La normalité ou l’anormalité ? Et si on pensait le surdon différemment ?

« C’est normal de se sentir anormal quand on est anormal.. Mais personne ne remet en cause le(s) critère(s) [de la normalité (ou de l’anormalité)…] »

« Erdäpfel oder Kartoffeln ? » (patates ou pommes de terre ?) : vers 1940, ce slogan clandestin répondait à la propagande nazie intimant aux populations soumises qu’elles avaient le « choix » entre « le national-socialisme ou le chaos stalinien ». A la façon de Paul Watzlawick qui propose de ne pas se laisser enfermer dans une logique de situation binaire (la double contrainte) et qui propose de penser hors du cadre, Catherine Besnard Péron qui est coach, lors d’un colloque organisé en septembre 2012 par Mensa Pays de Loire, propose d’aborder le surdon de façon un peu… décalée.

« Ne pas rester enfermé dans le modèle de la normalité / l’anormalité… et sortir du nouveau modèle potentiel de conformité du surdoué malheureux et incompris à vie […] la souffrance ne doit pas devenir identitaire […] c’est le vouloir et le désir qui priment « 
… Ou comment penser autrement le Haut Potentiel Intellectuel ? ….

48 thoughts on “La normalité ou l’anormalité ? Et si on pensait le surdon différemment ?

    1. Merci Tournevis pour cet article, dans lequel je me retrouve bien 😉
      Maintenant je me pose 2 questions :
      – Les adultes surdoués sont-ils tous vraiment comme cela ? Je pense que non. J’ai l’impression que l’article concerne plus le sujet de la sur-adaptation. Des adultes surdoués bien dans leur peau ne sont probablement pas comme cela.
      – Est-ce que cela ne concerne pas aussi d’autres profils pas forcément « surdoués » ? Un introverti fatigué des absurdités et aigri, etc… n’est pas forcément « surdoués »

      1. Ne jamais oublier l’importance de la combinaison inné/acquis. Ce n’est pas parce qu’on naît différent par l’organisation de ses compétences cérébrales qu’on est condamné(e) à souffrir toute sa vie de cette différence.

        Il existe des tas de stratégies de communication qui permettent d’exister sans dommages en tant que surdoué(e). Encore faut-il les connaître et se savoir sans le moindre doute, élément indissociable du tout que représente l’humanité.

        Quant aux caractéristiques, trois clés à garder en tête : Intensité, Sensibilté et Entéléchie, un mot grec que je ne suis pas capable de traduire par un seul mot.
        L’entéléchie est cette capacité interne à ne pouvoir s’empêcher de se modeler soi-même pour atteindre ce que certains nomment « cet inaccessible idéal du moi ».
        Et alors, là, tout de suite, ça réduit assez singulièrement le nombre de personnes à qui on peut appliquer conjointement ces trois caractéristiques.

        1. Ou on pourrait se poser la question autrement:

          est-ce que ce genre de papier, que je ne peux décemment appeler « article`, sert ou dessert les surdouéEs ? dans leur désir/besoin d’être mieux comprisEs, reconnuEs ? mieux respectéEs ?
          Ou bien, préferiez-vous ne pas entendre parler de vous en de tels termes plutôt que d’avoir à lire de telles inepties ? A la limite, ne préferez-vous pas votre anonymat à un tel tapage médiatique ?
          Comment vous sentez-vous quand vous lisez les commentaires qui suivent un tel papier ?

          Pour ma part je me demande comment mieux informer et éduquer, entre une caricature grand public et des articles scientifiques trop hermétiques pour la moyenne…

          Encore une fois, merci pour vos réponses.
          Chan

          1. @Chan:
            Tout le monde peut-il comprendre les surdoués ? Non.
            Quant à la reconnaissance, la compréhension par la majorité, cela fait longtemps que je me suis assis dessus.

