Etre trop doué, un frein pour sa carrière

La rentrée arrive à grands pas, certains d’entre vous peuvent appréhender leur retour au grand bouillonnement professionnel, quand d’autres peuvent désespérer d’y replonger.

Voici un article issu des magazines Capital et Management en ligne, à partir des analyses de Michel Barabel et Olivier Meier (directeur du laboratoire de recherche Dever Research), co-auteurs de Manageor (Dunod).

D’entrée de jeu le ton est posé :
« Les très bons éléments ont tendance à plafonner ou, pis, à être mis d’office sur le banc de touche. Un constat qui va à l’encontre des idées reçues et questionne la sin­cérité de la fameuse «chasse aux talents» dont les entreprises ont fait leur leitmotiv depuis quelques années.[…] le discours officiel […]mas­que une réalité inavouable, puisque les études prouvent que se montrer trop doué constitue en fait un frein à une belle carrière. »

« D’un côté, on a le «premier de la classe» ou le bon à la française.[…]De l’autre, on a le bon atypique, qui rentre moins facilement dans les cases, […] plus difficilement soluble dans l’orga­ni­sation »
« S’il est vraiment aussi doué qu’il en a l’air, ne risque-t-il pas de me faire de l’ombre ou de remettre en cause ma légitimité ? En fin de compte, le choix du manager se portera rarement sur le type vraiment brillant ou charismatique »
« arme de stagnation massive : l’entretien individuel d’évaluation »
« ils posent cette fois-ci problème non pas pour des raisons de jalousie ou d’intérêt professionnel, mais parce qu’ils sont porteurs d’une norme nouvelle, différente, fondée sur leurs qualités personnelles et leur charisme »
« un collaborateur très doué est un contestataire potentiel […] D’où la volonté, qui vient dans ce cas des plus hautes strates de la hiérarchie, de limiter l’influence de ce type d’originaux, perturbateurs de l’ordre établi. »

Les chercheurs signalent les stratégies de camouflage, mais l’article le dit implicitement : ceci n’est valable que pour ceux qui sont conscients de ce qui se passe et qui sont donc en mesure de mettre en oeuvre ces stratégies.(Et la réalité montre bien que nombre de surdoués s’ignorent et ne conçoivent pas que leur mode de fonctionnement n’est pas dans la moyenne)
L’article résume de façon lapidaire les deux stratégies : « Moutons et fayots« … autant dire, effectivement, des façons de faire assez antinomiques par rapport à l’indépendance d’esprit (certains disent « grande gueule ») souvent constatée chez les adultes surdoués ! (je vous renvoie sur ce point aux billetx qui traitent des besoins d’un surdoué au travail et des recommandations pour manager un surdoué)
L’article évoque également les situations de crise qui peuvent donner une opportunité à un adulte surdoué de se révéler,
et termine en insistant sur le fait que « cette culture – que tout le monde appelle de ses vœux – ne s’enracinera pas tant qu’on continuera à donner la préférence à des clones sans saveur ni odeur. »

Un hymne à la biodiversité que je ne peux que relayer.
Dans une époque où les cloisonnements se renforcent chaque jour un peu plus, que ce soit dans ou hors l’entreprise, et où le vivre ensemble est chaque jour un peu plus difficile, il y a urgence !

Être trop doué, un frein pour sa carrière – Propos recueillis par Eve Ysern – un article des magazines Capital et Management en ligne

Pour votre réflexion, d’autres billets relatifs aux surdoués au travail.

28 thoughts on “Etre trop doué, un frein pour sa carrière

  1. Je viens de lire une BD qui raconte typiquement l’histoire des surdoués et de l’emploi : « Ma vie d’adulte » de Isabelle Bauthian, Michel-Yves Schmitt et Virginie Blancher, éd. La boîte à bulles, 2012.
    Je l’ai trouvée très chouette, très réaliste (du moins pour la partie que je connais le mieux : la relation avec Pôle emploi… ^^) et pleine d’optimisme.

