Le burn out est une maladie de civilisation

Un livre vient de sortir, qui semble déjà être un succès de librairie.
Son titre : « Global burn out »… qui, comme son nom l’indique, traite du burn out, ses raisons, ce dont il est le symptome.

C’est un jeune philosophe belge, Pascal Chabot, qui l’a écrit.
Et il l’a dédié aux contemplatifs…

« La question de l’adaptation est centrale dans l’apparition du burn-out […] Les humains s’adaptent à tous les systèmes. Mais ils ne s’adaptent pas pour s’adapter. Ils le font pour être heureux, pour se réaliser… « 
« le comble de la vacuité, c’est de s’adapter toujours et de ne se réaliser jamais »

Dans « Le Vif », journal belge, un entretien avec l’auteur

16 thoughts on “Le burn out est une maladie de civilisation

  1. L’etre humain s’adapte a tous les systemes, oui, meme au pires. est-ce pour cela qu’il faut defendre ces systemes ?
    Par ailleurs les burnout que j’ai vu c’est souvent du a des entreprises ou des managers qui exigent trop de productivté ou charge : charge de travail deja sur le papier (c’est officiel on fait le travail de 4 personnes)
    Je crois que les HPi sont des victimes parfaites car ils s’investissent dans leur travail, sont perfectionnistes etc
    La meilleur solution est simple : faire semblant de travailler et toujours etre occupé en en faisant le moins.
    un autre aspect c’est qu’on veut de plus en plus des moutons a 5 pattes au niveau competences mais aussi au niveau fonctions (developpeur/admin/chef de projet en meme temps, projets d’une personne par ex) ou on donne de plus en plus de responsabilités importantes ou critiques a des subalternes

      1. bonjour Cécile

        je viens de découvrir le site, je suis en recherche d’informations pour m’aider depuis mon burn out, je tourne en rond. Et mon cerveau aussi, je n’arrive pas à faire baisser définitivement les manifestations. Elles reviennent surement pour une cause identifiable ,mais laquelle?
        J’ai lu avec attention le syndrome Pass, est qu’il vous est possible de m’en parler un peu plus?

        Merci

        1. Bonsoir Isabelle

          L’hypervigilance et le cerveau qui tourne à haute fréquence ne me semblent pas incompatibles avec un burn out : il faut que vous trouviez une réorientation mais laquelle ? ceci est vraisemblablement hautement anxiogène.
          Il est possible qu’inconsciemment (ou instinctivement), vous soyiez attirée par une orientation bien particulière qui vient heurter tous vos principes de sécurité ou vous inquiètent pour le « qu’en dira-t-ton ? »
          Je crois qu’il est important pour vous que vous puissiez faire le pont avec une personne qui saura vous épauler solidement et vous accompagner tout au long de cette importante phase de transition. C’est à mon avis une des clés pour faire redescendre le cerveau en pression.

    1. bonsoir,

      j’ai visionné les vidéos en grande partie.

      C’est vrai que je ne suis pas du tout d’accord avec l’une des intervenantes, qui m’a paru imbue de son expérience, et a dit ouvertement que bon…. les HPI doivent s’adapter au monde de l’entreprise, construit et structuré pour la majorité des employés (donc les normo-pensants).

      Mais, je ne m’en formalise pas plus.

      Là ou les intervenants n’ont pas tort, c’est que le postulant doit amener le recruteur sur le chemin de la douance avec doigté. En effet, il ne faut pas oublier que les recruteurs connaissent encore mal le sujet, et qu’ils ont des critères de recrutement basés sur des caractéristiques précises par rapport à tel poste etc. et ces caractéristiques ou critères sont basés sur l’employé-type moyen (donc au qi moyen)

      Donc, à nous de : 1 : montrer dans la lettre et le CV l’apparence d’un individu à peu près dans la norme, meme si le parcours professionnel ne s’y prete pas toujours.

      2 : lors de l’entretien, mettre en avant ces quelques qualités particulières et ce à quoi elles peuvent servir dans le poste convoité.

      En résumé : se présenter comme un individu lambda dans la globalité, avec quelques qualités en donnant des exemples de projets pointus menés à bien dans le passé.

      Pour finir, je ressens chez Luc une grande frustration, et aussi une bonne franchise, avec une pointe de cynisme, mais on peut le comprendre.

      Et puis, pour clore, j’apprécie toujours autant l’humour et la franchise de Cécile dans cette conférence, qui mettent du relief, et de la sincérité dans ses propos.

