Animal’s Farm (2) – The Albatross

From Charles Baudelaire (1821-1867), French poet.

The Albatross (from The Flowers of Evil – 1857)

Often, to amuse themselves, the men of a crew
Catch albatrosses, those vast sea birds
That indolently follow a ship
As it glides over the deep, briny sea.

Scarcely have they placed them on the deck
That these kings of the sky, clumsy, ashamed,
Pathetically let their great white wings
Drag beside them like oars.

That winged voyager, how weak and gauche he is,
So beautiful before, now comic and ugly!
One man worries his beak with a stubby clay pipe;
Another limps, mimics the cripple who once flew!

The poet resembles this  prince of cloud and sky
Who frequents the tempest and laughs at the bowman;
When exiled on the earth, the butt of hoots and jeers,
His giant wings prevent him from walking.

— William Aggeler, The Flowers of Evil (Fresno, CA: Academy Library Guild, 1954)

The gifted adult has first been a child. Some have so much suffered from their difference, that their only strategy to hide themselves was to become stupid. At which price ! so is intellectual inhibition leading to such a low self esteem…

French psychiatrist for children Dr Gauvrit  has written an article(in french) : ” The complex of the Albatross – Intellectual inhibition in gifted children – Self protecting or keeping off  ?

Some quotes :

It may look banal to compare an Albatross to a gifted child who is so worried (for not saying “handicapped”) by his/her high intelligence that the only way to get adapted to a non motivating schooling system and to get socially accepted is to inhibit his/her potential (clip his/her wings) “.

[Gifted children] “must choose between two pains : whether  do penance and do their life (and affective) time, by abandoning their potential and developing a feeling of frustration.  Or try to escape, whether by remaining alone, or becoming psychotic, getting off with their family and friends, or even committing a suicide so marginal and feeling guilty they can become. Get adapted or get off !”.

[…] “In a school class  where he/she cannot satisfy his/her hunger of knowledge, the child becomes absent minded, day dreamer (conflict internalization) or, opposite, becomes disruptive (externalization, acting instead of saying) in order to fight against a boredom environment.

[…]  “By giving up his/her intellectual potential the child first tries to protect him-/herself against misunderstanding and marginalization. It is not only a question of  curing a “social dyssynchrony”  it is also an attempt to artificially « resynchronize »  intelligence and affectivity.  By a whole series of counter investments the child recreates a new affective and intellctual dynamics with no more energy left for thinking.

[…] “Children with a high I.Q. use intelligence and theoritical knowledge as a fence.  The cold (and resting) intellectualization helps them not to fall into decompensation and an uncontrolled angst. When his/her defences are not enough, then the child might choose to set his/her intellectual aptitudes aside.

Alice Miller questions : « Does adaptation always goe along with depression ?

Dr Gauvrit answers : “intellectual inhibition does not come on top of depression : it is depression”.

11 thoughts on “Animal’s Farm (2) – The Albatross

  1. Je me rappelle avoir été énormément marquée par ce poème quand je l’ai appris à l’école. Surtout la fin. Pour moi, ça voulait dire qu’il n’était pas adapté à ce milieu-là et je me suis complétement identifiée à ça. Ca avait résonné en moi.
    Je parcours avec beaucoup d’intérêt votre site, d’autant plus que j’ai été “choquée (positivement)” d’y voir sur la page d’accueil une citation de Pearl Buck qui, elle aussi, quand je l’avais lue, m’avait tellement touchée par sa justesse que je l’avais immédiatement notée.

  2. ah lala, magnifique !

    j’y pensais justement ces jours-ci, en cherchant à quoi je me sentais ressembler : et c’est à l’albatros que j’ai pensé !
    et au martinet qui est un peu pareil : de grandes ailes, un splendide voilier, qui fait tout en vol (manger, s’accoupler et même dormir ! y’a que pour pondre, heureusement, qu’il se pose, mais en hauteur ; au fait, comment fait l’albatros ?) mais s’il tombe par terre, comme l’albatros il est fichu, incapable de décoller à cause de ses grandes ailes et de ses pattes trop courtes

    garder les pieds sur terre sans s’empêtrer dans nos grandes ailes, sans les rogner non plus, et en trouvant moyen de décoller quand bon nous semble… y’a du taf’, les ami-e-s !