  2. Un frein pour notre carrière,

    pour la mienne oui je pense. Mais entre le manque d’argent, et ma volonté d’avoir un travail qui me plait, je vais sans doute prendre le travail qui me fera avoir un salaire mais pas autre chose.
    Hélas, mais je sais aussi m’adapter, sinon que va t il me rester ?
    Un temps partiel, pour moins m’ennuyer.
    Il n’y a pas que les structures privées qui peuvent poser problème aux surdoués.
    Le secteur public n’est pas mieux. Je travaille dans une université dans le grand ouest, et on ne peut pas trop leur en vouloir : les grandes structures, en manque d’informations et aussi de personnels, font ce qu’elles peuvent pour leurs personnels..
    Quand à créer un réseau professionnel, attention aux réseaux sociaux, je pense entre autres que mon profil Linkdin m’a un peu désservi. Mais puis je revenir en arrière et dévoyer mon profil ? Non.

    Au fond, retourner à un travail alimentaire, ce qui me dérange le plus, ce n’est pas une gloire quelconque, c’est le sentiment de ne pas être autorisée à donner de ma personne et de mes capacités à une grand cause (dans la recherche par ex). C’est ca qui me frustre.
    La double image que je dois fournir me gêne bien sûr, mais je suis tellement habituée à mentir à tout le monde, à cause de ma double image, que de donner une simple image d’employée de base ne devrait pas être si compliquée que ca au fond.
    L’avantage là dedans, c’est la liberté : personne ne me connaît sous mon vrai jour finalement, on peut le voir commen un enfermement ou une liberté.
    Au fond, faut il vraiment être utile quelque part dans sa vie ?
    Il y a tellement de gens qui ne se posent pas la question ?
    Suis je suffisamment ligitime pour me la poser, moi ?
    Pourquoi aider ou donner de mon intelligence, quand depuis 6 mois personne ne m’a tendu la main ? (ou si peu de personnes)
    Pour être heureux, certains psys disent qu’il faut : une famille, des amis, un travail et l’amour.
    Ah mais moi je n’ai aucun des quatres….
    Il faut avoir recevoir pour donner, mais on peut aussi donner sans retour, sauf que j’ai de plus en plus de mal à donner de ma personne
    Alors un travail alimentaire finalement ne serait il pas suffisant à ma petite personne ?
    Christèle

  3. Bonjour Cécile,

    Ce post date un peu, mais il n’est jamais trop tard pour bien faire, alors voici mon commentaire (sur l’article de Capital).

    Je pense que le problème est mal posé car MM. Barabel et Meier croient voir un paradoxe (rechercher A mais recruter B) là où il n’y en a pas. Pour y voir un paradoxe, il faut prendre pour argent comptant le mot d’ordre capitaliste de l’entreprise : faire de l’argent. Mais pourquoi les recruteurs choisiraient l’option la plus rentable pour la boîte quand ils ont devant eux d’autres options moins risquées et tout aussi rentables pour eux-mêmes ? On ne peut résumer un problème d’ordre structurel à une bête histoire de « culture d’entreprise ».

    L’autre contradiction (qui n’en est pas une) pointée du doigt dans cet article de Capital est celle entre compétence et réussite, comme en témoigne la première phrase : « être brillant ne serait pas toujours payant. » Sans rire ? On a pas attendu l’âge d’or du blabla managerial pour comprendre que « savoir faire et le savoir montrer, c’est double savoir » (Baltasar Gracian, XVIIe siècle). Ce qui importe, c’est de savoir « se vendre ». Il n’y a là aucune contradiction : dès lors que l’avancement professionnel requiert l’aval d’un supérieur, la performance n’est pas suffisante, ni même toujours nécessaire. Ce qui nous renvoie au problème souligné plus haut.

    Enfin, à supposer que les « rebelles organisationnels » trouvent un jour leur place dans les entreprises, il ne faudrait pas en conclure trop vite à la fin du conservatisme, encore moins une quelconque révolution. Il faudrait plutôt se demander à quelles gâteries nos bons rebelles ont dû consentir pour se faire accepter d’une organisation continuant pendant ce temps de broyer nombre de salariés trop ordinaires pour se voir consacrer des analyses (bosser simplement pour bouffer et non pour étendre ses ailes d’albatros, c’est tout de suite moins glamour).

