Q.I. or not Q.I. ? L’identification du surdon (12 / 12) – Conclusion

Par Stéphanie Aubertin – Neuropsychologue.

J’en ai fini avec cette série de (11) billets sur l’identification du surdon via les tests de QI.

J’ai tenté de vous expliquer la complexité qui sous-tend cette identification – comme dans tout processus psychologique.

Je récapitule ici les différents points à prendre en considération :

–          D’abord qu’est-ce que le surdouement ?

Est-ce bien une supériorité au niveau de l’intelligence ? Dans ce cas, qu’est-ce que l’intelligence ?

Étant donné qu’il n’y a aucun consensus sur ces deux notions (surdon & intelligence), il convient de relativiser tout ce qui suit.

–          Ensuite, s’il s’agit bien d’une intelligence supérieure auparavant définie, comment la mesurer ?

Est-ce que les tests du QI mesurent-ils bien cette intelligence ? Et qu’est-ce qu’ils mesurent au juste ?

D’ailleurs leur construction est-elle valide ?

Si ces tests mesurent bien une intelligence qui serait caractéristique des surdoués, à partir de quel seuil considère-t-on une personne comme surdouée ?

Il faut avoir en tête que, comme toute échelle, les tests de QI sont soumis à la notion de seuil et de sensibilité. Il peut ainsi y avoir des faux négatifs (des personnes qui n’ont pas été identifiées comme telle alors qu’elles y sont) et des faux positifs (des personnes identifiées par le test alors qu’elles n’y sont pas).

Ces tests sont-ils valables pour tout le monde, notamment pour les personnes surdouées ?

–          Sont-ils les seuls qui puissent identifier le surdon ?

–          Est-ce que les personnes surdouées ont un profil identique et homogène au test de QI ?

–          Enfin, est-ce que ce test est-il aussi fiable qu’un thermomètre ?

Peut-il y avoir d’autres facteurs influençant sa mesure ? Comme des facteurs sociaux individuels ou de développement ?

Comme vous pouvez vous en rendre compte, il y a beaucoup de questions en suspens et peu de certitudes.

Ces billets avaient pour objectif de vous faire relativiser les performances au test de QI. Le but n’est pas d’affirmer que tous ceux et celles qui ont obtenu le seuil fatidique de 130 sont surdoués, mais que l’identification repose sur des critères beaucoup plus complexes qu’un simple seuil à un test, et que les compétences dans ce domaine du professionnel qui fait passer ce test sont aussi importantes que les résultats obtenus. D’où l’importance de bien choisir son psychologue…

33 thoughts on “Q.I. or not Q.I. ? L’identification du surdon (12 / 12) – Conclusion

  1. Bonjour,
    Merci beaucoup pour votre blog qui éclaire un grand nombre de choses!!
    J’aurais par contre une question qui me turlupine: j’ai passé le WAIS il y a quelques jours mais le psychologue que j’ai rencontré m’a fait passer la version III et non la dernière version actualisée, le WAIS IV.
    Le résultat au test était sans appel concernant ma douance, mais je doute quand même énormément, du fait d’avoir été testée avec une version « obsolète ». Que penser?
    Merci par avance de votre avis.

  2. Ça fait du bien de se reconnaître dans vos témoignages !
    J’en suis à ma 2e dépression (donc sous antidépresseurs) et je viens de passer un test de QI avec l’équipe de JSF. Le résultat est non significatif car trop gros écart entre le verbal et le reste.
    J’ai quand même fait le total: 121 🙁
    J’ai passé le test pour essayer d’expliquer ce mal être presque constant: sentiment d’être une arnaqueuse, besoin d’être entourée de gens intelligents au travail (en même temps, je ne trouve pas ça gentil), sentiment de ne pas être performante dans mon travail, peur énorme de décevoir, etc.
    Ma psy pense que je suis HP parce que j’ai sauté 2 classes en primaire.
    Je ne pas quoi enpenser.J’aimerais tant dépasser ce sentiment de culpabilité diffus…

      1. Surtout que le QIT n’est pas une moyenne des indices mais un calcul plus complexe que ça.

        Ce qui importe dans le cas d’une grande hétérogénéité est la valeur du plus fort indice, surtout s’il s’agit du verbal. Avoir sauté deux classes me semble significatif, non ? Si ce n’est pas être surdouée, c’est quoi ?!

        On vous a laissée sans explications ?! Si c’est le cas, c’est choquant. En tout cas, vous ne semblez pas avoir eu de réponse un tant soit peu rassurante et ça, c’est choquant. Je veux dire qu’il y a au moins un minimum d’hypothèses à proposer, pas seulement une série de chiffres bruts à balancer en échange d’un (gros) chèque : des dys-, des traumatismes etc. des tas de pistes à explorer pour cesser de douter et de souffrir vainement, ou du moins pour souffrir moins. Très choquant, vraiment.

