Surdon et autisme (2) – Le syndrome d’Asperger

2012 année de l’autisme.. et donc passé le 31 décembre 2012 on n’en parlerait plus ?

Une approche de l’autisme par le biais des neurosciences permet de se poser la question de savoir jusqu’à quel degré il n’y a pas de lien entre autisme et surdon. Le lien s’établit par le fait que l’individu est submergé par ses émotions dans sa façon de ressentir et de penser, alors même que l’activité cérébrale indique pourtant une réponse faible.

Des difficultés sociales apparaissent chez les extrêmement surdoués – dans l’étude CNRS datée de 2002 (« Etat de la recherche sur les enfants dits « surdoués ») le cas est rapporté de trois sujets mathématiciens de très haut niveau qui présentent un syndrome d’Asperger (également appelé autisme de haut niveau) dans des épreuves testant la compréhension des états mentaux (théorie de l’esprit)

L’hypothèse d’une forme de syndrome d’Asperger est également émise au sujet d’artistes ou de créatifs de talents, tels le pianiste canadien Glenn Gould (connu pour ses excentricités et ses manies), Michel Ange, Albert Einstein, Isaac Newton… ou encore, plus proche de nous : Bill Gates ou les acteurs Darryl Hannah (héroïne de « Splash »), Dan Ackroyd (« The Blues Brothers ») seraient également atteints de ce syndrôme d’autisme.

je voulais aller un peu plus loin que les quelques informations glanées et publiées (Surdon et autisme (1)), qui concernaient essentiellement les enfants

Le petit film suivant était intéressant, mais quoi d’autre ?

Ce sujet me tenait à coeur, mais j’estimais ne pas avoir assez d’informations pour publier un billet intéressant.

Et puis Will m’a contacté.

Il y a quelques semaines, il a été officiellement diagnostiqué Asperger, et il m’a exprimé son soulagement, et aussi à partir de là, ses espoirs, en particulier pour son avenir professionnel.
Alors j’ai demandé à Will s’il voulait bien témoigner, m’en dire un peu plus sur le Syndrome d’Asperger.

Voici ce qu’il m’a adressé – son souhait le plus cher est que ces lignes apportent à leur tout du soulagement, une aide. (désolée pour le texte inscrit en gras – impossible de le ramener à des proportions plus sveltes…)

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Qu’est ce qu’un asperger ?
Depuis combien de temps c’est identifié et par qui
Prévalence hommes / femmes
Pourquoi parle-t-on d’autisme de haut niveau ?
Quel lien avec le surdon ?
Concrètement, un asperger ça se remarque à quoi ?
Au quotidien un asperger vit comment ?

Le syndrome d’Asperger est un trouble envahissant du développement.
Un Asperger en quelques mots, c’est une personne qui est concernée par une forme particulière d’autisme. Cet autisme est sans déficience intellectuelle (QI supérieur à 70), et c’est pourquoi on l’appelle autisme de haut niveau. (« autisme de haut niveau » est une appellation trompeuse, parce qu’il ne s’agit pas de quelque chose qui est souvent associé à un haut niveau intellectuel, mais bel et bien un fonctionnement global plus performant grâce à de bonnes capacités intellectuelles et d’apprentissage).
L’équivalent anglais d’autisme de haut niveau est high functioning autism (autisme de haut fonctionnement).
Dans le spectre de l’autisme, le syndrome d’Asperger est classé dans la partie la plus proche de la normale. (soit proches des personnes non autistes, parfois bien nommées neurotypiques par les autistes).
Bien que considéré comme trouble envahissant, il fait néanmoins partie des troubles les plus légers du spectre autistique.

Il existe une forme communauté d’aspergers. Ils se surnomment bien souvent « aspies », néologisme qui a été inventé par Liane Holliday (elle même aspie) en 1999.

