Dépression existentielle et désintégration positive – L’importance des relations avec les autres par JT Webb (3/3)

Voici donc le troisième et dernier billet (qui fait suite à Dépression existentielle et désintégration positive de Dabrowski et à Dépression existentielle et désintégration positive de Dabrowski – stratégies d’adaptation ), traduit de « Dabrowski’s Theory and Existential Depression » élaboré par le psychologue américain JT Webb.

Dans la première partie, JT Webb énonçait l’importance d’apprendre à se connaître. dans le second, il évoquait les différentes stratégies adoptées face à ces problématiques existentielles.Ici (pages 26 à 39 du document cité), il propose des exercices pratiques pour donner du sens à sa vie : identifier ses valeurs, développer sa capacité à entrer en relation avec les autres, apprendre à mieux se gérer (surtout quand viennent les terribles moments de disqualification personnelle qui ressemblent à un jugement sans appel) et enfin trouver un sens à la vie.

Des mots simples, mais, comme pour les deux précédents billets, beaucoup de matière à réflexion.

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L’exercice des armoiries

Au Moyen-Age, les familles avaient souvent des armoiries peintes sur un bouclier qui portait ces symboles pour représenter et mettre en lumière les différents aspects de leurs traditions et de leur patrimoine. L’image d’une gerbe de blé pouvait symboliser les terres que possédait la famille ; une épée la vaillance de l’un de ses membres au combat…

Ce qui suit est un exercice destiné à aider les individus à représenter ce qui est important pour eux (ce qu’ils voudraient comme armoiries si celles-ci étaient encore en usage de nos jours).

“Vos armoiries personnelles” est un exercice auquel m’a initié il y a des années un de mes collègues qui aide les gens à réfléchir aux valeurs clés qui les guident dans leur vie et les aident à prendre des décisions. Cet exercice peut aussi les aider à décider ce qu’est leur cœur de valeurs et les valeurs qu’ils ont adoptées par tradition ou par commodité.

La Figure 1 ci-après montre un écusson comme en avaient les familles au Moyen-Age

Voici les instructions pour dessiner vos propres armoiries.

  • D’abord, nommez votre bouclier en inscrivant votre nom au dessus
  • Dans chaque section du bouclier (il y en a 7 au total), mettez ce qui suit :

1 –   Choisissez un mot qui vous décrit, et dessinez une image qui symbolise ce mot.

2 –   Dessinez un symbole qui représente la cause sociale ou politique à laquelle vous vous êtes le plus dévoué(e) dans votre vie.

3 –   Listez deux choses pour lesquelles vous avez œuvré dur pour vous améliorer , et  écrivez les dans une section.

4 –   Dessinez une image ou notez ce que vous rêvez de faire ou pourriez faire en imaginant qu’il n’y a rien qui puisse s’y opposer.

5 –   Sélectionnez trois mots que vous aimeriez voir utiliser quand on demande aux autres de vous décrire et écrivez ou symbolisez les.

6 –   Dessinez quelque chose qui représente ce qui a causé le plus grand changement dans votre vie.

7 –   Dessinez ou symbolisez la personne la plus importante de votre vie.

Et maintenant, réfléchissez à combien ces armoiries sont centrales dans votre vie quotidienne. Utilisez vous ces armoiries uniquement pour vous protéger ou bien représentent elles quelque chose auquel vous aspirez ?