        On ne dira jamais assez l’importance de bien choisir sa/son psy, et de se méfier des usines à passation de test…

      2. Merci de votre réponse.
        C’est vrai que la moyenne ne signifie rien, mais c’était trop
        tentant de la faire 😉
        Je n’ai pas vraiment eu d’explication sur cet écart. Ils m’ont juste dit que la prise d’antidépresseurs devait jouer sur l’écart (comme j’ai du mal à me concentrer, la vitesse de traitement est diminuée) mais pas de façon significative.
        Ils m’ont aussi dit que mes notes baissaient dès que le test était minuté.

        1. Donc selon eux, les anti-dépresseurs affectent la vitesse de traitement mais pas, par exemple, la compréhension verbale ? Ah bon ? Y’a une explication scientifique qui justifierait cette affirmation ?

    1. Bonsoir, je m’appelle David, 37 ans, papa de 2 enfants. Le premier est assurément mon fils, la seconde est encore trop petite pour juger. « Des faux négatifs », j’ai adoré. Un QI de 118 homogène dans les notes mais très hétérogène dans les subtests. Je m’explique : les premières questions ne posent aucun problème (attrait de la nouveauté selon le psy), puis l’attention diminue (quand elle ne disparaît pas) pour revenir en flèche lorsque l’exercice se corse. Aussi je suis myope, astigmate et je ne porte pas de corrections depuis la majorité. Enfin, j’ai vomi avant le test, d’anxiété, de peur, de tout…
      En partant avec le bilan sous le bras, le psy m’a tendu une feuille avec l’évaluation de mon QI potentiel. 133. Le sourire aux lèvres. Il m’affirme que je ne suis pas surdoué et me tend une brochure sur les zèbres.
      Convaincu d’être HP (un surdoué-agent secret avec une carte certifiant qu’il est NP), j’ai achevé un roman et commencé 3 autres. Cependant, je traverse la crise existentielle la plus violente jamais connue. Comment justifier mon attitude « décalée » si le test est négatif? J’ai tenté une explication mais les yeux de mon auditoire deviennent bovins au bout de 3 phrases. Je reste le fou qui ne pense pas comme tout le monde, la personne qui a démissionné 11 fois, l’écrivain raté. Bref, je m’épanche, je m’épanche.
      Merci pour ces articles, ces infos, ces témoignages. vous avez noué une corde à ma vie qui ne tenait véritablement plus qu’à un fil. Je me sens moins seul. Nous partageons une solitude similaire, la tête dans les étoiles.

      1. Merci David
        Trop peu d’éléments pour pouvoir dire quoi que ce soit de concret, si ce n’est que je ne comprends pas pourquoi le psychologue vous a rendu un résultat avec un QIT de 133 en vous disant que vous n’étiez pas surdoué…
        (Beaucoup de neuropsys ne s’en tiennent qu’aux chiffres et certains surdoués passent sous le radar pour quelques points, parfois un ou deux. Ici, je suis vraiment étonnée de ce « déni de surdon » alors que votre test donne un résultat supérieur à 130).
        L’essentiel n’est pas le résultat (mais c’est plus facile à dire quand le test et la personne qui l’a fait passer sont d’accord).
        Le principal est d’abord et avant tout de trouver un équilibre.
        Le surdon n’est et ne fait pas tout.
        Un attachement peu sécure, des événements adverses rencontrés dans l’enfance, un handicap dys- compensé par l’intelligence mais qui obère celle-ci tout en n’étant pas correctement identifié (un dyslexique surdoué est observé comme n’étant ni surdoué, ni dyslexique car les deux caractéristiques se compensent tout en s’affrontant), peuvent broyer l’estime de soi et provoquer une forme d’impatience, d’inquiétude qui ronge en permanence. En d’autres termes, une dépression à bas bruit qui est très contre-productive.
        je pense important de pouvoir travailler sur ces points d’abord et avant tout.
        L’idéal est de pouvoir le faire avec quelqu’un qui sait ce qu’est être surdoué, qui pourra alors vous aiguiller au mieux.

      2. Il faut penser aussi aux troubles du spectre autistique… Encore plus galère à diagnostiquer que le (T)HQI, surtout quand on a justement un (T)HQI et qu’on est adulte, mais pas impossible.
        En tout cas, vous dire que vous n’êtes pas HP avec un 133, faut vraiment être un incompétent de première catégorie. Et un pervers.

  3. Bonjour. Très bon article, très enrichissant.

    Il existe de « faux négatifs » si le stress joue un rôle néfaste, en période anxieuse, de dépression, en situation de dyspraxie etc. mais existe t-il de « faux positifs » (140 pour donner un chiffre, pas « juste » le seuil de 130)?

