De l a normalité

En écho à un commentaire récemment laissé par tournevis, cette vidéo que m’a transmis Mc Fly il y a quelques temps : Une interview de Boris Cyrulnik.
Le titre est éloquent : « De fausses maladies sont inventées », une critique des dérives du DSM

Je dédie ce billet à tous les complexes, laminaires, zèbres, guépards, albatros, cygnes, canards, HP, HQI, multipotentiels, hyperphrènes, surefficients mentaux et autres surdoués, tous ceux qui, à un moment ou un autre, ont douté de leur santé mentale en ne sentant pas normaux….

Pour mémoire, le commentaire de tournevis au sujet du billet « (Tout) Le monde est fou ! » :

Ce matin, une petite chronique sur FrQ au sujet du dernier DSM :

Je l’ai trouvée intéressante et je me permets de la retranscrire ici (copie de la page ci-dessus, qui pourrait ne plus être accessible un jour ou l’autre ?)

« Le 5ème manuel de diagnostic des maladies psychiatriques, le fameux DSM, publié en mai dernier a coûté la modeste somme de… 25 millions de dollars à l’Association de psychiatrie américaine ! Qui dénonce ce « colossal gâchis » ? Le psychiatre américain Allen Frances, responsable de la version précédente. Le gâchis n’est pas que financier. Allen Frances a le mérite de reconnaître les erreurs du passé dans le but, écrit-il, de sauver la psychiatrie et surtout la normalité, menacée par ceux qui veulent nous convaincre que nous sommes tous malades. Selon Allen Frances, les concepteurs, dont lui, n’ont pas tous les torts : ils ont voulu élaborer un outil de référence pour la recherche qui, victime de son succès, s’est substitué au savoir clinique. La conséquence la plus catastrophique est l’inflation diagnostique. Allen Frances reconnaît avoir échoué à prévoir trois fausses épidémies chez les enfants : l’autisme, l’hyperactivité et la bipolarité avec les erreurs et les prescriptions médicamenteuses qui vont avec. Il n’est pas tendre avec les laboratoires pharmaceutiques qu’il compare aux cartels de la drogue, les neuroleptiques commercialisés légalement étant devenus plus dangereux en terme de santé publique que les produits écoulés par les trafiquants. La seule chose qu’Allen Frances ne reconnaisse pas bien que ce soit prouvé, c’est que la majorité des concepteurs du manuel a des liens financiers avec les laboratoires.

Nul critique n’est plus sévère que lui à propos du DSM5 : « Le DSM5 est le produit d’une ambition démesurée, d’une mise en œuvre bâclée et d’un processus d’élaboration fermé. Il risque de transformer une inflation diagnostique déjà galopante en hyperinflation, de démonétiser la valeur du diagnostic psychiatrique et de provoquer une nouvelle vague de fausses épidémies ». On peut donc s’attendre à ce que le « trouble perturbateur du dérèglement de l’humeur » convertisse de banales colères, en trouble mental. Pour assurer soi-disant une meilleure prévention de la maladie d’Alzheimer, ce qu’on ne sait pas faire, l’invention du « trouble neuro-cognitif mineur » qui atteint la majorité des personnes qui vieillissent plutôt bien ne peut que les inquiéter. Une crise de boulimie par semaine sur trois mois et un banal glouton devient un « hyperphagique boulimique ». En dépit d’une levée de bouclier unanime, le DSM5 a élargi le diagnostic de dépression majeure aux personnes en deuil, dès les premières semaines. Ça va faire du monde. Quant à la découverte de « l’addiction comportementale », elle consiste étendre l’addiction à un produit à l’ensemble de nos comportements un tant soit peu compulsif : internet, sexe ou chocolat. La bonne nouvelle, c’est que le « syndrome de risque psychotique » a été écarté. Enfin pas tout à fait : il existe à présent un « syndrome de symptômes psychotiques atténués » qui risque de provoquer une catastrophe en santé publique pour ceux qui seront diagnostiqués sans jamais entrer dans la psychose.

Il serait temps de rappeler que ne pas nuire est la principale qualité d’un psychiatre. »

Je trouve très intéressante la comparaison entre les labo pharmaceutiques et les cartels de la drogue, en précisant qu’actuellement les neuroleptiques commercialisés légalement sont devenus plus dangereux en terme de santé publique que les produits écoulés par les trafiquants… »

Dans le même genre d’idée, je rappelle le rapport de l’INSERM proposant de détecter les délinquants dès la maternelle, comme s’il existait un gène de la délinquance…

Et pour vous rappeler que « normal c’est juste une indication sur un sèche linge« , je vous propose de réécouter l’intervention de Catherine Besnard Péron qui propose de penser le Haut Potentiel autrement.

5 thoughts on “De l a normalité

  1. Bonjour,

    Peut on être malade d’ennui ??Apprendre c’est ma nourriture quotidienne, un amour sans bornes et me voici en formation à attendre que le temps passe de déceptions en frustrations.
    Depuis plusieurs jours maux de tête (en tant normal très peu sujette à cela), nausées et crampes musculaires à hurler de douleur,….. Pas de soucis d’un point de vue médical donc l’hypothèse avancée est que cela est psychosomatique.
    Ma question est alors est il possible d’avoir une relation de cause à effet entre ennuie et réactions excessives du corps ?
    Bien que cette hypothèse ne soit pas totalement farfelue, le cerveau et ses interactions mystérieuses, cela me paraît étonnant, me questionne.
    Belle soirée à vous

      1. Votre question m’apporte une réflexion, est ce un ennui qui pèse, sur l’esprit, l’estomac et les jambes ?!
        ☺️
        L’ennui prend alors une forme de poids, petit boulet à porter…
        Étonnant qu’une notion abstraite, de l’esprit, se formalise ainsi de manière si réelle.
        Le mécanisme du cerveau, de la compréhension aux alertes données est tout à fait étonnant!
        Les ressentis sont présents de prime abord avant l’intellectualisation et j’apprends doucement à faire confiance à mes ressentis et intuitions, même si des doutes persistent.
        Apprendre à se connaître à plus de 30 ans n’est pas un exercice simple, surtout quand toutes les bases apprises concernant mon fonctionnement s’avère n’être pas les bonnes…
        Merci pour vos retours qui me permettent d’être guidée dans cette démarche et de me percevoir comme étant plus ou moins dans « une approche normale ».

  2. Vous savez ce que je trouve vraiment drôle? C’est qu’à chaque fois que je viens sur ce site je finis toujours par apprendre quelque chose de nouveau. Je finis par tomber sur un lien ou découvrir un nouveau personnage, qui alimentera mes prochaines lectures. C’est vraiment très rafraîchissant. Merci à toi Cécile. 🙂

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