Leta Stetter Hollingworth, dans l’ombre de Terman et de Carl Rogers

Quand on s’intéresse un peu en profondeur au surdon, on finit toujours par arriver au fameux groupe des « Termites », cette cohorte de plus de 1.500 enfants surdoués suivis depuis le milieu des années 20 par Lewis Terman et même au delà de la mort de ce dernier.

… Mais qui connaît Leta Hollingworth dont l’un des élèves fut le grand Carl Rogers ?

Cet article est une traduction de l’article Wikipedia paru en anglais qui lui est consacré. En mémoire d’une pionnière oubliée.

Leta Hollingworth (25 Mai 1886 – 27 Novembre 1939) est une psychologue américaine qui a conduit des travaux pionniers au début du 20° siècle. Il est généralement admis que Hollingworth a apporté des contributions significatives dans trois domaines : psychologie des femmes; psychologie clinique; et psychologie de l’éducation.[1] Elle est surtout connue pour son travail sur les enfants exceptionnels.[2][3]

Leta A. Stetter est née dans le Comté de Dawes dans le Nebraska (Dawes County, Nebraska)  près de la ville de Chadron. Elle était l’aînée de 3 enfants nés du mariage de Margaret Elinor Danley (1862–1890) et de John George Stetter (1856–1943).[4]

Son enfance a été marquée par de nombreux drames.

A l’âge de 3 ans, elle perd sa mère qui meurt en donnant naissance à son 3° enfant… et son père abandonne sa famille. Leta et ses deux soeurs seront élevées par leurs grands parents maternels — Samuel Thomas Danley (1833–1898) et Mary (1838–1904) — dans la ferme de ces derniers.

Après 10 ans d’absence, leur père, remarié, obligea les enfants à quitter leurs grand parents pour venir vivre avec lui à Valentine, Nebraska. Leta décrivit plus tard cette expérience comme une « fournaise ardente » due, pour partie, à l’alcoolisme qui empoisonnait le ménage, et pour partie à la maltraitance verbale et émotionnelle infligée par la seconde épouse de son père.[5]

L’école devint son refuge. Leta décrivit ses premières années d’école comme une classe unique dans laquelle elle reçut pourtant un excellent enseignement individualisé. Ses études secondaires se poursuivirent, lors desquelles elle continua à exceller et se découvrit une passion pour l’écriture. Son intelligence, son esprit et son humour furent mis en lumière quand, à l’âge de 15 ans, elle fut embauchée pour écrire dans les colonnes du journal local, The Valentine Democrat.

Obtenir son bac lui permit de s’échapper de chez elle, en 1902.[2]

Elle venait juste d’avoir 16 ans et s’inscrivit à l’Université du Nebraska à Lincoln (University of Nebraska at Lincoln[6] ) où elle s’épanouit sur le plan académique. Elle commença par étudier la littérature et l’écriture car elle voulait devenir écrivain. Mais, parce qu’elle était une femme, sa série de nouvelles ne fut jamais publiée. Elle fut l’éditeur littéraire du Daily Nebraskan, l’éditeur associé du Sombrero, l’éditeur assistant du Senior Book.[7]

C’est au cours de ses études à l’Université qu’elle fit la connaissance de Harry Hollingworth. Pendant que Harry Hollingworth partait pour New York et l’Université de Columbia pour obtenir son doctorat auprès de James Cattell,  Leta Stetter resta dans le  Nebraska pour finir ses études universitaires qu’elle réussit très brillamment en 1906. Par la même occasion elle obtint une Certification d’Enseignant d’Etat.[8] Ceci lui permettait d’enseigner l’anglais et la littérature anglaise dans n’importe quel établissement secondaire du Nebraska.]