    J’entends par là qu’une très grande majorité des HP (j’ai lu 75% obtenaient des résutats hétérogènes). Ce peut-ils que des résultats très homogènes faussent un test?

    De plus, est-on « moins HP/surdoué/cequeveut » avec des résultats très homogènes dans le sens où les fonctionnements (arbo, hyperlucidité…) seraient moins présents que pour des HP avec résultats hétérogènes. J’ai bien conscience que de dire « moins HP » n’a pas de sens mais je pense que vous voyez ce que je veux dire sans arriver à le dire au mieux.

    Merci,
    Guillaume

  4. Bonjour
    je ne peux que réagir comme Tournevis
    quand je vois quelqu’un comme Le Passage présenter un parcours de hp
    et non diagnostiqué comme tel simplement sur son parcours.les hp présentent semble til seulement dans 25% des cas un qi homogéne,et donc dans 75% des cas des qi hétérogènes.
    l’une des plus grandes étiologies de qi hétérogènes est l’existence d’une DYS…(lexie,calculie,et praxie visuo constructive) fréquemment associée à un qi élevé,il faut le dire et le répéter……
    donc en cas d’écart significatif entre qi verbal et performance ,on parle d’avance verbale si qi verbal > qi perf,on ne peut pas calculer le qi total avec plus de deux écarts types(12 points pour un écart type) ,soit 28 points et le role du psychologue clinicien doit étre justement de déterminer si cet écart est d’origine affective(dépréssion masquée,inhibition intellectuelle)
    ou de découvrir s’il existe un trouble instrumentale ,pour moi c’est une dyspraxie visuo spatiale,pour lequel une remédiation peur et doit etre effectuée pour fonctionner de façon plus linéaire,et générer moins de perturbation sur le plan cognitif,affectif ,relationnel etc..
    d’ou l’importance de l’entretien psychologique autour du test de qi et aussi les tests projectifs de peronnalité type rorsach ,figure de rey permettant le dépistage de la dyspraxie.
    un test de qi sans rien autour ne vaut pas un pet de lapin sauf si le qi est homogéne et que la personne va bien,auquel cas cette personne ne viendra sans doute pas passer ce test censé répondre à son questionnement,c’est la quadrature du cercle.
    Donc aller voir un excellent psychologue et non pas une excellente structure est le premier pas pour répondre à son questionnement.
    Les troubles instrumentaux sont repérables par quelqu’un qui sait les repérer parce qu’il a appris à les reconnaitre comme un nez au milieu du front ,encore faut il savoir ce qu’est un nez!!!
    et surtout nous sommes maintenant à une époque ou il existe des méthodes certes un peu longues mais fiable pour obtenir un fonctionnement intellectuel et sociables de meilleure qualité,
    une hirondelle ne fait pas le printemps ,mais elle y contribue 🙂