      1. La mort d’Albert Jacquard m’attriste et je pense que c’était quelqu’un de bien, globalement, et qu’on n’en a plus, des comme lui, parce que l’Éduc’ nat’ a bien réussi son travail de nivelage de l’intelligence et de destruction des intelligents. Mais nul n’est parfait et là, sur les surdoués et l’intelligence, il dit de grosses conneries, parle d’un sujet qu’il n’a pas étudié de près (bien que concerné, bien sûr, encore un hp qui s’ignorait et croit que tout le monde est pareil :-(). Dommage parce qu’il est relativement très écouté, je crois.
        Donc déçue par le tissu d’âneries qu’il débite, sur ce coup 🙁

        1. Bonjour,

          pour poursuivre le débat engagé par Tournevis, et sans connaitre en détail ce que M Jacquard a réalisé, mais bien sur les grandes lignes, je m’attacherai à dire que ce Monsieur, comme tant de gens vraiment intelligents, s’attachait autant à la recherche complexe, qu’aux problèmes de société qui le touchaient et ou il s’engageait de manière anonyme et totalement désintéressée. J’y vois un homme complet, qui s’est réalisé au sens noble du terme, et surtout qui a gardé toute son affectivité, ce qui n’est pas le cas de beaucoup de gens du milieu de la recherche (étant dans l’enseignement supérieur, j’en connais…..). Savoir trouver, innover, prendre des chemins inédits, mais aussi rester tellement humain , ne pas rester cloisonné dans son milieu d’élite, mais aller vers les gens simples, voire dans la difficulté.

          Après évidemment, y en a qui font cette démarche caritative pour redorer leur image ou se faire connaitre, mais ceux là généralement ne tiennent pas la route , leur discours et leur action sonnent faux et ils ne tiennent pas dans la durée.

          Quand au nivelage des intelligences de l’Education Nationale, pire le dénigrement de l’intelligence, il est vrai à tous les niveaux : élèves, mais aussi ceux qui travaillent dans le milieu de la recherche , comme moi, et qui sont assistants techniques : croyez moi il faut ramer dans tous les sens pour se faire un trou, et se protéger surtout pour ne pas se faire détruire et saquer son surdon avec.

          A bientôt

          Cricri

        2. C’est étrange quand même que ce qu’on trouve à son sujet dans les interviews récentes ne porte que sur son combat contre le terme de sur-doué. Je suppose qu’il a fait d’autres choses quand même probablement plus utiles (cf wiki : Albert Jacquard est un chercheur et essayiste français. Spécialiste de génétique des populations, il a été directeur de recherches à l’Institut national d’études démographiques et membre du Comité consultatif national d’éthique), mais non, c’est de son opposition à la notion de surdoué qu’on se souviendra apparemment. Décidément, je ne comprends rien à ce monde là.

          1. ah mais non ! il y a UN article sur le surdon, et j’en parle ici, mais j’en ai lu des tas d’autres qui parlent de tous les combats humanistes de ce grand homme, simplement c’est un peu hors sujet ici ; et puis j’ai réagi car ce seul article ternissait qq peu l’image que j’avais de lui, mais personne n’est parfait, donkeubon… 🙂

        3. double exception \2E

          Bonjour Cécile et tout le monde,
          Je ne sais pas dans quelle section mettre cet extrait reçu dans mes courriels ce matin, aussi Cécile svp placez-le à un meilleur endroit si nécessaire.
          Je vous offre cet extrait parce que cette problématique me semble concerner certainES d’entre vous et en anglais il y a une tonne de recherches sur ce sujet.

          What is twice-exceptionality?
          Very simply, giftedness does not immunize a person against any other
          problems. A twice- (or multiply-) exceptional person displays both
          giftedness and one or more of the following:
          * learning disability (e.g., dyslexia, dysgraphia, dyscalculia, nonverbal learning disability)
          * language-based learning disability (e.g., expressive or receptive language disorders)
          * autism-spectrum disorders (e.g. Asperger’s Syndrome)
          * other cognitive disorders (e.g. ADHD, executive functioning disorders, sensory processing disorders, apraxia)
          * other psychological disorders (e.g. anxiety, depression, bipolar disorder, OCD, phobias)
          * physical disorders (e.g. visual or hearing impairment, orthopedic impairment, medical disorders)
          Gifted individuals who are also second-language learners, although not
          generally considered twice-exceptional, often experience many of the
          same challenges, and often benefit from the same thoughtful approach.
          The basic problem can be summed up as, “Two wrongs don’t make a
          right.” Often, the needs of a twice-exceptional individual are not
          recognized, understood, or met because:
          * the effects of the disability mask the manifestation of giftedness,
          or command so much attention that giftedness is not viewed as an
          important consideration
          * giftedness and strong motivation (often accompanied by support from others) enable them to mask the signs of their disabilities
          * both giftedness and disability mask each other, and the person appears to be ordinary.

          There are indeed many gifted adults who are twice exceptional. This makes it much more difficult for their talents, as well as their problems, to be recognized and given the proper attention.