Elle commença par enseigner à DeWitt, Nebraska, ville natale de Harry Hollingworth’s. Elle y fut principal adjoint pendant un an. Elle enseigna ensuite 2 ans à Mc Cook.[2] Puis elle rejoignit son fiancé qui finissait son doctorat à New York.[9]En effet, quand il obtint un poste de professeur assistant à Barnard College, Harry Hollingworth put enfin faire venir sa fiancée à New-York[2] où ils se marièrent le 31 décembre 1908. Leta Hollingworth avait l’intention d’enseigner à New York, mais découvrit bientôt que les règles de l’Etat interdisaient à une femme mariée d’enseigner.[9] Elle continua alors à écrire et s’occupa avec des travaux domestiques, mais ceci ne la satisfaisait pas du tout, au point que, morte d’ennui et frustrée, elle commença à développer une dépression. Il lui était difficile de supporter que, bien que disposant d’une formation, elle ne pouvait participer financièrement à la vie du ménage.

Elle essaya de retourner à l’université mais y fut refusée parce qu’elle était une femme. Elle commença alors à remettre en question ce que la société attendait des femmes et l’inégalité dans les opportunités qui leur étaient offertes. Sa carrière s’orienta ainsi vers l’éducation et la sociologie. En 1911 elle put quand même entrer à l’université grâce à une bourse d’éducation que Coca-Cola avait accordée à son mari. En 1913 elle fut diplômée de Columbia en Master de l’Education [2] et elle commença à travailler à la Clearing House for Mental Defectives où elle commença à administrer des tests d’intelligence de Binet dès 1914, qu’elle apprit par elle-même à administrer. Dans le même temps, l’administration qui supervisait l’administration des tests, évaluait la capacité des examinateurs à faire passer les tests

Très vite,  elle fut remarquée pour sa pratique et devint la première femme psychologue de l’administration de la ville de New York[2]  en prenant la tête du service de psychologie du Bellevue Hospital (Bellevue Hospital Center). En même temps, qu’elle travaillait, Leta Hollingworth continua alors son parcours académique en travaillant à un doctorat en psychologie de l’éducation, toujours à Columbia, sous la supervision de Edward L. Thorndike. Elle obtint son doctorat en 1916 et se vit immédiatement proposer un poste de professeur à Columbia, où elle enseigna jusqu’à la fin de sa vie.

Malgré son activité d’enseignement, Leta Hollingworth continua à travailler au moins un jour par semaine au Bellevue Hospital. C’est là qu’elle contribua à établir une Clinique de la Classification pour Adolescents  en même temps que l’Association Américaine des Psychologues Cliniciens (American Association of Clinical Psychologist) .[2] Elle contribua à développer les recommandations éthiques pour la pratique de la psychologie clinique; ainsi qu’à promouvoir des standards dans l’enseignement de la psychologie clinique.[2] En même temps qu’elle assurait ses devoirs d’enseignante, elle forma également des psychologues cliniciens et fut la principale de l’Ecole pour Enfants Exceptionnels de Bellevue.[2]

Dans les années 20, l’intérêt de Leta Hollingworth se porta sur l’étude des enfants, tout particulièrement ceux pourvus de dons intellectuels [6] Grâce aux efforts de Lewis Madison Terman et de ses associés, les tests d’intelligence et le regroupement par niveau d’habileté avaient fait leur chemin dans les écoles publiques au point d’y devenir pratique courante dans les années 30.  Pour Terman, l’identification des individus surdoués était cruciale afin que, objets d’une attention spéciale, aidés pour atteindre leur plein potentiel, ils puissent devenir les piliers de la société. Pour lui, la démocratie ne pouvait que bénéficier d’une éducation différenciée entre surdoués et non surdoués. Mais en même temps qu’il défendait fermement ses idées, Terman ne passa que fort peu de temps à faire des propositions concrètes sur la façon dont les programmes scolaires devraient être modifiés pour répondre aux besoins des enfants surdoués. C’est la tâche à laquelle s’attela Leta Hollingworth, en développant activement des stratégies d’éducation relatives au développement des étudiants surdoués.[10] L’essentiel de son travail fut conduit en même temps que celui que Terman menait de son côté, et bien que les deux ne se fussent au final jamais rencontrés, ils avaient beaucoup de respect l’un pour l’autre.[6]