    Et pour finir (cette fois pour de bon), je m’estime heureux que Capital ait titré « UN frein pour sa carrière », car « être trop doué » (ou plutôt « ne pas savoir se vendre », ce qui n’est pas la même chose) n’est en effet qu’un frein parmi beaucoup d’autres, bien plus handicapants et aux conséquences autrement dramatiques.

    Chouette blog, cela dit. Même si je suis rarement d’accord.

    1. je vous rejoins 😉
      Pour avoir approfondi le sujet l’année dernière, oui, effectivement : savoir se vendre, qui passe par le fait de savoir développer un réseau, élément de l’intelligence stratégique qui repose aussi sur la capacité d’anticipation, la vision, la réflexion systémique, et la capacité à motiver.
      Cela dit, je vous renvoie également à un papier rédigé par Roland Persson (Jonkoping University – Suède) sur l’utilité sociale du surdon (texte en anglais). Celui-ci explique combien il vaut mieux être un surdoué qui contribue à faire tourner le monde sans le remettre en cause (catégories geeks et héros) plutôt qu’un réformateur qui en menace l’équilibre.

      1. Se vendre ca veut dire aussi se montrer conforme et dans le moule de l’entreprise (les recruteurs prennent aucun risque il veulent des clones tayloristes), cad nier son surdon. Poussons la logique jusqu’au bout…
        Par ailleurs demander a un surdoué de faire tourner le monde de facon meilleure sans le remettre en cause est un peu une injonction paradoxale. Les geeks et les heros sont idéalistes (j’en connais quelques uns)
        Comme Jan Goldberg le dit, le surdoué par sa nature meme dans les sociétés primitives etait detecté tres tot, et on comprenait le besoin de le faire suivre par un mentor pour en faire un shaman ou sorcier.
        Dans la société liberale ou neo-liberale, il n’y a pas de mentor, juste l’Education nationale et la fac pour le formatter au moule de l’entreprise qui lui convient pas …

        1. J’ai lu vos deux commentaires avec intérêt. Je regrette cependant de voir associer aussi étroitement au surdon une tournure d’esprit qui ne lui est pas exclusive. Beaucoup de non-surdoués fonctionnant différemment souffrent le martyr (et vont parfois jusqu’au suicide) quand on s’acharne à vouloir les faire rentrer dans le moule. Je crains que l’insistance sur le surdon et la problématique de son exploitation n’éclipse cette autre question ô combien fondamentale de la survie de l’individu (surdoué ou non) dans un environnement « pensé » par et pour d’autres (je mets les guillemets car le fonctionnement d’une société n’est pas quelque chose que l’on créé ou conçoit à proprement parler).
          En ce sens, la sensibilisation aux difficultés rencontrées par les personnes à haut potentiel ne gagnerait-elle pas à se fondre dans une défense plus générale de l’individu contre le pouvoir du nombre ?

          1. Je suis entièrement d’accord, ce probleme touche tout le monde mais encore plus les minorités dont font partie les surdoués.
            Le probleme de nombres d’individus c’est que le formattage social est tel (maison, ecole , fac, entreprise) qu’il n’ont plus conscience qu’il existe des alternatives et des espaces de liberté quitte a se les créer.

            Par ailleurs il vrai que dans notre société individualiste on a tendance a psychologiser des problèmes sociaux, ce qui a mon avis n’aide pas ceux qui y sont confrontés mais ne fait qu’enrichir des charlatans. Je pense dans ce cas a la souffrance au travail.
            C. Dejour (medecin psy du travail) dans ses videos estime meme que ses collègues qui ont integré la rationnalité de l’entreprise (et donc considèrent la problematique de la souffrance au travail uniquement sous un angle purement psy) trahissent leur serment d’hypocrate !

