Hyperstimulabilités

Une étude menée en 2009 (« Social Representation of Gifted Children: A Preliminary Study in France« )   fait apparaître les a priori sur le surdon suivant la précision avec laquelle on connaît le sujet.

Ces a priori abordent le surdon en termes de quantité. Alors que dès que l’on s’intéresse au sujet de plus près, on s’aperçoit que parler surdon, c’est avant tout parler d’intensité de ressentis et de sensibilité(s). Rien de caractériel là-dedans. Juste une réalité nerveuse, mise à jour dans les années 1970 par Kazimierz Dabrowski et également travaillée par Michael Piechowski depuis les années 1980.

L’étude 2002 du CNRS, citée dans mon précédent billet  « Quelques sources (1) »  aborde les hyperstimulabilités (« overexcitabilities » ou  » OE » en anglais) au Chapitre 6 : « Les caractéristiques émotionnelles des enfants à haut potentiel » par Jacques-Henri Guignard et Franck Zenasni – Les lignes qui suivent sont extraites des pages 91 à 93.

« Dabrowski postule que la personnalité s’élabore au cours de cinq niveaux de développement influencés par trois facteurs distincts :

(a) facteurs héréditaires,

(b) facteurs environnementaux

et (c) facteurs motivationnels dépendant de la volonté de l’individu (« autonomous and self-determined » ).

Selon cette conception, les facteurs héréditaires prennent en compte cinq éléments caractéristiques de la personnalité, strictement innés et regroupés sous le terme générique d’« hyperstimulabilités », qui correspondent à des réactions extrêmes et constantes en réponse à des stimuli internes et externes, pouvant s’exprimer à travers cinq formes postulées génétiquement indépendantes : psychomotrice, sensuelle, imaginaire, intellectuelle et émotionnelle. » (Page 92)

Dans un article intitulé « Emotional Intensity« , Linda K. Silverman indique « Michael Piechowski (1991) définit l’hyperexcitabilité émotionnelle comme « la grande profondeur et l’intensité de la vie émotionnelle exprimée au travers d’une vaste gamme de sentiments, de ressentis, d’attachements, de compassion, d’un sens élevé de la responsabilité et d’une autocritique scrupuleuse » »

Il a développé un questionnaire d’hyperstimulabilité (Over Excitability Questionnaire, OEQ – Piechowski et Lysy – 1983),  « 21 questions suffisamment ouvertes pour susciter une grande variabilité dans les réponses. On trouvera, par exemple, des items comme « quelle a été votre expérience de plaisir la plus intense? », « quel type d’activité physique (ou d’inactivité) vous donne le plus de satisfaction ? » ou bien « sur quoi aimez-vous vous concentrer le plus ? ».

Des analyses de contenu sont ensuite menées par différents évaluateurs sur l’ensemble des réponses. Chacune des réponses est susceptible de refléter toutes ou seulement quelques unes des formes d’hyperstimulabilité, dont l’intensité est évaluée sur une échelle en 4 points (de 0, pas d’hyperstimulabilité à 3, expression riche et intense). On obtient donc, pour chaque forme d’hyperstimulabilité, un score compris entre 0 et 63 points.

Bien que ce questionnaire ait été initialement construit pour spécifier la force d’expression de chaque hyperstimulabilité, il donne lieu, dans la pratique, à des interprétations relatives aux formes d’hyperstimulabilités les plus fortement exprimées chez un individu. » (Page 93)

A noter (Page 95) : « les méthodes d’identification basées sur le calcul d’un indice unique comme le QI ne sauraient suffire (35% des « tout venant » présentant un profil « gifted »), mais aussi […] la méthode d’identification basée sur les profils ne peut pas être appliquée comme seul moyen pour caractériser les hauts potentiels ».

