La dépression existentielle chez les surdoués par James T. Webb

Voici un texte rédigé par James T Webb sur le site de SENG (Supporting Emotional Needs of the Gifted – Répondre aux Besoins Emotionnels des Surdoués).

J.T. Webb se consacre depuis longtemps à la recherche et à l’accompagnement des surdoués (que ce soit en consultations privées ou cliniques). Il a créé SENG en 1981, et est par ailleurs auteur de près d’une centaine de communications et de livres  sur le sujet.
Ses titres et participations sont nombreux, et il a été reconnu comme l’un des 25 psychologues américains de référence sur le sujet du surdon.

Deux de ses livres sont de véritables références aux Etats-Unis, mais aussi à l’international :
- Guiding the Gifted Child (Guider l’Enfant Surdoué) salué comme « contribuant de façon significative à la compréhension des besoins émotionnels et sensitifs uniques des enfants surdoués » par l’American Psychological Association dont il a reçu le Grand Prix.
- Misdiagnosis and Dual Diagnoses of Gifted Children and Adults (Quand le diagnostic du surdon est mal posé chez l’enfant et chez l’adulte), lui aussi honoré de nombreuses distinctions.

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Les surdoués ont tendance à expérimenter un certain type de dépression, connue sous le nom de dépression existentielle.

Bien qu’une épisode de dépression existentielle puisse survenir chez n’importe qui à l’occasion d’une perte majeure ou la peur d’une perte qui met en lumière l’aspect fini et éphémère de la vie, les surdoués sont plus vulnérables à ce genre de dépression qui les atteint plus facilement.

Parfois, cette dépression existentielle est à lier à l’expérience de “désintégration positive” mentionnée par Dabrowski (1996).

La dépression existentielle survient quand l’individu est confronté à certains événements fondamentaux de l’existence. Yalom (1980) en décrit quatre : la mort, la liberté l’isolement et l’absurdité

La mort est inévitable. La liberté est la base de l’existence, mais se réfère aussi à l’absence de barrières extérieures (ce qui signifie que les humains n’entrent pas dans un monde structuré de lui-même : il faut donc structurer le monde par notre propre action).

L’isolement rappelle ceci que, quelle que soit la proximité physique qu’on puisse avoir avec quelqu’un, il y a toujours un fossé, et, quoi qu’il arrive, nous sommes toujours seuls.

L’absurdité est une résultante des trois précédents : Si nous devons mourir, si nous devons construire notre propre monde et si, quoi qu’il arrive, nous sommes toujours seul…. alors quel est le sens de la vie ?

Pourquoi de telles préoccupations existentielles devraient elles survenir plus fréquemment chez les surdoués ?

En partie parce qu’une pensée et une réflexion substantielle ne peuvent qu’arriver à ce genre de considération, plutôt que de simplement se focaliser sur les aspects superficiels de la vie quotidienne.

Mais d’autres caractéristiques plus spécifiques des enfants surdoués les y prédisposent.

Parce que les enfants surdoués sont capables de considérer la façon dont pourraient ou devraient être les choses ils ont tendance à être idéalistes.

Néanmoins, ils sont tout autant capables de voir que le monde n’est pas ce qu’il devrait être.

Et parce qu’ils sont intenses, les enfants surdoués ressentent avec beaucoup d’acuité,  le désappointement et la frustration qui surviennent quand les idéaux ne sont pas atteints.

De façon similaire, ces jeunes gens découvrent très vite les inconsistances, l’arbitraire et les absurdités de la société et de ceux qui les entourent.

Les traditions sont alors remises en cause, voire défiées.

Des restrictions imposées à tel sexe ou tel âge de la population aux attitudes hypocrites adoptées pour faire différemment de ce qu’on l’on a dit, en passant par l’incapacité de s’intéresser à son prochain ou à l’impact d’un individu sur l’évolution du monde, tout peut y passer.

Quand ils tentent de partager leurs réflexions ou points de vue, les enfants surdoués se voient opposer, au mieux, de la surprise, au pire, de l’hostilité. Ils découvrent alors que les autres, en particulier ceux de leur âge, ne partagent pas les mêmes préoccupations, et sont plutôt concernés par des  thématiques plus concrètes telles que s’adapter aux attentes des autres.

Très vite, et même dès le plus jeune âge, l’isolement peut survenir, dans l’environnement social, mais aussi dans la famille, surtout chez ceux dont le QI est très élevé, quand ils découvrent que les autres ne sont pas préparés à aborder des sujets d’une telle importance.

Quand leur intensité est combinée avec une multi potentialité, les jeunes surdoués deviennent particulièrement frustrés quant à tout ce qui concerne les limites de temps et d’espace : il n’y a tout simplement pas assez d’heures dans une journée pour développer tous leurs talents et leurs envies. Faire des choix devient arbitraire, et le choix n’est à vrai dire jamais “le bon”. Même choisir une vocation peut devenir difficile quand il faut choisir entre différentes passions aussi différentes que le violon, la neurologie, les mathématiques théoriques ou les relations internationales.

La réaction des jeunes surdoués à ces frustrations (et de nouveau avec intensité), c’est souvent de la colère. Mais ils découvrent alors rapidement que leur colère est futile, parce qu’elle est dirigée contre le “destin” ou d’autres sujets qu’ils ne peuvent contrôler. La colère d’impuissance évolue alors bien vite en dépression.

Et dans une telle dépression, les enfants surdoués cherchent à trouver un sens à la vie, des repères auxquels ils peuvent se raccrocher pour se sortir de cette “injustice”. Souvent, pourtant, plus ils cherchent à s’en sortir, plus ils prennent conscience que leur vie est finie et brève, qu’ils sont seuls, et vraiment un organisme minuscule au sein de l’univers et que la liberté est terrible de se choisir la vie que l’on veut vivre.

C’en arrive à un point qu’ils se posent la question du sens de la vie  et demandent “la vie c’est seulement ça ? Il n’y a vraiment pas de sens ultime caché ? Je suis petit, un organisme insignifiant, seul, dans un monde absurde, arbitraire et capricieux où ma vie peut avoir juste un tout petit impact, et à la fin je meurs. C’est ça, la vie ? Que ça ?”

De telles préoccupations ne sont pas surprenantes chez les adultes qui traversent la crise de l’âge mûr. Pourtant, c’est une matière extrêmement préoccupante quand ces questions existentielles occupent l’esprit d’un enfant de 12 ou 15 ans. De telles dépressions existentielles doivent être prises au sérieux, demandent la plus grande attention, car elles peuvent être un prélude au suicide.

Comment pouvons-nous aider nos jeunes pousses brillantes à faire avec ces questionnements ? Nous ne pouvons pas beaucoup pour ce qui concerne l’aspect fini de notre existence. Pourtant, nous pouvons les aider à se savoir compris, à se sentir moins seuls et à savoir aussi qu’on peut trouver des moyens de les aider à structurer leur liberté et à lutter contre leur sentiment d’isolement.

L’isolement est de toutes façons déjà rompu, quand on peut simplement leur communiquer qu’on comprend les sujets qui les assaillent. Même si votre expérience n’est pas complètement la même, je peux me sentir bien moins seul si je sais que vous avez vécu des expériences à peu près similaires.

D’où l’importance des relations sociales dans le développement d’un surdoué (Webb, Meckstroth et Tolan, 1982).

Il apparaît que le toucher fait partie des meilleurs moyens de rompre l’isolement. De la même façon que les petits enfants ont besoin d’être tenus et touchés, les personnes qui expérimentent la dépression existentielle ont les mêmes besoins. Le toucher semble être un aspect fondamental et instinctif de l’existence, ainsi que c’est mis en lumière dans la relation mère-enfant ou le syndrome de retard de développement.

Souvent, j’ai « prescrit » une étreinte quotidienne à un jeune souffrant de dépression existentielle et j’ai conseillé aux parents des ados rebelles de leur dire « je sais que tu peux ne pas vouloir une étreinte, mais j’ai besoin d’une étreinte », une étreinte, un simple effleurement du bras, un coup de coude amical, ou même se taper la main comme le font les joueurs quand ils ont marqué un but, peuvent être très importants pour ces jeunes, parce que ça établit au moins une connexion physique.

Les thématiques et choix qu’impliquent le fait de gérer sa liberté sont d’ordre plus intellectuel, très opposés aux aspects rassurants du toucher comme solution sensorielle à une crise émotionnelle.

Les enfants surdoués qui se sentent submergés par une myriade de choix d’un monde non structuré peuvent trouver un grand réconfort à étudier et explorer des voies alternatives avec lesquelles d’autres ont structuré leur vie.  En lisant les biographies de gens qui ont choisi un chemin spécifique vers la grandeur et l’accomplissement, ces jeunes gens peuvent commencer à utiliser la bibliothérapie comme une méthode de compréhension que les choix sont autant de carrefours sur le chemin de la vie, dont chacun peut les conduire à leur propre sentiment de plénitude et d’accomplissement (Halsted, 1994). Nous avons tous besoin de nous construire notre propre philosophie de croyances et de valeurs qui formeront un cadre plein de sens pour nos vies.

Ce sont ces préoccupations existentielles qui peuvent conduire les adolescents à se consumer de façon si intense pour différentes causes (qu’elles soient académiques, politiques, sociales ou religieuses).

Malheureusement, ces préoccupations existentielles peuvent aussi déboucher sur des périodes de dépression, souvent mêlées à du désespoir, des efforts désespérés d’”appartenance”.

Aider ces jeunes gens à reconnaître les thématiques fondamentales de l’existence peut les aider, mais seulement dans la mesure où c’est fait de façon bienveillante. De plus, ces jeunes esprits auront besoin de comprendre que les thématiques existentielles ne sont pas des problèmes qui se règlent une fois pour toutes, mais qui, plutôt, ont besoin d’être revisités et reconsidérés plusieurs fois tout au long de la vie.

Par essence, nous pouvons aider beaucoup de personnes souffrant de dépression existentielle si nous arrivons à leur faire réaliser qu’elles en sont pas si seules qu’elles le pensent et si nous pouvons les encourager à adopter le message d’espoir écrit par le poète africano-américain Langston Hughes :

Accroche-toi ferme à tes rêves
Parce que si les rêves meurent
La vie n’est plus qu’un oiseau aux ailes brisées Q
ui ne peut voler.

Accroche-toi ferme à tes rêves
Parce que si les rêves meurent
La vie n’est plus qu’un champ aride
Recouvert de neige

NB : SENG a été créé en 1981 pour sensibiliser l’opinion publique aux besoins émotionnels des enfants surdoués.Peu à peu, l’association a étendu son action aux adultes surdoués.

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106 réponses à La dépression existentielle chez les surdoués par James T. Webb

  1. cybercricri dit :

    A Lechalotte 18 juillet 2014 17h28

    Bonsoir,

    tout à fait d’accord , sur toute la ligne, car je viens de vivre encore ce genre de situation.

    Savoir reconnaitre la limite entre rendre service, aimer son travail, se donner intellectuellement, et….. le dérapage : nuits blanches, heures sup à n’en plus finir, se faire envahir par la famille (tout ce monde là en profite bien sur parfois).

    Et la santé qui finit en lambeaux, après il faut du temps pour refonctionner et retrouver son endurance.

    Un surdoué est toujours dans l’avant : aller plus loin, appliquer ses idées novatrices qui lui viennent bien avant les autres souvent, gérer une masse d’infos qui viennent de lui meme et des autres dans une organisation mouvante et changeante. Il sait faire le surdoué, il est endurant, il continue, sauf qu’il oublie une chose : appuyer sur le bouton off, il ne peut pas. Alors le corps le lui fait savoir, en stoppant la machine physique, en tirant la sonnette d’alarme (articulations, tensions et j’en passe……).

    Quand une simple déception ou contrariété peut bloquer toue le dos, alors on devra savoir, on devrait s’en souvenir et en prendre bonne graine pour l’avenir, mais le cerveau dévore tout le reste alors……

    Bonsoir et bonnes vacances pour ceux qui en prennent

    Christèle

  2. lechalote dit :

    J’ai envie de vous faire part d’un coup de gueule. Un « gentil » coup de gueule, mais quand même. Cécile, j’ai encore donné ton livre. Le tien plus Alice Miller. Je fais des tirs groupés maintenant. Combien de femmes je vois, coincée entre des parents toxiques à la limite du vampirisme dont elles se sont toujours occupées et leur mari qui les harcèlent? Les mêmes qui assument de front leur boulot, leurs enfants, leurs parents et la maison, les mêmes qui me disent en larmes, les yeux sous le menton : « Je suis nulle ». Bon sang de bois, la dernière en date qui m’a dit qu’elle était nulle a même passé les exams de son mari à sa place, elle lui corrige son boulot et c’est lui qui a des promos, le tout en assumant son job de manager et en récupérant sa mère régulièrement bourrée au milieu de la rue. C’est pas Zola, ce sont les vies que je vois autour de moi! Et c’est elle qui se fait virer après avoir remplacé son manager cancéreux pendant sa maladie et subi un pervers, et qui me dit, les yeux tout cernés, en plein burn out : « je suis nulle, je vaux rien ».
    Punaise, les mots me manquent. Combien sur ce forum dans le même cas?!
    Quand on est différent, et qu’en plus on a des limites extensibles parce qu’on a jamais été protégé, voilà ce que ça donne, des gens qui font des choses sur-humaines et vous disent en larmes qu’il ne valent rien.
    Ces gens là consultent des psys, eux évidemment, pas le conjoint jaloux qui les traque ou le parent malade, et franchement là encore : ils foutent quoi les psys?
    Alors, j’ai juste envie de dire ça à tous ceux, là, qui se trouvent nuls parce que ça n’est jamais assez, parce que quoiqu’ils donnent, ceux à qui ils le donnent trouvent ça normal et sont à la limite de leur en vouloir : on est sur terre pour être heureux, on est parfaits tels qu’on est et la première fidélité qu’on se doit c’est à soi-même. Se respecter, s’aimer, dire stop, là c’est moi, c’est non seulement un droit mais ça devait être un de-voir! S’il fallait un argument de plus, tenir le bateau, ramer, hisser les voiles, nettoyer le pont et faire la cuisine à la place des autres ne les aide en rien. Le sacrifice de soi n’aide personne.
    Voilà, j’espère que…mais ce sont de si belles personnes que je vois chaque jour dans cet état…on n’a rien à gagner à ne pas poser de limites aux autres voilà. Et les autres n’ont de limites que celles qu’on leur impose. C’était mon petit message aux surdouillets (trop) empathiques qui s’oublient en cours de route.