Quels sont les signes qui peuvent faire penser au syndrome d’Asperger ?
Selon le DSM IV :
1) Altération qualitative des interactions sociales, comme en témoignent au moins deux des éléments suivants :
• altération marquée dans l’utilisation, pour réguler les interactions sociales, de comportements non verbaux multiples, tels que le contact visuel, la mimique faciale, les postures corporelles et les gestes
• incapacité à établir des relations avec les pairs correspondant au niveau du développement : le sujet ne cherche pas spontanément à partager ses plaisirs, ses intérêts ou ses réussites avec d’autres personnes (p. ex. il ne cherche pas à montrer, à désigner du doigt ou à apporter les objets qui l’intéressent)
• manque de réciprocité sociale ou émotionnelle.
2) Caractère restreint, répétitif et stéréotypé des comportements, des intérêts et des activités, comme en témoigne au moins un des éléments suivants :
• La perturbation entraîne une altération cliniquement significative du fonctionnement social, professionnel, ou dans d’autres domaines importants.
• préoccupation circonscrite à un ou plusieurs centres d’intérêt stéréotypés et restreints, anormale soit dans son intensité, soit dans son orientation
• adhésion apparemment inflexible à des habitudes ou à des rituels spécifiques et non fonctionnels : maniérismes moteurs stéréotypés et répétitifs (p. ex. battements ou torsions des mains ou des doigts, mouvements complexes de tout le corps)

Il n’existe pas de retard général du langage significatif sur le plan clinique (p.ex. le sujet a utilisé des mots isolés vers l’âge de 2 ans et des phrases à valeur de communication vers l’âge de 3 ans).
Au cours de l’enfance, il n’y a pas eu de retard significatif sur le plan clinique dans le développement cognitif ni dans le développement, en fonction de l’âge, des capacités d’autonomie, du comportement adaptatif (sauf dans le domaine de l’interaction sociale) et de la curiosité pour l’environnement.
Le trouble ne répond pas aux critères d’un autre trouble envahissant du développement spécifique, ni à ceux d’une schizophrénie.

Pour une description plus détaillée des traits : le site Asperger-intégration

Le syndrome d’Asperger a été identifié en 1943 par le psychiatre autrichien Hans Asperger dans sa clinique de Vienne. Les temps troublés de la guerre (l’Autriche était associée à l’Allemagne nazie) ont conduit à l’oubli de ses travaux jusqu’en 1981, où Lorna Wing, psychiatre britannique spécialiste del’autisme, traduisit en anglais les travaux de Hans Asperger.
Une dizaine d’années plus tard, ce syndrome était officiellement reconnu et inclus dans les manuels de diagnostic comme par exemple le DSM IV en 1994.

Le syndrome d’Asperger reste encore assez méconnu en France malheureusement, bien que certains films et reportages tendent à le rendre populaire, comme par exemple le film « le cerveau d’Hugo ».
)

Les estimations les plus récentes estiment que la prévalence est de 1 personne sur 160.
La prévalence est de 3 garçons pour une fille. Mais le fait que fait les filles ont des centres d’intérêts plus communs, et sont plus conformes à l’image que l’on attendrait d’elles, pourrait expliquer pourquoi il y a plus de garçons diagnostiqués que de filles.

En France, le nombre d’autistes est estimé entre 350.000 600.000 personnes, soit 0.6% à 1% de la population.
Selon certaines personnes, le nombre d’autistes semblerait augmenter depuis quelques décennies, mais selon d’autres, de meilleurs outils pour faire des diagnostics, et des critères plus larges (du moins l’élargissement du spectre autistique) expliqueraient cette prolifération.

On parle d’autisme de haut niveau parce que c’est un autisme où la personne concernée est capable d’exprimer son intelligence, et est capable à des degrés divers d’interactions sociales. L’isolement provoqué par l’autisme n’est pas total.

Il y a certaines ressemblances avec le surdon. Parfois il arrive effectivement qu’une même personne soit à la fois autiste et surdoué. Les ressemblances portent sur
– Le besoin de solitude,
– les difficultés d’intégration sociale,
– les centres d’intérêts.
– Une capacité limitée à se faire des amis parmi ses pairs
– Une certaine répulsion à engager ou maintenir une conversation
– Des tics de langage (répétitions, vocabulaire guindé ou inhanituel)
– Habiletés sociales et imaginaires limitées
– Très vif intérêt, très concentré sur certains sujets spécifiques
– Préoccupation avec certains objets
– Difficulté à changer d’habitudes, associées à des routines ou des rituels.