      Cricri

  2. Un témoignage bref mais intéressant sur le burn out : http://www.lexpress.fr/emploi-carriere/emploi/victime-d-un-burn-out-pour-avoir-pousse-trop-loin-la-machine_1316437.html

    Ça décrit très exactement ce que je vis depuis qqs années, mais comme je n’ai jamais eu de « vrai emploi » (j’ai seulement cumulé deux emplois associatifs payés un 3/4 de smic dans la plus grande solitude et sans aucune reconnaissance, pour ne parler que des événements les plus récents parce qu’en fait, depuis que j’ai commencé ma thèse en 1987 je ne me suis jamais vraiment arrêtée, jamais pris plus de dix jours de vraies vacances chaque année par exemple, souvent travaillé les w-e aussi etc.) et qu’élever trois enfants n’est pas du travail, aucun toubib ne m’a prise au sérieux.

    L’article décrit bien le problème : la personne ne semble pas atteinte de quoi que ce soit, elle ne se montre que quand elle en a la force, de toutes façons, ses capacités intellectuelles et ses désirs sont intacts mais le corps ne suit plus. On se sent vieille de 80 ans, monter trois étages devient insurmontable et le moindre effort, même minime, cause de brusques coups de fatigue insurmontables. Cette enseignante a eu bien de la chance de rencontrer des médecins et un psy intelligents, et rien que pour l’exemple de ce qu’il faut faire face à un burn out, cet article vaut la peine d’être lu.

  3. Bonsoir,

    Je ne sais pas si je rentre dans le cadre en postant mon expérience du jour ici, mais le cadre au final, non on ne s’en fout pas, mais on peut le créer en fonction des circonstances. Le choix de ce dernier, une humeur passable et une consternation grandissante face à mes pairs.
    Ce que je vais aborder dès à présent concerne mon travail (du moment). Je vais poser le cadre avant de vous faire part des circonstances qui m’amènent à vivre mon humeur présente.
    Je suis assistant de conditionnement de conditionnement dans une branche de l’industrie pharmaceutique. Le business consiste à concevoir et vendre des réactifs biologiques destinés à des laboratoires d’analyse médicale, des hopitaux… Le domaine d’application concerne les maladies thrombosantes et son opposé (Coagulation/hémophilie). Différentes gammes de réactifs servent à identifier les différents composants sanguins entrant en compte dans les différentes pathologies. Certains réactifs imitent les états pathologiques des différentes pathologies, constituants sains, limite supérieure etc… Et tout cela se vend très chers. Mon rôle à moi consiste à effectuer les basses besognes et donc de mettre en boîte le produit fini pour ce qui est de la plus grande partie de mon temps dans cette structure. Un poste de subalterne qui ne m’apporte que la seule satisfaction de pouvoir payer mes factures.

    Je suis arrivé dans cette entreprise le 11 mars 2013 à 8h20min par le biais d’une agence d’intérim que j’ai sollicité un peu avant cette date car mon statut de chômeur allait arrivé à expiration (rédacteur marketing et produit avant mes 2 ans et demi de chômage). Au téléphone avec cette agence d’intérim je collait à un poste hybride de marketing et gestion. Arrivé sur place, je ne correspondais plus au poste, mais on avait un boulot pour moi en conditionnement (je suis métis, et bien que je présente très bien, la crise semble avoir évincé la « diversité », somme toute banale de nos jours, mais la crise et l’instinct communautaire qui s’en suit durant cette période de disette économique et financière semble vouloir décider autrement de mon destin…). Passons… J’effectue ma mission d’intérim qui se déroule sans heurt pendant un mois et demi au bout de laquelle on me propose un CDD de 7 mois, que je termine actuellement. Pendant la période d’intérim je pense percevoir chez la présidente de l’entreprise une plutôt vaste ouverture d’esprit, elle-même venant faire du conditionnement dans le service éponyme où je travaille. Je me dis, ok je tiens la personne idéale qui va accepter mes capacités. Ayant vu que l’entreprise prenait en photo les kits (ensemble de réactifs conditionnés) et que celles-ci étaient de mauvaise qualité, je passe une après-midi à faire une image en 3D d’un flacon de mémoire avec le logo trouvé sur le net et la boîte que je mets en scène dans un décor virtuel. Le lendemain je chope l’adresse mail de la présidente et lui envoie. Pas de réaction immédiate, mais elle évoque vaguement le sujet la semaine suivante sans trop porter d’intérêt. La même semaine, je remarque un problème d’harmonisation des titres des kits entre l’étiquette de certains kits et leurs modes d’emploi. Je me rend en chambre froide, annote sur un papier cinq kits où je remarque le supposé problème. Je rentre chez moi, je fais un powerpoint de trois slide en exposant le problème de rationnalisation selon divers paramètres ainsi qu’une solution simple et l’envoie à la présidente le soir même. Quelques semaines plus tard je propose une version plus complète d’un document que l’on utilise dans le service, puis une manière d’organiser une chambre de stockage (en bordel), etc… Un jour, naïf j’en parle à certains de mes collègues de ce que j’ai fais, ne voyant pas de retour de la Présidente… A partir de ce jour, l’obscurité ce fit. La Présidente viens me voir et me dit qu’elle aimerait que tous ces employés soient comme moi, que je n’étais pas à ma place et que j’étais très intelligent. Puis, elle me demande ce que je pense du service… Je lui répond qu’il pourrait être optimisé. Le lendemain, je lui envoie un autre powerpoint avec un organigramme présentant le service en phase de croisière (actuellement, la société est en phase d’expansion et a été racheté par un groupe japonais il y a un an). Je fais cela en réponse à sa question sur le service. A partir de là, je me prends les foudre et toute la haine des personnes en place, mépris, surveillance (chose avouée plut tard par la Présidente elle-même), mise à l’écart, humiliations verbales, railleries (beaucoup de raillerie), silences lorsque j’entrais dans le réfectoire (six tables), la responsable de mon service qui me dit que ce n’est pas grave si je lui prends son poste de toute façon elle s’en va, la peur, la méfiance, la jalousie, la haine….