  3. Azalea dit :

    Bonjour,

    J’ai 19 ans, je suis étudiante à une université en Belgique. Cette article me frappe tout particulièrement parce que j’ai eu l’impression que vous avez lu mon esprit et que vous l’avez traduit. Déjà pour cela, je voulais remercier aux gens qui ont contribué aux recherches et aux articles écrites.

    Pour commencer, je ne sais pas si je suis surdouée, mais je ne le pense pas l’être. OK, parfois, je me sens incomprise par mon entourage, et j’ai une logique assez forte (Mais bon, cela veut pas forcement dire que je suis surdouée). En plus, je préfère pas l’être. Je préfère rester dans le peloton, entourée des cyclistes, au lieu d’être seule, mais à la tête du course.

    Pour revenir à cette article, je me suis posée mille et une question à propos de la vie. Pourquoi on vit, si c’est pour mourir par après? Born to die? Mais pourquoi? c’est quoi le but? C’est quoi le but de la vie? Et les gens qui ont vécu il y’a 200 ans, qu’est-ce qu’on retient d’eux? On va nous oublier aussi, forcément dans quelques décennies (si l’être humain survie). L’être humain est égoist. Je le suis. Tu l’es aussi. c’est comme ça, on peut rien y faire. Ca aurait été mieux si personne avait existé. Parce que qu’est-ce que je retiens de la vie ? On détruit tout pour notre propre guise. Et à la fin, on est pas plus heureux.
    J’arrive plus à dormir à force de réfléchir pour trouver une solution …
    Bon, bref, je pourrais encore écrire pendant des heures et des heures, mais bon, qu’est-ce que ça va changer?

    (Il y a p-e des fautes, veuillez m’en excuser, le Français n’est pas ma langue maternelle.)

    • Cécile dit :

      Merci de votre commentaire Azalea

      IL n’y a aucune gloire ou infamie particulière à être estampillé surdoué. Mais d’ici à refuser de l’être quand on pourrait être concerné, surtout si on ne se sent pas toujours très confortable dans sa vie… Tout l’intérêt est d’apprivoiser l’ensemble de ce qui « fait » le surdon pour le vivre bien ensuite… Pour trouver le sommeil par exemple ;)…

      • tournevis dit :

        Je plussoie Cécile : on n’a pas le choix, on peut préférer ne pas être surdoué, mais si on l’est, préférer ne pas l’être n’empêchera pas qu’on le soit. C’est un peu comme si un gaucher disait « je préfère ne pas être gaucher » et se forçait à tout faire de la main droite, on sait maintenant les dégâts que ça fait, d’être gaucher contrarié.
        Ou alors qqun qui chausse du 45 pourrait dire « je préfère chausser du 41 comme tout le monde » et il porterait des chaussures en 41 dans lesquelles ses pieds en 45 seraient bien à l’étroit. En fait, c’est exactement ça, être surdoué sans le savoir ou en refusant de l’accepter : c’est comme porter des chaussures trop petites.

  4. Chloé dit :

    Bonjour,
    J’ai trouvé cet article très intéressant et j’ai pris plaisir à le lire, cependant je ne pense pas que cette dépression existentielle soit essentiellement propre aux surdoués. Vous mentionnez dans l’article que tout être humain confronté à une perte ou à la peur d’une perte vit dans l’angoisse de la mort à un moment ou à un autre de sa vie, mais que cela touche les surdoués de façon plus conséquente et à tous moments. Or, au vu des témoignages ci-haut et de mon expérience personnelle, je ne peux que penser que vous vous méprenez sur la position de la frontière entre l’impact de la conscience de la mort sur les surdoués et celui sur les non-surdoués. J’ai moi-même vécu une expérience similaire durant mon adolescence, vers l’âge de quinze ans, peut-être pas de manière continue comme ces enfants qui en arrivent à la dépression voire même à l’acte de mort, mais bien de façon traumatisante et répétée, en l’absence de tout élément susceptible d’être déclencheur (comme la mort d’un proche), ou du moins consciemment, et je suis loin d’être surdouée.
    Cordialement,
    Chloé

  5. Zel.S dit :

    Bonsoir.

    Je viens de tomber sur cette article en faisant quelques recherches sur les surdoués, un sujet qui m’intéresse particulièrement et j’ai vraiment été étonnée..
    Je ne sais pas si je suis surdouée ou pas, mais l’année dernière j’ai fait une sorte de dépression, enfin je ne saurais pas vous expliquer ce qui m’est arrivé et ça me touche encore beaucoup aujourd’hui. Puis j’ai lu l’article, en me reconnaissant dans ces  » caractéristiques » de dépression existentielle. Il est vrai qu’à 16 ans, depuis quelques années déjà, je me pose des questions sur tout ce qui m’entoure, et je me dis des fois  » Arrêtes de penser, tu vas finir par déprimer  » car j’ai l’impression que je vais des fois trop loin. Enfin bref, je crois encore que je n’ai pas réussi à expliquer mes sentiments, mais je remercie l’auteur de cet article qui m’a en quelque sorte éclairée.

    Merci encore à vous, Zel.

  6. jubjub dit :

    Disons que c’est plutot frappant de savoir tout cela… c’est comme si on m’avait écrite…

    • Cécile dit :

      Bonjour jubjub

      Merci de votre commentaire
      J’espère aussi que la lecture de cet article vous aura apporté un soulagement supérieur au choc :)

      • jubjub dit :

        eh bien les dégats sont plutot grands mais je vois le psy et j’essaie de me comprendre mieu puisque maintenant je sais que je suis ne surdouée… c’est triste de l’avoir su si tard.

        Si quelqu’un a des sites avec plus de renseignements sur la surdouance j’aimerais qu’il les publie ici svp…

        • Cécile dit :

          … eh bien… Logiquement Talentdifferent devrait vous donner bon nombre de renseignements sur le sujet :D
          Maintenant, chez les francophones, vous avez le site historique douance.be
          Et chez les anglophones, le choix est vaste, SENG (piloté par James T Webb) étant à mes yeux le plus complet, mais il y a aussi talentdevelop.com animé par Douglas Eby dont le site m’a beaucoup aidé dans mes recherches

          Il n’y a pas de mode d’emploi tout fait pour le surdon, pas de « Le Surdon pour les Nuls ».
          Il y a une personnalité qui s’est construite au fil du temps et sur laquelle le surdon a eu une incidence
          : je vous renvoie aux billets relatifs à Andrw Mahoney et à son modèle de Formation de l’Identité du Surdoué.
          Il y a surtout beaucoup de lectures et d’introspection qu’il est d’ailleurs préférable de faire accompagner par un thérapeute sensibilisé au sujet.

  7. mary dit :

    salut à tous,

    j’ai 18 ans et je me réveille a peine de cette « crise existentialiste » qui dure depuis mon plus jeune age. à la maternelle je me souviens être déjà en marge, toujours seule, sentiment incompréhension face aux réactions des autres, grande difficultés a m’adapter et en permanence dans la lune. Phénomènes qui n’ont fait que s’aggraver avec l’age.
    au primaire mes parents divorcent (ce qui fut une rude épreuve, normal). moi à la maison ca va mal, moi avec les autres ca va mal, et moi avec moi ca va mal. du coup moi avec les notes ca va mal! bref, le cercle vicieux. Et puis j’enchaîne les échecs scolaires avec un stresse grandissant face a l’idée d’aller à l’école. pour mon père etre intelligent c’est le travaille (lui même souffrant d’un grand complexe d’infériorité) je me mets donc dans la tête que si j’échoue socialement et a l’école c’est parce que je suis idiote. une tristesse grandissante en moi m’empêche d’accomplir quoi que ce soit, je me mets à me détester.
    je réussi mon année de sixième et cinquième puis je replonge dans une dépression en quatrième ou je fais ma première année dans le privé : le calvaire! toujours les mêmes difficultés pour m’adapter , le mentalité dans le privé oui, c’est quelque chose. je me stabilise en 3ème et en seconde rebelote , le crise existentialiste bat son plein. je me réfugie dans la musique. je ne sais toujours pas qui je suis, je me sens seule et incomprise et pour couronner le tout mon parcours me laisse penser que je suis complètement débilosse!
    j’implose, j’explose et j’envoie tout valser, 6 de moyenne en fin d’année, un tas de conneries, des heures de colle à la pèle, toute l’administration me regarde comme cette pauvre gamine sans avenir, et moi? je les emmerde! besoin de me retrouver et d’en n’avoir plus rien a faire du regard des autres qui vous montrent sans arrêt du doigt quand vous êtes un peu en marge. naît en moi une douleur folle en ce qui concerne l’humanité, l’homme. pour ce dont il est capable de faire, par amour du pouvoir, par égoïsme, égocentrisme, ces pulsions destructrices et son manque d’empathie. non je ne vis pas dans un monde de bisounours, je l’ai toujours su et pourtant ça continu à me dévorer de l’intérieur. bref..
    cette affirmation me permet de me retrouver enfin , je me fais des copains et les nombreux disputes avec mes parents me permettent de me sentir un peu plus comprise.. mais toujours ce besoin ardant de reconnaissance. je fais une deuxième année de seconde où mes notes explosent sans avoir besoin de travailler beaucoup. ouf , je me rend compte que j’en suis capable!
    je rentre en première et toujours ces questions existentielles… qui je suis, pourquoi, pour qui, a quoi ça rime out ça et ma névrose qui m’envahis de nouveau. besoin de réponses.. dès le début de l’année je me dispute violemment avec mon père puis ma belle mère puis rebelote avec mon père, je pars de chez moi a deux reprises pendant un mois environs mais je m’accroche. arrivée en milieu d’année, crises d’angoisses sur crises d’angoisses je commence à me poser la question de la surdouance mais c’est à la fois impensable et j’arrête tout! j’arrête les cours, désemparée. je me penche quand même sur la question d’une possibilité surdouance, je vais sur internet, je fais tous les sites et je me rend compte, aussi fou que ça puisse paraître, que les descriptions correspondent totalement.. et même si ça ne m’empêchera jamais de douter, ca me permet petit à petit de reprendre confiance en moi. cette année je suis en terminale et après une bonne petite psychanalyse je prends des cours via e CNED, je continue mes passions en parallèle et je me sens revivre.

    je suis désolée si j’expose ma vie comme ça, elle n’a rien d’incroyable et elle est ce qu’elle est mais j’avais besoin de le faire. et puis j’aimerai faire passer un petit message aux familles parce que c’est, à mon avis, important que ce soit décelé le plus tôt possible. ça évite les échecs scolaire et permet un soutien avec certainement un peu plus de compréhension. voila voila, j’ai vu que ça parlait politique un peu plus haut j’ai pas eu le temps de tout lire (j’ai déjà passé une heures à lire les commentaires puis une heure à écrire) mais je reviendrai en temps voulu ça m’a l’air bien intéressant!

    • mary dit :

      aussi j’aimerai bien savoir si certains d’entre vous auraient également connu des difficultés durant leur parcours scolaire ou même professionnel. il y a quelques quelques personnes dans mon entourage qui en sont et qui réussissent très bien alors je ne comprends pas pourquoi j’ai enchaîné autant d’échecs . l’écoute, la compréhension de l’entourage et les événements marquant peuvent ils à se point dérouter un enfant dit précoce ?

      • tournevis dit :

        Pour ma part, difficultés professionnelles, apparemment fortement liées à une dyspraxie non détectée avant mes 50 ans. Une forte proportion de hp sont également dys-qqchose, et souvent ne savent ni qu’illes sont hp, ni qu’illes sont dys-qqchose. Cette accumulation de hors-normalités contradictoires est une source de traumatismes en soi.
        Mais j’ai déjà écrit ça ici et là.

        • mary dit :

          je n’avais pas vu. j’étais en effet atteinte de dysorthographie, de dyscalculie et de troubles de l’attention. je comprends mieux certaines choses, notamment ma lenteur et mes difficultés à procéder de manière analytique. merci pour ce détail !

