De l’intelligence

Qu’est ce que l’intelligence ? Vaste sujet, et je ne saurai y répondre. Pas plus, d’ailleurs que l’article de 1998 de Scientific American joint, où tout est à peu près passé en revue sur le sujet. Grands débats d’experts autour de la mesure de l’intelligence qui diffère avec les âges (et les modes), de l’utilité des test de QI, défendus par les uns, et qui négligent la créativité et le sens pratique pour les autres (Sternberg et sa « Triarchic Approach to Giftedness« )… et sont contre-productifs quand on les passe en état de stress… et même de l’intelligence animale étudiée par le biais de l’empathie.

L’article s’intéresse également à l’interface homme-machine qui permet de créer des humains « augmentés » (on glisse un supplément de mémoire, une mémoire micro-électronique dans le cerveau !).
Pour conclure en disant ceci :« on peut considérer l’intelligence comme étant la capacité à manier la complexité et à résoudre des problèmes dans un contexte quelconque – que ce soit trouver la quadrature du cercle ou atteindre des bananes qui sont hors de portée de bras. Pour ce qui est du reste (origines neurales et computationnelles, fondement, quantification) c’est encore très incomplet, très controversé et très politique. Personne ne se plaindrait de dire qu’être intelligent ne paie pas. Pour autant, le rôle que joue l’intelligence dans nos sociétés modernes ne dépend pas du savoir acquis grâce à elle, mais de la façon dont elle est reconnue parmi les valeurs sur lesquelles la société met l’accent. »

Et puis il y a Howard Gardner qui a travaillé sur l’intelligence. Il en a étudié 9 formes qu’il présente dans sa Théorie des Intelligences Multiples.

L’intelligence logico-mathématique sur laquelle se fonde Binet pour mettre au point son test est l’une d’entre elles.

Gardner précise que chacun est un bouquet de ces 9 intelligences (et on ne peut bien sûr être au top pour les 9 ensemble).  Après la parution de l’Intelligence Emotionnelle de D.Goleman, Gardner met en garde sur le fait que ces intelligences ne préviennent pas d’être un monstre.
D’une certaine façon, il rejoint Dabrowski, et son « facteur interne » qu’il présente dans sa Théorie de la Désintégration Positive.

Les billets de ce blog se trouvent à droite, dans « Catégories ».

62 thoughts on “De l’intelligence

  1. L’effet Flynn
    L’effet Flynn, ou comment notre QI a augmenté de 20 points entre 1934 et 1964.
    Dans cet article de la BBC, 30 septembre 2016, vous rencontrerez Flynn en personne, aujourd’hui 82 ans, qui vous expliquera comment il en est arrivé à travailler dans ce champ de recherche qu’est l’intelligence, ce qu’il note de certains de ses travers idéologiques et comment il voit les plus récents progrès technologiques et leurs effets sur le cerveau de ce que l’on appelle les « millennium »: en clair, peu importe la quantité de matière grise, sa qualité est bien de la plus haute importance pour l’avenir de l’humanité, au risque de se retrouver esclave !
    C’est en anglais, bien sur, mais élégant et pas pompeux pour 2 cents, aussi bonne lecture !
    ( pour ma part je vais essayer de trouver son nouveau livre: Does Your Family Make You Smarter ?)

    Chan

    1. Merci Chan

      Cela dit le titre « Does Your Family Make You Smarter ? » (en français : Votre famille vous rend elle plus intelligent ?) indique bien l’importance de l’environnement sur le déploiement ou non de l’intelligence.
      Sur ce point, dans un récent entretien, Yvane Wiart a bien rappelé l’importance du harcèlement ordinaire au sein des familles – ces petites phrases de rien qui, tel le supplice de la goutte d’eau, ont un effet dévastateur.

      1. @Cécile:
        C’est quoi le  »harcèlement ordinaire au sein des familles », en lien avec  »le déploiement ou non de l’intelligence » ? Y. Wiart, sa thèse ??
        Merci Cécile !
        Chan

        1. Yvane Wiart est chercheuse en psychologie à l’Université Paris-Descartes.
          Elle a beaucoup travaillé sur l’attachement et lors d’une récente interview pour le congrès virtuel organisé par Nathalie Alsteen, elle a évoqué l’impact du défaut d’attachement et de la violence ordinaire sur la construction de la personnalité, insistant sur l’hypersensibilité des surdoués.

          Au demeurant, l’impact des violences psychologiques et physiques (en particulier violences sexuelles) se retrouve « imprimé » dans le cerveau, selon les conclusions parues en 2013 d’une étude menée par des chercheurs berlinois et montréalais. Ici, la référence PubMed (en anglais)

      2. Face à vos remarques fort pertinentes évidemment, il y a la notion de « street smart », développée dans les pays anglo-saxon, qui en très gros émet l’hypothèse que plus vous aimez vos enfants, plus vous les surprotégez, moins ils seront des adultes résilients. Plus ils doivent se débrouiller par leurs propres moyens, plus ils développeront la capacité à affronter la difficulté et rebondiront facilement, sans se laisser durablement abattre par les événements difficiles de la vie.
        L’intelligence se niche dans les moindres recoins. Je pense qu’on n’en a pas dessiné tous les contours.
        Cela dit, mieux vaut sans doute être « street smart » avec un haut QI que sans…

  2. L’intelligence englobe tout le monde surdoué ou pas, je trouve donc cela idiot de vouloir les classer, le QI est scientifique, la douance est spirituelle, on ne mélange pas le Français et la Chimie voyons !

    1. Bonjour Romanov,
      trouver quelque chose idiot c’est sans doute déjà manquer de pas mal choses, pour commencer, de l’acceptation des différences. Manquer du sens de la typologie est aussi un manque de quelque chose, je vous laisserai chercher ce dont il s’agit. Et si, on mélange le Français et la Chimie, pour ça il faut avoir ce qu’il faut pour voir les liens. mais je sais que tout le monde ne voit pas de liens partout, c’est réservé à certains. Comment voulez vous qu’il n’y ait pas de lien entre ces deux matières? L’une étant utilisée pour définir l’autre! et ce n’est que le lien évident.

