Complexe ou Laminaire ?

Mmouais…

Cela fait quelques temps que je vois passer ce mot dans le petit monde des surdoués et chaque fois je trouve bien confus ce que je lis autour de tout ça… sans pour autant prendre le temps de m’y arrêter.
A la faveur d’un commentaire récent de supernova, mais aussi des questionnements d’Alicante j’ai fini par aller regarder de plus près ce qu’il en était.

Au départ, on a donc un texte de Fanny Nusbaum qui est Docteur en psychologie et professeur associé à Lyon-III.

Texte clair, précis, simple… et qui me laisse pourtant, après sa lecture, avec un sentiment confus de malaise… quelque chose ne va pas, c’est trop… simple justement (à vue de nez, je dois être un HPI complexe)

Alors je relis, tente de comprendre

Et soudain, prendre conscience de cette phrase qui commence comme ça « Outre un QI Total supérieur à 125/130, communément admis pour valider le HPI en général […] »
Outre un QIT total supérieur à 125/130 communément admis…
Outre un QIT total supérieur à 125/130…
Outre un QIT total supérieur à …

Bon sang, mais c’est bien sûr !
QIT !
In QITo veritas !

Le nombre de commentaires qui mettent en avant un profil hétérogène (et pour lequel quand même, alors que les textes indiquent bien que lorsqu’il y a hétérogénéité forte entre les différents QI (Compréhension Verbale / ICV – Raisonnement Perceptif / IRP – Mémoire de Travail / IMT – Vitesse de Traitement / IVT), lorsqu’il y a plus de 20 points d’écart, il est illusoire de chercher à moyenne un QI pour tenter d’en extraire un QIT

Ce n’est pourtant pas faute pour Stéphanie Aubertin de nous l’avoir expliqué en long, en large et en travers : 130 de QI ne garantit pas le surdon. Ca valide juste qu’on a passé un test avec succès.

Pour valider le surdon, il faudrait doubler la passation de ce test d’une exploration cérébrale (EEG, scintigraphie, IRM…) qui montre les aires qui s’allument en plus grand nombre et ensemble, qui montre l’hyperperfusion sanguine, qui montre la rapidité de transmission des informations… Il faudrait aussi établir une anamnèse (aussi bien médicale que psychologique), ce qui permet aux thérapeutes sensibilisés de commencer à se faire une idée au delà des apparences. Pour mémoire, vidéo de Perrine Vandamme sur la détection des adultes sudoués.

Et ça permettrait ce faisant de valider le surdon chez des individus affligés de difficultés d’apprentissage telle que la dyslexie, ce que rappelle Michel Habib dans la vidéo rattachée aux termes EG, scintigraphie etc..
(Les présentations de Michel Habib sont d’ailleurs en ça toujours intéressantes, nourries des perceptions (ce qu’on constate – le comportement cognitif) mais aussi de la réalité neurologique).

C’est à la base ce point qui a conduit à ma recherche : le surdon est constaté de l’extérieur, on me dit qu’il existe, et il faut que je le croie… mais est-ce qu’il y a une réalité physique, «mécanique» à ce surdon ? Je suis comme St Thomas : il faut que je voie et que je touche pour y croire.
Un texte m’affirmant que ça existe ne peut me suffire, et c’est ça qui explique mon malaise à la lecture de celui de Fanny Nusbaum.

Et puis c’est un peu binaire tout ça, je trouve – Un peu sur le mode : au dessous de 130 (ou 125, on s’en fiche un peu) on n’est pas surdoué – au dessus on l’est.
Dit en très court : Les capacités on en a ou on n’en a pas. On a n’en a donc pas « un peu », ou « un peu plus », ou « un peu différemment », ou « beaucoup plus » – « un peu » ou « beaucoup » pouvant varier suivant des tas de contraintes (l’environnement, l’état de santé, l’humeur, l’état des connaissances…)

Après toutes ces études avalées sur le sujet, la conclusion est celle-ci : On peut être très performant aux tests, très intelligent, avoir un QIT de 130… mais sans pour autant être surdoué.
Et évidemment le contraire : on peut être sous-performant aux tests et pourtant être surdoué.
Donc au final, à QIT égal, certains seront surdoués et d’autres pas.

Et au regard de ce que j’ai lu, en gros, j’ai l’intuition qu’entre 130 et 140 de QI on a deux populations qui se mélangent : gens très performants sur le plan intellectuels, mais pas surdoués. Et surdoués. (Cette plage 130 / 140 n’engage que moi)

Comment s’y retrouver sans passer des IRM, EEG etc ?
Eh bien en commençant par observer plus finement les subtests qui sont à l’origine de ce QIT (ce que ne fait pas le texte qui présente les profils complexes et laminaires en partant de la seule observation du QI Total)
En effet, pour un même résultat, on peut avoir d’un côté une personne qui a atteint toutes ses limites dans les subtests (« techniquement » 13/14 sur tous les subtests ça peut donner du 130, avec une petite pointe à 15 sur le code / mémoire de travail) ; et de l’autre une personne avec des résultats hétérogènes, et surtout des substests qui témoignent du fait qu’elle n’a pas atteint ses limites (mais les limites du test oui), en particulier dans les subtests chargés en facteur g

Cette deuxième phrase, en quasi fin de texte au sujet des profils laminaires, de ce fait, aurait tendance à me confirmer ce que je ressens :
« les acquisitions sont en général régulières, sans dyssynchronie cognitive, cognitivo-affective ou psychomotrice, de sorte que l’on observe généralement des résultats assez homogènes aux échelles de Wechsler. »
1 – Terrassier a toujours insisté sur la dyssynchronie (cf le billet de Stéphanie Aubertin sur le sujet)
2 – Et la littérature est de plus en plus étoffée sur cette tendance forte à l’hétérogénéité chez les surdoués. La dernière thèse en date sur le sujet que j’ai trouvée va dans ce sens qui rappelle également combien l’hétérogénéité des composantes d’un QI ne permet pas de calculer un QI Total.

Deux profils bien différents avec pourtant le même résultat de QI à 130. Et les deux avec un sentiment de décalage, mais pas le même. Deux mondes différents pour un même résultat consolidé de QI.
D’un coté des HQI – Haut Quotient Intellectuel
De l’autre côté des surdoués (mot employé par défaut).

Alors je crois bien qu’un profil complexe c’est un surdoué;
Alors qu’un profil laminaire, ça a de très forte chances d’être « simplement » un HQI – dit de façon plus caricaturale un « neuro-typique » très performant. Ca n’empêche pas que ce puisse aussi être un surdoué bien adapté..

Mais là encore… : dans l’enfance « ça » peut passer. C’est à l’âge adulte que « ça » se corse, que « ça », cette adaptation à la conformité, finit par être insupportable. Et ici aussi peut se trouver une faiblesse de ce document qui parle de l’enfant… mais n’évoque pas l’adulte.
Il m’a été suggéré que les garçons se font plus vite remarquer que les filles et que la société leur accorde plus facilement d’entrer en rebellion (vous savez : « tuer le père« …) ce qui peut faciliter non seulement une vie chaotique (certes), mais aussi et quand même, la possibilité de trouver une voie personnelle de réussite. Alors que les filles, confrontées à la pression de la conformité, se conforment… jusqu’à fondre les plombs à l’âge adulte bien avancé (crise de la quarantaine par exemple).

Attention donc aux visions statiques qui laissent entrevoir des situations qui n’évoluent pas, alors qu’avec le temps tout évolue (petit rappel sur le rapport INSERM qui propose de détecter les futurs délinquants dès la maternelle…)

Je pense que la grille de lecture qui nous est proposée est une base pour réfléchir, mais qu’elle en appelle une autre, plus documentée, moins binaire et donc moins exclusive, et mise en perspective.. .qui aboutirait certainement à plus de profils, mais en même temps à moins de confusion et d’errements chez ceux qui ont besoin de se retrouver dans une case parce que le besoin d’appartenance est une grande constante pour se rassurer socialement (cf Monsieur Maslow)

Mais c’est ma façon de voir, et je me contente juste de la mettre sur la place publique parce qu’il me semble que le débat contradictoire (dans la mesure où chacun ne radicalise pas ses positions), ça fait toujours avancer les choses.

Dans ce cas là, le texte de Fanny Nusbaum permet en tous cas de bien mettre en lumière deux modes de fonctionnement bien différenciés, dont l’alliance dans le monde de l’entreprise ou même dans la sphère publique aurait un effet constructif, apporterait des progrès indéniables : les uns créatifs et les autres structurants, la dynamique générée par cette coopération faciliterait anticipation, réactivité et agilité face aux enjeux auxquels nous faisons face.

« Le monde que nous avons créé est le résultat de notre niveau de réflexion, mais les problèmes qu’il engendre ne sauraient être résolus à ce même niveau. »
C’est un propos que l’on prête à Albert Einstein – la réalité de son propos serait plutôt « Si l’humanité veut survivre et se développer il lui faut penser différemment » car c’est pour cette seule phrase que j’ai réussi à retrouver explicitement une référence au contexte dans lequel elle a été prononcée.

Je plaide pour le vivre ensemble, parce que si les surdoués sont reconnus comme handicapés (et je crains que le DSM-V n’ouvre la porte à ceci), une fois que le « handicap » sera reconnu, il signera la disqualification totale de personnes qui sont psychiquement normales mais dont le mode de fonctionnement est différent de la norme…
Sous couvert d’intégrer les surdoués en les considérant comme handicapés, on les exclura d’un monde dans lequel ils ont parfaitement leur place parce qu’il est normal que tout le monde ne soit pas rigoureusement pareil.
Je vous renvoie, pour mémoire au tout petit livre intitulé « Matin Brun » de Franck Pavloff ( ) qui me semble en quelque mots simples, être une mise en garde très lucide contre le totalitarisme rampant de la standardisation à outrance et de la pensée unique.

Et aussi à cette question que de nombreux psychiatres se posent : « Et si les troubles de la personnalité, tout comme l’intelligence, n’étaient qu’une construction intellectuelle ? »

114 thoughts on “Complexe ou Laminaire ?

  1. Bonjour,
    Je me permet une petite remarque pas directement liée à cet article, mais sur un propos que j’ai vu revenir plusieurs fois sous votre plume (écrit ou radio d’ailleurs, et une plume que j’apprécie beaucoup par ailleurs). Je travaille sur l’accessibilité aux « handicaps », pour éclairer mon propos ci-dessous :

    Le handicap en soit n’existe pas : Déficience (mais j’aurais préféré le terme de « particularité »), Incapacité, Handicap c’est la base de la définition de l’OMS. Je m’explique. Une personne est atteinte d’une déficience (rupture de la moelle épinière). Cette déficience génère une incapacité (impossibilité de marcher pour faire simple), et lorsqu’il n’y a pas d’ascenseur pour aller aux étages, alors il y a handicap. C’est pour cela que l’on parle de « situation de handicap ».
    Et si on remplace déficience par particularité, et incapacité par difficulté (encore que parfois…) :
    Pour une personne surdouée, une situation de handicap peut se produire. On peut alors dire plus justement qu’une personne surdouée (selon ses particularités propres) n’est pas, peu ou moins souvent en situation de handicap qu’une personne paraplégique ?
    Tout du moins en l’état de l’accessibilité en France, parce que admettons que cette accessibilité devienne parfaite pour des personnes en fauteuil (on peut toujours rêver, et j’y rêve toujours), peut-être que certains surdoués seraient alors plus en souvent en situation de handicap que notre paraplégique ?
    Lorsque vous dites que le surdon n’est pas un handicap, en faite, vous voulez dire que le surdon n’est pas une déficience. Non ?
    C’est important, cette notion de « situation », elle montre qu’une déficience peut être dépassée (même si elle existera toujours) par l’environnement (matériel ou relationnelle), c’est important pour les personnes dites « handicapées », qui ne souhaitent que vivre au mieux avec leurs particularités grâce à un environnement qui prendrait mieux en compte ces dernières.
    Merci, Alain

    1. Bonjour @ Alain

      Concernant la définition stricto sensu
      Vous avez raison Alain
      https://references.modernisation.gouv.fr/21-deficiences-incapacite-et-handicap-une-question-de-contexte-0

      Si l’on reprends l’exemple d’un paraplégique handicapé dans sa déambulation , que dire d’une maman équipée d’une poussette et d’un bébé dans le métro.
      Elle se retrouve dans une situation d’handicap de façon volontaire car elle accepte cette situation de façon altruiste.
      À mon sens, le surdoué dans sa quête de sens en raison de son perfectionnisme exacerbé,du refus de lâcher ses propres valeurs qui font partie de son égo, peut se retrouver aux prises d’un piège mental, car il refusera de faire preuve d’égoïsme et détonnera dans une société où le respect des convenances au moins en apparence, le dispute à des notions centrées sur le soi, là où le surdoué va rechercher une harmonie existentielle en extrapolant le soi (limité à l’individualité pour la plupart), à la notion de groupe sociétal ( entreprises, nation voir monde ).
      Il s’expose à ce moment là à une mise à l’écart par le reste du groupe déstabilisé par ce comportement inhabituel, déroutant et considéré comme dangereux !
      D’ou pour moi la nécessaire capacité de se déscotcher des valeurs pour pouvoir s’en libérer à l’occasion et de ne pas se mettre en situation d’handicap sociétal, en restant mordicus comme le capitaine sur son navire en train de couler, le dernier des Mohicans dans une société en train de muter à toute vitesse en terme de valeurs…..
      Je ne sais si je me fais comprendre dans ce que je veux exprimer ! Cordialement

        1. Talent différent : moi, faisant de la philosophie ? Ben, merci, je ne savais pas en être capable.

          Bonjour : Bien d’accord pour les poussettes aussi, même si mon expérience en poussette se limite à l’observation de mes concitoyens. Mais voir une famille avec des enfants qui courent partout ou des petits vieux chancelant sur leur canne être obligés de passer sur la route parce que une voiture est garée sur le trottoir, argh ! Entre autre, mais ça compte aussi.

          Pour le reste il m’aura fallu trois lectures, mais je pense que je vous suis. Cependant je m’interroge, ne perd t’on pas en route un peu de ses propres valeurs à tenir stoïquement la barre ? Je veux dire, l’implication émotionnelle est nécessaire non ? Donc les écueils de cette implication sont inévitables. Mais vous dites bien s’en libérer « à l’occasion », alors oui, c’est sans aucun doute nécessaire, parfois, souvent, hélas…

          Et « Le Dernier des Mohicans », j’adore !

  2. #Sfumato 😉
    Tout d’abord Merci pour cet article qui m’a bien aidé à « résilier » les dissonances cognitives avec les autres HP lors de ma plongée tardive (2011) dans cette communauté (plus de 40 ans après 2 diagnostiques de mon THP).
    Couplé au 1er mot, émis par un thqi lors d’une 1ère réunion,pour qualifier mes propos, « aspie <3 ", je n'ai cessé depuis d'explorer cette dialectique.
    Aujourd'hui, il me semble vraiment que "profil complexe, pensée en arborescence" sont très proches de la pensée systémique des autistes définie par Temple Grandin.
    De fait, je n'éprouve pas de dissonances avec les asperger lors de mes échanges numériques, bien au contraire…
    La version de ce clivage exprimée par une autiste asperger : https://www.facebook.com/notes/sofia-paz/deux-approches-de-vie-diff%C3%A9rentes/1389552944405717

    Et le lien sur la pensée autistique : http://les-tribulations-dune-aspergirl.com/2014/05/29/dans-le-cerveau-des-autistes/

    Voilà, voilà, clairement l'inclusion des neuro-divergences n'est pas pour aujourd'hui mais c'est en cours 🙂

    1. Bonsoir Pascal

      Votre commentaire me renvoie à un article d’Agnès Burger-Viltmeijer intitulé (trad française) : « surdoué ou asperger : la zone grise » dans lequel elle évoque la difficulté qu’il y a parfois à poser le diagnostic mais dans lequel elle finit par dire en substance : après tout, on s’en fiche, le plus important c’est de répondre aux besoin de développement, en particulier dans le domaines des relations sociales qui concernent tout autant les (très) surdoués que les asperger.

      Les « très surdoués » au sujet desquels je repense à la phrase de Hank Pfeiffer, membre de la Mega Society qui dit « Ce n’est pas tant que vous fassiez des choses avec talent, c’est ce que les talents vous font. Les aptitudes, quelle que soit leur importance, ont un impact psychologique, social et même philosophique très fort »
      La Mega Society accepte des personnes ayant plus de 160 de QI (base Wechsler) – ce qui signifie qu’elle a créé des tests ad hoc pour le recrutement de ses membres.

