Dépression existentielle et désintégration positive – stratégies d’adaptation par JT Webb (2/3)

Pour faire suite à mon précédent billet (Dépression existentielle et désintégration positive de Dabrowski), voici la traduction d’une deuxième partie de « Dabrowski’s Theory and Existential Depression » élaboré par le psychologue américain JT Webb.

Dans la première partie, JT Webb énonçait l’importance d’apprendre à se connaître. Il mentionnne ici les différentes stratégies adoptées face à ces problématiques existentielles. Certaines sont clairement plus adaptées et leur présentation ouvre sur des pistes que je trouve particulièrement intéressantes.

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Il y a de nombreuses années, Luft et Ingham (1955), identifiant que chacun de nous a des “zones d’ombre” quand il s’agit de décrire sa propre personnalité, ont élaboré une matrice simple qu’ils ont appelée Fenêtre de Johari, un outil pour aider les gens à se comprendre, à comprendre leurs zones d’ombre et leurs relations aux autres.

Pour utiliser une fenêtre de Johari, la personne se voit donner une liste de 55 adjectifs et a comme consigne d’en choisir 5 ou 6 qui décrivent sa personnalité.

Des membres de l’entourage de cette personne se voient donner la même liste avec la même consigne pour le décrire.

Ces adjectifs sont ensuite disposés dans la « fenêtre » ci-dessous. La personne découvre alors quels sont les adjectifs qu’elle a choisis qui correspondent à ceux choisis par les autres, de même qu’elle découvre également les adjectifs que chacun a choisis sans pour autant que d’autres choisissent les mêmes.

Les résultats peuvent ainsi être extrêmement utiles pour gagner une meilleure compréhension de soi-même, en particulier pour comprendre comment on est perçu par les autres.

Connu de soi Inconnu de soi
Connu des autres A = Ouverture B = Aveuglement

On réduit  ces « zones d’ombre » en obtenant des explications de la part des autres sur ce qu’ils perçoivent de la personne.

Inconnu des autres C = Ce qui est caché

Les éléments disparaissent de cette fenêtre par la révélation de ce que l’on se reconnaît être.

D = Ce qui est inconnu

Cette fenêtre se réduit par le biais de l’introspection

Il n’est cependant pas suffisant de simplement se connaître. Nous devons aussi nous accepter et trouver des moyens de nous nourrir. Ci-après se trouvent quelques principes à suivre que j’ai trouvés utiles et partagés avec d’autres.

  • Vous devez focaliser votre vie non pas sur les attentes des autres mais sur vos principes et vos valeurs
  • Travailler à vous développer sur le plan personnel va certainement demander un auto-centrage voire un certain narcissisme. Pour autant, sachez bien qu’il y a une différence importante entre le narcissisme sain et le narcissisme pathologique. Votre développement personnel passera par des phases de désintégration et de réintégration au fur et à mesure que vous évoluerez vers une désintégration positive croissante.
  • Ce cheminement sera certainement peu confortable aussi bien pour vous que pour votre entourage.

Quand les gens expérimentent la désintégration positive savent exactement ce à quoi ils doivent s’attendre (comme ce qui est présenté plus haut), l’expérience elle-même n’est alors plus si intimidante ou inquiétante. Il y a de l’espoir pour que l’individu puisse procéder à une réintégration de façon positive, même si l’expérience pour y arriver a été à certains moments inconfortable. En plus de cette compréhension, il y a plusieurs stratégies d’adaptation qui peuvent être utiles.. tout comme il peut y avoir d’autres styles de comportements qui peuvent  apparaître utiles mais en fait ne le sont pas.

Comment les gens arrivent-ils à gérer ces problématiques complexes et parfois douloureuses? Certaines façons de réagir rendent clairement l’adaptation moins aisée que d’autres, surtout quand elles conduisent à un rétrécissement de la pensée et à de haut niveau d’activité. Ci-après quelques réactions fréquentes et non efficaces de faire face :

  • Devenir narcissique. Certains individus gèrent ces problématiques douloureuses grâce au narcissisme. Leur cadre de pensée ressmble à : « Je peux me protéger (temporairement) de devoir être conforté à mon état de mortel en me convainquant de ma propre importance et que ce que je fais est extrêmement important pour le monde ».
  • Détenir la “vérité”. Il y a des gens qui se convainquent qu’ils ont « raison » et qu’ils détiennent la « vérité ». Les religions facilitent souvent ce genre d’attitude. Leur cadre de pensée fonctionne peu ou prou comme suit : « Si je peux me convaincre que je connais la « vérité » sur la vie et sur le sens universel de l’existence, alors je peux me sentir plus à l’aise. » Souvent, cette illusion s’accompagne d’une intolérance aux questions des autres, à leurs croyances ou à leur style de vie. Essayer de contrôler la vie ou au moins, l’étiqueter. Une autre stratégie est le contrôle. « Peut-être que si je m’organise et que je garde mes pensées sous contrôle, que je compartimente bien les choses de façon très logique, alors je peux contrôler ma vie ». Les étiquettes aident parce qu’elles donnent une illusion de contrôle. Si j’ai du pouvoir sur les choses qui m’entourent, alors j’aurai le contrôle de ma vie et de ma destinée.
  • Apprendre à ne pas penser. Ne pas penser est aussi un cadre de pensée. « Parfois, c’est moins douloureux si je choisi de ne pas penser aux choses importantes, et tout particulièrement en évitant d’exercer mon sens critique. J’ignorerai certains domaines de ma vie ». Ceci permet aux zones d’ombre de se développer ou d’exister.
  • Apprendre à être indifférent. J’ai connu des enfants et des adultes qui s’étaient convaincus d’être indifférents. C’est moins douloureux comme ça. Malheureusement, dans de nombreux cas, cet « engourdissement du cerveau » se fait par le biais de l’alcool, des drogues ou de toutes autres addictions.
  • Etre tout le temps occupé. Certains individus évitent de faire face à des problématiques personnelles difficiles en s’absorbant dans les occupations. Leur voix intérieure leur dit « Si je reste en permanence occupé, de telle façon que je soie toujours submergé par les activités, alors je n’aurai pas le temps de penser à d’autres choses ou au sens véritable de mes comportements » Parfois, ces personnes sont de vrais ludions dans la mesure où ils se concentrent sur la possession, la création ou le développement de loisirs ou d’activités minutieuses sans s’intéresser plus que ça au fait de savoir si leurs efforts sont futiles ou font mal. D’autres semblent avoir une compulsion à parler ou à agir qui leur permet de dépasser leur « horreur du vide » – leur peur des temps mort ou des espaces vides, qui pourraient les obliger à affronter leurs problématiques personnelles.
  • Chercher la nouveauté et les pics d’adrénaline. Le psychologue Frank Farley (1991) a décrit une personnalité de “Type T”, dans laquelle le  “T” signifie la recherche de stimulation et d’excitation par la prise de risque (Thrills Through risk Taking). Certaines de ces personnes peuvent développer des addictions—abus de substances toxiques, jeu, addiction sexuelle… Par certains côtés, les comportements du type “T” sont bénéfiques dans la mesure où ils sont susceptibles de repousser les limites définies par les traditions : ces individus  peuvent alors promouvoir des comportements créatifs. D’un autre côté, les comportements de Type “T” peuvent aisément se substituer à d’authentiques relations intimes ou à une introspection pleine de sens.

D’autres stratégies d’adaptation sont plus appropriées Elles facilitent le maintien d’un équilibre qui augmente la probabilité de gérer avec plus de succès les désintégrations et problématiques existentielles. Parmi elles :