          Chan

          1. Merci de rappeler tout ceci Chan
            Oui, cette double « exceptionnalité » apparaît souvent comme une difficulté supplémentaire. C’est ce que j’ai identifié au travers de mes recherches, c’est aussi la raison pour laquelle je traite en particulier de la dyslexie à laquelle je suis confrontée – mais il faut effectivement toujours garder en tête que les tests sont conçus sur un référentiel culturel qui n’est pas forcément adapté à des populations venant d’autres cultures – quant au handicap physique, j’avais été frappée de noter que le handicap physique est perçu dans l’inconscient collectif comme allant de pair avec un handicap mental – de fait, ainsi que je l’ai indiqué, nombre de handicapés physiques sont employés à un niveau inférieur à celui qui devrait être le leur.

          2. Doublement exceptionnel, mais aussi double poison, double raisons pur encore rejeter, se sentir isolé ! Doubles raisons pour se sentir encore plus étrange. (je suis hp et asperger, et personnellement j’en viens à penser à ne jamais avoir voulu aucun des deux parfois…)

          3. Je reste assez sceptique sur tous les « dys » présentés comme des pathologies. Je me suis plongé dans le « livret » disponible sur mon lieu de travail pour le plus connu d’entre eux, la dyslexie, avec cette définition de « maladie en creux », définie, « négativement » lorsque l’ensemble des maladies et troubles neurologiques ont été écartés. Les dysgraphies et dyscalculies me laissent encore plus sceptique : de quoi parle t-on exactement ? De personnes écrivant mal ? (auquel cas je suis dysgraphique). J’ai la forte impression depuis que j’essaie de comprendre exactement de quoi il retourne qu’il s’agit d’une pathologisation de l’échec des apprentissages (ni la psy ni l’infirmière de mon lieu de travail n’ont réussi jusqu’à présent à me fournir une définition). Si quelqu’un a une base scientifique sur ce sujet (je dis bien scientifique), je suis preneur.

          4. Étant hp et dyspraxique, je ne peux que plussoyer ce texte et remercier Chan pour ce rappel. J’ai en effet mis beaucoup de mes talents à compenser ma dyspraxie, et je m’y suis usée. Maintenant que je sais enfin qui je suis, je m’accepte et j’accepte d’être hors norme « en plus » et « en moins ». Les gens qui ne me rencontrent que dans des domaines où le hp ne peut compenser la dyspraxie doivent me croire vraiment débile ; autrefois, ne comprenant rien à mon fonctionnement, j’en étais extrêmement honteuse et stressée et je me forçais encore plus à essayer d’être « normale » et à dissimuler mes difficultés devant des situations « simples », maintenant je m’en fiche qu’on me prenne pour une débile, puisque je sais ne pas l’être, et de loin 🙂

          5. Merci pour ces liens Cécile. Des choses très intéressantes, comme ceci :
            « Chez l’enfant dyslexique, dans la mesure où diverses causes possibles de retard d’apprentissage de la lecture (défi cit intellectuel, défi cit sensoriel, désavantage social, carence pédagogique, etc.) sont par définition écartées, l’hypothèse par défaut pour expliquer le trouble est celle d’un déficit cognitif relativement spécifique, qui affecterait particulièrement l’acquisition du langage écrit. »
            J’avais également noté les différences observées au niveau neurologique à l’IRM.
            Un dépistage digne de ce nom demande donc certains moyens matériels, ce pour quoi mes doutes subsistent quant à la part de pathologisation de l’échec d’apprentissage (puisque le diagnostic constitue bien une « hypothèse par défaut ») il pourrait être également intéressant de se pencher sur le lien avec les méthodes d’apprentissage de la lecture.
            Ce pour quoi au quotidien, il reste très compliqué, à mon sens, de faire la part des choses entre ce qui relèverait de déficits neurologiques et d’échecs dans les apprentissages (qui peuvent avoir pour origine certaines méthodes d’apprentissage).

            1. « il pourrait être également intéressant de se pencher sur le lien avec les méthodes d’apprentissage de la lecture. »
              Inné et acquis.. comme d’habitude…

  1. Entre mes 8ans et mes 38, j’ai essayé d’être celle que mes parents, mes frères, ma famille, la société attendaient de moi. Mais on me définissait toujours comme bizarre.
    J’ai cru que c’était mon style, car sur ce point, je me fringue comme je le souhaite, je lis et regarde ce que je veux, et j’achète ce que je souhaite ; pas pour plaire aux autres, mais par ce que j’en ai besoin, ou que j’aime cela simplement.
    Je ne regarde jamais ce qu’a le voisin, ou qui que ce soit, ce n’est pas mon problème ; tout comme mes affaires ne regardent personne d’autre que moi.
    En dehors des lois, je ne cherche pas à entrer dans un système.