Vous avez probablement remarqué que beaucoup  de ce que vous avez écrit avait à voir avec votre vie quotidienne – peut-être en tant que parent, étudiant, musicien, ami, épouse, aidant, entrepreneur, aventurier – et ces rôles fournissent très certainement une structure à votre vie. Mais ceci soulève alors d’importantes questions. Quelle part de votre identification et de la valeur que vous vous accordez provient des rôles que vous jouez ? Est-ce vous qui définissez vos rôles, ou eux qui vous définissent ?  Est-ce que ces rôles sont des traditions qui n’ont pas lieu d’être, des rituels confinant, ou bien donnent ils à votre vie une substance et du sens ? Est-ce que ces rôles correspondent à la façon dont vous voulez vivre votre vie ? Un solide sens du moi ne peut être seulement construit sur des rôles. Faire ainsi augmente la probabilité d’une désintégration, parce qu’arrivé à un certain point, nous sommes dépouillés de tous ces rôles. Il arrive toujours un jour où nous ne sommes plus un professeur ou un chef d’entreprise ou un musicien, ou un mari ou une femme. Nous ne sommes plus l’enfant de quelqu’un ; nos parents meurent, nous laissant orphelins. Je peux évidemment substituer de nouveaux rôles à ceux que j’ai perdus, mais ces rôles aussi disparaîtront. Chaque fois que je perdrai les rôles qui organisent mon existence, je me retrouverai confronté à des questions qui font réfléchir. A quoi ressemblerais-je sans ces rôles que je tiens ? Quelle valeur aurais-je ? Si je remplace les rôles disparus par de nouveaux, est-ce que ce sont vraiment ces rôles que je voulais choisir ?

Il y a quelques années, un collègue m’a présenté un exercice de dépouillement de rôle afin de concentrer ma réflexion sur ces sujets qui font réfléchir. Voici comment ça fonctionne :

  • Identifiez les 5 rôles centraux de votre vie (mère, fils, professeur, leader politique, etc.), et écrivez les sur un morceau de papier.
  • Faîtes un classement de ces rôles, le premier étant le plus central de vos rôles dans les activités qui règlent votre vie.
  • Prenez le role “5” et observez la façon dont il structure votre vie et lui convient. Maintenant, jetez-le. Il n’existe plus dans votre vie.
  • Prenez le rôle “4” et contemplez  la façon dont il structure votre vie et lui convient. Maintenant, jetez-le. Il n’existe plus non plus dans votre vie.
  • Continuez à vous débarasser de ces rôles, l’un après l’autre, après lui avoir accordé la considération qu’il mérite, jusqu’à ne plus avoir qu’un seul rôle. C’est votre rôle central, celui autour duquel tourne l’essentiel de votre vie.
  • Et maintenant, débarassez-vous de ce rôle. Que reste-t-il de vous ? Qui êtes-vous sans vos rôles ? Quelle valeur avez-vous ?

Après cet exercice de perte de rôle, regardez attentivement une fois  encore la façon dont vos rôles vous définissent  et la façon dont vous les définissez. Vous avez vraisemblablement envie de voir à quoi pourraient ressembler les autres sans leur rôle. La valeur qu’ils auraient ?  Peut-être pourriez-vous demander à des membres de votre famille ou à des collègues de travail comment ils perçoivent vos rôles majeurs.  Leur façon de vous voir peut être très différente !

Vous pourrez peut-être alors décider de vous abstraire un moment de chacun de vos rôles de façon à enrichir ou élargir les autres rôles. Ou bien vous aurez peut-être envie de développer un nouveau rôle ou d’inventer une nouvelle tradition pour vous-même ou pour votre famille.

Relations interpersonnelles

Au cours de notre vie, chacun de nous se façonne un personnage (une façade offerte au monde pour nous préserver des autres, jusqu’à ce que nous soyons suffisamment en confiance pour baisser la garde.

C’est derrière cette façade que nous affrontons nos problématiques existentielles. Et alors qu’elle tient les autres à distance, cette même façade renforce notre solitude existentielle parce qu’elle empêche les autres de vraiment savoir qui nous sommes. Cette façade représente habituellement notre style de vie, mais derrière le masque, il y a nos valeurs ;  mais nous pouvons tout aussi bien choisir d’adopter ou de rejeter un style de vie et des valeurs.

Il y a trois faits qui sous-tendent notre existence :

1 – nous sommes fondamentalement seul

2 – nous mourrons

3 – nous avons besoin des autres.