    Là est mon quotidien depuis 4 mois et demi avec des phases d’accalmie de quelques jours, puis ça recommence en fonction de si je bosse bien ou pas. A savoir que quand je bosse bien on fait tout pour me déstabiliser.

    Jeudi dernier après la réflexion de trop d’une collègue je lui dit vendredi dernier, sur le parking extérieur à l’enceinte de l’entreprise : « écoute O. lorsque tu n’as pas d’argument évite d’être grossière » (elle m’avait dit d’aller lécher le cul de l’un de mes collègues).

    Aujourd’hui, j’apprends que j’ai agressé O. sur ledit parking selon les dires de mes collègues de mon service.

    Là je me dis, je ne me laisse pas faire, et si en plus on essaye de me faire passer pour un psychopathe je ne vais pas finir mon CDD.

    Je me rends dans le bureau de la RH d’après les conseils d’une assistante qualité, je lui explique l’affaire et me propose une médiation, ce que j’accèpte. O. est de mauvaise foi et argumente en dénigrant mes propos et minimisant les siens. Au début la DRH semble abonder dans son sens, mais mon bon sens et mon calme permet de faire revenir la DRH dans une certaine forme d’objectivité. La fin de la médiation se termine. Je vais déjeuner à l’extérieur de l’entreprise. Je reviens, et là j’ai droit à plusieurs remarques de plusieurs collègues à propos du retard pris sur mon travail. Je enfle de colère, j’ai envie d’exploser mais ne le fais pas vraiment. Je dis à un reponsable d’un autre service que je n’en peux plus puis je termine ma journée.

    Je viens de raconter peut-être un sixième de ce que je subit dans cette structure.

    Je suis à bout. Mon contrat ce termine le 30 novembre 2013. J’ai hâte. Je n’en peux vraiment plus… Je sais que j’ai fais des erreur en proposant des choses, mais je pense que je ne méritais pas ça. Je n’en peux plus.

    Mon derier boulot a duré quatre jours en février. C’était pour un poste de rédacteur web. J’étais au-dela de la production journalière des personnes en place dès le deuxième jour, le premier jour ayant servit à la formation. Pour rigoler l’après-midi du 2ème jour on me dit, on va me bisuter en me donnant un truc dur. malheureusement pour moi je le fais sans difficulté. En fin de journée on ne m’adresse plus la parole. Le troisième jour je me dis qu’ils vont me virer. Le lendemain on me vire pour deux fautes d’orthographe sur 450 fiches produit exécutée en 2 jours et demi. Jeté dehors comme un malpropre.

    Je n’en peux plus…
    Je n’en peux plus…
    Je n’en peux plus…
    Je vais devenir phobique de l’entreprise et de mes pairs… Je dois faire une formation pour rentrer dans l’informatique mais je commence à perdre ma motivation. Je voulais faire cette formation pour avoir un diplôme bac+4, n’ayant que le bac. Mais je me dis que ça ne changera rien. Je n’en peux plus… Je n’en peux plus…. J’ai peur et j’ai mal.