    Depuis un an, je sais que je suis HP. Alors tout a changé, j’essaye de stopper au maximum le faux-self qui était permanent et a tracé un bon morceau de ma vie.
    J’essaie de me trouver, de savoir vraiment qui je suis, et surtout j’ose être moi !
    Je vois un coach depuis un mois, je l’ai rencontrée à Mensa, elle est ma coach et une amie.
    Je trouve cette méthode plus rapide et plus pratique que le psy. Car je lui raconte tout, je trouve des objectifs, et elle me donne des pistes, me donne des délais pour les réaliser.
    Là, le but est de me faire des amis, j’en ai beaucoup plus depuis un an, mais ils sont souvent loin de moi, je cherche donc plus près.
    Je veux aussi sortir de chez moi, je voudrais apprendre tout ce que je n’ai pas eu le courage d’apprendre jusqu’à présent, j’ai donc trouvé un bilan de compétence, et ensuite j’enchaînerai sur des études. Par forcément pour travailler, en tout cas pour le moment, je ne suis pas prête à affronter le monde.

    Je ne fais pas tout cela pour entrer dans une norme, je fais cela pour survivre. Car oui, sans but, je risque de lâcher prise et de franchir le pas…

    Je veux me trouver, m’émerveiller de la beauté du monde jusqu’à mon dernier souffle.
    Et si j’arrive à être moi, alors ma vie n’aura pas été vaine. Car j’aurai existé.

    Je veux être vraie, ne plus me cacher. Je ne suis pas une anomalie, mais une richesse pour le monde qui m’entoure.

    Je crois que je suis totalement Out ! Mais bon, ceux qui me connaissent, ont l’habitude !

    1. Gwendo,

      Votre mot m’a touchée, car il me parle bien sur.

      Vous n’etes pas out comme vous dites, vous etes vraie. Je vous crois à 200 %.

      Mais, n’oubliez pas nous avons besoin de vous, alors restez parmi nous, et vivez vos vies (les surdoués en ont plusieurs…. quel pied !).

      NB : votre histoire est tellement similaire à la mienne : moi j’ai découvert cette partie de moi à 38 ans aussi, soit il y a 1 an et demie maintenant.

      Continuez votre voie, un pas après l’autre.

      Avec tous mes encouragements, Cricri (qui chemine à son rytme elle aussi)

      1. Je réponds ici à Cricri, en me disant que le cyber est un plus pour la même personne, non ? J’ai tort.

        Je me permets de tutoyer, j’espère que ce n’est pas trop gênant.

        Notre vie est une lutte contre les autres et contre nous-même (nos mauvaises habitudes).
        Mais un jour, je ne sais pas, un jour on se lève et on sait que c’est fini, que tout est enfin en place.
        J’ai sûrement aussi trouvé les personnes qui me convenaient et qui pouvaient m’aider au moment précis où il le fallait.
        Ma coach, ma dernière psy, un ami qui m’a recueillie et soutenue lors de ma dernière descente en novembre. Oui, j’ai eu les bonnes personnes au bon moment.

        J’ai décidé aussi de suivre des règles, toutes bêtes, mais importantes :
        1. Être Heureuse.
        2. Profiter de la Vie.
        3. Ne rien regretter.
        4. Ne pas hésiter à couper les ponts avec les chiants, famille ou pas.

        Voilà, c’est tout bête, mais ça marche pour moi.

        Je pense fort à toi Cricri (que j’ai émue), et un grand merci d’avoir été là, comme tous ceux qui viennent ici. Merci.

    2. je cite « Je veux être vraie, ne plus me cacher. Je ne suis pas une anomalie, mais une richesse pour le monde qui m’entoure. »
      j’aurai pu écrire ces mots, je « plussoie » comme on dit
      et je dis « vas-y Gwendo »!
      mais ne serions nous pas tous dans un pays de l’anoRmalie??
      anoRmaliens, indignons nous, et soyons NOUS 😉
      rendons la vue à nos congénères frappés de cécité, ils ne voient pas notre richesse, cela me désole un peu plus chaque jour
      va falloir rayonner un peu plus fort mes amis 🙂

      1. Je crois que nous sommes en voie d’extinction. Les hp ont été particulièrement éradiqués pendant les guerres mondiales, et continuent de l’être, discrètement mais sûrement par l’Éducation nationale.