  • Apprendre à se connaître. Un individu doit “séparer le bon grain de l’ivraie” quand il s’agit de décider ce que sont ses valeurs et sa perception du monde. Les caractéristiques et la personnalité uniques de chacun doivent être reconnues, valorisées et acceptées. Les mœurs, perceptions et compréhension du monde fondées sur l’extérieur (l’ivraie) doivent être séparées de ses propres perceptions du monde fussent elles insuffisantes et sous-développées.
  • S’engager dans des causes. Les gens qui s’engagent dans des causes sont presque toujours des idéalistes. « Quand je suis engagé dans une cause aux côtés d’autres personnes, que cette cause soit académique, politique, sociale, ou même religieuse, je me sens moins seul(e)». Parfois cependant, les problématiques existentielles conduisent les individus à s’immerger si intensément dans les causes qu’ils défendent qu’ils en finissent par oublier de se préoccuper d’eux-mêmes.
  • Garder le sens de l’humour. Il a été dit que si vous poussez aussi loin que possible le sens de la tragédie, elle se transforme en comédie. Les tragédies quotidiennes auxquelles nous faisons face dans nos vies peuvent être de vrais fardeaux, mais au prisme de la comédie, nous pouvons en retirer dans un certain sens du soulagement et de la mise en perspective. Face aux absurdités de la vie qui peuvent être frustrantes et désespérantes, y trouver de l’humour (quitte à faire l’effort de pousser ces situations jusqu’à l’absurde) peut faire apparaître une vision des choses plus pragmatique (voire parfois plus réaliste). Etre capable de rire d’une situation est un atout important ; être capable de rire de soi-même est encore plus important. De fait, le sens de l’humour peut améliorer nos sentiments de désespoir face à ces problématiques existentielles.
  • Savoir toucher et se sentir connecté.  Etreintes et contacts physiques sont très importants dans toutes les cultures. De façon regrettable, notre société semble de plus en plus circonspecte face aux gens qui cherchent le contact physique.
  • Compartimenter. Ce ne sont pas tant les événements qui nous perturbent que leur interprétation de ces événements, notre « dialogue intérieur ». Un dialogue intérieur intense et négatif sur une situation ou sur le cours de sa propre vie peut facilement se transformer en des pensées « tout ou rien », ou « toujours », ou « jamais » qui résultent de ce stress qui se disperse dans tous les domaines de la vie d’une personne. Par exemple « Je ne connaîtrai plus jamais le bonheur » ou « Je me sens toujours seul(e). je ne pourrai jamais trouver quelqu’un en qui avoir confiance, et c’est catastrophique ! » le degré auquel les individus peuvent se sentir misérables dépend largement de leur dialogue intérieur et de la façon dont ils arrivent à compartimenter ou ne pas être (au moins temporairement) pollué par le stress généré dans tel ou tel domaine. Certains ont trouvé utile de visualiser une « Boîte à soucis » pour y déposer leur stress, et puis poser un couvercle dessus et la poser sur un étagère jusqu’à être en mesure de regarder  de nouveau ces soucis en face (Webb, Gore, Amend, & DeVries, 2007). Ils  planifient simplement de traiter ce point plus tard, ou ils mettent de côté un « temps de souci », juste pour traiter ce genre de point. Ce n’est pas parce que les gens sont tracassés dans une partie de leur vie qu’ils devraient se sentir misérables en tout. Il est vrai que trop compartimenter peut aussi conduire à quelques problèmes. Parfois, les gens montent de telles murailles autour de leurs sentiments (de leurs émotions) qu’ils ont ensuite des difficultés à être « présents » dans l’ici et maintenant, ou bien ils peuvent intellectualiser le problème à un point tel qu’ils ne le traiteront pas vraiment, ni ne feront cesser le dialogue intérieur initial qui a pu conduire à ce problème. Certains en arrivent même à tellement tout compartimenter qu’ils ne peuvent même plus voir combien ils finissent par être contradictoires – un peu comme quelqu’un qui ne jure que par la préservation de l’environnement et pourtant rêve d’acheter une voiture à essence puissante.
  • Lâcher prise. Les gens intenses ont souvent tendance à vouloir imposer leurs vues au monde, et ce dans quasiment tous les domaines, même si, pourtant, à la fin, ils ne sont pas pour autant satisfaits des résultats obtenus. Il y a quelques années, un film populaire intitulé « Mon dîner avec André » (Louis Malle – 1981)  mettait en scène deux amis partageant leur expérience de la vie au cours d’un dîner au restaurant. Dans le film, Grégory, un directeur de théâtre de New-York (et le plus disert des deux), parle à Shawn de son échec scolaire, de ses voyages autour du monde et de son expériences des différentes façons dont les gens peuvent vivre, y compris celle d’un moine qui pouvait rester en équilibre sur ses orteils. Shawn qui a toujours vécu sa vie sur le fil, de deadlines en deadlines, mais aussi de succès en succès, écoute avec autant d’avidité qu’il se pose des questions sur l’apparent abandon de Gregory de tout ce qui concerne les aspects pratiques de sa vie. Il n’y a aucune conclusion à tout ça, mais de façon sous-jacente le film pose la question de savoir s’il vaut mieux chercher à contrôler sa vie ou au contraire lâcher prise et en suivre le cours.

  • Vivre le moment présent. Vivre le moment présent (le « Dasein ») signifie être conscient de ce qui est en train de vous arriver, de ce que vous êtes en train de faire, de ce que vous être en train de ressentir et de penser. Vous regardez les situations telles qu’elles sont, sans les colorer des expériences passées. Vous n’êtes pas influencé par les peurs, ni la colère, ni les désirs, ni par aucun attachement. Vivre de cette façon rend plus facile de gérer ce qu’on est en train de faire dans l’instant présent. Les gens qui sont en phase de désintégration se focalisent souvent avant tout sur le passé ou sur le futur, qui leur semble si maussade ou sinistre, plutôt que de vivre dans l’instant présent.

  • Apprendre l’optimisme et la résilience. L’optimisme influe de façon significative sur la façon dont les gens répondent à l’adversité et à la difficulté. Bien qu’il y ait une prédisposition génétique à l’optimisme ou au pessimisme, et même vers la dépression, celle-ci est grandement influencée par la façon dont un individu a appris à réagir à ce qui lui arrive dans la vie. Même si les gens ne peuvent pas faire grand-chose quant à leur héritage génétique, leur façon de réagir aux situations (qui inclut leur dialogue intérieur) déterminera leur optimisme et leur capacité de résilience.

  • Se focaliser sur la continuité des générations. Pour certains, se focaliser sur la continuité des générations (enfants et petits-enfants) est confortable. Pour d’autres, ça ne l’est pas, parce qu’ils voient  le monde si plein de difficultés qu’ils s’inquiètent de la façon dont leurs enfants y feront face. Néanmoins, l’page apporte une perspective qui fait qu’à la longue on ne s’en fait plus pour des « petits riens ». Et quand ils avancent en âge, la plupart des gens, trouvent qu’ils ont un peu de sagesse à partager avec les plus jeunes, ce qui les aide à rester connectés avec au moins une partie de l’humanité. Certains ont même écrit à l’attention de leurs enfants et de leurs petits-enfants, sur les valeurs qu’ils voulaient transmettre, leurs idéaux, leur philosophie de la vie (Webb, Gore, DeVries, &  McDaniel, 2004). Laplupart des gans, quand ils arrivent à la fin de leur vie, trouvent des moyens  de résoudre leurs questionnements existentiels (y compris le fait de mourir), et arrivent à un certain degré de paix et de sérénité.
  • Avoir conscience de l’influence que l’on a. Récemment, j’étais assis avec un ami qui était en train de mourir d’un cancer du poumon et nous parlions de l’influence que nous pouvions avoir sur les gens – comment sa vie avait pu avoir, par vagues successives, une influence suffisamment large pour avoir un impact sur la vie de gens qu’il ne connaissait même pas pour leur grande majorité. Je me suis alors rappelé Yalom (2008) disant « de toutes les idées qui ont émergé de mes années de pratique pour tenter d’aider une personne à contrer sa peur de la mort et sa détresse face au  caractère éphémère de la vie, j’ai trouvé l’idée d’influence singulièrement puissante »(p. 83). “Chacun de nous crée  – souvent inconsciemment  ou sans le savoir – des cercles concentriques d’influence qui peuvent avoir un impact sur les autres pendant des années, et même des générations » (p. 83).

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Références de JT Webb (pour l’intégralité de l’article « Dabrowski’s Theory and Existential Depression )

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49 thoughts on “Dépression existentielle et désintégration positive – stratégies d’adaptation par JT Webb (2/3)

  1. Ce deuxième article est éclairant.
    Même si je n’y ai pas découvert de choses fondamentalement nouvelles, il a le mérite de lister simplement et clairement les armes constructives dont chacun peut se doter pour avancer et celles qu’il peut être utile de reléguer au placard.

    Il y a (à mon sens) une micro coquille et une partie de phrase obscure :
    – il y a deux points à la phrase : En plus de cette compréhension, il y a plusieurs stratégies d’adaptation qui peuvent être utiles..

    – le « leur », suivi de  » de ces  » qui fit suite à un « nous », dans « leur interprétation de ces évènements »? : Ce ne sont pas tant les événements qui nous perturbent que leur interprétation de ces événements, notre « dialogue intérieur ».