          • tournevis dit :

            Ben oui, c’est même plus qu’un détail :-)
            Ensuite, en le sachant, ben on apprend à faire avec et ça simplifie quand même les choses. Un peu comme d’être myope et de ne pas le savoir (je l’ai vécu aussi, étant enfant : de petite taille, j’étais toujours au premier rang en classe et ça allait mais le jour où pour je ne sais quelle raison l’instit’ m’a placée au fond, je n’ai plus pu lire au tableau et je n’ai pas compris comment faisaient les autres… si j’avais été grande et toujours installée au fond, j’aurais été en échec scolaire simplement pour cause de myopie non détectée !)

          • mary dit :

            c’est vrai que c’est plus qu’un détail. ca m’étonne d’autant plus que comme beaucoup j’avais cette image stéréotypé du surdoué qui, comme son appellation le laisse entendre, est un petit génie qui réussi dans tous les domaines(bien que ça puisse parfois être le cas). d’ailleurs ça me parait plus logique comme ça.
            merci :)

  8. nicolas dit :

    aujourd’hui encore je ne sais pas si je peux établir ce diagnostic mais je peux établir la solitude et le décalage avec la plupart des personnes…Pas de supériorité mais juste un fonctionnement bien différent.Trop de choses ,de sujets sur lesquels j’aimerai tellement échanger mais mes intérêts ne trouvent pas écho chez les autres alors je les regarde et les écoute indéfiniment en me disant ce n’est pas grave ça va passer une fois que je serai seul.Les seuls vrais échanges que j’ai ce n’ai pas dans des conversations mais dans des échanges musicaux avec des gens ou simplement mon instrument.

    Et toujours cette soif de savoir plus…Sans qu’il y ai forcément une utilité dans la vie de tout les jours mais juste parce que j’ai besoin d’élargir mon champs de compréhension et l’on se rend alors compte que tout les domaines se superposent pour ne faire qu’un.Après qu’en faire…?

    Je me rend compte depuis quelque temps qu’il faut dompter sa propre logique c’est à dire que pour ne pas partir trop loin dans un raisonnement il faut stopper le raisonnement sur un point précis pour étudier l’ensemble d’un domaine ,une fois l’ensemble du domaine étudié alors on est libre d’élaborer la compréhension de chaque point.En gros stopper le raisonnement arborescent pour un raisonnement linéaire (même si celui çi est plus difficile car il nous fait perdre de l’intérêt pour le domaine (les domaines) qui nous passionnent.(mais c’est le seul moyen que j’ai trouvé pour m’adapter et construire ma vie même si ce dernier engendre une multitude de frustrations.

    • Cécile dit :

      Bienvenue Nicolas

      Ici, sans nul doute, il vous sera possible de partager.
      Je vous suggère aussi, si vous ne connaissez pas déja, le forum ZebrasCrossing

    • cybercricri dit :

      Bonsoir Nicolas,

      Oui elle est tellement habituelle cette solitude de l’esprit.

      On est là avec les autres, mais que physiquement, parce que pour le reste….. on est généralement à des milliers de kms.

      Echanger sur des sujets à la hauteur de notre réflexion, de manière tellement approfondie, à n’en plus finir parfois. C’est bien une chose que je ne fais plus ou trop rarement.

      Ou bien tu t’embarques dans une discussion, mais tu continue pour ainsi dire tout seul car l’autre est perdu, largué ou bout de 5 min. Quand j’étais gamine, ca m’est arrivé plusieurs fois…. et mon frère de dire : bon ca va on a bien compris, pas la peine d’en rajouter (mais en fait il était un peu paumé car plus âgé que moi, alors je faisais tache forcément).

      Seule, oui… mais avec son intelligence, avec ses petites histoires, ses petits films, ses propres personnages, ses propres situations qu’on invente et dont on ressent à peu près la meme chose que si on les vivait. Du délire me direz-vous ? mais non en fait, les surdoués (comme les enfants) ont leur jardin secret (là c’est plutôt une foret en ce qui me concerne).

      Mais n’allez pas me dire qu’on vit hors de la réalité : moi j’aime tout autant le concret, mais bon je vit intensivement le concret et l’abstrait, le réel comme l’imaginaire.

      Et ca ne me gene pas plus que ca. Au contraire meme, puisqu’il faut (comme disent certains) nourrir la machine pour qu’un surdoué ne s’ennuie pas trop….

      Oui solitaire je suis, mais j’en suis fière. C’est moi qui décide quand je vais vers les autres et quand j’ai BESOIN d’etre seule, car c’est bien d’un besoin dont il s’agit, voire d’une obligation, sous peine de se sentir happée par les émotions et fardeaux des autres.

      Cricri

      • Patricia dit :

        Je ne vais pas me mettre à plussoyer, mais j’en ai envie! Ce que tu vis, Cricri, je le vis de la même façon. Un jardin secret qui est une forêt équatoriale, des pensées qui se déroulent sans fin, et une solitude d’esprit, car il est difficile de faire court quand on peut en faire des dizaines de pages par écrit, et ma fille ou mes amies, se lassent, ma fille me coupe, mais elle aussi a un univers à elle, chacune ses jardins!… Les réseaux sociaux sont intéressants à ce sujet: Très difficile de rencontrer des ‘discuteurs’ ayant envie de lire plus de vingt lignes, ou de répondre par des analyses fines et sur-développées, ou de rédiger une thèse personnelle et étayée. D’où une difficulté à partager, créer un monde différent, qui bouge, agit et progresse, par la diffusion d’idées nouvelles, de synthèses jamais vues, de concepts novateurs.
        J’aime que ma pensée soit liée à l’action, utile.

        C’est ce qui me sort de cette angoisse existentielle, à moi. Vivre au milieu de CE Monde, si simpliste, alors qu’il est si extraordinairement complexe.
        Aider les autres, être solidaire, et en même temps, faire sentir, et ressentir aux autres, les chemins de cette complexité, et les moyens de se dépatouiller, prendre une hauteur et voir un peu le paysage, le chemin neuf que l’on peut emprunter.

        Talendifférent, je viens vous lire de temps en temps, pas une de vous qui ne me rappelle mes déboires passés. Comment exister quand on peut sentir vibrer les immensités de la pensée, l’imaginaire qui se mêle à la science, Comment simplement trouver le temps de s’intéresser à l’école, à des tâches ‘linéaires’ (?) … Et puis c’est peut être une caractéristique féminine que d’avoir un hyper intérêt pour l’humain, peut-être dès la naissance, je dis cela avec malice! … et la douance a sans doute des ramifications, féminines, dans le ‘système’ empathique.

        Notre besoin d’exploration existentielle provoque un sur-investissement de notre regard sur les autres … or la douance isole, et ça, c’est peut être ce qui est le plus terrible à accepter, ou à vaincre.

        Je suis assez vielle pour commencer à aller de moi même sans crainte vers les autres. J’apprends à écouter, de manière à dire l’aide que je peux apporter au bon moment, en trouvant les mots justes.

        Moi non plus je ne suis pas douée oralement, toute ma vie, je me suis sentie stupide, incapable de dire deux mots. Je préférais passer pour bête, que de dire mon avis, qui aurait immanquablement donné l’impression d’une prise de pouvoir, d’une volonté de supériorité.

        C’est une solitude. Mais on la crée soi même; elle m’est indispensable; j’en sors un peu, à presque 55 ans, je ne rechigne plus à donner de longs avis, qui font avancer les choses, si possible, quitte à savoir que je suis toute seule à avancer. Bien loin de froisser les gens, je leur fais le plaisir d’ouvrir un paysage, d’étendre leur horizon, et d’amener de nouvelles perspectives qui les sortent de leur propre angoisse, existentielle, sans doute aussi, c’est un petit bonheur en fait.

        Merci à vos témoignages qui sont chacun des petits bouts de vos paysages de douance, des petits bouts de chemins fruités, que les visiteurs esseulés goûtent avec bonheur et compassion.

  9. salsabil dit :

    je suis surdoué j’ai 13ans et j’ai cette impression je ne c’est pas comment réagir je n’arive pas a parlé a ma mère je préfère pleuré toute seul dans ma chambre des fois j’agresse quelques personne de mon entourage je ne le fait pas expret et sa ne servirait a rien d’allé voir un professionnel parcequ’il faudrait en parlé a ma mère je c pas quoi faire s’il vous plait conseillez moi
    (crontrairement a se que vous pensé un surdoué ne peut ne pas avoir de super bonne note :\)

    • Cécile dit :

      Bonjour salsabil

      Oh ça non, on est quelques uns à savoir qu’un surdoué n’est pas forcément le premier de la classe….

      Une question préalable quand même parce quelle est importante pour vous venir en aide : votre surdon a été formellement identifié ? est-ce que quelque chose a été mis en place à l’école ?
      .. Est ce que par hasard vous avez également fait un bilan de dyslexie ?

      Cependant, je ne sais pas trop comment répondre à votre question particulière pour faire appel à un professionnel
      Alors j’espère que ceux qui vous liront auront des idées ?

    • Cybercricri dit :

      Bonsoir Salsabil,

      Si tu savais : les surdoués à tout age ont du mal à cmmuniquer avec leurs parents. Moi j’ai 40 ans et c’est pareil,

      En fait, je parle avec eux, mais il y a toujours ce décalage et inévitablement , ils ne comprennent pas toujours au quart de tour.

      Il faut etre un peu compréhensif, mais eux aussi doivent faire un pas.

      Hier, un conflit avec ma mère : impossible d’en placer une au téléphone, et ca se produit très souvent.

      Comme elle m’a presque raccroché au nez, je lui ai écrit (par écrit elle est bien obligée de m’écouter) : pas de jugement dans cette lettre, juste des fais, lui dire les choses, la rassurer sur certaines idées qu’elle se fait par rapport à moi.

      Mais toi, à ton age, tu as besoin d’elle quoique tu en penses, il faudrait peut etre voir avec une personne extérieure pour débrouiller tout ca et décider ensuite ce que tu peux faire.

      Et toi intuitivement, que pressent tu ? crois tu comme lui parler serait une avancée pour toi ? ou pas ?

      Il ne faut rester seul avec tes questions : à 13 ans c est trop lourd à porter et à gérer, alors pour un surdoué c’est 10 fois pire.

      Tu as autres choses à vivre pendant ces années d’adolescence, et de très bonne choses certainement.

      Déjà d’avoir parlé sur ce blog , c’est déjà bien

      Courage

      Cricri

    • chan dit :

      @Salsabil
      Bonsoir,

      Comment avez-vous découvert être HP ? Avez-vous passé des tests ? Par l’école ou autre ? Si oui, ne pouvez-pas essayer de trouver de l’aide auprés de la personne ayant fait l’évaluation ?
      Sinon, il y a des lignes téléphonique d’urgence et d’écoute confidentielle. Cela pourrait vous aider à décompresser et à y voir plus clair.
      Un jour après l’autre et sachez qu’il existe du support. Vous prendre en main pour le trouver vous aidera à retomber sur vos 2 pieds.
      Courage, vous en êtes capable.
      Chan

    • Patricia dit :

      Salsabil, Cécile a répondu sur le plan pratique , Cricri sur le plan relationnel, je ne sais si je vais trouver quelques mots justes à ajouter sur un plan psychologique.
      L’émotivité; cela semble être ce qui vous submerge, et je vous comprends, cela a été mon lot au même âge. Cela rend tout difficile. Mais il faudra que vous fassiez avec, apprendre à la dompter, il faut en faire une vertu, s’émouvoir, réagir, agir, c’est la prolongation du foisonnement de pensées que vous vivez. Je vous conseille de lire. Drôle d’idée, mais c’est un grand outil, cela oriente la pensée. S’inscrire dans une bibliothèque municipale, partir sur des sujets qui vous passionnent, faire des recherches sur Internet, approfondir, cela va orienter vos émotions sur des thèmes choisis, et vous détacher un peu du monde immédiat. Vous pensez être différent, Vilain Petit Canard. Vous l’êtes sans doute.
      Vous ne nous expliquez pas quelles sont vos relations avec les jeunes de votre âge, mais sans doute vous sentez-vous ‘pas comme tout le monde’, sans doute êtes vous isolé.
      Ouvrez toute les fenêtres qui s’ouvrent à vous, oui vous êtes différent, utilisez vos pensées pour faire voyager les autres, ne pas vous soumettre à la bêtise qui vous entoure, par peur de créer un rapport de force. Il faut acquérir beaucoup de patience, savoir quand l’autre provoque et quand l’autre en fait est perdu, et où vous pouvez le rassurer par vos propres connaissances, votre propre compréhension.
      Souvent des enfants ‘doués’ à qui l’on fait sauter des classes, s’effondrent à l’entrée dans l’adolescence, du fait de tout ce qui a été vécu trop vite, avec trop d’exigence de la part des parents, et pas assez de tout ce qui fait le bonheur du temps perdu. A 13 ans il est encore le moment de remettre tout cela en ordre, de savoir vivre en humain, et pas comme une machine à satisfaire les parents. Il faut peut être faire une pose, s’ouvrir de nouveaux horizons, vivre sa vie d’enfant, vivre un peu dans le présent et pas toujours dans la préparation d’un avenir brillant. Non les jeunes ‘surdoués’ n’ont vraiment pas forcément de bonnes notes, s’écœurent de leurs capacités, se troublent ou se retrouvent en rupture avec les exigences des adultes, ont de vraies ‘dys-quelque-chose’, qui les gênent réellement dans la vie scolaire, la vie amicale, et la vie tout court.
      En lisant, genre un mix de romans et d’ouvrages scientifiques, vous allez vous distancer de ces réalités, vous découvrir , enrichir votre paysage de mille choses ensoleillées, apprendre à relativiser, à sortir de la cellule familiale pour choisir vos propres chemins. Faites les choses par plaisir, trouvez des motivations, utilisez vos émotions, c’est une qualité. Prenez du temps à tout cela, il en restera assez pour suivre correctement les cours, quitte à ce que les fameuses notes ne soit plus le centre du monde connu!

