Le syndrome « PASS » : syndrome de stress prolongé d’adaptation

Dans mes recherches sur les difficultés vécues au quotidien par les surdoués, j’ai beaucoup rencontré ce besoin de réalisation de soi, qui est à la fois si ardent en même temps que si souvent ressenti comme contrarié par les surdoués…. un besoin de réalisation de soi intense,  ressenti alors même que dans le même temps, les besoins de base de la pyramide de Maslow ont parfois des difficultés à être satisfaits.

La cause, c’est souvent la dépression existentielle mise en lumière par K Dabrowski.
Une dépression existentielle qui, peut-être, trouve ses racines dans le manque d’élan et de désir décrits par Morin et rapportés dans un précédent billet (Du Don au Talent : l’expression d’un potentiel)

Parmi les documents étudiés, celui que je traduis ici, a été rédigé en 1999 par Arlene R. Taylor, Ph.D., conférencière américaine réputée sur le thème du cerveau depuis une trentaine d’années. Elle évoque son travail avec I.K. Benziger. L’article original (The physiology of falsification of type) est d’ailleurs en consultation sur le site de Mme Benziger.

Isabel Katherine Benziger, diplômée d’un Ph.D. en psychologie, a grandi dans un environnement très influencé par les travaux de C.G. Jung : sa grand mère maternelle a été l’une de ses étudiantes, en Suisse, en 1933. Sa mère a travaillé avec Murray Stein au C. G. Jung Institute de Chicago.

(Pour mémoire, CG Jung a identifié 16 grands types de personnalité – ses travaux ont abouti à l’élaboration de l’indicateur MBTI (Myers Briggs Type Indicator)

C.G. Jung a mis en lumière le profil du “Falsificateur”, pour décrire un individu dont les compétences les plus développées et/ou utilisées étaient en fait hors de ses préférences naturelles. Ce qui, à ses yeux, ne pouvait manquer d’avoir des répercussions sérieuses, à la fois pratiques et physiques, car il y a là « violation de ses dispositions naturelles » : « on peut énoncer que lorsque le profil du falsificateur émerge en tant que résultat d’une influence extérieure, l’individu devient alors névrosé, et on ne peut attendre de guérison que dans le développement d’une attitude (ou de fonctions) qui correspondent à ses inclinations naturelles »

Ce genre de situation, dans laquelle l’individu est tiraillé entre deux personnages (celui que l’extérieur lui a fait façonner, et ses aspirations internes) s’avère extrêmement douloureux pour le bien-être physiologique de l’organisme, conduisant souvent à un état inhabituel d’épuisement.

Le Dr. Katherine Benzinger, a développé les observations de CG Young, quant aux coûts induits par cette situation de “falsification”, ou “processus d’adaptation prolongé ou excessif”.

Dans son rapport sur le thème “ Falsification du Type : Fondements jungiens et physiologiques et coûts mentaux, émotionnels et physiologiques” publié en 1995, elle note ce qui suit :

  • Les effets à court terme de la falsification montrent une tendance à l’augmentation de  l’irritabilité, des maux de tête et de la difficulté à maîtriser de nouvelles tâches.
  • Les résultats à long terme incluent l’épuisement, la dépression, le manque de joie, un déséquilibre homéostatique pour ce qui concerne l’oxygène, le vieillissement prématuré du cerveau et une vulnérabilité plus grande à la maladie.

Les observations du Dr Benzinger ont été étayées par les recherches du Dr. Richard Haier. En utilisant un scan P.E.T., il a démontré que le cerveau a besoin de travailler beaucoup plus quand il n’utilise pas les fonctions naturelles prédominantes de la personne (qu’il établit comment étant une aire d’efficacité naturelle exceptionnelle).
Haier estime ainsi que le cerveau  peut travailler jusqu’à 100 fois plus quand un individu se développe et/ou utilise des compétences qui sont hors de son champ naturel d’efficience.

Une telle demande requiert pour le cerveau d’énormes montants d’énergie et d’oxygène. Ceci ne pousse pas seulement le cerveau à « pousser les feux », mais pourrait bien aussi, avec le temps, rompre l’équilibre homéostatique de l’individu en terme d’utilisation et de distribution d’oxygène.

Normalement, le cerveau utilise approximativement 20% de l’oxygène capté par les poumons. Les 80% restants sont utilisés pour le processus métabolique et pour la fourniture d’énergie générale du corps.
A partir du moment où de plus en plus d’oxygène est demandé par le cerveau pour être conforme (le profil falsificateur), il reste de moins en moins d’oxygène pour permettre au reste du corps de continuer à la même vitesse. D’où une variété de symptômes : fatigue, problèmes de digestion, indifférence).
Bien sûr, avec le temps, ce déséquilibre dans la distribution d’oxygène peut contribuer à changer le fonctionnement individuel d’un mode anabolique à un mode catabolique.

Le Dr. Arlene Taylor, sur une période de onze ans au cours desquels elle a rencontré de nombreux patients souffrant de dépression, ou d’un apparent syndrome de dépression post-traumatique, a observé que des symptômes spécifiques semblaient être récurrents chez les individus qui falsifiaient / vivaient de façon prolongée dans un état d’adaptation.
Ses observations l’ont conduite à émettre l’hypothèse que dans certains cas, les individus identifiés comme souffrant de dépression ou d’un syndrome de dépression post-traumatique (PTSD), pouvaient ne pas souffrir de ces maux mais bien plutôt être des « falsificateurs ».
Selon elle, le falsificateur peut être mieux compris en tant que syndrome séparé, discret et traitable, bien qu’il contribue à l’exacerbation d’une quantité d’autres maladies. Pour certains individus, ce syndrome peut même être mortel .
Elle  a alors nommé « PASS ( (Prolonged Adaption Stress Syndrome)) l’ensemble des symptômes qui semblaient apparaître quand un individu était de type falsificateur.

Huit symptômes communément observés peuvent être présent à des degrés divers.

1. FATIGUE. Une adaptation prolongée peut demander au cerveau de travailler jusqu’à 100 fois plus, soit une dépense d’énergie 100 fois supérieure. Manifestations

  • Une fatigue qui augmente sans cesse et n’est pas diminuée par le sommeil
  • Un besoin grandissant de sommeil mais une interférence avec la qualité de sommeil obtenue
  • La diminution des rêves
  • Perte de sommeil  dans la foulée
  • Epuisement
  • Une tendance à recherche des nourritures spécifiques et/ou à l’ingestion de snacks à forte teneur en sucre et/ou en graisse, afin de trouver de l’ »énergie rapide ». D’où prise de poids avec tout le stress que le surpoids peut générer.
  • Tendance à s’auto médicamenter afin d’altérer la chimie cérébrale – ratios de neurotransmetteurs – et de se sentir mieux. Ceci se réalise souvent par le biais de comportements addictifs ( café, tabac, alcool…)

2. HYPER-VIGILANCE. Une adaptation prolongée finit par créer un état d’hyper vigilance à partir du moment où le cerveau est en permanence en état d’alerte en vue de se protéger. C’est un mécanisme de sécurité et qui peut s’exprimer de différentes façons:

  • Le cerveau peut être temporairement poussé à l’introversion. Ceci demande une énorme dépense d’énergie de se maintenir en état d’alerte (en d’autres termes, de laisser la lentille du cerveau ouverte au maximum), ce qui peut contribuer à la fatigue.
  • Il peut y avoir une augmentation temporaire de la sensibilité aux stimuli environnementaux (lumières, sons, odeurs…) qui peuvent avoir un impact sur les relations aussi bien personnelles que professionnelles.
  • On peut observer un changement dans le type d’activités qui attire l’individu. Des activités jusqu’alors appréciées peuvent être ignorées en faveur de situations moins grégaires. Parfois, l’individu s’isole (peut-être dans un effort de diminuer le nombre de stimulations que le cerveau doit traiter)

3. ALTERATION DU SYSTEME IMMUNITAIRE Le falsificateur peut être perçu comme quelqu’un qui vit un mensonge jusqu’à un certain point. Mentir peut supprimer le système immunitaire (soit, par exemple, réduire temporairement le thymus), ce qui peut avoir un impact négatif sur la santé. Manifestations possibles :

  • Ralentissement de la capacité à guérir (par exemple après une coupure ou une éraflure)
  • Exacerbation des symptômes de maladies auto-immunes
  • Sensibilité augmentée aux maladies (rhumes, grippe…)
  • Risque accru de développer un cancer

4. ALTERATION DE LA MEMOIRE. Le cortisol produit par le stress peut interférer avec les fonctions de mémorisation. Exemples de manifestations :

  • Perte de la capacité à mémoriser, de stocker les données en mémoire à long terme, ou de se rappeler quelque chose ultérieurement. Ceci peut inclure une utilisation décroissante de glucose par l’Hippocampe, qui, à son tour, crée une pénurie d’énergie.
  • Diminutions des fonctions de neurotransmission. De façon imagée « les lignes téléphoniques sont coupées ». Ce qui peut réduire la communication neuronale effective. L’esprit devient pâteux et il y a souvent une réduction concomitante de la capacité à se concentrer.
  • Production accrue de radicaux libres qui peuvent en fait tuer les cellules cérébrales de l’intérieur.

5. CHIMIE CEREBRALE PERTURBEE. L’adaptation prolongée peut interférer avec l’hypothalamus et les fonctions pituitaires qui, à leur tour, peuvent interférer avec l’équilibre hormonal. Manifestations possibles :

  • Diminution de l’hormone de croissance
  • Diminution de la sécrétion d’insuline
  • Diminution des fonctions de reproduction
  • Augmentation de la production de glucocorticoïdes (qui peuvent vieillir prématurément l’hippocampe)
  • Possible altération de la Barrière Sanguine Cérébrale (Blood Brain Barrier -BBB)

6. DIMINUTION DES FONCTIONS DES LOBES FRONTAUX Une adaptation prolongée (perçue comme un véritable facteur de stress) peut interférer avec les fonctions typiquement associées  aux lobes frontaux. Parmi les possibles symptômes :

  • Diminution des productions artistiques / créatives (par exemple, panne de l’écrivain)
  • Capacité réduite de réflexion
  • Capacité réduite à sélectionner “la bonne option” dans une situation critique
  • Interférences avec la capacité à prendre des décisions logiques/rationnelles
  • Augmentation des blessures  dues à la distraction ou aux erreurs commises
  • Vitesse ralentie de réflexion ou de pensée ou diminution de la clarté de la pensée.

7. DECOURAGEMENT ET/OU DEPRESSION.
Une adaptation prolongée peut conduire au déclanchement répété d’une forme de réaction au stress sous forme de conservation/retrait.