Bien qu’ils soient d’accord sur de nombreux points, Hollingworth et Terman divergeaient pourtant sur un point important. Terman pensait que l’intelligence était purement héréditaire et se focalisa seulement sur sa définition et sa description. Hollingworth de son côté, reconnaissait le trait d’héritabilité de l’intelligence, mais était également convaincue que l’environnement et l’enseignement scolaire étaient des facteurs qui avaient un rôle à jouer dans le potentiel de déploiement de l’intelligence. De fait, elle s’intéressa surtout à la façon de nourrir de façon adaptée les besoins des enfants surdoués, en particulier en matière d’éducation.[6]

Son travail d’administration des tests d’intelligence l’avait préparée à travailler avec les surdoués tout autant qu’avec les enfants mentalement déficients, sur le sujet desquels elle travailla également. En travaillant avec les déficients mentaux, elle découvrit que beaucoup d’entre eux avaient en fait une intelligence normale, cachée par des problèmes d’ajustement pendant leur adolescence.[2] Elle se concentra alors sur l’étude de cette population et publia plusieurs ouvrages sur le sujet : Psychologie de l’enfant avec retard mental (The Psychology of Subnormal Children) en 1920, puis Talents et Déficits Spéciaux (Special Talents and Defects) en 1923 ainsi que La Psychologie de l’Adolescent  (The Psychology of the Adolescent ) en 1928.[2]

Ce dernier devint un ouvrage de référence pour les 20 années qui suivirent. De nombreux magazines soulignèrent son importance et publièrent des extraits du chapitre intitulé « La psychologie du sevrage« . Le livre donne beaucoup d’exemples de ce processus psychologique et de la façon dont il peut être effectué, afin de guider et aider des parents démunis face à leurs enfants. Leta Hollingworth décrit ce processus comme similaire à « celui du sevrage de l’allaitement, conduisant à des explosions émotionnelles ou à des dépressions, phénomènes qui arrivent classiquement quand une personne doit changer des habitudes bien ancrées » [2]

D’autres ouvrages de Leta Hollingworth parlent des enfants mentalement déficients, tels « Le problème du trouble mental » (The Problem of Mental Disorder) en 1934 et « Psychologie de la Difficulté à épeler un mot »(Psychology of Special Disability in Spelling)en 1918).

Il est à noter qu’elle en vint même à rédiger ses propres ouvrages d’enseignement pour ses étudiants de Columbia.[2]

C’est à Leta Hollingworth que l’on doit le terme de doué (« gifted » en anglais) pour désigner des enfants aux capacités intellectuelles exceptionnelles. La dernière de ses publications est posthume, parue en 1942, trois ans après sa disparition et finalisée par son mari . Elle est intitulée « Enfants avec plus de 180 de QI au Stanford Binet » (« enfants avec plus de 180 de QI au Stanford B / 175 sur l’échelle de Wechsler). Dans cet ouvrage, elle observe combien les enfants avec un QI aussi élevé peuvent connaître des difficultés d’ajustement qu’elle attribue à la fois à un manque de stimulation intellectuelle et une certaine négligence parentale qui prend racine dans le fait que les parents laissent en fait leurs enfants exceptionnellement doués s’élever eux-mêmes. Selon elle, il n’existait pas de ressources adaptées et d’opportunités d’enseignement pour ces enfants. La rengaine était toujours la même : « les individus brillants savent parfaitement prendre soins d’eux » [2] Hollingworth élabora alors une méthode de travail fondée sur l’importance du maintien d’un contact quotidien avec de tels individus. Pour elle, il était fondamental que de tels enfants, non seulement soient identifiés aussi tôt que possible dans leur vie, mais aussi que tout soit fait pour qu’ils ne soient pas isolés de leurs pairs et des autres enfants. Et il était essentiel que leurs besoins soient satisfaits, ce que ne savait pas faire le système scolaire classique.[2]