  10. Lullaby dit :

    Bonjour,
    Je ne suis pas surdouée. Mais comme vous le système dans lequel on vit me heurte. Je ne suis retirée de ce système car il n y a pas que les surdoués qui font preuve de sensibilité et qui sont alarmés par un système injuste auquel je ne peux participer. Certains disent qu il faut en profiter, est on alors vraiment honnête avec sois-même…Non….Je sais que je devrais retravailler tôt ou tard pour un Etat pourri à la racine avec des gens qui jugent sans connaitre et se complaisent dans leur vie sans se poser de réelles questions. Est-là la clé du bonheur?
    En tout cas j ai l impression que vous pensez que seuls les surdoués ont ce genre de chaos dans leur tête et bien non, il y a des personnes ayant moins de capacités que vous qui ont les mêmes dilemnes, il faut les repérer et c est difficile. Moi je me ferme aux autres. C est plus prudent.

    • lechalote dit :

      Lullaby,
      J’avais envie de répondre, en effet, c’est une impression, nous n’avons jamais dit ça, désolée que tu te sentes si mal, blabliblabla.
      Sauf que.
      Sauf que j’en ai un tout petit peu marre que sous prétexte que les gens vont mal, ils se sentent autorisés à agresser les autres. Parce que c’est quand même un petit peu ce que tu fais sur fond de « espèce de club fermé égocentrique, vous n’êtes pas les seuls à être mal dans ce monde là, et moi alors? ». On est d’accord, tout le monde est sujet à la dépression, et il n’est pas besoin d’être surdoué pour souffrir de l’incohérence de notre société, et personne n’a prétendu cela. Je n’ai pas vu non plus qu’il fallait un test de QI pour échanger sur ce site. En synthèse : tu peux aussi faire ce constat sans pour autant dénigrer les gens qui échangent sur ce blog.

      • Cécile dit :

        Hm…
        « sous prétexte que les gens vont mal, ils se sentent autorisés à agresser les autres »
        léchalote, je ne pense pas que ceci ait été la motivation profonde de Lullaby.
        A mon sens, elle revendique juste d’avoir le droit d’être elle aussi comme ça, même si elle n’est pas surdouée.
        J’entends dans son commentaire un souhait de pouvoir ne pas être dans la norme sans pour autant être surdouée (car Lulluby déclare ne pas être surdouée, mais je ne suis pas sûre qu’elle ait pour autant passé les tests qui, comme nous le savons si bien, au final, ne signifient pas grand chose…)

        • Ivan dit :

          Oui, je crois que Cécile a raison, lechalote. Je ne vois rien d’agressif dans le post de Lullaby, et elle a raison de souligner le fait que la révolte, la sensibilité, ne sont pas l’apanage des surdoués.

          • lechalote dit :

            Hé bien mea culpa à tous.

            • Cécile dit :

              mais non, mais non.. pas question de pilori lechalote :)
              Cette réaction, je dois dire que je la connais bien : quand on vit en permanence l’agressivité des autres, on finit par avoir une perception un peu écornée..
              C’est d’ailleurs un vrai travail, pas simple du tout, que d’arriver à mettre des lentilles correctrices qui permettent à la fois de prendre du recul, de ne pas se faire prendre dans les rets de la manipulation.. et d’accepter un pont de vue différent.

              • Patricia dit :

                C’est tout le problème de la douance, ne pas se centrer sur soi, aller vers l’autre, apprendre à l’écouter, en sachant bien qu’il est inutile de vouloir imposer, que ce soient nos idées ou notre propre souffrance ou isolement.

    • corine dit :

      Avoir la lucidité que ce monde tourne fou et en souffrir n’est pas la panacée des surdoués, bien sûr, vous avez raison. Il n’y a pas ici le souhait d’exclure qui que ce soit. Le problème est inversé : c’est l’exclusion des surdoués qui a amené de si nombreux commentaires sur ce blog qui leur est plutôt – mais pas uniquement – destiné.
      Question : Comment un non surdoué, souffrant de cette société, vit-il l’agressivité défensive des surdoués ? Voilà qui m’intéresserait …

      • chan dit :

        Encore une fois, pourquoi parler d’  »agressivité défensive du surdoué » Voilà qui m’intéresserait …
        une objection, un point de vue différent, nommés différemment parce que provenant d’atypiques surdoués, n’en sont pas pour autant agressivité défensive !
        Chan

        • Cécile dit :

          je crois que c’est « simplement » le ressenti qui s’exprime; ressenti très personnel d’ailleurs, vibration à une situation qui rappelle « quelque chose »

      • Patricia dit :

        Oui! ..Ou, … que devons-nous faire ‘intelligemment’ pour sortir quelqu’un qui souffre, de cette société, sans lui offrir un visage défait, et l’aider à apercevoir un autre horizon que le côté stupide de ce monde qui tourne fou?
        En somme nous gravitons autour d’un sujet unique: Une douance qui tourne en rond à se morfondre, ne fait rien avancer du tout.
        Cette douance donne une mission de vie: Bouger les lignes de ce monde fou, aider son prochain à le faire.
        Je suis Institutrice. j’ai toujours fait une chose avec les enfants ‘doués’ : Leur donner une mission de solidarité, dans la classe, apprendre à faire comprendre, à aider les plus faibles. Cela marche bien, parce que ils savent que je sais, ils comprennent que leur foisonnement intérieur acquiers ainsi du sens, une responsabilité véritable et précieuse. Le scolaire n’est plus alors pour eux ce temps perdu, cela devient une école de la vie.
        Les ‘moins doués’ apprécient cet apport qui leur est précieux, les petits progrès qui emplissent de satisfaction, et une nouvelle vision du monde.
        Personne n’a choisi la nature du monde scolaire, et dans une classe, nous sommes tous, moi y compris, des révoltés qui subissent un système fou: Mettre trente élèves ensemble, dans cent mètres carrés, et faire le pari que tous vont se contenter d’effectuer la même tâche au même moment. Il est évident que tous souffrent. Il me semble que seule la solidarité, Maîtresse comprise, surdoué compris, peut amener à créer une petite famille bonhomme et tolérante, pour aménager au mieux cette violence qui est faite aux humains.
        Une société c’est un peu ça, ceux qui peuvent reçoivent la responsabilité d’aider, et par là, de se sentir soi même bien plus léger?

    • tournevis dit :

      Moi, je me demandais juste si Lullaby avait une « preuve » qu’elle n’est pas surdouée (pas forcément Ze Test d’ailleurs, mais quand j’entends ou lis « je (ne) suis (pas) surdoué-e, j’ai envie de savoir sur quoi c’est fondé) ?

      Après, ben je ne sais pas s’il est écrit qqpart sur ce blog que seuls les surdoués ont des chaos dans la tête ? Mais je ressens aussi une pointe d’agressivité dans ce commentaire, sans doute une déformation dans ma tête pleine de chaos ? Parce qu’on m’a trop souvent renvoyé que qui peut le plus peut le moins, et que j’ai tout pour réussir et qu’à me secouer et blablibla ?
      ;-)

  11. Sosinho dit :

    C’est quand même vachement bisounours un surdoué !
    J’en ai récemment fait l’expérience lors d’un cdd en entreprise auquel j’ai mis fin prématurément…après un burnout. Niais que je suis, j’ai posé ma démission en mentionnant ma dépression à des « collègues proches ». Stupéfait par leur réaction violente, j’en suis toujours traumatisé et ai sombré dans l’alcool.
    Je viens de comprendre que sa vie personnelle n’a rien à faire dans le cadre professionnel, aussi sincère soit-elle.
    Je suis une personne gentille. Mais bien peu professionnelle comme ils l’ont dit..

    • Cécile dit :

      « Niais », « bien peu professionnel »… ça dépend aux yeux de qui…
      Merci de votre témoignage. Ecore une fois, vous démontrez l’importance des biais de communication.
      Ce n’est pas le fond qui est en cause, mais la forme. C’est important à se rappeler pour éviter de succomber; même si maîtriser la forme relève parfois du casse tête et peut apparaître décourageant et insoluble.
      Si vous le souhaitez, n’hésitez pas à passer sur le chat – je crois que dans de telles situations, partager, savoir que l’on n’est pas tout seul, est essentiel.
      L’adresse du Chat du Loup : http://www.le-loup.info/meow/index.php?L=french

    • Cesarine dit :

      Je crois que dans la douance la plus grande difficulté pour une femme et une femme cadre est de savoir taire ses émotions, ses révoltes, les injustices que l’ont peut voir dans une grande société. Après avoir été essorée comme une serpillière par le boulot, m’occupant de 2 enfants en bas âge seule pendant onze mois, un trajet de 2h30 par jour,souffrant d’une dépression existentielle depuis que je suis née je crois… J’ai moi aussi fait un burn out de 4 mois, conclusion, je ne suis plus apte à un MI TEMPS sur le poste que j’occupe depuis 4 ans… De qui se moque t’on, parce qu’on est au boulot on ne doit se comporter QUE comme des requins!!! Les grandes sociétés fonctionnent sur un modèle masculin qui n’est jamais remis en cause, une femme cadre qui réussi dans une entreprise a est doit célibataire, soit son mec est à la maison…et si les femmes étaient elles aussi capables de faire le même boulot mais avec plus d’humanité??? Moins d’hormones mâles, moins de création d’empire et de politique, mais un peu plus de travail de certains messieurs…Pourquoi est ce que la femme doit travailler 2 fois plus qu’un mec pour être à même d’être considéré non pour qui elle connait, ou couche avec, mais pour ce qu’elle est capable de faire! Mon problème c’est que oui je suis un bisounours, mais qui se révolte intérieurement, et se bat parfois bien sur pour les autres et pour moi même, mais les roquets ça plait pas beaucoup…. Mais je vais me battre pour mon post à mi temps thérapeutique, ce n’est pas parce que je suis émotionnelle que je ne sais pas compter! Evidement je travaille dans les chiffres… Courage Bisounours, Bataillons, Bataillons…

      • tournevis dit :

        Je suis bien d’accord avec Cesarine, quand cessera-t-on de nous faire croire ces balivernes sur l’égalité hommes-femmes ? Il s’agit d’égalité des droits, nous en sommes encore loin. Et quand cette égalité se fera-t-elle dans les deux sens ? Pourquoi les femmes devraient-elles être/faire comme les hommes et pas l’inverse ? Le système hyperviril a pourtant largement fait la preuve de son inefficacité, de sa toxicité, autant pour les hommes que pour les femmes (sans parler des enfants de tous sexes et de la planète avec ses autres habitants non-humains) Pourquoi la norme serait-elle celle de la minorité ? Les hommes ne représentent que 48% de la population, faut-il le rappeler ?
        Ok, ça nous éloigne du sujet de la douance, quoique…

        • Patricia dit :

          Quoi-que!… Je suis en réflexion pour ouvrir un blog sur ce sujet du monde systémique masculin qui nous fait barrage, à nous, les empathiques, c’est un sujet que j’ai régulièrement sur Facebook, avec ces questions d’idéologie du genre que l’on va nous imposer, sous prétexte que les femmes doivent êtres des ersatz des hommes, et les hommes, des esclaves dociles du dit-système-masculin.
          Je suis bien d’accord aussi avec Cesarine et Tournevis, Et il y a une révolte qui gronde entre nous, mais avec notre difficulté habituelle à nous concevoir comme une force, malgré les tonnes de mots que nous échangeons sur ces sujets. C’est une société toute entière qui est tournée d’ores et déjà vers le productivisme, le profit de quelques uns.
          Justement, nous qui sommes si malignes, que faisons nous pour sortir de ce système? comment notre qualité empathique peut sortir ce monde de sa folie? Comment la douance serait utile, au moins spécifiquement, avec nous qui sommes femmes, douées d’une empathie, et parfois en même temps capables de bonnes analyses systémiques, à sortir du calcul productif, pour aller vers un monde qui redeviendrait humain?
          (je vous tiens au courant pour le blog, si cela vous intéresse. il n’est pas possible que la majorité des femmes reste silencieuse face à ce monde qui cherche à nous calibrer)

          • Cécile dit :

            « nous qui sommes femmes, douées d’une empathie, et parfois en même temps capables de bonnes analyses systémiques »
            Pas de différence homme femme dans le cerveau sur le sujet du systémique !