      2. C’est amusant quand même qu’une de nos plus grandes écoles s’apelle L’Ecole Normale Supérieure, et forme des normaliens, qui constitueront l’élite de la nation.

          1. Et avant l’IUFM, les instit’ étaient « formés » dans des Écoles elles aussi normales… Étonnez-vous, après ça 🙁
            Maintenant, on ne les forme plus, comme ça, pas de problèmes, de toute façon ils sont formatés depuis belle heurette, plus aucun risque…

    3. Suite !

      J’ai écrit le com précédent, il y a plus de 6 mois.
      Ma coach que je ne vois plus, m’avait préconisée une psy, hier c’était le dernier RDV, j’ai aussi terminé mon bilan de compétence.

      J’ai une piste d’activité, des projets.
      J’ai des amis à côté et au loin.
      Je bouge sans cesse, loin ou à côté.
      Je voyage.
      Je rencontre, je raconte.
      Je fais à nouveau des photos, j’écris des textes, je peins, je créé.
      J’aime et me laisse aimer.
      En un mot, je vis.

      Oui, j’ose vivre.

      Merci.

        1. Je suis heureuse d’avoir lu ton livre, de te connaître.

          Et puis, ton blog n’est pas là que pour le mal-être !
          Un peu de beau est aussi le bienvenu !

          le soleil dans les yeux,
          le sourire aux lèvres,
          je fais le voeux
          que se réalisent tous tes rêves !

          merci à toi, à bientôt. Bises.

          1. Bonsoir Gwendo,

            et merci, ca fait du bien qu’on me renvoie la balle, moi qui ai si souvent posté des encouragements.

            J’avoue qu’aujourd’hui, je suis dans une meme journée, soit en forme, soit bien épuisée. Je ne me l’explique pas, mais en meme temps j’ai l’habitude, le travail fade, on le laisse passer comme il est, mais ne soyons pas dupe, le découragement nous atteint.

            Mais en meme temps, ce commentaire c’est ce que je revivrai très bientôt, alors… en attendant je garde ca bien au chaud.

            Cricri (émue par Gwendo)

  2. Il n’est pas facile de faire ce lien entre des capacités que l’on constate en soi et que l’on affute (et que l’on ne donnerait pour rien au monde, fruit d’un travail patient, d’un itinéraire qui devient quête) et des souffrances ressenties au quotidien (sautes d’humeurs, la pensée sans relâche, les culpabilités, les addictions en tout genre) qui peuvent apparaître comme une malédiction, un mal qui nous ronge, un démon à combattre. Je trouve alors normal de se battre avec ses forces mais aussi avec l’aide de toutes les connaissances signifiantes que des hommes ont laissés lors de leur propre cheminement. La vie n’est pas facile mais je me suis toujours battu pour obtenir une situation personnelle, mentale suffisamment positive pour être heureux tout en cherchant à me transformer, à me sublimer pendant le trajet.
    Donc en parlant de normal ou anormal, perso je ne trouve pas normal de ne pas avoir vu ce qui était devant mon nez… Un truc aussi gros, c’est être un pur Narcisse… La réponse était que l’on percevait bien l’autre mais mal soi-même à travers cet autre. En effet, on ne se reconnaîssait pas en lui. La seule solution efficace et certaine était d’essayer de se rencontrer soi-même pour se trouver. On cherchait une clé, mais on était la clé…

  3. Bonsoir,

    La réflexion de Mme Besnard Péron m’amène à ce que je pensais depuis le début de la découverte sur moi : je n’ai jamais considéré le surdon comme quelque chose de difficile à gérer, ou à modeler selon le bon vouloir de mon environnement (le bon vouloir de qui d’ailleurs on se le demande ?).

    Je l’ai toujours considéré comme très prometteur, comme un trésor, certainement pas comme un handicap, ou une anormalité pathologique.

    D’ailleurs, ou se situe la limite de la normalité ? ce qui semble normal pour une personne ne l’est pas forcément pour l’autre.

    Devant sa famille, on peut donner une image lisse, exprès pour se plier un peu aux injonctions, et puis avoir la paix, mais franchement après des années à ce train là, on se rend compte (comme par hasard) qu’on n’est pas responsable de toutes les souffrances de notre famille, et que : non on n’a pas à se plier à tout, et oui on voudrait bien s’exprimer tel qu’on est , et oui on va craquer lamentablement (couper les ponts ou gérer comme on peut, c est à dire faire le minimum syndical, avec toute la culpabilité qui va avec : finalement s’assumer, c’est devenir adulte, et là il en faut du temps pour y arriver, surtout pour un surdoué).