  3. Bonjour, ou plutôt bonne nuit vu l’heure. Je trouve qu’il y a beaucoup de  » bruit » pour rien ici. Pourquoi ce besoin de quantifier, comparer, triturer. J’ai la chance d’avoir un THPI, comme on dit dans ce fameux test. J’en suis assez heureux, de pouvoir fair des connections que peu de gens arrivent à faire, faire des rapports entre les choses avec une capacité d’abstraction somme toute hors du commun. Il est vrai qu’au jour le jour mes rapports sociaux sont assez compiqués et plutôt limités. Il est vrai que j’ai souffert en classe, que j’ai été en échec scolaire toute ma vie d’enfant, mais il est vrai que j’ai atteint la terminale S sans avoir ouvert un bouquin, et que je me suis bien marré, au dépends de certains profs il est vrai.
    Profitez de votre don, chers amis, c’en est un je vous l’assure. Pour ma part je l’exprime dans la cuisine, mais j’ai mis du temps à me l’accorder.
    Ne voyez que des psy qui sont HPI, sinon cela ne sert strictement à rien. J’ai vu des psy dès l’âge de 11 ans, et c’est à mon âge (40) que j’ai enfin rencontré un psy HPI, elle est fulgurante et m’aide beaucoup.
    Pour revenir à ce que j’ai lu plus haut, il y a des gens qui peuvent s’approcher d’un QI de 130 sans être surdoué, peut être, mais ils n’ont aucunement cette capacité à ressentir, à toucher du doigt l’autre, dans son ressentit profond. Si j’ai aussi peu de contacts avec les autres, c’est justement que je souffre de tout ressentir, leur visage est un livre ouvert qui justement livre trop d’informations, cela me fatigue et me désoriente. Je cerne rapidement les gens et m’ennuie aussi vite des conversation que j’ai tendance à trouver futiles, ce n’est peut être pas bien, mais c’est comme ça.
    Il n’y a en moi aucune animosité, ni sentiment de supériorité face aux gens d’un capacité intellectuelle « moindre », juste des fois une certaine jalousie, parceque cela doit être reposant de n’avoir que peu d’information à traiter.
    Calmons nous et exploitons ce don, il est vrai que nous sommes mal perçus dans cette société non altruiste, qu’importe, occupons nous à progresser…

  4. Bonjour,
    j’ai entrepris une démarche de diagnostique après avoir lu votre livre (je pleurais de soulagement presque après chaque témoignage). Je viens de terminer le bilan : l’anamnèse et les tests sur les hyperstimulabilités (est-ce encore un belgicisme?) vont clairement dans le sens « HP » (je n’aime vraiment pas ce terme), mais le test Wais a montré un résultat tellement hétérogène qu’il ne peut rien confirmer ni infirmer – en outre, passer ce genre de test quand on a un mode de mémorisation qui mobilise plusieurs sens (et pas seulement l’oral), un mode de concentration en « multitâche », et qu’on a fait un blocage sur les maths depuis le primaire, c’est pas évident ! Sans parler du stress, du manque de confiance en soi (« ça peut pas être la réponse, c’est trop simple »), bref : je n’ai pas très bien saisi comment un test aussi limité pouvait cerner mon intelligence – ou quoique ce soit d’autre. La psy était d’ailleurs d’accord avec moi. Tout ça pour dire que (encore une fois), ça aide de lire ce genre d’article ! Pour ce qui est du laminaire v. complexe, là aussi, la psy m’avait dit cette vision cerveau droit/cerveau gauche était à prendre avec des pincettes (ce qui était une bonne chose car je venais justement de lire un article disant que, d’après les neurologues, maintenant, ce genre de distinction serait invalide : tout le monde mobilise les deux côtés et les deux côtés sont en général mobilisés ensembles dans beaucoup trop d’activité pour induire un cloisonnement réel).
    Bref… le diagnostic laisse beaucoup de questions ouvertes (et pas seulement à cause du Wais). J’ai au moins depuis quelques pistes pour apprendre à réguler (les pensées comme les émotions) et c’est déjà beaucoup plus qu’avant (où je me demandais juste ce qui clochait avec moi – à ce sujet : le passage de votre livre où vous racontez comment vous avez du aller vous isoler un peu quand tous vos amis ont débarqué : juste savoir que ça arrive aussi à quelqu’un d’autre, ce genre de truc, je n’ai pas de mot pour dire ce que ça fait !). Par contre, j’hésite énormément à faire passer ce genre de test à mon fils (en primaire) : même si je me dis que ça pourrait peut être faciliter sa vie scolaire et sociale (un copier-coller de ce que j’ai vécu enfant, mais version garçon pour le coup), je n’aime pas cette idée de « dépister » ou de « catégoriser ». Si en plus certains évoquent l’idée de classer le hp comme un handicap… Ce mot et ce qu’il recouvre comme ségrégation sociale et idée de supériorité de gens « normaux » sur d’autres… Beurk.

    1. Bonjour Aude

      « le test Wais a montré un résultat tellement hétérogène qu’il ne peut rien confirmer ni infirmer »
      Alors une question : outre tout ce que vous avez raconté sur votre passation du test qui me semble assez typique, une anamnèse a-t-elle été établie ?
      Et que disent les différents indices et même les différents subtests ?
      Nulle question de vous demander de tout étaler en place publique.
      Mais un indice au dessus de 130 signe déjà la performance.
      Et si le subtest d’abstraction verbale est très élevé, alors il n’y a plus de doute.

      Je serais tentée de vous encourager à faire passer le test à votre fils : il vous rassurera et vous assurera pour mieux le soutenir « au cas où » – être surdoué n’est pas une tare ni un avantage. C’est « juste » un mode de fonctionnement un peu particulier qui vient amplifier les choses : tout va encore mieux quand on va bien.. et tout est bien plus lourd quand on va mal… Alors, à mon sens, il vaut mieux partir sur des bases saines aussi tôt que possible quand on en a la possibilité.

      1. Je plussoie Cécile : une hétérogénéité peut signaler une douance (ICV ou IRP > 130 suffisent) accompagnée d’une dys-qqchose et ça pourrait être très utile pour votre fils de savoir qui il est : « normal », surdoué, avec ou sans handicap caché. On peut compenser une dys- quand on est surdoué-e, mais ça ne se fait pas sans dégâts, je parle en connaissance de cause : une énorme déperdition d’énergie, une faible estime de soi, une angoisse quasi permanente et une bonne partie de l’intelligence consacrée à compenser tant bien que mal, empiriquement, ce qu’on perçoit comme dysfonctionnant sans comprendre pourquoi.

        Il ne s’agit pas de catégoriser votre fils ou de considérer la douance comme un handicap, bien au contraire, par contre si en plus d’être surdoué il est vraiment handicapé (les dys- sont de véritables handicaps même si elles sont invisibles), il existe des solutions, efficaces pour les enfants mais difficiles ou impossibles à mettre en oeuvre chez un adulte.

        1. Bonjour Tournevis,
          merci pour ta réponse et tes conseils. Je veux par contre bien préciser quelque chose (je me suis peut être mal exprimée dans mon commentaire!) : je ne considère pas du tout la douance, ou le surdon, comme un handicap (même si socialement parlant, dans mon cas, je me suis souvent posée la question de l’handicape – probablement pourquoi le livre de Cécile m’a fait tellement bien aussi 🙂 !). Je voulait juste dire à quel point je trouvais nulle l’idée de considérer le surdon comme tel justement. Pour ce qui est des dys-, mon fils ne montre pas de « problèmes » de ce côté-là et comme il rentre en primaire, c’est encore un peu tôt je pense. Pas de dyscalculie en tout cas : j’ai découvert récemment qu’il arrivait à compter de deux en deux… Je reste d’accord avec toi : c’est toujours plus facile de résoudre les choses enfant qu’adulte !

          1. Bonjour je suis dans le même cas que Aude très forte hétérogénéité ICV à 145 un IVT raz des paquerettes un IRP à un peu plus d’un écart type et l’IMT à 1.67 écart type. Le bilan n’a pas conclu à un HP. Les conclusions laissent entendre que malgré une anamnèse concordante l’absence de QIT ne permet pas cette conclusion. Le seul soucis dans ce cas est de rester avec tout cela sur les bras…

      2. Bonjour Cécile,
        le Wais IV (que j’ai passé en Belgique où je réside actuellement) a donné un résultat de 131 pour l’ICV et entre 104 et 11 pour les trois autres. La psy faisant passé le test a noté dans le bilan écrit que l’on m’a remis (en en discutant avec moi) que le bilan sous évaluait probablement mes capacités réelles, au vu des observations qu’elle avait pu faire pendant le test. Oui, l’asso à laquelle je me suis adressée fait un « diagnostique » en plusieurs étapes et commence par une anamnèse, puis un « bilan qualitatif » (hyperstimulabilité – aucun problèmes de « score » ici : sensibilité émotionnelle caractéristique, hyperstimulabilité imaginative, intellectuelle, sensorielle et hyperactivité psychomotrice et questionnaire ASVS qui m’a « classée » comme « complexe », mais comme je le disais plus haut, je ne suis pas très convaincus par cette hypothèse laminaire/complexe. Les questions, et leurs réponses possibles, me semblaient dépendre trop souvent d’un contexte très variable…). Les personnes que j’ai rencontré au cours du processus étaient en tout cas, à ce qu’il m’a semblé, très compétentes et ouvertes à la discussion (et toutes « diagnostiquées » hp, donc avec une bonne expérience en plus de leurs diplômes).
        Pour ce qui est de mon bout d’chou, je veux surtout attendre de voir comment se passe l’entrée en primaire et le laisser trouver (ou pas) ses marques et une façon de canaliser les émotions. Si je vois qu’on a besoin de soutien tous les deux pour les trouver, alors je pourrais plus facilement lui expliquer la démarche – et lui en faire accepter l’idée!

      3. Bonjour Cécile,

        Vos 2 phrases dans ce commentaire m’interpellent tout particulièrement :
         » Mais un indice au dessus de 130 signe déjà la performance.
        Et si le subtest d’abstraction verbale est très élevé, alors il n’y a plus de doute.  »

        J’ai passé le WAIS IV fin mai, après des mois, des années même de doutes et d’errances.
        Mes résultats sont:
        ICV : 143
        IRP : 86
        IMT : 91
        IVT : 100
        Mon profil est donc pour moi complexe, donc hétérogène, mais les résultats ont tout de même été interprétés ( QIT 106) par la psychologue, alors que j’ai 57 points d’écarts à gérer!
        La psy souligne dans son rapport :
        « L’indice de compréhension verbale à 143 situe M. dans la douance, dans une structure homogène remarquable mais divergente »

        « capacité d’abstraction intutive remarquable divergente » et « Ses
        capacites d’abstraction et de conceptualisation sont puissantes. »

        Une dyspraxie visuo spatiale a été détectée au passage, ce qui explique un IRP si faible ( conclusions du rapport du WAIS :  » M. présente un profil d’apprentissage à très haut potentiel
        verbal remarquable associé à un domaine perceptif normal faible ( problèmatique de liant et dysprayxie visuospatiale) qui perturbent toutes les sphères affectives et cognitives, sources très anxiogènes déstabilisantes divergentes.)

        Je me suis toujours reconnue dans toutes les descriptions, lectures et autres témoignages des HPI.. mais plutôt le profil complexe… Mais le suis-je vraiment??? J’en doute encore 🙁

        Merci à vous

        1. @Ankou et M. (et bien sûr à tous ceux qui le voudront ! :)) je recommande la lecture d’un article écrit par Stéphanie Aubertin sur son blog.
          « WISC V : pour un abandon progressif du Q.I. total »
          je crois qu’il est très clair au delà d’être complet.
          Vous pourrez m’objecter que l’on ne parle que de WISC (enfants) et pas de WAIS (adultes) je vous rassure : celui-ci devrait arriver en 2017 ou 2018.
          Je pense ne pas courir grand risque en disant que la philosophie sera similaire.

          M., la psychologue elle-même signale votre douance, c’est un point fondamental. Et elle explique pourquoi le résultat de votre test ne peut passer la fameuse barre des 130 : à cause d’une dyspraxie visuo-spatiale qui, non seulement est un handicap en soi, mais de surcroît génère de l’anxiété dans ce genre d’épreuve.

          Ankou, on ne peut pas obtenir 145 à un Indice Verbal par un coup de chance.
          je n’ai pas assez d’élément (et ne suis pas assez calée non plus) pour vous en dire plus. N’hésitez pas à relire les billets de Stéphanie Aubertin sur les tests de QI, et en particulier celui dans lequel elle présente les raisons possibles des échecs et des réussites.

          Au final, quel est l’objectif en passant ce test ? Avoir un papier opposable à d’autres – Mensa par exemple ? pour pouvoir être accepté(e) officiellement ? Ou aller mieux en respectant un mode de fonctionnement singulier ? Je reconnais que pour l’adhésion à Mensa c’est triste.. quoique, peut-être, en adressant votre résultat commenté à la psychologue nationale, vous pourrez être admise.
          Mais je pense que c’est surtout la recherche de l’équilibre personnel qui prime : M., prendre en compte votre dyspraxie dans votre quotidien y compris professionnel, la faire respecter.
          Mais plus généralement, respecter votre écologie personnelle, le besoin de faire retraite parfois, de ne pas vous exposer inconsidérément à des stimulations sensorielles qui ne vous apporteront que de l’inconfort… mais surtout, je pense, travailler sur une estime de soi bien mise à mal…

          A bas la dictature du 130 !

          1. Bonjour Cécile et merci pour votre réponse.

            Je vais de ce pas lire l’article sur le futur WISC V.

            En effet, impossible pour moi de dépasser cette barre des 130 tant que je souffrirai de cette terrible dyspraxie visuo-spatiale, qui m’handicape tant.
            L’objectif de passer ce test n’était pas du tout d’intégrer Mensa pour ma part, les « élites » très peu pour moi.. 🙂
            Juste de savoir : et si c’est « ca » ?
            Oui, c’est vraiment la recherche de l’équilibre plus professionnel que personnel qui prime chez moi.
            Tant de souffrance au travail, je ne trouve pas ma place; je passe pour l’éxhubérante de service, le poil à gratter, la personne qui dérange, car trop franche, trop envahissante, trop émotive, trop TOUT!
            Vous pointez l’estime de soi, en effet, au ras de pâquerettes depuis tjr, car je me sens pas valorisée, pourtant capable de tant de choses, la psy parle même de très haut potentiel d’apprentissage, mais parasitée, voire submergée par toutes ces émotions.. Et cette dyspraxie qui fait que enfant, on ne » m’a pas appris à apprendre » selon ces terms, que je ne sais pas planifier, bref tant de travail à faire! Mais je vais m’y mettre, à pratiquement 35 ans! Il n’est pas trop tard 🙂
            Pour le travail, je suis dans une phase de reconversion ( une énième!) pour enfin trouver des missions compatibles avec cet état de « HPI », où autonomie, liberté d’action, pouvoir utiliser son imagination, sa créativité, son bagou, son gout du contact, bref mon tempérament entier, pas toujours facile; sera enfin possible!!
            C’est tout le mal que je me souhaite, je désire juste etre un peu épanouie, voire « heureuse » un jour.

            Merci à vous

            1. Bonjour M.
              Merci de vos précisions.
              Oui, la dyspraxie est véritablement une plaie, d’autant qu’elle vient jeter un voile sur l’expression du surdon.. tout autant que vos grandes capacités intellectuelles ont sûrement contribué à compenser une partie de vos difficultés de dyspraxique (c’est plutôt le surdon qui a fait qu’on ne vous a pas « appris à apprendre » et que vous êtes fâchée avec la planification- côté dyspraxie, difficultés d’orientation, il est vraisemblable que vous avez partiellement réussi à les compenser si bien qu’on ne s’en est pas inquiété.. d’autant que les troubles dys ne sont que depuis fort peu de temps reconnus et bien pris en charge).
              (Ici, quelques informations pour ceux qui ne connaissent pas la dyspraxie visuo-spatiale.)

              Faire appel de ses capacités intellectuelles en entreprise en brandissant un résultat de test de QI me paraît hasardeux.. j’aurais même tendance à penser qu’on ne peut révéler son Haut Potentiel qu’à quelqu’un qui vous répondra « je n’en doutais pas un seul instant »… pour les autres, franchement : peine perdue !

              Il me semble que le plus important est donc, effectivement, de pouvoir identifier un emploi (le créer ?) qui vous permettra de prendre en compte à la fois vos capacités intellectuelles et les difficultés qui restent de votre dyspraxie.
              Il y aura certainement des phases de deuil à traverser, mais aussi de meilleure connaissance de ce qui « fait » le surdon et de son intrication avec les divers événements de votre vie – je vous renvoie sur ce sujet au travail effectué par Andrew Mahoney pour s’accepter.

              1. En effet, j’ai toujours compensé avec le verbal. Quelle frustration j’ai ressenti, mais couplée à une certaine détermination lors des subtests IRP!!

                Créer mon emploi, impossible, je suis allee me perdre, dans un système incompatible pour nous, pauvres extra terrestres de la norme : la fonction publique territoriale . Hiérarchie, cadre, norme, procédures, je souffre, je suis montré du doigt, étiquette collée… Je cherche à muter de service, et de poste ( j occupe un poste où je dois être discrète, et exécuter sans l’ouvrir…. Torture quotidienne!)
                De plus, je suis cyclothymique ( enfin on m’a diagnostiquée comme telle….) et sombre dans une dépression car je ne me réalisé pas et me sens rejetée, blâmée et incomprise.
                À quand une vraie reconnaissance des HPI?
                Mon psychiatre me parle de RQTH pour la cyclothymie, je refuse fermement, car pas envie de me coller une autre étiquette….

