sortir mais les thérapies n’ont jamais marché, je ne sais plus comment faire! […] Aujourd’hui il me manque juste à savoir comment grandir, me trouver, ne plus vivre dans la peur , ne plus être atteint dans mon existence par ce passé que j’avais tant essayé d’enfouir en moi ! »
C’est Laynee qui témoigne en indiquant : « je résumerai en un mot ma relation aux autres élèves et certains professeurs: Enfer. »
Et Arc-en-Ciel : « tête de turc de 8 ans à 11 ans, je garde de mauvais souvenirs d’isolement dans la cour – Trois ans inoubliables… »

… N’oublions pas la responsabilité des professeurs.  Dans un commentaire, Tramb l’a mentionné : « et concernant les enseignants harceleurs/agresseurs?
c’est loin d’être un mythe et c’est d’autant plus destructeur que c’est le détenteur de l’autorité qui détruit l’enfant, cela montrera (invite) en plus, comme légitime le non respect du « persécuté » par les autres enfants.
 »
Je peux ajouter ma voix à celle de Tramb et témoigner qu’un de mes enfants en a été conduit à être suicidaire.

Je sais que l’Education Nationale à plus haut niveau s’intéresse (dans le bon sens) à l’identification des surdoués; je vous renvoie à l’excellente intervention de René MACRON
Chef de bureau des Écoles – Ministère de l’Éducation Nationale – Direction générale de l’enseignement scolaire [Dgesco]
lors du 2° Congrès Virtuel organisé par Sophie Côte.
… Je sais hélas aussi combien l’application de ces directives peut être laborieuse, fonction de l’intérêt des différents responsables de terrain…. et combien ce manque d’intérêt, voire ce déni, peut faire aussi le lit du harcèlement scolaire.

Je vous renvoie à deux précédents billets :
Les conséquences à long terme du harcèlement à l’école qui donne quelques extraits du rapport d’Eric Debarbieux qui est à l’origine de cette campagne.
Du harcèlement à la phobie sociale

« Ben ça va, oh ? c’est pas comme si on l’avait boxé, non plus ?!… »
 » C’est bon ! C’est pas méchant ! C’était juste pour rigoler !… »
« Ca va… C’est pas comme si on l’avait violée non plus … »

En début d’année, une collégienne canadienne s’est suicidée.  Il y a peu de temps, dans le Nord de la France, et puis en Belgique également.
Et cet article de Libération : « Julien, 13 ans, 146 de QI et sept ans de calvaire à l’école »
Et combien d’autres enfants dont nous n’entendrons jamais parler.

Phrases lues dans le livre de Boris Cyrulnik « Mourir de dire : la Honte» :
«  L’émotion partagée apaise le blessé, mais entraîne ceux qu’il aime dans la souffrance. De quel droit attire-t-on nos proches dans notre détresse ? Alors on se tait, ce qui trouble la relation et met une ombre entre nous [.. .] Le honteux fait secret pour ne pas gêner ceux qu’il aime ».
« Il y a toujours un moment où, à l’âge adulte, c’est la honte de l’enfant qui reprend le pouvoir ».

Nous, adultes, sommes vivants, plus ou moins cabossés, mais présents.
Il nous appartient que nos enfants ne vivent pas ce que nous avons pu vivre.

Soyez vigilants.
Mais surtout, si vous avez le sentiment de vivre cette situation ou qu’un enfant ou un ado de votre entourage la vit : Réagissez !
N’ayez pas peur. Vous n’êtes plus seul(e).

Numéro d’appel national « Stop Harcèlement » : 0808 80 70 10 (appel gratuit depuis téléphones fixes et portables) –
Un référent harcèlement a été nommé au sein de chaque académie.