  5. J’avais fait passer le test à ma fille quand elle avait 6 ou 7 ans. Je n’ai rien compris aux résultats (très hétérogènes aussi, le total était bon je crois, supérieur à 130 il me semble, je ne sais plus trop) et la feuille doit traîner quelque part. Je me sens encore un peu idiote de lui avoir fait passer une heure de test après l’école pendant que je congelais dans une salle d’attente tout à fait désagréable. Je lui ai fait passer, parce que son institutrice m’avait demandé d’aller voir une psy, en me disant que ma puce était hyper sensible, et en gros c’était un problème qu’elle pleure tout le temps. Et ça m’a gonflé, car ma fille est un soleil, généreuse, intuitive, s’interessant à tout, mais en effet, à l’époque elle était harcelée, donc elle pleurait beaucoup à l’école. J’avais lu des livres sur la surdouance, et j’y retrouvais beaucoup de choses. Tout ça pour dire, la lecture de ces ouvrages m’a aidée à sortir de ce qu’on m’avait répété toute ma vie (quand je ne comprenais pas un truc, c’était à la limite du « tu le fais exprès ou quoi? exaspéré qui me bloquait encore plus, ou « mais qu’est-ce que tu as encore avec tes états d’âme?, pourquoi t’as pas confiance en toi?) et à me faire confiance pour l’accompagner. Ca marche plutôt bien. Je sais qu’elle ne comprend pas les implicites, qu’elle peut se noyer dans un énoncé de maths alors qu’elle maîtrise parfaitement les règles de calcul, et que picbille n’a jamais été son ami pour apprendre à compter, même il lui faisait peur parce qu’il l’embrouillait complètement (et moi aussi). Elle ne pleure plus dans son lit parce qu’elle ne comprend pas quelque chose, elle ne se trouve plus bizarre d’aimer autant l’Egypte, elle ne se trouve plus nulle, et elle commence à comprendre que la confiance est quelque chose qui se gagne, et à mettre des limites aux autres. Bref, elle est gaie et parfaitement bien dans ses pompes! De mon côté, le sentiment d’imposture domine quand je suis sur ce sujet. Pourtant, j’ai réussi mes études avec deux ans d’avance (dont un bac scientifique avec mention alors que j’étais nulle en maths depuis toujours, mais j’ai rencontré un prof « sympa » en terminale, et suis passée de 7 à 17 en 6 mois, j’ai fait un an de prépa au lieu de 2 mais je pensais que les autres avaitn été vraiment nuls cette année là, bref) et un niveau de confiance en moi très en dessous de celui de la mer, j’ai réussi dans pratiquement tous mes jobs (quand je n’étais pas virée sans comprendre pourquoi), et j’ai bien dû reconnaître récemment que j’avais obtenu des résultats énormes dans un milieu auquel je ne connaissais strictement rien, face à des gens qui étaient là depuis dix ou quinze ans. Le tout en étant sur un plan humain très malheureuse dans le monde de l’entreprise, et toujours absolument sidérée par la stupidité des comportements et la pauvreté humaine. Un ovni, quoi. Il a fallu la recontre avec un pervers narcissique pour m’oblier à regarder en face ce que je réalisais vraiment, que je n’étais pas juste « bizarre et inadaptée et instable ». Avec ces lectures, tout a pris du sens, le puzzle s’est complètement mis en place, j’ai compris qui j’étais, et pourquoi je ne me sentais jamais comme les autres, ni bien avec les autres. J’ai très peu d’amis, (les relations avec des « copains » (relations sociales donc) ne m’intéressent pas, donc je n’en ai pas du tout, à part au travail mais jamais en dehors), et bizarrement, je me suis rendue compte en discutant avec eux que les 3/4 ont été diagnostiqués HP enfants (et le vivent d’ailleurs comme une tare). Mais c’est avec eux que je me sens bien, c’est fluide, on se coupe la parole sans se vexer, parce qu’on a hâte d’échanger sur les 632 sujets qu’on a dans la tête, ça fuse, on a la même sensibilité, bref, c’est juste fluide. Mon mari ne passera jamais le test, pourtant, je retrouve cette forme de pensée, cette sensibilité, la capacité à traiter 40 sujets en même temps, même hyper pointus dans son boulot (en général il est seul là où les autres sont 15 pour en faire 3 fois moins), cette incroyable « bonté », l’incapacité à comprendre ou accepter certains comportements dans l’entreprise. Lui aussi a été harcelé quand il a réalisé le meilleur job de sa vie, il a failli péter un plomb. Et oui, le monde du travail n’est pas un endroit où il fait bon être brillant ou visionnaire si on veut garder son poste. Ou alors il vaut mieux être sérieusement armé. On ne l’est pas, le combat ne nous intéresse pas. Quant à son frère, c’est un petit génie de l’informatique, à la limite de l’autisme dans ses relations, pour qui le monde matériel n’a aucune existence, et qui ne travaille que quand il y est absolument contraint. Et moi, je cherche encore un nouveau job. Seul critère : travailler avec des gens intelligents, je n’ai pas reconcé! Voilà voilà 🙂

  6. Bonsoir @ tous,

    Cela fait un petit moment,depuis juin dernier en fait, que je vous suis sans oser témoigner de mon parcours ou partager mes impressions avec vous. Le témoignage de  » de passage » dans lequel je me reconnais pleinement jusqu’ à pouvoir penser que je l’avais écrit si j’avais été schizo. Pour tenter de faire rapide, âgé de 41 ans et après un parcours très similaire à  » de passage  » j’ai entamé une psychothérapie au printemps dernier pour tenter de solutionner un mal être général, reposant principalement sur l’insatisfaction, l’ennui, au travail ( je suis enseignant spécialisé et coordonnateur pédagogique dans un Ets Médico – social) mais aussi un sentiment de décalage, d’incompréhension, avec les autres, une émotivité très encombrante…
    Rapidement ma psy m’a sensibilisé à la question de la surdouance et au sens de la passation du test de QI pour valider ou invalider cette possibilité.
    Les lectures des livres de M. De Kermadec et Cécile m’ont touché au coeur comme nombre d’entre vous et donné le courage d’affronter ce test dont par avance les modalités limitatives de l’appréciation de la douance, à mon sens, me paraissaient me vouer à l’échec (en effet, me suis toujours considéré comme une quiche en compétences logico – mathématiques). Je m’y suis tout de même collé la peur au ventre, défaitiste et le résultat est tombé ce jour.
    Un global à 126 avec un écart dit significatif entre verbal ( quantifié dans la surdouance) et le perceptif ( vous ai dit que j’étais une quiche :p). La conclusion de ma psy ne porte aucun doute, pour autant, sur ma particularité de haut potentiel, la performance au subtest de vitesse de traitement de l’information, invalidant, selon elle, définitivement, tout lien entre la singularité de mon fonctionnement et un possible début de dépression, qu’elle requalifie du coup en légère déprime.
    Voilà, somme tout, ce qui me rend sans voix et circonspect mais pas sans mots, devant le témoignage de « de passage » dont je pense, il ne fait aucun doute pour ceux qui l’auront lu, qu’il présente pleinement la singularité des personnes à haut potentiel, et dont le bilan non interprétable me laisse songeur vous comprendrez. Comme Tournevis, je vous dirais de grâce Monsieur  » De passage  » ne prêtez point oreille aux inconséquents incompétents et laissez vous une chance de tirer meilleure partie de qui vous êtes.
    Pour ma part, je vais tenter de prendre les conclusions de ma psy en partie pour argent comptant et de ne point me torturer davantage. Le chemin me semble, bien sûr, encore bien long ,mais il me semble aussi pouvoir mener vers un terre bien moins aride.
    Au plaisir de continuer à vous lire,