                Mon dieu, que la vie est dure. J’ai pas demandé tout ca. Et la plupart pense que je le fais exprès.

                1. Les variations d’humeur rapides (en anglais « mood swings ») font partie du profil classique pour un surdoué – pour des médecins qui ne sont pas au courant de la façon si intense dont nous pouvons ressentir les choses, ça peut être qualifié de cyclothymie.. pour certains, c’est même de la bipolarité.

                  Par ailleurs, la fonction publique, territoriale ou pas… il y a effectivement plus propice que ça comme environnement pour s’épanouir et obtenir de la reconnaissance quand on est surdoué…

                  La reconnaissance des HPI a devant elle encore un long chemin. D’où l’importance pour les HPI d’apprendre à bien se connaître et à s’efforcer de se développer en n’oubliant pas de se nourrir de créativité, mais aussi de relations sociales – l’isolement est un écueil terrible.

            2. Bonjour @M
              « En effet, impossible pour moi de dépasser cette barre des 130 tant que je souffrirai de cette terrible dyspraxie visuo-spatiale, qui m’handicape tant.
              L’objectif de passer ce test n’était pas du tout d’intégrer Mensa pour ma part, les « élites » très peu pour moi »

              M, de dyspraxique à dyspraxique
              C’est un tres long Chemin que Celui de la compensation.
              Personnellement jai travaillé sur de nombreux points d’achoppement , la notion fondamentale de processus dans tous les actes de la vie quotidienne , la coordination oeil- main , le déficit de memoire de travail , etc
              Aprés, C’est essentiellement l’acceptation que quoi que l’on fasse , ce handicap reste inscrit dans tes circonvolutions cérébrales.
              Et C’est peut être cela le plus difficile à vivre…pour son propre égo .

              Bon courage M

            3. Bonjour M.

              Juste pour dire que tu n’es pas la seule zèbre égarée en fonction publique territoriale. Je rencontre les mêmes difficultés (de reconnaissance, de critiques sur son émotivité…) mais me questionne aussi sur la ‘stabilité’ aussi difficile, inconfortable soit-elle qu’apporte ce statut de fonctionnaire. Pour ma part, tout en restant dans le même poste, j’ai investi de multiples thèmes ‘émergents’ pour ma collectivité (jusqu’à acquérir une certaine expertise sur les infrastructures de très haut débit… que j’ai du abandonner car les élus ne souhaitaient pas continuer). On m’a confié une nouvelle mission : le ‘couteau suisse’ est aujourd’hui gagné par la rancœur alors que les collègues grimpent dans la hiérarchie.
              (pour ma part, le test réalisé à 25 ans n’a pas été accompagné de plus d’explications que cela ; j’en ai d’une certaine manière renié les résultats ; les deux livres de Cécile m’ont été d’une grande aide depuis 6 mois – mais j’ai 42 ans aujourd’hui et je suis tout aussi démuni dans cette quête à pouvoir explorer un autre équilibre où ses talents s’expriment plus naturellement)
              Pour être positif, je rebondis sur la remarque essentielle de Cécile : savoir se ménager son îlot de tranquillité, cultiver son jardin secret, faire  »œuvre ailleurs, autrement », partager ses passions… Ce qui n’empêche pas d’essayer d’agir pour trouver un territoire meilleur où l’on serait plus à l’aise : ce que vous faites et c’est déjà un pas important que vous avez franchi. Bon courage !

              1. Vous les fonctionnaires vous vous plaignez mais vous possedez quelque chose de tres precieux et rare actuellement la securité de l’emploi, qui n’existe plus dans le privé sauf exception
                de plus qqs uns de mes amis fonctionnaires, enseignants etc en plus de leurs vacances assez importantes on developpé des activités a coté, soit pour se faire plaisir soit pour augmenter leurs revenus ou les deux
                C’est comme le surdoué heureux dans son travail . il etait … enseignant. Rien a voir avec le privé. comparons pas des pommes et des poires

                1. Lepat, je ne trouve pas très sympathique cette façon d’apostropher vos semblables « vous, les fonctionnaires » !
                  D’abord, les uns et les autres ont atterri où ils le pouvaient, et parfois, sans du tout savoir à quoi ils s’engageaient.
                  Ensuite, se découvrir surdoué sur le tard, c’est bien, mais ça ne règle pas pour autant toutes les difficultés.
                  Et des difficultés, il y en a dans les entreprises privées, il y a en aussi dans les administrations, où la violence règne tout autant.
                  Et si, effectivement, on ne licencie pas dans l’administration, il faut bien avoir conscience que de plus en plus de fonctionnaires ne sont pas titulaires, c’est à dire que leur emploi n’est pas du tout pérenne.
                  Les enseignants aux nombreuses vacances.. avez vous enseigné ? ne serait-ce qu’à des adultes, enseigner toute une journée est éreintant, vidant, épuisant… alors j’imagine à des enfants, ou des ados, quand il faut en plus parfois gérer les parents. Sans compter les piles de copies à corriger (je ne vous souhaite pas d’avoir des copies à corriger, c’est.. pénible pour rester poli).

                  Les fonctionnaires ont la sécurité de l’emploi, certes.. mais leurs salaires ne sont pas connus pour être très élevés, et leur avancement relève pour certains des concours, qui ne sont vraiment pas faciles à préparer en travaillant.

                  Enfin, si certains fonctionnaires ont développé des activités à côté pour se faire plaisir et/ou pour augmenter leurs revenus, je vous rappelle quand même que c’est tout aussi possible dans le privé.

                  Comme je vous rappelle que si, certes, certains environnements se prêtent mieux que d’autres à l’épanouissement d’un surdoué, l’équilibre personnel de ce dernier est au coeur de son équilibre professionnel.

                  Chacun de vos commentaires est imprégné d’une grande colère, d’un grand mépris, d’une grande rancoeur, à l’égard du monde de l’entreprise, quelle que soit sa taille, et tout particulièrement la grande entreprise.

                  Une relation c’est au moins deux personnes : si l’entreprise ne fait rien pour vous intégrer, que faîtes vous pour l’intégrer ?

                  Je vous invite à ce sujet à lire ce texte, intitulé « Pourquoi est-ce moi, enfin nous, qui devons nous adapter? » et rédigé par Christian Charlier, qui travaille chez Airbus où il a créé un intranet ouvert à tous ceux que le surdon intéresse.

                  1. Selon moi il y a une ambivalence dans le discours concernant les surdoués et le monde de l’entreprise.
                    D’un coté des auteurs comme la psy katherine benzinger estime que la falsification (le faux self) mene
                    a la nevrose ou au burnout ce qui est assez logique
                    Par contre sur ce site lors des mensas days, surdoués au travail (voir la video) les psys conseillent aux surdoués d’etre le plus conformes possibles.
                    Sur ce site meme pas mal de surdoués avouent cacher leur surdon pour evoluer en entreprise (vous meme aussi
                    il me semble conseillez d’avancer masqué)
                    Mon specialiste de la douance (qui ne fait que ca et oriente des jeunes surdoués des l’ecole primaire) m’a dit
                    sans amabages qu’un surdoué n’est pas fait pour travailler en grande entreprise. Assez etonné, j’ai fait
                    un peu de recherches sur le sujet
                    Ce probleme se pose moins avec ses amis (on choisit ses amis contrairement a ses collegues) ou sa famille (du moins
                    si on possede une famile tolerante).
                    Je constate aussi que d’autre part beaucoup avec une certaine sagesse conseillent aux surdoués de travailler pour eux-memes . C’est tout a fait possible (profession liberale) mais
                    cela entraine un besoin d’orientation des l’ecole pour les etudes

                    IL y aussi de graves lacunes dans la litterature a ce sujet. Je suis aussi tres etonné que le surdon ne soit jamais abordé dans une optique de sociologie clinicienne mais
                    il est vrai que le monde du travail ne l’est que par de rares auteurs (de gaulejac par exemple)
                    J’ai aussi relu votre livre. Le contenu est tellement succint /resumé que j’etais passé sur certaines choses. Il y a enormement de choses qui manquent d’une developpement (ex tall poppy syndrome)

                    1. Je vous l’avais suggéré il y a un an, lepat : pourquoi ne pas écrire vous même sur le sujet ? Vous avez toute la matière et même à disposition un spécialiste.
                      La multiplicité des approches est une richesse.
                      Lancez vous !

                    2. la critique est facile, l’art difficile. c’est assez curieux, en général les surdoués aiment affronter ce qui est difficile.
                      « Tall Poppy Syndrome », quand on critique ceux qui ont réussi, n’est pas l’apanage des « autres » seulement.

                2. T’es sérieux Lepat? C’est forcément un cadeau la sécurité de l’emploi ou c’est une prison pourrite qu’on s’impose tout seul par peur d’être au chômage pour être bien certain de ne jamais faire ce qu’on aime? Allez, réfléchis encore 🙂

                  1. Bonjour
                    J’ai trouvé dans ce forum les éléments les plus sérieux pour comprendre et ce qui importe plus que tout : la bienveillance.

                    Je lis les remarques qui se focalisent sur un seul point et généralisent à partir de ce cas particulier : le mien. Je les endosse seul : je n’ai pas honte de dire que, comme beaucoup de nos congénères, j’ai recherché longtemps ma voie, et que j’ai trouvé dans mes missions accomplies pour le service public et leur diversité un motif de passion et d’investissement personnel (pendant de nombreuses années). Personne n’a eu l’indélicatesse de mentionner l’ultime argument des horaires de travail (j’aurais eu le plaisir de répondre sur mon cas mais cela n’a aucun intérêt, ici).

                    Alors, oui, les administrations (autant de pluriels que pour les entreprises) sont des milieux de travail où tout peut bien se passer pour un HP (avec toutes ses particularités)… ou pas. Chaque organisation (privée ou publique) assure une réception différente face à ceux qui connaissent burn-out et montagnes russes émotionnelles (les ‘alterdoués’ y sont plus exposés)… ou pas. Certaines organisations sont plus adaptées à des HP (petites structures…).

                    Pour aller plus loin (sans évoquer le déterminisme social qui oriente souvent des choix professionnels) (et sans évoquer effectivement, l’âge auquel on prend connaissance et ensuite conscience des incidences de son ‘alterdouance’), je porterais plus la question sur le rapport du HP à la prise de risque, aux choix (face à une filière, un emploi, le privé/et ou le public) puisque c’est bien là le cœur du débat. Quelle rationalité ? Quelle articulation avec la confiance en soi ?

                    Et, je l’espère enfin, pour mettre un terme à cette discussion (les arguments déployés par Cécile constituaient une très belle conclusion), je souhaite à chacun de trouver (si ce n’est déjà fait) épanouissement au travail ET dans sa vie personnelle, d’exprimer tous ses talents !

                    [j’utilise sans doute de manière impropre alterdoué pour HP]

                    1. « j’utilise sans doute de manière impropre alterdoué pour HP »
                      Il n’y a aucun mot officiel dont une quelconque étiquette impose l’usage 🙂

                  2. Rien n’est parfait mais vaut il mieux une prison dorée ou une prison pourrie ?
                    Pour info dans mes connaissances ou meme ma famille j’ai des gens qui ont fait des etudes brillantes , longue experience se sont retrouvés au chomage de longue durée avec famille etc
                    Certains sont des potes de fac, et j’ai pu mesurer la qualité de leur travail.
                    Bien sur c’est socio-politique et sort du debat sur les surdoués

                    1. « vaut il mieux une prison dorée ou une prison pourrie »
                      … il vaut évidemment mieux pas de prison du tout !
                      Si l’intégration en entreprise est possible, voler de ses propres ailes est souvent la meilleure solution pour un surdoué.
                      … Mais comme d’habitude : plus facile à dire qu’à faire quand on découvre qu’on est surdoué à l’âge adulte et avec déjà une carrière professionnelle déjà bien entamée.
                      (Donc votre intervention était bien dans la cible ;))

                  3. Léchalote, la liberté, c’est terrible. Je ne connais que deux personnes autour de moi qui assume leur liberté. Etre libre, c’est faire des choix dont on ne connait pas l’issue. C’est ne pas pouvoir se plaindre, et accuser Pierre Paul ou Jacques, ou encore le système, le gouvernement, les autres, si on échoue. Etre libre, c’est aussi insupportable pour l’entourage, parce que si on apprécie l’avoir près de soi, cela reste un vrai choix. On n’a pas à proprement parler « besoin » d’eux. L’indépendance, dont je me targue, reste invivable pour la plupart des gens qui m’entourent, impossible à comprendre, J’entends tout, les analyses sont fausses, parce que le concept même ne les effleure pas.
                    Alors c’est vrail presque tout le monde accpete une prison « malgré lui » et s’en plaint. Cela positionne en victime, ce qui est plein d’avantages masqués, qui ont peine à affleurer la conscience.
                    La prison « pourrite » 😉 est affectionnée parce qu’elle permet en effet de justifier tout un tas de situations dans lesquelles la personne dit être dans l’impossibilité d’agir.
                    Or, on a toujours le choix. Toujours. Si je ne quitte pas mon emploi « sécurisé », c’est parce que JE choisis la sécurité. Pourquoi alors s’en plaindre?
                    La liberté, c’est aussi la solitude choisie, car les routes qui y mènent sont peu ou pas fréquentées. Donc radeau en solitaire, et pagaie, mon ami!
                    Cela dit, les rivages sur lesquels tu arrives sont d’une beauté sans nom, indescriptible, même si parfois tu endures des choses difficiles. Le facile ne mène nulle part, sauf à la médiocrité. Les rivages de la médiocrité sont plus encombrés que les plages à la mode.
                    La liberté a un prix, et je veux bien payer, et payer encore, pour elle.
                    Un billet sur la « liberté » vue par les surdoués, Cécile????

                    1. « Un billet sur la « liberté » vue par les surdoués, Cécile? »
                      Hm… J’estime avoir moi-même encore beaucoup de progrès à faire en la matière…
                      Mais publier sous forme de billet une série de témoignages sur la façon dont la liberté est vécue par ceux qui accepteront de témoigner; je trouverais ça chouette. Partante ?

                    2. D’abord, « faut qu’je me bouge »! (franchement l’énergie est dure à retrouver, mais plus encore la concentration – et il en faut, pour rédiger un billet :///)
                      Ensuite, je pense que je vais juste faire un billet d’appel à témoignages sur ce que la façon dont la liberté est vécue par les uns et les autres.
                      Ensuite, suivant le succès : publication intégrale, ou des meilleurs extraits 🙂
                      En tous cas merci d’accepter l’idée ! 🙂

                    3. Beau texte Lost in Time que je n’aurais pas eu l’énergie de pondre en ce moment. Chapeau!
                      D’accord à 100%
                      Assumer ses différences être authentique c’est la solitude oui. Le bonheur dans SA vérité.

                    4. Un jour peut être, quelqu’un trouvera comment partager l’énergie. (un surdoué, forcément). Quand il /elle aura trouvé, je ferai partie des donneurs…. Parfois, j’ai comme « une urgence de vivre ». Il faudrait totue une page pour décrire, mais si quelqu’un d’autre ressent la même chose, je veux bien partager l’expérience. Difficile d’en parler avec ceux qui n’ont pas ce ressenti.