      2. Cet article tres interessant (merci pour l’article) demontre que meme pour les artistes ou les scientifiques il est difficile de faire accepter de nouvelles idées selon diverses etudes
        Pourtant ce sont des milieux ou a juste titre un certain anticonformisme est toléré , ou toute creation serait impossible sans cela
        L’article reconnait a juste titre certaines qualité sociales du surdoué : empathie, sens de la justice etc
        Cela va donc encore plus loin que ce que je pense et ecrit souvent sur ce site. Cette etude ne fait que confirmer ce que je dis sur ce site (voir meme mon message precedent)
        Par ailleurs, le responsable de cette etude est suedois , pays ou l’enseignement est semblable a l’education nationale : « mediocratie egalisatrice », le phenomene est le meme
        Je crois qu’il est grand temps de denoncer cette hypocrisie sociale et ces mensonges concernant les surdoués
        Par contre ce qui n’est pas dit dans l’article mais en decoule, dans le monde de l’entreprise, ou on encourage le conformisme ouvertement (fordisme, taylorisme) la on est carrement dans un environnement nocif pour le surdoué

  4. Je vais livrer mon temoignage

    Mon qi a ete mesuré a 145 et j’ai ete diagnostique HP recemment, mais un peu par hasard, par un specialiste de la douance
    J’aurais aimé le rencontrer plus tot pour orienter ma carriere apres mes etudes mais maintenant c’est un peu tard (j’ai presque 50 ans)
    on m’a toujours dit que j’etais nettement plus intelligent que la moyenne deja lors de mes etudes, meme a l’ecole primaire, ils avaient fait des tests.
    par apres en math j’etais toujours premier de classe bien que je travaillais moins que les autres, je m’ennuyais et lisait des revues pendant les cours si bien que j’ai eu des ennuis parfois
    je le savais..

    Ce que je ne savais pas etait que douance impliquait un profil atypique, ce qui n’est d’ailleurs pas toujours un avantage (rejet de la difference en entreprise par exemple)
    J’ai fait des etudes brillantes d’ingenieur. certains profs m’ont contacté pour que je travaille pour eux. Comme quoi le HP peut faire de etudes brillantes… mais lisez la suite . J’ai prefere naivement l’entreprise, qu’on nous vante tant… le hic
    Des profs de mon entourage m’ont dit que j’avais le niveau pour faire un doctorat sans probleme

    Et ma specialité et mon evolution me dirigeaient vers la grande entreprise avec difficulté d’exercer dans une petite structure

    En entreprise (informatique/finance) , on m’a dit que j’etaits ultracompetent/genial mais parfois.. qu’on avait pas besoin de gens comme moi (mais j’ai sauvé les fesses du management a certaines reprises depassés par des machines en panne ou des processus totalement deficients etc)

    Pour avoir travaillé dans l’une ou l’autre petite entreprise, j’ai l’impression que la competence y est plus valorisée (ainsi que des profils plus polyvalents) et les gens incompetents sont virés, on peut pas se permettre de payer des gens incompetents (sauf la fille ou le fils du patron mais ca concerne pas beaucoup de gens)
    En grande entreprise, par contre des gens totalement incompetents au dire de tout le monde, sont laissés tranquilles car ils occupent une place avec un certain pouvoir. Pour leurs chefs ils sont probablement considérés comme peu dangereux ou beneficient d’appuis politiques (j’ai eu un collegue en support technique comme ca , unanimement detesté qui foutait que dalle, envoyait bouler tout le monde mais avait un appui important aupres de la DRH)
    J’ai aussi decouvert le fayotage, le moutonnisme. quelquefois c’est meme pas les employés eux-meme qui sont responsables car ils aiment conserver une certaine identité mais les methodes de management qui visent a creer des employés dociles et conformistes, meme des details de l’habillement, facon de se comporter, on appelle ca le « savoir-etre ». Formattage debile…

    par ailleurs pour avoir encore discuté avec un specialiste de la douance

    – la competence ou la qualité (perfectionnisme dans les processus de production) n’est pas valorisée dans tous les secteurs d’activité, comme par exemple dans l’informatique operationnelle ou le critere principal d’un employé est son cout.
    par ailleurs l’expert est un statut peu reconnu et valorisé en entreprise
    Il y a aussi une hierarchie des valeurs qui n’est pas liée a la competence ou complexité des taches. les fonctions de support sont mal vues alors que des fonctions qui sont pour moi du « bullshit », du paraitre sont tres valorisées