Ceci est particulièrement vrai pour les grands introvertis, bien que ceci puisse s’observer également chez les extravertis qui, les années passant, continuent à percevoir un décalage entre ce qu’ils sont en tant qu’individus et les attentes de la société et/ou des épisodes répétés d’échecs.
Ce qui peut conduire au découragement, en particulier quand la fatigue s’accroît, et peut contribuer au développement de la dépression, et à l’exacerbation de la dépression existentielle.
Des estimations suggèrent que jusqu’à 20 millions d’individus aux Etats-Unis sont déprimés, 15% d’entre eux étant suicidaires. Une adaptation prolongée est un facteur clé de ce type de comportement.

8. PROBLEMES D’ESTIME DE SOI.
Un seul ou la totalité de ces symptômes peut être associé à un sentiment d’échec dans la vie. Ceci peut alors générer une perte d’estime de soi. Les problèmes qui arrivent peuvent être labellisés comme « mauvaise estime de soi » ou « estime de soi démesurée » ou hésiter entre ces deux extrêmes. Parmi les manifestations possibles :

  • Problèmes de faible estime de soi résultant par une victimisation caractéristique et/ou essayer d’être indispensable à tout le monde.
  • Estime de soi gonflée résultant d’une attitude caractéristique d’attaquant et/ou devenant défensif très vite après des années d’invalidation.
  • Un ensemble d’attitudes évoluant entre ces deux extrêmes. Ceci peut parfois apparaître quand l’individu est invalidé professionnellement mais valorisé personnellement par un petit groupe d‘amis. La dichotomie qui en résulte peut être perturbante, énervante, et même déconcertante quand l’individu tente (sans succès) d’être perçu comme ayant du succès dans les deux sphères.

IMPLICATIONS POSSIBLES

Il a déjà été dit que les facteurs de stress interagissent avec le cerveau selon le principe du 80/20.

  • 20% de l’effet sur l’esprit et sur le corps est dû au facteur de stress lui-même
  • 80% de l’effet sur l’esprit et le corps est du à la perception que l’on a du facteur de stress.

L’éducation, la compréhension, l’empathie, le soutien émotionnel, le recadrage par soi-même de son expérience sont des outils psychologiques puissants.

A long terme, cependant, ils sont pratiquement sans effet quand l’individu passe chaque jour des heures et des heures en activités qui demandent à son cerveau de travailler 100 fois plus, quand la vie en fait, contribue à un déséquilibre entre cerveau et corps, quand les systèmes corporels sont délabrés par cette falsification permanente.

Les individus qui présentent des symptômes du PASS doivent être évalués pour identifier de possibles maladies physiologiques sous-jacentes et (dans le cas du Syndrome de Dépression Post Traumatique) pour vérifier l’existence de traumatismes antérieurs.

Ils ont aussi besoin d’être évalués quant à l’hypothèse d’une adaptation prolongée, d’une falsification.
Dans l’affirmative, ils doivent être assistés pour identifier leur surdon et aidés par des stratégies qui peuvent contribuer à réduire l’adaptation. L’idéal, bien sûr, est pour l’individu d’arriver à ne plus se falsifier, et ce, dès que possible. Dans notre culture, pourtant, c’est bien évidemment plus vite dit que fait…. Néanmoins, comprendre que cette adaptation prolongée est le facteur principal de stress peut aider les individus à s’en accommoder de façon plus efficace.

Sources

Benziger, Katherine. The Physiological and Psycho-Physiological Bases for Jungian Concepts: An Annotated Bibliography, KBA 1996.

Benziger, Katherine. Falsification of Type: It’s Jungian and Physiological Foundations & Mental, Emotional and Physiological Costs, KBA 1995.

Csikszentmihalyi, Mihaly. Flow: The Psychology of Optimal Experience: Steps Towards Enhancing the Quality of Life. Harper & Row Publishers. 1990.

Hafen, Brent Q. Mind/Body Health: The Effects of Attitudes, Emotions and Relationships. Simon & Schuster / Allyn & Bacon 1996.

Jung, Carl Gustav. The Psychology of Type. London 1926.

Justice, Blair, Ph.D. Who Gets Sick: How Beliefs, Moods and Thoughts Affect Your Health. Jeremy P. Tarcher, Inc. Los Angeles, 1987.

Haier, Richard. Cortical Glucose Metabolic Rate Correlates of Abstract Reasoning and Intelligence, Studied with Positron Emission, by Haier et al. unpublished paper from January 1988.

Haier, Richard. The Study of Personality With Positron Emission Tomography in Personality Dimensions & Arousal, ed. by Jan Stvelan & Hans J. Eyesenck. Plenum Publishing Company, 1987.

Logan, Robert K. The Alphabet Effect: The Impact of the Phonetic Alphabet on the Development of Western Civilization. William Morrow and Company, Inc. New York, 1986.

Sapolsky, Robert M. Why Zebras Don’t Get Ulcers: A Guide to Stress, Stress-Related Diseases, and Coping. W. H. Freeman and Company, New York 1994.

Schlain, Leonard. The Alphabet Versus the Goddess: The Conflict Between Word and Image. Viking. New York 1998


63 thoughts on “Le syndrome « PASS » : syndrome de stress prolongé d’adaptation

  1. A propos d’adaptation j’ai envie de rappeler la citation suivante qui me hante depuis ce matin:
    « Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale que de s’adapter à une société profondément malade » (Krishnamurti)

  2. Bonsoir,

    Est ce que des personnes ont vécu des désordres hormonaux suite à un gros choc, là il s’agirait pour moi de témoignages féminins.

    Merci de vos réponses.

    Cricri

    1. Bonne question
      Pour ce qui me concerne, je pense pouvoir dire que j’ai effectivement déclenché une maladie auto-immune à la suite d’un gros choc.

  3. Je suis en plein dedans…cela m’éclaire et me fais peur en même temps.

    Test WAIS passé l’été dernier, avec profil hétérogène et QI non calculable. J’étais sous traitement à l’époque déjà.
    Doutes…l’effet falsificateur ne serait pas loin…
    Puis un chantier de rénovation qui dure depuis 2 ans (besoin de sécurité non réalisés quant à la pyramide de Maslow), pourtant passionnant à la base (avec des compétences que je ne soupçonnaient même pas au début mais l’épuisement m’a rattrapé…). L’appart est mal chauffé (hiver) mais je ne ressens plus l’énergie pour activer le montage de mes radiateurs, je suis effectivement sans élan ni envie…et ne peux plus me mettre en maladie (salaire non couvert).
    La prise de conscience de l’imbécilité d’un travail qui ne me plaît pas.
    L’arrêt de mon traitement anti-dépresseur et la remontée de toutes mes émotions sans ce filtre chimique : « bon sang, mais où je me suis fourré toutes ces années ?! Quels masques ais-je dû mettre en oeuvre pour m’adapter »…
    Du coup un effet « bocal » qui se remplit et déborde, pétage de boulot en règle :
    – fatigue physique et psychique. Effet sur mon couple, rupture… Reprise des antidépresseurs encore plus fort pour continuer à masquer mon « vrai moi », dépression, clinique psy…et je sens bien après quelques mois quelles souffrances éthique vis-à-vis de mon moi intérieur je ressens. Je ne peux pas être un autre…mais je tente de me suradapter encore (mécanisme pris par habitude depuis plus de 40 ans). Avant j’arrivais encore à m’équilibrer avec un peu de sport, désormais je me sens un vieillard et sortir courir devient impossible. Fixer une prise électrique dans l’appart (1 minute avant) me demande des minutes d’anticipation bien avant, plus de temps pendant, et je ne ressens pas de joie/satisfaction après.
    – hyper-vigilance : tout est vécu comme un danger…même des choses que je faisais avant simplement
    – altération de la mémoire : j’oublie tout, mon stress m’amène à tout noter, je perds des choses…mon cerveau est clairement saturé. Je m’isole pour le calme, mais mon cerveau continue à carburer à 100 %. Au travail ou en famille j’ai du mal à me concentrer…l’impression d’avoir perdu toutes mes facultés de douance, d’être en « errance », sans rien pour me rattraper…mon psy me dit qu’il ne peut rien faire pour moi…
    – pbs d’estime de moi c’est clair, tendance à la victimisation…mais involontaire et que j’essaye parfois de justifier par bienveillance (je cherche de l’aide…jamais vécu ça !), même si je suis responsable de ma vie
    – déséquilibre total cerveau/corps. Le corps est nourri par mon traitement – je veille quand même à mon alimentation – mais les émotions si intenses je n’arrive plus à les faire sortir. Ne parlons pas de réfléchir posément…l’impression de n’avoir pas UN SEUL moment de repos depuis que ça a commencé il y a un peu plus de 6 mois.
    Avant j’écrivais beaucoup, je faisais de la musique, je pensais à de nouvelles choses…tout cela n’est plus en moi en ce moment.

    Effectivement, c’est TRES violent à vivre intérieurement. Je me sens perdu, seul, dans des environnements qui ne me conviennent plus mais que je ne peux pas changer du jour au lendemain…

    1. Bonjour Jerome

      Et si on qualifiait tout ça d’épuisement émotionnel ?
      Ca n’avance peut être pas à grand chose et en même temps, il me semble que parler d’émotions permet de s’autoriser à continuer à se protéger autant que faire se peut contre de nouvelles émotions, quelles qu’elles soient.

      Le corps qui crie pouce ! et la lassitude permanente alors que le cerveau continue à tourner à toute allure, c’est infernal, je crois pouvoir dire que je connais bien.
      La création est bloquée, d’ailleurs, tout est à l’arrêt, et vous le dîtes bien.

      Rien à faire que d’apprivoiser le temps, d’accepter que du temps passe pour pouvoir se régénérer.
      Apprendre à s’apprivoiser soi-même aussi : l’expression « soyez doux avec vous-même » doit prendre du sens – soyez avec vous comme vous seriez avec le meilleur ami qui aurait besoin de repos. Dire « je me protège » doit être orienté vers l’écoute de votre petite voix personnelle et non pas en réaction à des interactions.
      Et puis, vous rassurer en vous disant que même si vos prises électriques sont posées en 1 heure au lieu d’1 minute.. et bien ce sera toujours au moins toujours ça de fait (et si d’elles dépend le chauffage çà n’en sera que plus appréciable).
      Il faut arriver à faire le deuil de cette vélocité qui nous est si habituelle, c’est une perte de repère quasi insoutenable, mais pourtant, « il faut » – il m’aura fallu vraisemblablement 4 à 5 ans pour le comprendre, malgré un accident dont j’ai pourtant perçu la dangerosité de ne pas le prendre en compte pour ce qu’il était : un avertissement presque sans frais.

      Votre psy vous dit qu’il ne peut rien pour vous… connaît-il les « mots » du surdon : intensité, complexité, dynamique intérieure, « trop », décalage etc.
      C’est avec ces mots, ces « concepts » qu’il faut travailler pour arriver à se réorienter.. D’autant plus si vous ne pouvez pas vous arrêter.