    2. Bonjour Aude
      Certes le test de QI est imparfait et cerne les capacités cognitives dans la sphère verbale, perceptive mémoire de travail et vitesse de travail.Cela est certes insuffisant pour analyser les capacités de 100 milliards de connections synaptique mais donne une idée assez fiable des compétences logico mathématiques.
      des test pour les enfants comme le KABC permettent un complément très intéressant en terme de raisonnement séquentiel/simultané qui sont les deux grands modes de fonctionnement intellectuel du cerveau selon Luria
      http://www.code.ucl.ac.be/sblu/tests/kabc.htm

      en ce qui concerne votre test j’ai comme vous et » tournevis » que je salue, une élévation isolée de l’ICV.
      Il s’agit d’une conformation trés spécifique donnant lieu à des troubles de l’attention et à une dyspraxie.
      Si l’on vous parle de l’importance de réalisation d’un bilan psychométrique le plus précoce possible chez votre enfant ,c’est qu’il semble important de faire un dépistage le plus tot possible pour donner des possibilités de remédiation chez votre enfant au cas ou il serait porteur du meme type d’anomalie cognitive.
      En effet les chiens ne font pas des chats , et il existe de façon trés nette une transmission génétique des parents aux enfants des anomalies cognitives (HP et Dys) avec une vraisemblable pénétration variable de l’importance de ces anomalies en terme de visibilité ,c’est à dire qu’il existe des variations importantes d’expression symptomatique de ces caractéristiques(ie hp +/- dys).
      je ne sais pas si je suis clair..
      Toujours est il qu’au dela de de 25 points de différentiel entre ICV et IRP
      il faut évoquer une dyspraxie potentielle sous jacente.
      Après on peut repérer des difficultés en comparant la vitesse d’apprentissage chez un enfant et son efficacité sur le plan de l’habillage, marche, course, lecture ,comptage etc…
      lire la page de site de dehaene/Huron
      http://www.unicog.org/pm/pmwiki.php/Main/Dyspraxia
      http://www.dmf31.com/les-manifestations-les-plus-courantes/

      il s’agit d’un handicap invisible
      diagnostic pour ma part à 51 ans
      je pense que cela m’aurais rendu la vie nettement plus simple si on m’aviat diagnostiqué à 4 ou 5 ans

      aprés les gens compétents sont rares
      ma fille a compensé mais j’ai passé 11 ans à l’aider à s’habiller et à 15 ans elle ne veut pas faire de vélo car elle n’aime pas ça….
      la psychomotricienne a fait des test à 12-13 ans et n’as rien trouvé
      voila voila
      pour vous dire que ce mix HP/Dys est détonnant car il faut aller chercher des infos entre sites de dys et sites de hp et faire la synthèse soi meme pour comprendre le phénomène de masque réciproque dont parle si bien le Pr Revol dans ses intervention axées plutot sur HP/TDAH dans lesquelles il excelle!
      Il existe pratiquement dans tous les livres de dys un chapitre sur les enfants précoces et vice versa mais je n’ai pas encore vu de livre spécifique HP DYS pouvant donner les clefs au grand public de ce mystère touchant environ 25 à 30% des hp.
      j’espère que vous aurez rapidement des éléments de compréhension plus fine car il existe un continuum et non pas un aspect tranché,on parle de note dyspraxique avec une compensation plus ou moins bonne lié au HP,sauf que souvent on ne peut compenser sur l’ensemble des secteurs ,cf la double tache dont parle tous ceux qui s’occupent de dys et qui peut mettre en échec l’enfant dans ses apprentissages, avec une fatigue et des troubles d’attention secondaire.
      Donc l’œil attentif d’une mère reste indispensable pour juger les forces et faiblesses ainsi que la vitesse de développement psycho moteur de son propre enfant et lorsque les difficultés se font jour, avoir pu anticiper avec
      – soit remédiation
      -soit contournement de la double tache permettent d’éviter la mise en échec en particulier sur le plan scolaire voir sur le plan social

      cf le site d’Alain Pouhet médecin rééducateur spécialisé dans ce domaine.
      https://sites.google.com/site/dralainpouhet/home

      c’est peut etre long etcompliqué d’absorber toute cette masse d’information mais trés enrichissant à mon humble avis.
      Bonne soirée et bonnes lectures de la part de BONJOUR 🙂

      1. Bonsoir à Bonjour 🙂 (et Aude et aux autres évidemment)

        Je voudrais préciser que ce qui est mentionné ici http://www.dmf31.com/les-manifestations-les-plus-courantes/ est à adapter quand il s’agit d’un enfant surdoué, ce qui rend le diagnostic encore plus difficile. Je préfère plutôt ce qui est écrit dans le précédent lien http://www.unicog.org/pm/pmwiki.php/Main/Dyspraxia même si c’est plus long à lire mais qui me bouleverse tellement je m’y retrouve.

        Ma mère m’a toujours considérée comme « plutôt adroite de mes mains » alors même qu’elle me reprochait souvent d’être « empotée », « pas dégourdie » ou « trop latéralisée » (je n’utilisais que ma main droite pendant que la gauche pendait inutile à mon côté ; je conçois difficilement comment on peut faire des choses différentes avec les deux mains en même temps, par exemple j’ai toujours refusé d’essayer de jouer de la guitare tellement ça me semble juste impossible, les pianistes me remplissent d’une admiration sans borne…) La plupart des gens de mon entourage actuel semblent aussi me considérer comment qqune de plutôt adroite de ses mains je suppose, vu leur étonnement quand je mentionne que je suis dyspraxique.

        Curieusement, j’ai plutôt un bon coup de crayon comme peuvent en témoigner mes nombreux dessins et c’est le cas de diverses personnes de ma famille, mais pas toutes. Il se trouve que nous avons probablement une lignée de peintres dans nos ancêtres et ce surdon graphique interfère bizarrement avec la dyspraxie : j’ai suivi pendant six ans des cours de dessin pour adultes (entre 46 et 52 ans en gros, avec la découverte de ma dyspraxie au milieu) et je n’ai jamais pu, malgré mes efforts, suivre les consignes du prof. Par contre, en laissant aller mon crayon, généralement complètement à l’envers de ce qu’il préconisait, ça donnait des résultats plutôt très bons. Il m’est même arrivé de faire distraitement le dessin en un quart d’heure pour m’occuper pendant qu’il donnait ses explications au groupe pour exécuter le-dit dessin… Heureusement que ce gars est très ouvert et tolérant, il a accepté que je ne suive pas ses conseils (et supporté ma mauvaise humeur en début de chaque cours causée par le stress intense dû à l’insupportable certitude que « je ne vais jamais y arriver »).

        Plusieurs professionnels m’ont aussi dit que je n’avais « pas de problème » ou que « tout allait bien » (ils le savent mieux que moi, sans doute ?) parce que mes IRP et IVT sont entre 110 et 120, soit une bonne moyenne, incapables apparemment de comprendre que pour un-e surdoué-e, la moyenne se situe à 130 voire 145 et que, comme le rappelle Bonjour, les problèmes naissent de l’écart entre les indices (34 points dans mon cas) et non de la valeur absolue de ceux-ci.

        On n’insistera jamais assez : même si ça ne se voit pas, une personne dyspraxique a besoin d’aide et de reconnaissance de ses difficultés, car sa vie est un enfer, et d’autant plus que cet enfer invisible ne dérange qu’elle. Je regrette non seulement de n’avoir su qu’à 50 ans pour moi, mais je le regrette aussi profondément pour mes enfants qui le sont très certainement et que nous aurions pu aider, maintenant ils sont adultes, c’est trop tard (nous avons bien ri, il y a deux ans à Noël quand nous nous sommes mis à trois (parce qu’à quatre il n’y avait pas la place) pour ouvrir un malheureux petit bocal de foie gras… Mais certains jours, je n’ai plus envie de rire, quand je me lève de table pour la 4è fois comme à chaque repas, pour aller un chercher un de ces trucs que j’utilise à chaque repas et que pourtant j’oublie avec constance de disposer sur la table à chaque repas…)

        Il me semble avoir lu aussi que les dyspraxiques ont souvent une mauvaise mémoire, la mienne est à 131 et fonctionne très bizarrement : phénoménale pour certaines choses, et totalement inopérante pour d’autres, indépendamment de l’intérêt que je peux porter au sujet. Ce qui a sans doute contribué à masquer d’autant plus ma dyspraxie. Je me suis rendue compte que je m’appuie énormément sur ma mémoire tant que ça peut me dispenser des gestes et mouvements dont la coordination m’épuise, et aussi que tout le monde ne fait pas comme ça (par exemple je préfère mémoriser les n° de tél que de devoir manipuler un répertoire, je préfère calculer de tête que de chercher la calculette…). Bon, j’arrête là, on n’est pas sur un blog de dyspraxiques ici je crois 🙂

  5. Bonjour,

    Je viens de lire votre article, à 23 ans, je découvre que ma vie chaotique est liée à mon surdon, j’ai passé le test WAIS V sans y croire et finalement, il apparaît que mon Qi est de 130.

    J’étais rassurée et enfin contente de pouvoir mettre un nom sur mon mal-être, mais voilà, qu’avec votre article, je lis que l’on peut avoir réussi le test et ne pas être surdouée, j’ai un peu peur de cette phrase.

    Pour vous, je pourrais avoir fais le test et avoir eu un gros « coup de chance ».

    A vrai dire, suite à mon test que je pensais avoir « raté », je suis même après les résultats sûre de ne pas être quelqu’un d’intelligent ou qui a des capacités intellectuelles développées, je pensais donc souffrir du « syndrome de l’imposteur », mais il s’avère que ce soit peut-être réel ? Je suis perdue…

    1. Bonsoir Leïla

      Oui, effectivement, les test de QI ne sont pas fiables à 100%. D’où l’importance de savoir les interpréter correctement, de savoir lire entre les lignes, de comprendre l’histoire de la personne qui passe les tests (on parle d’anamnèse).

      Avoir 130 ne correspond pas à un gros coup de chance. On peut avoir 130 et être très performant intellectuellement, mais pas pour autant surdoué.
      On peut aussi avoir 125 et être surdoué, ce qui est un gros coup de malchance si on tombe sur un thérapeute qui n’est pas sensibilisé au surdon.
      .. On peut même parfois ne pas disposer d’un QI moyen dans la mesure où il y a une telle hétérogénéité dans les subests qu’il est déontologiquement impossible pour le thérapeute de moyenner un QI.

      Il faut donc prendre en compte l’anamnèse de la personne qui passe le test… et puis il faut aussi regarder le résultat de chacun des subtests, qui est beaucoup plus éclairant que le seul QI Total.

      je vous invite à aller parcourir la série de 12 billets consacrés aux tests de QI rédigés en 2012 part Stéphanie Aubertin. Le 7° billet analyse chacun des subtests en détail.

      Et puis surtout : le surdon ne fait pas tout – il est à considérer comme un amplificateur. La construction identitaire est déterminante. Alors 130 ou pas, si vous avez une vie chaotique, il ne faut pas en chercher les racines que dans le surdon. Il y a d’autres éléments de votre vie qui vous ont blessée et qu’il importe d’identifier pour que vous puissiez aller mieux.
      Le surdon colore tout ça d’une façon un peu particulière, certes. Et c’est vrai que c’est plus facile de pouvoir alors faire ce travail de reconstruction avec un(e) thérapeute qui y est sensibilisé(e).

      1. Bonjour Leila,
        Je vois une multitude de questions en vous, et j’aurais tendance dans ce contexte, à me dire qu’un signe indirect les plus constants chez les surdoués est l’absence de certitudes, comme le disait ce regretté Pierre Desproges,  » le doute m’habite »!!
        Alors au delà de vos interrogations,pourquoi ne pas changer de paradigme et vous poser une question simple:
        Pourquoi ne pas m’autoriser à me considérer
        Comme surdouée  »
        Après tout même les tests sont en faveur de cette hypothèse de travail!
        A ce niveau il y a moins d’une chance sur mille d’erreur….
        Voilà Cest finalement simple de s’autoriser cela non
        Bonjour au revoir et bonne journée ensoleillée 🙂

  6. Bonjour!
    Je suis à peu près d’accord avec ce qui est dit dans l’article mais j’aimerai apporter une part de ma réflexion sur les profils laminaires et complexes.
    Au travers des différents articles que j’ai pu lire à ce sujet, notamment celui de Fanny Nusbaum, il est claire que le laminaire est plus en lien et plus ancré dans le monde alors que le complexe va plutôt privilégier son monde et sa vie intérieur. Différencier les deux en proposant que les complexes sont des surdoués et que les laminaires sont HQI et non surdoués est intéressant. Pour moi ce qui différencie le laminaire du complexe est son rapport au monde et son rapport à sa vie interne, comme ce qui différencie quelqu’un d’extraverti et quelqu’un d’introverti. Le surdoué extraverti va préférentiellement investir la sphère relationnelle, sociale, ce qui donnera l’image de quelqu’un de performant socialement (et n’est ce pas par rapport à cette sphère que les jugements se font?) les complexes eux seront plus proche de leur monde interne, investissant moins la sphère sociale ou relationnelle donnant l’image de quelqu’un de torturé et peut-être moins à l’aise ou performant socialement parlant.
    L’extraverti a moins de difficultés à prendre la parole, partager ce qu’il pense, partager son ressenti. Il n’a pas peur de dire ce qu’il pense et a même besoin de dire ce qu’il pense. Sa réflexion et sa pensée est tournée vers l’extérieur.
    L’introverti a des difficultés ou n’aime pas prendre la parole, se réservant pour la sphère intime.
    Comparez à présent un surdoué extraverti et un surdoué introverti. Je pense qu’on peut se rapprocher de la différence entre complexe et laminaire.

    Bien entendu ce n’est qu’une supposition.

    1. En ce qui concerne la quasi dichotomie en train de se faire jour entre « HQI Homogènes/Hétéogènes » ou encore « HQI Linéaires/Complexes »
      Juste quelques réflexions issues de mes lectures
      – il a été montré que le potentiel créatif nécessité un certain QI
      Mais contrairement aux idées reçues , le potentiel créatif augmente jusqu’à environ 125 de QI puis il y a dissociation entre les courbes de créativité et le niveau de QI ( il faudra que je retrouve la source de ceci, l’ayant lu il y a plusieurs mois) .Or globalement avec un QI très hétérogène on a du mal à dépasser 125-130; la question serait est ce que l’indice de créativité ne serait il pas lié justement au niveau d’heterogeneite du QI qui en quelque sorte favoriserait l’expression et l’émergence d’une expression imaginative?

      – D’autre part, l’IRP mesuré par l’intermédiaire des matrices de Raven serait selon cet article « http://gdri3iaf.info.univ-angers.fr/IMG/pdf/paper_14.pdf »
      la capacité plus ou moine élevé de « recopiage » dans l’espace ,soit en fait une habileté plus qu’une véritable forme d’intelligence .
      En gros elle permettrait au cerveau de recopier un profil type et de l’adapter à d’autres circonstances ,d’où une meilleure fluidité de l’intelligence , bien utile en mathématique par exemple.
      Or dans la dys praxie ou l’IRP est curieusement dans les choux, c’est justement cette incapacité de reproduire fidèlement les gestes non seulement moteurs (dans les gestes de la vie quotidienne) mais aussi mentaux spatio- temporels qui sont déficitaires , raison pour laquelle on a autant de difficulté dans la gestion des dates des déplacements dans l’espace,du calcul mental, de recopiage QI on est en primaire (il y a une thèse en IRM Fonctionnelle à Lyon très intéressante à ce sujet .
      La conclusion très imparfaite et subjective serait peut être que le Qiv très élevé serait un facteur d’arborescence et de créativité alors que l’IRP faciliterait l’adaptation au monde en permettant la facilitation de la reproduction par recopiage d.une représentation mentale déjà préexistante ou acquise par l.apprentissage et/ou la réflexion ,de ce fait permettant l’accession aux professions « techniques », industrielles,voire nécessitant une virtuosité manuelle comme les musiciens,sculpteur ,etc…?
      Ce ne sont que des supputations,voire des élucubrations mais il est possible qu’il y ait une petite part de vérité dans tout ceci!
      Bonne soiree

      1. « l’IRP faciliterait l’adaptation au monde en permettant la facilitation de la reproduction par recopiage d’une représentation mentale déjà préexistante ou acquise par l’apprentissage et/ou la réflexion, de ce fait permettant l’accession aux professions « techniques », industrielles, voire nécessitant une virtuosité manuelle comme les musiciens, sculpteur, etc…?
        Ce ne sont que des supputations, voire des élucubrations mais il est possible qu’il y ait une petite part de vérité dans tout ceci !
         »
        En tant que dyspraxique à haut ICV (ou plutôt haut ICV dyspraxique) je partage assez cette supputation. 🙂

        1. un petit lien sûr la correspondance anatomo clinique (par i.r.m. fonctionnelle de diffusion ou tractographie)
          Pour mieux comprendre le fonctionnement cérébral de ces enfants, une Étude par IRM

          (Imagerie par Résonance Magnétique) sur l’anatomie, le fonctionnement et les connexions du cerveau a été menée par une équipe de recherche du CERMEP-Imagerie du Vivant *, du

          CHU de Lyon et de l’Université Lyon 2, grâce au soutien de la Fondation APICIL.
          passionnant pour appréhender les différences HPI linéaire/complexe
          http://www.fondation-apicil.org/nos-projets.php?Page=Projets&categorie_id=21&article_id=636

          Les chercheurs, spécialistes français de l’enfant HP, sont Fanny Nusbaum, Dominic Sappey-

          Marinier et Olivier Revol.

          1. Merci !
            Ca continue à laisser plein de questions en suspens 🙂

            Je note au passage que cette étude permettra de proposer un suivi médicamenteux différencié, et que je perçois plus une meilleure compréhension du mode de fonctionnement des enfants pour leur faire intégrer le système scolaire que pour les respecter dans leurs besoins.
            Mais je dois être parano…

          2. Pour information, puisque nous parlons IRM et enfants (une fois n’est pas coutume).
            John Geake, professeur en sciences cognitives à Oxford (hélas décédé en 2011), a beaucoup travaillé sur les enfants précoces au moyen d’IRM (entre autres)
            Dans aucun des travaux que j’ai pu lire de lui, je n’ai trouvé que le haut potentiel était à prendre comme un trouble d’apprentissage qui devait bénéficier d’une neuro-éducation, comme l’indique cet article qui traite lui aussi des travaux de Revol et Nusbaum

            En Français : neurodidactique des sciences, un article canadien – Page 5 du document (quotée page 312), une présentation de la neuroéducation. Page 6 (313) présentation de la neurodidactique.