« Quand il s’agit de défendre ses frères, le honteux se sent capable d’agresser l’agresseur. Cette défense par l’attaque lui permet de se démontrer à lui-même qu’il n’est pas aussi minable qu’il le croit. Aider un blessé, le comprendre, s’identifier à lui, permet dans un même mouvement d’affronter l’agresseur et de revaloriser l’idée méprisante que l’on se fait de soi » – Boris Cyrulnik

http://www.agircontreleharcelementalecole.gouv.fr/

20 thoughts on “Agir contre le harcèlement

  1. Bonjour,
    Je ne suis pas HP mais j’ai connu le harcèlement durant toute ma scolarisation. De la maternelle jusqu’au lycée. Sans explication. Encore aujourd’hui je ne comprend pas pourquoi moi plutôt qu’un autre. Humiliation, isolement, rejet, insultes et parfois coup ont rythmé ma vie. Encore à l’âge adulte il m’est difficile d’établir une relation socialement correcte. Finalement je ne m’entend bien au travail qu’avec un HP. Dans la vie privée mon seul ami est sûrement asperger ou HP, ou peut être les deux.
    Aujourd’hui je me demande encore ce qui fait ma différence. Mais une chose est sûre, je n’ai pas envie d’être conforme à la norme telle que je la connais.

    1. Merci de ce commentaire Etincelle.
      Peu importe d’être estampillé. Mais quand la vie fait mal, suivre les bonnes pistes peut être opportun pour aller mieux.
      Et je me pose donc la question : qu’est ce qui peut vous empêcher de vous imaginer HP ? (car, en filigrane, il me semble que c’est ça que je lis au travers de vos lignes : quelqu’un qui est HP, mais qui ne veut pas l’envisager).

  2. Bonjour
    J’ai été diagnostiqué à 5 ans, puis l’info est tombée dans l’oubli. Pas grave, puisque j’étais l’éternel premier de la classe (et sans effort, en plus !). Le qualificatif d’ « Universel » m’a même été attribué en conseil de classe. J’ai fini toubib, chef de service dans un modeste petit hôpital de province. Il y a pire.
    Je ne détaille pas le parcours qui m’a amené à repasser les tests à 49 ans. Ma réaction a d’abord été enthousiaste : je comprenais enfin beaucoup de choses, qui s’avèrent caricaturales quand je lis certains bouquins. En exagérant un peu, on m’aurait dit que mes parents n’étaient pas mes parents, cela m’aurait fait la même impression.
    Et là, grosse erreur : celle de penser que j’allais enfin retrouver « les miens », les gens comme moi, et mettre fin à un certain sentiment de solitude. Je suis arrivé très naïf sur un site (adulte-surdoue. fr, pour ne pas le nommer) où j’ai cru pouvoir me livrer en toute confiance. J’ai raconté ma vie, mes passions, mon boulot. J’ai complètement baissé la garde, dans mon enthousiasme quasi enfantin. Je me croyais enfin chez moi.
    Ce n’était hélas pas le bon moment… Car surdoué, peut-être, mais gay, certainement. Pour moi, il n’y avait pas de problème. J’ai aussi fréquenté le milieu artistique où tout le monde s’en fout. Je pensais que ce serait pareil : comment des surdoués, qui se sentent eux-mêmes discriminés, voire harcelés, comment pourraient-il avoir des préjugés anti-homo, alors que la raison (me semblait-il) n’en supporte aucun ?
    J’ai lu sur ce forum tant d’énormités en rapport avec l’actualité (je préfère ne pas détailler) que je me suis indigné. J’ai finis par soulever l’hypothèse de l’homophobie latente de certains qui disaient à propos de la lutte contre l’homophobie « Tout ça c’est des conneries insignifiantes et pendant ce temps-là on parle pas du reste ». J’ai expliqué chiffres à l’appui, le mal que faisait l’homophobie : discrimination au travail, insultes, agressions, meurtres…. On m’a alors accusé d’être insultant et méprisant, on m’a taxé de militantisme gay, on m’a censuré (au nom de la liberté d’expression, mais si), puis banni en m’assimilant à « de la merde ».
    J’ai eu à faire à des gens fermés, très « supérieurs », incapables de se remettre en question, d’accepter l’autre, de comprendre à quel points leurs propos peuvent être profondément blessants, centrés sur eux même, et mettant sur le même plan leur « souffrance » à l’évocation de leur homophobie latente et celle de subir au quotidien, toute sa vie, le dénigrement anti-homo même larvé. Des gens centrés sur leurs petits problèmes de génies méconnus. Par ailleurs, j’ai trouvé les autres conversations plutôt prétentieuses, des « je-sais-tout » affirmant sans ciller sur des sujets que, d’évidence, ils ne maitrisaient pas.