            Pendant que les hommes doivent considérer l’ensemble du terrain de chasse et les moyens en présence pour abattre les mammouths (visions statique et dynamique)
            les femmes doivent considérer l’ensemble de la caverne et des lieux environnants pour à la fois assurer l’alimentation (cueillette, dépeçage et cuisine) et l’hygiène du lieu, tout en assurant la surveillance et l’éducation des enfants (visions statistique et dynamique)

            En revanche, des milliers d’années de formatage à reconsidérer.
            je lisais récemment qu’un test a été effectué : présenter la Figure-de-Rey à reproduire, soit en indiquant que c’est un exercice de géométrie (maths); soit en le présentant comme un exercice de dessin.
            Bien que la figure à reproduire soit donc exactement la même,
            Dans le premier cas (maths), les garçons réussissaient statistiquement mieux car il y a un blocage appris des maths chez les filles pré-supposées moins bonnes en maths que les garçons.
            Dans le second cas, (dessin), les filles réussissaient statistiquement mieux, « mépris » appris chez les garçons pour le dessin, activité secondaire.

            • Patricia dit :

              Le cerveau est structurellement différent chez l’homme et chez la femme. Les structures qui fonctionnent dans les mécanismes systémiques sont plus développées chez les cerveaux masculins, et l’inverse pour les structures impliquées dans les mécanismes de l’empathie. Cela a été démontré depuis fort longtemps sur le modèle animal, et récemment une équipe anglaise, du Pr Simon Baron-Cohen a fait la synthèse cartographique de plus de 25 ans de dissection du cerveau humain à tous âges. Cela est formellement démontré, cartographié, et étayé par les faits. La masculinisation de ces structures est corrélée avec les taux de testostérone fœtale. Les nombreux travaux de neuropsychologie sur la sexuation du cerveau et le rapport empathie/systémisation chez l’enfant de 0 à 8 ans, viennent confirmer ces faits.
              On average, comme le dit Simon Baron-Cohen, le cerveau des filles est dès la naissance E+/S-, le cerveau des garçons étant E-/S+ , Les filles sont donc plus volontiers empathiques que systémiques.
              L’étude du spectre autistique par la même équipe, montre que les filles et garçons Asperger ont un cerveau E–/S++, hyper-masculin, et que justement ce qui les caractérise est une grande efficience face aux systèmes, et une grande difficulté empathique dans leur relation à l’humain.
              La découverte que l’on pouvait acquérir une ‘bibliothèque’ empathique pour palier en partie cette difficulté est à la base du traitement des enfants, leur permettant une insertion sociale.

              • Cécile dit :

                Baron Cohen est évidemment LA référence en matière de neuro-sciences…
                Mais la différence marquée Hommes / Femmes est pourtant questionnée : génétique ou acquis… ou encore épigénétique ?
                Je vous renvoie à cet article de Scientific American – 2008
                Je note dans cet article de l’Université de Cambridge – février 2014 (qui cite Baron Cohen) quelques points importants :
                - on parle non pas d’hémisphères mais de zones cérébrales, qui peuvent être situées dans l’hémisphère droit pour les hommes ou l’hémisphère gauche pour les femmes. (Il n’y a pas de différenciation « cerveau gauche-cerveau droit »)
                - il a été fait une revue de la littérature et on observe que ce ne sont que des cerveaux d’adultes qui ont été étudiés : il est pertinent de penser qu’à l’âge adulte, le cerveau a déjà été façonné par près de 20 ans de normes sociales (karaté et filière scientifique ou technique pour les garçons, danse et filière littéraire pour les filles par exemple).

      • Béatrice dit :

        J’ai été « hapée » par ce que vous avez écrit. Je suis ce blog depuis quelques temps mais c’est la première fois que j’ose émettre un commentaire.
        Je suis aussi une femme seule élevant des enfants et j’ai moi-même fait un burn-out il y a maintenant 2 ans et demi… Je m’en sors tout juste et j’ai mis du temps à mettre des mots sur tout ce qui s’est passé. Ce burn-out a été provoqué par une femme – mon supérieur hiérarchique – mais je dois bien reconnaitre que c’est aussi un empilement d’actes qui ont fait de moi un « bon petit soldat ». Je reprends le travail bientôt – après une action en justice qui m’a débouté – et il apparait que maintenant, plus qu’avant, je suis une patate chaude puisqu’il m’est demandé de rester à la maison « en dispense d’activités » rémunéré jusqu’à nouvel ordre.. Je vais demander une reprise en mi-temps thérapeutique et il semble que ce ne soit pas une solution convenable pour le poste que j’ai occupé pendant 3 ans et demi – et près de 20 ans d’ancienneté au sein de cette entreprise. Je sais que cela va être violent, que je vais devoir faire face à cette indifférence, à ce déni qu’a été ma situation et pourtant, j’ai la certitude que ce mi-temps est ma planche de salut…. Un mi-temps thérapeutique ne fait pas de moi une demi personne… A moi de leur faire entendre sans pour autant perdre mes moyens et de canaliser cette empathie et cette émotivité qui me caractérisent….. Ne baissez pas les bras, vous faites partout de ce tout qu’on nomme l’Univers… Les choses bougent, à chacun de se responsabiliser au risque de perdre tout repère

        • Patricia dit :

          Béatrice, je reprends mon travail en Septembre après un an et demi d’arrêt, sans doute avec un mi-temps thérapeutique, pour une chute des niveaux de sérotonine.
          Je me suis usée dans une classe très difficile, et j’ai dû m’arrêter. J’ai refusé d’envisager un burn-out, bien que cela y ressemble, parce que je sais parfaitement que l’on déconsidère le burn-out comme ayant des causes psychologiques, des faiblesses mentales, et non pas une usure physiologique à des conditions de travail sans cesse rendues plus difficiles, d’autant que soi on veut être, oui, le bon petit soldat, et surtout que l’on met du cœur à son travail, tout en étant une machine complexe, femme devant taire ses sentiments empathiques, faire tourner la machine, avec un cerveau qui analyse sans cesse, se pose mille questions et tente de répondre à des absurdités par une démarche randomisée. Avoir des enfants, c’est être mère, faire fonctionner son empathie naturelle et il se crée sans doute un fossé. Avec mes élèves, des enfants, des individus sensibles, je le comprends tout à fait, à me retrouver écartelée entre leur contact sensible, ma lecture de leur être, et la maintenance d’un système absurde, inadapté, que je dois m’évertuer à faire tourner. On ajoute aussi des temps de transport, l’absence totale de possibilité de pause par accumulation de tâches…
          De fait, vous êtes nombreuses à parler de ce burn-out, que je ne crois pas psychologique, mais bien lié à un mode de vie à base de dé-féminisation, qu’un esprit en douance féminine, empathique, ne peut accepter sans se couper de soi, perdre son équilibre vital. Les femmes ont naturellement moins de sérotonine que les hommes dans le cerveau, le déséquilibre arrive plus vite. Le manque provoque une fatigue gigantesque et une rupture de la qualité du sommeil. La sérotonine n’est acquise que par l’alimentation et certains facteurs limitent encore l’entrée dans le cerveau, encore liée au régime alimentaire…. et je ne parle pas du café, du tabac ou de l’alcool, mais un rythme de vie masculin n’est pas possible pour la femme, d’où, il me semble, ces burn-out si fréquents, et liés à la douance, par la sur-activité qui en découle, et le tabou qui est mis sur l’empathie.
          Oui oui, ne baissons pas les bras, soyons fières de qui nous sommes, un peu de notre empathie et de notre émotivité, voire de notre intelligence, ne fera pas de mal à ce monde. Prenons le temps, observons et faisons bouger un tout petit peu ce monde, vous n’êtes pas seules, vous le voyez ici, et notre action est indispensable pour construire un autre monde. Il ne faut pas s’arrêter aux remarques des autres qui sont souvent des aveux de faiblesse.

          • Cécile dit :

            « Les femmes ont naturellement moins de sérotonine que les hommes dans le cerveau »
            … En fait, ce n’est pas le taux de sérotonine qui est en cause dans le cerveau féminin. Il est identique chez les hommes et chez les femmes.
            Selon les conclusions d’une étude publiée par le Karolinska Institutet de Stockholm, les femmes ont plus de récepteurs de sérotonine que les hommes, mais moins de la protéine qui transporte cette fameuse sérotonine dans les cellules nerveuses. (Ici une traduction de l’article en français)

            De surcroît, il y a visiblement chez les surdoués,une question de qualité de certains des récepteurs de la sérotonine.

            Il a été par ailleurs constaté qu’un effort prolongé d’adaptation à une situation frustrante provoque une chute des taux de sérotonine, de noradrenaline et de dopamine.

            « Where a child encounters material that is unchallenging the brain fails to release appropriate levels of dopamine, noradrenalin and serotonin, all of which are required for learning. Externally, this manifests itself as apathy. » (« Quand un enfant est face à une matière qui ne lui apporte aucune stimulation, le cerveau ne sécrète plus les niveaux appropriés de dopamine, de noradrenaline et de sérotonine qui sont nécessaires à l’apprentissage. Extérieurement, ceci se manifeste par de l’apathie » – Traduction de la dernière phrase du paragraphe quoté 1 dans ce document)

            Ce qui est vai pour les enfants est aussi vrai pour les adults, fondemet du burn out… qui est en fait un bore out (ennui profond.. mais on va expliquer ça comment à une hiérarchie qui sera alors tentée de répondre en donnant du « plus » et pas du « autremement/mieux » ?)

            « La sérotonine n’est acquise que par l’alimentation et certains facteurs limitent encore l’entrée dans le cerveau »
            Oui, mais la barrière hémato-encéphalique est la première à en limiter l’accès dans le cerveau (priorité à d’autres neuro transmetteurs)
            Cela dit, il est désormais acquis que 80 à 90% de la sérotonine est utilisée par la sphère gastro-hépatique (le fameux « 2° cerveau » humain)

            « un rythme de vie masculin n’est pas possible pour la femme »
            Le rythme de vie actuel n’est pas respectueux des besoins humains (ne serait-ce que penser au travail de nuit alors qu’on sait que la lumière du jour est bénéfique pour la santé – ceux qui travaillent de nuit vont aller dormir une grande partie du jour)

            • tournevis dit :

              Pour compléter ce qui est dit des différences femmes / hommes concernant la sérotonine et les anti-dépresseurs, voici http://www.lepoint.fr/sante/le-sexisme-s-invite-dans-la-medecine-19-07-2014-1847453_40.php
              On n’est pas sorties de l’auberge…

            • Patricia dit :

              « Les femmes ont naturellement moins de sérotonine que les hommes dans le cerveau »
              « … En fait, ce n’est pas le taux de sérotonine qui est en cause dans le cerveau féminin. Il est identique chez les hommes et chez les femmes. »
              Si je rajoute disponible, je serai plus près de la vérité: Je ne parlais pas de taux, mais de la sérotonine utilisable.
              La question de la sérotonine n’est pas close. On sait maintenant que le tryptophane est utilisé aussi en grande quantité dans les ostéoblastes et la sérotonine ainsi-synthétisée dans l’os même est un agent très important d’équilibre entre la construction et la dégradation osseuse. Chez la femme ménopausée, la chute hormonale provoque une fuite osseuse, et l’on peut penser que si les troubles sérotoniques sont plus fréquents après 50 ans, cela n’est pas anodin.

              Le tryptophane doit passer la barrière chimique et là seulement se trouve synthétisé en sérotonine, et les sites sérotoninergiques sont plus diversifiés chez la femme, ce qui signifie aussi une plus grande dispersion de la sérotonine disponible, soit moins dans chaque bourgeon synaptique. Par ailleurs, moins de protéines de recapture, cela signifie que la sérotonine étant libérée dans la synapse, elle n’est pas récupérée dans le bourgeon émetteur , joue son rôle, puis est éliminée si elle n’est pas recapturée.
              Il faut bien comprendre que le rôle de la sérotonine peut être exitateur ou inhibiteur, que donc moins de recapture peut être aussi bien un facteur de plus grande transmission nerveuse, comme d’une plus grande inhibition de l’influx.
              Ce n’est donc pas véritablement une question de dosage de la sérotonine totale, mais de son écoulement qui est plus important chez la femme.
              La sérotonine neuronale ne peut compter sur d’autre apport que le tryptophane synthétisé en passant la barrière chimique. L’alimentation joue un rôle très important, car en effet, les acides aminés, par exemple en grand nombre dans la viande, en compagnie du tryptophane, sont prioritaires pour passer la barrière chimique. Il s’en suit un déficit très marqué du taux de sérotonine neuronal.
              Je précise cela parce que je l’ai vécu. j’ai eu un traitement anti-recapture qui a tenu ce rôle assez longtemps de forçage, pour rétablir un fonctionnement normal, mais cela reste fragile, et j’ai pu faire cette expérience de prendre une viande rouge le soir, le manque de sérotonine se fait vite sentir, notamment par la perte du sommeil et un état de fatigue qui se prolonge le lendemain.
              Quand aux causes, aucun médecin n’est en mesure d’expliquer la chute des nivaux de sérotonine autrement que par des cofacteurs éventuels.