  2. Bonjour,
    je me joins à vous, après avoir fait un bref passage fin juillet, pour dire que je me posais plein de questions sur ma propre zébritude; et aussi parlé des arts martiaux.
    J’ai fait le test, il y a un mois environ qui a confirmé mes doutes. J’en ai été bien chamboulée, et depuis je digère et lis beaucoup sur le sujet, pour accepter, comprendre….Et, je détecte les autres zèbres aux alentours….
    J’ai envie d’encourager et de soutenir les personnes qui, sur ce site, exprime leur souffrance, pour rejoindre le point de vue de Mr ou Mme l’ échalotte quand au fait d’apprécier l’instant présent. Face à tous ces tumultes émotionnels, le fait de bien respirer reste pour moi la base, et aussi la pensée positive du matin pour visualiser sa journée. C’est à remettre chaque jour sur l’ouvrage, (forcément avec une telle nature!), mais déjà, ce sont de bons outils.
    Bonne journée

  3. Bonsoir cécile, tournevis, cybercricri et les autres…
    Tout d’abord, je tiens à vous remercier de m’avoir publié.
    Ensuite, je tiens a vous présenter a tous mes plus plates excuses si je vous ai bousculés, je ne voulais en aucun cas blesser qui que ce soit!… Je me suis sans doute mal fait comprendre… Le but de mon commentaire n’était nullement polémique.. je souffre assez facilement la critique..
    En réalité, dans ma maniére abrupte de dire les choses, je voulais vous faire prendre conscience(en toute modestie) que vous aviez pour la plupart un potentiel énorme et que cela me rendait triste de voir ce gachi, ce mal-être..(je pése mes mots par crainte d’être une nouvelle fois mal compris
    Cybercricri, vous avez sans contredit beaucoup de projets concrets..et c’est trés bien de se battre pour un idéal…c’est justement ce point que je voulais mettre en avant… pourquoi ne pas penser à des projets plus globaux qui permettraient aux « hps » de demain de ne pas connaître les problémes d’adaptation d’aujourd’hui, des projets qui permettraient une société plus harmonieuse ou cohabiteraient( neuro droitiers et gauchers) tant il est vrai que les problémes rencontrés par les droitiers sont réels et hélas, trés difficile à faire comprendre..
    Pour terminer, mes pensées vont a supernova, je vous souhaite sincérement d’aller mieux… je sais ce que vous vivez..je me vis aussi comme un inadapté.. j’ai un mal fou à faire les choses les plus simples de la vie quotidienne…mais j’ai appris à passer outre.. et de vous à moi, maintenant c’est quelquechose que j’assume entiérement, cela ne me dérange plus.. je me surprend même à plaisanter avec mon « tyran intérieur ».. bon courage..
    Bonne soirée à tous et encore une fois, je vous prie de m’excuser.. je ne voulais blesser personne.. et encore moins polémiquer.
    Merci.

    1. « je voulais vous faire prendre conscience(en toute modestie) que vous aviez pour la plupart un potentiel énorme et que cela me rendait triste de voir ce gachi, ce mal-être.. »
      Mais qui croyez-vous être ? Pensez-vous vraiment que nous ne savons pas que nous avons un potentiel énorme ? Pensez-vous vraiment que nous n’avons pas conscience de cet énorme gâchis ? Croyez-vous que nous ne faisons rien, chacun-e, pour tenter de valoriser ce potentiel et sortir de ce mal-être ? Que savez-vous des causes de ce mal-être et des difficultés à en sortir ? Que savez-vous de nos efforts pour un monde meilleur, et de la force d’inertie voire du sabotage systématique auxquels nous faisons face quotidiennement ?
      Vous nous prenez vraiment pour des billes, comme la plupart des gens, et ce genre de choses, non seulement nous les entendons sans cesse, mais nous nous les disons quotidiennement, et nous en devenons dingues.

      Occupez-vous de vous, de votre mal-être, de votre potentiel, c’est quand chacun-e prend soin de soi que les choses peuvent avancer, pas en « passant outre » ni en s’attaquant aux autres (ce qui découle de passer outre).

      C’est en prenant soin de nous, chacun-e, que nous oeuvrons pour un monde meilleur, pas en emmerdant les autres avec des conseils décalés qu’ils n’ont pas sollicités. Ce blog est une réalisation concrète pour aider les hp à avoir moins de problèmes d’adaptation, vous ne le voyez même pas ? Chacun de nos échanges, qui nous nourrissent, est une réalisation concrète ? Etc.

  4. Bonsoir,
    Depuis quelque temps je visite ce site et je lis, je dois reconnaitre que les sujets sont trés bien traités (c’est le moins quel’on puisse dire, le travail est remarquable).
    Seulement, pour ma part je constate qu’il y a un léger probleme..
    Je m’explique… je pense que nous avons tous compris que les hp étaient créatifs, hypersensible, cultivés (et que sais -je encore)…
    Chacun y va de sa petite phrase, de sa petite réference à kant, shopenhauer, le caravage, brahms etc… a l’opéra de machin chose.. au dernier livre de machin truc… à la nouvelle théorie en vogue et blah blah… j’ai également vu une joute verbale sur le progrés sociale, sur le monisme etc.. (aprés tout plus le mot est élaboré plus la pensée est profonde n’est ce pas).
    Tout cela est magnifique, plaisant à lire j’en conviens… seulement en ce qui me concerne, on oublie l’essentiel… c’est à dire que la plupart des « hps » sont en souffrance ( oui je sais..j’ai lu vos coms et j’ai bien compris que vous étiez les premiers à le mettre en exergue!)..
    Donc le véritable question qui ressort de tout cela..c’est concrétement vous faîtes quoi?quelles stratégies adoptées pour faciliter concrétement l’intégration des hps dans la société « normo-pensante »? Vous êtes intelligents? j’ai envie de dire prouvez le! Imaginez quelle serait la société idéale pour vous? comment serait une société harmonieuse qui integre prfaitement les « hps »? quels nouveaux jobs (qui vous convient parfaitement )vous pourriez inventés? comment vous faire entendre ( de grace épargnez moi le blah blah à propos de la classification ou non classification)..
    La parole est aux actes.. je pense que vous pouvez changez votre quotidien, vous pouvez faire votre histoire…
    J’ose espérer que vous m’aurez compris, mes remarques ne se veulent en aucun cas polémiques…
    Osez mettre votre talent, votre intelligence au service de votre bonheur.. et pourquoi pas des futurs « hps »..
    Bonne soirée a tous..

    1. Bonsoir Lanvins

      J’ai validé votre commentaire en même temps qu’il me heurte :
      « je pense que nous avons tous compris que les hp étaient créatifs, hypersensible, cultivés (et que sais -je encore)… »
      Est-ce ce que ce site promeut ? Non

      – « Chacun y va de sa petite phrase, de sa petite réference à kant, shopenhauer, le caravage, brahms etc… a l’opéra de machin chose.. au dernier livre de machin truc… à la nouvelle théorie en vogue et blah blah… »
      Votre lecture est alors sélective, car c’est loin d’être la norme.. et puis quand bien même, ceux qui sont cultivés n’auraient pas droit de s’exprimer sans crainte de paraître cultivés ? L’exemple de Goering vous inspire ?

      Ce site est là pour aider à la réflexion, aider à avancer, aider à trouver des repères.
      Certains font et le disent (je crains que votre façon de lire ce blog ne vous ait conduit à les zapper)
      C’est du partage que nait la progression.

      « J’ose espérer que vous m’aurez compris, mes remarques ne se veulent en aucun cas polémiques… »
      Alors je veux bien que vous reformuliez, car si vos remarques ne veulent en rien être polémiques, je les trouve alors très maladroitement blessantes.

      – « Donc le véritable question qui ressort de tout cela..c’est concrétement vous faîtes quoi? »
      Et vous Lanvins, concrètement, que faîtes vous ?
      Racontez nous

      1. Je plussoie Cécile, et j’ajouterai : à ma connaissance, la lecture de ce blog n’est pas obligatoire (dommage, d’ailleurs :D) alors je ne comprends pas pourquoi Lanvins le lit si ce que nous écrivons lui déplaît à ce point ?
        Ni au nom de quoi il/elle vient nous agresser ici (où nous venons pour causer en paix de ce qui nous réunit) avec ses propos qui ressemblent trop banalement à ce qui nous est régulièrement servi partout ailleurs, dans la « vraie vie ».

    2. Bonsoir Lanvins,

      Nous y voilà : vous au moins vous allez au coeur des choses :

      – actions concrètes en faveur des hp : actions d’intégration dans le milieu de l’enseignement supérieur des étudiants (moi, en projet)
      – métier idéal : un métier ou l’on sert les autres, ou on est au coeur du système, ou l’on décide, on élabore, on créé, on a une autonomie, ou l on est passionné, peu importe le secteur
      – une société idéale : des richesses plus partagées, des valeurs , moins de haine, pas forcément une société parfaite mais
      une société ou les gens se disent les choses, discutent s’ils ne sont pas d’accord, le maitre mot : concillation
      Avec quelques principes simples, ce serait déjà pas mal de problèmes en moins.
      – changer notre quotidien : oui on peut , on se bat pour le métier de nos reves (ca c’est moi en ce moment j’en dors plus…)
      mais aussi des relations familiales meilleures autant que possible, mais aussi se faire respecter
      – changer : grapiller du bonheur pour soi, et pour les autres
      – changer : faire des projets pour soi et en etre fiers quand ils sont réalisés (oui c’est encore moi en ce moment)
      – changer : ASSUMER son intelligence, ses défauts, ses émotiions débordantes positives ou moins positives parfois : mais on en peut pas etre parfait

      Et au final, atteindre le but de notre vie : voir quelqu’un d’heureux car on lui a rendu service, etre heureux pour lui par pour nous. Et surtout, garder la passion, la flamme qui nous guide.