Autres sources :

–       Dabrowski’s Over-excitabilities – A Layman’s Explanation by Stephanie S. Tolan Written for Hoagies’ Gifted Education Page, February, 1999

–       Comparing overexcitabilities of gifted and non‐gifted 10th grade students in Turkey – Authors: Yakmaci‐Guzel, Buket1; Akarsu, Fusun1 Source: High Ability Studies, Volume 17, Number 1, June 2006 , pp. 43-56(14) Publisher: Routledge, part of the Taylor & Francis Group

–       Overexcitabilities: a new way to think about talent? – Title Annotation: Patterns of Overexcitability – Author:Tieso, Carol L. – Publication:Roeper Review –       Date:Jun 22, 2007

–        Gifted adolescents’ overexcitabilities and self-concepts: an analysis of gender and grade level.(Patterns of Overexcitability) http://findarticles.com/p/articles/mi_hb6470/is_4_29/ai_n29362354/pg_4/?tag=content;col1

–        Overexcitability and the gifted – Sharon Lind – From The SENG Newsletter. 2001, 1(1) 3-6.

–        Sex and the Highly Gifted Adolescent – by Annette Revel Sheely

–        Hightened multifacet sensitivity – counseling –        Stress & gifted :  http://psych.wisc.edu/henriques/papers/mendaglio.pdf

–       Psychological Intensities in Gifted Adults by Rena B. Lewis and others – JOURNAL_CITATION: Roeper Review; v15 n1 p25-31 Sep 1992 ERIC_NO: EJ454458 ISSN 0278-3193

–       Sensitivity among Gifted Persons: A Multi-Faceted Perspective by Mendaglio, Sal – JOURNAL_CITATION: Roeper Review; v17 n3 p169-72 Feb-Mar 1995 ISSN: 0278-3193 ERIC_NO: EJ501393

8 thoughts on “Hyperstimulabilités

  1. Bonjour, je suis à la recherche d’études sur les enfants surdoués en Afrique. En connaissez vous?
    Merci d’avance pour les réponses ou commentaires.

  2. bonjour,
    L’hyperstimulabilités est-elle la même chose que l’hypersensibilité décrite dans cet autre article [http://www.talentdifferent.com/mieux-gerer-son-hypersensibilite-et-ses-emotions-1891.html] ?
    Y a-t-il d’autres type d’hyperstimulabilités que émotionnelle comme décrit par Michael Piechowski ?
    Merci de votre réponse

    1. @ Sylveno: bonne question.

      Le mieux pour vous est de vous colleter la recherche et si je suis me permettre, en retournant aux sources primaires:
      1) les overexcitabilities de Dabrowski, pas la version diluée de l’EN, pas le secondes sources, Piechowski, Mendaglio, etc.
      Je dis cela, parce que d’expérience, plus vous vous éloignez des textes originaux et plus vous ajoutez une couche d’interprétations entre vous et le texte initial … jusqu’à vous y perdre. Car chaque intermédiaire a son propre agenda, sa propre interprétation du texte initial qui n’est pas nécessairement au plus juste…
      2) Même chose pour la notion d’hypersensibilité. Quelle définition et selon qui, posez-vous la question . Aron, Silverman, etc ? Encore là, différentes versions, toutes très riches, complexes, qui parfois se complètent ou s’opposent.
      Quoiqu’il en soit, votre propre recherche, j’en suis sûre, ne peut que vous être salutaire.
      Personne ne peut penser et ressentir ces textes de la façon dont vous le ferez, vous. Et ce que vous vous penserez, ressentirez vous amènera plus près de la réponse dont vous seul avez besoin pour votre propre cheminement intérieur.

      Bonne lecture donc !
      Chan
      PS: si vous le pouvez, lisez les textes dans la langue de Shakespeare. ( »Hyperstimulabilités », si vous voulez mon avis, c’est vraiment immonde comme traduction !)

    2. Ma réponse est proche de celle de Chan
      je voulais vous suggérer de parcourir le texte publié sur SENG (Supporting Emotional Needs of the Gifted)
      mais il est en anglais et ma réponse pouvait être frustrante pour un non anglophone..

      Les hyperexcitabilités étudiées par Dabrowski (et Piechowski) ne sont pas seulement de l’ordre de la sensibilité sensorielle (qui est associée à un haut degré de conscience et/ou à un haut degré d’activité psychomotrice) et émotionnelle (au point de surréagir et de développer des somatisations). Les deux chercheurs évoquent bien également une hyperstimulabilité/hyperexitabilité imaginative (associée à la curiosité, le besoin d’apprendre et de réfléchir, le besoin d’inventer).

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