      Vous êtes vous connecté à d’autres « vous » (ZebrasCrossing ou Mensa par exemple ? ) ça pourrait vous faire du bien.. et qui sait.. vous trouveriez aussi de l’aide pour poser vos prises ?…

      1. Merci sincèrement Cécile pour votre prompte réponse et votre bienveillance.

        C’est petit à petit ce que je commence à faire : « prendre soin de moi ». J’étais plus habitué à…prendre soin des autres. Malgré tout il y a des domaines dans lesquels je ne peux pas totalement, ou peut-être que je ne sais pas faire, n’ai pas appris. « Je me protège » dans le contexte professionnel actuel m’expose à une mise au placard ou autre…et donc perte éventuelle de revenus, appartement à vendre. Je sais…c’est mon anxiété qui parle, mais que c’est dur !! J’ai l’impression qu’on ne maîtrise pas le temps que ça prendra.

        Oui, des deuils sur mes croyances, sur la vélocité, sur des capacités qui malgré tout se tranforment avec l’âge où peut-être les circonstances…ou une certaine forme de sagesse…? Oui, se protéger de ses émotions…tout cela me parle. Pour ma part, le prix à payer est fort après des dizaines d’années à fonctionner ainsi…

        Je vois en fait deux psy : mon psychiatre régulièrement, qui n’a pas les mots du surdon. Et une psychothérapeute spécialisée, mais que je vois moins pour des raisons financières. Elle vient de me mettre sur la piste de ce syndrôme post-traumatique qui aurait traversé les générations (Je suis la 3ème génération de descendants de la shoah, qui a été tue par mes parents).
        Et tout ce que je lis (Je viens d’aller faire un tour sur http://talentdevelop.com/), m’ouvre des voies…

        Cette expression… »il faut » résume mon quotidien. Pas le choix. Mais pas sûr que ce soit le bon choix (en l’occurrence finir cet appart ou attendre de le vendre). Il vous a fallu du temps…je mesure combien toutes mes alarmes sonnent rouge et que je ne peut pas stopper pour l’instant.

        Je me force à aller à des IRL ZC dans ma région, cela me fait parfois du bien…juste le fait de m’être forcé des fois.

        Merci de m’avoir écouté…

        1. « Elle vient de me mettre sur la piste de ce syndrôme post-traumatique qui aurait traversé les générations (Je suis la 3ème génération de descendants de la shoah, qui a été tue par mes parents). »
          Piste très intéressante, les transmissions traumatiques intergénérationnelles. Descendante d’émigrés russes, j’en bave particulièrement, cette année. Je n’ose imaginer si je ne savais même pas ce que je sais.
          Ce serait bien si c’était mieux (re)connu. Certains conflits dans le monde pourraient sans doute être résolus ?

          Prendre soin de soi, oui, c’est vital. En plus, on s’y habitue bien, et on fait des envieux, c’est très drôle 🙂

        2. Pour ce qui est de la situation professionnelle, je crois que je vois assez bien…
          « je me protège », ça peut être voler des moments ici et là, arriver à reporter (ou éviter) des réunions, mieux déléguer si c’est possible.
          Et c’est aussi, chez soi, faire attention à soi.

          Cela dit, vous évoquez un traumatisme résurgent, et pas des moindres…
          Une étude canadienne a montré que les traumas d’une génération restent imprimés dans le cerveau de la 3° génération… violences sexuelles ou morales laissent un marque distinctes dans le cerveau.
          Voici quelques liens qui me semblent intéressants
          http://www.douglas.qc.ca/news/1205
          http://www.rts.ch/play/tv/le-journal-du-dimanche/video/des-chercheurs-de-lunige-ont-decouvert-que-les-abus-laissent-une-trace-biologique-dans-ladn-des-victimes?id=3745896
          http://www.24heures.ch/suisse/La-maltraitance-dans-lenfance-laisse-des-traces-genetiques/story/21803816

          Dans de telles conditions » il faut » aboutit à des stratégies de protection qui ne suffisent plus…

          Mais vous bénéficiez d’un double accompagnement, dont un accompagnant sensibilisé au surdon, si je comprends bien. Et vous venez de mettre le doigt sur un « point dur ».
          Alors votre message était peut-être le signal d’un « point de retournement » : vous ne pouvez désormais aller que vers du mieux, aussi lent et épuisant que soit le processus.
          Car maintenant, vous savez.

          1. Merci Cécile pour ces liens très intéressants qui incitent à trouver les articles originaux et en fait la littérature scientifique la plus à jour sur ce sujet.
            A cela, je ne peux m’ empêcher d’ajouter la dimension qui nous touche plus particulièrement, nous surdouéEs.
            La question devient alors: comment « engrangeons« -nous les traumas, comment notre cerveau différent dans son fonctionnement, mais aussi dans sa nature même, les restitue-t-il ? Quels-sont, par ex., les mécanismes de protection et d’adaptation cf survie mis en place, en quoi (et si) sont-ils différents de ceux des normaux-pensants ?

            Comme nous sommes une minorité et que les études sur les conséquences des traumas sur la plasticité du cerveau commencent à peine à émerger et portent essentiellement sur les normaux-pensants , il y a fort à parier que mes questions vont encore rester longtemps sans réponse…
            Mais rien ne doit nous empêcher d’y réfléchir et je saurais heureuse de prêter attention à toute piste/ressource sérieuse.

            Merci encore et au plaisir,
            Chan

          2. Merci Cécile et tournevis pour ces sources qui peuvent m’éclairer. Je ressens effectivement parfois à des forces intérieures qui viennent saboter mon bonheur et ne me semble pas refléter mon être propre. Et je remarque avec le temps que cela se répète dans des cas spécifiques…

          3. Au sujet des traumatismes inter générationnels, il apparait qu’ils sont inclus dans le code génétique même (voir le concept d’épigénétique)

            http://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/biologie-cellulaire/20131203.OBS7959/la-memoire-du-danger-transmise-a-la-descendance-chez-les-souris.html

            https://sciencetonnante.wordpress.com/2013/05/13/lepigenetique-il-ny-a-pas-que-les-genes-dans-la-vie/

            Le code ADN en soi n’est pas perturbé, mais inclus au dessus d’i-celui se trouvent des codons qui viennent perturber la lecture et l’intérprétation du code par la cellule.
            Ces codons sont mis en place en fonction des traumatismes d’une personne et sont transmis tels quels lors de la création d’un autre semblable par procréation.

            Ils se transmettent tant qu’ils n’ont pas été enlevés.

            La bonne nouvelle c’est qu’ils peuvent êter enlevés: par la thérapie. psycho, ou spirituelle. Parlée, chantée, rythmée, vécue, respirée, trans générationelle, constellations familiales…

            Le fait de mettre le doigt sur ces traumatismes des générations précédentes aide à s’en extraire.

            Ne perdons pas espoir, ce n’est qu’un pas de guérison de plus 🙂

    2. Bonjour Jérôme,

      Je souhaite vous envoyer une petite lueur d’espoir en témoignant, même si par méconnaissance, je n’ai surement pas perçu encore toutes les subtilités de l’article de Cécile.
      Je viens de lire cet article sur le syndrome de stress prolongé d’adaptation que je n’avais pas encore lu. Je m’y reconnais un peu, beaucoup, passionnément. JE me suis forcée (ou bien mon environnement extérieur m’a forcée) par ignorance ou par oubli de moi-même à faire des études supérieures scientifiques (maths, physique, chimie) qui ne me plaisaient pas ou du moins qui n’étaient pas dans mes aptitudes naturelles. Je les ai réussies brillamment: ingénieur bac +5… . Pour mes parents, c’était la voie royale. Si j’en étais capable, il fallait que je la suive. Après de multiples péripéties professionnelles, de grosses dépressions (cf mon témoignage dans la partie SOMMAIRE du blog), j’ai compris que j’étais surdouée. Je m’étais complètement oubliée au passage. J’avais même arrêté mes productions artistiques (cartes, aquarelles) pour lesquelles on m’a souvent dit que j’avais du talent.
      Je découvre depuis quelques temps que les sujets qui me passionnent et pour lesquels je suis naturellement compétente tournent autour des ressources humaines, du développement personnel, de l’efficacité au travail. Je n’y ai pas de diplôme et je suis autodidacte; pourtant j’arrive avec une facilité parfois déconcertante pour mon entourage professionnel à innover et à proposer des idées intéressantes dans ce domaine. Comme beaucoup de personnes qui participent au blog de Cécile, je peux passer des heures à lire des bouquins, regarder des conférences sur ces sujets etc… En physique, chimie, maths…pas du tout, ça ne m’intéresse pas. Pendant des années, je me suis dit : « Dommage que ça ne soit pas mon métier finalement, ça serait plus agréable !!!»
      Et puis si je l’envisageais ? C’est chose faite depuis quelques mois, depuis que j’ai compris d’où provenait ce mal-être.
      Difficile de « revenir en arrière » sur ses études mais si on enlève les barrières, tout est possible. C’est même indispensable si on veut retrouver une certaine sérénité.
      J’ai appris hier que ma motivation aux entretiens, mes idées avaient réussi à convaincre un recruteur. Nous ne sommes plus que 3 candidats sur le poste de mes rêves. Je ne sais pas si ça marchera mais des opportunités, il y en aura d’autres. Le plus important finalement, c’est que maintenant je sais où je veux aller. Je patiente en travaillant sur moi-même.

      Cet article me conforte dans l’idée qu’il faut que je poursuive dans cette voie.

      Jérôme, vous aussi vous allez trouver votre voie. Réfléchissez à ce que vous rêveriez faire de votre vie. Faites vous accompagner si besoin. Enlevez ces barrières invisibles, reprenez des études s’il le faut en cours du soir. Quand on a un projet de vie, ça va beaucoup mieux. Moi, je crois en vous. Ici, vous trouverez toujours des gens prêts à vous accompagner.
      Restons en contact et tenez nous au courant!

      1. Merci lulubelle pour ce soutien et cette bienveillance qui me touche. J’ai lu votre témoignage de vie, et je m’y retrouve…
        Dépressions et médicaments à répétitions…pensant panser l’anxiété et autres souffrances. J’ai aussi pensé être bipolaire…et pris un traitement (léger) pour cela quelque temps.

        Pour l’anecdote, j’adore danser. Ce samedi nous avions prévu de sortir avec une amie, et je doutais de tenir la soirée à attendre un peu tard, puis de mon énergie à me mettre à danser. Je n’ai pas pris mes cachets qui m’endorment avant de rentrer chez moi tard le soir.
        Et bien…j’ai dansé pendant plus de deux heures, avec la même passion que j’avais il y a quelques mois…et que j’ai toujours eu pour ce mode de connexion à moi-même. La joie était là, l’énergie aussi, malgré ces derniers mois très difficiles.
        La veille j’étais à une IRL zebra, et pareil, je me suis retrouvé dans une dynamique où enfin je me retrouvais.