    Au total, ma vision des Surdoué est tout à fait celle du public. Ce qui me pose quand même un problème, puisque HQI moi-même. Je me sens désormais encombré par ce chiffre de QI. Je ne veux absolument pas ressembler aux « Surdoués » que j’ai rencontrés. Si je le pouvais, je renierais ce QI dont j’ai été affublé.

    Soucieux tout de même de ne pas généraliser, je me suis récemment inscrit à MENSA. Rien à en dire pour l’instant, je n’ai participé qu’à un seul dîner : un dîner normal qui ne m’a fait ni chaud ni froid. Je compte persévérer… un peu. Je me garde bien d’y faire mon coming-out ou d’en livrer trop sur moi. Chat échaudé craint l’eau froide, mais adulte-surdoue.fr à un peu gagné : je reste au placard. (« j’ai pas besoin de savoir ce que les gens font de leurs fesses…. » disait une des administratrices du site, pas du tout homophobe).
    Je témoigne ici de cette expérience qui détonne un peu dans l’idyllique concert de louange aux surdoués. Je ne demande qu’à être détrompé, mais ça ne va pas être facile tant l’expérience a été noire.

    Je pense que quelqu’un devrait se pencher sur le sujet « Surdoué et xxx », xxx étant mis pour noir, arabe, homosexuel, femme, handicapé, obèse ou que sais-je encore. Comment vit-on sa douance quand on est déjà dénigré a priori pour une autre différence qui elle se voit ? Est-ce qu’un Noir d’origine modeste ne va pas se sentir encore plus étouffé, parce qu’il n’a juste pas le droit d’être plus intelligent ? Et un Noir gay et surdoué ? Ne riez pas, il y en a… et qui souffrent.

    En tous cas, j’engage tous les « Surdoués » ou soi-disant tels à se poser la question de leur attitude face aux autres différences. Ils sont tellement centrés sur leur égo et leur supériorité ( si, si…) qu’ils ne se posent même pas la question…

    Le (vraiment très) Vilain Petit Canard

    1. Bonsoir Vilain Petit Canard

      Un billet daté du 20 novembre 2011 traite de surdon et homosexualité… Votre témoignage y sera précieux.
      N’hésitez pas à sortir vos plumes blanches ici 🙂