Les relations interpersonnelles sont vitales pour l’existence humaine, et pourtant nous passons tant de temps de notre vie en superficialités que nous accordons souvent bien peu de temps à l’importance de vivre des relations qui ont du sens.  Alors, il est important de penser aux questions suivantes :

  • Y a-t-il autour de vous au moins une personne avec qui vous pouvez vraiment être vous-même, sans votre masque de façade ?
  • Vos relations avec les autres sont-elles authentiques ou jouez vous un rôle ?
  • Avec vous besoin de contrôler les autres autant que vous vous contrôlez vous même, ou bien êtes-vous capable d’un peu de lâcher prise ?
  • Est-ce que votre logique et votre sens de l’analyse interfèrent avec votre capacité à donner et à recevoir de l’affection ?  L’isolement existentiel est d’une certaine façon facilité quand on sait que quelqu’un d’autre comprend les problématiques dans lesquelles on se débat. Par exemple, bien que votre expérience ne soit pas exactement  la même que la mienne, je me sens quand même moins seul si je sais que votre expérience est quelque peu similaire à la mienne.
  • Beaucoup de gens ont écrit sur l’importance qu’il y a à ce qu’une personne ne meure pas seule, et que les centres hospitaliers du pays veillent à ce que quelqu’un soit présent au moment de la mort d’une personne. L’anxiété au sujet de la mort n’est pas une maladie. C’est simplement un produit dérivé de la vie. Il semble que la mort (l’ultime moment de notre vie telle que nous la connaissons) est un sujet que les gens évitent, ou prennent comme une abstraction. Pourtant, il est important de penser et de parler de la mort si nous voulons bien vivre nos vies. Dans notre solitude, particulièrement quand nous contemplons la possibilité de ne plus être de ce monde et de plus exister, nous avons besoin des autres. On ne peut jamais se passer d’être connecté aux autres. Etablir des relations avec les autres  passe typiquement par une séquence de trois étapes successives :

1 – Inclusion / exclusion « Suis-je ou non un membre de ce groupe ? »

2 – Contrôle « Où serai-je le mieux à ma place ? en leader, en suiveur ? en bosseur ? »

3 – Attention réciproque « Est-ce que les autres font autant attention à moi que je fais attention à eux ? » (Schutz, 1958).

Voici quelques exercices que vous pourrez trouver utiles pour améliorer vos relations avec les autres :

  • Gardez chaque jour 15 minutes d’un temps spécialement dédié à laisser quelqu’un d’autre prendre le contrôle.
  • A titre d’exercice, transmettez et recevez de l’affection de façon non verbale
  • Touchez les autres plus souvent et régulièrement
  • Identifiez les “imperfections” dans chacune de vos relations. Comment ces relations évolueraient elles si vous arrêtiez de vouloir modifier ces imperfections ?  Veillez à parler plus de vous, car l’ouverture de soi facilite l’ouverture des autres de façon réciproque.
  • Offrez aux autres de l’empathie, même si vous êtes effrayé ou en colère.
  • Exprimez votre gratitude à quelqu’un à qui vous ne l’aviez pas encore exprimée.

Ces exercices devraient ouvrir la porte à de meilleures relations avec les autres. Ils aident les gens à se connecter de façon renouvelée et à devenir plus conscients de leur attitude dans leurs relations avec les autres… y inclus certaines attitudes qui portent atteinte à la relation.

Développement personnel : apprendre à s’accepter et à se gérer

J’ai déjà noté l’importance de s’accepter comme quelqu’un qui a de la valeur en dehors des rôles que l’on joue habituellement et au-delà des jugements des autres. Mais être ainsi suppose que les gens apprennent à se gérer eux-mêmes.  Ceci suppose qu’ils soient plus conscients d’eux-mêmes (leurs rôles, leurs armoiries, leurs relations) et apprennent à gérer leur dialogue intérieur à ce sujet.

S’ils s’autorisent à explorer tout ça, il se pourrait bien qu’ils puissent découvrir des parties d’eux-mêmes qui ne collent pas à leurs rôles.