Ici, en anglais des éléments de comparaison entre surdon et asperger, destiné à identifier l’accompagnement le plus approprié de la personne – on note qu’il y a beaucoup de proximité entre les deux profils (Sorting out the Differences between Giftedness and Asperger’s Disorder – texte complet à télécharger lsur le côté à droite)

Attention aux confusions : une personne asperger n’est pas systématiquement surdouée, et inversement.

Est-ce que le syndrome d’Asperger se soigne ?

En 2010, le CNRS produisait une communication qui indiquait que « l’administration d’ocytocine améliore le comportement social des patients » (http://www2.cnrs.fr/presse/communique/1793.htm)

Enfin, si vous regardez le film « Le cerveau d’Hugo », vous verrez que les apprentissages sont possibles, qui permettent d’améliorer le quotidien.

… Et c’est quoi le quotidien d’un asperger ?
Voici les témoignages de Will et de son amie

« J’ai des difficultés dans la vie quotidienne, je suis facilement manipulable. J’ai du mal pour avoir la bonne méthode pour aborder un groupe. J’ai besoin de beaucoup de solitude après m’être sociabilisé. J’ai des centres d’intérêts très forts qui me prennent beaucoup de temps, et de manière obsessionnelle. J’ai du mal à comprendre les implicites, le langage non verbal en général. Cela m’a causé de nombreux quiproquos dans certaines situations.J’ai besoin que l’on me parle en étant le plus précis, et explicite possible. Les relations professionnelles ne sont pas faciles à gérer pour moi. Je ne sais pas comment je dois agir au mieux pour que ça se passe bien.
Les relations sociales n’ont jamais été faciles. J’ai toujours pensé que je refusais de faire des efforts, que je n’avais pas la motivation pour cela.
Alors en conséquence pour tenter de devenir plus sociable, j’ai eu des emplois en opposition avec ma personnalité, en travaillant dans la vente, et l’animation en pensant que cela pourrait m’aider à faire des efforts.
Pour les relations amicales, j’arrivais plus ou moins à sympathiser avec des personnes plus extraverties et douées socialement que moi pour faciliter mon intégration.
Pour mes centres d’intérêts, ils sont plutôt limités, et ce malgré le fait que j’essaie souvent de m’intéresser à d’autres choses que celles que j’affectionne. Je peux aussi m’enthousiasmer et parler longuement d’un sujet que j’aime énormément, comme par exemple l’astronomie, ou les jeux vidéo. »

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« On m’a demandé de définir ce que représentait pour moi le fait d’être atteinte du syndrome d’asperger, je dirais que cela fait partie de ma personnalité alors je ne saurais pas vraiment par où commencer, comment faire pour démêler ce qui relève de soi de ce qui relève de l’autisme?
La seule chose que je sais et la seule possibilité de le comprendre est de me comparer aux autres, aux êtres m’entourant (de loin) étant visiblement à l’aise avec certaines situations que je ne maîtrise pas du tout.
Le domaine dans lequel ceci est le plus flagrant est bien sûr celui qui relève de la sociabilisation, le fait de parler à des inconnus, ne serait-ce qu’un vendeur, ma gardienne d’immeuble (même si avec le temps elle est devenue une « connue » et qu’avec beaucoup de patience de sa part nous arrivons à avoir des conversations presque normales. ), ou toute situation imprévue est un défi. Je planifie tout, tout le temps, j’ai un planning très précis et le moindre retard ou contretemps peut me mettre dans des états proches de ce qu’on pourrait nommer panique, je calcule tout, et je dois refaire tous mes calculs si cela arrive, alors que pour d’autres il suffira de s’adapter, ou pire, de remettre certaines choses à plus tard.

Par ailleurs, je n’ai pas honte de le dire, je n’ai pas d’ami. A part un. Je ne sais pas comment créer de lien et encore plus complexe, les faire perdurer dans le temps, je ne sais pas à quelle fréquence il faut prendre des nouvelles de telle personne sans que ça ne passe pour du harcèlement, ni qu’à l’inverse la personne ait eu le temps de m’oublier.