Elle commença sa première étude propective sur les surdoués à New-York en 1922 (Terman avait entamé la sienne en 1921 en Californie – NDT). Elle étudia ainsi pendant 3 ans un groupe de 50 enfants, âgés de 7 à 9 ans, et tous dotés d’un QI de plus de 155 sur l’échelle de Stanford Binet (152 sur l’échelle de Wechsler). L’objectif de l’étude était double : D’abord, permettre une meilleure compréhension d’autant d’aspects que possible de ces enfants, ce qui incluait leurs origines sociale et familiale, mais aussi leur environnement et l’histoire de leur développement, leur état et leur construction psychologique, ainsi que leurs traits physiques et de caractère et leur sociabilité.[2] Le second objectif était d’identifier des pistes pour élaborer le programme d’enseignement le plus adapté à ces enfants.

Ainsi publia-t-elle « Enfants doués » (Gifted Children) en 1926 dans lequel elle décrit les résultats de son étude, et dans lequel elle présente également  une esquisse de programme d’enseignementdédioé aux enfants très hautement surdoués. Elle continua à suivre les enfants longtemps après la fin de l’étude, et pendant 18 ans, jusqu’à son décès, compléta ses informations intiales en collectant de nouvelles données sur les conjoints et les descendants des sujets son étude.

En 1936, elle mena une autre étude sur des enfants surdoués. Elle s’intéressa à des enfants de la Speyer School qui connaissaient des difficultés. (L’école Speyer était une école expérimentale située sur le Campus de Columbia, dans laquelle les enfants étaient répartis en groupes fde niveau – facilitant ainsi l’accélération des plus doués – NDT). La population qu’elle étudia était similaire à celle de sa première étude, mais elle s’intéressa tout particulièrement à la mixité racial du groupe. Celui-ci fut d’ailleurs constitué en se fondant sur la démographie des écoles publiques de la ville de New-York.  L’école fut d’ailleurs surnommée « L’école Leta Hollingworth pour les enfants brillants » et fut l’objet de beaucoup d’attention publique.[2]Le programme qui fut utilisé (qu’elle avait elle-même conçu) fut appelé »L’évolution des choses banales ». Il était fondé sur le besoin de découverte du monde qu’elle avait détecté chez ces enfants, et traitait de sujets aussi différents que l’alimentation, l’habillement, le logement, le transport, les outils, la gestion du temps et la communication. Les enfants étaient réunis en groupes de travail dont le matériel d’apprentissage était apporté par les membres du groupe.  Ce modèle simple d’apprentissage simple s’avéra plus bénéfique pour les enfants que de simplement les ouvrir à des sujets plus complexes que, de toutes façons, ils rencontreraient plus tard à des niveaux élevés d’apprentissage sur les sujets au départ simples. [2]

Hollingworth procéda à une dernière étude dont les résultats furent publiés 3 ans après sa mort, en 1942. C’était une étude longitudinale menée sur des enfants au QI de plus de 180 (au delà du QI maximum de 160 calculable sur l’échelle de Wechsler – NdT) [2] Elle la commença en 1916 (5 ans avant que Terman ne commence la sienne, autrement plus médiatisée – NDT), inspirée par son travail sur l’administration des tests de Binet.

Elle avait pu évaluer un enfant avec un score de 187, ce qui la conduisit rapidement à rechercher 11 autres enfants aux capacités intellectuelles similaires. Les 23 années qui suivirent cette intuition initiale  furent passées à identifier les enfants et à élaborer une étude menée en profondeur. Pleinement consciente qu’elle n’aurait pas la possibilité de suivre les enfants pendant leur vie d’adulte, Hollingworth s’efforça méticuleusement d’élaborer un cadre qui pourrait servir de socle à des recherches ultérieures. Elle avait noté que les individus « dont le résultat au test de Stanford Binet est supérieur à 180 […] sont caractérisés par un très fort désir d’intimité. Ils dispensent généralement fort peu d’informations au sujet d’eux-mêmes. Ils n’aiment pas plus attirer l’attention sur leurs familles ou leur maison« [11] Hollingworth fut capable de dépasser ces difficultés et, ce faisant, de conduire une recherche qui fut bénéfique à la science en même temps qu’elle préservait l’intimité de ses participants. Elle jeta ainsi  les bases d’études ultérieures sur les enfants surdoués.[6] Les résultats de l’étude suggérèrent que de nombreux enfants exceptionnellement doués souffrent de problèmes d’ajustement dus à deux facteurs : un traitement inepte par les adultes et un manque de défis intellectuels. Elle conclut que les adultes étaient souvent enclins à ignorer de tels enfants parce qu’ils les pensaient capables de se suffire à eux-mêmes. Les mythes selon lesquels ces enfants exceptionnels étaient maladroits, fragiles et excentriques furent balayés par les conclusions de l’étude.[2][6]