Voici quelques trucs  à essayer qui faciliteront votre apprentissage de vous-même, tout autant qu’ils vous donneront de nouvelles compétences pour vous gérer vous-même :

  • Méditez 5 à 15 minutes par jour.
  • Devenez conscient de vos dialogues intérieurs. Ensuite, comparez le nombre de dialogues intérieurs négatifs avec le nombre de dialogues intérieurs positifs.
  • Réduisez votre penchant au contrôle dans des situations choisies.
  • Soyez conscient de “HALT” et de combien il est intimement lié à la dépression et au cynisme. HALT* signifie Hargneux (en Colère) Abandonné (Isolé) Lessivé (Fatigué) Torturé (NdT par une faim qui n’a rien à voir avec la faim physique, mais plutôt la faim de relations personnelles avec des pairs, une vraie faim d’émulation, de stimulation intellectuelle, de relations vraies) — toutes conditions qui prédisposent les gens à se sentir accablés. Nietsche disait,  “Quand nous sommes fatigués, nous sommes attaqués par des idées que nous avons surmontées il y a longtemps ».

*   NdT j’ai tenté de faire une adaptation acceptable qui reprenne ce mot qui signe l’urgence d’arrêter un comportement autodestructeur. Dans le texte original, HALT est l’acronyme de Hungry (affamé), Angry (en Colère), Lonely (isolé), Tired (Fatigué)

Le sens de la vie

Une partie de la condition humaine semble être la recherche du sens de la vie.

Tout au long de l’histoire une littérature innombrable et de grande qualité s’est focalisée sur ce thème. Victor Frankl dans son livre « Man’s search for meaning » (La recherche humaine du sens) (1946), nous montre que même dans des circonstances désespérées, telle que la déportation à Auschwitz, il y a quand même un grand besoin humain de recherche de sens. Frankl lui-même, déporté dans des conditions inhumaines, s’est efforcé de chercher – et a trouvé – du sens dans ses relations avec les autres prisonniers et avec ses proches, alors même qu’ils étaient séparés.

Malheureusement, les gens qui ont le plus besoin de sens sont souvent ceux qui sont tellement occupés à en trouver qu’ils ont très peu de temps pour le chercher. A ne pas pouvoir s’ancrer dans du sens, les gens courent un grand risque de désintégration et de dépression existentielle. Des efforts éperdus pour réussir et contrôler sa vie se terminent en effondrement parce qu’ils  ne sont fondés que sur du vide.
Etes-vous juste en train de jouer un rôle ou vos relations avec les autres sont-elles authentiques ? Pouvez vous conclure que votre vie a une raison et du sens ? Avez-vous développé des valeurs et des croyances qui vont au-delà des rôles que vous jouez ? Que se passerait-il si on vous donnait une autre chance de tout reprendre à zéro ? Que feriez-vous différemment ? Pouvez-vous accorder du crédit au fait qu’il y a de l’unité et de l’harmonie dans la vie et que votre vie à vous s’y accorde d’une façon ou d’une autre ?
Ce sont là d’importantes questions auxquelles il importe d’apporter une vraie réponse si on veut que sa vie ait du sens.

Trouver un sens à sa vie permet de développer tout d’abord une compréhension profonde, consciente, fine et authentique de soi. Trouver un sens à sa vie permet ensuite de trouver sa place dans le monde – c’est-à-dire que le sens de sa vie s’inscrit dans le cours de l’univers. Enfin, trouver du sens à sa vie permet de développer des relations authentiques avec les autres, ce qui permet l’expression de sa vraie personnalité et donne un contexte à la place que l’on tient dans le monde. C’est à travers nos relations personnelles que nous pouvons nous exprimer en tant qu’individus uniques et que nous pouvons comprendre notre relation au monde.

Dès lors, au bout du compte, que vous aurez à donner vous-même un sens à votre vie, quel sens voulez vous lui donner ?  Je vous suggère quelques pistes  qui pourront vous aider à entamer cette démarche :