            Attention, articles uniquement en anglais
            Comment le cerveau apprend à lire (2006)
            Connections neuronales et intelligence fluide (article Elsevier de Juin 2005)
            Les motivations de John Geake / déclaration d’intention
            Surdon et mathématique, analyse cérébrale
            Image d’intelligence fluide
            Neuromythologies éducationnelles (EDucational Research 2007)
            Et 3 études supplémentaires
            Un livre paru en 2009, et rédigé par John Geake sur le sujet des études FMRI.. qui commence par « c’en est assez des IRM »
            John Geake a au final écrit plus d’une soixantaine d’articles sur le sujet, sans compter ses interventions (toujours avec une pointe d’humour) dans des conférences internationales

          3. Cécile
            merci encore pour l’attention dont vous faites preuve et au respect des avis « divergents » ,cela est toujours enrichissant et passionnant dans les deux sens !!
            Vous et Didier Poli sur Planète Douance, prenez en compte (j’ai eu cette nette impression après avoir transmis quelques informations), d’être écouté et entendu, grâce vous en soit rendu!

            En ce qui concerne les immenses progrés potentiels à venir ,de par la vérification in vivo par les techniques non invasives dites fonctionnelles, de la compréhension et de l’aide ,
            les résultats scolaires sont en quelques sorte un thermomètre d’une part des fonctions cognitives demandées pour le fonctionnement sociétal
            mais aussi d’autre part permettent aussi pour un enfant d’acquérir un égo suffisamment solide pour résister aux contraintes délirantes auxquelles notre société nous soumet (gain de productivité, narcissisme ,consumérisme et j’en passe), or ces sentiments d’estime de soi ,confiance en soi chez un enfant sont quasi systématiquement mis à mal en cas d’échec scolaire(cf la théorie des dominos chère à Revol).
            Aprés ,effectivement, ne faire reposer l’équilibre psychique infantile,adolescent puis adulte ,que sur la valeur « externalisée » en quelque sorte de la réussite académique serait à mon avis une grave erreur avec un risque trés élevé de faille narcissique secondaire.
            Tout ceci pour dire que la volonté des chercheurs de « NORMALISER » le fonctionnement intellectuel des HPI hétérogènes ,ce qui vous fait réagir n’est en fait qu’une volonté d’aide exprimée de façon maladroite.
            Tout d’abord
            -parce que ces anomalies de fonctionnement sont génétiques pour une grande partie,que ce soit le HP mais aussi toutes les DYS y afférant en tant que comorbidité (cf HABIB)
            – parce que les médications sont seulement pour partie efficaces,exposent comme tout molécules à visée neurologique centrales, à tout un nombre
            d’effets secondaires ,si bien que le ratio bénéfice/effet secondaire ne s’avère pas optimal avec une compliance thérapeutique faible
            (même dans les maladies chroniques à risque vital, l’observance thérapeutique est de 70% environ,c’est dire…).
            -le terme de normalisation est un très mauvais terme de par la connotation extrémement péjorative sous jacente sociétale pouvant aller jusqu’à la répression voir l’élimination physique dont nous avons quelques malheureux exemples dans notre histoire moderne mais aussi dans les films de SF (type Xmens!) .

            Je pense que le terme vrai serait
             » l’harmonisation du fonctionnement intellectuel »
            ceci tirerait vers le haut et positiverait la volonté
            -des chercheurs d’appréhender (encore un mauvais terme….:-)) les troubles du fonctionnement cognitif qui induisent secondairement un ressenti parfois négatif, des HP hétérogènes dont je fais ,Oh combien!,partie.
            -des psychologues qui pour la plus grande parie ne sont pas cliniciens ni neuro cognitivistes
            – des médecins à qui l’on n’as pas enseigné tout cela
            – des enseignants dont c’est le cadet(roussel) de leurs soucis

            Je pense qu’il faut être positiviste dans ce domaine, car seule la connaissance fine et méticuleuse des  » troubles » du fonctionnement intellectuel peuvent permettre leur enseignement à la masse des soignants et de ce fait de le dépister précocemment et d’adapter des moyens d’y remédier (partiellement et de façon incontante)
            cf votre réference extrémement interressante pour moi sur la neurodidactique (dont se fait un peu le chantre Fabrice BAK en parlant des structures mères (dont l’inhibition..))
            En terminant, citons un scénario futuriste imaginé par Geake
            et Cooper (2003, p. 17, traduction libre) sur ce que peut devenir
            l’école de demain qui intégrerait les connaissances développées en
            neuroéducation:
            La scène se déroule lors d’une rencontre de parents dans une école primaire
            du quartier. Un parent discute avec l’enseignant de son enfant, Chris, des
            mauvais résultats scolaires en mathématiques de ce dernier. L’enseignant
            affirme alors que les mauvais résultats en mathématiques de Chris sont
            sous surveillance depuis un moment et qu’à cet effet, l’enseignant a
            demandé un rapport de neuroimagerie […] Après l’analyse de ce rapport,
            l’enseignant recommande un cours de biofeedback en temps réel impliquant
            l’utilisation de problèmes arithmétiques à étapes multiples pour renforcer
            la mémoire à court terme liée à la résolution de problèmes numériques
            de Chris, laquelle s’est révélée relativement faible suite à l’imagerie. Les
            rapports de neuroimagerie des prochains mois diront si cette intervention
            spécifique a été efficace…
            Ce scénario, qui nous paraît encore bien lointain, contient
            peut-être quelques-uns des éléments qui constitueront l’école de
            demain. Il faut donc s’y préparer maintenant.

            Enfin ne pas oublier tous les aspects potentiellement positifs d’un fonctionnement intellectuel hétérogènes,en terme d’empathie et de créativité qui doivent être reconnus et encouragés comme des pièces maitresses structurant la personnalités!
            comme le dit si bien REVOL, il faut faire de ses troubles qui au départ peuvent , aux yeux de tous et de l’interressé lui même, paraître une faiblesse,en faire une force puis un don!
            merci pour tout Cécile!
            ps un peu long et verbeux mais bon quand on aime on compte pas trop

            1.  » anomalies de fonctionnement sont génétiques pour une grande partie,que ce soit le HP  »
               » » l’harmonisation du fonctionnement intellectuel »
              argh…..
              Je revendique qu’être HP n’est pas une anomalie de fonctionnement
              Merci Adam Smith et la Révolution Industrielle d’avoir rendu débile la population (Adam Smith avait quand même perçu que la division du travail risquait de se faire au détriment de l’intellect des travailleurs – il en appelait à une bonne éducation qui viendrait contrebalancer l’appauvrissement intellectuel généré par le travail – je fais l’hypothèse que l’épigénétique a favorisé l’appauvrissement héréditaire, et que les HP sont des survivants d’une période avant la Révolution Industrielle)

              « parce que les médications sont seulement pour partie efficaces, »
              C’est ainsi que des gens sont traités pour THADA, dépression, autisme, alors qu’ils ne sont pas concernés par ces maladies.
              Je renvoie au livre de James Webb et al. hélas uniquement en anglais sur les erreurs de diagnostic et double diagnostic au sujet des HP.
              .. Mais il est plus facile d’assommer les malades que de les aider à s’insérer. Triste réalité de la prise en charge médicale, dénoncée par la Cour des Comptes en 2011.

              ce qui me gène dans la notion de « HP hétérogène« , c’est qu’on prend le surdon ex nihilo, alors que l’expérience, l’histoire personnelle, la construction identitaire sont essentielles – Terman le premier l’a oublié et en 2008, une étude qui analysait les 100 « Termites » qui avaient le mieux performé + les 100 Termites qui avaient le moins bien performé au cours de leur vie, a bien mis en lumière que ce qui faisait la différence était le soutien familial et l’estime de soi, mais aussi l’environnement plus général et le facteur chance pour reprendre les théories de Gagné.

              les structures mères de Fabrice BAK : une hypothèse extrêmement séduisante mêlant cognitif et émotif
              Mais (pour en avoir parlé avec lui à l’occasion d’un congrès) des conclusions établies sans peer review (analyse par les pairs, de préférence internationale) – or, il me semble important que ces conclusions puissent être confrontées et commentées.

  7. Je ne sais trop où mettre ça, une citation d’Albert Camus que je viens d’entendre sur FrQ et qui me paraît tout à fait adaptée à nos histoires « innommables » de surdoué, haut potentiel, zèbre ou autre bestioles atypiques : « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde« .

    1. Bonjour Cécile
      j’avais perdu le fil

      juste une définition duLarousse
      anomalie
      nom féminin
      (bas latin anomalia, du grec anômalia, inégalité)
      Définitions
      Synonymes
      Difficultés

      Ce qui s’écarte de la norme, de la régularité, de la règle.
      Variation importante de certaines grandeurs géophysiques, souvent due à la présence d’accidents géologiques.
      Caractère d’un énoncé anomal.
      Écart positif ou négatif des valeurs d’un élément météorologique par rapport à sa moyenne, ou normale.

      Quand on parle de HP c.a.d 2% de la population à 130 de QI et 1 pour mille à on parle d’a-nomalie par rapport à la moyenne
      quand on ^parle de fonctionnement hétérogène intellectuel
      on parle de 5 % de la population tout venant mais en large proportion plus élevé chez les HP
      c.a.d. d’a-nomalie par rapport a la moyenne qui,certes, ne sont pas forcément à soigner, si cela ne porte pas à conséquence dans la vie quotidienne( mais ça,c’est peut être à voir….)
      ce n’est pas un jugement sur ce que l’on est mais d’un fait actuellement relativement bien vérifié par les statistiques!
      Après, tout dépend comme on le vit
      pour moi le fait d’être une anomalie sur le plan cérébral ne m’as pas rendu la vie facile dans la mesure ou nous sommes tous des animaux sociaux,l’écart à la norme rend difficile la vie avec ses congénères qu’ils soient normo fonctionnant ou HP!
      alors THQI,multidys et 2 ans d’avance…….
      plus on se rapproche plus on se blesse c’est le syndrome du porc épic,
      cela ne me retire pas le droit et la possibilité d’être perçu selon les domaines comme quelqu’un de normal,bizarre,exceptionnel, nul,psy,etc…
      Michel Habib montre sur RESODYS la coexistence de ces a-nomalies, ou fonctionnement différent par rapport à la moyenne, les anomalies de conformations cérébrales sont légions plus ou moins visibles,tout dépend du degré de compensation,c’est tout.
      pour moi ce n’est pas de la stigmatisation que de parler d’HP hétérogène en terme d’anomalie et je dirais que j’éprouve même une certaine fierté de m’être sorti tout seul d’affaire ,cela n’empêche que quand je perçois dans ma patientèle quelqu’un qui se débat dans ce genre de problématique ,je n’hésite pas à passer du temps à lui donner ce type d’information,que ce soit un hp, un dys,ou un HP/dys puisque je me reconnais dans les trois à titre personnel!

      Aprés les interprétations, les théories surtout sur le plan cognitif restent trés longtemps en suspens avant d’être validées scientifiquement parlant ,tout dépend de l’aura,de l’implication du tenant de cette théorie.
      pour moi une théorie si elle peut permettre d’améliorer quelqu’un par ce biais ,est une bonne théorie jusqu’à ce quelle soit dépassée par une autre théorie plus efficace pour expliquer les échecs de la précédente théorie, je dirais que je suis pragmatique à ce niveau en tant que participant à la gestion de la santé de mes congènéres dans la vie quotidienne
      Comme le dit trés bien Alain Pouhet dans son interview sur planete douance,réeduquer un DYS part d’un bon sentiment ,mais si la somme de toute la rééducation ne permet pas au patient d’arriver à la norme,en fait à l’automatisation de la tache sans surcharge cognitive(c.a.d. la double tache) ,il faut changer le fusil d’épaule et effectuer un contournement de la DYS fficulté en utilisant les secteurs préservés pour éviter les doubles taches non automatisées qui mettent en échec le sujet,cela est effectivement une stratégie intelligente qui permet de tirer le sujet vers le haut.
      Pourquoi je parle de DYS,tout simplement ,parce qu’un DYS est quasiment l’expression maximale du fonctionnement hétérogène intellectuel susceptible d’entrainer une véritable souffrance et de mise en échec, et que vouloir rééduquer absolument un DYS malgré l’impossibilité de le ramener à « la norme/normale » correspond à une véritable maltraitance pour le DrAlain Pouhet,qui à mon avis résume trés bien l’essentiel avec une vision humaniste de ces pathologies cognitives encore méconnues, non diagnostiquées si l’on n’as pas un oeil clinicien affuté (voir à ce niveau les conférences de Mazeau à mourir de rire quand elle imite les enseignants,et praticiens de santé quand ils n’ont rien compris dans cette problématique….)

      Voilà Cécile pour essayer de vous expliquer au mieux ce que moi je pense de tout cela!!
      Amicalement Cécile
      bon Week End

      1. Merci Bonjour de ces éclairages.

        A-nomalie at anomalie tout comme a-normal et anormal…
        Tout est question de regard de l’autre qui peut arriver à des souffrances, vous le dîtes vous même en exprimant « tout dépend comme on le vit »

        Pour ce qui me concerne, j’ai bien lu anomalie sans tiret qui met en avant la notion mathématique et statistique.
        L’article met donc en avant le caractère anormal (regard de la société – jugement) et non pas a-normal (statistique et mathématique).

        Pour ce qui est de ces nouveaux termes qui apparaissent
        Dans les faits… à vouloir être trop politiquement correct on empile des mots qui vident tout de sens.
        Donc un HP laminaire est une personne qui a plus de 130 sans présenter aucune difficulté
        et un HP complexe c’est une personne qui a 130 et plus avec des difficultés.
        Bon…
        … En admettant que 130 soit une mesure fiable car il existe des HP avec difficultés qui se retrouvent avoir un résultat de QI bien au dessous de 130 et qui ne sont de fait, ni laminaires, ni complexes, ni même HP.. que sont ils ?
        … Et des pas du tout surdoués, mais jute très performant intellectuellement qui ont plus de 130.

        D’où le sentiment pour moi, que l’introduction des mots « laminaire » et « complexe » n’apporte rien de constructif et conduit au contraire à compliquer encore plus les choses.

        1. Il me semble qu’on ne devrait pas parler d’anomalie. Est anormal ce qui n’est pas dans la norme. Or la norme, c’est la courbe de Gauss, qui inclut les extrêmes. Serait anormal qqun qui serait hors de la courbe. Nous ne sommes pas en dehors (ou alors les hétérogènes, si ?) Il me semble qu’on confond à tort moyenne et norme, non ? Être loin de la moyenne n’est pas être hors de la norme, puisque cette courbe va, en théorie du moins, de -∞ à +∞ ou je dis n’importe quoi ?

  8. Je ne sais plus si ceci a été cité qqpart ? http://www.adulte-surdoue.org/2012/bibliotheque-2/surdoues-mythes-et-realites-ellen-winner/

    Je n’ai pas lu ce livre, mais je le trouve bien tentant :
    « Contrairement aux surdoués polyvalents, il existe une grande propension d’enfant possédant des dons mais également un handicap ou trouble de l’apprentissage ce qui montre des profils inégaux et qui les exclut des programmes pour surdoués ou d’une aide adaptée. Le cas des enfants dits talentueux sans QI élevé est symptomatique. Par exemple, Peter un surdoué en dessin mais pas dans les domaines scolaires souffre de la même exclusion face aux autres enfants puisqu’il ne se concentre que sur son domaine de prédilection et ne bénéficie pas non plus d’une éducation destinée à développer son don.

    Même si l’auteure ne remet pas en cause l’utilité des tests de QI, elle déplore le fait que ces derniers comportent des biais face à ceux qui ont des aptitudes inégales dans le cas de troubles de l’apprentissage en mélangeant les « scores » voire soient inefficaces dans le cas de domaines requérant une ou des aptitudes particulières, comme les arts visuels malgré un haut degré de performance. Elle montre par des études de cas que les surdoués artistiques existent bel et bien et qu’il est nécessaire, au même titre que pour les surdoués scolaires, de les aider à parvenir à une éventuelle production exceptionnelle à l’âge adulte. »

    Qqun ici l’a lu et a un avis ?

    1. Ellen Winner est la compagne de Howard Gardner (théorie des intelligences multiples).

      Elle dénonce la vision centrée sur la réussite académique et insiste sur l’importance de l’affect en particulier dans cet article assez connu et intitulé « The Origins and Ends of Giftedness »

      Avec un collectif, James T.Webb a également rédigé un livre intitulé « Misdiagnosis And Dual Diagnoses Of Gifted Children And Adults: ADHD, Bipolar, OCD, Asperger’s, Depression, And Other Disorders » qui insiste lui aussi sur l’importance qu’il y a à regarder au delà des apparences.