        J’ai bien perçu ces derniers temps que ces dépressions à répétitions n’étaient que des « dé-préciations » de moi-même, en regard à la norme. Que mes traitements étouffaient mes émotions notamment l’anxiété – j’ai énormément de mal à la gérer – mais causaient aussi des effets secondaires, notamment perte de mémoire, fatigue, etc. Et que la douance continuait pourtant à se faire entendre là-dessous (notamment toujours hypersensible, pensée en permanence, anxiété forte malgré un traitement de cheval). J’ai eu pendant quelques périodes un équilibre émotionnel qui me permettait de diminuer le traitement et de m’appuyer sur des alternatives non médicales (sport, yoga…). Mais quand la tout partait en vrille, je me suis toujours tourné vers mon psychiatre et les médocs…

        Sur le plan professionnel je comprends vos conseils. Quelque part je n’ai jamais su ce que je voulais faire et me suis laissé conduire, je vois que ça ne m’intéresse plus du tout maintenant. Et que je n’arrive pas à travailler, cela n’a aucun sens.

        Mais je suis encore derrière ces « barrières invisibles » qui sont nombreuses. Cela mûrit et je n’arrive pas à avancer encore, trop de chocs reçus cette année et des chantiers à faire face qui me demandent une énergie considérable (oui, paradoxalement j’ai bien écris juste avant que j’ai pu retrouver de l’énergie pour danser…)…ou peut-être un manque de sens mais aucune issue qui ne m’apparaît autrement qu’en continuant à peiner.
        Deuil d’une relation de couple, appartement en chantier dans lequel je vis (invendable actuellement), en limite financièrement, solitude, milieu professionnel illogique et sous forte pression (mon manager nous infantilise, et ne se soucie pas des individus), difficultés à assumer mon rôle de père quand j’ai mes enfants (je ne me sens pas à la hauteur mais pourtant je m’en occupe)… Mon appartement est un « boulet » moral et financier pour lequel je ne trouve pas de solutions. Et pour lequel j’ai aussi du mal à demander de l’aide (mon anxiété va dans ce domaine jusqu’à stresser à comment choisir et transporter du parquet stratifié, à avoir honte de demander d’être accompagné pour cela…alors qu’avant j’avais fais des choses nettement plus « difficiles »)

        Clairement je ne suis pas heureux et très éloigné de mon centre. Je me sens vraiment en dépression, mais je me retrouve énormément dans votre témoignage…les psy non formés à la douance et les traitements ne me semblent pas la solution. Pourtant…si j’arrête le traitement, à ce stade, je ne tiendrai pas le choc. Je n’arrive pas à sortir de ce cercle infernal, et j’ai « vu » pour la première fois de ma vie que je devais aller dans la direction du respect de ma douance pour que cela s’arrange.

        Bref, je suis lucide mais perdu à ce stade. Je me dis qu’il me faut du temps pour m’en remettre, que j’avance à mon rythme. J’essaye d’investir dans plus d’intimité et d’humilité avec les ami(e)s et soutiens que je connais. Sans déverser ma peine non plus, à moi de trouver le chemin.

        Je vois le chemin que vous avez entrepris et je trouve cela courageux – par delà les grandes difficultés que vous évoquez et les situations de marginalisation – et plein de résilience.

        Merci encore pour votre mot et vos encouragements.

    3. Bonjour, je viens de lire votre message.
      Je sais que j’arrive quelque deux petites années en retard mais je voulais vous demander si vous vous étiez trouvé maintenant ? Est-ce que vous avez trouvé un moyen de vous respecter assez pour revenir à la personne que vous avez été un jour ?
      Je l’espère sincèrement. Je vis une situation similaire, sans aide ou appuis extérieurs.
      J’espère vraiment que vous allez mieux,
      Et je vous souhaite le meilleur.
      Mes plus sincères salutations,
      Ali

      1. Bonjour Porret,
        « Sans aide ni appuis extérieurs ».
        C’est l’expression d’une solitude subie. Au départ, il n’est pas rare de voir le surdoué s’isoler, de plus en plus, jusqu’à se dire que la solitude vaut mieux que ces situations ingérables, vécues comme autant de violences.
        Médicaments, de façon très ponctuelle, pour faire taire ces angoisses, puis parfois, comme je l’ai fait, suppression totale afin de ne pas en dépendre. On est surdoué, on est solide, on va bien s’en sortir sans ça. Puis sans doute avez vous cherché à « raisonner » ces angoisses, jusqu’à éventuellement tuer les émotions. Les émotions ne font que traverser, elles ne sont pas une réalité….
        Pour arriver enfin à un état « neutre », où plus rien n’est grave. Vu d’en haut de l’univers, qu’est ce qu’une émotion, qu’une tristesse?
        Et alors, regard dans la glace : mais qui est cette personne, qui se comporte comme quelqu’un que je n’aime pas, qui parle de façon si dure? ou encore qui dit des choses si étranges, qui ne correspondent pas à ce que je pense tout au fond de moi? Pourtant ….
        Là on ne sait plus qui l’on est, la vie de qui on vit, mais…. comment en sortir?
        Avez vous cette impression qu’il faudrait faire mourir cette personne inconnue, pour faire revivre l’autre, celle qui est en train d’étouffer? l’inconnue ne veut pas disparaître! Et surtout, comment faire?
        Et c’est si compliqué de changer aux yeux des autres.
        laissez sortir un jour une émotion, et c’est « allez, n’essaie pas de faire du cinéma »….Pour le coup, vous n’êtes pas prêt de recommencer.
        L’aide extérieure est sans doute la plus précieuse, dans ce cas là….

  4. Merci beaucoup pour cet article et vos commentaire, d’un coup je me sens tellement moins seul.

    Je confirme que ce syndrome d’adaptation peut aller assez loin. Je vis au Japon depuis deux ans; c’est un pays ou les relations sociales sont tres particulieres et se caracterisent par un controle de soi au nom de l’harmonie du groupe.
    Autant dire que pour des gens comme nous, qui ont a la fois du mal a se maitriser et ont terriblement besoin de se sentir accepte, c’est une situation vraiment difficile.

    Ma sante s’est vraiment degradee a plusieurs niveaux, sans pouvoir y trouver de cause. Bref, pour confirmer ce que dit l’article il y a effectivement de reels dangers a ce niveau la.

    Une petite question: y a-t-il beaucoup de dyslexiques chez ces gens-la ?
    Personnellement, grace a ma mere qui m’a donne le gout de la lecture, je ne faisais jamais la moindre faute de francais jusqu’a il y a quelques temps. Et ce sans connaitre la moindre regle de grammaire – tout a l’instinct, comme on dit. Mais depuis quelques temps, peut etre par manque de pratique du Francais, je fais des erreurs de dyslexique que je ne faisais jamais avant…
    En Japonais, pareil: j’inverse regulierement les syllabes, ce qui donne un mot completement different. Personne d’autres ne fait ces fautes, a ma connaissance.
    Par exemple, je confonds toujours le mot « Shizuka » et « Suzushii »: les autres me disent qu’ils ne se ressemblent pas du tout, alors qu’il y a deux syllabes en commun ! (Shi et Zu). Ca donne cette impression bizarre qu’on ne comprend pas pourquoi les gens ne voient pas ce qui est evident, et pourtant ils finissent par nous faire croire qu’on est fou !
    C’est juste un exemple parmi d’autres, vous avez certainement deja ressenti ce genre de sentiment aussi. Ca parait anodin, et pourtant ca contribue vraiment a accroitre notre distance avec les gens normaux.

    1. Merci de votre témoignage Complètement à l’Est !
      D’après Geschwind, Behan & Gallaburda, le surdon semble aller souvent de pair avec des désordres dans l’hémisphère gauche, dont fait partie la dyslexie.
      Pour tenir aux difficultés de l’adaptation, avez vous essayé le zazen ?

      1. Oui effectivement la méditation aide beaucoup à réduire le flot d’émotions (et donc les pensées et l’anxiété également). Je trouve le Zen très bien mais un peu austère et détaché des émotions, de la réalité humaine/quotidienne. C’est un petit défaut des arts Japonais où la pureté de la technique et l’esthétique finissent par primer sur l’efficacité.

        A ce niveau là, je trouve que la méditation Vipassana est excellente et pourrait certainement aider à beaucoup de gens. C’est un style de méditation très sérieux, dont découle le mouvement Mindfulness. N’hésitez pas à y jeter un oeil si cela vous intéresse !

        A propos de cela, je recherche des sites ou ressources qui traitent de toutes les stratégies que nous pourrions utiliser pour améliorer notre quotidien et faire le meilleur usage possible de cette hyperesthésie; auriez-vous quelques sources à me recommander ?

        Merci par avance !

        1. En anglais, Talentdevelop pourra vous intéresser.
          …Sinon, Talentdifferent s’efforce à sa façon d’apporter quelques clés 🙂
          Sur le fond, un élément clé : « faire » ! ça aide à canaliser la pensée, à apprendre l’effort, et à améliorer l’estime de soi.
          Bonne journée !

  5. Je tombe sur cet article après l’avoir vu mentionné sur ZC… Et je m’interroge. Fatigue, démotivation, tout ce qui est décrit sauf la diminution des rêves (plutôt tendance à faire pas mal de rêves bizarres, pas forcément agréables). Hyper-vigilance, je ne sais pas, aucune idée. En revanche, le système immunitaire qui parfois « déconne », urticaire, rhumes et autre, puis d’autres choses un peu déréglées qui n’ont pas forcément un lien direct avec le système immunitaire, mais peut-être avec le système hormonal. Difficulté à me concentrer aussi et du mal à me (re)lancer dans l’écriture, encore que je me suis mise au dessin, mais là aussi c’est assez aléatoire.
    Et pourtant – où serait le stress d’adaptation? Je me suis construite un entourage de surdoués, avec de vraies amitiés qui dépassent largement le virtuel. J’ai un travail dont j’ai rêvé pendant des années, prenant il est vrai, parfois trop, et cela fait un peu trop longtemps que je fais la même chose, mais ça va changer d’ici quelques mois. Mais s’il y a un souci, il doit être par là, car souvent je ne suis pas motivée, et souvent je me rends compte que je récupère pas mal pendant les vacances. Peut-être le souci est-il juste que c’est trop prenant, trop d’heures, manque de temps pour faire ce que j’aime. Je ne sais pas. Cela fait trois ans que je suis fatiguée comme ça, avec des hauts et des bas, certes, mais malgré le fait que je voie un psy (et ça m’aide beaucoup quand même), ce point-là ne change pas vraiment… Là, ça carbure du coup, j’ai la tête pleine de questions, d’interrogations…

  6. Merci Cécile pour ce sujet bien fourni.

    Je me pose 2 questions à l’issue de cet article :

    – Est-ce que le fait de se retrouver permet de recoller les morceaux et de refaire fonctionner son cerveau correctement ? L’endommagement du cerveau tel que décrit serait-il réversible ?