    1. La littérature sur le sujet est unanime : un surdoué a des chances de s’épanouir dans un métier où il sera entièrement autonome… il pourra travailler à son rythme et faire évoluer son activité selon sa sensibilité

    2. Courage ! Tu trouveras la solution, j’en suis sûre. Mais comme dit Cécile, en autonomie. Le statut d’auto-entrepreneur permet pas mal de choses. Je t’envoie mes pensées les plus sincères.

    3. Je comprends parfaitement votre situation épouvantable. Cependant, vous avez fait exactement TOUT ce qu’il ne faut pas faire ! vous avez fait du zèle, et c’est con de faire du zèle qui ne sera la plupart du temps pas reconnu parce que ça mets la pression aux autres salariés… Ensuite vous avez innové, et ça c’est impardonnable parce que vous avez dépassé votre fonction, ce qui déstabilise tout un service et tous les salariés de se service. En cumulant zèle et innovation vous les faites tous passer pour des tocards incompétents et là ça ne pouvait que mal se terminer… Il ne faut jamais faire de zèle, mais juste qu’il faut, et comme tout le monde (comme à l’école quoi, ni plus ni moins), si possible, sinon c’est le clash assuré. L’homme est un animal grégaire…

      1. Bonsoir Iva,

        Non je ne suis pas une fille grégaire, je dis ce qui ne va pas, je ne considère pas mes collègues comme incompétentes (sauf certaines mais en y regardant elles ont beaucoup de qualités par ailleurs). Quand je revendique, je ne sens pas forcément écoutée, mais on m’a dit des fois que , après m’avoir entendue évoquer plusieurs fois tel dysfonctionnement, eh bien que j’avais eu raison, mais qu’on s’en était apercu plus tard (tiens donc !).

        Oui je suis un peu isolée, mais je cherche de temps en temps la compagnie, meme si ca me semble un peu obligé, contraignant, je dois avouer que ca a aussi des avantages.

        Oui je fais beaucoup de zèle, oui on me le reproche, mais comme les autres ont compris que ca ne servait à rien de me changer, ils n’insistent plus (je ne pense pas qu’ils aimeraient avoir tout le boulot que j’ai, et je crois que ca les arrange bien finalement)

        Et oui j’ai la tete haute à faire tout ca. Pas question de m’écraser, mais pas question de tout envoyer promener non plus.

        Cricri (zélée ou addict ?)

      2. @cybercricri : je ne dis pas que les autres ont « raison », mais ce qu’ils ressentent face à ce type de situation et de comportement. La « meute » ne se déchaine jamais par hasard mais réagit à ce qu’elle vit comme une perturbation de l’ordre établi, du ronron rassurant, de la routine, des rôles déterminés de chacun… bref, de tout ce qui fait qu’une organisation sociale « fonctionne » habituellement…

    4. Bonjour GPBL,

      Vous me rappelez de bien mauvais souvenirs, mais ces moments de souffrrance sont à vivre peut etre sur l’instant, pour les intellectualiser un tant soir peu, mais après : fermez la parenthèse, un temps pour tout, le soir vous avez un autre vie.

      Une astuce : avant d’entreprendre quelque chose : dites vous « si on me dit non que vais je ressentir ? » ca permet d’enticiper les refus et critiques.

      Les projets que vous avez mis en place sont peut etre trop décalés ou ambitieux, il vallait peut etre poser des solutioins alternatives mais évoluant avec la culture de cette boite.

      Le changmeent dans le compromis : c’est ce que j’applique au quotidient, pas facile, mais plus gratifiant et vivable, et à terme de vrais changement sur du moyen terme.

      ET si vous en avez vraiement assez, rompez votre contrat, pas la peine d’arriver au bout du rouleau, meme après 2 ans de chomage, mais là voyez vos priorité : et novembre…. est ce si loin finalement ?

      Nous vous soutenons.

      Cricri

  4. Excellent article.
    « Les humains s’adaptent à tous les systèmes. »
    C’est réconfortant, d’une certaine manière, ici sur talentdifferent.com, de lire de telles phrases.
    Le « différent » de talentdifferent est peut-être aussi non seulement dans les différences mais également dans les « ressemblances ». Et c’est finalement différences ET ressemblances qui nous rassemblent.

  5. « Pourquoi dédiez-vous votre ouvrage aux contemplatifs ?
    Parce qu’ils ont raison d’être ce qu’ils sont, d’avoir au plus profond d’eux-mêmes le temps de méditer sur ce mystère d’être en vie. C’est souvent cette question-là que l’on élude.
     »
    🙂
    Excellent article, l’entretien avec l’auteur, merci Cécile.

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