    Ou donner une image réelle au travail, avec le rejet des autres qui va avec, mais à certains moments, ils viennent nous voir et nous reconnaissent certaines qualités rares et recherchées, ils nous envient, et nous jalousent paradoxalement.

    Dans la vie personnelle, des gens me disent : c’est pas une vie ta vie, autrement dit entre les lignes : fais comme nous, marie toi, fais des gosses, fais ci ca comme loisirs,
    etc.. Mais dans le fond on voit bien que certains nous envient, parfois ils nous le disent.

    Un surdoué peut jouer sur les 2 tableaux, donner une image vraie de lui, ou pas, selon la situation et le résultat attendu. Son intuition fine saura lui dicter les limites à ne pas dépasser pour rester crédible.

    Avoir une belle vie, etre heureux, on vit dans une société ou le bonheur est calibré, comme un produit de consommation qu’il suffirait d’acheter : si vous faites ci ca etc…. vous serez heureux. Meme dans les normaux pensants, il y a des gens qui ne s’y retrouvent pas dans ce discours, alors je ne vous explique meme pas pour les surdoués…..

    Un style de vie ne vaut pas mieux qu’un autre, chacun a ses avantages et ses limites. L’essentielle est d’y trouer sa place, de s’y sentir bien, autant avec son corps qu’avec sa tete. Si nous choisissons notre vie, notre bonheur en référence à des bases solides c’est à dire les notres, on peut résister sereinement à toutes les formes d’injonctions quelles qu’elles soient.

    Cricri

  4. allez hop j’apporte mon grain de sel 🙂
    un mot sur le coaching : je viens de m’offrir les services d’une coach de vie, formation d’esthéticienne ( !!), je ne lui ai pas demandé son pedigree mais elle a un « don » pour ce métier qui la passionne plus qu’il ne l’enrichit. Plus elle est très disponible et humaine, ce qui est déjà beaucoup
    (pour info j’ai eu des propositions de coaching par téléphone à 80€ de l’heure, du grand n’importe quoi)

    Pour trouver le coach qui nous convient,tout est question de feeling, de rencontres au moment opportun ou pas…
    Faut faire fonctionner son radar, ça tombe bien il parait que les surdoués en ont des grands « ça comme »!!
    La normalité donc, Cécile tu veux des réponses normales ou honnêtes ou bien ? 🙂
    Or donc personnellement je suis si normale : physique passe partout, job si politiquement correct pour notre Société (statut de fonctionnaire dans ce qui est devenu une très grosse entreprise, 25ans que ça dure), je m’habille normal, j’ai 2 chats, je paye mes impôts et mon loyer en temps et heure, je respecte la Loi …quoi d’autre??
    Rien, car en fait je suis anormalement « futée » (ça évite de dire intelligente), généreuse, authentique,saine de corps et d’esprit ( même pas une petite névrose mesdames et messieurs les psys)
    De plus je n’ai ni conjoint ni enfant ni belle-maison-avec-un-crédit-de-25 ans-sur-le-dos, je ne suis pas casée, je ne suis pas un mouton docile et tout cela DERANGE. Tout cela ne trouve aucun écho ni auprès de mes collègues ni auprès de ma famille qui ont du mal à me situer, à me ranger dans la bonne case
    (faudrait juste qu’ils aient un peu d’imagination, d’ouverture d’esprit, de curiosité intellectuelle, peut-être même quelques points de QI en plus que sais-je…)
    Nous n’avons pas les mêmes valeurs n’est-ce pas…

    C’est anormal la perte progressive des vrais valeurs dans notre Société, on va droit dans le Mur

    Désolée si mes propos paraissent hors sujet ou terriblement triviaux
    Désolée je ne sais pas toujours bien aligner les mots, ils refusent parfois de s’aligner et d’être en phase avec ma pensée
    Peut être qu’en lisant entre les lignes…