      Ca vous va Lanvins ? J’espère que oui, car sinon je comptais bien en remettre une couche, mais à moins de m’embarquer dans des détails ca risque d etre un peu long.

      Bonne soirée, et surtout faites de beaux reves (j’espère que vous en avez encore)

    3. Bonsoir, les personnes dotées d’ une intelligence différente sont parfois fragiles et ne se connaissent pas bien ou pas et quand elles ignorent leur spécificité elles peuvent avoir une image d’ elles même complètement déformée. Pour ma part, je suis allée jusqu a chercher mes bulletins de primaire avec les commentaires pour vérifier si je ne me trompais pas. CRS personnes sont en plein doute existentiel et parfois Trouve peu a peu et pas a pas leur chemin mais c est pas simple. Ce n est pas parcequ’ on se découvre intelligent que l’on casse la baraque … On pleure beaucoup, on enrage, on déprime, on essaie tout un tas de choses, on veut rattraper le temps perdu, puis j imagine on s apaise, on s apprivoise. Pour ma part, j adore ce blog, j y trouve du réconfort, de la poésie, des idées sympas…. C est le but il me semble… ? Bonne nuit

      1. Tout à fait : pour la plupart, nous n’avons rien su de notre potentiel pendant longtemps parce que tout est fait pour que nous l’ignorions et pour raboter cette différence. Quand on se découvre surdouée à 50 ans, ou même à 30 ans, on ne s’en remet pas comme ça, ça ne résout pas tout instantanément, il y a des blessures profondes et graves à soigner avant de pouvoir espérer faire qqchose de ce potentiel brusquement (re)découvert, toute une vision du monde et de soi-même à intégrer, un mode d’emploi à écrire, pas à pas, c’est un énorme boulot.
        Merci de rappeler que ce blog fait du bien et bienvenue 🙂

        1. « tout est fait pour que nous l’ignorions et pour raboter cette différence. »

          Hmm… Je n’irai pas jusqu’à la théorie du complot quand même… Mais disons que la standardisation qui est une tedance lourde fait effectivement beaucoup de ravages. Et la standardisation ne date pas d’hier : « pas une tête qui dépasse », « rentrez dans le rang », « pour qui vous prenez vous » ne datent pas de la révolution industrielle ou du fordisme auxquels j’impute nombre des maux que notre société connaît (non, quoi qu’on en dise, humains et machines ne fonctionnent pas pareils)
          … Et merci pour les mots gentils pour Talentdifferent 🙂

          1. Ce n’est pas une théorie du complot, je ne présume pas des raisons pour lesquelles tout est fait pour nous annihiler, je ne fais que constater des faits. Les raisons en cause sont probablement l’incompréhension, l’ignorance, une vague jalousie inconsciente, la peur de la différence. On a brûlé Giordano Bruno parce qu’il refusait de nier que la Terre n’est pas au centre de l’Univers et affirmait que celui-ci est infini, maintenant on prétend contre toute évidence que les surdoués se montent la tête et que les enfants surdoués doivent s’adapter au système et pas le contraire, ce n’est pas pire mais finalement c’est toujours la même bêtise et la même peur qui sont en oeuvre, depuis des siècles.

            Et quoiqu’en disent ceux qui voudraient que nous nous bougions pour changer le monde, ce que nous ne cessons de faire, nous sommes au maximum 5 % (dont la plupart ne savent pas qui ils sont et se croient sous-doués), ils sont 95 %, le « combat » est quelque peu inégal (combat au sens où l’emploient les politiciens actuels)…

          2. Ce n est pas simple de se comprendre, de se faire comprendre, mon sentiment est que lorsque un intelligent different se découvre sur le tard, il prend conscience des freins ( famille, scolarité , Societe) du présent et du passe pour se développer en cohérence avec ce qu’ il est. C est d’ ailleurs une problématique commune A tout être humain : vivre sa vie dans l authenticité ( ou pas ). On y arrive plus ou moins facilement et plus ou moins vite. Bonne journée.

          3. « Comme l’a montré l’économiste Carlo Cippola dans son opuscule « Les Lois fondamentales de la stupidité humaine » (PUF, 2012), l’individu stupide, représenté dans toutes les branches et toutes les activités, a pour caractéristique de nuire aux autres mais gratuitement, sans aucun profit pour lui-même, sans même toujours s’en rendre compte, et sa capacité de nuisance augmente à proportion des pouvoirs qu’il détient. C’est pourquoi, conclut Cippola, « traiter ou s’associer avec des gens stupides se révèle immanquablement une erreur coûteuse ». Si l’on en tirait toutes les conséquences, le monde serait différent. Mais on n’ose pas en rêver… »
            L’ensemble de l’article est sympa 😉
            http://www.lesechos.fr/opinions/chroniques/0203155221539-des-tontons-flingueurs-a-thomas-d-aquin-633299.php

  5. Bonjour Tournevis,

    Au risque de vous faire « sourire », je suis convaincu, que vous avez le potentiel pour aller de l’avant….
    Je pense qu’il y a des choses que vous avez besoin d’entendre…
    Des choses, toutes simples…. mais qui vous permettrait d’aller mieux..

    Bon courage..

  6. Je crois sombrer peu à peu dans la déprime de nouveau.
    Des faits difficiles à supporter. Je ne peux m’exprimer…. Enfin… Il n’y a qu’ici que je puisse le faire en espérant ne pas tomber sur des personnes qui se délecteront de ma détresse pour se moquer, ou autre action délétère de méchanceté gratuite. Ah … chez le psy aussi, mais je crois qu’il s’en fiche au fond… Et il ne propose pas de solution réaliste, applicable.
    Dans mon cas être surdoué est une tare. Une tare car cela fait de moi un inadapté à la société, peut-être à la vie tout court. L’arrêt de l’antidépresseur a eu au moins cet effet de remettre en route mon tumulte cérébrale. Avec son lot d’émotions fortes, de sensations exacerbées, et de réflexions plus ou moins philosophiques sur le sens de la vie, le malheur des personnes que je croise en voiture, dans le métro le RER, dans la rue…
    Le bonheur ne me semble atteignable que par ceux qui ont une capacité d’abstraction leur permettant de ne pas voir, de ne pas sentir, ne pas ressentir ces destinées tragiques, ou vides de sens. Je vois tellement d’indifférence, chacun enfermé dans une solitude cachée, masquée. Futilité des apparences. Chacun semble ne voir que les apparences, et s’en contenter. La vérité doit être déguisée, occultée. Car la vérité est moche, absurde. Le bonheur est peut-être aussi à portée de ceux qui croient en une consolation dans une « après-vie » qui ferait que les malheureux auront plein de bonheur dans leur « après-vie ». Sorte de moyen de se donner bonne conscience en se disant que finalement « les derniers sont les premiers » … Et de se motiver pour essayer de « faire le bien » dans l’espoir d’une quelconque gratification dans l' »après-vie ».
    Je ne crois en rien. Je ne crois plus en rien. Parmi ce qui peut autoriser à être heureux, les religions permettent de mon point de vue de donner un sens à ce qui ne peut en avoir rationnellement. Elles servent à déguiser une vérité que l’on ne souhaite connaître, par une autre qui apaise, endort celui ou celle qui y croit.
    Je vois la mort comme la fin. Un long sommeil sans rêve, éternel. Une délivrance de cette vie absurde.
    Je n’aurais pas dû arrêter mon traitement antidépresseur ? Non. Car je ne veux pas me mettre des oeillères, ni endormir cette partie sensible qui est en moi. Et puis reprendre le traitement… Pour quoi faire ?
    Alors, vous me direz qu’il y a mes proches, ma femme, mes enfants… Oui je peux essayer de survivre pour eux. Oui, je dois survivre pour eux.
    Mais je me sens si seul, si démuni.
    Je crois que ma femme n’est pas « surdouée ». Il y a souvent, trop souvent un mur d’incompréhension entre nous. Et ni elle ni moi ne trouvons l’énergie de casser ce mur, ou le contourner. La volonté ne suffit pas, il faut aussi l’énergie.
    Comme c’est dur, après une journée passée à prendre sur soi, à supporter une organisation kafkaïenne, obligé d’accepter les aberrations et horreurs de ce monde, de ne pas avoir un moment de réconfort une fois sorti des obligations de la vie (le travail, les corvées quotidiennes, …).
    Je suis peiné pour ma femme, mais surtout pour mes enfants. Je les ai désirés, je leur ai permis de vivre. Mais quelle vie !? Ils sont « surdoués » comme moi. Comment vont-ils la supporter ?  Je me dois de rester en vie pour eux. Mais quel enseignement leur donner , quand moi-même je ne l’ai jamais acquis ?