  3. Bonjour à tous!

    Dans le dernier numéro CONTACTS du magazine Mensa France, il y a une interview d’Arielle Adda qui se termine par une très jolie petite phrase sur l’Intelligence que je souhaite partager avec vous: « L’Intelligence est un trésor, un cadeau qui nous a été donné. On peut l’utiliser pour son propre bonheur, et, encore mieux, pour le bonheur des autres »

    J’espère que cette petite phrase aidera tous ceux qui le cherchent encore à trouver leur chemin de vie.

    Lulubelle

  4. Bonjour,

    Meme si les remarques de Mme Depeyrot sont parfois un peu incisives, au moins elle a l’art de poser le doigt là où ca fait mal parfois.

    En effet, se révéler , qu’est ce que ca nous apporte ?

    Certains disent que ca ne leur a apporté que des ennuis et sentent un poids à porter.

    D’autres, comme moi, ont eu des avantages : meilleure confiance en moi, remise sur la table de projets longtemps laissés de coté, les gens disent que j’ai changé sans définir pourquoi, mais je pense que c’est en bien…. Etre à l’écoute de ses idées, qui viennent n’importe quand, les trier, en tirer quelque chose, et puis grapiller la moindre goutte de bonheur. Moi , qui suit reniée par ma famille, j’avoue que m’accrocher au bonheur m’aide bien : ca rend plus fort.

    Je suis dans l’après, je me suis appropriée ma douance, j’ai demandé une formation complémentaire, j’élargis mes connaissances, et je me fais rétribuer pour ca (impensable pour moi il y a quelques temps). C’est donnant donnant : je donne mes connaissances, ma facon de penser, et en retour, je suis récompensée pour ca. Je me sens bien mieux depuis que je demande ce qu’il me faut.

    A bientôt , Christèle

  5. Je viens d’écouter cette émission et tout au long, 30mn, je me disais mais quand donc ça va finir ?
    Rien à voir avec les surdouéEs si ce n’est en début une référence à Gardner et les multiples intelligences et Tinoco qui est là on se demande bien pourquoi car il ne participe presque pas si ce n’est pour aligner des banalités.
    (Est-ce que quelqu’unE ici a lu son bouquin et peut nous expliquer en quoi et si, toutefois, il ajoute vraiment quelque chose au débat actuel sur la surdouance ?)

    @Cécile: je ne dirais pas que l’approche psychanalytique néglige l’apport des neurosciences. Tinoco ici le fait mais peut-être tout simplement n’a t-il pas eu le temps de s’expliquer là-dessus ? Crescent, littéralement, bouffant tout l’oxygène du débat, déjà très pauvre au départ: trop de concepts en même temps, pour trop peu de temps…
    M. de Kermadec par ailleurs aussi psychanalyste et qui à plus de 40 années de travail de terrain et de recherches théoriques sur et avec les surdouéEs ne me semble jamais faire l’impasse sur l’apport des neurosciences, apport qu’il ne faut pas non plus surestimé, je crois, tant le champ est nouveau et en développement…
    Pour le reste, notamment l’école comme  »bras armé » d’un système de reproduction… quoi de nouveau dans ce débat ? Je relisais Libres enfants de Summerhill par Neill début 1960 et publié en France en 1970: en termes de formatage et de choix de société vs respects des identités individuelles, rien de nouveau sous le soleil !

    Chan

    1. Personnellement ,j’ai acheté le livre de Tinoco et j’ai lu quelques interviews de ce monsieur sur planète douance , son propre blog et tribulations d’un petit zèbre .
      Je trouve sa rhétorique très tordue.
      Il met très régulièrement en avant que sa verité vaut largement plus que les neurosciences ( voir la fin de la transcription de l’interview à planète douance), remet en cause les études des jumeaux permettant de juger de l’impact relatif de la génétique et des phénomènes environnementaux (famille)dans son altercation avec Nicolas Gauvrit, un lecteur met d’ailleurs au clair en donnant des références d’études sur des jumeaux sépares pour justement pouvoir juger de la prépondérance relative des facteurs, il est d’ailleurs curieux de voir l’explication de trouble de relation de la mère à l’enfant être donné de façon récurrente que ce soit pour le surdouement ou pour l’autisme .
      Cela tient pour moi du rôle du péché primal judéochristianisme-chrétien, avec un responsable tout désigné en la mère !
      En même temps, tinoco ne nie pas les défauts relatifs de la psychanalyse …
      Toujours est il qu’à force de négations doubles ,tout paraît flou chez lui, ce qui lui permet d’avancer tout et n’importe quoi,et surtout d’attaquer les cognitivistes.
      De ce fait, tout lui est permis dans des supputations audacieuses, sans aucune référence scientifique, par contre, vu la complexité du sujet, avec des biais experientiels pouvant toujours être trouvés dans les publications scientifiques ,il lui est facile de semer le doute chez le lecteur non averti.
      En effet , »tout le monde à tout faux donc j’aie raison quelque part »
      Voilà pour moi le paradigme du sieur Tinoco!!!!

      Résultat des courses, je n’ai pas lu la moitié de ce livre, qui m’est tombé des mains.
      Mr T. Est certainement un surdoué ,mais le problème est que son outil d’analyse n’est pas pertinent pour moi, voir caduc.