          • tournevis dit :

            « un rythme de vie masculin n’est pas possible pour la femme »
            Ben évidemment, on se tape 80% des tâches domestiques en plus du boulot, eux non plus ne pourraient pas vivre ce que nous vivons ! Pourquoi ne pas présenter les choses sous cet angle-là : les hommes sont bien incapables de tenir le rythme de vie imposé aux femmes, plutôt que cette tournure ci-dessus qui nous présente une fois de plus comme des mauviettes, le sexe faible ?

            Je suis d’accord que le burn out n’est pas psychologique mais physiologique. J’y suis en plein dedans, depuis des années, bien que personne ne veuille le reconnaître (ben forcément, quand on est au chômage on ne peut pas être en burn out…) et je suis convaincue que c’est bien un problème physiologique, que je ne sais pas résoudre, et pas un problème psychologique, bien que celui-ci finisse par s’y rajouter car il n’y a rien de plus déprimant que de n’arriver physiquement à rien quand l’esprit a encore tant de désirs et de bonnes idées.

            • Cécile dit :

              Burn out… ou bore out ? (ennui profond qui déprime).

              • tournevis dit :

                Les deux mon général, je suis épuisée physiquement, mentalement, moralement. Je m’ennuie, c’est sûr, mais contrairement à autrefois, je n’ai plus la force de me bouger pour sortir de cet ennui et, souvent, j’ai des envies que je ne parviens pas à mettre en oeuvre faute d’énergie, ce qui me démoralise énormément.

      • lechalote dit :

        Bonjour Césarine,
        J’ai eu les mêmes colères que toi, les mêmes révoltes. Evoluer en tant que cadre dans un monde d’hommes quand on n’a pas été prévenue que les diplômes et la compétence ne sont en rien un rempart contre une société patriarcale qui cherche à tout prix à se préserver est une épreuve difficile. Pour ma part, je prends aussi conscience de mon impatience et de ma colère face à l’incompétence et à la bêtise des comportements (masculins et féminins confondus). A 20 ans, je m’exhortais à changer, à accepter, maintenant que je suis consciente que c’est bien moi qui suis dans le vrai, je m’autorise ces crises de colère avant de passer autre chose. Parce que dans le fond, le bordel qu’ils génèrent ne me concerne plus, je fais à mon petit niveau ce que j’aime faire, en réconforter certains, prendre de la force auprès d’autres, et j’essaie de tenir les cro magnons à distance en gardant en tête qu’on a pas tous le même chemin d’évolution, et surtout en travaillant mes limites et mon assertivité (toi essayer de me mettre la tête sous l’eau avec des arguments à la con alors moi te rappeler ce que j’ai fait de bien, voilà c’est factuel, toi n’avoir rien à répondre? Super, alors toi te taire ou trouver un truc intelligent à dire, et merdalafin). On me demande pourquoi je ne suis pas manager, la réponse est simple : je préfère avoir à gérer un crétin au dessus que 5 ou 10 en dessous. C’est dur mais si je regarde les choses en face, c’est la stricte vérité. Ca me laisse du temps pour aller explorer ce que j’aime et que je trouve ici comme une communauté au même titre que le QI: la recherche de sens, le développement personnel vers ce que j’aime et qui a du sens pour moi (yoga, massages, écouter et développer mon intuition), et je découvre aussi que les femmes, qui ont été isolées dans cette société patriarcale, cherchent de plus en plus à renouer ce lien entre elles, par ce qu’elles sont profondément. Ca, je l’ai vraiment « vu » hier, cette solitude qui m’habite et qui habite toutes les femmes et qui est une conséquence de notre place dans cette société, et certaines font le chemin pour se réunir, je vais aller voir de plus près de ce côté là :-). Ca c’est ma recherche (autant dire que ça a été long, l’idée d’être entourée de femmes, ça me terrifiait), mais je ne veux plus me taper la tête contre le mur en béton de la stupidité du fonctionnement qu’on nous impose (entreprises, économie, sociétés, médias en tous genres), et aller vers d’autres voies, qui me semblent vraies celles là, et qui apportent du beau et du bien (exploration en douceur, et sans me perdre, bien entendu…). L’intérêt de ces expériences extrêmement violentes est qu’elles nous permettent de mettre à jour notre force, et le fait qu’il y a des endroits en nous même où personne ne peut nous atteindre, jamais. Découvrir sa force, c’est pas rien!

        • chan dit :

          @lechalote 11 novembre 2013 at 10 h 16 min,
          Merci pour ce billet plein de lucidité mordante et rafraichissante ! Comme une neige nouvelle qui nettoie un paysage souillé…

           »Découvrir sa force, c’est pas rien! » : en effet, alors c’est quoi, ce  »pas rien » ? comment le nommeriez-vous ? un peu de peur, ou bien beaucoup, excitation, chaos, désir, doute ? Quoi d’autre ? Moi, ces forces silencieuses qui hurlent la nuit comme des démons enchainés me font flipper.
          Elles sont si puissantes qu’elles brûlent mon sang, me figent dans des abîmes de désespoir… je n’arrive toujours pas à savoir ni pourquoi, ni comment… et vers où le prochain mouvement va me mener….
          Enfin… merci.
          Chan

          • lechalote dit :

            Merci beaucoup, comme ça fait du bien! Découvrir sa force, c’est se faire confiance (un bon point de départ c’est de faire un récapitulatif honnête de tout ce qu’on fait de bien . On en est souvent incapables. On pense que c’est « normal », quand on ne trouve pas que c’est nettement insuffisant par rapport aux objectifs qu’on s’est fixés, à des attentes qu’on a vis à vis de soi et qui sont irréalistes tellement elles sont hautes, bref, être déjà capable de voir en face ce qu’on a accompli et qui est vraiment bien), et avoir confiance dans ce que la vie nous apporte. Sortir de la blessure qui fait qu’on rentre dans son trou pour ne plus avoir à souffrir, et s’ouvrir à ce qui arrive, à ce qui est beau . Aller vers ce qu’on aime et qui est bon pour soi. Je ne trouve pas autre chose. Savoir qui on est et poser des limites est très important. Les HP manquent de limites, ils sont capables d’avoir une vision très large et du coup, ne pensent pas avoir à poser des limites aux autres. Pourtant, c’est vital.

          • tournevis dit :

            Je ne peux que plussoyer Lechalote. Prendre soin de soi et (se) poser des limites, c’est le b-a-ba, et c’est un vrai gros boulot de tous les instants.
            Il y a en effet un gouffre entre tout ce que notre esprit nous fait percevoir, imagine et désire, et ce qui est matériellement possible. Ma mère répète souvent que les journées n’ont que 24 heures, et… ben oui, les journées n’ont que 24 heures et nous ne pouvons pas aller plus vite que la lumière et tout ça.
            Et, oui, la plupart des gens sont quand même des brutes épaisses, même si ça n’est pas politiquement correct de le dire, mais c’est vrai, faut être un peu réaliste :(
            Heureusement, il y en a aussi de tellement chouettes, important aussi de se nourrir de ces belles rencontres :)

        • lechalote dit :

          Pour Cécile : se respecter « au moins autant » (gras, souligné) qu’on respecte les autres. Arrêter de vouloir faire plaisir par crainte de « ne pas être aimé » ou de se minimiser pour le pas les froisser (ça ne change rien, on y gagne en respect), et penser à soi d’abord (re-gras, souligné) dans les circonstances purement sociales (boulot notamment) . Ca, c’est pour les HP, les autres le font déjà (trop) naturellement, et trouvent tout naturel de « pisser » autour de leur territoire et sur celui du voisin si il ne le protège pas (le voisin c’est nous) (et feraient mieux de penser un peu plus à ce qui les entoure, certes, c’est un jugement, j’assume, tant pis pour la parole impeccable).

          • Cécile dit :

            Merci pour le partage :)

          • supernova dit :

            Entièrement d’accord avec vous lechalote, même si je suis un garçon :-) .
            J’essaie de mettre en application des principes similaires depuis que j’ai récupéré (du moins je l’espère) de mon burn-out. Et les voir écrits me rassure beaucoup parce que cela me rappelle que je ne suis pas un cas particulier.

        • Patricia dit :

          Lechalote, nous restons donc toutes, douées ou pas sur une même aspiration, je vois.
          J’aime beaucoup cette intervention. Je n’en dis pas plus, j’ai déjà beaucoup réagi ci dessus, pour donner mon avis. Je semble assez ‘zen’, mais j’admire votre capacité à brusquer un peu le débat.
          Pour moi, il s’agit d’un système masculin, qui rend aussi esclaves de nombreux hommes.
          Mais cette idée de nous retrouver entre femmes pour changer ce système, nous sommes de plus en plus nombreuses, il me semble à l’avoir, et je suis assez réconfortée aussi de pouvoir parler de cela entre personnes qui ont certainement la capacité d’analyser ces situations, et de démonter ce système de gouvernance, par des propositions nouvelles, des idées de femmes, pas des femmes qui copient le système masculin, mais qui proposent leur monde, leur univers.
          Je vais créer un blog qui sera sur ce sujet. J’aimerai y mettre des textes de femmes, justement qui ont tant de volonté de mettre tout cela sur la table…à suivre.
          En tout cas merci à toutes, vos témoignages confortent cette certitude que nous avons en commun.

          • Cécile dit :

            Il est vrai que les femmes s’expriment plus – les hommes ont appris à se taire quand il s’agit de leur propre souffrance… c’est d’ailleurs dommage, car c’est ainsi qu’ils sont dépressifs plus longtemps et réussissent mieux leur suicide.

  12. lollol dit :

    Vos commentaires m’ont bien fait rire.
    J’ai 32 ans et j’ai souivi un cursus normal scolaire bien que jamais assidue autant tres bonne eleve, autant eleve moyenne, autant motivee par des professeurs autant demotivee par moi meme … aujourd’hui je suis consultante mais je travaille 6 mois dans l’annee ce qui me permet de vivre humblement.
    Je ne me sens que malade dans une societe qui est loin d’etre mon ideal. Je ne pense pas etre surdouee, mais je peux vous dire que ce n’est pas une question de qi qui fait que certains realisent et d’autres pas. Reaslisent que nos societes modernes sont des poubelles a ciel ouvert qui creent des zombis sous l’affluence du pouvoir, de la richesse selon une hierarchie bien etablie.
    Meme etant surdoue, vous n’avez pas une bonne vision d’ensemble. Il faut redesecendre de votre petit nuage.
    Ce ne sont pas tous les surdoues qui pensent aussi de cette facon.
    Depuis que j’ai 5 ans a tout casser, j’ai une certaine peur de la mort, et aussi celle de vivre pour ensuite vieillir et perir et souvent je pleurais silencieusement dans mon lit. Question existentielle!
    L’eveillement de la conscience vient de l’emotion qui en resulte.

    • Patricia dit :

      Lol! il faut redescendre de notre petit nuage!… oui mais vu des nuages on a parfois une meilleure vue d’ensemble que le nez dans son assiette.
      Je pense, Lollol, que vous avez raison, si l’on parle de raisonnement systémique, ce dont peu de femmes ici semblent user. Mais justement votre remarque illustre bien le problème de la ‘douance’ : La complexité. Il est un fait que cette complexité a tendance à nous faire emprunter mille chemins sur lesquels il est facile de se perdre. Avec un raisonnement simpliste ou systémique input-output, il est cependant difficile de faire changer les choses, or c’est notre but à tous et toutes.
      Que le constat soit fait de ce monde pourri, c’est tous qui peuvent l’observer, c’est un ensemble de données de départ. mais ensuite, quel chemin prendre? Que faire? Certains n’ont même pas la force ou l’idée de changer ce monde pourri!
      Alors vu d’un peu haut, on distingue les arborescences de ce monde malade, on peut suivre des raisonnement qui ont une solution ou pas, et choisir des modes d’action.

      • Cécile dit :

        « raisonnement systémique, ce dont peu de femmes ici semblent user »
        Euh…attention aux a priori

        Pas de différence homme femme dans le cerveau sur le sujet du systémique !
        Pendant que les hommes doivent considérer l’ensemble du terrain de chasse et les moyens en présence pour abattre les mammouths (visions statique et dynamique)
        les femmes doivent considérer l’ensemble de la caverne et des lieux environnants pour à la fois assurer l’alimentation (cueillette, dépeçage et cuisine) et l’hygiène du lieu, tout en assurant la surveillance et l’éducation des enfants (visions statistique et dynamique)

        En revanche, des milliers d’années de formatage à reconsidérer.
        je lisais récemment qu’un test a été effectué : présenter la figure de Rey à reproduire, soit en indiquant que c’est un exercice de géométrie (maths); soit en le présentant comme un exercice de dessin.
        Bien que la figure à reproduire soit donc exactement la même,
        Dans le premier cas (maths), les garçons réussissaient statistiquement mieux car il y a un blocage appris des maths chez les filles pré-supposées moins bonnes en maths que les garçons.
        Dans le second cas, (dessin), les filles réussissaient statistiquement mieux, « mépris » appris chez les garçons pour le dessin, activité secondaire.