    1. Côté moqueries, Supernova, rappelez vous que je modère les commentaires avant leur publication…

      Pour le reste…. attention à la fatigue qui fait déraper facilement.
      (ré)Apprendre à respirer, la lenteur, savoir faire des arrêts sur image aussi sur ce qui est beau et que l’on ne remarque même plus (une ombre, un jeu de couleurs, un mouvement, une odeur, une mélodie).
      Savoir s’en remplir et le savourer.

      Et puis se rappeler que si sur le fond on ne peut rien changer, il y a la forme, ne pas s’attendre à ce que les autres évoluent, mais, soi, trouver des moyens d’avancer.Là est l’exemple à donner à vos enfants.
      Les rassurer sur les différences qu’ils ressentent. Leur dire qu’ils ont le droit d’exister tels qu’ils sont, que vous les aimez pour ce qu’ils sont plus que pour ce qu’ils font, leur dire de ne pas hésiter à essayer, quitte à se tromper, parce que c’est de leur âge et que vous serez là pour les soutenir dans leur volonté de progression qui passe forcément par une phase d’essai – erreur.
      Leur dire que l’empathie est terrible, mais que pour compenser, il leur faudra rechercher le beau par tous les moyens, et en particulier celui de la création.

      Pensez à vous reposer Supernova, même si c’est 1/4 d’heure « volé » sur le temps du bureau ou le temps familial… Ou les deux : partir un peu plus tot et arriver un peu plus tard. Ce temps pour vous est essentiel.

    2. Bonsoir supernova,

      Peut-être que vous connecter en ligne avec des blogueurs dans la même démarche de sevrage vous aiderait ?
      Aussi, dans la mesure du possible, vérifiez si ce sentiment que votre  »psy s’en fout » est vraiment réalité ou distorsion de la réalité. Demandez-lui simplement et clairement, à tout le moins il vous doit une réponse et vous serez ainsi fixé.
      Et oui, c’est aussi plus que vrai ce que rappelle Cécile: si vous êtes épuisé vous ne pouvez pas continuer à vous battre pour votre survie et votre dignité.
      Essayez de faire une liste de vos priorités, honnêtement, en terme de santé. Manger, dormir, un minimum d’air frais et de silence chaque jour.
      Aussi, et même si je sais que c’est trop facile à dire, pourquoi ne pas essayer un peu d’oublier  »le sort du monde », comme vous dites ? De toutes façons, il continuera à tourner sans nous. Par contre, vous et vous seul pouvez encore prendre soin de vous et vous en êtes capable quoique vous dises votre esprit épuisé.
      Un jour à la fois supernova.
      Bien à vous
      Chan

      1. Cécile, Chan, Lechalote, Tournevis, et Yvan : merci pour vos messages chargés de sollicitude et qui me vont droit au coeur.
        Lechalote, tu sembles avoir une force de caractère et une pêche incroyables.
        Notre problème à ma femme et moi, c’est que notre fils (bientôt 6 ans) est très dur… Il nous pourrit la vie. Depuis sa naissance, qui a été une grande souffrance pour lui, il est dur. Il cherche à nous faire sortir de nos gonds quasiment en permanence.
        Et avec moi… Il y arrive parfaitement. Pourtant j’essaie de désamorcer au plus vite quand je le vois partir dans son exercice de provocation. Mais il sait très bien titiller là où cela irrite, blesse, et fait mal. Un peu comme les coups de boutoir du bélier qui finalement parvient à briser la porte.
        Je lui ai même dit hier « alors, tu veux de nouveau pousser papa à bout, pour voir jusqu’où il peut tenir et pour qu’il te punisse ensuite sévèrement ? »… Apparemment il s’en fiche.
        C’est vrai que lui-même est surdoué, et est en pleine crise existentielle aussi. Il se demande déjà à quoi cela sert la vie, quel intérêt il peut y avoir à vivre, et a évoqué dernièrement le suicide lorsqu’il était chez notre voisine qui nous l’avait gentiment gardé (pas de parents ou de beaux-parents à proximité…) … Pure provocation ? ou Réelle dépression ?
        Bref, ses crises à répétitions quotidiennes nous exaspèrent, et en plus, comme j’ai arrêté mon antidépresseur, je suis à fleur de peau, ce qui ne facilite pas la tâche (mais jamais, jamais je ne reprendrai cette fichue chimie qui met des oeillères et endort, rendant la vie plate et fade). Notre couple est très éprouvé par les épreuves que nous donne notre fils.
        De crise en crise, de punition en punition, mon fils a passé sa journée de dimanche dans sa chambre en n’ayant pas mangé le midi (ne voulant pas manger ses pommes de terre, il a patouillé dans son assiette comme un gamin de 2 ans …). Et je m’en veux terriblement de devoir être si dur avec lui. Car j’en viens à hurler dessus à le prendre pour le conduire de force dans sa chambre (je pète à câble, quoi). Et ensuite cela me fait pleurer, me déprime aussi… Dans ses moments de calme, je lui dit que je l’aime très fort, et le cajole, le serre contre moi… Il semble réceptif, mais je ne sais ce qu’il se passe au fond de lui…
        Alors dur, dur.
        Lorsque je rentre le soir, je suis toujours dans l’appréhension de retrouver mon fils, car je sais qu’il nous pourrira la vie, sans parler de la sienne qu’il détruit méthodiquement.

        Je passe sur notre culpabilité de parents face au comportement de notre fils. Je ne peux m’empêcher de penser que je déteins sur lui, et que s’il est comme cela, c’est en grande partie de ma faute… Nous en venons à nous dire que nous n’étions pas faits pour être parents.
        Heureusement sa petite soeur de 2 ans et demi est beaucoup plus facile, joyeuse et espiègle. Mais je ne peux m’empêcher de penser aux dégâts profonds parce que cachés que doivent lui occasionner ces moments affreux de crise avec son grand frère.

        Alors, difficile avec ces soucis, complémentaires de ceux du travail (tripalium) de trouver un peu de temps pour moi, car l’énergie me manque alors et je suis épuisé.

        1. Quand mon fils aîné était petit, il semblait chercher à me faire péter un câble, ce qui arrivait chaque matin, et il se trouve que je n’étais pas bien dans ce que je vivais. À l’époque, je n’ai pas su comprendre ça et j’en ai de gros remords, que de souffrances… J’ai comme l’impression que c’est cela que fait votre fils ? Je veux dire que certains enfants semblent particulièrement sensibles à nos fêlures, nos incohérences surtout, et font tout pour les mettre au jour, les faire s’exprimer clairement (je crois que je suis comme ça aussi :-() quitte à payer le prix fort lui-même (punitions). Je ne sais pas s’il vous est possible de discuter dans ce sens avec votre fils ? Parfois, avec mes enfants, simplement dire les choses, mon ressenti, sans leur poser de question (ils ne savent pas forcément eux-mêmes ce qu’ils cherchent en étant insupportables) et sans attendre de réponse ou autre, ça a résolu des difficultés. Un exemple, avec mon fils n°2 qui a été le plus rude des trois, un hypersensible expansif : quand il avait quinze ans, il y a eu de gros problèmes dans son collège (pour résumer : une principale à moitié folle qui a détruit les profs, entre autres) et il était devenu ignoble (et un ignoble de quinze ans face à une mère seule, c’est pas glop), j’ai fini par supposer qu’en fait, il était perdu, en recherche de repères, entre ses parents qui disaient certaines choses (autorité des adultes, règles à respecter…) et son collège (seul autre référent pour lui dont le reste de la famille est loin) qui en « disait » d’autres (autorité des enseignants bafouée, jeunes à problèmes faisant la loi…) ; quand j’ai eu cette intuition, je lui ai simplement expliqué ce que je pensais : qu’il me semblait qu’il était perturbé par ce bazar et par l’incohérence entre ces deux modèles et de savoir lequel était le bon ; et je lui ai bien sûr donné mon avis sur la question, et c’est tout. Et, « bizarrement », il est redevenu beaucoup plus vivable par la suite 🙂

          Les enfants ne sont jamais trop jeunes pour qu’on leur explique les choses, y compris que papa ou maman va mal parce que ci ou ça. Je l’ai aussi fait quand mon fils avait deux mois (oui, deux mois) et ça a été aussi efficace, c’en est magique.