  • Si vous aviez à écrire une “dernière conférence” – une conférence que vous donneriez  parce que vous savez que vous devez mourir demain— que diriez vous ? C’est ce qu’a justement fait Randy Pausch, Professeur à Carnegie Mellon, et mort en 2008 à l’âge de 47 ans.
  • Qu’avez vous appris jusqu’à ce jour au sujet du sens de la vie, que vous aimeriez partager avec les autres ?
  • Rappelez-vous et retrouvez 5 oeuvres d’art – histoires, poèmes, musique, peintures et/ou toute autre forme d’art qui ont eu du sens pour vous. Partagez votre ressenti de ces œuvres d’art avec un ami ou un membre de votre famille. En quoi vous ont-elles aidé à trouver du sens ?
  • Décrivez ce que vous pensez être votre plus grand accomplissement. Est-ce que cet accomplissement est en lien avec les objectifs que vous vous étiez fixés ? A-t-il un lien avec votre raison d’être dans la vie ?
  • Rappelez vous que les grandes idées et les grands accomplissements, y compris les vôtres,  peuvent n’être valorisés ou reconnus que de longues années après votre mort.
  • Que pouvez-vous maintenant faire dans votre vie, pour que dans un an, ou dans cinq ans, vous ne regardiez pas en arrière avec consternation tous les regrets que vous avez accumulés ?  Dit autrement, pouvez vous trouver un moyen de vivre sans continuer à accumuler les regrets ?” (Yalom, 2008, p. 101).

Références utilisées par JT Webb pour écrire son article (ces références concernent l’article entier)

Dabrowski, K. (with Kawczak, A., & Piechowski, M. M.). (1970). Mental growth through positive disintegration. London: Gryf.

Daniels, S., & Piechowski, M. M. (2009). Living with intensity: Understanding sensitivity, excitability, and emotional development in gifted children, adolescents, and adults. Scottsdale, AZ: Great Potential Press.

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9 thoughts on “Dépression existentielle et désintégration positive – L’importance des relations avec les autres par JT Webb (3/3)

  1. Je ne sais pas si je suis surdouée, en fait, j’ai peur de passer le test, peur d’échouer également. Si j’échoue … et après? Je pourrais dire que je me reconnais dans tous ces articles et que j’y avais déjà pensé avant d’aller sur ce site (on ne surf pas sur un tel site par hasard), mais je ne fais pas confiance à mon propre jugement parasité par un fort désir d’intégration, un désir d’appartenance à un sphère sociale.
    Et même si je le suis, cela ne changera rien. Car ces démangeaisons existentielles que sont le non-sens et l’inutilité de mon être qui en découle, ne guériront pas. J’ai appris, je crois, à faire avec de telles sangsues de l’esprit. J’ai appris une certaine insensibilité et à exister avec l’ennui.

    Je me suis récemment demander, pourquoi limiter l’impact de ses actions, de ses mouvements : laisser un acte naître et mourir dans sa forme la plus passive, engendrer l’inaction corporelle définir une personnalité qui n’appartient qu’à celui qui vous effleure de ses verres grossiers ?
    Par peur d’un autrui à la présence virulente ou par désir de stabilité et de confort ?
    Il va de soi que ses deux raisons vont de paires : hier est l’empreinte d’aujourd’hui, demain est aspirer à la survie et le produit de l’inconfort actuel.
    Pourquoi avoir la capacité de penser l’incommodité sociale, le déséquilibre des mécanismes sociétaux ? Tous comme le corps, l’esprit peut porter des parasites, des maladies et des allergies.

    Mon plus grand complexe est la parole. Je suis incapable de parler sans bafouiller ou butter sur les mots. Alors je m’efforce de parler peu ou de ralentir mon débit de parole. Quelle frustration de voir son propre corps agir de façon aussi lamentable. Cela m’encourage à penser que mon monde est à l’intérieur de moi. Car oui, je suis d’un égocentrisme redoutable. Comme pour tout homme, l’existence est un jeu de construction et de déconstruction de l’Ego.

    Savoir que l’on est physiquement homme et pourtant être si loin des autres (Est-ce que j’imagine la différence? On m’a déjà dis à plusieurs reprises, que je créais volontairement la différence, aïe) . Perpétuellement penser de façon globale est un handicap, car cela entraîne, chez moi, l’inaction. Il faut pour contrebalancer son effet, se couper des différentes niveaux de visions, couper certains liens d’une toile complexe, pour se concentrer et créer notre niche dans cette bulle sociale…

    Alors j’avoue que je marche difficilement, mais j’avance. Dans quelle(s) direction(s)? Vers où? Pour quoi ou pourquoi? Je cherche… un sens qui peut-être n’existe pas. J’occupe ma « vie ».

