Le surdon par l’exemple (4) – « Apprendre à faire simple quand on est compliqué »

Le 27 février, Monique de Kermadec était l’invitée d’une émission sur RTL, à l’occasion de la sortie de son livre « L’adulte surdoué : apprendre à faire simple quand on est compliqué« .

Un livre que j’ai eu récemment le temps de lire au calme.
Il n’est pas facile d’être surdoué, mais on peut faire avec ! Un message délivré de façon tranquille, avec une écritur élégante et exigeante, un style sobre et pas dramatisant.
Sans nul doute un livre qui va m’accompagner pour certaines formulations.

Au cours de cette émision, quelques témoignages, toujours utiles, décryptés / reformulés par Monique de Kermadec.

17 thoughts on “Le surdon par l’exemple (4) – « Apprendre à faire simple quand on est compliqué »

  1. J’ai dévoré ce livre hier, au titre évocateur puisque ça faisait partie des moqueries tant entendues « pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ». Chaque lecture me donne envie d’avancer un peu plus sur ce chemin d’équilibriste : accepter et développer qui je suis (pour moi-même) tout en composant avec les autres et ce que leur inspire . Le travail de ces deux dernières années notamment m’y aide beaucoup, puisque j’ai compris qu’à me diminuer, à ne pas me voir, je risquais ma peau. Maintenant, je peux prendre pour une richesse ce que j’ai appris, en sachant que je ne pourrai le partager qu’avec très peu de personnes, c’est cela que je vais devoir admettre. Sauf à utiliser tout ce que j’ai appris, ma seule passion depuis 15 ans que je n’avais jamais reconnue comme telle, la psychologie, la compréhension de l’autre, pour en faire un métier. Pour cela, je vais devoir laisser de côté les déceptions que je vais rencontrer sur ce chemin là, mais je crois que maintenant, je suis armée pour ça.

  2. « mon ouvrage offre une vision différente, un témoignage qui vient à la rencontre de l’approche technicienne.
    Je crois que c’est la lecture des deux approches, l’aller-retour entre le ressenti d’un témoin et porte-parole et le décryptage de ce ressenti par le praticien qui permet le progrès. »
    Je me permets d’illustrer ton hypothèse de mon expérience Cécile. C’est exactement cet aller retour entre le regard de MdK et le tien, qui m’a suffisamment éclairé et rassuré pour me présenter devant l’odieuse Wais. Les articles lus ici ou ceux d’Arielle Adda sur le site du Gappesm contribuent à compléter les zones d’ombres qui me questionnent pour le moment.
    Pour revenir au titre de MDK, à vous lire je me rends compte que je suis passé bien vite sur la connotation péjorative que peut présenter pour nous le mot compliqué. Je m’aperçois en fait, que même si au contraire de Tournevis j’avais bien lu  » compliqué » tout comme elle j’avais intériorisé l’ajustement nécessaire en « complexe » bien plus proche de notre réalité et ressenti.
    Cet exemple me ramène la question du décalage, de l’incompréhension avec les Autres ( les NP?) pour qui les mots sont souvent galvaudés ou inversement utilisés dans une acceptation qui dépasse leur sens strict.
    Ainsi, pour ma part, je découvre que nombre de mes sur – réactions peuvent prendre leur source dans ce mode de communication différent. D’où la nécessité de vérifier ce que veut dire l’autre, de ne pas supposer, en osant solliciter l’autre pour qu’il précise son propos. Démarche préconisée par Ruiz dans ses  » accords toltèques  » qui, je crois, intéressent certains ici ( coucou Alien ;)).
    Bon j’arrête de me répandre en arborescence… en vous remerciant tous et chacun pour vos partages instructifs et réconfortants.