          Donc voilà, avez-vous parlé à votre fils de ce que vous vivez ? Sobrement, sans rentrer dans les détails inutiles, mais dire que ça ne va pas au boulot et que c’est dur, dire que vous avez arrêté les médicaments et que c’est dur, et aussi pourquoi vous avez fait ces choix et pourquoi vous les assumez malgré les difficultés. Et que peut-être c’est votre souffrance qu’il ressent et exprime ou qui l’angoisse ? (mais sans attendre de réponse, hein !) Et qu’il n’est pas responsable de ce qui vous arrive (parce que là où vous en êtes rendus, c’est ce qu’il doit croire), que c’est à vous de résoudre vos difficultés d’adultes et pas à lui, son job à lui est de prendre soin de lui, de manger, jouer, dormir, aller à l’école… Et que vous l’aimez. 🙂

          Et… euh… vous n’avez aucune possibilité de changer de travail, puisque ça a l’air d’être le noeud du problème ? (ok, je sors, en plus ça m’énerve quand les gens me suggèrent de déménager après que je me sois plainte de mon logement alors pourquoi je vous pose cette question stupide ?)

          Et… euh… avez-vous cherché des solutions pour soulager votre fils d’éventuelles souffrances liées à sa naissance, puisque vous y faites allusion ? (fasciathérapie par exemple, ou kinésiologie ou que sais-je ?)

          Bonne journée, Supernova, et chapeau, c’est très courageux ce que vous faites, je trouve.

          1. Tournevis, merci pour votre témoignage au sujet de vos enfants. Il y a effectivement d’après ce que je comprends des similitudes avec le comportement de mon fils.
            Il a effectivement vécu ses derniers jours in utero dans la souffrance, car visiblement déjà trop bas, son crâne tapait sur un os. Cela lui a valu un céphalhématome de la taille d’un oeuf de pigeon.
            En plus, il a fallu utiliser les forceps car il se présentait de travers. Cela a dû lui générer une grande souffrance physique un peu avant puis au moment de l’accouchement ainsi que les jours qui ont suivi. Le pauvre avait un torticolis qui lui a valu des problèmes digestifs avec reflux gastro-oesophagien. Il a dû être hospitalisé à seulement 9 jours car il n’arrivait plus à manger et perdait dangereusement du poids…
            Nous sommes allés consulter un ostéopathe spécialisé pour les petits, et ensuite cela a été déjà beaucoup mieux.
            Ajoutez à cela le fait que je suis parti en burn-out alors que mon fils avait à peine 9 mois…
            Vous avez réussi courageusement à élever vos enfants et c’est réconfortant et rassurant pour moi, parce que je me dis alors que rien n’est perdu pour mon fils. Merci pour vos conseils.

            Et merci aussi pour vos encouragements, ils m’apportent de l’énergie supplémentaire pour m’aider à tenir et à m’apprivoiser tel que je suis, sans entrave chimique.

          2. Bonsoir Supernova,
            je comprends encore mieux, mon 3è fils a eu le même genre de pb que le vôtre, heureusement sans les forceps, heureusement qu’il était le 3è et que j’avais déjà un peu d’assurance (d’après votre récit, je me rends compte que je lui ai évité une hospitalisation précoce), et heureusement que la pédiatre a su me conseiller à la visite du premier mois un excellent ostéopathe qui a su arranger ses problèmes crâniens (à un mois, il n’avait pas encore retrouvé son poids de naissance… dès après la séance il s’est enfin mis à téter et à dormir ailleurs que dans mes bras, et sa bosse a fondu comme neige au soleil au bout de trois semaines exactement comme l’avait annoncé l’ostéo, encore un truc magique !)
            Vous pourriez essayer de parler de tout ça avec votre fils ? Le mien n’a pas voulu entendre parler de sa bosse de naissance avant neuf ans (j’essayais de temps en temps), ça semblait le mettre très mal à l’aise, comme si la souffrance était encore là ; et puis un jour, vers neuf ans, il m’a demandé de lui raconter l’histoire de sa naissance et de la bosse et comment elle était partie, ça a eu l’air de le satisfaire, il est reparti jouer et voilà 🙂 Celui-là a été un petit garçon adorable, joyeux et paisible (maintenant, c’est un grand ado mutique qui n’aime rien tant que me faire bisquer en refusant de répondre à mes questions, grmbl…)

        2. Ah oui, au fait ! Un truc qui m’aide beaucoup à tenir le coup : les trois pages du matin http://www.creativite.net/julia-cameron/
          En très bref, chaque matin au lever écrire trois pages, sans chercher à faire du style, sans se relire, juste écrire tout ce qui passe par la tête. Ça n’a l’air de rien, mais c’est fou ce que ça fait du bien, on peut y poser tout ce qui fait mal, toutes les idées noires, tout ce qui va bien aussi si on veut, les bonnes choses finissent par émerger toutes seules, en fait, c’est magique 🙂
          Évidemment, ces trois pages restent secrètes, personne ne doit les lire, ce n’est pas un journal, c’est plutôt un genre de défouloir, faut pas se censurer.

        3. à Supernova

          absolument d’accord avec Tournevis!
          Mère de 3 enfants j’ai compris trois choses essentielles dans la relation avec nos enfants: 1. besoin de vérité – les enfants sont bien plus sensibles à ça que nous ne le pensons; 2. besoin de savoir qu’ils ne sont pas responsables de nos souffrances! Pas de culpabilité!.; 3. besoin de se sentir aimé – et c’est le plus important.
          Le tout nous avons appris par la CNV (communication non-violent), et elle est applicable en couple, avec des enfants de tous les ages, avec tout le monde en fait. 🙂
          Si vous trouvez des livres de Thomas d’Asenbourg, ou de Rosenberg (dsl, je n’ai pas les liens) ils pourraient vous dépanner, c’était le cas dans ma famille!
          Mais je crois – par expérience – que la communication juste et bien appliquée peut vraiment sauver toute la famille.
          Essayez et je vous souhaite beaucoup de courage et de l’espoir! Il y a une solution à toute situation! 🙂

    3. Supernova, courage ! Je comprends ce que vous ressentez, je le ressens souvent. Je suis seule, sans emploi, sans trop d’argent, et en mauvaise santé, ce n’est pas facile tous les jours. Je me raccroche à ces petites choses minuscules qui mettent un rayon de soleil dans la vie : une petite fleur qui pousse dans la fissure du trottoir envers et contre tout, une musique, une situation absurde qui me fait sourire, un sourire… Pas que ça donne du sens à ma vie, mais ça me remet du baume au coeur, un peu de carburant pour continuer d’avancer. Je ne sais pas quel est le sens de la vie en général, de ma vie en particulier, mais je me dis que si je suis là, c’est qu’il y a peut-être une raison, même si elle m’échappe, ou peut-être pas, d’ailleurs, mais puisque j’y suis, autant essayer d’y être le moins mal possible ? Et puis, bien sûr, quand ça va trop mal et que j’ai envie de mettre fin à tout ça, je pense à mes enfants et je me dis que, tout simplement, je n’ai pas le droit de leur faire ça.

      Que le courant ne passe plus très bien avec votre épouse ne signifie pas qu’elle n’est pas surdouée ? Il y a des tas de personnes surdouées avérées avec lesquelles je n’ai aucun atome crochu, avec lesquelles je m’ennuie à mourir, avec lesquelles je n’ai rien à partager, rien à échanger… Au fond, peu importe que votre épouse soit surdouée ou pas ? Le problème est que ça cloche entre vous ? Bon, c’est triste, c’est dur, mais on peut aussi vivre seul-e et ce n’est pas si épouvantable que ça, au moins peut-on être plus pleinement soi-même 🙂

      Vous vous demandez quel enseignement donner à vos enfants ? Eh bien… juste être vous, rester en vie pour eux, et prendre soin de vous, leur apprendre par l’exemple que c’est cela le plus important ?

      Et aussi (je parle de moi pour témoigner, hein, pas pour me faire plaindre ou me faire mousser ! mais parce que c’est mon cas que je connais le mieux, et que je trouve insupportable les gens qui parlent sans arrêt sur les autres ou qui balancent des généralités théoriques au lieu de parler d’eux, modestement), donc, aussi, j’ai appris à repousser fermement les pensées « négatives » parce qu’elles ne me servent à rien. Oui, tout va de travers, le climat change à grande vitesse, l’humanité court à sa perte, la planète est à feu et à sang, une majorité de gens sont des gros cons et je n’y peux rien. Et alors ? Je suis là, et le mieux que je puisse faire, pour moi, pour ceux que j’aime, pour l’humanité et pour la planète, c’est de prendre soin de moi, de ma joie de vivre et d’être moi. Broyer du noir ne sert à rien ni à personne, je ne renie pas ma lucidité ni ma souffrance ni ma sensibilité (ni tout ce qui va mal dans le monde) mais j’accepte mon impuissance, mais aussi ma puissance : je suis moi, je suis au-dessus de tout ça, et j’emmerde celleux qui essaient de nous pousser au désespoir. Non mais ! 😉

      Lire Etty Hillesum ? C’est rude, mais c’est très… comment dire ? Cette jeune femme est un grand Maître.