      Perso,chaque fois que je vois un écrit d’obédience psychanalytique, la capacité de ces gens à utiliser des termes folkloriques comme érotisation du désir, du fantasme, me fait plus penser à des pervers n’ayant pas viré leur cuti, qu’à de véritables chercheurs de la vérité de l’âme!
      Voir pour autre exemple,la prise en charge désastreuse de l’autisme par la psychanalyse pendant 50 ans avec des méthodes comme le packing dignes du moyen- âge!
      Je pense qu’en 2014, il est permis de dire à un psychanalyste qu’il existe nombre de théories sur le fonctionnement psychique ,n’ayant aucune relation avec la psychanalyse et beaucoup plus susceptibles d’expliquer de façon intelligible au vulgum pecus (en tout cas à moi), le comportement (parfois étonnant ,certes) de nos congénères ,et qu’il peut gentiment aller se recycler!

  6. Tout à l’heure sur FrQ http://www.franceculture.fr/emission-rue-des-ecoles-l-ecole-gache-t-elle-des-intelligences-2014-04-30

    «  L’école gâche-t-elle des intelligences ?
    Rue des écoles, aujourd’hui, où l’on parle de l’intelligence à l’école…

    Notre école gâche-t-elle des intelligences ?
    C’est en filigrane la question posée par les deux auteurs que nous recevons aujourd’hui, Stéphanie Crescent et Carlos Tinoco qui sont tous deux enseignants.
    La première s’intéresse aux différents types d’intelligence et le second aux enfants surdoués .. et ils vont avoir des tas de choses à se dire !

    Intelligent à l’école – Oui mais pas trop, oui mais comme il faut, comme le demande le professeur et sa pédagogie ? Les différentes manières d’être intelligent ne sont pas traitées à la même enseigne dans la scolarité …

    Et puis d’ailleurs, comment se représente-t-on l’intelligence, nous parents, élèves, enseignants ? et que signifie être scolaire ?

    Ces questions permettent d’ouvrir d’autres perspectives sur les apprentissages et la transmission, avec nos deux invités :
    – Stéphanie Crescent, enseigne l’anglais en région parisienne, elle est aussi formatrice d’enseignants. Elle est l’ auteur de Tous intelligents ! aider son enfant à l’école – Préface de Pierre-Marie Lledo (Editions Odile Jacob, mars 2014).
    – Carlos Tinoco, agrégé de philosophie, professeur et psychanalyste, il est l’auteur de Intelligents, trop intelligents. Les « Surdoués » de l’autre côté du miroir (Jean-Claude lattès, avril 2014)
    « 

    1. L’approche psychanalytique me gêne. Elle néglige l’apport des neurosciences. Ici, c’est ençore le cas.

      Par ailleurs, est-ce vraiment l’école qui gâche les enfants ou l’école est elle devenue le « bras armé » d’un système qui attend uniquement des clones avalant l’information pour la recracher sans la digérer et obéissant ainsi sans se poser de questions ?
      Car Adam Smith, Ford et Toyota ont eu depuis longtemps besoin de ces armées de pseudo robots qu’il faut formater depuis l’enfance pour les décérébrer.
      Et nos États actuels sont bien impuissants face aux réseaux économiques qui se sont établis.

      Poser la question de l’école c’est, à mes yeux, s’attaquer à la partie émergée de l’iceberg. Alors oui, il y a des corporatismes qui dérangent… Mais l’histoire des réformes scolaires est édifiante…

    2. Sujet tres interessant mais a nouveau tres peu abordé. N’oublions pas la relation assymetrique d’autorité entre le prof et l’elevé et le role de formattage de l’enseignement.
      Meme a la fac, avec le recul, j’ai fait des etudes d’inge bac+5 avec des cours tres pointus en physique et chimie mais j’ai pas eu un seul cours de socio, de psychologie sociale (enseignée tout recemment mais ultra interessant), ou de psychologie (ne fut-ce qu’un seul cours qui me donne l’envie de chercher plus par moi-meme et de ce coté la ca n’a jamais manqué, comme tout surdoué qui s’interesse a tout) ! J’ai lu recemment beaucoup d’ouvrages de socio mais en socio j’etais completement nul. Maintenant je suis persuadé que tout ceci est voulu et calculé. On compartiment les savoirs…
      de meme a la fac l’interdiscplinarité est mal vue et decouragée (collaboration entre les facs) pour de nombreuses raisons, entre autre le pouvoir (selon des recteurs et des prof de fac que je connais eux-meme et parfois eux-meme depités, mais c’est plutot une minorité). Un petit exemple, les juristes, une vraie race a part, ils n’aiment pas trop qu’on donne des cours de droit dans les autres facs.

      Quand j’ai critiqué indirectement l’Education Nationale dans une conference sur les surdoués recemment je me suis fait incendier (avec toujours le meme credo c’est au surdoué de s’adapter, au parents de faire entrer leur enfant dans le moule par tous les moyens et ce sujet de l’EN ne devrait meme pas etre abordé, passons a la chose suivante) Sans parler des parents qui consideraient le diagnostic de douance de leur enfant comme une calamité a gommer et cherchaient des pistes pour gommer ce surdon.

      J’espere que Cecile parlera du taylorisme/Fordisme et sa relation au surdoué comme elle en parle ci-dessous etc dans son futur ouvrage car le sujet est peu abordé et interessant

      1. Tu vois Lepat, le savoir n’est pas compartimenté. il est en effet transmis en pièces détachées, parfois par des gens qui ne voit pas l’ensemble. Je dirais, un peu comme une fourmi qui voit un pied d’éléphant. Elle ne peut pas imaginer que les 4 gros tas sont reliés entre eux, et que le plus intéressant, c’est l’éléphant lui-même, pas ce qu’elle voit. Et bien, le savir, la connaissance, c’est pareil. La plupart des gens ne voit que des bout, et n’imaginent même pas l’ensemble, les liens, les analogies, que tout ça forme un tout. Je ne sais pas pour toi, mais je ne peux plus aborder une matière, un thème, sans immédiatement voir les liens avec des tas d’autres choses. et pour le coup, je pars dans tous les sens, enfin, du point de vue de mes interlocuteurs. Quant à moi, je ne fais que voir l’éléphant! (ben non, pas rose!). Forcément, ça génère un peu d’incompréhension. (doux euphémisme!). J’ai arrêté de m’énerver quand j’ai compris que presque tout le monde ne voit que le pied et ne sait pas ce qu’est un éléphant….Tout est un, tous les philosophes et autres penseurs ont raison.