  13. chivrac marc dit :

    bravo mes amis(ies) pour votre intelligence,votre sensibilité et surtout pour votre courage,car le surdoué est seul dans une société des normes,il est le gentil nuisible qui trouble la paix des gens de la conformité,inutile de perdre votre temps avec cette majorité de gens stupides,les surdoués doivent se regrouper pour lutter contre cette société hostile.je vous souhaite à tous mon amitié la plus sincère.
    MARC

    • Cécile dit :

      Lutter contre ?
      Oui, mais alors je propose de façon virale, pour arriver à l’osmose, puis à la symbiose et à l’équilibre : l’un ne peut pas vivre sans l’autre.

      • tournevis dit :

        Les hp ne sont pas tous des gentils, il en est des toxiques, aussi.

        Quant à la société, elle intègre très bien les hp pas trop tordus et qui réussissent, il y en a plein et ce sont eux qui ont fait évoluer l’humanité depuis qu’elle est.

        Lutter contre les « np » (à supposer que cette entité existe) est stérile et ferait de nous les nuisibles bêtes et méchants que nous ne souhaitons pas être. C’est ce qui se passe régulièrement, rien de nouveau.

        Aussi, je suis d’accord avec Cécile : faire savoir sereinement que nous existons, aider ceux qui s’ignorent à découvrir qui ils sont (et nous serons ainsi bien plus que les 2% qu’on nous accorde généralement) et faire progresser la prise de conscience, lentement mais sûrement, jusqu’au point de basculement.

  14. Wolverine dit :

    Bonjour à tous,
    j’ai pris le temps de lire vos nombreux post et j’aimerais intervenir à ce sujet.
    notamment ton témoignage lysandre qui ma pas laissé indifférent.

    je trouve que les « gens normaux » de notre société plongé et aveuglé par le système capitaliste raisonne de la manière suivante : étude + argent + réussite = intelligence

    Alors la question, c’est comment pouvoir être reconnu face aux autres dans notre société, lorsque que nos valeurs et notre mode de pensée vont à l’inverse de celui imposé ?

    Alors pour répondre à cette question, j’aimerais partager avec vous mon expérience et ma philosophie face au dilemme en quelques lignes.

    J’ai 32 ans et je suis dirigeant d’une agence de publicité sur internet ( présentation représentative de notre système, nom prénom et activité professionnelle, encore une fois on parle du statut pro en premier )

    J’ai eu un parcours Kotique : viré du collége en 3éme, je suis parti en apprentissage à l’âge de 16 ans, j’ai enchaîné les galère et les échecs, et je vous passe toutes les soufrances mentales et même physique que m’ont fait vivre mes chers ex patrons qui n’arrivaient pas à comprendre ma manière de fonctionner .

    Anticapitaliste et rebelle dans l’âme, n’ayant pas conscience de ma douance et aucun repère face aux adultes ni même envers ma famille, qui eux même d’ailleurs pensaient que la réussite scolaire et professionnelle était le reflet de l’intelligence, j’ai du créer mes propres repères et faire front au système en me battant seul contre tous. ( les mots était un peu moins soutenu à l’époque et penché plus pour le : ‘ je vous emmerde et je vais me battre pour vous en mettre plein la vue bande de cons )

    Cette situation destructrice à construite chez moi ( comme beaucoup d’entre nous ) une farouche volonté de m’en sortir et d’essayer de prouver que j’étais capable d’y arriver en démontrant aux autres que je pouvais être assimilé à quelqu’un de « matériellement intelligent  » dans notre société. J’avais malheureusement conscience que c’était le seul moyen d’avoir un zest de reconnaissance et pouvoir avoir enfin le sentiment d’exister !…

    Suite à un parcours semé d’embûche et d’efforts considérable pour arriver au but , en ayant cumulé 7 apprentissage mutli-métiers et pas mal d’expérience professionnelle, en 2006, je crée ma première entreprise, 2 ans après ma petite entreprise compte 5 salariés et maintenant je développe une Start-Up à l’ échelle nationale. ‘

    Au final, ce manque de reconnaissance et de considération à créé chez moi une forte ténacité ( schéma typique aussi du surdoué non diagnostiqué ) mais une fois le but atteint, c’est en quelque sorte une forme de satisfaction, ( mêlé à beaucoup de souffrance pour réussir ) mais le plus triste dans l’histoire, c’est qu’une fois que vous avez passé le cap de  » la thérapie par la réussite, »
    ( qui était avant tout chez moi essentiellement psychologique ) l’être humain ce retourne sur ton parcours et devient assez con pour en devenir jaloux.

    La moral de cette histoire, et la conclusion que je je peux en tirer maintenant,
    c’est que l’humain est prisonnier de son égaux et trouvera toujours un prétexte tôt ou tard pour véhiculer une image qui ne vous ressemble pas.

    Alors, vous êtes dans un système capitaliste, c vrai, mais vous et moi n’avons pas le choix, alors faite comme moi….exploitez le ! Mettez vos qualités humaines, vos idées et votre génie au sein du système en le rendant meilleure et tirez des bénéfices personnel et matériel de cette expérience. Si par exemple, vous étiez née au fin fond de l’Afrique dans une tribu, Comment auriez-vous exploiter votre potentiel ?

  15. Lysandre dit :

    La compréhension du phénomène qui nous bouscule est un premier pas. Malheureusement, cette méthodologie de psychologue n’aide que superficiellement.

    Et si le problème ne venait pas de l’adaptabilité des « surdoués » mais de la société elle-même?
    Les premiers pas de la psychanalyse avec Freud ont directement donné naissance à la société de consommation et l’inconscient a été allègrement manipulé (en commençant pas Edward Bernays : neveu de Freud…, aux Etats Unis). Je ne veux pas entrer dans une historique de la naissance de cette société, la naissance de la « folie » (Foucault), mais il faut arrêter d’essayer de faire entrer les surdoués dans des cases et de les « apaiser » avec de la psychologie en homéopatie.

    Surdouée, ayant beaucoup souffert de l’existence, et souffrant toujours de ma lucidité, je ne veux plus avoir honte d’être clairvoyante et intelligente! Je ne veux plus me limiter à n’être qu’une consommatrice mal adaptée au système qui ne parvient pas à vivre la vie de madame X. Non!
    Je sais désormais que ce sont les personnes lucides, surdouées ou pas, vous les appelez comme vous le désirez, ce sont ces personnes là qui ont une vision juste sur la société. N’oublions surtout pas que l’appellation « surdoué » n’est pas suffisante. Il y a ceux qui sont bien intégrés, du type plus « scientifiques » et ceux qui restent en souffrance, du type « artiste », si je puis me permettre cette différenciation. Le mot « surdoué » ne suffit pas. En revanche il est temps pour les surdoués du type « artiste » d’imposer leurs vision du monde et de cesser cette tentative d’intégration!

    J’ai 26 ans, bac+8, et j’ai décidé de ne pas travailler, de ne pas respecter des horaires de bureau, de ne gagner que 800€ par mois alors que je pourrais gagner quatre fois cette somme. Je préfère un mi temps utile qu’un travail à plein temps d’hypocrite. Je ne veux pas participer à cette hypocrisie. Et je consacre mon temps libre à ma recherche philosophique, spirituelle et psychique. J’écris car je pense que nos idées doivent être assumées, qu’elles sont justes.

    • Cécile dit :

      « The rise of the creative class », le titre d’un livre rédigé par un sociologue américain – Richard Florida…

      Merci de votre commentaire Lysandre. Il rejoint effectivement les reflexions d’un certain nombre d’entre nous. Et il me semble important que chacun puisse s’engager à sa façon
      pour faciliter le dialogue et la co-existence de différentes façons de penser et de fonctionner.

      • Lysandre dit :

        Merci Cécile pour la référence bibliographique, cependant cette étude semble illusoirement correspondre à mes intentions…
        Il s’agit ici d’une catégorisation totalement absorbée par le système capitaliste, une réification du potentiel créatif, ce qui à mon sens n’apporte rien de plus ou de réellement différent. On peut croire à un changement de vision, mais ce n’est qu’un leure, le fond : le système, reste exactement le même.

        Je conseillerai un corpus de lectures qui dans sa diversité m’a accompagnée dans ma prise de conscience existentielle :
        - « The doors of perception » Aldous Huxley
        - « La société du spectacle » Gyt Debord
        - « La nausée » Sartre

        La prise de conscience existentielle ne doit pas nécessairement être une dépression.

        • Cécile dit :

          Merci de ce commentaire Lysandre

          La question me semble toujours la même au fond : comment trouver sa place dans un système qui apparemment, ne vous en accorde pas, dans la mesure où il n’est pas en accord avec vos valeurs ?
          Jusqu’où peut on survivre en étant seul et sans s’en accomoder à un moment ou un autre ?

          je ne connais pas Debord – mais à mon sens Sartre et Huxley n’ont du leur survie dans le monde que nous vivons qu’à la reconnaissance qui leur a été accordée (et de fait, à la marge de liberté qui leur a été laissé de s’exprimer et d’expérimenter (liberté sexuelle pour l’un, usage de drogues pour le second)).
          Qu’en est il pour ceux qui n’ont pas cette reconnaissance ? Comment peuvent ils vivre ? ou parfois simplement survivre ?

          • Lysandre dit :

            Bonjour Cécile,

            Le système n’accorde aucune place à l’insubordination ni même à l’alternative. Pourquoi serait-ce aux êtres de s’ajuster et non pas à la société de changer? Heureusement nous ne sommes pas seuls. Nous devrions oeuvrer ensemble dans un même but, justement, plutôt que de chercher des solutions individuelles.

            Guy Debord a fini par être paralysé par sa lucidité sur la société puis l’échec de ses tentatives, et justement je pense que Huxley apporte ce qu’il manquait : une ouverture spirituelle (car il s’agit de perception, de spiritualité, plus que d’usage de drogues qui ne sont qu’un véhicule). Sartre exprime parfaitement la prise de conscience et le chamboulement psychologique. La réelle prise de conscience est celle qui dépasse la compréhension pour s’épandre dans le ressenti sensoriel, voir suprasensoriel (j’invente des mots). Pour un problème de cet ordre, il n’y a pas de solution pragmatique. Pourtant il existe une solution!

            Nous ne pouvons pas continuer de vivre emprisonnés, et je sais avec trop de peine que nous sommes assez nombreux à souffrir des contraintes et du manque de liberté. Je n’ai pas de solution claire, mais je sais ce qu’il ne faut pas faire et dans quelle direction chercher. Il serait intéressant d’avoir une plateforme d’échange sérieuse sur ce sujet.

    • Stéphanie Aubertin dit :

      Bonjour Lysandre

      J’ai bac + 13, suis très lucide, scientifique ET artiste.
      J’ai passé pas mal d’années prise par la gorge par des revenus modestes dans des jobs qui ne me correspondaient pas, alors j’ai décidé de créer le job qui me plait, même si pour l’instant, je me sers toujours la ceinture.

      Votre phrase sur l’adaptabilité des surdoués à la société me fait penser à une intervention de JD Nordmann qui se plaint du fait que ce soit à l’homme à s’adapter à la société alors qu’à l’origine la société a été créée pour l’homme…

      • Lysandre dit :

        Scientifique ET artiste, je le suis aussi en un sens puisque je m’intéresse aux sciences. Je ne sais pas ou vous voulez en venir, mais je pense malgré tout que les artistes (et je ne parle pas des personnes qui font de l’aquarelle et lisent Beaudelaire de temps à autres mais de l’esprit subversif, de l’art comme l’a défini Deleuse dans son abécédaire) sont avant tout une manière de penser et de voir le monde. Un artiste s’intéressera aux sciences accompagnées de la philosophie des sciences, par exemple.

        A vrai dire l’adaptabilité ne s’arrête pas aux surdoués, nous avons peut être une lucidité qui dépasse la compréhension pour s’épandre dans la sensation, mais beaucoup de personnes intelligentes et en introspection, sans être surdouées, souffrent de la société.

        à voir impérativement : The century of the self (Adam Curtiss)

        C’est bien que vous ayez trouvé une solution pour vous. Pour l’instant j’en ai aussi une pour moi, mais je ne voudrais pas que mes enfants aient à subir ce même monde, donc pourquoi ne pas chercher une solution pour nous tous?

    • Bonne-idée dit :

      Lysandre,
      Je ne suis ni artiste ni scientifique. Je suis sans doute surdouée et très sûrement anticapitaliste.

      Mais je n’hésite pas à dire que la reconnaissance du surdon et le respect de sa différence n’ont rien à voir ni avec le capitalisme ni avec l’anticapitalisme. Ce qui compte c’est la liberté que l’on nous laisse ou pas d’être différents. Oui c’est dur d’être différent dans le monde du travail mais cela n’a rien à voir avec le fait que nous vivions dans un système capitaliste. Celui-ci est générateur de souffrances qui sont ressenties par tous, surdoués comme non surdoués.

      La non acceptation de notre différence a quelque chose de profondément « humain ». Ce qu’il faut, c’est permettre l’éclosion d’une société où le différent, surtout sur le plan intellectuel, ne serait plus perçu comme un concurrent donc une société où la concurrence n’aurait plus lieu d’être. Il faut rompre avec le capitalisme mais il faut aller sans doute aller au-delà vers quelque chose qui n’a à mon avis pas été imaginé.