    – la competence ou la qualité n’est pas valorisée dans toutes les entreprises, surtout en temps de crise ou on favorise le « low-cost » partout . On cherche du merdique et ultra bon marché. Certaines entreprises produisent de la merde, c’est la triste realité et c’est de plus en plus ainsi dans notre société ou tout est low-cost

  5. les HP n’ont pas leur place dans les grandes entreprises ou la politique et la cooptation que cela genere regnent en maitre. Qui se ressemble s’assemble, sachant que la majorite de la population est mediocre et peuple les grandes entreprises
    les gens promus sont mediocres mais dans le moule, comme on dit, de braves petits fantassins du capitalisme bref
    Il serait grand temps d’arreter le politiquement correct et d’en parler dans la presse generaliste aussi. Si vous etes HP (vrai de haut niveau) faites de la recherche, profession liberale (pas de petit chef a la con), ou montez votre entreprise
    A quand des articles de Cecile dans la presse generaliste ?

    1. « A quand des articles de Cecile dans la presse generaliste ? »
      :blush:
      Il y a déjà fort heureusement des personnes beaucoup plus médiatiques et parfaitement légitimes qui le font déjà ! 🙂

      1. merci de votre reponse. on peut savoir qui de plus mediatique et « legitime » (je ne comprends pas tres bien ce que vous entendez par ca) le fait ?
        Vous je vous connaissais un peu car j’ai lu votre livre. Je crois que vous devriez aller plus loin et donner des conseils de carriere concrets aux surdoués ou HP car c’est vraiment essentiel. Et demontrer que l’entreprise (surtout la grande) n’est pas faite pour les gens doués mais les plutot les grenouillards conformistes
        je suis meme un surdoué (qi evalué a 145) et j’ai ete evalué HP par un specialiste (ca m’emm* meme un peu)

  6. Merci pour cette super analyse. Je lis également les articles de Barabel et Meier (professeurs – chercheurs), qui publient, j’ai vu, dans Management. L’article sélectionné lance bien le débat. Un grand merci à Cécile et aux autres contributeurs pour leurs différents éclairages et d’apporter leur regard sur les évolutions actuelles. On se sent moins seul !

    1. je suis d’accord. C’est un bon article qui pose bien le problème de notre société. Savez vous si les auteurs M. Barabel et O. Meier ont écrit un livre sur le sujet ? Ils sont professeurs de management dans quelle université ? Les connaissez vous ? Ont ils depuis écrit d’autres papiers ? En tout cas super intéressant.

      1. salut Aline,
        tout d’abord merci à cécile pour ses investigations.
        Pour te répondre, M. Barabel est un professionnel de la RH, O. Meier est professeur à l’université et dirige des travaux de recherche en management et stratégie. Ils sont auteurs de plusieurs livres notamment chez dunod.
        A+

  7. J’ai trouve le commentaire d’un article qui presente des statistiques des domaines professionnels dans lesquels on trouve des HP(du groupe d’etude): http://thirdeve.com/2008/07/08/characteristics-of-the-gifted/
    Comme il est en anglais, voici les taux presentes: 45,6% sciences humaines, 22% sciences et technologie, 11% economie et droit. Avez-vous trouve quelque chose de similaire pour la France (l’Europe)? Et qu’en pensez-vous? Ceci correspond a votre propre experience?

  8. Merci pour ce post. Je rappelle que « grande école » n’empêche pas d’être atypique parmi les « bons à la française ». C’est sûr que c’est facile de taper dessus.
    ON PEUT SORTIR D’UNE GRANDE ECOLE, ETRE ATYPIQUE ET ETRE OBLIGE DE SE CAMOUFLER POUR SURVIVRE. OUI, OUI, C’EST POSSIBLE.
    Désolé de ce coup de gueule mais c’est énervant que les clichés aient la vie aussi dure.
    Votre blog reste excellent et votre livre m’a aidé à ouvrir les yeux sur certaines réalités de ma personne que j’ai cherché à ignorer pendant longtemps.