    1. Je l’ai souvent mentionné : les commentaires que les uns ou les autres acceptez de laisser peuvent être de grande valeur pour ceux qui les lisent.
      Le témoignage de « de passage » suivi de celui de Gzav en sont une nouvelle preuve.
      Merci à chacun d’entre vous de vous être exprimé.

    2. Je vais répéter ici ce que j’ai dit à De Passage l’autre soir sur le tchat : quand il y a trop d’hétérogénéité, le QI total n’a aucun sens, il ne devrait même pas être calculé ! Il est calculable mathématiquement, mais biologiquement ne signifie rien. C’est comme si on vous donnait la stature moyenne d’une famille constituée de parents de haute taille et d’enfants en bas âge. On peut mathématiquement faire ce calcul, mais quelle est la valeur de la « moyenne » obtenue ?
      Puisque ces tests prétendent mettre en évidence un potentiel, le chiffre le plus élevé est suffisant pour montrer qu’il y a réellement un potentiel. Reste à savoir d’où viennent les « contre performances » mais elles ne signifient pas qu’il n’y a pas haut potentiel !
      De plus, n’oublions pas que ces tests ne sont pas adaptés aux surdoués ! Enfin, comme le rappelle Gzav, ces tests sont très limités et ne testent de toute évidence pas toutes sortes de compétences qui sont les nôtres.
      Bon chemin !