  3. C’est assez drole de voir que ce poeme a etait attribué aux “surdoués”.
    (okay il y a rien de drole, je m’explique) Ce que je trouve drole c’est que, en tant qu’eleve de seconde, j’ai vu ce poeme en classe.
    Et j’ai etait vraiment tres touchée par celui ci, deja a ca lecture mais encore plus a son interpretation (car en cours de francais, on interprete) faite par les autres et … par la prof de francais.
    J’ai etait profondement outré de voir que ce qu’ils voient dans ce poeme, c’est que Baudelaire considere les poetes comme des etres tellement superieur que “nous” (c’est la prof qui parle) simple mortels sommes incapable de les comprendre, car puisque nous ne sommes pas des poetes nous sommes des etres inferieurs, ce qui est marquer par le fait que se soit un oiseau qui represente le poete, celui ci, en volant se trouve etre superieur aux autres.
    J’ai eu un 0 au devoir sur ce cours car j’etait incapable de dire que “Baudelaire se croit superieur au autres hommes” et que je n’ai donc pas rendu ce devoir, ca m’a beaucoup blesser, et ce qui est drole en fait c’est que j’ai tout de suite assimilé ce poeme aux surdoués et que c’est pour cette raison que j’ai etait ettonée de voir qu’il revient souvent dans le cas de l’inhibition intellectuelle.

    Desolé mais ca m’a marquer et j’ai voulu vous en faire part.

    1. Les Fleurs du mal et Baudelaire ca été pour moi comme une explosion florale dans la tête sans me rendre compte réellement à l’époque (école secondaire) ce que je venais de découvrir et qui prend depuis que “je sais maintenant” une tout autre couleur… voilà pourquoi…. Depuis j’ai dévoré ce grand poète…

  4. C’est avec un certain amusement que j’ai relu ce poème que j’ai du faire apprendre à mon petit frère il y a moins d’une semaine…

    La dernière rime m’avait déjà particulièrement troublée… “Ses ailes de géant l’empêchent de marcher.”. J’ai eu le sentiment que plus le QI est haut, plus lourd le fardeau est à porter, plus l’exil, la solitude sont marqués dans l’esprit du zèbre.

    Inhiber leurs capacités, que beaucoup pourraient leur jalouser ou leur envier, juste pour mener une vie “normale”, est apparemment l’apanage d’une majorité de zèbres.

    Avez vous déjà ressenti ce profond désespoir qui vous consume lorsque, alors que votre entourage vous pousse toujours plus vers l’avant, vous encourage, vous dit que vous allez y arriver, malgré tout ça, vous êtes certains de rater ce que vous être en train d’entreprendre, alors que paradoxalement, vous avez envie, à en crever, de réussir ? Mais cette peur panique d’être “attendu au tournant” paralyse énormément. C’est souvent ce que je ressens lorsque j’essaye de travailler. Comme si je n’étais pas certaine d’y parvenir… comme si j’étais nulle, incapable de mener un projet à terme. Alors que paradoxalement, une fois encore, je n’ai qu’une envie, c’est de le finir et de me prouver que je suis capable d’avancer.

    Résultat que nous connaissons tous, je procrastine ! De toute manière, ça ira toujours mieux demain…

    Comment faire pour sortir de cette spirale infernale, de voir le verre à moitié plein et non à moitié vide ?

  5. merci d’avoir ouvert cet espace – c’est rare !
    et merci de ton passage chez EgoOrNot (auquel je participe à l’occasion)

    Mel’
    Albatros – définitivement ( je crois) sauf si les ailes ça repousse 😉

    1. Merci de ce message 🙂
      Je suis persuadée que les ailes peuvent repousser. Mais, le souvenir de la souffrance quand on les a rognées, c’est le plus dur à combattre pour les faire repousser…

  6. Ce poème, chère Amie,
    je l’a-do-re !

    De le rencontrer,
    au détour de ton blog consulté,
    en cette nuit fort avancée,
    bien que d’ cett’ métaphore,
    point ne me sente très concerné,
    car bon an, mal an,
    envers et contre tout,
    toujours heureux j’ai été,
    de donc le rencontrer,
    alors qu’en train de déjà planer,
    par cett’ Passion selon Matthieu,
    de Bach le très fameux,
    tu m’as, chère Amie,
    carrément fait exulter !

    A Cécile,

    Jean-Louis, l’éternel givré, qui pourtant n’a jamais froid !

    P. S. Ceci dit, je suis persuadé que cette image est des plus pertinentes pour hélas bien des cas, et d’ailleurs en remontant à mes souvenirs d’enfance, je m’y retrouve quelque peu . . . et d’ailleurs, plus j’y pense . . .

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