  5. Chaque classe et groupe social possède ses normes propres : un membre de la vieille bourgeoisie catholique n’aura pas la même référence à la normalité qu’un gay bobo et « urbain branché » qui n’aura lui non plus pas grand chose en commun avec un smicard en zone rurale etc… Un surdoué n’est donc comparativement pas plus différent qu’un des membres des différents groupes entre eux. Cependant, les surdoués ne constituent pas une catégorie ni un groupe social, c’est pourquoi le décalage peut être constant, quels que soient les milieux fréquentés, ou pas (certains semblent très bien intégrés). Donc pour moi être normal signifie être intégré à un groupe social. Ce qui ne signifie pas qu’être intégré à un groupe social soit un but en soi ou une condition de l’épanouissement personnel… Je ne me sens par exemple intégré à aucun groupe social constitué et ça ne me pose pas de problème (même si, plus jeune, j’en ai souffert). Penser par soi même en dehors des cadres préétablis, des habitus de classe, est d’ailleurs une aventure en soi assez exceptionnelle pour rendre ce sentiment de décalage supportable (et puis ma foi si c’est le prix à payer…).
    Internet offre également aujourd’hui un outil de partage, de rencontre et de stimulation intellectuelle qui permet de pallier, dans une certaine mesure, les limites de la « banalité » quotidienne et de se confronter à d’autres formes de pensées originales…
    My 2 cents

    1. « On ne devient pas normal impunément »(E.Cioran)
      Les neuro typiques endossent inconsciemment chacun la camisole de force qui scié le mieux à leur environnement social, à défaut d’être libre, ils sont crédibles, leur milieu leur renvoie une image positive , leur tension interne baisse, ils sont dit normaux.
      Les « surdoués » sont conscients qu’ils doivent porter une camisole de forces pour être accepter socialement mais cette conscience induit un manque de crédibilité, on leur renvoie une image négative, leur tension interne augmente, si cela dépasse un certain point ils sont dit anormaux.
      Un coach pour nous c’est finalement un tailleur de camisole de force.

      1. tout à fait d’accord au sujet de la crédibilité Gilou. Je l’ai constaté à maintes reprises,il semblerait que je ne sois pas crédible aux yeux du commun des mortels, quoi que je dise quoi que je fasse. C’est très embêtant avec les aidants et les soignants en général, qu’ils soient médecins ou psys par exemple.
        Mais je mets cela sur le compte du phénomène  » highly functioning individual » que j’incarne plutôt bien (ce concept a été décrit dans un ou 2 livres anglophones sur les surdoués mais désolée je ne sais plus lesquels)
        Je ne sais comment cela peut se traduire au plus juste en français mais il s’agit de cette faculté ou capacité à continuer à fonctionner « normalement », à garder toute sa tête comme on dit, à continuer son bonhomme de chemin et à avoir l’air d’aller bien…alors que l’on peut être en grande souffrance physique et/ou psychologique, que l’on a un genou à terre et qu’en fait on en entrain « d’en prendre plein la figure  »
        Solliciter de l’aide est alors malaisé .
        Mais tout cela est un autre sujet n’est-ce pas

        1. Ah ben tiens, c’est en plein mon problème, ça : m’entendre dire « tu as l’air en forme » alors que je suis à terre, constater qu’aucun toubib, aucun thérapeute, ne se rend compte que je suis au bout du rouleau, physiquement et psychiquement.
          Mon 5è psy a mis deux ans à se rendre compte que de la profondeur, de l’intensité, de ma souffrance, et là, il m’a poussée à mettre fin à « notre travail », il n’a pas supporté… Actuellement, le seul à avoir à peu près compris est mon référent RSA, et lui ne peut rien pour moi 🙁
          Vais-je devoir mourir d’épuisement pour que qqun se rende compte que tout compte fait, ça n’allait pas si bien que ça ? Je me battrai jusqu’au dernier avant que ça n’arrive, mais franchement, certains jours c’est décourageant.
          Désolée, hors sujet, quoique… sur ce point, nous ne sommes clairement pas dans la « norme ».

  6. Il ne faut pas chercher à se construire sur des critères normatifs dans lesquels on ne sent pas à son aise, et qui nous empêchent de nous épanouir. Il est plus simple de créer une normalité propre à soi, et de s’y épanouir plutôt que de se forcer à aller l’encontre de sa nature te vivre sous le joug du regard des autres. Avant tout vivez pour vous.

  7. C’est surprenant (de mon point de vue), à l’écoute de la conférence, on a l’impression :
    – que beaucoup de HPI attendent d’un accompagnement psychothérapeutique qu’il leur permette de « revenir dans la normalité », ou à tout le moins dans une certaine normalité, de se mettre en cage…
    – et/ou, ce qui est peut être plus probable, que beaucoup de thérapeutes proposent aux HPI d’atténuer ce côté HPI, de mieux gérer (je déteste ce mot!) pour mieux vivre.