  3. Je viens de lire les quelques commentaire autour du livre de Monique De Kermadec.
    Je suis entrain de le lire et je rejoins Cécile dans son commentaire du 4 mars 2012, 23h32. et de Tournevis du 15 avril, 19h37.
    Je cherchais à témoigner de cette lecture voilà, je le fais donc ici.
    Je trouve que ce lire est un bon complément à celui de Cécile, « approche du sujet plus resserrée, plutôt sobre, non théâtrale ». (Tournevis c’est mon 7ème livre sur le sujet…) Pour moi le mot « compliqué » ne me choque pas, je me suis toujours dis compliquée, je le dis encore… oui certains me disent que le titre les contrarie et qu’ils le remplaceraient bien par « complexe », c’est peut-être plus adapté et plus positif.
    Ce que j’apprécie dans ce livre, il est très complémentaire de celui de C.BOST et donne de précieuses pistes pour travailler « avec un psychologue » et « des pistes pour les psychologues eux même pas très sensibilisés à ce fonctionnement des personnes dyssynchrones ».

  4. Bonjour,

    Il y a aussi un interessant ouvrage intitulé « Comment faire compliqué quand on est simplet » de Erwan Le Tallec.
    Une plongée en profondeur dans les méandres de la pensée spéculative à l’usage des neuneus. Pratique pour briller en société dans les soirées mondaines.

    Kenavo

      1. Celui qui a également rédigé « Le binioù, expression de l’âme celte. Essai sur la soul music et le rythm and blues d’Armorique ».
        Aux Editions Sot Da Stagañ

        1. Bonjour,
          Je suis nouvelle sur ce forum et voudrais apporter une expérience très récente sur le sujet, car elle date seulement d’hier et je suis en souffrance par rapport à ce vécu dont la digestion va, me connaissant trop bien, être laborieuse !
          Le thérapeute que je vois, à la suite d’un burn-out, m’a appris que j’avais beaucoup de caractéristiques d’un A.P.I.E. (atypique personne dans l’intelligence et l’émotion). « Dans » l’intelligence, je n’adhère pas, mais dans l’émotion et la souffrance, si.
          Pour situer, étant cadre, je me suis inscrite à une formation « entretien de recrutement » en interne dans mon entreprise. Je précise que sur la douzaine de stagiaires que je côtoie dans mon quotidien et au niveau desquelles je peux avoir un pouvoir décisionnaire, j’étais la seule dans ma profession (les autres stagiaires étant du même domaine d’activité).
          J’ai accepté de jouer les jeux de rôles comme, toute grande timide, j’adhère et je plonge sur ce qui me semble très difficile, même si cela déclenche du stress chez moi.
          J’ai donc « joué » le recruteur suivant la trame préparée, et là, patatras, j’ai bafouillé, exprimé de longues phrases compliquées, ai passé la parole à mon co-recruteur suivant un plan en désordre, fait peur au recruté fictif. Le debriefing a été terrible, mais si le jugement de valeur n’était pas de mise, je l’ai, comme d’habitude, pris pour moi, ai aggravé mon cas en explicitant ce qui s’était passé ou lieu de faire croire que j’avais joué un recruteur méchant et confus pour provoquer le candidat. C’était pourtant simple, mais pas honnête, car le scénario n’était de jouer ce rôle. Dès lors, je me suis encore plus embrouillée et ai conclu en disant que le but était d’en tirer les enseignements et de progresser. Gros blanc dans l’assistance. J’ai eu l’impression de me mettre en danger, de me « dévoiler » au sein de l’entreprise, préjudiciable aux échanges professionnels futurs, de me discréditer en tant que cadre, bref d’avoir tout raté et une fois de plus, DE N’AVOIR PAS ETE COMPRISE, et d’ETRE SUR UNE AUTRE PLANETE, à COTE…
          et pourtant, il me semblait que je savais bien où je voulais en venir avec mes questions alambiquées.
          Tout cela est symptomatique de ce que je vis tous les jours dans la vie professionnelle, autant que privée.
          Vous voyez, il me faut un roman pour expliquer tout un contexte.
          Si vous m’avez suivie, je serais soulagée, mais je doute fort…
          Voilà toute la complexité de transposer clairement une pensée compliquée.
          Car d’ailleurs, plus personne aujourd’hui, je suis sûre, ne ressasse cette formation, la page est tournée ; mais pour moi, cela risque de durer, malgré la thérapie qui m’apprend à voir les choses autrement !
          Il fait beau, le jardinage va me calmer.
          KENAVO