  7. Bonsoir,

    Une proposition pour définir « l’intelligence » : Capacité à s’adapter à notre environnement, trouver des solutions sans se biaiser…

    Et une petite contribution sur le lien sur Carlos Tinoco proposé par Tournevis

    Extrait : […] Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, le mécanisme logique que mettent en œuvre les « surdoués » (quel terme catastrophique!) ne demande aucune structure cérébrale particulière, il est souvent très simple. Ce qui les place devant le vertige suivant: pourquoi sont-ils les seuls à emprunter ce chemin? C’est en ce point que la perspective s’inverse. Qu’est-ce donc qui inhibe ainsi l’intelligence, pour la plupart des individus, et dans la plupart des contextes? Qu’est-ce qui se passe, dans ces réunions de travail, dans ces polémiques et ces débats qui semblent pouvoir durer infiniment sans que jamais ne soit abordée la question qui permettrait de commencer à avancer? […]

    Des Réponses à 6:13 de cette vidéo de 2011 qui confirme mon intuition : nous naissons tous dans la « Douance » c’est l’environnement délétère(à 8:41) qui saccage tout. (comme pour notre espérance de vie de + d’un siècle)

    https://www.youtube.com/watch?v=e1LRrVYb8IE#t=687

    Salutations Marseillaises 🙂

    1. J’ai souvent réfléchi à cette possibilité que nous naissons tou-te-s dans la douance et que c’est l’environnement délétère qui saccage tout. Mais alors, comment expliquer qu’il y a des surdoués dans des environnements délétères, des familles particulièrement calamiteuses et de la maltraitance scolaire ?

      1. Peut-être parce qu’heureusement, les règles comportent toujours des exceptions,
        comme les +/- 12% de survivants dans la classe d’âge 13-15 ans, qui ne peuvent statistiquement bénéficier tous de conditions optimales.

        Le concept de résilience, et les dires de Boris Cyrulnik(encore un marseillais d’adoption…), me semble, aussi, être des clés.

        Perso, hautement délétère fut mon environnement… Kafka et Zola réunis en sont devenus une banalité… :), et « cent ans de solitude », la terreur de ma vie d’adolescent par sa description édifiante de la transmission inter-générationnelle des désordres familiaux.
        Il y eut cependant de rares ilots et personnes bienveillantes auxquels j’ai su me raccrocher, paradoxalement, grâce à la violence généalogique de mon éducation faite de préceptes comme « la vie est dure », c’est « marche ou crève », « c’est ta faute » sur fond historique familial de guerre civile et conflits psychologiquement violents !?!!

        Et beaucoup, comme le souligne Cécile, grâce à l’expérience d’un espace de créativité libre, du à l’absence de support familial pour causes professionnelles… paradoxal 😉 !

        Ce qui m’a aussi « sauvé », fut un amour-propre sans failles, par la chance, aussi d’avoir été détecté tôt, 7 et 12 ans, à une époque socialement moins complexe à appréhender.
        Certes, je suis quelque peu « désintégré » socialement(je suis pas à la rue pour autant 🙂 ) mais heureux par l’intégration individuelle qui en est le pendant, la cause et le résultat.

        En espérant que ce résumé t’aura apporté une piste de réponses 🙂

        1. J’ai eu un environnement hautement délétère (du genre de ce que tu décris pour toi, apparemment), mais pas eu la chance de rencontrer des personnes bienveillantes (le concept de résilience me fait bondir aussi : sans aide, personne ne peut résilier ; il y a un bouquin très intéressant là-dessus « la face cachée de la résilience » de Pierre-Yves Brissiaud ; le concept de résilience permet de se laver un peu trop facilement les mains, je trouve, dans une société de plus en plus perverse et destructrice). Ni eu la chance d’être détectée hp tôt (donc tu reconnais que à 7 ans tu avais bien déjà qqchose que les autres n’avaient pas ?! n’est-ce pas contradictoire ? je ne comprends plus, là). Malgré tout, je possède des dons que n’ont pas la plupart des gens, et des capacités que tous n’ont pas. Je doute souvent de la douance mais quand je regarde autour de moi, pas mon entourage proche, forcément « trié », mais le « tout-venant », ben désolée mais il n’y a clairement pas photo et je ne pense sincèrement pas que l’environnement délétère ou pas explique tout. Mais bon, chacun-e ses convictions, hein.

          1. Bonjour Tournevis …
            « Pas eu la chance » de rencontrer des personnes bienveillantes …
            « Pas eu la chance » d’être détecté HP …
            OK. Et aujourd’hui, ici et maintenant, entourée de gens bienveillants et en connaissance de votre HP, qu’est ce qui a changé ? Qu’est ce que vous en faites ? En quoi ces deux paramètres font-ils leviers dans votre vie ? Quelles actions vous permettent – ils de poser ?

          2. Bonjour Tournevis,

            Permettez-moi de penser qu’elles ne le sont pas … Ce que vous en faites et ce pour quoi vous les trouvez hors sujet vous appartient.

          3. Je maintiens que les questions sont hors sujet. Il n’étais pas question de discuter de moi et de ce que je fais de ce que j’ai vécu/reçu ou pas, mais de l’hypothèse « nous naissons tous dans la « Douance » c’est l’environnement délétère(à 8:41) qui saccage tout. » Je citais mon cas comme contrexemple, et je sais que nous sommes nombreux à avoir été saccagés et être pourtant surdoués. Je ne vois pas bien pourquoi Corine vient me poser des questions personnelles qui sortent du cadre du débat de la douance comme normale et perdue ou non.
            Ou bien je n’ai rien compris à ce que voulait dire White Stripes Pascal ?