      Concrètement, quand une de ces pensées désespérante me vient, je la repousse, tout simplement : je me dis « oui, ok, mais bon, je le sais, on ne va pas en reparler, ça ne sert à rien, pense à autre chose » ; et ce qui est bien, c’est que tellement de choses me traversent la tête tout le temps, que je n’ai pas à chercher ni à attendre pour qu’une autre idée me vienne et me fasse momentanément oublier le truc moche. Certes, c’est un long et patient travail de chaque instant, mais petit à petit, on apprend à les repousser plus facilement, et à mieux voir ce qui va bien, ce qui est réjouissant et nourrissant. Par exemple, quand je doute de tout et de moi surtout, je me liste ce que j’ai fait de bien dans ma vie, de petit ou de grand. Souvent, je ne vois rien, au début, et petit à petit je me rappelle ci, et ça, et ça, et je me dis que ma vie n’a pas été si nulle ni si vaine…
      Tiens, un film que j’adore et qui cause de ça, un peu « La vie est belle », de Frank Capra (« It’s a wonderful life », 1946 je crois ? yes !! I’m ze best http://fr.wikipedia.org/wiki/La_vie_est_belle_%28film,_1946%29 :-D)

      Le réconfort, que vous regrettez de ne pas avoir, il y a vous, pour vous le donner, Supernova. Personne ne sait mieux que vous ce qui est bon pour vous, prenez soin de vous, vous êtes sur la bonne voie, non ?
      (c’est sûr que l’arrivée de l’hiver n’est pas le meilleur moment pour avoir la pêche, mais ce n’est pas impossible non plus ; il y a des couleurs magnifiques en ce moment, même en ville, les platanes par exemple ?)

      1. P.S. le résumé de « It’s a wonderful life » qui est donné dans Wikipedia est nullissime ! désolée d’avoir donné cette référence. Mais ce film est merveilleux, je trouve, pour les gens comme nous qui se demandent parfois ce qu’ils foutent là et à quoi ça sert tout ça (avec, oui, des longueurs, et on peut le trouver neuneu, mais on peut aussi choisir d’y voir ce qu’a voulu y mettre Capra, càd une belle leçon de vie :-))

        1. Bonsoir Tournevis, Je viens de regarder « It’s a wonderful life ». J’ai encore les larmes aux yeux. Très beau film, très bons acteurs, et très belle histoire.
          Merci, mille fois merci !

          1. Ah super, merci, je doute toujours que ce que j’aime tant puisse plaire à d’autres, je me fais souvent moquer par des personnes qui ne voient que le côté éventuellement neuneu (en réalité le côté sensible !) et pas le message fort qui est derrière (comme dans Harry Potter ;))

    4. Je suis de tout coeur avec vous, supernova. Ce que vous dites à propos du mur qui vous sépare de votre femme me parait cependant inquiétant. S’il y a un bonheur que l’on doit chérir c’est bien d’avoir réussi à trouvé sa moitié, c’est souvent tellement compliqué et rare… Il n’y a pas de culpabilité à avoir du fait d’avoir légué le surdon à vos enfants, il s’agit quand même d’un don, à la base, même s’il s’avère encombrant à porter. Au contraire, c’est stimulant de les accompagner dans l’usage de ce don, de pouvoir peut-être leur éviter certaines erreurs, leur baliser le chemin, et surtout, leur montrer qu’on les comprend lorsqu’ils se sentent incompris de tous les autres…
      Concernant le bonheur, il n’a aucun sens, c’est un fait. J’ai pour ma part toujours été frappé de l’aptitude au bonheur de certains individus, indépendamment de tous le reste, j’ai notamment toujours été fasciné par quelqu’un comme Jean Pierre Pernaud, présentateur du 13h sur TF1, capable de s »extasier sur le tabac-épicerie-coiffeur, de Triffouillis-les-ouilles. Lorsque j’étais au fond du trou je me suis toujours raccroché à ce genre d’individus qui nous montrent que le bonheur dépend de notre état d’esprit et qu’il n’a rien d’objectif ou de rationnel, il s’agit d’une aptitude, alors si ce crétin peut y arriver, pourquoi pas moi ?!
      Concernant la vie en société une phrase de Zinoviev m’a sauvé : « on ne peut pas échapper à la société à laquelle on appartient ». Cette phrase m’a mis dans l’obligation de faire face, tout simplement. Puisqu’on ne peut pas y échapper, il faut prendre en considération nos relations sociales, les intégrer comme une donnée de l’équation et définir une attitude ou un positionnement qui nous convienne.
      Courage et banzaï !

      1. Bonsoir Ivan,

        ah j’ai ri de bon cœur sur la simplicité de ce présentateur télé, qui apparemment remporte l’unanimité dans certaines tranches de la population.

        C’est vrai que quand on y regarde bien, cette simplicité d’esprit, ce doit etre reposant….. C’est drôlement loin pour moi, mais quelque part, j’envie et je m’interroge sur les normaux pensants qui se satisfont de ce qu’ils perçoivent, sans y voir plus avant. Bizarre….

        La crise n’arrange rien : les gens n’ont plus de quoi ou à quoi se raccrocher, alors se contenter des idées toutes faites c’est déjà ca. On ne peut pas leur en vouloir finalement, ils se sentent dépassés parfois par les évènements.

        Quand j’étais gamine, nous avions certaines réassurances, meme si tout n’était pas rose pour moi, en tant que mouton noir de la famille. Mais il est vrai que certaines valeurs nous emprechaient de vaciller, meme si on ne les voyait qu’à hauteur d’enfant.

        C’est bizarre, je ne regrette pas ce temps là, j’ai eu trop de souffrances, mais dans le meme temps, j’ai vécu et ressenti des choses positivies, des convictions personnelles, qui ne se sont jamais perdues avec le temps, car je les ai toujours aujourd’hui.

        Aujourd’hui, je vois des membres de ma famille se corrompre, etre en rupture avec ce qu’ils étaient avant, etre influencés par de mauvaises personnes….

        Peut etre que nous surdoué avons finalement un regard sur le monde qui se construit très tot, et nous le gardons. Nous ne sommes pas parfaits, mais nous vivons certaines choses de la meme facon à 5 ans , 20 ans ou meme 40 ans.

        Pour ma part, je ne trouve pas désagréable ces petits bonheurs, mais un temps seulement, après il faut me nourrir d’autre choses, sinon je me fane sur place.

        J’a

      2. Suit (appuyé sur une mauvaise touche)

        J’ai dit à mes proches que je ne serais jamais la fille comme il faut, que je ne rentrerai jamais dans les cases. Au boulot, j’ai fait comprendre que j’avais ma facon de voir qui m’est propre.

        Et quand on laisse les gens s’accoutumer à ce qu’on est, ils s’y habituent, meme si c’est long. J’ai après à faire avec le temps, meme si au fond de moi, je suis speed.

        Cybercricri (qui ne se cache plus vraiment de ce qu’elle est et c’est très bien comme ca…..)