  7. Bonjour,
    J’ai découvert ce site hier au soir et je n’ai pu résister à la gloutonnerie. J’ai lu de nombreux articles et commentaires présents. Pourquoi ? Parce que j’ai cru un instant (ou plusieurs fois, d’accord) que je pouvais rentrer dans la catégorie de personnes dont il est question ici.
    J’ai 34 ans. Je viens de recevoir le bilan d’un test de QI que j’ai passé il y a quelques semaines. Résultat: total non interprétable car une différence trop importance entre verbal et perceptif. Qu’importe, le résultat est négatif (127 au total). Cette piste se dissipe ainsi que toutes les autres. Et pourtant, je sens tellement de similtudes avec ce que je peux lire ici, ou dans le livre de Jeanne S-F.
    IL semble que le contexte puisse avoir une influence et je suis au coeur de ma plus grosse période dépressive. Mais à quoi bon continuer à fantasmer ? Quel est l’intérêt d’une étiquette, n’est ce pas ? Mais quand même, j’ai pleuré à chaudes larmes en lisant dans les extraits du livre proposé en page d’accueil ce qu’il en était d’aller passer un test de QI : « un dernier recours ».
    Des gens m’ont dit que j’étais brillant, la personne la plus intelligente qu’ils connaissaient…Je faisais de la combinatoire vers 13 ans, lisais des encyclopédies, des livres sur la théorie du chaos…A 14 ans, j’écrivais des textes acerbes et des poésies sur l’ignominie des gens, de mes congénères. A 15 ans, je lisais des manuels d’aérodynamisme parceque j’avais eu la chance de « piloter » un hélicoptère. En Maths sup, j’étais major en maths et mon prof me tirait régulièrement son chapeau car je faisais mieux que ce qu’il attendait. Et puis en Spé (M* pour ceux qui connaissent), début de la fin. Je n’ai pas su commencer à travailler. J’écrivais de la poésie à la place mais sans talent.
    Toujours des doutes et surtout un : à quoi ça sert ? Pourquoi ? Début de l’alcool, du tabac, du sexe. Les addictions s’enchainent incluant les jeux vidéos et le sucre. Depuis, je fonctionne par cycles : je détruis et puis je fais quelques efforts pour attérir à peu près sur mes pattes. Comme ça, j’ai réussi à avoir un bac +5 en maths-info mais au fond, qu’est ce qui m’intéressait ? Je n’en sais rien. A cette époque j’avais encore des envies, des illusions, des utopies. Je passais beaucoup de temps à construire des histories imaginaires et grandioses dans ma tête. Dans la réalité je ne faisais rien. Je me débrouillais dans la séduction et je pense avoir souvent manipulé les autres. J’en avais conscience mais c’était plus fort que moi. J’avais besoin de me faire plaindre, de me valoriser mais sans jamais rien faire de concret. Le pire c’est que je voyais mes ficelles en même temps que je les actionnais. Je pouvais anticiper les réponses et les réactions.
    Mon premier job : addict. Mais je sentais un malaise profond entre mes patrons et cela me rendait malade. Il m’est arrivé souvent d’être physiquement malade à cause de situation de tensions, de stress. Je suis parti.
    Nouveau job, promotion, reconnaissance et tout le toutim. Qu’importe, je m’ennuie, je n’y trouve pas de sens, je trouve les gens inintéressants. Je persiste près de 6 ans en me disant chaque matin que le problème vient de moi, que les gens sont bien, normaux…et qu’en faisant des efforts je finirai par m’intégrer. J’ai lu quantité de choses sur le développement personnel, suivi des stages…et j’ai changé certains comportements. Pour devenir encore plus « rien et personne ». J’ai même envisagé de m’orienter là dedans car j’arrivais bien à ressentir les problèmes des autres et à les aider. Et j’ai eu de la reconnaissance pour ça. Mais n’est ce pas la mode de notre civisation psycho-individuelle ? Avec un bel enrobage charlatanesque! J’ai abandonné. Après un bilan de compétence et un congé sabbatique, j’ai démissionné. Pour faire simple, je ne sais pour quelle raison, je ne me sens légitime en rien, même si les gens autour me félicitent ou m’encouragent. Et pourtant, j’ai un étrange sentiment que je pourrais faire…tout ( ou presque). Imaginez que des gens soient épatés parceque je peux écrire des poèmes en live sur un thème demandé ? Ca me parait nul, à la portée de tous. Bref je m’égarre.
    La suite est encore pire et je préfère m’arrêter là pour l’autobiographie qui n’a rien de passionnante. J’avais besoin de vider mon sac et sans doute ne l’ai-je pas fait au bon endroit. Que j’ai été ou non précoce (ma psy pense que je l’ai été mais ce n’est pas avec elle que j’ai passé le test), je crois que l’abrutissement et l’isolement que j’ai cultivés ont eu raison de mes envies et de mes capacités. Je n’ai plus confiance en moi. Je n’ai plus d’envie. Je m’isole de plus en plus.
    A ceux qui auront eu le courage de me lire : bravo et merci
    Et en conclusion, ce site est très riche, avec une langue fournie et bien écrite ce qui fait parfois du bien sur Internet. J’ai été content de décortiquer au fil des textes les dessous du test de QI, de lire le PASS et tous vos commentaires.
    PS : chose qui me paraissait importante à ajouter. Comme beaucoup l’ont cité, j’ai également le sentiment d’avoir toujours été un usurpateur, usant de quelque talent de séduction pour entrer dans la place mais sur qui on ne peut pas compter. Pourtant fut un temps ou j’aimais les challenges et la compétition…

    1. Bonsoir, « de passage », je vous comprend tellement quand vous expliquez que vous vous ennuyez au travail. Je vis la même chose tous les jours. Mes collègues sont ennuyeux. A mon avis, ce test de QI est une base, mais pour moi ce test ne détermine pas si une personne est HP ou non. J’ai passé une partie des tests QI et après la deuxième séance j’ai tout arrêté. C’est un test que je ne souhaite pas repasser. Je n’ai pas toutes les réponses à mes questions, mais je vis avec. J’avoue que je m’isole également (sauf ma famille). Je vous souhaite bon courage pour la suite et le plus important est de retrouver confiance en vous, d’après votre témoignage vous êtes créatif, il faut en profiter !

    2. Avant de poursuivre ma lecture, je saute en l’air en lisant « total non interprétable car une différence trop importance entre verbal et perceptif. Qu’importe, le résultat est négatif (127 au total) »

      Pourquoi attacher de l’importance à ce total puisqu’il est non interprétable ?
      Ce qui compte, puisqu’il s’agit de POTENTIEL, c’est le chiffre le + élevé.
      De plus, à vous lire il est EVIDENT que vous êtes hp, alors ?!
      Arrêtez de vous faire du mal, arrêtez de donner de l’importance à des personnes incompétentes, faites-vous confiance !!
      Vous êtes hp, vous le savez, venez donc en tchater avec nous ?

      À très bientôt !

      P.S. moi aussi, j’ai un résultat « non interprétable », en fait ma psy ne le dit pas « non interprétable » mais elle interprète cette grande hétérogénéité comme de la dyspraxie compensée par le haut potentiel, ce qui expliquerait nombre de mes difficultés selon elle.