  9. L’éducation et la confiance de la personne en elle et en l’autre ne sont-elles pas des facteurs déterminants des profils hétérogènes et homogènes ? Les « difficultés » rencontrés pas certains profils hétérogènes ne sont-ils pas dû à des problèmes liés au rejet lors de l’enfance, à la faible confiance qu’on leur a accordé, voire à des jugements visant à les caser comme déficitaires intellectuellement, rognant la confiance lors de l’apprentissage à l’école, etc… ? Le profil homogène ne possède-t-il pas le même terreau inné, mais n’aurait-il pas bénéficié d’un meilleur soutient lui permettant de réaliser son potentiel intellectuel de manière plus performante ? Je me pose ses questions car depuis que j’ai passé le test, bien qu’hétérogène avec des écarts incroyables, j’ai repris confiance en moi et je pense même que si je repasse le test le résultat serait moins hétérogène. C’est peut-être une mauvaise interprétation, mais je me demande si le problème d’hétérogénéité (si toutefois c’en est un) ne serait pas qu’un effet d’un déséquilibre lié à l’histoire personnelle d’un individu durant son enfance et lié à son environnement au sens large. Personnellement, j’ai vécu des choses très difficiles m’ayant conduit deux fois à l’hôpital psychiatrique à l’âge de 21 ans, une tentative de suicide et un premier diagnostique de haute potentialité par un psychiatre sans test à l’âge de 20 ans. J’en ai 34 aujourd’hui, je suis marié et j’ai une petite fille d’un an et demi (à la crèche on dit qu’elle est en avance d’ailleurs) et le diagnostique de schizophrénie n’est plus vraiment une réalité pour moi. Il l’a peut-être été à l’époque, et je me suis même auto-diagnostiqué (avant qu’un psychiatre ne le fasse avec sa grande érudition) comprenant que je ne percevais plus la réalité de la même manière… Bref, j’ai fait du chemin depuis et je m’efforce d’ôter toutes les étiquettes lourdes qu’on m’a collé durant l’enfance et je découvre d’années en années la personne que j’ai toujours été mais qui fonctionne de mieux en mieux. Je pose d’ailleurs une autre problématique à la quelle peu peuvent répondre et rare sont les études qui traitent de ces questions : relation entre les problèmes psy, le surdon mais aussi la créativité. J’ai toujours été créatif, mais celle-ci s’est accrue et même développée avec l’éclosion de mes problèmes psy à l’époque. J’avais beaucoup dessiné depuis toujours, mais avec les problèmes psy mon coup de crayon a atteint d’un coup un niveau bien supérieur, je me suis mis à réfléchir de manière plus poussée, c’est aussi à cette époque que je me suis mis à écrire avec facilité des nouvelles, puis romans, petits essais, synopsis, théatre, chansons, poêmes, à faire de la sculpture (modelage) d’un réalisme troublant sans modèle (chose que je fais toujours avec facilité), j’ai commencé réellement à utiliser mes facultés intellectuelles, artistiques et créatives comme jamais. Je sais que ces capacités étaient déjà là car j’ai des souvenirs de choses très troublantes durant l’enfance (j’ai des souvenirs de mon enfance depuis mes 1 ans et demi ou 2 ans). Par exemple : réflexion intuitive et conclusion d’une éventuelle infinité de l’univers à l’âge de 4 ans par association d’idées tout en jouant avec une auto dans ma chambre (conclusion qui m’a troublé en profondeur au passage). Gaucher dysgraphique je deviens de plus en plus ambidextre voire presque droitier pour beaucoup de choses. J’ai eu une prémonition en juillet 2012 que j’ai projeté pour la fin de la même année (événement négatif impliquant deux « acteurs » dans ma vie). Je pourrais peut-être être un terrain d’exploration scientifique, je crois, tant ma vie est « hétérogène ». Avec tout ça et une hyparsensibilité, mon but dans la vie, étant parti avec des atouts puis ayant été anéanti, puis recons-truit/titué reste la recherche d’équilibre et dévolution. Désolé, j’ai commencé avec des questions sur le sujet puis je me suis dévoilé. Ca doit pas être très intéressant…

    1. Je pense que l’hétérogénéité est innée, mais qu’elle est en effet aggravée par un entourage inadéquat et par le stress qui découle d’être hétérogène ET incomprise / maltraitée.
      En tout cas, la dyspraxie est clairement innée et elle est clairement liée à une hétérogénéité des résultats.

      1. Personnellement je ne pense pas que l’hétérogénéité soit innée. L’environnement, et les stimulations intellectuelles que l’on reçoit dès son plus jeune âge ont à mon avis, un rôle non négligeable dans le développement inégal des capacités, ce qui en conséquence cause les hétérogénéitées osbervées dans les résultats de test.

  10. Chers Cécile et supernova,

    Plus que d’accord avec Cécile : Qu’est ce qui est important ? Savoir que vous avez le droit d’être comme vous êtes, ou savoir que vous ne rentrez pas dans des cases prédéterminées ? .
    Personnellement, j’ai été bien aidé par la seule présence de ma femme qui a beaucoup d’humour sur mes « bizarreries », la bienveillance de mes 4 enfants qui acceptent très naturellement les « zèbreries » de leur papa. Et avec le recul,
    Oui, ressourcez vous auprès de personnes capables de BIENVEILLANCE. Le regard des autres est dur à accepter, parce que jamais vous ne pourrez vous empêchez de l’interpréter, de vous jugez.
    Mais soyez ouvert à ce que les autres voient de positif en vous. OK, c’est plus facile à dire qu’à faire. Il m’arrive plus souvent que je ne le souhaite d’être « parano » alors qu’on me complimente 😉

    Très cordialement,

    Jean-Claude (un lémurien qui a découvert que le zèbre aussi a des rayures noiresz et blanches 😉 )

  11. Bonjour,
    Encore un article passionant qui me permet d’enchainer sur quelques idees ( dans le desordre…):
    – le besoin d’etre identifie comme Hp/THP. C’est une question que je me suis posee longuement avant d’aller faire le test. Le fait-on pour pouvoir se comparer aux autres ( et eventuellement etablir une certaine hierarchie?!) , pour trouver des excuses aux insucces de notre vie ou tout simplement pour mieux vivre avec soi-meme ( sans toutefois oublier que nous faisons partie d’une societe)? Car si la seule justification n’est que le fait  » de montrer ses muscles » alors c’est la porte ouverte a des derives en tout genre…… Car on oublie trop souvent que c’est le couple intelligence/ emotion qui doit etre explore ( comme souvent rappele par les differents articles de ce site:-).
    -du point de vue neurologique, les etudes montrent des differences. Qu’en est-il alors de la medecine actuelle qui traite de la meme maniere les neuro-typiques et les hp? Je n’ai pas vu d’article a ce sujet ( maladies, tolerence des medicaments, alergies, etc.) sauf des temoignages ou des sujets lies a la depression.
    -le test ( un temoignage) : l’idee de le passer me terrorisait mais la question tournait dans ma tete. Je m’attendais a des questions complexes, difficiles, a resoudre tres vite, etc…. Et donc j’ai demarre en vitesse ( « trop vite » comme d’habitudes) comme s’il s’agissait d’un jeu televise :-), je paniquait quand on m’annoncait les calculs, pour me rendre compte a la fin que ce n’etait pas si complique que cela… s’il n’y avait pas le stress.. 🙂 je suis revenue a la maison en disant a mon mari  » tu pourrais le passer ( et le reussir) toi aussi. » Car je continue a croire qu’a partir d’un certain niveau d’etudes, on peut le passer brillamment ( je comprends par cela avoir un QIT superieur a 130)..
    -et donc, ( pour finir) : a quoi bon tout ceci? Car ce n’est pas le test qui m’interesse mais la/ les methodes pour faire avec…. Entre temps, il faut se debrouiller…

    1. « Qu’en est-il alors de la medecine actuelle qui traite de la meme maniere les neuro-typiques et les hp? Je n’ai pas vu d’article a ce sujet ( maladies, tolerence des medicaments, alergies, etc.) sauf des temoignages ou des sujets lies a la depression. »

      La question se pose en effet, sur le tchat nous en avons souvent discuté, apparemment je ne suis pas la seule à sur-réagir aux médicaments allopathiques, je n’en prends plus un seul, même le paracétamol me terrorise tellement j’ai eu des expériences catastrophiques (il m’est arrivé de préférer tois nuits blanches de douleur plutôt que de prendre quoi que ce soit de « chimique »).
      Ce à quoi je ne peux échapper en ce moment est l’anesthésie dentaire pour arrachage de dents, généralement une demi-dose me suffit amplement, le plus difficile est de le faire entendre au/à la dentiste ! La dernière a utilisé « une petite dose » (je ne sais ce qu’elle entendait par là) et à sa grande surprise, outre que mon coeur a failli s’envoler loin de ma cage thoracique, j’ai été anesthésiée sur l’ensemble de la demi-mâchoire concernée (et même le nez en entier, pour une molaire…), et je n’ai retrouvé les commandes de mes lèvres que cinq heures plus tard… No comment…
      Je réagis aussi à la menthe des bains de bouche… aux pansements dentaires trop riches en eugénol… Etc.

      J’aimerais aussi savoir si des études ont été faites là-dessus ? Si nous pourrions en provoquer, sur la base de nombreux témoignages ?

      1. Comme je suis soulagée de voir que je ne suis pas la seule à réagir de façon imprévisible aux médicaments chimiques, et aux soins dentaires surtout, entrainant tout ce qui suit:
        hémorragie ,œdème, vomissement, cervicale déplacée, allergie à l’adrénaline, lors de la dernière anesthésie dentaire, mon cœur à failli lâcher…C’est lié à l’hypersensibilité du hp, j’en suis certaine!
        Mes enfants sont comme moi et mon petit-fils aussi!
        Pourquoi les médecins ne sont- ils pas formés pour soigner les patients différents des neuro-typiques?
        Isabelle

        1. je crois qu’il y a deux facettes à prendre en compte dans ce type de situation :
          – le dialogue médecin / patient en général pour lequel il y a certainement encore d’importantes marges de progrès (le corps médical est souvent pointé pour son manque d’écoute)
          – le fait statistique : regardez les mises en garde imprimées associées aux médicaments au chapitre « effets indésirables » : Dans 10 pour cent des cas… dans 1 pour cent des cas…
          On applique donc le médicament par défaut et on adapte si il y a surréaction…

          Je salue cependant les médecins qui ont conscience de ces sensibilités, et qui y sont à l’écoute. Il y a en a !

          1. Dernière expérience en date : une extraction dentaire hier. La toubib, qui a eu peur de ma réaction la dernière fois, et à qui je n’ai pas hésité à faire + peur en lui exprimant mes craintes, m’a écoutée, elle a utilisé un tiers de dose d’anesthésique… qui a amplement suffi…
            Et, comme je le pressentais, le bout de racine à enlever était partiellement soudé à l’os… Parfois, j’en ai marre d’avoir trop souvent raison rien que sur mon ressenti, mon intuition ou mes capacités d’observation, mais surtout parce que eux ne m’écoutent que quand ils ont eu des preuves, et en attendant, c’est moi qui déguste pour leur donner ces preuves.

            Le point positif : ne pas hésiter à exprimer ses craintes, refuser les traitements inutiles etc. On peut être écouté-es, c’est à nous de les éduquer, de leur rappeler que la courbe de Gauss comprend des extrêmes qui existent et ont des droits comme les autres.

            Je sais maintenant que je ne supporte pas la menthe qui est dans les bains de bouche, j’ai donc refusé celui-ci, ce qui a été parfaitement accepté (à quoi sert-il donc alors ? seulement à enrichir les labo ? °.°) et ne pas hésiter à changer de toubib aussi souvent que nécessaire jusqu’à trouver celui ou celle qui est vraiment respectueuse de sa patient. Hier, elle m’a rassurée en me disant qu’elle connaissait bien d’autres personnes hypersensibles comme moi, je me suis sentie entendue, respectée, acceptée pour ce que je suis, sans critique comme souvent, et ça fait beaucoup de bien.

            À côté de ça, curieusement, je ne ressens absolument aucune douleur post-opératoire (ou très peu, rien d’insupportable), ce qui m’économise les antalgiques, une vraie chance ! 🙂

            1. Dure loi des minorités statistiques…
              Cela dit, on pourra évidemment toujours se poser la question de la composition exacte du bain de bouche, mais la menthe à des vertus antiseptiques, il y a une logique à sa présence.

              1. Bien sûr, mais puisqu’on peut très bien se passer du bain de bouche, en quoi est-il nécessaire ? Le citron ou le sel aussi, ont des vertus antiseptiques, non ?

                1. Statistiques encore… Le menthol est très apprécié pour sa douceur (les manufacturiers de cigarettes ne s’y sont pas trompés) – le sel et le citron un peu plus agressifs quand même !
                  Donques… c’est le menthol qui l’emporte dans les solutions de bains de bouche et tant pis pour les minorités statistiques.
                  Comme d’hab’.

  12. Dans le texte de Fanny Nusbaum je lis : « Par ailleurs, le mécanisme préférentiel de pensée analogique met l’enfant à profil Complexe aux prises avec une difficulté de planification et d’anticipation. Ce phénomène s’explique probablement par le caractère non chronologique de la pensée en arborescence par opposition au processus de planification. »
    Or les difficultés de planification et d’anticipation font justement partie du « spectre dyspraxique » ! °.°
    Voilà qui est intéressant… Cette difficulté à anticiper et planifier est un vrai cauchemar quand on est adulte (et a fortiori mère de famille…) et demande de gros efforts, souvent vains (je me retrouve souvent comme face à un mur bétonné qui m’empêche littéralement de voir plus loin:-()

    1. Tout à fait, Tournevis, il n’est pas loin de deux heures du matin et je suis à explorer des arborescences de réflexion sur les sujets qui me touchent, j’avais pourtant prévu de me coucher tôt, ma régulation de sérotonine est à ce prix… Mais j’ai été privée de navigation Internet quelques jours, et je suis ce soir insatiable, j’ai oublié le temps.
      Mon idée de la complexité est la suivante: Quoi que je fasse, je me retrouve à m’auto-diagnostiquer ou à acquérir sur un sujet donné une connaissance, une avance, qui me permet d’élaborer, dans le fouillis des arborescences, une réponse qui me projette dans le futur, un futur où je me retrouve seule. Je pense que cette solitude est le résultat de la douance complexe, comme un animal qui se serait aventuré en dehors du bois, et aurait oublié de planifier son retour avant la nuit.
      Je ne cours pas après les tests, un test est un système chiffré qui prétend classer les réalités. Tout système est peu compatible avec les arborescences liées à l’humain, qui comporte un tel nombre de variables, que vouloir les spécifier est un travail lent, et peu efficace, c’est comme compter les étoiles, si je vous dit qu’il y en a une infinité, je suis immédiatement très proche du résultat, sans aucun effort gaspillé. Je pratique de la même façon les arborescences, je préfère aller droit au résultat, du moment qu’il existe.
      Mais de fait, je ne cesse de parcourir des informations, de survoler des textes, des images, ne retenant que ce qui m’est utile, quitte à repasser pas la suite prendre un autre indice, lorsqu’il devient utile. De fait je fonctionne en dilettante, en utilisant mon cerveau droit qui se déplace somme dans un espace, où se trouvent, comme les fruits d’un arbre, les réponses utiles.
      Cette façon de butiner dans le complexe, je ne sais pas bien la planifier; quand un sujet m’intéresse, je pars dans un lieu qui n’accorde que peu de valeur au temps, mais bien plus à l’espace, et aux innombrables fruits qui me passionnent!
      Mon problème, et pas que le mien, semble-t il: La solitude. Toujours ce sentiment d’avancer d’un pas, me retourner et voir la foule qui m’entoure si loin que j’ai l’impression d’avoir chaussé des bottes de sept lieues. Heureusement, Talentdifférent fait votre présence sensible, un bain de complexité, et tient lieu pour moi de test à 160… je ne m’interroge pas trop sur la différence entre laminaire et complexe, tous sont différents… Ce qui teste la douance, pour moi, c’est ce pas de sept lieues à chaque fois que notre cerveau fonctionne, qui nous satisfait autant qu’il nous isole.

  13. Merci Cécile pour ce billet fort intéressant et qui suscite beaucoup d’enthousiasme.
    Le test de QI (disons le WAIS pour le plus connu) permet d’avoir une projection de l’ « intelligence » sur un sous-espace, tandis que bien d’autres projections sont possibles sur d’autres sous-espaces qui peuvent avoir des dimensions communes ou pas. J’ai entendu parler de « neuro-droitier », « neuro-gaucher » dans les modes de fonctionnement : c’est en quelque sorte une autre projection de l’ « intelligence » sur un autre sous-espace. Et c’est peut-être cette projection qui caractérise le profil complexe, plus proche d’un fonctionnement « neuro-droitier » (peut-être, je dis bien, je ne connais pas grand chose dans ces notions), et qui se voit par les techniques récentes d’imagerie ?

  14. Ca me fait penser à un truc, peut-être aucun rapport, mais dans le doute…
    Voici un « test » intitulé êtes vous un génie, qui circulait sur un site de réseau professionnel et qu’un collègue a fait passer par mail :
    2=6
    3=12
    4=20
    5=30
    6=42
    9= ?
    Bin non, 9 égale pas 72, il faut faire 7×8 et 8×9 et 9×10 qui font 90. J’ai pas pu trouver toute seule, j’y aurai passé 5 ans, j’aurais pas trouvé, j’ai dû aller chercher la réponse sur internet, pourtant j’étais sûûûre de mon coup. Et j’étais pas la seule, ont était deux. Ce qui s’est passé dans nos cerveaux? Je sais pas. Comme le jour où j’ai tenté pendant 8 heures de faire passer un fax avec un mauvais numéro il y a 15 ans, pour mon premier stage. Je me suis demandé si ça faisait des gens qui avaient trouvé cette linéarité des gens plus intelligents que moi…Dans ce système pas de doute, ils sont plus efficaces en tous cas. Faute d’étourderie, c’est ce que j’ai lu toute ma vie sur mes bulletins scolaires, c’est ce que je vois sur ceux de mes filles. Et dans le fond de ma tête, toujours la même indignation : bon, j’ai compris le principe, c’est l’essentiel, non? On peut passer à autre chose maintenant?! Bin non. Pas dans ce système là. J’ai toujours plutôt pas trop mal réussi finalement, mais sans jamais savoir comment, quel inconfort…

    1. Moi j’aurais répondu 56 en suivant une logique de gradation ascendante en ne regardant que la partie droite des égalités… En suivant la logique : +6 +8 +10 +12 (+14 pour le dernier résultat), mais ça c’est parce que je suis nul en math)…

      1. Non, GPBL, c’est à 7 que correspond 42 + 14…
        Mais, en effet, n(n + 1) correspondant à n, (n + 1)((n + 1) + 1) correspond à (n + 1).