    – J’ai bien compris que les surdoués sont, plus que la majorité de la population, en quête de la réalisation d’eux-mêmes. Cependant, je ne comprends pas bien de quelle manière on peut relier l’adaptation prolongée d’un individu, qui peut mener au syndrome de PASS, à son besoin de réalisation de soi. Cela me semble même contradictoire. Avoir un sens aigu de ses besoins, et s’acharner à agir à contresens… Si vous pouviez m’éclairer, je suis preneuse.

    1. Le syndrome PASS est typique d’une situation d’impasse.

      Tant que vous êtes en situation d’inconfort, vous dépensez une énergie folle à survivre. Quand vous revenez dans votre zone de confort, l’énergie est de nouveau recanalisée vers la production qui vous convient.

      Il est possible de ramer à contre sens avec la meilleure volonté du monde quand on a une vision déformée des choses (et de soi) : « si je travaille plus, je serai mieux reconnu(e) dans mon travail » et on s’acharne – en vain – jusqu’à l’accident, la maladie, ou le burn out.

      1. Je me permets…Début de burn out quand je me suis autorisée à penser que je pouvais être douée et et du coup…quand j’ai compris à quel point bon nombre de choses que j’avais vécues avaient été une violence, je me suis autorisée à m’écouter, j’étais épuisée, vraiment. Je me suis autorisée à faire une pause. Je viens de réaliser que ma fille de 8 ans n’écoute rien à l’école depuis…la maternelle. Elle trouvait que c’était normal, de se taire, de se faire oublier, sinon, elle se faisait punir, ça ne gênait pas les instits tellement, une petite fille sage qui ne dit rien et joue avec ses stylos. Je l’écoute enfin, pendant cette pause, et je la vois reprendre vie. En espérant qu’il n’y ait pas trop de dégâts déjà. Elle s’est déjà tellement sur-adaptée…

  7. Une réflexion-description du syndrome de PASS (stress prolongé d’adaaption (y a que du vécu….) :

    Une journée parmi d’autres, qui démarre par une petite contrariété, puis d’autres, plus intenses, le tout masqué sous une facade calme (mais intérieurement destructeur), et TOUT S’EMBALLE……

    – problèmes à résoudre seule…. nuits hachées qui se succèdent,
    – le matin , se réveiller…. avec une tete de plomb
    – se lever….. corps lourd, inerte
    – avant de partir : gestes automatiques
    – conduire : par habitude
    – au boulot : 1e heure, se pousser comme on peut…. plus d’énergie
    – 2e heure…. idem
    – 3e heure : idem ou conflit ou émotion intense au choix…. le cœur qui bat la chamade en pompant le peu d’énergie qui’il me reste
    – le midi : sortir, marcher….. rentrer vite car tete bourdonnante, limite malaise
    – après-midi : ca recommence…..In-ter-mi-nable (c’est long meme en comptant les minutes….)
    – fin d’après midi : enfin ( enfin pourquoi d’aillleurs ?)
    – Retour : par habitude
    – soir : canapé, diner, silence, dodo, écroulement sur le lit
    OUF

    Et jour et nuit, le cerveau qui cavalcade, car bien sur lui n’est JAMAIS fatigué, vu qu’il pompe l’énergie de tout le reste.

    Et puis au bout de plusieurs jours à ce régime sans qu’on puisse lutter, un rééquilibrage s’opère (heureusement). Mais de ces périodes de vide ou tout est blanc, pénible et sans substance, on ressort comme nouveau, « nettoyé ».

    Cela faisait des année en arrière depuis mon enfance, que ces périodes « down » s’étaient répétées, sans que je sache pourquoi. Aujourd’hui je sais, mais ces passages vides n’ont pas cessé. Ca sera comme ca toute ma vie, alors attendons, laissons passer, acceptons, vivons le reste du temps (en périodes « up » parfois pour compenser). Une vie au relief plat, pas pour moi désolée, c’est incompatible avec ma vraie nature.

    Cricri

    1. C’est exactement ce que j’ai vécu, c’est rassurant de savoir qu’on n’est pas le seul à être dans ce cas.
      Du coup qu’est-ce que vous avez fait pour changer ce cercle vicieux ?

  8. Bonjour à tous,

    Merci pour l’article, les commentaires. La 1ère pensée qui m’est venue est : « alors, vous aussi ? ». Je viens de rompre avec ma compagne après 8 ans de tentative de construction dans le mode « nous deux contre tous ». Elle, c’est une vrai surdouée (146 de QI bac très bien à 16 ans…). Moi j’ai juste peur d’être complètement décalé, différent. J’ai toujours carburé au plaisir des autres. J’ai une trouille bleue de revendiquer un adjectif auquel je n’ai pas le droit, je ne sais même pas si c’est vraiment le sujet (cf. la remarque sur les difficultés de la construction personnelle).
    J’ai 46 ans. Je n’arrive pas à identifier de causes probantes de mon errement initial (famille presque normale; jalousie des 5 frères et soeurs ??? Loin d’être bêtes eux aussi). Ce sentiment de facilité et de lassitude. « Oui, je pourrais, mais à quoi bon ? » Ce sentiment quand je dois écrire un rapport de l’avoir déjà fait. La 1ère fois que j’en ai parlé à ma psy je lui ai « j’ai des petits talents de société ». Ma petite équipe me fait du bien (indépendance business acquise de haute lutte) : ils me regardent avec un mélange de respect, d’étonnement, de ravissement, d’inquiétude ou plutôt d’incompréhension. Je devais faire Vendredi dernier une conférence dans un cursus executive education plutôt de bon niveau. J’ai fait n’importe quoi; en acceptant de le faire avec à peine plus d’une semaine de préparation, sur un sujet très casse-gueule et assez loin de mes bases, en pleine passion amoureuse post-rupture (un carnage de 3 semaines dont je sors cramé). Support terminé à 5h30 du matin, 3 heures de sommeil, et de chaudes félicitations pour mon intervention, ma hauteur de vue, blabla. Je me raccroche à ces trucs là en me disant que je ne suis pas complètement nul (parfois j’ai même des pointes de prétention sévères…) que je fais vraiment n’importe quoi. Je suis sauvé par quelque chose qui se passe professionnellement, comme si une partie de moi commençait à oser être soi-même dans ce domaine. Raison sans doute pour laquelle j’ai quitté ma compagne : ce sentiment qu’elle ne supportait pas que je m’éloigne dans ma sphère hors de son contrôle.
    Sur le plan personnel, j’ai l’impression d’être complètement à l’ouest. Même pas perdu. Pour être perdu il faudrait que je sache avoir été quelque part.
    Bref, je vous ennuie avec mes histoires. Oui, c’est un peu le but mais ça aussi c’est constant : je n’ai pas le droit d’exister ?
    En fait, je cherche désespérément à partager avec d’autres comme vous, à construire cette conviction que je ne suis pas « tordu », « mal conçu », que « j’ai le droit ».
    En gros pour résumé : HELP. Y a t il des groupes de discussion, des lieux d’échange pour ça ?

    1. Bonsoir Sempre Vivace

      L’envie de rire en vous lisant…
      Un rire de reconnaissance – ah, parce que (sur tant de points) vous aussi…

      Zebras Crossing, le forum, propose des rencontres IRl (In Real Life) de zèbres. Dans un précédent commentaire Mharc signalait de faire attention et il a raison : le virtuel est un jeu de miroirs – c’est aussi ce à quoi servent les rencontres de Zebras Crossing (les « attroupements de zèbres ») : passer du virtuel qui peut être si trompeur au réel qui oblige les masques à tomber.

      Et puis il y a le Chat du Loup – lieu virtuel pour passer un bon moment – lui aussi pouvant être victime de mauvais plaisantins (c’est le revers de la mise en lumière de ce lieu autrefois si caché dans un repli d’internet tout simplement parce qu’il n’était connu que d’une poignée d’internautes – mon livre, ce blog l’ont rendu beaucoup plus public et donc susceptible d’être agressé – mais ça se passe quand même plutôt bien : ceux qui y viennent veillent et c’est assez efficace).

      Bienvenue Sempre Vivace ! 🙂

  9. Je suis soufflée : Burn-out il y a 2 ans, comme sorti de nulle part, maladie auto-immune diagnostiquée 1 an après. Suivi psy et contre vent et marrées, j’ai cherché tout, partout. Je commence à sortir de mon tunnel, et j’affirme à ma psy que j’ai décidé d’arrêter de lutter contre moi-même et de faire ce qui me taraude depuis des années, aussi insensé, que ça paraisse. Et là, elle me répond, « avoir la vie que vous-voulez en fait ? », j’ai souri. Comment expliquer que pour avoir la vie qu’on veux, encore faut-il en être le vrai sujet. J’avais jusque-là, au contraire, la conviction qu’on peut-être ce que l’on veux, ce que l’on décide. Faux m’a appris mon chemin. Il y a un truc là-dedans qui résiste sévère et qui dit stop en me faisant tout lâcher pan par pan. Ce que je veux : faire cesser le carnage schizophrène avec moi-même !!!
    MERCI pour cet article, qui donne enfin une un explication simple complètement cohérente de ce que je vis.

  10. mieux vaut tard que jamais, je réagis à ce post que je viens de découvrir
    il me parle tout particulièrement car je me bats présentement contre quelques démons tels que :
    – fatigue générale, du genre « je me fais vieille (j’ai 49 ans) !!
    – démotivation totale, je suis tellement blasée de chez blasée
    – douleurs et dysfonctionnements généralisés, possibles troubles hormonaux, je suis entre les mains de 2 endocrinos, à suivre
    – crises de boulimie pour le sucré, le cerveau est très friand de glucose et vu qu’il carbure effectivement certainement plus chez moi, il se fatigue et a besoin de carburant
    – oui mais surpoids, le sucre ça fait aussi beaucoup grossir, mon sens de l’esthétique et mon goût pour tout ce qui est gracieux et harmonieux en prend un coup
    – dépression existentielle, spleen ou autre, je ne sais…mais je sens bien que ma vie manque de sens et que la Vie en général est totalement absurde, enfin là j’aventure une opinion qui relève de la philosophie 😉

    Moi qui m’étais juré d’arrêter de dresser des listes et des bilans 😉
    (ça vous parle cette manie ??)
    Maintenant j’espère trouver la carte routière qui mène sur la route de l’apaisement et de l’épanouissement

    Inch Allah

    1. Hum… je ne suis pas toubib, mais la boulimie pour le sucré m’évoque fâcheusement la candidose intestinale, tout comme le surpoids, la fatigue etc.
      Problème dont j’ai souffert, peu reconnu mais vraie galère.