          1. « Si vous m’avez suivie, je serais soulagée, mais je doute fort »
            Tout ceci m’a pourtant l’air fort clair…
            Vous mettez aussi clairement le doigt sur cette difficulté à se vivre en toute imperfection…

  5. « « L’adulte surdoué : apprendre à faire simple quand on est compliqué« . »

    Comment peut on laisser s’installer à tel point la confusion suivante entre « compliqué » et « complexe » ? Toute mon enfance, je me suis entendu dire çà pour me qualifier : « compliqué », quand in fine, cela ne parle que de la réduction du discours de l’interlocuteur à sa vision du monde. C’est pourquoi je m’interroge, (avant d’avoir lu cet ouvrage) : quelle est la cible de l’auteure ? Pourquoi faire « simple », est ce une injonction ? Qu’est ce que la simplicité ici ? Ce titre, en tout cas, est résolument du vocabulaire de Normo-Pensant plongé dans un paradigme binaire et je trouve cette accroche déplorable. 1) Pour le NP qui est conforté ici à se dire que décidément le HPI (ou tout autre nom à connotation équivalente ds son vocable) c’est un être bien compliqué et à quoi servent les « machins » compliqués de manière générale ? 2) Pour le HP qui est conforté aussi ici non à se reconnaitre mais à se dévaloriser peut-être un peu plus encore. Enfin si l’accroche est commerciale et destinée à recruter un large panel de gens qui se croient ou se déclarent « compliqués », je me demande vraiment quel est le lien alors avec le concept de HQI ou HPI et ce que ces dernières personnes viennent faire « dans cette galère »…
    Bien à vous,
    Laurent

    1. Souci de HP que cette distinction affirmée entre compliqué et complexe.
      Souci que je partage au demeurant…

      Il peut être effectivement reproché un titre trop normo-pensant, et il peut aussi lui être reproché, ce faisant, d’être une injonction à se rallier à la norme.
      Mais vu sous un autre angle…
      Outre le fait que j’ai été confrontée au mécanisme de la mise en marché de mon ouvrage (ne nous leurrons pas : les impératifs de rentabilité sont primordiaux…. et je peux témoigner que seul Vuibert a accepté (a eu le courage ?) de parier sur le travail d’un témoin non thérapeute : je me suis en effet entendu questionnée sur ma légitimité à écrire un livre pareil dans la mesure où je n’étais pas moi-même thérapeute – tyranie de la norme…); pourquoi ne pas se dire que si le titre avait employé des mots trop HP, il n’aurait pas intéressé de NP, parmi lesquels des thérapeutes justement ?
      Et dans ce cas, il ratait à coup sûr son objectif : mieux faire comprendre, sensibiliser.
      Car l’objectif me semble bien être là : travailler à mieux faire comprendre, rapprocher, favoriser le dialogue, réduire les souffrances.

      A la différence de ce qu’on peut reprocher à certains ouvrages sur le sujet, je n’ai pas eu le sentiment que ce livre se voulait racoleur. Il est vrai que je l’ai lu avec mes yeux, mon ressenti, mes angles de vue.
      Mais franchement, j’ai trouvé son approche du sujet plus resserrée, plutôt sobre, non théâtrale.
      Je ne crois pas que n’importe qui puisse se reconnaître dans le livre de Monique de Kermadec.
      Mais là encore ce n’est que mon avis, parce que ma lecture est passée par un prisme très personnel.