    Voilà, je voulais partager mon « expérience »….

    1. Bonjour F.B.

      Quand la pensée file à toute allure, il peut être très difficile de parler sans bafouiller, surtout quand on veut être précis, employer les bons mots, exprimer parfaitement sa pensée.

      La réponse apportée par James T Webb à cette dépression existentielle c’est de s’efforcer de rester loyal à soi-même (tant pis pour ceux qui cherchent – et apparemment réussissent !- à vous faire culpabiliser de créer la différence) en développant sa créativité (on va visiter et utiliser ses propres ressources en les faisant éclore dans des activités diverses.

  2. Merci donc pour cette suite d’articles.

    Je garde cette phrase : « Malheureusement, les gens qui ont le plus besoin de sens sont souvent ceux qui sont tellement occupés à en trouver qu’ils ont très peu de temps pour le chercher. »
    Et je la tourne ainsi :  » Parfois, les gens qui ont le plus besoin de sens et qui s’évertuent à en trouver, sont fatigués. Et le sens qu’ils n’avaient pas le temps de chercher peut alors s’inventer. »

  3. la désintégration positive… je me demande si c’est ça : il y a pas mal d’années, j’avais compris que quand j’allais mal, il ne servait à rien de tenter de ne pas aller mal, au contraire il valait mieux que je me laisse couler à pic ; il n’y avait que quand j’avais touché le fond, que je pouvais donner un grand coup de talon et remonter vers la surface ; plus vite je touchais le fond, plus vite je pouvais remonter…

    je me demande si je n’ai pas oublié cette « vérité » ces dernières années ? il est vrai que ce n’est ni agréable, ni socialement accepté

    je ne sais pas non plus si c’est ça, la désintégration positive ?

    1. Oui moi aussi, ça me fait ça, sur deux-trois jours, de temps en temps. Ça fait parfois du bien de se laisser aller à aller mal, de pleurer, de se lamenter pour pouvoir retrouver le goût de vivre.

  4. Bonjour Cécile

    Merci pour l’intelligence, la curiosité et le désir de partage qui animent ce site. Cela fait plaisir aussi de voir comment vous offrez à certains de vos lecteurs une sorte d’expérience du « stade du miroir » et d’imaginer ces zèbres et zébrettes cavalant libres dans la savane.
    Pour ma part, vous m’aurez permis de « déculpabiliser ». cette sensibilité gênante et souvent inconvenante pour autrui n’est finalement pas très différente du fait d’avoir les yeux bleus ou bruns. Il n’en reste pas moins que, « passé un certain âge, on est responsable de sa figure » disait Camus. A cet égard, les exercices proposés en section 3 touchent assez juste.

    Il me semble qu’un retour à la pyramide de Maslow peut-être une façon intéressante de les travailler concrètement, gardant à l’idée que nos difficultés à un certain niveau ( estime de soi, réalisation), renvoient systématiquement à des besoins laissés en friche en infra, et qu’il n’appartient qu’à nous de satisfaire au plus juste. Et ainsi desserrer quelque peu l’étau de nos attentes.

    Soit, en termes de perspective à la cinquantaine, plutôt que de se demander quelle marque on laissera de soi dans le monde ( c’est déjà fait, pour le meilleur et pour le pire, et c’est sans doute moins important que nous aimerions le croire, c’est ce que ces jeux de rôles mettent en lumière), envisager, au contraire, comment nous pourrions « peser » le moins, « ne pas laisser de traces », disent les moines zen. Peut-être comme une autre façon d’employer cette « intensité », ou cette forme d’intelligence à facettes multiples, puisque nous en disposons, ainsi que d’une mesure de libre-arbitre quant à la façon dont nous choisissons d’en disposer.

    Ceux et celles qui traversent ces crises existentielles souhaitent- ils échanger à ce sujet?

    Bonne journée à vous et merci de votre attention.