  11. Post scriptum

    Sur le thème du faux self, on peut lire, coté psy, Winnicott et Kohler.
    Coté philo: sur le thème de la fidélité créative, Gabriel Marcel et Paul Ricoeur. La notion de disponibilité, entre autres… Dans une perspective existentialiste chrétienne.

    Il n’est évidemment pas question du surdon en soi mais d’un être au monde, entre éthique et ontologie.

  12. Bonsoir,

    En vrac, quelques idées suggérées par cet article:
    – nourriture: je suis trop stressée pour éprouver de la faim en journée. D’où, evidemment, un gros repas tôt le soir ( de préférence sucres lents, bien calants, en large quantité). Il m’arrive parfois de remanger vers 11 h. Vivant, ces derniers mois, une période assez pénible au plan sentimental, j’avais d’abord fait l’hypothèse, assez banale, que je cherchais à me « remplir », cad à combler un manque affectif . Or, le fait de pouvoir, parfois, entre autres grâce à la méditation, « descendre de vélo pour me regarder pédaler », retrouver l’émotion, le ressenti du corps, révèle que finalement, si je mange la nuit, c’est parce que c’est au moment où je me sens en sécurité. A l’instar de ce chat, rescapé, et pas tres dégourdi qui se faisait assez systématiquement peigner par les autres. Et se goinfrait dès que les autres étaient partis. Du peu qu’il restait. Faire des réserves, quand on peut. On ne peut manger, dormir, que lorsque l’on se sent en sécurité. Et les » dangers » sont externes mais tout aussi bien internes ( nos angoisses, par exemple, qui correspondent à une « contradiction », peur ET désir, perte de « l’objet » Et de notre vitalité, pour rejoindre la problématique du faux self…. ).
    Des phases de stress intenses augmentent mon tabagisme, le café ( anorexigènes les deux), voire l’alcool, puissant anesthésique de la sensibilité. Produisant une carence calorique. Qu’il m’arrive de compenser en achetant et dévorant en qq minutes un paquet de cacahouètes plus des chips. C’est dégueulasse. Mais c’est salé ( ça brûle un peu la bouche, on le sent, alors que les papilles, comme le reste, sont insensibilisées, plus ou moins délibérément), c’est hypercalorique et le gras, contrairement aux sucres, est stocké par l’organisme, donc, des réserves pour les jours à venir. Et puis, peut-être, au plan psy, penser à Perls ( le père de la Gestalt-thérapie), la question de la manducation, liée à la rage. Donc au sentiment d’impuissance.

    Vous évoquez la diminution d’insuline dans le syndrome Pass. J’ai oublié mes cours de neurophy mais il y a bien un système de faim/ sensation de satiété sous contrôle de l’hypothalamus. Google is your friend. Ce que cela m’évoque surtout, c’est qu’en perception d’un danger, l’animal ( que nous sommes), se prépare à l’une de ces trois réponses: fight, flight, or freeze. On s’allège ( relâchement des sphincters, on « en chie dans son froc) ». Et, bien sûr, pcq nous sommes programmés pour survivre, il faut, à un moment où à un autre, refaire les stocks. Il s’agit donc de phénomènes adaptatifs. Au sens le plus basique.

    Vous mentionnez, à juste titre, la pyramide de Maslow. Nos besoins de reconnaissance, de réalisation etc, sont en haut. C’est la satisfaction de nos besoins les plus primaires ( sécurité physique, survie…) qui en permettent l’étayage.

    Deux lectures, peut-être utiles:
    Henri Laborit: Eloge de la fuite ( années 70)
    Catherine Aimelet-Périssol: Comment apprivoiser son crocodile ( 2002).

    – « Il a déjà été dit que les facteurs de stress interagissent avec le cerveau selon le principe du 80/20.

    20% de l’effet sur l’esprit et sur le corps est dû au facteur de stress lui-même
    80% de l’effet sur l’esprit et le corps est du à la perception que l’on a du facteur de stress.

    L’éducation, la compréhension, l’empathie, le soutien émotionnel, le recadrage par soi-même de son expérience sont des outils psychologiques puissants. »

    Oui. Je ne sais si  » 80% ». Mais, clairement, il y a « l’évènement », d’une part. Et ce que nous en faisons. Notre « film ». Ne voyez ici aucune ironie. La « réalisation » est âpre.

    J’ai trouvé aidants à ce stade, le bouquin sur les crocodiles above, ainsi que, coté philo
    Clément Rosset: le Réel et son double
    Christophe André, dont vous mentionnez ailleurs les ouvrages: Les états d’âme et Méditer jour après jour. Ce dernier me semble unique en son genre, oeuvre d’un psychiatre travaillant à Sainte Anne ( c’est du lourd!). En dehors de tout le trip New Age. Lisez, et surtout pratiquez. Sinon, ce n’est que du vent. Ce fondement, cette intention (?) thérapeutique, la douceur, la réalité expérientielle, de Marc Aurèle à Matthieu Ricard, me donnent ce que des années de pratique de zazen ( en vue de « maîtriser » une hypersensibilité problématique et une pathologie dépressive avérée) n’avaient pu me donner.
    Sur les questions d ‘estime de soi, on peut aussi lire son ouvrage « libres, imparfaits et heureux ». dsl, je ne sais pas où sont les italiques pour citer convenablement.

    Bon. Je réagis, une fois de plus, à la problématique de la peur. Concrètement, réellement, cela ne me semble pas aussi « évident » que votre article sur Marianne Williamson le laisse supposer.

    Mais au fond, c’est aussi une trace de mon propre cheminement. je commence à envisager de reprendre ma pratique de thérapeute. Peut-être.

    Espérant que ces notes puissent vous être utiles,
    une bonne nuit à vous. Et une glumptious platéee de pâtes!!

  13. La vache, je vois que je ne suis pas, loin s’en faut, le seul faux monnayeur dans le coin.
    J’ai fabriqué de la fausse monnaie en pagaille. Avec, sur l’avers, le faciès d’un Roi solitaire, monarque d’une contrée qui n’appartient qu’à lui. Un pays imaginaire où ce Roi s’est enfermé et a perdu le souvenir du vaste univers qui respire au-delà.
    Las, épuisé, ne lui parvient plus qu’une vague rumeur de ce monde qui fut aussi le sien à l’âge tendre de l’enfance. Souvenirs confus de choses qui ont été et de tant d’autres qui auraient pu être.
    Mais à cette reminiscence, à ce frémissement dans son sang, à l’évocation de toutes ses promesses, le Roi comprend qu’il peut réintégrer le Réel.
    Le Roi n’est pas encore mort. Vive le Roi !

    Nota bene : en même temps, il est près de 19h, c’est l’apéro, à près de deux grammes on philosophe plus aisément

  14. Voilà comment résumer une vie !!! 😉

    Ne devrait-on pas dire « tentative d’adaptation » plutôt que « adaptation » ?

    J’enverrais bien les références de ce blog à ma 1ere psy…mais comme elle a dit qu’en 18 ans de carrière, elle n’a jamais rencontré quelqu’un comme moi, je doute qu’elle consacre un peu d’énergie pour tenter rehausser son bas niveau intellectuel et professionnel. Gnerk, gnerk 😉

  15. Bonjour Cécile,
    Merci d’avoir prit le temps de me répondre. En effet, c’est impossible via Amazon, on a pas encore inventé un système d’achat en ligne chez nous, et ça ne semble pas pour demain ! Je vais opter pour la deuxième solution, faudra juste trouver la bonne personne qui ne me bombardera pas de questions !

  16. « on n’aborde les problèmes que lorsqu’on est en mesure, quand on a la force de les aborder »: oui, et parfois on regrette de ne pas avoir eu la force avant, parce qu’on est allé tellement loin dans la falsification qu’il est extrêmement lourd de remettre en question ce qui cloche. OK avec Cécile pour commencer par une activité de loisirs, je me suis mise à la couture et à diverses autres activités manuelles qui me font bcp de bien mais le jour où on prend conscience que c’est près de son conjoint, qu’on est profondément mal, qu’on a accessoirement fait deux enfants avec ce conjoint, et que le conjoint en question refuse la séparation… ben on est un peu coincée, non??

    1. Je préfère une réponse maladroite au silence.

      Votre commentaire appelle la question du choix, toujours possible, mais parfois si difficile à effectuer…

      Cela dit, et pour mémoire, le surdon n’est pas l’unique cause d’une situation. Je vous renvoie aux billets qui traitent de la construction identitaire vue par Andrew Mahoney.
      Surdoué ou pas, la quête de soi est effectivement toujours très dure quand on s’est éloigné de soi.

    2. Je vais être maladroite et même brutale, mais êtes-vous obligée d’attendre que votre conjoint soit d’accord ? Comme beaucoup d’hommes, il a plus à perdre qu’à gagner à cette séparation, pourquoi l’approuverait-il ?
      Les femmes ont conquis de haute lutte le droit de décider de leur vie, en particulier de divorcer si ça leur chante, ce serait bien malheureux, et méprisant envers les femmes qui se sont tant battus pour ce droit fondamental, de ne pas en profiter.
      Et vos enfants vous en sauront gré, un jour. Car il n’est rien de pire que des parents qui ne s’entendent pas et restent ensemble malgré tout.
      Personnellement, quand la vie avec le père de mes trois enfants a été vraiment trop insupportable, je l’ai quitté, et je ne le regrette pas, la seule chose que je regretterais éventuellement est de ne pas l’avoir fait avant.
      Cela dit, pour en finir avec la brutalité, il est fort possible que vous ne soyez tout simplement pas prête, et dans ce cas le conjoint n’est qu’un prétexte bien commode. Je le dis sans aucun jugement, ayant passé seize ans auprès de quelqu’un avec qui j’étais très mal… C’était sans doute une étape nécessaire ? Un moindre mal ?

      1. Je suis d’accord…un homme a beaucoup plus à perdre si il se voit devoir nettoyer repasser, cuisiner, faire les courses, s’occuper des enfants…

    3. Stéphanie,

      J’insiste sur les solutions pré-rupture parce qu’autour de moi, je vois trop de femmes voulant renouer avec leur conjoint après le divorce (j’en connais trois personnellement). Je vois aussi l’effet dévastateur des divorces sur les enfants.

      Il y a des cas généraux (violence physique et/ou psychologique, alcoolisme, non-contribution, etc.) où la rupture devient inévitable. Et dans ces cas, effectivement, tu n’as même pas besoin de son accord pour passer à l’acte. C’est une question de vie ou de mort. Je te conseille de poser tes limites par écrit et de lui en faire part avec un ultimatum. S’il t’aime, il bougera, crois-moi.