      1. Merci de votre réponse. Vous pouvez déplacer mon message vers le sujet idoine si vous pensez que c’est nécessaire.
        Il existe aussi un fil sur la question sur Zebracrossing, où certains temoignent.
        Pour moi, j’ai toujours cru que mon sentiment de différence, voire de solitude venait de mon orientation affective puis sexuelle. Mais je sentais bien que je n’étais pas un homo comme un autre. J’ai meme fait une psychotherapie pour savoir d’ou venait mon sentiment d’isolement. Sans succes. Maintenant, je sais que je suis différent affectivement, sexuellement, et mentalement. Ça ne laisse pas grand chose de commun avec 99,95% des gens… Il y a longtemps que j’ai remarqué que je n’avais de vrai partage que dans l’action, en partageant un objectif commun (travail, sport, par ex.). La compagnie des gays me lasse, et les surdoués ont globalement les mêmes préjugés sur les gays que les non-surdoués. Et les gays surdoués masculins ne réprésentent statistiquement que 0,05% de la population. Il faut que je me fasse une raison : je suis un extra terrestre perdu sur cette planète. Je me suis habitué à la solitude. Mais oui, à 22 ans, j’ai traversé une période très sombre de grande souffrance. J’ai tenté de me suicider, mais je n’ai pas pu aller au bout de mon geste. Je voulais faire cesser la souffrance, mais je voulais vivre. La vie a été plus forte. Personne ne l’a su. Après ma tentative avortée, j’ai du reprendre mon visage de garçon dynamique et bien dans sa peau. Si j’avais exhibé ma dépression, j’aurais dû faire face aux questions, et qu’ aurais-je répondu ? Alors je me suis accroché, accroché, il n’y a pas d’autre mot. J’y ai laissé toute mon énergie. J’ai raté tous mes exams. Deux amis m’ont aidé, sans même le savoir, à remonter la pente.
        Maintenant, je passe pour quelqu’un de solide, voire de dur, de cynique. On pense que je ne sais pas ce que c’est que d’avoir des problèmes. On me le reproche souvent. J’ai l’impression d’être comme ces soldats vétérans qui ne parlent jamais de leur guerre, parce qu’ils savent que personne ne comprendra vraiment. J’ai survécu, j’ai appris à vivre assez heureux. J’ai des choses à enseigner, mais je ne sais pas à qui. Je croyais que les surdoués pourraient être ceux-là, mais ils ont chacun leurs problèmes. Comme les autres, comme tout le monde. Qu’ont-ils à faire de mon experience, puisqu’ils savent déjà tout? Ma désillusion est à la hauteur de la bouffée d’espoir que j’ai eu. Je m’en remettrai. J’ai 50 ans, et je m’en suis toujours remis.

        1. « je m’en suis toujours remis »
          … mmouais… il y a quand même un moment où c’est le corps qui dit stop à cette adaptation permanente….

          Vilain Petit Canard, merci à nouveau pour ces précisions que vous avez apportées. Je les ai dupliquées en commentaires sur le billet intitulé « Surdon et Homosexualité »

        2. Vilain petit canard…ce témoignage est vraiment quelque chose qui me fait penser a une personne que je connais que trop bien sans le coming out…qui doit bien compliquer encore les choses….
          ..l’isolement….. Ca c’est l’apprentissage reel de la vie…
          Apres un éclatement familial tout frais….dû à la volonté de crier au grand jour un ressenti de blessures de toute une vie qui était précédé d’une perte de confiance en soi a cause d’un passé empli de souffrances c’est vraiment une chose lourde a porter….mais quand on,comprend tous les enjeux de la vie,tous les Choix et actions qui en ont découle et que l’on tente de se faire comprendre par un entourage familial imperméable a ce que l’on ressent….et tellement sur de tout savoir sur des souffrances ne leur appartenant pas…j’ai envie de dire que l’on se retrouve bien seul….avec un manque de reconnaissance énorme…

  3. Pour moi le harcèlement à l’école remonte aussi loin que je me souvienne.
    En maternelle parce que je préférai lire plutôt que de participer aux autres activités, l’une des instits à convoquer ma mère pour lui dire qu’elle pensait que j’été autiste.

    Résultat test de QI et un nombre « 143 ». Pour ma mère cela n’a rien changer elle a fait comme si ma différence n’existait pas. Et le fait encore aujourd’hui d’ailleurs.

    Après au primaire, tout n’est qu’un défilé flou d’insultes, de mises à l’écart, de coups de la part des élèves. Ma prof de CM2 m’avait prise en grippe, et encore une convocation pour ma mère en ma présence pour entendre la prof lui dire que je suis débile tarée, etc…
    Collége, cela continue, harcèlement, coups, insultes, de plus mon surdouement fait que je suis incapable de me concentrer si je ne fait qu’une seule chose à la fois alors je lis ou je dessine pour permettre à mon cerveau de se concentrer sur les cours ce qui évidement ne plait pas du tout au professeurs encore plus quand ils me posent une question pour prouver que je n’écouter pas et que je réponds juste.
    Malgré tout je m’ennuie et ne comprends pas la « méthode » pour apprendre, je ne sais pas comment on fait pour « réviser », je finit par décroché dès la cinquième.