Hollingworth ne cessa de rechercher des méthodes adaptées pour enseigner aux enfants surdoués et elle milita pour la prise en compte de nombre de critères pour mieux identifier les surdoués. Ainsi publia-t-elle plus de 30 études sur les surdoués et fut-elle pionnière  en recherche et développement de paramètres naturalistes. Elle développa également une thérapie centrée sur l’enfant et forma Carl Rogers.[12]

45 des 75 articles publiés par Leta Hollingworth portent sur les enfants à l’intelligence supérieure (Poffenberger 1940). Tous les résultats de ses études se réfèrent à l’importance du contexte social. Ainsi conclu- elle dans un article de 1925 « le Vocabulaire comme Symptome de l’Intellect »(« Vocabulary as a Symptom of Intellect ») : « Un résumé du présent savoir, dérivé de l’expérimentation, conclurait que le vocabulaire d’un individu est l’un des symptômes  les plus significatifs de son « pouvoir intrinsèque d’apprendre comment accomplir ou comment obtenir ce qu’il veut ». Ceci n’implique évidemment en rien qu’à partir de la qualité du vocabulaire d’une personne il est possible de prédire son succès à venir dans la vie. A côté de la seule intelligence, ‘Le succès dans la vie » dépend de déterminants puissants  » (Hollingworth 1925, pg. 158). Il est important de noter qu’elle considérait les implications de ses découvertes comme dépassant le simple cadre d’un article traitant de psychologie.

A côté de ses travaux sur les enfants surdoués, Leta Hollingworth s’intéressa également à la condition de la femme. Elle commença par réfuter la supériorité masculine fondée sur l' »hypothèse de la variabilité », selon laquelle les hommes montraient une plus grande variabilité dans leurs traits psychologiques et physiques que les femmes. De fait, pendant que les hommes occupaient à la fois les deux extrêmités statistiques de ces traits (exceptionnellement élevés et exceptionnellement bas), les femmes étaient condamnées à la médiocrité de la moyenne (Shields 1982).

Révoltée par une culture fondée sur les croyances et non sur les faits, se fondant sur les résultats de tout un ensemble de tâches cognitives, perceptuelles et motrices évaluées pendant 3 mois, elle réussit à démontrer au contraire que les extrêmes étaient fondés sur des acquis culturels, plutôt que sur la supposée faiblesse des femmes pendant la période de leurs règles. Elle était fermement convaincue que la différence entre les sexes et le maintien des femmes dans une certaine infériorité relevait avant tout d’une construction sociétale et non pas d’une intelligence moindre.[13][14] [15]

De la même façon elle étudia 1.000 petits garçons et 1.000 petites filles nés à la New York Infirmary for Women and Children. Elle en releva les mesures anatomiques et les suivit dans leur développement. Elle trouva au final que la principale différence était que les petits garçons étaient un peu plus grands que les petites filles et qu’il n’y avait aucune différence d’intelligence entre les deux sexes. « Pour la première fois une brêche sérieuse apparaissait dans l’armure de l’hypothèse de la variabilité« [16]

Se faisant, elle s’opposa frontalement à son Directeur de recherches (Thorndike, qui supervisa également les travaux doctoraux de son mari), mais obtint gain de cause… et son doctorat. Leta Hollingworth influença ainsi Thorndike sur l’importance de l’éducation par rapport à l’inné. De même réussit elle à convaincre Terman de changer de point de vue quant à sa conception sexuée d’une intelligence héritée, en lui démontrant que plus d’hommes que de femmes étaient considérées surdouésles hommes étaient plus facilement considérés surdoués que les femmes sur la sqeule base de facteurs sociaux.

Leta Hollingworth est morte le 27 novembre 1939 des suites d’un cancer abdominal au Centre Médical de l’Université de Columbia à  Manhattan, New York City. Elle avait 53 ans. [4]

 

  1.  Klien, A. « Leta Stetter Hollingworth. » Distinguished Women of Past and Present. A lire dans   http://www.distinguishedwomen.com/biographies/holling.html.
  2. Hochman, S. K. « Leta Stetter Hollingworth. » Webster University. Retrieved from « Archived copy ». Archived from the original on 2008-01-05. Retrieved 2007-11-30..
  3. « Fund Urged To Aid Brightest Pupils. Prof. Hollingworth Says Step Would Provide the Needed Leaders to the Future »New York Times. November 12, 1938.
  4. « Mrs. Hollingworth Of Columbia Staff. Teachers College Professor Had Been Head of Speyer School »New York Times. November 28, 1939.
  5. Klein, A. G. (2002). A forgotten voice: A biography of Leta Stetter Hollingworth. Scottsdale, AZ: Great Potential Press Inc.
  6. Plucker, J.A.(ed.). (2003). Human intelligence: Historical influences, current Controversies, Teaching Resources. Retrieved from http://www.indiana.edu/~intell .
  7. Silverman, L.K. (1992). Leta Stetter Hollingworth: Champion of the psychology of women and gifted children. Journal of Educational Psychology, 84, 20-27.
  8.  Schultz, D.P., & Schultz, S.E. (2012). A History of modern psychology(10th ed.). Belmont, CA: Wadsworth Cengage Learning
  9. Benjamin, Ludy T.(2007). A Brief History of Modern Psychology. Malden, Massachusetts: Blackwell Publishing.
  10. Hergenhahn, p. 321
  11.  Hollingworth, Leta S. (1942). Children above 180 IQ (Stanford-Binet). Yonkers-on-Hudson, NY, USA: World Book Company. p. xvi. ISBN 0-405-06467-5.
  12. Barbaro, R. W. « Leta Stetter Hollingworth. » FSU Faculty/Staff Personal Page Web Server Index. Retrieved fromhttp://faculty.frostburg.edu/mbradley/psyography/letastetterhollingworth.html
  13. Hollingworth, L.S.(1914). Functional periodicity: An experimental study of the mental and motor abilities of women during menstruation. New York: Teachers College, Columbia University, p.94.
  14. Shields, 1990
  15. Hollingworth, L.S. « Variability as related to sex differences in achievement: A critique », American Journal of Sociology, 19, 510-530. Retrieved from http://psychclassics.yorku.ca/Hollingworth/sexdiffs.htm
  16. Benjamin, 1975 p.499
  17.  L. S. Hollingworth cited in Shields, 1991

 

4 thoughts on “Leta Stetter Hollingworth, dans l’ombre de Terman et de Carl Rogers

  1. HA ! merci Cécile pour cet article !
    En effet Leta Hollingworth a été une incroyable héroïne, trop méconnue encore par ceux toujours incapables de dépasser les Termites pourtant si biaisées!
    Comme d’habitude, le texte de wiki est assez médiocre. Aussi je ne peux qu’encourager tout le monde ici à aller lire les articles scientifiques en réf. plus particulièrement aussi la biographie par Klein, A. G. (2002). A forgotten voice: A biography of Leta Stetter Hollingworth. Scottsdale, AZ: Great Potential Press Inc. +l ‘ article de Silverman, L.K. (1992). Leta Stetter Hollingworth: Champion of the psychology of women and gifted children. Journal of Educational Psychology, 84, 20-27.
    Merci encore Cécile.
    Chan

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