      De plus, nous savons tou-te-s que le stress fausse les résultats. Si vous étiez stressé-e le jour de la passation, vous avez pu « rater » le test, ce qui ne signifie vraiment pas que le résultat est « négatif ». Un test comme ça n’est pas « positif » ou « négatif », il donne une image de comment votre cervelle fonctionnait ce jour-là, point barre.

      Je suis scandalisée que des psy se permettent de relâcher dans la nature des hp avec un résultat pareil, sans autre forme de procès. C’est tout simplement scandaleux !

      1. Je vous rejoins « Tournevis », car le psy que j’ai consulté m’a fait sous-entendre que peut-être je suis Hp, mais il n’était pas vraiment sûre de ses affirmations. Je suis bilingue FR/DE et de ce faite peut-être HP d’après lui. Ces consultations m’ont fait également verser des larmes et comme vous dites le stress est un facteur très important. Alors « De Passage » suivez votre intuition et ne vous laissez pas « ennuyer » par des incapables qui n’ont pas le même don que nous…Bonne chance pour la suite !

    3. Bonjour,
      Je vous comprends car j ‘ étais il y’a un mois encore dans votre état. J’ ai fini par accepter le diagnostic de mon médecin : dépression et le traitement antidépresseur Deroxat 1/2 cp le soir au coucher , marche le matin et respiration. Je renais et si c’est le prix à payer après des années de souffrance je l’accepte. Courage , accrochez vous et essayer de vous faire aider par quelqu’un de compétent

          1. Bonjour, pensez vous que le millepertuis peut remplacer les anti-depresseurs dans ce cas? (mon médecin/caoch m’en a prescrit pour réussir à « focaliser » et à être un peu plus efficace linéairement, et j’hésite à cause des effets secondares) Merci de me répondre

            1. Bonjour

              Je ne suis pas thérapeute et ne peux donc pas prendre position sur le sujet. Le blog n’a pas non plus cette vocation à vrai dire…

        1. AGIR OU SUBIR, that’s the question  »

          Eh oui, pendant longtemps j’ai refusé de prendre des anti-dépresseurs, et je peux vous assurer que je le regrette. Ce cerveau qui mouline sans arrêt jour et nuit 365 jours /an finit par vous lessiver, vous rendre fou/folle et incapable de trouver /éprouver des solutions pour vous en sortir…. Alors si ce « coussin amortisseur » peut vous aider à rebondir j’achète sans hésiter la solution si cela peut éviter divorce, suicide, conflits en tout genre( très souvent inutiles) et favoriser la paix et la sérénité. La vie est si courte.

          Dans la foulée prendre des anti-dépresseurs m’a aidé à régler plusieurs problèmes:
          -mon addiction au sucre et ma boulimie( je maigris après plusieurs échecs à tous ces régimes )
          -mon impulsivité /agressivité
          – mon impatience. Je prends plus de recul par rapport aux évènements et vous avoue que c’est important car prendre de mauvais décisions peut impacter négativement toute votre vie

          – je suis plus à l’écoute des autres et surtout de moi même donc meilleurs rapports avec mon entourage particulièrement mon époux, mes enfants et …..Moi
          QUEL SOULAGEMENT ! C’est finalement le but recherché vous ne pensez pas?

          Je pense qu’il est temps d’arrêter de pleurnicher (passez moi l’expression mais je souhaite vous pousser à réagir) sur notre sort et d’être enfin PRAGMATIQUE pour mieux profiter de ce surdon ou appelez le comme vous voulez. En tout cas je le vis aujourd’hui comme une Grâce ….

  8. « Il peut ainsi y avoir des faux négatifs (des personnes qui n’ont pas été identifiées comme telle alors qu’elles y sont) et des faux positifs (des personnes identifiées par le test alors qu’elles n’y sont pas).

    Des faux positifs ?! Des personnes qui ne sont pas hp et qui réussissent quand même les tests ?! C’est possible comment, ça ?

    1. Un test reste un test. Il a ses limites. J’ai le sentiment qu’une personne bien entraînée au QI peut « passer » aisément ces tests. Exactement comme une personne de petite taille mais bien entraînée peut faire plus de points au basket qu’une autre de grande taille.
      On est le seul détenteur de la vérité sur ce qu’on est. Quand vous mettrez bas les masques et assumerez ce que vous êtes sans aucune étiquette (surdoué inclus), votre nature HP émergera naturellement et deviendra une évidence.
      Merci.