    Quatrième et premier redoublement, je suis en léger surpoid ce qui me permet de faire peur aux enquiquineurs, plus de coups juste des insultes. Je n’ai plus confiance en personne, toute approche signifie un risque d’attaque. L’une de mes très rare amie de l’époque m’a dit il y a peu que pendant cette période, je lui faisait penser à un animal sauvage toujours près à mordre. Ce qui est complètement vrai.
    Nouvelle convocation pour ma mère toujours en ma présence apparemment d’après ma prof je suis probablement schizophrène, ou atteinte de troubles bi-polaire, ma mère ne réagit pas est ce que cela veut dire que la prof a raison ? Le test que QI est déjà bien loin, j’ai complètement oublier que j’en avait passer un.

    Lycée, idem. L’une des élève va jusqu’à mettre un briquet allumé sous mes cheveux pour « s’amuser », heureusement elle a eu le réflexe d’étouffer le feu quand une mèche a commencer à brulé.
    Ce n’est qu’en arrivant dans mon lycée professionnel d’art après deux nouveau redoublements que tout s’arrête, je suis toujours celle qui est différente mais cela ne les dérangent pas, hormis un prof désagréable mais bon ça je peut faire avec. L’animal s’apaise.
    Mais les cicatrices du coeur elles sont et seront toujours là.
    Aujourd’hui quand je suis dans un groupe je m’attend encore a recevoir des moqueries, à redevenir ce vilain petit mouton noir. Ma confiance en l’être humain est complètement détruite est le sera peut être à tout jamais.

    1. Quel terrible témoignage ! Comment peut-on encore tolérer que les enseignants soient si incompétents dans un domaine qui relève pourtant directement de leur métier ?! La violence et la maltraitance institutionnalisées, c’est révoltant, inacceptable.
      Nénamoins je veux croire qu’on peut guérir de telles blessures, peut-être pas en accordant aux humains une confiance qu’ils ne méritent manifestement pas, mais en trouvant une paix intérieure, un comportement, des lieux et des activités où personne ne nous détruit. Peut-être en apprenant à qui faire confiance et qui fuir, aussi ? Car malgré tout, tout le monde n’est pas si mauvais. Il existe aussi de belles personnes, à nous de les trouver, et de ne pas les rebuter par notre méfiance (l’image d’animal sauvage me parle beaucoup, je l’ai été aussi).

    2. Bonsoir Kat,

      Ton témoignage me rappelle des évènements de mon enfance, de manière plus floue et moins gravissimes que ce que tu as subi.

      A l’école je ne parlais à personne ou très peu, la maitresse a dit à mes parents que je ne parlais pas aux autres ce n’etait pas normal.

      Comme j’avais une mauvaise vue (oui j’accumules les singularités !), j’étais traitée de « serpent à lunettes » de « bigleuse » et j’en passe, mais étrangement cela ne m’atteignait pas plus que cela, je pense que me suis blindée.

      Après, au collège, meme isolement, et une classe dissipée en 5e m’ont fait décrocher en maths…. Bon fallait raisonner et réfléchir, et là pour les ados HP, c’est dur car pas habitués. Néanmoins, je me suis accrochée, toute seule comme je l’avais toujours fait.

      Au lycée, début de harcèlement, réunion avec les fautives et des profs me voyant en difficulté, mise au point, et moi qui ne souhaite qu’une chose : DISPARAITRE. La honte incommensurable quoi.

      Au travail, harcèlement à 2 reprises (car en contrat, donc en contrat on ferme sa gueule et on prend sur soi). Et meme un 3e essai de harcèlement, stoppé par moi meme à la racine, comme quoi on grandit à force donc on stoppe les dégats à temps.

      A coté de ce harcèlement, il y a plus insidieux : ce sont toutes ces remarques dissiumlées, pour me dire entre autres que je ne suis pas mieux que les autres, et que je ferais mieux de la fermer plutot que d’émettre une quelconque idée (qui semblerait ne pas etre comprise par tous, car décalée , car trop complexe , car mal exprimée….. ou comment exprimer verbalement un trop plein d’idées avec une langage simple et dans l’ordre s’il vous plait, c’est à dire faire passer un trop plein dans un goulot d’étranglement).