    Quand, pour ce qui me concerne, l’intention serait bien de (re)trouver le contact avec ces singularités intimes et profondes qu’évoque Catherine Besnard Péron et de les vivre pleinement. Et de trouver quelqu’un qui m’aide à abattre, pierre par pierre, le mur me séparant de… ma réalité, de mon réel. Je ne souhaite pas, plus, m’adapter à une quelconque normalité, plutôt me réadapter à moi. (Ce ne sont pour l’instant que des mots, qu’une intention, reste à agir….. 😉
    Et c’est d’ailleurs en ce sens que je n’ai pas eu envie de participer à une session de mindfulness lorsque j’en ai eu l’occasion, de « peur » justement que cela ne puisse affecter, amoindrir quelque chose, des « potentiels » (la créativité notamment) que je connais encore mal… et que je « n’exploite » que très peu.

    1. … Peut-être est il tentant de chercher d’abord à gérer.. et puis peu à peu, en apprivoisant ce qu’on est (parce qu’à moment ou un autre on ne peut plus y échapper),
      on finit par prendre conscience qu’il est important de développer son propre modèle ?

    2. Le « coaching » est une escroquerie par essence. Derrière tout « coaching » il y a l’injonction de performance et d’adaptabilité à la compétition sociale et professionnelle. D’ailleurs seule la pression de la performance peut produire un tel « besoin ». Tout « coach » auto-proclamé qui prétend vous amener à la « découverte de vous même », de votre « véritable personnalité » etc… est un charlatan qui surfe sur la vague des nouvelles pseudo valeurs déclinées à l’infini dans les magazines telles « l’authenticité » le « vivre au naturel », etc… que le marketing investit parce qu’elles sont précisément en train de disparaître, et ce dernier en accélère, par rétroaction, la disparition…

      1. Bonjour Ivan

        Merci de votre réflexion sur le marketing du bonheur qui effectivement peut cacher une forme de mise à la norme.
        Je ne pense cependant pas que le coaching fasse partie intégrante de cette mouvance : de tous temps, les gens ont eu besoin de conseil pour avancer. Peut être autrefois réservé à une certaine population (je pense aux dirigeants, aux jeunes gens de bonne famille (cf Le Mentor de Télémaque et sa version satirique : Pangloss)… Et je me demande même si à sa façon, Socrate n’a pas été coach ?),
        le coaching s’est démocratisé avec les dérives que vous dénoncez.

        Certes, il existe, ainsi que vous le dites, des coaches auto proclamés… Qui ne sont d’ailleurs pas de « vrais » coaches passés par une formation bien définie. (Le diplôme ne garantissant au demeurant pas la qualité de la prestation, quel que soit le diplôme.)

        Donc certes, désormais, le coach tarifé remplace bien souvent le grand parent ou le parent proche qui savait être l’oreille attentive et impartiale que l’on pouvait espérer trouver dans une famille.

        Mais dans un monde qui va si vite, et au milieu de sociétés éclatées, la possibilité pour chacun de trouver de l’aide pour prendre du recul et se frayer un chemin est parfois bien réduite.
        Alors, les coaches ont toute leur importance et prennent toute leur place.
        Mais comme d’habitude, il faut pouvoir rencontrer celui/celle qui ne vous vendra pas de faux espoirs, ne cherchera pas à vous imposer une norme, mais au contraire vous aidera simplement à vous retrouver.

        1. « Certes, il existe, ainsi que vous le dites, des coaches auto proclamés… Qui ne sont d’ailleurs pas de « vrais » coaches passés par une formation bien définie. (Le diplôme ne garantissant au demeurant pas la qualité de la prestation, quel que soit le diplôme.) »
          Mmmh, quel diplôme ?

          1. Impressionnant, c’est la « coach academy » !
            Il s’agit de « formations » et non de diplômes (sauf les diplômes en bois, bien entendu 🙂
            Bon, avant il y avait les curés (et la confesse), les voyantes, éventuellement grand tonton, maintenant il y a les « coachs », c’est vrai que le marché de la détresse sociale et psychologique est en pleine expansion…
            Moi il y en a une qui me plait bien c’est : « coach de dirigeant », un vrai incubateur de winner :
            http://www.metasysteme-coaching.fr/francais/coaching-executif-de-leader-et-de-dirigeant/

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