      Cependant, il y a d’autres facteurs à considérer.

      En tant que HP, il y a de forte chance que tu sois perfectionniste. Sache qu’il y a des limites que ton conjoint ne dépassera pas s’il n’est pas surdoué. Par exemple, il ne te comprendra pas totalement (même s’il t’aime et en fait l’effort) parce que vous ne vivez pas dans le même univers. Il ne sera pas toujours intellectuellement stimulant, en tout cas pas autant que tu le voudrais (il ne voudra pas parler des outils de civilisations précolombiennes à 23h, après une grosse journée de travail!).

      Ton hypersensibilité peut aussi te jouer des tours. Je ne serais pas surpris que tu t’attendes (même inconsciemment) à un dîner aux chandelles et des fleurs à chacun des retours de travail… ou à des réconcilliations sous forme de remariage à l’issue d’un conflit. Tu as peut-être aussi besoin de retrouver cette excitation des premiers jours, qui hélas ne reviendront pas… à moins d’en parler explicitement avec lui.

      Il faut aussi savoir que le surdoué est très difficile à gérer. Si vous êtes en couple depuis longtemps, il a probablement lui aussi dépensé beaucoup d’énergie pour te gérer. Sauf que lui, il a fini par trouver sa zone de confort… mais un surdoué n’a pas de zone de confort. Il obsédé par ce qui pourrait être plutôt que de se contenter de ce qui est.

      C’est tu es sûre de toi, vas-y. Sinon, penses-y. Commence par des étapes plus évidentes (voir mon précédent commentaire).

      Merci.

    4. « coincée » c’est le moins que l’on puisse dire…de mon côté, avec un mari qui fait de la « démolition psychologique » et moi aussi deux enfants c’est tout aussi inextricable: choisir pour son bien-être ou pour celui de ses enfants (comme le dit Jed, ils risquent d’en pâtir énormément), aussi longtemps que la chose est supportable , la falsificatrice que je suis « s’amusera » toujours à reculer les limites du supportable (je vous rassure, il n’y a pas de violence physique ni aucun autre danger vital). Ce qui m’inquiète aussi c’est cette espèce de manque d’énergie absolument insurmontable et j’avoue que ce que je viens de lire dans le billet de Cécile me parle de manière assourdissante; le couac c’est que je crois que j’ai déjà tant « falsifié » que j’ai fini par oublier quels étaient mes désirs initiaux et je me retrouve dans une espèce de sidération et je ne vois pas de sortie. »Néanmoins, comprendre que cette adaptation prolongée est le facteur principal de stress peut aider les individus à s’en accommoder de façon plus efficace » je veux bien vous croire, Cécile et je me demande même si l’obligation de s’adapter n’est pas carrément à l’origine du développement de l’intelligence…s’adapter ou disparaître ( sur un terrain sensible et lucide
      ça pourrait même mener à la douance…). (Bien entendu, on parle ici des adaptations psychologiques et pas physiologiques.) Le problème c’est qu’on fonctionne de cette manière depuis l’enfance et aller démolir tout ça me semble bien lourd, surtout qu’on a un peu oublié ce qu’on était avant, avant de croire que si on ne s’adaptait pas, on risquait de crever. C’est en fait très proche des problématiques du refoulement.Dur dur….En tout cas, merci Cécile pour ce nouveau souffle d’espoir et nouveau terrain de retrouvailles pour nous tous.

      1. « j’ai déjà tant « falsifié » que j’ai fini par oublier quels étaient mes désirs initiaux
        Je me reconnais aussi là-dedans, malgré dix ans de célibat et de travail acharné à me reconstruire, sans doute parce que je ne me sait hp que quelques mois, donc une grande partie de ce que je suis m’échappait totalement. La révélation de mon achpitude m’a changé la vie !

        Alors réfléchir à deux fois avant de quitter son conjoint, oui, mais attendre d’avoir trouvé qui on est avant de le faire, non, vous pouvez attendre longtemps, tant c’est un travail de longue haleine que de se reconstruire après des décennies de mal traitance, et surtout si la mal traitance continue !

        Pelure parle aussi de « un mari qui fait de la « démolition psychologique » » et précise « rien de vital« .
        Je suis désolée, mais la démolition psychologique est vitale. Les dégâts se font sur le long terme, bien sûr, mais elle peut tuer.

        Quant à l’impact sur les enfants, il est gravissime, bien qu’invisible : comment les enfants vont-ils respecter une mère qui est méprisée par son conjoint ? Comment des filles vont-elles se construire avec une image dégradée de la femme ? Et comment vont-ils échapper, devenus adultes, à se mettre en couple avec un pervers qui les démolira de la même façon ? Rappelez-vous vos parents ? Quelle image du couple et de la femme vous ont-ils donnée, pour que vous ayez choisi un tel conjoint ?

        Je parle de vécu, là. La démolition psychologique est invisible, elle n’en est pas moins aussi meurtrière que la démolition physique, et ce d’autant qu’elle est justement totalement invisible. Les recours sont quasiment impossibles.

        Sinon, je me suis aussi souvent posée la question de Pelure sur le fait que la maltraitance pourrait développer les capacités intellectuelles.
        « je me demande même si l’obligation de s’adapter n’est pas carrément à l’origine du développement de l’intelligence…s’adapter ou disparaître ( sur un terrain sensible et lucide ça pourrait même mener à la douance…)
        Mais justement, la douance n’est-ce pas déjà, à la base, d’être sensible et lucide ? Auquel cas, non, la maltraitance ne développe pas la douance, elle la dévie vers la nécessité de survivre, au lieu de lui permettre de se développer harmonieusement et de conduire la personne vers une vie heureuse et remplie.

        Car on se demande souvent si on peut être heureux et surdoué.
        Eh bien oui !! J’écoute régulièrement une radio culturelle, j’y entends des artistes, des scientifiques, des historiens etc. qui ont très bien réussi, qui semblent épanouis et qui sont de toute évidence très hp.

    5. Bonsoir Stéphanie,

      je viens de perdre une longue réponse à votre message.
      Pour faire court:
      Quels que soient vos parcours, prenez soin de ne pas prendre vos enfants en otages dans une séparation éventuelle. Quels que soient les aléas de votre couple, ne perdez pas de vue le couple parental: vos enfants ont un père et une mère. Ils doivent rester au centre. Il n’y a rien « d’accesssoire » à cela.

      Ancrez-vous dans le réel. C’est là qu’est votre pouvoir. Pas dans l’opinion de tel ou telle.Faites le point de vos finances, des aides, voyez en quoi votre conjoint vous tient ou pas par les ovaires ou les surrénales ( type de contrat de mariage, dettes contractées etc. Internet est plein de renseignements, cherchez, vous gagnerez en force et en sécurité). inscrivez-vous sur la liste d’attente hlm, voyez les AS. Il existe aussi pres de chez vous un centre sos femmes battues qui se double vraisemblablement d’une structure de conseil juridique et de médiation familiale. Sinon, annuaire au niveau national. Accès gratuit.

      Par ailleurs, et pour alimenter votre réflexion selon vos sensibilités, ces ouvrages pourraient être pertinents:
      Robert Johnson: She: understanding feminine psychology ( apparemment non traduit) approche jungienne du mythe de psyché.
      Les ouvrages de Jacques Salomé.
      Lettre ouverte aux couples d’aujourd’hui, Nicole et Philippe Jeammet, 2012. Des exemples tirés de la littérature contemporaine et un substrat plutôt kleinien qui me parle davantage.

      Bon courage. C’est dur. Oui.
      Une histoire zen:
      Un tres vieil homme ramasse et fait sécher des champignons. Un jeune moine demande: pourquoi fais-tu cela, tu es si vieux, si courbé? Le viellard répond: personne d’autre ne peut le faire à ma place.

      Prenez soin de vous.

      1. désolée, l’esprit de l’escalier….trepworter, tjs un métro de retard ;(
        Stéphanie,

        une question fondamentale à vous poser est: pouvez-vous vous envisager vivant seule? Pas seulement au niveau matériel mais au niveau émotionnel. En clair: sans mec.
        Parce que le pire tour pendable que vous puissiez vous jouer serait de vous jeter, Princesse esseulée, au cou du premier Charming venu ( pensez à Shreck!!).
        Regardez votre réseau social, à tous niveaux ( famille, amis, relations etc). Cela vous supportera t-il? Etes vous, au fond, plutôt une solitaire? Etc. Les artistes ont besoin de solitude pour créer. Les artistes mâles et quelques rares femelles. Reflechissez à vos besoins. Comment pouvez-vous les satisfaire?

        1. Peut-on s’envisager seule, quand on ne l’a jamais vécu ? Qui peut prétendre ne pas être terrifié-e par cette perspective ? Vaut-il mieux rester avec un homme qu’on n’aime plus, ou le quitter au risque de se jeter au cou du presque premier venu, qu’il sera toujours plus facile de quitter à son tour pour vivre enfin seule, vivre sa vie ?
          Se retrouver seule, c’est parfois enfin l’occasion de se créer son réseau relationnel à soi, qu’on n’avait pas su ou pu se créer avant. Il faut parfois être mise au pied du mur pour oser sauter le pas et se tourner enfin vers de nouvelles activités, de nouvelles personnes.

    6. Stéphanie,
      C’est étrange comme cette question de continuer la vie seule avec les enfants ou pas résonne en moi !
      Car je viens de mettre les choses à plat avec mon mari, je lui ai donné un dernier ultimatum, une dernière chance.

      Par contre pour ce qui est de savoir si je préfère vivre seule ou avec lui (dans les conditions actuelles), je peux le faire facilement !
      Il travaille à l’étranger, il passe 2 mois là bas et 2 mois ici, et je peux vous dire que me concernant c’est beaucoup plus facile sans lui,

      Tout est plus simple à gérer, je n’ai que deux pré-ados à gérer, et trois emplois du temps.
      Bien sûr, je suis seule à tout faire, et mes parents me soutiennent, mais il est normal de tout gérer car il n’est pas là.
      Pour le moment, je ne travaille pas, mais je compte changer cela dès septembre !
      Je veux retourner à l’école ou autre, me former correctement pour enfin vendre mes créas !
      Ce sera dur, mais ce sera ma vie, celle que j’aurai choisie.

      Lorsqu’il est là, il est en « congé », il voit ses copains, ses parents ; il bricole (« il travaille », fait de la mécanique pour ses amis).
      Moi, je suis là, je fais toujours autant de choses et même plus car je dois gérer son emploi du temps, son linge, ses repas, ses dépenses etc…
      Lorsqu’il rentre de l’étranger, c’est un ado de 41 ans qui arrive à la maison,
      je ne suis pas sa femme, je suis sa mère.