      Mais, comme dit Tournevis, il y a de bonnes personnes, à vous de mettre les mauvais de coté, de garder les bons, de vous forger une vie intérieure sereine, de la protéger, de faire le plein d’éngergie pour contrebalancer les attaques quotidiennes dont nous faisons l’objet.

      Une partie de ces attaques étant dirigées sciemment contre nous par des tiers, et l’autre partie des attaques étant interprétées par notre super ultra sensibilité alors que le tiers ne voulait pas nous faire tant de mal que ca.

      Oui ca fait beaucoup d’attaques, et autant de seaux d’eau froide dans la figure à chaque fois…..

      Donc Kat, maintenant c’est ton avenir qui compte encore plus, mais fais attention quand tu seras au travail, soit très vigilante quant aux tentatives de harcèlement.

      Cricri

  4. J’ai d’abord connu le harcèlement… en CP, tout le monde m’appelait le dormeur et se foutait de moi parce que j’étais tout le temps dans la lune.
    Puis de la part d’une institutrice en CE2… Celle qui a dit à mes parents que j’étais très certainement déficient mental et qui leur a conseillé de m’amener voir un psychiatre.
    Un an à vivre toutes les humiliations publiques possibles de la part de cette institutrice, à subir l’exclusion durant les récréations en m’obligeant à rester seul dans un coin de la cour et en interdisant aux autres élèves de me parler.
    En parler à qui, à mes parents ? Avec les bulletins de note que je présentais, il valait mieux que j’évite de la ramener, d’autant plus que pour eux l’autorité et la bienveillance du corps enseignant ne pouvait en aucun cas être contestée.
    Aujourd’hui encore il m’arrive de fondre en larme en repensant à cette période.
    De vous l’écrire j’en ai les larmes aux yeux !
    Un peu plus tard, je me suis retrouvé en CAP ajusteur… Je vous laisse imaginer l’enfer !!!

  5. Les filles, spécialement à les écoles des filles, maitrisent un genre de harcèlement: l’isolement social. C’est particulièrement cruel parce que c’est extremement difficil à comuniquer à les autres: il n’y a pas des signes apparents! C’est même très difficil se rendre compte de le subir: il n’y a pas qu’une violence horrible mais silencieuse. Et la honte…J’avais telle honte de laisser savoir à mes parents la situation à l’école, je pouvais pas les laisser savoir, je pouvais pas les blesser avec ma souffrance!

    À 14 ans j’avais connu l’enfer…Et l’enfer à l’extèrieur devient l’enfer à l’interieur jusqu’à la fin…L’estime de toi cassée d’une telle manière que quelques années après je luttais encore contre la phobie social…Et ouai, il n’y a pas de psychologues preparés pour te soulager, le harcèlement c’était pas bien connu, et le fait d’être hautement surdouée…Est-ce que il y a des psychologues qui prennent en considération ce genre de « bêtises »?

    J’ai passé ma vie à essayer de surmonter cette expérience, et même si à la fin c’est possible de voir la lumière la verité c’est que le prix à payer a était trop haut…

    La honte? Comment expliquer à un copain, par example, que tu n’avais pas la force pour chercher le succès professionel ou académique parce que tu avais déjà trop de travail en essayent tout simplement de « survivre »? Comment expliquer que la honte est capable de te faire rater toute la jeunesse et que tu as commencé à vraiment vivre si tard? Comment récupérer la fierté?

    Ça fait encore du mal à lire sur le harcèlement, mais je voudrais « abbracciare » fort à tous les gens qui ont vécu de telles experiences.

    1. Merci Lucia, de ton poignant témoignage.

      « Comment expliquer que tu n’avais pas la force pour chercher le succès professionnel ou académique parce que tu avais déjà trop de travail en essayant tout simplement de « survivre »?  »

      C’est ce que je vis depuis des années : toute mon énergie passe à « tout simplement survivre », c’est un travail à temps plein mais comment le faire admettre à mon entourage et à tous ceux qui sont payés pour « accompagner » les personnes « en échec » ?