    Amicalement,

    Jean-Claude

    1. Merci de vos compliments Jean-Claude 🙂
      … je ne peux bien sûr qu’abonder dans votre sens quant à la possibilité d’être passé par une grande école et d’être atypique… Ce qui en soi (jetons nous des fleurs !) n’est pas une mince affaire tant le rouleau compresseur du formatage peut-être écrasant. Evoquons par exemple, les soirées et autres wek-ends dits d’intégration, haut lieu de la sociabilisation entre congénères…

  9. La douance est arrivée dans un moment délicat de ma vie professionnelle, où j’ai été mise en face de ma différence, et où j’ai dû la regarder en face pour ne pas couler. Des résultats fulgurants et un manager manipulateur. Je ne reconnaissais pas ma différence, j’ai bien dû la voir. En outre, je voulais absolument me fondre dans le moule, voire me faire oublier pour bosser tranquillement, et lui faisait tout pour m’en sortir et m’exhiber comme un trophée. Je n’y comprenais rien. En quoi aurais-je pu être un trophée pour qui que ce soit? Et si je prenais de la distance, devenir un ennemi, obstacle, un problème? Ce qu’il a fallu d’énergie à ma psy (qui pourtant niait la douance, va comprendre) pour me déciller les yeux, y compris sur ce rapport de force et sur ce que « je dégage », et les lectures sur la douance qui m’ont fait reconstituer le puzzle de ma vie pro. Il m’est arrivé quelques fois qu’un manager voie mes qualités et dise : « faut pas la laisser là, la petite, faut la faire évoluer », mais soit c’était pas le mien, soit il se faisait virer. La « petite » a maintenant 40 ans, elle a survécu toutes ces années en évoluant par elle-même, puisque je me suis fait bloquer quasiment à chaque fois que j’avais une opportunité en interne. J’ai dû imposer mes choix en partant bien souvent sans jamais rien demander au système, pour apprendre et échapper aux comportements de managers dont je voyais bien que ma seule présence et une certaine forme « d’indépendance » les inquiète (au minimum) et qui peinent à jouer leur rôle correctement avec moi. Et je compte bien survivre encore quelques années avant de pouvoir monter mon activité de professeur de yoga, où je souhaite créer un espace sans compétition, respectueux des différences de chacun, où ceux qui le souhaitent pourront venir respirer quand ils en éprouveront le besoin. En attendant, je ne désespère pas de trouver un environnement moins toxique pour moi, et ça commence par quitter les grosses structures bien trop politiques pour que je sache y évoluer (sans compter que ça ne m’intéresse absolument pas d’apprendre à jouer à ça, la vie est bien trop courte), pour m’essayer à une plus petite où j’espère qu’enfin, ce sont mes résultats qui vont compter, qui sait…

    1. Bonjour L’Echalote,

      Le « jeu politique » existe quelle que soit la taille, la forme ou la structure d’une organisation. C’est inhérent aux relations inter-personnelles. Vous aspirez à l' »agape » et vous rencontrez « pragma » la plupart du temps.
      De mon expérience professionnelle (certes encore courte), paradoxalement le milieu de la finance fait partie des milieux professionnels où le mérite compte beaucoup plus que le reste (jusqu’à un certain point quand même) : vous rapportez du profit, vous êtes reconnus, sinon vous éjectez. Oui, oui, ce milieu qui fait tant parler de lui depuis 2008 !
      A partir de cet exemple caricatural, je voulais faire ressortir une illusion qui peut être confortable mais qui reste une illusion: il semblerait qu’il soit possible d’éliminer toute forme de relation de pouvoir entre les êtres humains.
      Je n’y crois pas, même si comme vous j’en ai bien envie. Par contre, nous pouvons faire que cela soit possible, sans déserter totalement les milieux « toxiques » (sauf s’ils sont aussi mortels).
      Si vous avez été « repérée » pour ce que vous êtes, c’est certainement parce que ça « rayonne », ça « suinte » de tout votre être. Continuez ainsi, ne « sous-vivez » pas. Je ne vous demande pas de faire de compromis (j’en suis moi même incapable d’en faire) mais plutôt d’être une « face de bouddha souriante » : rien ne vous perturbe, rien ne vous atteint. Surtout pour vous qui pratiquez le yoga, ça doit pouvoir être possible, non ?