    2. Je suis plutôt d’accord avec Jean Dieudonné lorsqu’il dit :

      « L’esprit de compétition, les classements, la course aux records et aux prix n’ont jamais été aussi exacerbés qu’à notre époque ; cela crève les yeux quand il s’agit de sports, et s’étend à des activités intellectuelles comme les échecs ou le bridge, et même à bien d’autres plus ou moins ridicules.
      Néanmoins, à une époque récente, on a vu proclamer bruyamment qu’en matière de création intellectuelle tous les êtres humains ont les mêmes capacités et que les inégalités flagrantes constatées à cet égard ne sont dues qu’à l’éducation qui les ont plus ou moins favorisés. Curieuse doctrine qui voudrait que le cerveau ait une physiologie différente de celle des autres organes, et qui ne mérite qu’un haussement d’épaules, quand on songe à tous les enfants de princes ou de millionnaires, restés incurablement stupides en dépit des soins apportés à leur donner les meilleurs précepteurs. »

      Pourquoi, diable, au sujet du « surdon », le facteur, ne serait-il qu’un facteur d’environnement ? (Je commence à peine la lecture du livre de Monsieur Tinoco…)

      1. Au commencement du chapitre 2, Carlos Tinoco croit encore à l’existence du « surdon »… (Après, je n’en sais rien pour le moment…) Et… (Comme c’est surprenant !) il m’apparaît qu’il a une définition du « surdon » plutôt proche de la mienne, qui est que « le surdon [est] une faculté innée d’avoir du talent pour (presque) tout » (http://www.talentdifferent.com/q-i-or-not-q-i-l%E2%80%99identification-du-surdon-8-sur-10-%E2%80%93-differences-intra-individuelles-heterogeneite-des-profils-hp-dans-le-qi-1777.html#comment-7727) : « non seulement j’entrais avec la même facilité dans de nombreux domaines en apparence très dissemblables, écrit-il, par exemple, à la fin du chapitre 1, mais, surtout, j’avais l’intuition que les maths, le violon, le travail du bois, le foot, c’était, d’une certaine façon, une seule et même chose ». (En fait, définir le « surdon » ainsi permet à Tinoco de mettre à bas, du moins d’après ce qu’il dit, le point de vue de Gardner.)

        1. Selon Tinoco, il n’y a en effet qu’une seule intelligence (« dont le déploiement peut être entravé par des mécanismes d’inhibition » (p. 98 : Quatrième Hypothèse sur le « Surdouement »))… Pour traiter le reste et, notamment, la question de la cause du développement du « surdouement », Tinoco prend un point de vue psychanalytique (et c’est un choix conscient) : ce serait, selon lui, dans les échanges entre les parents et l’enfant qu’il faut chercher l’origine d’un « surdouement ». (Il ne rejette pas l’hypothèse génétique mais cette dernière est, selon lui, « très douteuse » (p. 180)…)
          C’est plutôt bien écrit dans l’ensemble, certaines choses intéressantes sont proposées, mais il y a des manques (et des partis pris)… Cela reste un essai, en fin de compte.

          1. Merci d’avoir pris la peine de partager la lecture de cet ouvrage (que je n’ai toujours pas envie de lire, tellement ce genre d’hypothèse me semble absurde ; en plus du fait que je ne suis plus capable de lire quoi que ce soit de « sérieux » et que je suis lasse de lire sur la douance)

          2. Le point de vue psychanalytique sur la douance, quel qu’il soit (la psychanalyse dans son ensemble, déjà, Freud ayant énoncé surtout de grosses absurdités).

          3. Sauf que Tinoco, tournevis, commence (à peu de chose près) la conclusion de son livre par ce qui suit : « Les protocoles et les concepts forgés par Freud, remaniés par ses successeurs, n’ont rien de magique en eux-mêmes. Ils sont pratiques, parfois, pertinents ou opérants, et parfois inopérants. Comme beaucoup d’autres protocoles et grilles conceptuelles. Justement, ce n’est pas là que ça se passe ! » (Intelligents, trop intelligents, p. 347.) Mais, enfin, libre à vous (évidemment) de vous priver de la psychanalyse, même pour la question du « surdon » !

    3. Le but de l’EN en France par exemple n’est que de formatter l’individu dans le sens du systeme, qui est decrit (meme de Kermadec) qui est plus comme une mediocratie egalisatrice (selon les valeurs la republique francaise). Le taylorisme a rajouté une couche, celle de l’ultra-specialisation selon les metiers, meme pour els haust diplomés. L’epanouissement de l’individu, son autonomie, atteindre les limites floues de son (haut dans le cas HPi) potentiel, n’est pas au programme !
      Au niveau des facs, l’utra-specialistation est destinée a faire des specialistes de certains metiers mais sans connaissances transversales, futurs petits soldats dociles et obeissants du capitalisme, principalement en grande entreprise. Neamoins il serait interessant de voir si le curriculum des futurs professions liberales (medecins etc) n’accorde pas plus d’importance a l’autonomie.
      L’utilitarisme social du systeme educatif ne doit pas etre negligé.

      1. L’école NORMALE forment les instituteurs, n’es-ce pas? elle est là pour NORMALISER. C’est le but premier! même si elle a changé de nom, histoire d’essayer de brouiller les pistes!

  8. Un article intitulé « Ce qui nous interdit de penser » (http://www.huffingtonpost.fr/carlos-tinoco/surdoues-penser-autrement_b_5164889.html?utm_hp_ref=france)

    Il n’y a que le début qui parle vraiment des surdoués mais j’ai trouvé que c’était intéressant :

    « Les « surdoués » sont de drôles de bestioles. Ils ne résolvent pas nécessairement plus vite les équations du second degré (parfois même bien plus lentement), et, à côté de leurs performances intellectuelles, ils présentent de curieuses caractéristiques : rapport difficile à l’autorité, « hypersensibilité », faible résistance à l’ennui, etc. Ces traits ont été depuis longtemps repérés, jamais vraiment expliqués. Et, surtout l’un d’eux a été complètement omis de la réflexion, celui qui, justement, fait de l’intelligence une notion éminemment politique : l’hébétude face au monde.