      • pelure dit :

        Bonsoir à vous toutes
        Pour répondre un petit peu dans le désordre, bousculade oblige:
        -toutes les sociétés actuelles sont du type capitaliste, la démocratie n’est qu’un leurre pour mieux laisser les gens se faire manger par les plus voraces d’entre eux (je pense à Dany Robert Dufour), même le communisme (et autre totalitarismes)n’était qu’un capitalisme poussé à l’extrême et où les profiteurs n’étaient qu’une poignée d’élus (plus ou moins délirants)
        -toutefois, l’homme est avant tout un animal social, comment faire pour vivre en dehors de la société
        -penser que le créatif puisse imposer sa vision des choses me semble bien utopique
        -l’homme, comme tout animal et peut-être la nature en général, a horreur de la différence et ceci malgré le fait que la différence soit inhérente à son état
        -j’ai bien aimé l’idée de la « prise de conscience qui dépasse la compréhension pour s’épandre dans le ressenti »-c’est là que vous avez compris le piège du « langage » , ce propre de l’homme qui le coupe de son côté transcendental…qui lui est tout aussi propre.Mais ceci a déjà été vu par les religions et tous les courants approchant
        -et pour finir, à la question de Cécile « comment font pour survivre ceux qui ne sont pas reconnus dans leurs différences »..eh ben c’est pas toujours facile, c’est pour ça que le genre d’endroits comme ce blog sont une aide inestimable.Donc merci à vous tous. En attendant que l’utopie de Bonne-idée advienne par voie autre que langagière à la conscience de l’un(e) d’entre v(n)ous
        je vous souhaite une belle journée

      • PetLover dit :

        Bonne-idée je vous trouve tellement… adorable! Je cite votre phrase: « …où le différent, surtout sur le plan intellectuel, ne serait plus perçu comme un concurrent donc une société où la concurrence n’aurait plus lieu d’être » Wooaaaooooowwww ça m’en bouche un coin! Vous pensez vraiment ce que vous dites? Vous y croyez dur comme fer à cette affirmation???? Je suis prète à vous parier, là, de suite, que le jour où cela arrivera, où dans notre société la concurrence n’aura plus lieu d’etre, que la terre n’ont plus ne sera plus ou alors bien seule, sans AUCUN etre vivant pour se dégourdir les jambes, les pattes ou les nageoirs….. La concurrence fait partie de l’instinct de survie, si celui-ci meurt, toute vie comme nous la connaissons actuellement, meurt. Donc en gros, il faudrait lancer une bombe nucléaire sur la terre, éliminer toute sorte d’etres vivants et pensants et recommencer à 0 avec d’autres critères de vie. Je vous souhaite bon courage dans vos jolies croyances. Très affectueusement. Signé: surement une blasée mais plus une ingénue.

      • Lysandre dit :

        Personnellement je me fiche que mon « surdon » soit reconnu par CETTE société. Et j’oeuvre pour une société nouvelle qui sera impulsée peut être par nous mais développée par notre descendance. Je ne me fais donc pas d’illusion, Nietzsche a fait bien rire lorsqu’il a publié « La naissance de la tragédie ». Il faut avoir assez confiance en soi pour ne pas vouloir à tout pris être reconnu par une société qui est intrinsèquement incapable de reconnaître le véritable sens de la « douance »

        • Diamondsandpearls dit :

          Ce n’est pas la société qui est incapable de reconnaître la surdouance ce sont les gens qui la composent à 99,9%, les autres quoi, pour qui ce serait inacceptable…et je les comprends remarque, il y a sans doute autant de différence entre eux et nous qu’entre eux et des handicapés mentaux, ce n’est pas plaisant à savoir…Moi aussi j’ai définitivement renoncé à m’intégrer et à essayer, en pure perte, d’obtenir une reconnaissance qui ne viendra jamais. Quant à changer le monde…pour qu’il change il faudrait changer ses habitants, ce n’est pas un problème de capitalisme.
          Bref mon problème à moi à l’heure qu’il est est de savoir comment je vais m’y prendre pour créer mon petit paradis personnel sur cette terre, il me paraît bien évident que les autres et leurs sociétés ne relèvent pas de mes compétences…

          • tournevis dit :

            « Quant à changer le monde…pour qu’il change il faudrait changer ses habitants, ce n’est pas un problème de capitalisme. »

            Je suis assez d’accord avec ça (mais pas avec le chiffre de 99,9%, nous sommes quand même officiellement 2% et à mon avis bien le double ; mais bon, c’est pour chipoter).

            De toute façon, la seule chose que chacun-e a le droit, le pouvoir et le devoir de changer, c’est soi-même, pas les autres. Ça occupe déjà pas mal et c’est remarquablement efficace (indirectement sur les autres, je veux dire).

    • Wolverine dit :

      je viens de poster un commentaire en rapport avec le vôtre..bonne soirée

    • nicolas dit :

      La lucidité n’est pas un handicap , par contre l’assimiler à nôtre potentiel d’adaptation en est un.Voir les choses tel qu’elles le sont n’est pas en soi quelque chose de négatif…On parle d’anticapitalisme d’anticonformisme et d’inadaptation à cette société.
      Le plus important , de mon point de vue , est d’observer et comprendre l’ensemble des choses et sous tout les angles. Tu peux être inadapté et rejeter le capitalisme mais si tu te mets dans la peau d’une personne qui vit et pense différemment de toi en tant que capitaliste alors tu te rendras compte qu’il n’y a rien de négatif dans ta réalité (puisqu’elle n’est qu’une opposition à une autre réalité qui elle a sa validité dans sa propre existence).Chacun détient ses propres raisons d’être ce qu’il est ,nôtre pouvoir à nous étant de se mettre « à la place de » pour le comprendre, dès lors que je le comprends je me dis le capitaliste a raison dans sa réalité mais non dans la mienne.
      Du coup dans ma réalité à moi dois je être en opposition avec l’autre si je comprends la sienne…du coup oui ou non ou pas forcément selon nôtre compréhension de la réalité de l’autre.

      Mais ensuite que faire pour trouver ma propre place et vivre m’épanouir dans ce monde qui n’est pas un monde fluide et harmonieux que tout le monde dit « ironiquement » utopique.De mon observation (juste ou non …à débattre) le monde est fait de fonctionnements conscients et de fonctionnements puissants et les mouvements de la vie se résument à un juste équilibre entre les 2 (à débattre pour l’équilibre).Si je vis dans un monde en puissance je vis dans une dictature ,si je suis moi même uniquement en puissance je suis moi même un dictateur , si je vis dans un monde en conscience je vis dans le monde des bisounours (les hippies ont essayés ,ils ont échoué ) pourquoi? parce que s’il n’y a pas un minimum de puissance dans mon mode de fonctionnement je ne suis pas apte à la survie dans ce monde.Les bouddhistes ont aussi échoués (écrasés par la dictature chinoise…sur le coup totale puissance et totale conscience se rencontre qui gagne ? Celui qui a le plus sa place sur terre…Le plus puissant)

      Pourquoi la puissance est nécessaire dans nos sociétés?
      Pour assurer la survie (paradoxalement certaines projections psychologiques des puissants font l’inverse …la destruction…mais nous sortons du sujet pour entrer en psycho)
      La puissance ,si on la ramène à la plus simple des valeurs de la nature permet à l’espèce animale de survivre dans son environnement.Grace à :
      -la colère (permet de défendre un territoire)
      -les désirs ou mémorisation des sensations dans la psyché(permet la reproduction ainsi que la pérennité d’une espèce)
      -les répartitions de classes organisatrices de la nature (organisation de la meute chez les animaux , organisation des classes sociales et tributs chez l’homme…)qui permettent également la survie de la meute ou du système en question.
      -évidemment la liste est non exhaustive…

      Pourquoi sommes nous inadaptés ?Parce que développant trop de conscience ces dernières qualités ci dessus nous manquent cruellement pour survivre.
      (ça c’est l’histoire de chacun qui explique pourquoi…bien que la sensibilité est déjà là au départ)La créativité et la compréhension au détriment de l’adaptation.

      Donc peut être pour s’adapter ne serait t’il pas plus simple de ne pas considérer les comportements puissants ainsi que la société comme quelque chose d’éthiquement négatif mais tout simplement normal.

      J’ai une phrase qui m’a beaucoup aidé dans la vie parce que me posant les mêmes questions sur moi même que la plupart des gens ici : « On ne change pas le monde mais nôtre façon de le voir »

      • Ivan dit :

        Les paléoanthropologues considèrent que les chasseurs coeilleurs étaient organisés selon un modèle égalitaire, en fait. Il n’y avait pas de hiérarchie même si dans la pratique il y avait un « guide », cette fonction n’était pas due à l’hérédité mais aux compétences et plus probablement à l’âge. Les systèmes sociaux construits sur des rapports hiérarchiques sont nés avec la sédentarisation et la constitution de tribus. La nécessité d’assurer une réglementation des conflits et une redistribution des excédents ont amené à la formation d’autorités et de structures hiérarchiques. Par la suite la reproduction de l’autorité et des structures inégalitaires s’est appuyé sur la religion pour se légitimer.
        Voir, Jared Diamond :
        http://fr.wikipedia.org/wiki/De_l%27in%C3%A9galit%C3%A9_parmi_les_soci%C3%A9t%C3%A9s

        • nicolas dit :

          L’égo a trouvé sa propre place dans la psychologie humaine parce qu’il avait également un rôle à jouer dans l’organisation même de la nature humaine.Donc s’il y a eu un excès égotique à un moment dans le fonctionnement social de certains c’est qu’il y a eu une perte de responsabilisation de l’autre (l’équilibre est trop fragile pour rester harmonieux…toutes les sociétés l’ont prouvé)
          La religion n’était qu’un outil de manipulation des pensées , la manipulation était créer par l’égo qui lui , crée l’intelligence adaptative (soit pour s’adapter sur un système déjà existant soit pour en créer un de toutes pièces—féodalité puis démocratie heuuu enfin plutôt républiques)
          Ce qui a causé la perte de raison dans le fonctionnement de cet ensemble plus ou moins harmonieux est de mon point de vue l’argent.Il a fait que la qualité de pouvoir de l’égo n’ai plus de limite et la prise de puissance a engendré la perte de conscience, l’homme s’est isolé de son environnement pour transformer et modeler ce dernier selon ses propres croyances. (mondialisation)

    • Patricia dit :

      Je suis sur la même ligne. Il me semble que être fière et agir est la meilleure réponse à nos interrogations existentielles. Je vois la douance créative plus comme une douance féminine et empathique, le cerveau hyper-scientifique étant quand à lui un cerveau hyper-masculin. L’empathie n’est pas valorisée, nous sommes dans un système masculin, et il est vrai que selon la capacité systémique que l’on est capable de se construire, on peut être bien ou mal perçu.
      Rejeter le système conçu pour cela est une solution saine et sage. La société systémique ne doit pas être prorogée par les femmes elle mêmes. Bien au contraire, c’est un mode d’action pour faire changer ce monde.

      • Cécile dit :

        « Je vois la douance créative plus comme une douance féminine et empathique, le cerveau hyper-scientifique étant quand à lui un cerveau hyper-masculin. »
        Pas de différence homme-femme, juste des millénaires d’apprentissage d’un rôle social.

        Pour ceux qui n’ont pas lu les autres commentaires de Patricia, et les réponses que j’y ai apportées, je reprends ce que j’ai déjà écrit :
        Pas de différence homme femme dans le cerveau sur le sujet du systémique !
        Pendant que les hommes doivent considérer l’ensemble du terrain de chasse et les moyens en présence pour abattre les mammouths (visions statique et dynamique)
        les femmes doivent considérer l’ensemble de la caverne et des lieux environnants pour à la fois assurer l’alimentation (cueillette, dépeçage et cuisine) et l’hygiène du lieu, tout en assurant la surveillance et l’éducation des enfants (visions statistique et dynamique)

        En revanche, des milliers d’années de formatage à reconsidérer.
        je lisais récemment qu’un test a été effectué : présenter la figure de Rey à reproduire, soit en indiquant que c’est un exercice de géométrie (maths); soit en le présentant comme un exercice de dessin.
        Bien que la figure à reproduire soit donc exactement la même,
        Dans le premier cas (maths), les garçons réussissaient statistiquement mieux car il y a un blocage appris des maths chez les filles pré-supposées moins bonnes en maths que les garçons.
        Dans le second cas, (dessin), les filles réussissaient statistiquement mieux, « mépris » appris chez les garçons pour le dessin, activité secondaire.

  16. moonlight dit :

    on croirait presque que l’auteur a vécu ce de quoi il parle. Je me suis reconnue dans chaque phrase ! c’est vraiment très bien expliqué merci!

  17. bozinet dit :

    Merci vraiment pour ce texte clair et concis mais d’une grande qualité, j’en suis encore tout ému…

  18. alouette dit :

    ah, c’est pour ça que je ne parviens jamais à faire des choix, depuis aussi longtemps que je peux me rappeler ! ça me plonge dans l’angoisse, résultat : je ne fais rien et je culpabilise… chienne de vie !
    comment on fait pour sortir de ça, quand on approche des cinquante hivers ?

  19. Leonore dit :

    Genial :)
    Je ne me doutais pas que ca puisse avoir un nom ^^

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