        Or :

        (n + 1)((n + 1) + 1) = (n + 1)(n + 2),

        soit :

        (n + 1)((n + 1) + 1) = (n + 1)n + (n + 1)2,

        c’est-à-dire :

        (n + 1)((n + 1) + 1) = n(n + 1) + 2(n + 1).

        Par conséquent, à (n + 1) (ou n + 1) correspond n(n + 1) + 2(n + 1) ; autrement dit, à (n + 1) correspond ce qui correspond à n plus 2(n + 1)

        Tout ça est vraiment pauvre…

          1. Non, là c’est vraiment pauvre… J’appelle ça « une devinette de Primaire »… (Et encore… en Primaire, on fait (même encore aujourd’hui) bien plus…) Ne concevoir (ou, déjà, n’imaginer) que les mathématiques sont « littéraires » que pour quelques personnes, c’est prendre les autres pour des idiots (soi y compris). Einstein, n’a-t-il pas dit que « toute la science n’est rien de plus qu’un raffinement de la pensée de tous les jours » ? Or les mathématiques font partie de la science…

            Pourquoi s’évertue-t-on à tirer les gens vers le bas ? (Ça me choque, d’autant plus que les individus qui se retrouvent sur ce blog sont censés être majoritairement surdoués…) Un petit niveau de Primaire, voici ce que ça propose ! Et encore… ça (c’est-à-dire l’énoncé présenté par lechalote) se contente de notions vraiment « basiques » de théorie seulement élémentaire des nombres… (C’est aussi parce que la philosophie analytique se satisfaisait de ce type d’énoncé que je la trouvais prétentieuse…) Je retourne à Poincaré…

            1. Agacement compréhensible de la part d’un virtuose des maths, Edgar.
              Problème de niveau de primaire, certes… Mais qui fait quand même bloquer des gens comme moi, que les maths fascinent, mais à qui elles n’ont pas été « révélées » : je bloque dès que je vois une vague sorte d’amorce d’équation (au passage, merci pour la pédagogie de la démonstration, mais je me suis retrouvée dépassée par la lecture qui faisait appel à du conceptuel = je ne doute pas un instant que la démonstration est simple, mais elle ne m’a pas aidée à comprendre).

              Cela dit…
              Ici, le problème posé par léchalote relève-t-il vraiment des maths ? Ne serait il pas plutôt à inscrire dans la catégorie des jeux d’attention ? Simple amusement « en passant », petite légèreté, comme d’autres se risquent à un bon mot qui n’a de valeur que sur l’instant, juste pour le plaisir du jeu partagé.

              Les surdoués doivent ils s’obliger à être en permanence gens sérieux ?

              1. Amusant, mais très agaçant ce genre de problèmes mathématiques. ça me rappelle les tests que l’on trouve sur internet avec les dominos. Mais est-ce vraiment des questions qui font appel à l’intelligence ? J’en doute personnellement.

    2. Bien vu, je suis aussi dans la complexité pas dans le système, et quand on est dans ce cas, on a du mal avec ce genre de test, mais proposez un test analogue ensuite, nous aurons appris son sytème et nous le maîtriserons, mais sur un sujet complexe, comme ‘la maîtresse est -elle de bon humeur’, nous avions toujours intuitivement la bonne réponse avant tout le monde… et nous ne savions pas comment. Etourterie, rêverie, cela a été mon lot aussi. Il a été dit cerveau droit: chaque problème est un monde, une arborescence que nous préférons vivre en espace, que de randomiser les informations pour les traiter une à une ?

  15. Chère Cécile,

    Ce billet est top ! Objectif atteint : la complexité s’est réinvitée à sa juste place 😉
    Plaisanterie mise à part, j’aime bien cette hypothèse : les HQI homogènes seraient probablement des « neuro-typiques » très performants.
    Mon expérience personnelle est douloureuse face à ce genre de « zèbre » : je me suis toujours trouvé c*** face à eux.
    Je déteste (cordialement) ces « brillants bosseurs » selon l’appellation de Jeanne Siaud-Facchin : ils brillent dans les conversations en société parce qu’ils apportent des réponses simples (voire simplistes) sur tous les sujets alors que j’aurais envie de dérouler carrément une mini thèse sur chaque sujet (poser le problème correctement, défendre une thèse, présenter une antithèse, citer un tas de références, apporter 50 nuances etc…). Au lieu de cela, je me retrouve à opiner « bêtement ». Un vrai absurdoué, quoi 😉
    De toute façon, je me fais toujours avoir car je doute tellement (et quasiment tout le temps) de l’intelligence de mes propos.

    Cordialement, Jean-Claude

    1. Plaisanterie mise à part, j’aime bien cette hypothèse : les HQI homogènes seraient probablement des « neuro-typiques » très performants.
      Mon expérience personnelle est douloureuse face à ce genre de « zèbre » : je me suis toujours trouvé c*** face à eux.
      Je déteste (cordialement) ces « brillants bosseurs » selon l’appellation de Jeanne Siaud-Facchin : ils brillent dans les conversations en société parce qu’ils apportent des réponses simples (voire simplistes) sur tous les sujets alors que j’aurais envie de dérouler carrément une mini thèse sur chaque sujet (poser le problème correctement, défendre une thèse, présenter une antithèse, citer un tas de références, apporter 50 nuances etc…). Au lieu de cela, je me retrouve à opiner « bêtement ». Un vrai absurdoué, quoi

      Jean-Claude,

      Attention à ne pas faire une généralité du profil HQI homogène. Chaque personne est différente, et il n’est pas nécessaire d’avoir un profil hétérogène pour être surdoué, même si la majorité des surdoués a un profil hétérogène.

      Dans mon cas, je savais lire, écrire et compter à 4 ans et demi. J’ai sauté une classe, ce qui ne m’a pas empêcher de m’ennuyer en CE2… J’ai aussi redoublé une classe au collège. J’ai eu mon Bac au repêchage avec 10 de moyenne. Durant toutes les études universitaires, j’ai été très moyenne. Pas de math sup, de grande école ou d’école d’ingénieur. J’ai toujours voulu être dans la moyenne et ne pas me faire remarquer. J’ai été qualifiée de timide, introvertie, réservée et même immature. Je déteste argumenter et je ne brille pas dans les conversations en société.
      Pourtant, à 33 ans, j’ai passé le WAIS 4 qui a montré un profil très homogène (différence de 4 points entre l’indice min – IVC – et l’indice max – IRP) avec un QIT supérieur à 130… Et malgré ce profil de HQI homogène, je n’ai vraiment rien d’une brillante bosseuse très performante.

      Géraldine

      1. Très intéressant témoignage, merci.

        Je me posais néanmoins la question : ne peut-on quand même distinguer le haut quotient intellectuel (QI > 130 homogène) et le haut potentiel (QI hétérogène pas forcément calculable avec un à trois indices supérieurs à 130) ?

        Être un brillant bosseur arrogant dépend peut-être du milieu dans lequel on a grandi et qui nous élevé ? (il y en a un qui m’exaspère particulièrement sur FrQ…)

        C’est indiscret, peut-être, Géraldine, je me demandais si vous aviez des facilités dans d’autres domaines ? Artistique, sportif ou autre ? Juste pour en savoir + sur un profil homogène, je crois avoir jusqu’à présent rencontré plus de profils hétérogènes ?
        Merci (si c’est indiscret, ne pas répondre, je ne serai pas vexée :))

        1. Je me posais néanmoins la question : ne peut-on quand même distinguer le haut quotient intellectuel (QI > 130 homogène) et le haut potentiel (QI hétérogène pas forcément calculable avec un à trois indices supérieurs à 130) ?
          Distinguer dans quel sens ? On peut distinguer pleins de profils y compris parmi les personnes ayant un QI hétérogène (IVC > 130 ou IRP > 130 ou IMT > 130 ou IVT > 130 ou (IVC > 130 et IRP > 130) ou (IRP > 130 et IMT > 130), etc…) 😉

          Être un brillant bosseur arrogant dépend peut-être du milieu dans lequel on a grandi et qui nous élevé ? (il y en a un qui m’exaspère particulièrement sur FrQ…)
          Très certainement, et il faut faire la part des choses entre ce qui relève de la cognition et ce qui relève de la personnalité.

          C’est indiscret, peut-être, Géraldine, je me demandais si vous aviez des facilités dans d’autres domaines ? Artistique, sportif ou autre ? Juste pour en savoir + sur un profil homogène, je crois avoir jusqu’à présent rencontré plus de profils hétérogènes ?
          J’ai pris des cours de musique quand j’avais 25 ans. Au bout de quelques semaines mon prof m’a proposé de sauter 1 niveau parce qu’il semblait que j’avais des facilités. Je l’ai fait, mais j’ai regretté car je m’entendais bien avec le 1er groupe. J’ai fini l’année et j’ai arrêté car je déménageais.
          Pour le reste je ne sais pas vraiment.

      2. Chère Géraldine,

        En voulant faire simple, j’ai pu être blessant pour ceux qui ont un profil homogène. Je vous présente plus particulièrement mes excuses.
        La réalité est effectivement plus contrastée : il m’arrive de briller dans les conversations en société parce que j’ai une « bonne » énergie ce soir là et j’arrive à faire de l’humour « accessible » même si c’est toujours par fulgurance et que les « cerveaux gauches » en sont surpris (je vois à leurs têtes qu’ils se disent: « comment il a fait pour faire le lien aussi vite et avec autant de pertinence ? Et en plus, il est drôle ».).
        En plus, comble de l’ironie, je suis passé par la case classe préparatoire (ça a été chaotique quand même) + case grande école (pas Polytechnique mais une école d’application de l’X), dont je suis sorti diplômé en 4 ans au lieu de 3.
        Donc en surface, je pourrais être qualifié de « brillant bosseur ».
        Je suis fier de dire que ce n’est pas le cas : je peux être complètement dans la lune pendant toute une soirée alors même que les 5 minutes avant je venais de « briller », je pense à 10 milles trucs en même temps au boulot alors que je suis censé m’amuser avec des modèles mathématiques (ce que je fais aussi par ailleurs), je ne réalise que très peu des idées que je peux avoir, je suis capable d’être souvent dans mon monde alors que 3 de mes 4 enfants tournoient autour et me bombardent d’idées saugrenues, géniales, drôles ou stupides (ils le font aussi qu’ils peuvent parler) .
        Oui, la réalité est plus nuancée. MAIS, je peux vous dire que vous ne gagnerez rien à être conforme (« ne pas se faire remarquer »). En mon fors intérieur, j’ai toujours su que j’étais différent sans jamais savoir pourquoi.
        Aujourd’hui, je sais que je suis différent et que je ne dois pas perdre mon temps à me demander pourquoi les autres ne sont pas comme moi.
        Rappelez vous (tous les billets sur ce blog vont dans ce sens, merci Cécile) : un « surdoué » est cognitivement différent.
        Après, ça n’empêchera pas que je puisse être c*** dès fois 😉
        Que ce soit via le livre de Cécile (que je recommande) ou d’autres bonnes références, je retiens une chose importante : il faut être BIENVEILLANT avec soi-même tout en veillant à être soi-même. Mais, c’est à vous de décider si ça vaut le coup.

        Désolé pour la longueur.

        Très cordialement,

        Jean-Claude

        1. Je pense que vous avez raison, mais quand on a passé autant d’années à essayer d’être comme les autres, tout en se sentant différent sans savoir pourquoi, c’est pas évident. Le diagnostic aide à comprendre, mais ne change pas la personnalité. C’est le temps et la volonté qui feront le reste.

          Géraldine

          1. Chère Géraldine,

            Je vous comprends.
            N’essayez pas de changer sans savoir qui vous voulez être, sans appréhender suffisamment votre différence.
            Si je puis me permettre de me mettre en avant, ce qui a été décisif c’est le fait de me dire que ce que je voulais avant tout est :
            VIVRE ET ASSUMER TOUT CE QUE J’AVAIS ESSAYE DE NIER LES ANNEES AUPARAVANT.
            C’est juste un « programme » de vie où tout est à inventer (c’est là où est le fun), où il faut avancer un pas puis l’autre.

            Très cordialement,

            Jean-Claude

          2. Bonjour Géraldine,
            Votre témoignage me touche, car je pense que nous sommes nombreux à devoir trouver un nouveau mode de fonctionnement par rapport aux autres. Il ne s’agit pas de changer de personnalité je pense,( est-ce seulement possible? Quelle montagne à ravir, on a envie de laisser tomber d’avance, non?), mais d’accepter la sienne une bonne fois pour toutes, et d’arrêter de se diminuer pour faire plaisir aux autres, ou éviter leurs critiques. Ce faisant, on va vers les rencontres qui sont bonnes pour soi, et surtout on accepte de s’aimer. En résumé commencer par être bienveillant envers soi-même comme le dit si justement Jean Claude. J’ai dû faire il y a 3 ans le travail suivant sous peine de ne plus jamais me relever: accepter de voir ce que j’avais fait de bien, que je considérais comme normal, comme le minimum requis. Il se trouve que ce minimum n’est pas celui de tous, et au bout d’un assez long boulot, j’ai enfin fini par être fière de moi.Forcément, toute ma vie, j’avais attribué mes succès à des coups de chance, difficile d’en tirer une quelconque fierté… Du coup, face à une critique, je peux enfin dire : certes, voilà ce que TU attends, mais regarde bien ce que MOI j’ai fait (en général on est dix mètre devant). Ce n’est pas de l’arrogance, c’est de la survie. Il faut vraiment et d’urgence arrêter de vouloir plaire aux autres (c’est illusoire et stérile, c’est à eux de changer, ou pas, bref, ça leur appartient, on a aucune prise là dessus), pour commencer à se plaire à soi, c’est un bon début, et c’est le seul point de départ possible. J’ai commencé à 37 ans, j’essaye de faire en sorte que mes filles commencent avant. Quand on fait ça, ça rejaillit sur l’entourage, c’est vraiment très bénéfique.

  16. Ah ! Voilà qui me cause… Cette idée de deux « courbes » qui se chevauchent vers 130, je l’ai eue l’année dernière, j’en ai un peu parlé dans le tchat (avec qui ? je ne sais plus) et… bon, là je suis malade, alors pas la force d’aller plus loin, mais il y a sûrement qqchose à creuser, oui, je le sens bien, ce truc 🙂

    Peut-être peut-on envisager de différencier « Haut Quotient Intellectuel » de « Haut Potentiel » ? Et de virer Intellectuel de Haut Potentiel, car nous savons bien que les hp que nous sommes et que nous connaissons ne « brillent » pas seulement intellectuellement mais aussi, souvent, dans les disciplines artistiques, sportives ou autres, et dans plusieurs d’entre elles, souvent.
    Je retourne (tenter de) me reposer, mais je suis bien contente que cette réflexion émerge publiquement.

  17. Billet fort intéressant qui remet en cause les idées reçues sur les différents profils. Cependant, il ouvre des questions sans apporter de réponses 🙂
    Que faire des HQI au profil homogène ? Et pourquoi seraient-ils différents des profils hétérogènes ? Comment établir une différence entre HQI et « surdoué » ? Une telle différence existe t-elle réellement ? A t-elle été constaté via IRM ? Le ressenti socio-psychologique des HQI homogène est-il différent des profils hétérogènes ?
    Mon fils, par exemple, a un profil parfaitement homogène et il est pourtant parfaitement « à côté de la plaque »…
    Le point le plus intéressant, à mon sens, est peut-être la remarque sur « l’effet plafond » des subtests qui ne permettent pas forcément d’évaluer le plein potentiel des sujets… Je me pose personnellement la question du sens réel de tels tests pour les HPI alors qu’ils ont été pensé pour évaluer l’ensemble de la population… Un test spécifique, plus adapté aux spécificités des HPI, me semblerait plus pertinent.

    1. D’accord avec Ivan, je pense qu’il faudrait envisager des tests adaptés pour les hp, peut-être justement qui prendraient mieux en compte la créativité ? Et les dons artistiques, sportifs ou naturalistes ?
      Bon, ce serait déjà bien si les psy admettaient qu’on n’a pas le droit de calculer un QIT quand l’hétérogénéité est trop grande, et qu’ils admettent qu’une différence entre les divers indices > 20 points correspond à de l’hétérogénéité… (et que qqun me dise si ce chiffre de 20 est arbitraire ou a vraiment du sens ?)