    Contrairement à ce qu’on pourrait supposer, le mécanisme logique que mettent en œuvre les « surdoués » (quel terme catastrophique !) ne demande aucune structure cérébrale particulière, il est souvent très simple. Ce qui les place devant le vertige suivant : pourquoi sont-ils les seuls à emprunter ce chemin ? C’est en ce point que la perspective s’inverse. Qu’est-ce donc qui inhibe ainsi l’intelligence, pour la plupart des individus, et dans la plupart des contextes ? Qu’est-ce qui se passe, dans ces réunions de travail, dans ces polémiques et ces débats qui semblent pouvoir durer infiniment sans que jamais ne soit abordée la question qui permettrait de commencer à avancer ?

    C’est que la pensée humaine possède toujours des angles morts. Réfléchir à un problème, pour un scientifique dans un laboratoire comme pour un cuisinier devant ses casseroles, c’est toujours d’abord restreindre le champ du questionnement, à l’aide d’hypothèses de départ, sous peine de se noyer (pensez à tous les usages qu’on peut faire d’un œuf, si vraiment on ne s’interdit rien). C’est ce qui permet de chercher une solution, c’est aussi en général ce qui empêche radicalement qu’on la trouve. Parce que souvent, dans ces hypothèses de départ, se loge une contradiction qui nous condamne à l’impasse.

    Une machine rationnelle, avec une immense capacité de calcul, se contenterait de faire varier les hypothèses de départ jusqu’à trouver les bonnes. Mais nous ne sommes pas des machines rationnelles. Pas seulement parce que nos capacités de calcul sont moindres ; aussi et surtout parce que nous n’avons pas toujours la liberté d’interroger les hypothèses de départ. Il est ici question d’un rapport de l’individu à son angoisse, dans cette espèce étrange que l’évolution a dotée d’une faculté d’abstraction et de tout ce qui va avec : conscience de notre mort à venir, du temps qui passe, de l’absurdité des choses. Quand une des hypothèses de départ de la réflexion est un fondement pour le sujet, un pilier qui l’empêche de s’effondrer psychologiquement, elle en devient absolue et impossible à questionner. Pour la majorité dite « normale », c’est la loi, l’ensemble des normes qui régissent telle ou telle pratique, qui leur permettent de considérer que leur vie a un sens, que leurs efforts ne sont pas vains.

    Ceux qu’on appelle « surdoués », ce sont ceux qui ne parviennent pas à s’adosser à ces normes implicites, et qui ont besoin de constamment s’y confronter. Quand face à eux tout un groupe, une institution, une société, fonde son discours sur un interdit de pensée, alors qu’ils constatent que c’est là qu’il faudrait se diriger pour avancer, ils peuvent se retrouver dans ce que je nommais l’hébétude : « Est-ce le monde qui est fou ? Est-ce moi ? » « 

  9. Émission qui m’a semblé très intéressante sur France Culture, reécoutable en ligne ici http://www.franceculture.fr/emission-science-publique-savons-nous-mesurer-l%E2%80%99intelligence-2014-04-04

    L’émission vaut mieux que le début du texte de présentation 😉

    « Les théories et les tests permettant d’évaluer l’intelligence humaine ne semblent pas faire partie des domaines qui évoluent rapidement malgré les progrès de la génétique ou de l’imagerie cérébrale. Sir Francis Dalton est l’un des précurseurs dans ce domaine à la fin du 19ème siècle. Ce cousin de Charles Darwin est par ailleurs l’inventeur du terme eugénisme. De fait, les tentatives de mesure de l’intelligence restent, la plupart du temps, associées à une volonté de sélection, plus ou moins radicale toutefois. Un siècle plus tard, en 1904, le psychologue Charles Spearman, également anglais, définit le facteur g, qui désigne une intelligence générale, une mesure qui serait indépendante du type des tests pratiqués. Aujourd’hui, le test du fameux QI, mesure d’un quotient intellectuel, est toujours utilisé malgré sa focalisation sur une intelligence de l’abstraction et de la logique.

    Ainsi, faute d’instrument plus détaillés, la mesure de l’intelligence tend toujours à se résumer à un seul chiffre. Pour justifier cette approche, les scientifiques plaident pour une corrélation entre les différentes formes d’intelligence, une sorte d’homogénéité des capacités intellectuelles. Autrement dit, si on est doué en maths, on est doué en tout. C’est d’ailleurs ce qui ressort des méthodes d’évaluation des élèves qui continuent à largement privilégier cette aptitude. Pourtant, le psychologue américain Howard Gardner a constaté que des malades privés de certaines facultés intellectuelles, comme les autistes, développent fortement d’autres capacités. Il existerait donc, selon lui, des intelligences multiples assez indépendantes les unes des autres. Une façon de contester la valeur générale du QI et du facteur g et de remettre profondément en cause la mesure unique de l’intelligence.
    – Quel est le rôle actuel des tests de QI dans les différentes modes de sélection, aussi bien à l’école que dans la vie professionnelle ?
    – Peut-on distinguer différents facteurs, génétiques, environnementaux, familiaux ou éducatifs dans les processus de construction de l’intelligence d’un individu ?
    – L’intelligence est-elle une capacité figée à partir d’un certain âge ou bien peut-elle évoluer au cours de la vie et des expériences vécues ?
    – A quels types d’intelligence l’éducation scolaire fait-elle principalement appel ?
    – Faut-il continuer à parler d’une intelligence au singulier ou d’intelligences au pluriel ? »