      1. avec plaisir 😉

        pas de souci pour ma nature hp, elle a très bien émergé 🙂
        et si la souffrance persiste avec tant d’acuité, c’est qu’il y a encore à creuser au-delà des années de psy, d’auto-introspection et d’efforts ; c’est pour cela que les tests m’intéressent en ce qu’ils me donnent des indications sur mon fonctionnement ; le chiffre n’est là que pour le fun, un petit plus pour me consoler de tant de ratage et de méchancetés subies

        les étiquettes, je les trouve intéressantes pour nommer des faisceaux d’observations, aider à ramener à la conscience des souvenirs refoulés et leur donner enfin du sens, en parler avec d’autres aussi et trouver des info dessus…

        pour ce qui est des faux positifs… je ne sais pas, mais bon, pourquoi pas ?
        ce qui est sûr, c’est que si je devais travailler à améliorer ces tests, j’y mettrais des choses qui n’y figurent pas, il y a largement des marges de progrès

  9. Depuis quelques années, je lis avidement sur les HP. Cela a commencé par la découverte tout a fait fortuite du livre de Béatrice Millêtre: Petit guide à l’usage des gens intelligents qui ne se trouve pas très doués. Les références de ce livre m’ont envoyé sur le site douance.be . Et là, le génie est sorti de la bouteille. J’ai dévoré une quantité insensée de documents sur le sujet, dont ceux de Siaud-Fachin et de De Kermadec.

    Je n’ai jamais fait de test de QI (un chiffre qui ne dit pas tout). Mais je ressens toujours un pincement quand je me regarde dans la glace en pensant que je suis HP. C’est que mon esprit est pollué par les liens qui sont faits entre douance et performance. Je sais qu’il n’y a pas de lien, mais ressent quand même le pincement.

    Les caractéristiques de la douance sont comme une photographie de mon existence.

    Tout jeune (5 ou 6 ans), j’étais obsédé par la question suivante: « si Dieu a tout créé, qu’y avait-il avant lui? ». Pas besoin donc de vous dire que j’ai toujours préféré la compagnie des adultes et de mon fidèle encyclopédie (qui est toujours un de mes 4 ou 5 livres de chevet). Je ne suis jamais présent à 100%; je peux être en train de danser tout en faisant des réflexion philosophiques sur la danse. Mes pensées ne me laissent pas dormir. Je m’intéresse intensément à beaucoup de sujets (histoire, géographie, sociologie, psychologie, etc), et de fait, ne me reconnais entièrement en aucun plan de carrière.

    Je n’ai jamais été assisté dans mes études, même pas à la première année du primaire. Je savais ce qu’on attendait de moi: être dans les 3 premiers. C’est ce que j’ai fait pour qu’on me foute la paix.

    Ma sensibilité extrême ne m’a pas servi à l’école, où j’ai vivement ressenti les moqueries de mes camarades. J’ai réussi à m’intégrer… au prix d’un refoulement systématique de ce que je suis. Ce refoulement m’a rattrapé à l’université. C’était en 2005… et je ne suis toujours pas sorti de la crise. Cette sensibilité est toujours présente et colore l’ensemble de mes décisions. Par exemple, je refuse délibérément trop de contact social, histoire d’éviter un éventuel matraquage psychologique.

    J’absorbe comme une éponge les émotions des autres, qui trouvent souvent réconfort chez moi. Certains en font bon usage; d’autres en abusent par une excès de sollicitation. Je ressens les véritables motivations des gens, en dépit de toutes leurs comédies. Je perçois leur potentiel et leurs faiblesses.

    Je pense en image et comprends de façon intuitive. Je suis tellement outré par les injustices que je ne suis presque plus les actualités. J’ai une lucidité qui m’étourdit. Lucidité sur moi-même, sur les gens, sur la vie. En voici un exemple: après avoir saisi l’ampleur de toutes les atrocités de la deuxième guerre mondiale, je n’accorde plus une once de crédibilité morale à l’être humain; j’ai l’intime conviction que n’importe qui, mis en condition, peut faire n’importe quoi. Je ne suis donc pas dupe des grands discours humanistes; l’homme n’est ni bon ni mauvais, c’est un animal qui fait des choix (pouvant être bons ou mauvais). Les scénarios où l’être humain se détruit lui-même sont donc parfaitement plausibles.
    Ma lucidité m’interdit toute forme de certitudes.

    Je pourrais continuer, mais il me faudrait tout un livre.

    Cécile, je te félicite pour ce site. Ce qui me plaît particulièrement, c’est l’ajout de références pour des lectures plus approfondies. Cela me sied tellement! Merci pour ton travail. Je t’invite à continuer; c’est important de le faire. C’est important pour les gens comme nous d’avoir cette possibilité d’assouvir au moins une partie de notre curiosité autour de qui on est.

    1. Je decouvre le site et ton commentaire jed est troublant car vecu les memes choses. Content de peut etre trouver quelques pistes et de savoir que je ne suis pas si anormal que ça, on estnombreux en fait !!!

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