    2. J’avais bien dit que je me posais des questions sans pour autant savoir comment répondre efficacement…. 🙂

      Mes réponses à moi à vos questions :
      Que faire des HQI au profil homogène – Ben.. rien – pourquoi faire quelque chose d’eux si ils s’en sortent bien ? Et s’ils s’en sortent mal, alors regarder de plus près ce qui ne va pas – si on est dans une crise qui relève de la construction identitaire, ou s’il y a autre chose qui relève de la différence de fonctionnement (« à côté de la plaque »)

      Comment établir une différence entre HQI et surdoués ? […] Une telle différence existe-t-elle réellement …. Si il s’agit d’identifier s’il y a différence, seuls les examens cliniques peuvent le mettre en lumière, car, oui, il y a réalité d’une différence (plus d’aires des deux hémisphères qui fonctionnent plus ensemble par exemple – je vous renvoie aux liens que j’ai établis dans mon billet sur le sujet : vidéo de Michel Habib, présentation de John Geake, photos à l’appui, papier de la John Hopkins School of Education – sorry, c’est en anglais, pour l’instant, je n’ai pas trouvé autre chose en français – côté scintigraphie, les quelques échos que j’ai montrent également une différence bien matérialisée en termes d’hypeperfusion)

      « Le ressenti socio-psychologique des HQI homogène est-il différent des profils hétérogènes ? » Tout me semble être tellement question de construction identitaire, de contexte, de culture… un hétérogène bien dans ses pompes parce qu’assumant sa dyslexie a des chances de se sentir mieux qu’un homogène à qui on a toujours dit que ça aurait été mieux qu’il ne vienne pas au monde il me semble…

      Quant aux tests spécifiques… oui, et c’est ce qu’indique Stéphanie Aubertin dans son billet sur la pertinence des tests de Wechsler sur les surdoués

      1. WOW, merci Cécile pour cette excellente réflexion qui m’envoie  »spinner » dans tous les sens, à mon grand soulagement de cerveau ennuyé. Enfin, enfin, et encore de la substantifique moelle !
        Je ne sais pas par quel bout le prendre cet os, tant il y a de pistes soulevées, de zones grises arpentées et dérangées, celles-là je les aiment particulièrement, car on y rencontre des exploratrices\teurs au cœur bien accrochés, farouches, tenaces, qui n’ont pas peur de ratisser plus large et de sortir du binaire, de l’ordre qui dans la réflexion commence à s’établir et parfois en vient à appauvrir le débat en aplanissant\masquant les vrais questions et problèmes. En appauvrissant l’exploration et ses défis pour pouvoir atteindre, définir un meilleur contour de l’objet étudié mais aussi en excluant trop vite les indéniables aspérités trop dérangeantes.

        Bref, bref, je vous reviens plus tard avec mes questions, quand les feux d’artifice dans ma tête me permettront calmement de pouvoir écrire.

        Merci encore Cécile !
        Chan

        1. Hautement performant, très doué pour apprendre et penseur créatif. La différence.

          Bon, Ok, je l’ai retrouvé: c’est une de mes premières réponses au texte de Cécile et aussi pour Jean -Claude.
          High Achiever, Gifted Learner, Creative Thinker
          Bertie Kingore, Ph.D.
          http://www.bertiekingore.com/high-gt-create.htm
          Ok, c’est en A. mais allez à la fin du texte, il y a un tableau, que je n’arrive pas à poster dans cet espace (qui voudrait le faire SVP ? merci !), et qui résume très bien son texte, et parfaitement compréhensible.
          Je l’ai toujours dans un coin de ma tête. Pour moi, il résume bien la \les différences entre hautement performant, très doué pour apprendre et penseur créatif.

          Merci
          Chan

      2. Y’ a un truc que je comprends pas.

        J’ai lu le papier de Nusbaum, puis le billet de Cécile puis les commentaires des autres, nous et vous, puis j’ai fait une recherche google sur profil laminaire et profil complexe.
        Le peu de références à ces notions consistent à reciter le texte de Nusbum ou à discuter sur des forums, genre ZC, lesdites notions. Autrement opinions personnelles ne reposant sur aucune littérature scientifique.
        Aussi, très surprise et vfrustrée, je continue mes recherches.
        En rien , et je dis bien en rien, je n’ai trouvé de validation scientifique de ces 2 concepts.
        Est-ce que j’hallucine ou quoi ?
        D’abord Nusbaum est peut-être une spécialiste de la passation des tests, mais n’est en rien une spécialiste des HPI, enfants ou adultes, j’ai vérifié son CV et ses publications scientifiques: rien sur le sujet, nada: vous pouvez le constater vous-même ici à: http://www.le-psychologue.com/fanny-nusbaum.php

        Alors, est-ce je dois comprendre que par hpi-C vs hpi-L, on désigne profil homogène vs hétérogène ? Est-ce de cela dont nous discutons ici ? Si oui pourquoi ce glissement de vocabulaire et cette variation conceptuelle ?

        @Cécile: laminaire et complexe ça correspondrait à quoi, if anything, chez les spécialistiques anglophones des GTA ?

        Bon, OK à +, je continue ma recherche.
        Chan

        1. J’ai commencé mon billet par « mmouais…. » parce que justement, en gros; tout ce que vous venez de dire Chan.
          J’ai été surprise de cet engouement, de cette appropriation « complexe / laminaire » qui ne reposait sur rien (si ce n’est des sites citant d’autres sites qui eux même citent les premiers sites – une boucle infernale dont je me méfie en permanence) – à mes yeux, démontrant au passage combien beaucoup parmi les surdoués sont en tel désarroi identitaire, en telle recherche, qu’ils peuvent facilement être manipulés par des « concepts » d’autant plus séduisants qu’ils sont si simpl.. es/istes ?

          By the way, jamais rencontré ce genre de dualité en anglais

          1. Ouifff !!! donc j’hallucine pas, ou en tout cas pas sur ça
            Merci Cécile non seulement de me rassurer mais aussi de m’aider à rappeler ici que tout et n’importe quoi est inventé par des pseudo spécialistes des surdouéEs, case in point: 2 concepts: complexe et laminaire qui n’ont aucune base scientifique ni en F. ni en A, qui eux\elles ont une recherche très poussée, constante et innovatrice sur les surdouéEs, depuis plus de 100 en commençant par Hollingworth , la pionnière du domaine.

            Je crois qu’ici il faut en profiter pour dénoncer de telles impostures et de tellEs imposteurEs.
            Sinon, ça va continuer à pulluler et le débat est assez complexe scientifiquement, sans compter profondément émotionnel, pour qu’il ne faille pas laisser passer en plus de telles énormités !

            Parce que justement aussi derrière la recherche scientifique, il y a des personnes et des vies humaines en jeu.
            Merci Cécile.
            PS: qu’est-ce qu’on fait avec cette nouvelle imposture, on la dénonce ?
            Chan

            1. Y a-t-il imposture manifeste ? je ne sais pas et ne veux pas juger ni perdre de l’énergie à entrer dans le débat.

              je voulais juste engager à prendre du recul sur ce qui peut se lire sur le sujet.

          2. C’est je crois ce qui s’appelle faire le buzz. @Chan, merci pour votre perspicacité ! @Cécile, votre billet montre bien que vous prenez beaucoup de recul par rapport à ces concepts de « laminaire » « complexe ». Et moi, une fois de plus j’avais marché en plein dedans. La première fois que j’avais lu ces notions sur le site en question, cela avait suscité la remarque à laquelle, Cécile, vous faites allusion en haut de ce billet. Et effectivement, je suis parti en effervescence, parce que selon moi le profil homogène HQI doit être une personne exceptionnelle (cognitivement parlant). Je me demande ce que cela donne d’avoir un IVT supérieur à 130 ; cela demande une rapidité d’exécution phénoménale !!! En ce qui me concerne, j’ai un IVT à 100 pile poil. Je me souviens lors du WAIS IV à l’ « épreuve » des codes comme je me sentais pitoyable … En fait, je me pose toujours cette question : si on considère que l’on ne peut calculer le QI avec un profil hétérogène, cela veut dire qu’il ne peut y avoir de HQI au profil hétérogène (puisque qui dit profil hétérogène dit QI non calculable (du moins si différences entre les indices dépassent un certain seuil)) !? D’un autre côté, il est, j’ai l’impression, presque partout considéré que on ne peut être surdoué que si QIT supérieur à 125 ou 30. La psychologue qui m’a fait passer les tests a calculé mon QIT malgré le grand écart entre IVT et IVC par exemple ; de fait je suis supérieur à la barre fatidique des 130 (de peu certes, …). J’imagine que son jugement personnel lui a fait déduire le diagnostic de « douance ». Mais, si on garde la règle qui dit que le QIT ne peut être calculé que si profil homogène, alors on ne peut calculer mon QIT donc je ne peux être considéré surdoué… Cela me rappelle aussi des lignes que j’avais lu quelque part, je crois que c’est J Siaud-Facchin qui en avait parlé, il s’agit du surdon défensif, pour expliquer un QI verbal élevé par rapport au QI performance, par un surinvestissement de l’enfant pour apprendre, pour compenser je ne sais quel malêtre, etc…
            Et voilà pourquoi ça boucle dans ma tête. Suis-je surdoué ou ne le suis-je pas. On s’en fout diront certains, mais pas moi, car cela me permet comme beaucoup dans mon cas, de mettre un nom, comprendre, d’avoir une explication sur mes comportements passés et présents, autre que des névroses, et autres troubles psychiatriques, traits de caractères liés à une mauvaise volonté de ma part, bref tout truc qui culpabilise et me renvoie souvent une image négative de raté …

            1. « si on garde la règle qui dit que le QIT ne peut être calculé que si profil homogène, alors on ne peut calculer mon QIT donc je ne peux être considéré surdoué »
              Ce qui montre bien que s’en référer à un seul test de Qi pour savoir si on est surdoué n’a aucun sens
              Reste l’ananmèse, mais aussi la comparaison à tout un ensemble de population dont il est par exemple de plus en plus connu qu’elle en est émotive et perfectionniste à en être contre performante…

              Cela dit Supernova au final… est ce être labellisé qui est important, ou bien savoir que votre mode de fonctionnement n’est pas signe de folie, que vous êtes donc parfaitement sain d’esprit, même si effectivement appartenant à un groupe un peu minoritaire sur le plan du fonctionnement cognitif ?
              Qu’est ce qui est important ? Savoir que vous avez le droit d’être comme vous êtes, ou savoir que vous ne rentrez pas dans des cases prédéterminées ?

              Vous vous êtes reconnu dans ce que vous avez lu, ceci vous a apporté un soulagement… n’est ce pas déjà essentiel ? qui vous permet de creuser le sujet, de trouver de nouvelle stratégies pour avancer en vous faisant moins mal ?
              Croyiez vous que vous seriez lecteur aussi attentif de Talentdifferent si vous ne perceviez pas dans ce que vous lisez, des éléments qui résonnent en vous, et vous aident à avancer ?

              Dur-dur, et j’en sais quelque chose, le regard de l’autre sur vous.. Mais justement, ici, vous n’êtes pas seul, et le « regard » que l’on peut porter sur vous n’est que bienveillance – je pense que vous l’aurez aussi perçu.. même si c’est difficile d’accepter la bienveillance quand on a grandi bancal(e) sans bienveillance, et parfois, pire, entouré(e) de malveillance/maltraitance.

              Pour le reste…. Dès que sur Talentdifferent vous lirez qu’une étude se lance, précipitez vous pour faire partie des volontaires ! Venez à la rencontre de vous même et de pairs.

          3. @supernova

            Le QI n’est qu’un nombre qui aide à faire un diagnostic. Ce n’est pas LE diagnostic. Une personne ne se résume pas à un nombre. De mon point de vue les indices des sous-tests aident à définir un profil et c’est tout. Je pense qu’un(e) bon(ne) psy prendra en compte tous les aspects liés à la douance et pas seulement les nombres, donc peu importe que le profil soit hétérogène ou pas si le diagnostic a été posé, c’est que vous l’êtes. Après, il faut accepter le diagnostic, mais c’est un autre problème.

            Concernant ce que ça fait d’avoir un IVT à 130, et bien ça ne fait rien ! Ce sont les autres qui nous montrent que parfois on va trop vite. Il faut juste être un peu plus patient avec son entourage 😉

          4. Merci beaucoup pour vos messages chargés de beaucoup de sollicitude. Il y a sur ce site un réel respect de l’autre et une vraie entraide.
            Vous m’apportez beaucoup, sachez-le. Je me sens bien ici.

      3. @Cécile : j’ai visionné votre vidéo très intéressante et instructive. Cependant, si l’imagerie cérébrale semble effectivement montrer que les HQI hétérogènes ont davantage recours à leur hémisphère droit pour traiter l’information, il semble difficile d’en tirer la conclusion que les HQI homogène seraient, selon votre mot des « normo pensants » très performants. La même vidéo cite des études établissant précisément des différences fonctionnelles cognitives entre HQI et QI « standards », notamment dans les connexions entre lobes frontaux et pariétaux et leur sur stimulation, et dans la densité des connexions.
        Il semblerait plutôt que les profils hétérogènes soient dû à une dys quelconque.
        @Supernova :
        Je pense comme vous qu’il est important d’avoir un diagnostic dans la mesure où cela revêt une importance à vos yeux et où cela peut en avoir d’un point de vue institutionnel.
        Dans le cadre de l’éducation nationale, le diagnostic est essentiel pour pouvoir faire reconnaître la particularité de son enfant (et parfois remettre les enseignants à leur place !). Il faut d’ailleurs savoir que même avec la présence d’un diagnostic on a des remises en cause de ce dernier, par exemple à travers la mise en doute de la compétence du praticien, chose dont j’ai encore été témoin récemment de la part d’une équipe éducative relayant les propos d’une CPE affirmant que la praticien ayant diagnostiqué un élève les « trouvait tous précoces »…
        J’ajouterai à ce sujet que les psy scolaires faisant autorité auprès de l’EN sont malheureusement souvent moins bien formés que les psy privés consultés par les parents mais que leur parole garde davantage de « valeur » alors même qu’elles ne connaissent bien souvent pas grand chose au sujet. On le voit notamment par la pratique de ne pas communiquer les résultats détaillés du test aux familles, ce qui est aberrant puisque seul le décorticage des subtests peut mettre en évidence des difficultés spécifiques, dys, etc… Le diagnostic est donc essentiel mais il est paradoxalement souvent assuré par des psy non formés et de manière aberrante par l’institution scolaire avec le seuil de 130 de QIT comme unique référence…

        1. Concernant l’école, et indépendamment de la douance de l’enfant ou pas, il y a à mon sens deux types d’ instituteurs ou professeurs : ceux qui ont une approche respectueuse de leurs élèves et cherchent à s’adapter à leur mode de fonctionnement, et ceux qui pensent que tous les élèves doivent s’adapter à leur mode de fonctionnement. Cette année, ma fille a une institutrice du premier mode, qui écoute ses élèves malgré une classe de 30 surchargée. Elle va à l’école en chantant, épèle les mots à longueur de journée pour progresser en orthographe, obtient de très bonnes notes en maths. A la réunion parents profs, elle a mentionné l’hétérogénéité des niveaux dans sa classe, qu’elle gère en donnant plus d’exercices à ceux qui vont vite pour qu’ils ne s’ennuient pas, et en aidant ceux qui vont moins vite. Elle n’en fait pas tour un plat, ne stigmatise et ne juge personne, s’adapte, et elle a une des classes les plus sage de l’école. Pour elle, ce mode de fonctionnement est une évidence, pour d’autres, c’est une impossibilité à envisager, et pire, à mettre en place. Si on pouvait déjà commencer par reconnaître très simplement comme elle que dans une classe il existe des différences entre les élèves (et que non, ils ne sont pas TOUS nuls, qu’est-ce que ma fille a souffert d’entendre ça en primaire), et que ça se gère en adaptant un peu son enseignement dans la bonne humeur plutôt que dans l’exaspération, ça serait déjà ça de pris ! Quand elles vont à l’école, je leur dis : amuse toi bien, sous entendu prends du plaisir à apprendre, à être là, pourquoi est-ce si difficile de commencer par ça?!

          1. Oui, vous avez raison, cependant le premier type, malgré mon expérience limitée, me semble bien minoritaire. Je pense qu’il y a aussi une question de conscience professionnelle, de travail visant à faire réussir tous les élèves, qui n’est tout simplement pas partagée par les majorité des profs et instits. Ils ne sont pas seuls en cause puisque l’institution elle même, notamment sous la pression des parents, s’envisage comme productrice de hiérarchie scolaire. La « machine » EN vise avant tout à opérer du tri scolaire chargé lui même de produire du tri social. Il est dommage que même l’école élémentaire et primaire soient aujourd’hui façonnées par ses impératifs qui ne laissent aucune place à la personnalité ou à l’épanouissement de l’enfant… Il n’y a qu’à voir pour s’en convaincre l’évaluationnisme qui gangrène jusqu’à la maternelle, nous devons par exemple déjà signer les évaluations de notre fils, et ce depuis qu’il est en moyenne section ! Ce système de dingues au service du tri social ne peut épanouir les enfants que de manière accidentelle ou détournée…

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