  10. « Et Ici, la page d’accueil d’un « Musée des 8 intelligences » à Séoul 🙂 Teasing : Pourquoi 8 et pas 9 ?… Parce que la 9° était certainement un peu difficile à formaliser… »
    le lien ne fonctionne plus (404 Error found) était-ce une expo temporaire ? chuis déçue, ça me bottait bien, un « musée des huit intelligences »

    (je commence juste à lire Gardner, évidemment avec le bol que j’ai je suis surtout naturaliste et il a peu développé cette 8è intelligence, « découverte » par lui bien après les sept autres)

    C’est peut-être hors sujet, mais j’ai trouvé par hasard cette petite vidéo sur le net http://fr.news.yahoo.com/video/la-souris-et-le-biscuit-105445864.html que j’ai a-do-rée. Comme quoi, être intelligent est sûrement utile, mais être opiniâtre peut être efficace aussi 😉

  11. L’intelligence est un concept qui varie d’une personne à l’autre. De plus, je pense qu’il existe plusieurs sortes d’intelligences. Et donc difficilement identifiable et mesurable.

    Être différent de la norme n’est pas toujours facile à vivre. Je vous rappelle qu’être diffèrent ou penser différemment des autres à été dangereux pendant des siècles.
    Certains sont morts parce qu’à une certaines époques, ils pensaient que la terre était ronde, que le soleil tourner autour de la terre …
    L’être humain peut être très c.. et intolérant.

  12. L’intelligence, vaste sujet! Parfois, à certains points de vue, n’y aurait-il pas qu’un cheveu entre le « surdoué » (d’ailleurs, je préfère le terme d' »alterdoué » proposé par Alien je crois) et le déficient intellectuel? Il y a quelques jours, je me suis exclamée spontanément, en voyant arriver le car scolaire de ma fille : « Oh le joli car repeint avec de belles couleurs! ». Bon. Les autres mamans m’ont regardé avec un air mi-triste, mi-condescendant, qui signifiait clairement : « La pauvre, ça ne s’arrange pas ». En même temps que je me disais que j’aurais mieux fait de me taire, la pensée m’est venue que si un adulte déficient intellectuel était passé par là, nous aurions peut-être pu nous extasier ensemble sur l’harmonie des couleurs de l’autocar…

    1. C’est Alou / Tounevis qui a proposé « alterdouée » 😉
      Et, oui, nous sommes sûrement plus proches des « simplets » par la sensibilité que des « normaux ».

      1. Oups, mille excuses! En tout cas le mot est vraiment bien trouvé! Quelle catastrophe que ce mot de « surdoué » qui complique tellement la communication…

    2. Comme quoi les opposés se rejoignent!
      C’est vrai que ce qui est décalé est jugé, comme tout ce qui est hors de la norme, ainsi va la société qui a peur de voir dans l’autre ce qu’elle est elle-même. Je pense que ça la rassure de mettre des balises de ce qui est normal et de ce qui ne l’est pas.

      1. Et puis c’est quoi la norme ? Peut-être que le truc c’est juste qu’en rejetant des gens censés être différents, les autres se croient « normaux » et que ça les rassure ? Hors de la « norme », faut bien avouer qu’on se sent un peu seul, et l’être humain est fondamentalement, biologiquement, grégaire.

        1. La norme, c’est un concept abstrait défini par quelques uns qui comprend qui des actes, qui des pensées, qui des comportements adoptés par une majorité de personnes.
          Apparemment il faut regrouper ces gens similaires et en grand nombre pour définir un cadre de vie, une façon de vivre.
          Ne pas entrer dans ce moule par quoique ce soit fait du responsable une personne hors norme.
          La plus grande difficulté va être d’arriver à vivre dans ce moule fait par et pour une majorité de gens sans souffrir…de trop.
          Les raisons de cette souffrance sont nombreuses : acceptation par les autres, structures inadaptées au mode de pensée autre etc etc.

          Moi, ça me plait d’être hors norme pour un certain nombre de choses, d’être atypique quoi. Quoi de plus ennuyeux que d’être comme les autres, de mon point de vue, qui n’engage que moi bien sûr.
          Et tant pis si je souffre, je me sens tellement plus riche, même de cette souffrance. Curieux sans doute tout ça…

          1. Bonjour Bagheera,

            Meme chose pour moi, hors de question de vouloir ressembler aux autres, disons que nous avons la chance d’avoir une pensée plus en reliefs, plus intense, plus passionnée qu’eux. Alors…. ne jetons pas ca par la fenetre par pitié.

            Après…. se faire accepter par les autres, tout dépend : soit on essaie et y arrive pas (comme moi) et on supporte sa solitude, soit on essaie , on s’adapte (c’est dur), et comme me disait une collègue en colère une fois : mets toi à notre niveau ! (paf dans les dents…..).

            Donc ce n’est par curieux que vous pensiez ca, à vrai dire meme ca me rassure : ca veut dire que vous vous assumez, alors bon courage.

            cricri

          2. @ Cricri,

            Ca me rassure aussi de voir que je ne suis pas seule à trouver sympa d’être hors normes !
            Pour ma part, j’ai la chance de m’adapter sans réelles difficultés où que je sois, avec qui que je sois, mais selon le cas, il ne faut pas que ça dure trop longtemps sinon je m’ennuie…ou au pire je m’énerve, comme quand au travail certaines choses ne sont pas faites avec logique, alors que ça coule de source. Pour moi…
            Pour autant, je sais que ma propension à réfléchir sans cesse, analyser, déduire, et re-analyser…peut agacer. Et ça, je ne le maitrise pas.
            Et puis zut, je suis comme ça et c’est tout, alors prends-moi avec ce qui est un défaut pour toi, sinon ben tant pis.

            Mon fils, HP aussi, essaie aussi de se mettre au niveau ds autres, mais c’est difficile, et je ne sais pas si c’est la meilleure solution.
            Je ne m’en mêle pas, il voit ça avec sa thérapeute, et vu son âge, je n’ai pas le droit d’intervenir.