      Bien à vous,

      Jean-Claude

      1. « It’s attitude and not aptitude which will determine your altitude ! » (C’est votre attitude et non vos aptitudes qui déterminera votre altitude)
        signale Zig Ziglar (1926-2012), conférencier américain très réputé en matière de techniques de vente…
        Tout est dit, non ?

        1. Tu sais, c’est exactement ça. Typiquement j’enrageais de ne pas parvenir à pratiquer chaque jour (alors que franchement en ce moment, j’ai juste rien de mieux à faire). J’ai arrêté de me laisser le choix. C’est bien aussi. La self coup de pied au cul thérapie 🙂 .

          1. bonsoir,

            mois ce sont mes aptitudes qui me font prendre de l’altitude, parce que mon attitude par rapport aux autres, ce n’est que pour profiter du système, en m’adaptant,

            car si j’avais la bonne attitude, c’est à dire celle qui me fait voir telle que je suis en réalité, nul doute que mes aptitudes seraient étalées au grand jour, au grand dam de certains, à qui je ferais de l’ombre.

            Faudrait pas que cette fausse attitude ne deviennent une …. habitude !

            Cricri

      2. Merci pour votre commentaire 🙂
        Renseignements pris après avoir postulé dans un établissement financier, les personnes qui évoluent dans ce monde semblent un peu plus évoluées que celles de l’informatique que je fréquente depuis 15 ans et qui tire chaque jour un peu plus collectivement ses comportements vers le bas. Ne serait-ce que d’un point de vue de l’éducation (on ne se traite pas tafiole par mail, et je trouve ça bien, on ne fait pas de massage surprise à ses collègues sous prétexte qu’on a besoin de se détendre, ça ne se fait pas, on ne hurle pas « crevard » dans les open space en raccrochant le téléphone, c’est assez mal vu, et on n’organise pas ses dîners d’équipe au pink paradise: donc, ce doit être reposant je suppose) et de la culture (pour ce qu’une amie m’en a dit, elle a des collègues qui vont parfois dans des musées ou voir des expos, et j’ai trouvé ça sidérant, c’est dire le niveau dans l’informatique). J’avais juste oublié à quel point le fait d’accepter une baisse de salaire peut sembler suspect à un manager…ce qui m’a valu d’être refoulée sur la dernière ligne droite au grand damn des gens qui auraient bien aimé bosser avec moi, et moi donc, je rêvais d’un peu de calme! (comme quoi, il ne me faut pas grand chose, bref).
        Je vous confirme que je prends l’entreprise comme un gigantesque exercice de yoga (être zen 15 ans dans sa grotte ne sert à rien si on explose de rage 10 minutes après être rentré au village, comme ne le dit pas exactement le dicton, mais pas loin), mais je suis également plus consciente de mes limites et de ce que je peux et veux accepter pour moi (le pink paradise le vendredi soir, c’est non, par exemple) (et non je ne fais pas une fixette, enfin si un peu).
        Pour résumer : j’essaye d’appliquer ce que j’apprends et oui oui, le yoga m’aide chaque jour, et puis des fois, bin, je me rends compte que je n’ai plus assez d’énergie et encore moins l’envie de supporter ces comportements de groupe débilitants en plus d’un métier quasiment vide de sens (un critère sur les deux, c’est un minimum), alors je démissionne. En gros. Et comme en effet je ne pourrai pas faire ça éternellement, j’envisage dès maintenant ma reconversion 😉
        Un des (nombreux) autres avantages de cette formation que j’entame, c’est que j’aurai une bonne excuse pour m’échapper le midi et travailler mes cours (le sanskrit et l’étude des sutras, c’est pas une paille), ce qui aura le double effet de m’alimenter sur ce qui m’intéresse et d’échapper aux conversations de déjeuner où j’ai toujours fait pâle figure 🙂 .

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