      1. Je suis également choquée par le « compliqué » du titre mais j’avais compris de travers quand je l’ai commandé ! (et donc lu « complexe »… comme quoi…) Moi qui respecte les livres, je n’ai pu m’empêcher de rayer « compliqué » et de le remplacer par « complexe » sur la couverture (rouge de confusion)

        Bref, j’ai presque fini ce livre et, pour le moment, je le trouve excellent, un des meilleurs (c’est le 5è que je lis sur la question, il m’en reste encore deux sous le coude…)

        Simple, sobre, pour une fois un livre qui me semble adapté aux hp inhibés, et ne ressasse pas ces fameuses caractéristiques reprises par la plupart des auteurs et qui font douter tou-te-s celleux qui n’ont pas appris à lire seul-e-s à quatre ans, ont eu une scolarité heureuse ou sont terrifiés par les maths 😉
        (ce qui ne veut pas dire que je n’apprécie pas le livre de certaine Cécile !)

        1. « ce qui ne veut pas dire que je n’apprécie pas le livre de certaine Cécile ! »
          To whom it may concern : ce blog, bien que lié au livre que j’ai publié, n’est pas destiné à être un temple à ma gloire…
          Il est destiné, tout comme mon livre, à permettre à ceux qui le liront, de trouver des pistes pour leur développement personnel 🙂

  6. Le De Kermadec est facile à lire, notamment pour les gens qui ne sont pas « surdoués » à qui j’aurais tendance à le recommander. Néanmoins, parmi les quelques livres sur les adultes dits à haut potentiel que j’ai eu l’occasion de lire, celui que j’estime le meilleur est celui qui a été écrit par une certaine Cécile Bost. Il n’est pas exclu que je finisse par me lasser des lectures sur le sujet et que j’aie de moins en moins de chose à en apprendre, en tout cas pour l’instant, ce qui expliquerait mon jugement.

    1. Merci de ce compliment qui me touche.
      Néanmoins, je ne crois pas qu’il soit approprié de raisonner en termes de concurrence : mon ouvrage offre une vision différente, un témoignage qui vient à la rencontre de l’approche technicienne.
      Je crois que c’est la lecture des deux approches, l’aller-retour entre le ressenti d’un témoin et porte-parole et le décryptage de ce ressenti par le praticien qui permet le progrès.
      L’objectif est d’atténuer la souffrance en cours et de prévenir autant que possible d’autres souffrances résultant de la méconnaissance et de son corrolaire : l’incompréhension.

      1. Mais, précisément, j’attends plus, maintenant, d’un praticien. Plus de précision, plus de références, plus « d’originalité ». Pas du blabla pour lecteurs de Psychologie Magazine (pour caricaturer à mort, à en être d’ailleurs injuste vis-à-vis de MDK).

        Ce n’est pas sans être ambigu et problématique d’ailleurs (voire complexe 😉 ). Parce que je pense que l’accès des HP adultes à la connaissance du surdon ne peut pas se faire, paradoxalement, sans livres « médiatiques » et d’abord peu technique. Les titres raccoleurs permettent l’exposition par les vendeurs et donc l’accès aux livres.

        1. Je n’ai pas encore lu le livre de MdK, mais j’apprécie qu’il ne comporte pas le mot « surdoué » dans son titre. En effet, je cherche un livre que je pourrais prêter à qqun qui ne se sait pas surdoué-e, et qui ne porte pas ce mot « fatal » dans le titre.
          J’apprécie beaucoup le livre de Cécile et le fait qu’il montre le hp de l’intérieur, mais son titre me gêne, je l’avoue…
          Voilà, histoire d’ajouter un autre point de vue à cette discussion ; chaque personne a toutes les étapes à parcourir, commencer par le livre grand public et, si on se sent concerné, approfondir avec des ouvrages plus spécialisés.

          1. Cruelle déception, en fait le mot « surdoué » apparaît en grosses lettres dans le titre…
            🙁
            Mais le contenu est très bien 🙂

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