  13. Bonjour Cécile,
    et merci beaucoup, j’ai adoré le peu que j’ai lu.
    Chez nous, on préfère maintenant la terminologie « bambous » (linéaires/séquentiels) et « brocolis »(arborescents).
    Cela a par exemple permis à mon fils d’aller voir sa maîtresse en lui disant qu’il avait un brocoli dans la tête, ce qui est forcément beaucoup mieux passé qu’un discours avec les termes usuels qui énervent à tous les coups.
    Chez nous, il y a eu un long déni : le seul brocoli, c’était mon petit frère. Les autres, oui, oui, on n’était pas bêtes, mais bon, ça passait à l’école, tant bien que mal, alors on n’a pas cherché plus loin.
    Et puis maintenant, j’ai des enfants, qui commencent à avoir des soucis à l’école, et moi, je suis une ourse des cavernes qui adore rester isolée dans sa tanière (en s’en sentant coupable, hein, bien sûr), et mon mari, lui aussi, il est quand même bizarre.
    Alors on est allés voir une dame, qui n’est pas psy, non ! Mais dont l’expérience est incroyable. Résultat, elle propose de rééduquer nos enfants au fonctionnement « bambou », pour qu’ils puissent mieux s’adapter, ou au moins comprendre ce qu’on attend d’eux dans un référentiel différent du leur. Un truc de dingue : on est tombés sur une perle rare !
    Il faudra voir ce que donnent les résultats, mais en tout cas, je suis bien soulagée d’avoir trouvé quelqu’un qui s’occupe de « rééducation », qui aide les brocolis à comprendre les bambous, au lieu de les ostraciser en leur expliquant qu’ils sont tellement différents, tellement mieux, tellement incompris, ou tellement trop bizarres et qu’il n’y a rien à faire.

    En tout cas, merci !

    1. Bonjour légume !

      Merci pour ce témoignage plein d’humour mais aussi d’espoir.
      Je parcourais hier le livre de Monique de Kermadec qui évoque la notion de Quotient Emotionnel mais aussi de Quotient Relationnel.
      Je ne peux que souhaiter que vos petits brocolis soient respectés dans toute leur singularité,
      en même temps qu’ils apprendront comment fonctionnent les « Zautres » pour permettre ainsi à leur(s) talent(s) de fleurir longtemps.

      .. Et puis à vous « ourse des cavernes »…. je souhaite très sincèrement qu’il vous soit donné de sortir de votre hibernation…
      Peut-être qu’un champ de brocolis épanouis vous en donnera l’envie et la force 😉

      1. En me qualifiant d’ourse des cavernes, je faisais référence à ce que vous dites dans l’extrait de votre livre sur les hypersensibilités aux bruit, lumière, et tout.
        Je ne savais pas pourquoi je faisais l’autiste dans sa maison (je me prenais pour une grande misanthrope asociale), mais ça me fatigue de sortir, en fait. Eh bien maintenant j’ai compris pourquoi, et alors, c’est chouette, je me sens moins coupable. 🙂

        Et puis pour alouette, le truc de la rééducation, c’est juste que les bambous sont plus nombreux, alors le monde du travail et le monde scolaire sont d’abord faits pour (et par) eux. Donc c’est bien, je trouve, de savoir être « bilingue » : on ne se renie pas, mais on apprend à être efficace. On peut être un super-brocoli, si on parle chinois alors que tout le monde est en français, ça marche pas. Il y a moyen d’apprendre le français sans « mourir à petit feu », je pense.
        On multiplie les métaphores, là. Le brocoli chinois bilingue, je suis pas sûre que le concept soit porteur… 🙂

    2. ça me choque un peu, le terme de « rééducation » ! Comme si nous étions mal éduqués ? Mais un brocoli est un brocoli, et on peut lui mettre les tuteurs qu’on veut, on n’en fera pas un bambou ?! Ce serait faire comme on fait actuellement aux arbres, qu’on mutile en leur enlevant leurs rameaux et branches, sous je ne sais quel prétexte, ce qui a pour effet de les faire mourir à petit feu ?!
      Par contre, apprendre aux brocolis comment fonctionnent les bambous, pourquoi pas ? Mais pourquoi, aussi et surtout, ne pas apprendre aux bambous à connaître et respecter les brocolis ?
      En tout cas, merci pour cette très jolie image potagère, en tant que jardinière de légumes j’apprécie tout particulièrement 🙂

      1. tiens, je tombe là-dessus « par hasard » ; quand même, on dit que le monde est fait par les « normaux » ; oui mais non !! Toutes les découvertes et tous les changements qui ont fait que nous ne sommes plus des singes dans la savane, sont dus aux surdoués !! Eh oui, quand même ! On a donc un monde forgé par des surdoués, et utilisé par des pas trop doués, alors forcément ça marche de traviole !

  14. Bonjour,
    après une période d’effusion liée à la (re)découverte de mon surdon et la fréquentation des groupes Facebook dédiés au sujet, je m’ennuyais un peu car je n’apprenais rien de nouveau sur ce sujet qui m’intéresse. J’attends de rentrer en France pour acheter votre livre que j’ai repéré depuis un moment mais que je ne trouve nulle part chez moi! Et voila que ce blog me promet de belles promenades (et me rappelle que j’ai le bouquin de Gardner qui attend!!!). Je suis toute excitée!

    Au plaisir!

  15. De l’intelligence… il y en aurait à dire sur le sujet. De manière très personnelle, j’ai toujours pensé que l’intelligence « pure » ne valait rien si l’individu doué ne possédait pas d’autres formes d’intelligences: humaine, émotionnelle, peut-être spirituelle aussi ( je ne parle pas forcément de religions, juste d’une dimension spirituelle, quelle qu’elle soit. ).
    Je ne pense pas que l’intelligence puisse être définie et classée en différentes catégories. Il s’agit d’un tout. Et il faudrait plus d’un petit message pour un jour, peut-être, élucider son grand mystère…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *