Permission d’être surdoué : comment la compréhension du surdon peut changer des vies – Joan Freeman

La reconnaissance du surdon est fondée sur des a priori culturels. Dans de telles conditions, la reconnaissance (ou non) d’un enfant à haut potentiel / talentueux peut avoir un impact fort sur tout le cours d’une vie.

L’important n’est pas en soi la reconnaissance (ou non), mais les dégâts qui peuvent être commis pendant l’enfance et l’impact que ces dégâts ont à l’âge adulte.

Dans une revue éditée par les presses scientifiques de Cambridge (Conception of Giftedness – Second Edition – 2005) , Joan Freeman évoque cet impact dans un article intitulé : « Permission d’être surdoué : comment la compréhension du surdon peut changer des vies » (Pages 80 à 97 de la revue en ligne).

Voici à grands traits ce qu’elle évoque :

Typiquement, les publications scientifiques sont le reflet de la culture et du langage du pays dans lequel l’étude a été conduit. Dans beaucoup de livres ainsi publiés (espagnols, français, italiens, russes ou encore américains), chaque papier se réfère à sa culture sans faire référence au reste du monde, sauf à évoquer ici et là une star internationalement connue.

Quelles que soient les conceptions du surdon, elles ont une véritable influence sur la réalité de celui-ci, dans l’idée que l’on se fait à la fois des individus surdoués et de leurs capacités, autrement dit, dans la détermination de qui a le droit d’être surdoué, et qui n’en a pas le droit, et quelles sont les capacités qui sont reconnus comme des « dons » et celles qui ne le sont pas.

L’identification  du surdon est donc largement une question de contexte, dans la mesure  où le mot “surdoué” est un adjectif, une description qui permet la reconnaissance d’individus qui sont perçus comme méritant cette dénomination sur la base de comparaisons.

Il y a peut-être 100 définitions du surdon et presque toutes se réfèrent à la précocité de l’enfant que ce soit en termes de constructions psychologiques (telles qu’intelligence et créativité) , ou plus communément encore en termes de notes élevées à l’école (Hany, 1993), bien qu’en même temps, dans la formation académique, les talents sociaux ou d’entrepreneuriat soient rarement pris en compte.

Les professeurs ont tendance à avoir un jugement biaisé en ce qu’ils choisissent plutôt des élèves qui répondent à leurs attentes sans prêter plus que ça attention aux bases de comparaisons ou aux caractéristiques moins évidentes du surdon.

La créativité n’était pas habituellement perçue comme un aspect du surdon, et émotionnellement, on s’attend plutôt à ce que les surdoués soient badins, arrogants, incontrôlables et même perturbés. Les professeurs avaient également souvent en tête l’image d’un élève surdoué comme ayant un bon raisonnement logique, une grande rapidité de compréhension, et une curiosité intellectuelle, le tout combiné avec de bonnes notes à l’école.

Les principaux obstacles à l’accomplissement d’un haut potentiel sont socio-éducatifs et ils existent partout dans le monde sous différentes formes. On peut les résumer en simplement 3 points puissants et qui parfois se recouvrent : 1) moralité 2) sexe, et 3) émotion.

1) moralité

Une revue de la littérature internationale effectuée sur le sujet par les Italiens Pagnin & Adreani (2000) n’a pas conduit à conclure qu’il y a un lien tangible entre un haut potentiel cognitif et la réalité du comportement.

Rothman (1992) de son côté, met en avant que le “QI n’explique que fort peu le développement d’un raisonnement moral” (p. 330).

De surcroît, l’environnement culturel, la société humaine joue un rôle important dans la façon dont le surdon est perçu.

–          Dans la culture musulmane, la moralité est assimilée à un don. De fait, suivant les sociétés, ceci relativise le surdon cognitif.

–          L’Occident n’est pas à l’abri de ce genre de vision, d’un lien fort entre surdon et moralité innée.  L’idée de base est  que plus le QI est élevé, plus la moralité est également élevée, ce qui influence dès lors la façon dont les gens peuvent être ou non perçus comme surdoués (cf les travaux de Galton 1869; Jensen, 1998; Herrnstein & Murray, 1994)… pourtant, de remarquables talents intellectuels et une culture générale vaste n’ont pas empêché beaucoup de dignitaires nazis d’avoir une conduite immorale (Zilmer, Harrower, Rizler, & Archer, 1995).

–          D’un autre côté, certains mettent en avant que les surdoués sont plus fragiles que la moyenne, au point que la frustration scolaire qui favorise l’échec scolaire les conduit à devenir des criminels dans une proportion supérieure à celle d’enfants au potentiel moindre (George, 1992). La théorie existe aussi que dès lors qu’ils n’ont « rien de commun »  avec les autres enfants, les obliger à se mélanger avec ces derniers les rend malades ou les conduit à devenir a sociable (Gross, 1992).

–          Quelles que soient les croyances sur le lien surdon / moralité (en positif ou en négatif) , la seule évidence repose en fait sur la passation de tests… mais qui sont fondés sur une évidente base culturelle protestante

–          De fait, dans la vraie vie, ceux qui vont être reconnus comme surdoués (enfants comme adultes) seront ceux qui seront aussi capables de donner des réponses conformes à la moralité dominante.

–          Il y a cependant quelques exceptions couramment admises, qui concernent certain créatifs éminents tells que Picasso ou Hemingway, qui affichaient un profil d’artiste bohême se souciant peu des conventions dominantes.

2) sexe,

La conception du surdon qui de fait, permet d’être qualifié ou non de surdoué est donc susceptible d’avoir un impact sur toute une vie (carrière et salaires compris).  Ce qui est vrai pour l’approche culturelle, l’est tout autant suivant que l’on parle d’hommes ou de femmes.

–     Une recherche international n’a pas réussi à identifier qu’il puisse y avoir des différences de potentiel entre filles et garçons, aussi bien en maths qu’en sciences naturelles.

–     Il peut y avoir des différences dans certaines habiletés, telles que les habiletés spatiales.. mais ceci n’explique pas pourquoi on trouve jusqu’à 30 fois plus de garçons que de filles en écoles d’ingénieurs alors qu’il serait raisonnable d’envisager un ratio de deux garçons pour une fille. Aux Etats-Unis Stocking et Goldstein (1994) ont cependant rapporté que garçons et filles choisissaient leurs cycles d’études en fonction de stéréotypes sociaux, les garçons préférant généralement les mathématiques et les sciences.

–     E Winner (1996) note que bien que les filles représentent la moitié de la population au jardin d’enfants, cette proportion chute à 30% à l’école primaire et à bien moins encore au lycée.

3) émotion

A travers le monde, des listes de ce que sont supposes être les caractéristiques émotionnelles des surdoués sont distribuées aux professeurs pour les aider à accompagner au mieux leurs élèves surdoués.

Il semble pourtant que le développement émotionnel en tant qu’élément du concept du surdon, dépend plutôt des stéréotypes culturels et de la méthodologie de recherche. Si le développement émotionnel fait partie des éléments discriminants pour l’identification des surdoués, il ne manquera pas d’y avoir des variations  importantes dans les profils identifiés suivant ce qui est perçu comme émotionnellement normal et émotionnellement perturbé.

Heureusement, il y a des professeurs qui arrivent à voir au delà des seules émotions et à identifier des enfants à haut potentiel et talentueux qui seraient passés au travers du crible des tests.

Cela dit, bien que faisant l’objet  de toute l’admiration des auteurs des recherches, il faut bien reconnaître qu’ils apparaissent rarement dans les statistiques.

Capacités largement répandues contre Dons Limités

Voici à grands traits la façon dont le surdon est considéré :

–          En Extrême-Orient, l’influence de l’environnement est généralement acceptée comme l’élément dominant (NdT : peu d’individualisme). On admet que chaque bébé naît avec le même potentiel; ce qui fait ensuite la différence entre les enfants, c’est le rythme du développement personnel, ce que l’on peut considérer de façon globale comme relevant de la seule volonté de chacun d’y arriver par le biais d’un travail acharné.  Néanmoins, certains pays d’Extrême-Orient recourent aux pratiques occidentales de la sélection des enfants par leurs capacités élevées à suivre des programmes scolaires spéciaux (par exemple  Taiwan, Singapour et Hong Kong).

–          En Occident, l’influence génétique est l’approche dominante. En conséquence, les enfants occidentaux sont testés et évalués pour découvrir leurs aptitudes – la vaste majorité des enfants est perçue comme n’étant pas capable d’atteindre un niveau élevé de formation et d’accomplissement, à l’exception de pays très égalitaires comme les pays scandinaves, ou de pays moins sensibles à ce principe de sélection comme c’est le cas pour l’Italie. Malgré les recommandations du Conseil de l’Europe, il y a toujours, en Europe, un débat politique intense entre les tenants de l’élitisme et les tenants de l’égalitarisme.

Le travail dur des enfants et la responsabilité que portent les professeurs à la réussite de leurs élèves expliquent vraisemblablement pourquoi on voit une telle émergence de talents venant des pays asiatiques.

La tendance grandissante dans le monde en ce moment, est d’offrir un accès non sélectif à des opportunités de très haut niveau, de façon à ce qu’aucun enfant qui en a les capacités ne risque d’en être écarté. C’est ce que l’on peut constater dans les Palais de l’Enfant chinois qui dispensent une éducation extra-scolaire non sélective, de prix très abordable et de très haut niveau pour les enfants qui sont prêts à en faire l’effort. Les Palais de l’Enfant sont essentiellement des centres d’apprentissage de très haut niveau, localisés tout autant dans des maisons aménagées pour l’occasion, que dans des gratte-ciel construits tout exprès pour ça.

Ce sont des éléments florissants qui font partie intégrante de la scène éducative chinoise et qui s’intéressent tout autant aux arts, qu’aux sciences ou à la technologie.

Le regroupement de ressources offertes dans différentes disciplines permet également à l’enfant de découvrir des activités dont il ne soupçonnait pas l’existence (communication personnelle J. Shi, Mars 2002).

C’est une approche très différente, mais également aussi ouverte, qui est proposée par les Colonies de vacances américaines pour la Renaissance (American Renaissance Quest Camps). Ils sont prévus pour toute la famille, proposant des moyens et un accompagnement éducatif pour tous les niveaux.

En Israël, Le Centre Technologique de Galilée (The Technological Centre for the Galilee) propose une formation scientifique d’extrêmement haut niveau choisie par les participants eux-mêmes (Brumbaugh, Marchaim,&Litto, 1994). Le Centre travaille en liaison avec le lycée local, dans lequel les élèves sont invités, depuis plus de 18 ans, à venir développer leur propre projet avec l’aide d’un mentor qui supervise la progression. Les jeunes élaborent et développent des projets sur des problèmes originaux pour lesquels il n’existe pas (encore) de solution ou de méthodologie de résolution, continuant à travailler à l’école, avec les données acquises dans le Centre. Ce type de travail peut parfaitement atteindre un niveau Master. Les coûts de ce centre sont bas et très largement financés par l’Etat.

Dans les exemples précédents, le concept de surdon n’est pas pré-déterminé, et les enfants ne sont pas présélectionnés, ce qui permet aux surdoués non reconnus et aux talents d’émerger et de se développer, grâce à la mise à disposition de moyens et aux encouragements de l’environnement, mais aussi mus par la motivation de tous et de chacun.

Une pression forte – positive ou négative – pour se conformer aux attentes a affecté le cheminement personnel des participants tout au long de dizaines d’années. Plus il a été facile d’accepter la pression, moins il y a eu de chance que l’individu émerge en terme d’excellence et de surdon à l’âge adulte. En général (mais pas toujours), ceux qui ont un QI exceptionnel (appartenant au premier percentile), s’en sortaient mieux que ceux qui avaient un QI un peu moins élevé (appartenant au premier décile.

L’idée était courante chez les professeurs que les surdoués reconnus devraient réussir mieux à l’école que leurs camarades du même âge. Les jeunes qui avaient le même potentiel sans être étiquetés surdoués étaient moins sous pression et ceci leur a été bénéfique pour le développement tout autant social que scolaire ou extra-scolaire. Il est apparu que certains enfants (particulièrement les garçons) réprimaient leur personnalité dans leur volonté d’atteindre des notations élevées ; à tel point que leur développement émotionnel, et entre autre leur liberté de jouer et d’être créatif avait été sévèrement restreint ( Sternberg & Lubart, 1995). En fait, de temps en temps, une telle pression a l’effet inverse à celui qui est attendu, ceux qui sont le plus négativement touchés étant les garçons spécialisés en sciences qui ont suivi un programme accéléré.  Ils ont complètement raté le développement normal des habiletés sociales et des relations, et leur image d’eux-mêmes était pauvre. Trop de travail non seulement abrutit, mais rend également triste et seul.

Aujourd’hui, arrivés à la fin de la trentaine, beaucoup regrettent la façon dont leur enfance s’est nouée dans les études intensives.

Pour une jeune personnalité en formation, le respect montré par les autres est important. Quand les surdoués ont reçu du respect, leur permettant de prendre la responsabilité de faire leurs propres découvertes et de prendre leurs propres décisions, il leur a été possible de mener une vie plus satisfaisante.

En termes de succès conventionnel dans la vie (notes scolaires élevées, atteindre les sommets de l’échelle sociale ou devenir riche), les blocs structurants ont systématiquement été « enthousiasme » et »sommes importantes de travail », auxquels il faut ajouter « compétences suffisantes », « opportunités académiques », et « soutien émotionnel assuré par l’environnement familial ».

La créativité de haut niveau, malgré tout, celle qui caractérise la carrière de certains adultes, suppose que les individus aient développé un type particulier de personnalité qui leur a permis d’agir indépendamment de l’opinion des autres.

Dans tous les cas, le comportement dans l’enfance (soumis ou révolutionnaire) a perduré à l’âge adulte : le garçon qui a eu son PhD à l’âge de 21 ans est devenu professeur ; celui qui séchait de temps en temps les cours pour écrire de la poésie et réfléchir est devenu un architecte international réputé pour sa sensibilité.

Un environnement émotionnel familial pauvre, tel que le changement constant d’”oncles” , n’a d’autre effet que de nuire à la possibilité de l’excellence à l’âge adulte ; […] une perception de soi appauvrie acquise dès l’enfance laisse des traces par le biais d’une ambition rabaissée et une faible conscience de sa valeur qui est persistante. En général, il est vrai que la pauvreté handicape, alors que la richesse favorise.

Le petit garçon qui est né pauvre, qui a souffert d’otites, de rhumes et d’angines dans une maison froide, et de ce fait, a beaucoup manqué l’école. Malgré un QI de 170, il n’avait pas la force physique et mentale pour pouvoir jouir pleinement de ses potentiels. Il devint un homme dépressif et il vit maintenant modestement avec sa femme.

Dans le même temps, la petite fille au même QI, mais née dans une famille aisée, un an après avoir quitté son pensionnat anglais, intégra l’Université de Harvard, une étape perçue comme une progression logique et normale, avant d’intégrer l’Université de Cambridge. Elle est maintenant haut fonctionnaire.

Les pressions sociales négatives ont virtuellement toujours eu des effets négatifs. Malheureusement, beaucoup trop d’enfants ont appris à l’expérience et au travers de l’exemple de leurs parents, qu’un certain nombre de belles choses dans la vie, telle qu’une belle carrière professionnelle, n’étaient pas pour eux, alors même qu’ils avaient pourtant la possibilité de faire ce qu’ils voulaient.

Ils ont rarement cherché à accomplir leurs rêves d’enfants et ont plutôt opté pour une activité modestement payée mais sûre. Malheureusement aussi, les professeurs semblent avoir ressenti le besoin de remettre les plus créatifs et les plus vivants de leurs élèves « à leur place ».

Il y a bien sûr beaucoup de routes non académiques pour aboutir au succès. C’est le cas du garçon né dans la pauvreté qui ne pensait pas qu’un poste de cadre soit pour des “gens comme lui”, qui se fit embaucher dans la compagnie d’électricité locale et qui est maintenant responsable de tout le réseau électrique de la région sud-ouest du pays à l’âge de 34 ans.

Tout au long de cette étude, la question lancinante qui se pose est pourquoi tant d’enfants brillants et enthousiastes ont été obligés de se battre autant pour réaliser au final seulement une petite partie de leur dons. Beaucoup trop de leur énergie a été dépensée à se battre contre le système scolaire (et leurs professeurs, sensés être des soutiens). Certains dons ont été plus encouragés que d’autre à l’école, en particulier ceux qui touchent aux sciences et aux mathématiques, peut-être parce que des résultats hors normes peuvent être plus facilement atteints dans de telles matières. Beaucoup trop  d’enfants ont perdu du temps et de l’énergie à suivre des voies inadaptées à cause d’un accompagnement scolaire médiocre.

Parfois, certains ont exprimé qu’ils savaient très bien ce qu’ils voulaient faire, mais qu’ils ont été tordus par les orientations scolaires ou par l’opinion d’un professeur influent.

Les pressions sociales qui peuvent raboter le sens de sa propre valeur chez un enfant qui grandit, n’ont pas été améliorées par les écoles et les universités qu’ils ont fréquentées. Par exemple,  il n’y a eu aucune préparation adéquate de la part de son lycée, non plus que d’accompagnement de la part de l’Université d’Oxford, pour la fille sensible et gentille qui était dotée d’un QI de 170 et qui avait fait un saut intellectuel énorme pour arriver dans cette université alors qu’elle venait des quartiers pauvres. Totalement non préparée tant par son lycée que par sa mère qui était seule pour l’élever, plongée au milieu d’étudiants qui avaient des relations et disposaient de bien plus d’argent encore que ce qu’elle avait jamais pu imaginer, elle fut profondément choquée par les obstacles sociaux  établis par cette institution de la haute société. Il quitta l’université en larmes quelques mois plus tard, se dirigeant vers un futur bien plus modeste que ce qui avait été envisagé pour elle.

Il est évident que les institutions académiques ne peuvent être tenues pour responsables  des infinies interactions possibles qui peuvent exister entre personnalités individuelles et potentiels ; pour autant, dans ce cas, beaucoup aurait pu être fait pour la soutenir, et en général pour améliorer l’attention apportée aux étudiants les plus brillants.

Il est clair comme de l’eau de roche que des notes élevées à l’école ne sont pas un passeport pour le succès à l’âge adulte. Mais il apparaît tout aussi clairement que beaucoup d’éléments influent sur le bonheur et l’excellence. C‘est le cas de l’amour, de l’affection et de la bienveillance qui sont des éléments essentiels (on peut décrire ce que ressentent les gens et ce qui leur arrive grâce à ça) , même si il n’y a bien sûr aucune recette infaillible.

Ce que nous savons en tous cas, c’est ce dont les enfants à fort potentiel et talentueux ont besoin : une formation qui les nourrisse, des opportunités de haut niveau, et quelqu’un qui croit en eux.

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