      Alors, oui, si il ne change pas, je le quitte, je ne me poserai plus la questions encore pendant plusieurs années.
      Je l’ai mis au pied du mur. Je suis fatiguée de n’être là que pour servir Mr et les enfants.
      Je verrai si il l’a bien compris, car sinon en septembre il n’y a pas que ma non-carrière qui changera.

      Pour ce qui est de mes relations avec les autres, j’ai de la chance.
      Comme il est très souvent absent, pour combler le temps, être moins seule, au 3 ans de ma petite, je suis allée dans un club de brico, donc j’ai des amies par ce biais ; ensuite, j’ai fait de la couture, encore des amies ; puis ça a été le patchwork, et l’équitation ! Donc pas mal de relations. (très peu sont celles sur qui je peux vraiment compter ! Même pas les dix doigts de la main, mais c’est suffisant)
      Mon mari et moi, n’avons pas les mêmes amis.
      Ses amis ne sont pas présents lorsqu’il part en mer, ils n’appellent jamais, ne prennent jamais de mes nouvelles… c’est à croire que les enfants et moi partons avec lui.
      Donc, je ne les considère pas comme mes amis.

      Il est sûr que si je dois le quitter, ce sera un changement très dur pour moi, car je suis (pour le moment) une femme entretenue. (!)
      Donc pour ce qui sera de me former, et de vendre mes créas, ce ne sera pas possible.
      Ce sera trouver un boulot alimentaire pour moi et les enfants, la priorité.
      Mais, je ne serai pas seule.
      Et pour ce qui est de trouver un autre homme, non merci !
      Ou alors quelqu’un avec qui tout partager, avec qui on peut parler de tout, qui fasse les tâches ménagères, la cuisine… (le sexe n’est pas ma priorité!)
      Pour ma part, je ne suis pas sûre que ce soit forcément un homme qu’il me faille !
      Il me faudrait juste la bonne personne pour tout partager : un ou une amie.

      Punaise ! Je vous ai mis un sacré texte ! Un peu long ! Je m’en excuse, je monopolise un peu trop !!!

  17. Je vous remercie sincèrement pour votre réponse que je peux parfaitement entendre. Ce n’aurait pas été le cas il y a quelques mois ou années. Qui a dit ? :  » Quand l’élève est prêt, le maître se présente… » Donc je m’ouvre de tous mes sens …
    J’apprécie aussi votre mise en garde, c’est pour tout dire un processus que j’ai commencé il y a plus de 25 ans avec des crises et des luttes et des périodes de « résignations heureuses »… mais la prise de conscience de mon profil « intelligence différente » qui n’a jamais été identifié ou révélé me soulage d’un questionnement sans fin. En vous saluant chaleureusement pour votre travail. A bientôt.

  18. En plein dans le mille Cécile !
    Après avoir été en errance professionnelle durant 15 ans je décide de couper court à toute cette mascarade et je me reconnais le droit de prendre le temps de ressembler à … moi-même, pour une fois.
    J’en viens à la conclusion qu’il faut reconnaître que si je ne suis pas prêt à faire des études pour m’offrir une nouvelle vie (pour l’instant), il me faudra éviter les CDI, dans lesquels j’ai constamment été en échec, pour envisager une successions de CDD, bien moins dur à supporter, histoire d’enlever l’option « prolongé » au « syndrome de stress prolongé d’adaptation ».
    A chacun ses solutions, celle-ci me convient plutôt bien.

  19. Excellent billet Cécile.

    Étant droitier forcé (je suis né gauchier), j’ai été poussé très jeune à la falsification. Aujourd’hui, encore dans la vingtaine, j’ai déjà des cheveux blancs, une bonne bedaine et des problèmes d’articulation. Jusqu’à tout récemment, j’étais un falsificateur professionnel. Mais l’heure de la révolte a sonné.

    En passant Stéphanie, le chemin n’est pas trop long. On se réveille à soi comme après un long cauchemar. Tout devient subitement clair. Et là, il suffit de faire une liste (assez longue dans mon cas) des choses à nettoyer et de se mettre au boulot.
    Mais attention, il ne faut pas être impulsif non plus. Commence par ce qu’il y a de plus évident.

    Je vois la révolte en 3 étapes:
    (a) Reconquête – Reprendre ce qui t’a été volé.
    Ex: Redevenir gaucher pour les droitiers forcés.
    (b) Réhabilitation – Réintégrer dans ton quotidien ce que tu as refoulé pour t’adapter.
    Ex: Revaloriser l’esprit de compétition pour les « aigles transformés en poulets ».
    (c) Rupture – Rompre tous les engagements basés sur d’anciens pseudo-motivations.
    Ex: Casser les relations parasites (à sens unique).

    Le point (c) est le plus difficile et le moins évident. Beaucoup de personnes quittent leur conjoint et veulent revenir 2 ans après (et souvent 2 ans trop tard). Il faut bien ajuster le tir avant de casser les ponts.

    Merci encore Cécile. Si seulement tu savais à quel point ton travail est utile…

    1. Merci beaucoup Jed pour « les aigles transformés en poulets », je trouve cette image délicieusement parlante, je ne sais pas encore pourquoi (peut-être suis-je une aiglonne qui s’est crue poulette pendant longtemps, et dont les plumes recommencent à pousser ?)
      Et, je me permets de vous le confirmer, le chemin est semé d’épines mais il est fréquentable et, franchement, de là-haut, le paysage vaut vraiment le détour 🙂

    1. Bonjour vador
      .. J’aurais tendance à vous suggérer de le commander par Amazon.. mais peut-être n’est-ce pas aussi simple en Algérie ?
      Après… il y a peut-être le système débrouille : quelqu’un qui est en France et pourrait vous l’apporter pour peu que vous puissiez vous retrouver dans la même ville ?

  20. Merci Cécile pour ce billet particulièrement pertinent !!!

    Sous-estime de soi avec des accès de sur-estime de soi…oui oui….
    Système immunitaire déficient…encore oui
    Lenteur pour réfléchir sur certains sujets alors que ça peut aller vraiment très vite pour d’autres…oui
    Sensation d’engourdissement, d’épuisement, d’étourdissement et que sais-je encore..oui !
    Adulte surdouée falsificatrice : mon pedigree prend du galon de mois en mois avec ce blog !!! 😀
    J’entame dans 2 jours une formation dont je rêve depuis 40 ans…enfin quelque chose qui soit en adéquation avec mon vrai moi !!! Adieu la falsification et bonjour moi-même alors ? Cet article tombe à point nommé pour exprimer le soulagement et la sensation de libération profonde que je ressens.
    Je profite de ma migraine du jour (:)) pour écrire ce petit commentaire qui j’espère ne sera pas trop stupide au regard de la compote qui remplit ma boîte crânienne au moment où j’écris…
    Merci Cécile,
    Et merci à tous de me permettre avec vos commentaires de me sentir moins seule dans mon monde quelquefois trop hermétique…

  21. Merci Cécile pour ce très intéressant billet. Je reconnais nombre de symptômes… avec la grande satisfaction que je les reconnais au passé 🙂
    Mais je trouve satisfaisant d’en avoir une explication / confirmation scientifique.

    Je comprends et accepte mieux aussi l’acharnement de mon père à préserver ses activités artistiques et naturalistes, au détriment souvent de la vie de famille, contraint qu’il était d’exercer une profession scientifique ne correspondant pas à ses préférences profondes.
    Je comprends mieux, la fatigue permanente de ma mère… qui a des tas de compétences sauf celle de la mère affectueuse et de l’épouse dévouée qu’elle s’est efforcée d’être (en vain en ce qui concerne la maternité 🙁 )
    Cela confirme ma certitude quant au cancer qui a emporté une de mes tantes, jeunes… La dépression permanente de ma grand-mère… et j’en passe.

  22. Je suis une adulte surdouée falsificatrice, je présente en effet tous les symptômes cités dans cet article, mais une fois qu’on a pris conscience qu’on se trompe de vie depuis 40 ans, quel long chemin vers les retrouvailles avec une vie qui soit réellement la nôtre… Surtout quand, dans la falsification, il y a un conjoint à quitter…

    1. C’est très libérateur effectivement de se reconnaître adulte surdoué et falsificateur. Mais comment faire pour construire à 46 ans quand la falsification a été érigée comme une stratégie de survie. Tant dans l’univers perso, de couple et professionnel.

      Merci de vos conseils, notes de lecture, soutien humoristique et autre..
      Arnaud

      1. Bonjour Arnaud

        « quand la falsification a été érigée comme une stratégie de survie » – Certes, dit comme ça…. je pense hélas que c’est le lot de beaucoup d’entre nous.
        Mais bon.. d’abord faire le premier pas (le plus compliqué).. et puis ensuite avancer pas à pas, en affrontant au fur et à mesure…
        … ça m’a l’air assez bête à pleurer ce que je vous écris… mais quand on est un(e) spécialiste de la procrastination et de l’anticipation anxieuse…

        Dans les faits, et parce que je l’expérimente : engager le changement délibérément est tout sauf évident.
        Peut-être est il alors utile de se faire accompagner pour voir ce qui peut être modifié en douceur, sans trop de douleur pour soi-même et les autres.
        Ca peut-être par exemple la mise en place d’une activité qui permet de se sentir plus « soi » : activité de loisir, sociale…
        Ce menu changement peut à son tour en provoquer d’autres plus importants peu à peu.

        Une psychologue à qui je demandais pourquoi c’était seulement maintenant que j’abordais les problématiques sur lesquelles je travaillais (parce qu’elle n’est pas le premier thérepaute que je rencontre) m’a répondu : « on n’aborde les problèmes que lorsqu’on est en mesure, quand on a la force de les aborder« . Truisme a priori, et pourtant…
        Dit autrement : tant que vous ne vous sentirez pas en état d’engager un mouvement de changement, vous ne le ferez pas.
        … Jusqu’au jour où l’inconscient parlera et/ou où un événement vous poussera au changement, parce que vous ne pourrez pas faire autrement, parce qu’il le « faudra ».

        Je crois que je ne vous souhaite pas de vivre ça, car c’est souvent extrêmement violent.
        Mais si ça vous arrive.. alors je crois qu’il faut accompagner le mouvement et transformer la douleur subie en une dynamique quevous porterez.

        1. Votre avant-dernier paragraphe Cécile… »on aborde un problème, que lorsqu’on a la force d’y faire face » (c’est ce que ma psy m’avait dit aussi!) …alors l’inconscient nous révèle ce que nous avions besoin de savoir. Très difficile en effet, c’est pour cette raison que j’étais un peu suicidaire à la fin de l’été dernier. Mais il le FALLAIT! Et je suis passée au travers. J’ai même rebondi plus haut.

          La résilience….Boris Cyrulnik….que j’aime beaucoup.

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