      Quels gâchis…

      1. Eh bien un an plus tard, la lecture du livre « Le soi hanté » m’apporte une paix surprenante (pourvu que ça dure…) sans doute parce qu’il m’apporte comme une unification, je ne ressens plus ces épuisants conflits intérieurs (je suis dissociée mais mes différentes parties font la paix ! apprennent à s’accepter, se respecter, ce qui était impossible auparavant), je ne m’use plus à la vaine recherche de m’identifier à l’une ou l’autre de mes parties dissociées par le harcèlement familial et « conjugal ». Comme si de me savoir surdouée, dyspraxique et en état de stress post-traumatique chronique, de mettre des mots justes, des mots qui donnent du sens à ce que je suis, me permet enfin de m’accepter comme je suis et me donne accès enfin à des solutions adaptées.
        Cela dit, je ne sais pas comment obtenir la reconnaissance sociale de cet état d’épuisement, habituée que je suis à faire bonne figure (et aussi à prendre soin de moi depuis près de dix ans pour au moins éviter le pire), or je me sens encore incapable de subvenir financièrement à mes besoins, ce qui devient critique (sans parler du besoin de nourriture intellectuelle et du besoin de sens de la vie).
        Work in progress… Enjoy ! 🙂

  6. Cécile, merci pour cet article et, je te rassure, tu ne fais pas dans le pathos : comme tu le rappelles, le harcèlement peut tuer, on ne peut pas le traiter à la légère.

    Je n’ai pas souvenir d’avoir subi ce genre de mauvais traitement, c’était plutôt le harcèlement moral à la maison (une de mes soeurs pense que j’ai été la victime expiatoire de la famille…) et puis le harcèlement « ordinaire » de la part des enseignants qui ne cessent de répéter « peut mieux faire »… Ce que je trouve également très destructeur, à la longue : ça ne dit pas « élève douée », ça dit « enfant paresseuse »…

    Quand mon fils aîné avait trois-quatre ans, en première année de maternelle, il s’était plaint régulièrement de se faire taper dessus par un camarade de classe. Embarrassée, j’avais fini par lui suggérer de taper sur ce garçon, pas pour se venger ou le brutaliser mais pour lui faire comprendre que ce n’était pas agréable de se faire taper dessus, et mon fils m’avait répondu : « mééééé non, il faut pas taper les petits enfants ! » Trois ans et demi… (j’avais fini par en parler à l’instit, et je crois que ça s’était arrangé, en tout cas elle m’avait écoutée attentivement).
    Voilà, ça peut commencer très tôt… Que serait-il advenu si mon fils n’avait rien dit, si je ne m’en étais pas préoccupée, si l’instit ne m’avait pas écoutée ?

  7. Oui, quand j’ai entendu parler de cette campagne ce matin sur France Inter, je me suis « ah, pour une fois la droite a… ».

    Plus sérieusement, quand je pense qu’il y a 20 ans, quand j’étais en primaire, se faire harceler à l’école c’était considéré comme normal (c’était ma place, mon rôle, moi j’étais l’esclave des autres, l’exclue, la harcelée), cette campagne est un progrès.

    Mais, elle déclenche quelque chose que je n’aime pas chez moi. L’envie que j’aurais que tout ça reste caché. « Parce que ça je l’ai subi parce que j’étais inférieure aux autres. Il ne faut pas que les adultes d’aujourd’hui sachent que je n’ai pas su me défendre ou pas su me faire assez aimer des autres pour être défendue. » J’ai honte.

    1. « La honte, ce sentiment poison, cet abcès dans l’âme, n’est pas irrémédiable. On peut passer de la honte à la fierté quand notre histoire évolue ou selon la manière dont nous prenons place dans notre groupe culturel »
      dit Boris Cyrulnik dans son livre « Mourir de dire : la Honte »

      Ne désespérez pas 🙂

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