    5. Je crois que déjà, quand on comprend qu’on est différent, on peut aider nos enfants. Parce que ce n’est pas qu’une tare d’être surdoué, c’est aussi un don, qui s’apprivoise, dont on peut être fier. C’est un don qui rend lucide, certes, et du coup, permet de voir l’absurdité du monde dans lequel on vit. C’est un don qui oblige à être extrêmement juste et parfois, c’est invivable (je me répète vive le yoga pour les surdoués, ça devrait être remboursé par la sécu). Mais ce monde là n’est pas constitué que d’affreux, même si ce sont eux qu’on voit et qu’on entend le plus. Il y a tous les autres, qu’on peut aller chercher une fois qu’on sait qui on est, ceux qui voient le beau, le vrai, le juste, s’émerveillent d’un arbre et d’un rayon de soleil. C’est la force que j’ai prise auprès de mes enfants et que je prends encore quand tout me semble absurde, parce que dans le fond, rien d’autre n’existe que l’herbe sous les doigts de pied en été, le craquement des feuilles en automne, le soleil blanc d’hiver, leur sourire quand elles font un gâteau. Pas à pas, prendre chaque petite chose, ne rien laisser passer de ce qui est beau. Et quand j’ai compris que je n’étais ni trop, ni trop peu, ni folle, ni tout ce qu’on me disait, mais différente, intense, sensible, intuitive, vivante, et que je devais respecter ça, et le faire respecter par les autres, voilà ce que j’ai pu leur transmettre. Ne laisse personne te manquer de respect, sois aussi bonne envers toi que tu l’es envers les autres, ne laisse personne te marcher dessus. Aime toi, profite, vis, ris, pleure, tant si si ça les gêne, c’est LEUR problème, pas le tien. Il est LA l’échange. C’est pas rien à apprendre à ses enfants. Tu crois vraiment que le monde, dans l’état où il est n’a pas besoin de gens qui ont une âme é(mer)veillée ? Elles sont nombreuses tu sais, même si elles font moins de bruit que les autres. Moi, c’est cet espoir là qui me fait avancer, à chaque jour sa petite dose de merveille, elle est là. Je dis à mes filles, regarde : l’âme agit…Quand je pars le matin, ma petite me lance : Fais de beaux rêves! e je lui réponds « Amuse toi bien! ». Et elle a raison, je me dis que je vais prendre deux minutes dans ma journée pour ne pas voir que les bonobos, mais voir aussi le beau tout court. Regarde bien, sors, marche simplement, même si tu n’en as pas envie, va embrasser un arbre, cours, rencontre des gens, parle, inscris toi à un truc dont tu as toujours rêvé. Je sais les états où on a des envies que tout s’arrête, où ne veut plus sortir, où on a perdu espoir. Je me répète, l’espoir est dans les petites choses qui sont à portée de main. Quant au conjoint, j’en ai traversé des moments de silence, d’incompréhension, mais si ça doit bouger, je t’assure quand on évolue soi-même, l’autre change, il n’a pas le choix. Dans mon cas, a n’a ps été la rupture, mais c’était moins une. Ca aurait pu, j’étais suffisamment au bout du rouleau pour être prête à ça . N’attend pas que ça vienne de l’autre, ne l’attend pas tout court, fais les choses pour toi, demande aussi, demande de l’aide et tu en recevras, et regarde ce qui se passe, ça sera forcément intéressant…Ne perds pas espoir, parce que dans le fond, c’est la seule chose qui fasse avancer, et ça marche. Bises!

    6. « Ah … chez le psy aussi, mais je crois qu’il s’en fiche au fond… Et il ne propose pas de solution réaliste, applicable. »

      Mon commentaire aurait du aller là …

      1. En réalité, je pense effectivement que je suis fatigué, épuisé. Je dois essayer de trouver du temps pour me reposer, faire le point, prendre du recul, et surtout pour retrouver l’énergie et la motivation nécessaires pour agir. Là est la difficulté : comment trouver ce temps quand on passe 3 heures par jour dans les bouchons pour faire un boulot pas passionnant dans une organisation écrasante … Et puis il y a les soucis ordinaires à la maison qui font qu’il n’est pas possible de se poser réellement… Charge à moi de trouver la solution en écoutant les conseils de personnes avisées. Le temps pour moi n’est plus à la complainte, mais à l’action. Ma première action est de trouver un moyen de récupérer de l’énergie nécessaire à l’action 🙂 …

        1. La prise de conscience est déjà un immense pas en avant ! 🙂

          Un psychiatre et thérapeute Vittoz m’a dit qu’il suffisait de 10 secondes au cerveau pour se reposer.
          10 secondes ! Pour moi qui ai toujours de la peine à trouver du temps pour moi !
          Là, plus d’excuse…
          … Et c’est comme ça que j’ai pris conscience que j’avais du mal à être bienveillante avec moi-mêeme…

          Alors… 10 secondes pour prendre une respiration profonde et ample, 10 secondes pour faire un arrêt sur image (un sourire au milieu de gens moroses, un rayon de lumière qui mordore un objet au milieu de la grisaille, une musique légère au milieu du vacarme, une bonne odeur au milieu des gaz d’échappements…) Et s’efforcer de garder ce bel instantané en mémoire, et le raviver en s’efforçant de retrouver les sensations du moment

          Bon, ça ne fait pas tout, c’est clair ! Mais ça aide à tenir.

          Possibilité de faire à pied, volontairement une portion du trajet pour arriver ou repartir ?

          Ou tout simplement, au moment d’éclairer son ordinateur, au lieu de s’imbiber de la frustration de sa lenteur à se mettre en marche, petit exercice de conscience du moment : ressentir le sol sous ses pieds bien à plat, l’assise de sa chaise, la sensation du dossier de la chaise sur son corps, ressentir l’air sur son front, ses joues, son menton, ressentir ses mains qui ont pris appui sur les cuisses … Regarder / fixer les 4 parois qui vous entourent en prenant conscience de leur distance…
          Oh que ça a l’air bête ce que je vous raconte…
          Eh bien je vous propose de tester quand même 😉

          Et bravo encore pour la mise en marche : le plus dur est fait ! 🙂

          1. Merci Cécile pour vos encouragements, et merci pour vos conseils. Je les aime bien ces conseils car ils me paraissent facilement applicables. Et ce sont souvent les solutions les plus simples qui sont les plus efficaces !

        2. un médecin, votre médecin traitant qui vous comprend, qui peut vous mettre en arrêt maladie, genre « burn out », ou « dépression » pour un « certain temps »? Juste pour le temps qu’il vous faut? Au tour de moi il y a du monde qui le font!…

          1. Merci alice. Je pense être sorti du burn-out et de la dépression, même s’il m’arrive encore de vivre des moments difficiles.
            Je tiens aussi à vous remercier pour votre commentaire du 26 novembre qui rejoint sur le fond les conseils de tournevis au sujet des enfants (transparence en expliquant la situation sans rentrer dans les détails bien sûr, et surtout leur expliquer qu’ils ne sont pas responsables des soucis de leur papa ou de leur maman). Je mets en pratique et déjà j’ai l’impression que cela va mieux.

        3. Un congé sabbatique, voilà ce que m’a proposé ma boîte hier, quand j’ai posé ma démission. Et bien c’est exactement ce dont j’ai besoin. Du calme, pendant 6 mois. Je n’en revenais pas que ce soient eux qui m’en parlent.

          1. Waow !

            L’OCDE ne signale pas seulement un système éducatif français en berne, elle indique également le mal être français qui vient du manque de confiance que beaucoup ressenetnt au travail.

            Alors saluons la clairvoyance de cette entreprise qui ne veut pas perdre un bon élément qu’elle a identifié et reconnu !

            Bravo Lechalote !
            Et surtout : bon repos 🙂

          2. Pour Cécile : oui, c’est un vrai cadeau, étonnant, je l’ai pris comme tel. Ils ne savent même pas comment faire je crois, avec les process, c’est dire…Mais tu sais le plus étonnant, c’est que ma seule raison de rester et d’accepter ce deal, est l’infime espoir de pouvoir faire changer les choses ». On ne se refait pas….Mais je vais me reposer oui, tu m’étonnes! La perspective du mois de mai avec les doigts de pieds dans l’herbe et le pain au chocolat à la sortie de l’école me donne un de ces sourires….

  7. ah, j’aime bien cet article aussi !

    en fait, j’ai l’impression que brusquement, du simple fait de décider de ne plus me prendre la tête et d’admettre, sans test pour le moment, que je suis « HP » ou qqchose de ce genre rayé, je me sens infiniment mieux ! subitement, je n’ai plus envie de me pencher sur mon passé, de ruminer mon vécu ou l’influence délétère de ma généalogie pour tenter d’y trouver les causes hypothétiques de mon mal-être (quel mal-être ?) ; bien sûr, ces événements ont joué, je le sais, mais avant tout je sais maintenant ce que je suis et j’ai envie d’aller de l’avant avec ça ; je me sens toujours incapable de regarder vers l’avenir, mais au moins je me sens bien dans le présent ; et je sais que moins je me prends la tête, plus je « lâche prise » (moi, employer avec plaisir cette expression ?! incroyable !!), mieux les choses se passent ; alors je vais essayer de continuer à laisser faire (pas passivement, mais avec ouverture à ce qui peut advenir)

    je suis drôlement contente d’avoir cinquante balais ! je commence à relativiser, à accepter que je ne peux plus changer le monde et que ce n’est pas si grave, mais tout en admettant que j’ai quand même qqchose à faire pour que ce soit un petit peu moins pire (et que j’en ai déjà fait pas mal, finalement !) ces jours-ci, cette terrible impression de vanité et de vacuité qui me plongeaient dans la dépression semble s’être dissoute dans une paisible acceptation : pourvou que ça doure !

    je continue ma lecture…
    😉

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