  5. comment vous lire tous sans avoir les larmes aux yeux?… J’ai tellement l’impression de me retrouver. J’ai tellement de doutes aussi. Le suis je vraiment MOI? Oser ne serait ce que penser que je puisse être surdouée me parait inconcevable. Moi qui fais des efforts depuis tant d’années pour cacher à tous ma… stupidité!
    Pour faire court: Il y a bientôt 3 ans nous avons rencontré quelqu’un, qui ayant observé notre fils (l’ainé 4 ans à l’époque) nous a demandé de but en blanc si on ne pensait pas qu’il était surdoué… Regards étonnés de notre part… Explications de sa part: non, le surdon n’est pas ce qu’on croit, c’est surtout une différence avant d’être un avantage. Et elle avait reconnu en notre fils des caractéristiques du sien qui avait été diagnostiqué.
    De retour à la maison, je me suis plongée dans la lecture du livre de Jeanne Siaud-Facchin… Que j’ai lu en pleurant du début à la fin… Je me reconnaissais tellement…sans oser me reconnaitre…Et puis le doute encore… Pour notre fils… de toutes façons à quoi bon le faire tester? Qu’est ce que ça changera? Et puis imaginer pousser la porte d’un psy « bonjour, je pense que mon fils est surdoué »: inconcevable! Bref, après plus d’un an d’attente et de doutes on a fini par sauter le pas et bingo! Il est surdoué…
    Oui mais alors… Si lui est surdoué, mon frère aussi (qui lui ressemblait beaucoup petit), ma sœur à tous les coups, mon mari sans aucun doute, mon amie d’enfance très très certainement… Et moi? Non pas moi, impossible!
    J’en suis encore là plus d’un an plus tard. Mais je commence quand même à l’envisager et à l’accepter. Je me retrouve trop dans toutes les descriptions que je lis et que j’entends à droite et à gauche. Et puis ça m’aide tellement à trouver une explication à ma souffrance, à ce sentiment d’étrangeté depuis que je suis petite… Mais envisager d’aller passer le test? Non, j’ai trop peur d’échouer, maintenant que je commence à entrevoir une explication et à me sentir mieux avec moi et avec les autres…
    Et puis… Je m’en suis bien tirée, j’ai une chouette vie et je suis reconnaissante pour ça! Je me suis sortie de ma scolarité sans trop de dégâts (j’ai toujours pu assurer juste le minimum vital pour aller là où je voulais aller). Je fais Le métier que je voulais faire depuis toute petite et que j’adore. Je travaille dans un endroit qui me plait avec des collègues que j’apprécie et qui (je crois) m’apprécient. J’ai réussi depuis quelques années à apaiser les relations avec ma mère. J’ai un gentil mari et 3 enfants que j’adore.
    C’est vrai que parfois je me sens … disons incomplète. J’aurais envie de faire tellement de choses. Mais je n’ose pas ou alors cette fichue procrastination m’en empêche… Et puis j’ai peur tellement peur encore aujourd’hui du regard des autres de ce qu’on pourrait bien penser de moi si j’osais… peindre, écrire, me mettre à la poterie, au chant… Mais je progresse… J’arrive maintenant à aller vers les autres assez sereinement sans en attendre trop en retour. J’arrive à être plus calme, beaucoup moins anxieuse, je m’énerve beaucoup moins vite… Et j’en suis fière!
    Quant à aller passer le test… Sur ce point là, je joue la carte de la lâcheté (je le reconnais c’est déjà pas si mal!): j’attends que ma fille l’ait passé (on attend ses 6 ans)… Si elle aussi est diagnostiquée surdouée, alors peut être, j’oserai faire le pas… Elle me ressemble tellement quand j’étais petite!
    Voilà, moi qui voulais faire court, c’est raté! Mais ça m’a fait du bien de partager tout ça avec vous.
    Merci pour votre livre que je viens de finir… Ça fait tellement de bien de se reconnaitre dans ces autres qui nous ressemblent…

  6. Article très intéressant ou l’on peut en apprendre beaucoup d’ailleurs cette technique peut simplement être faite avec un cercle que l’on compartimente. Aux plaisirs de vous lire.

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