Ces choses de la vie quotidienne que les gens arrivent à faire de manière instinctive, comme répondre au téléphone, ouvrir la porte quand quelqu’un frappe, dire bonjour au voisin… quand faut-il dire bonjour, est-ce qu’il faut que ce soit le plus jeune qui le dise en premier? Ce sont des questions que je me suis posé, car je me base sur des choses que l’on m’a appris, telles que la politesse, les règles de courtoisie, pendant des années (et encore maintenant cela m’arrive) je mettais mon petit doigt en l’air en buvant, j’avais entendu dire que les gens bien faisaient ça, je pensais que cela m’aiderait à me faire accepter.

A côté de cela, j’ai fait d’énormes efforts pour compenser mes difficultés et m’intégrer dans un groupe, et ce depuis l’école primaire (endroit où je me suis définitivement rendue compte que quelque chose n’allait pas ). Par exemple j’avais regardé un épisode de Hercule Poirot et j’avais entendu Hercule Poirot dire à Hastings qu’il prenait tout son temps pour que son visage soit bien symétrique car les gens se sentaient plus en confiance et attirés par les gens ayant un visage symétrique. J’ai eu l’impression d’avoir trouvé le saint Graal, et je me suis attelée à ne pas sortir sans avoir vérifié que mon visage l’était… je pensais vraiment que c’était LA solution pour que les gens m’acceptent et me laissent les approcher, malheureusement ça n’a pas eu l’effet escompté et l’on m’a surnommée Gomez (en référence à Gomez de la famille Adams qui se coiffe de manière parfaitement symétrique).

Voilà, ma vie ce n’est que ça, des tâtonnements, des essais pour arriver à ne pas me faire rejeter, cela ne marche pas spécialement et les gens ayant une tendance à la méchanceté cela n’aide pas. Le fait que les gens me regardent dans la rue, cela me perturbe énormément, je marche en regardant mes pieds, et souvent j’entortille mon manteau ou tout ce qui peut être à portée de ma main avec mes doigts, cela me déstresse, mais cela attire la curiosité des gens, je sens leurs regards sur moi et cela me stresse encore plus, c’est un cercle vicieux. De la même façon que quand je suis dans un entretien ou que je parle avec quelqu’un (par exemple une caissière qui me parle de la garantie de ce que je viens d’acheter) je ne peux pas la regarder dans les yeux, déjà parce que je n’aime pas cela, j’ai l’impression que la personne s’introduit dans ma tête, c’est douloureux et dérangeant et qu’en plus si je le fais je suis totalement déconcentrée (parce que je pense à l’intensité de mon regard, au moment où il faut tourner la tête, et même de quel oeil faut-il regarder??) et je n’entends plus rien de ce qu’elle me dit.

Il y aurait encore énormément de choses à dire, mais ce serait certainement trop long.

Voilà, j’espère que ces quelques lignes auront aidé à comprendre mon quotidien. «

Au Danemark, une société de consultants a été créée en 2004. Réservée à des autistes asperger, elle contribue à valoriser ce qui peut apparaître comme des handicaps, en particulier un grand souci de la précision.

Références :
http://www.eric.ed.gov/PDFS/EJ860954.pdf
http://www.talentdifferent.com/surdon-et-autisme-711.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Autisme_de_haut_niveau
http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27Asperger

Pour en savoir plus sur le syndrome d’Asperger :
http://www.asperger-integration.com/syndrome-d-asperger.html
http://autismandoughtisms.wordpress.com/
http://www.autisme-montreal.com/freepage.php?page=48.21.23
http://www.autisme.qc.ca/TED/les-ted-sont/syndrome-asperger.html
http://www.betterhealth.vic.gov.au/bhcv2/bhcarticles.nsf/pages/Asperger%27s_syndrome?open
http://pages.infinit.net/touze/asperger.html
http://planetesurdoues.fr/index.php/videos/les-asperger/
http://www.talentdifferent.com/surdon-et-autisme-711.html

Livres :
Témoignages autobiographiques :
Je suis né un jour bleu – Daniel Tammet.
Je suis à l’est – Josef Shovanec

Livres scientifiques :
Comprendre les personnes autistes de haut niveau – Peter Vermeulen
Le syndrome d’Asperger – Tony Attwood

Conférences vidéo, sites, blogs, etc… :

http://emoiemoietmoi.over-blog.com/

http://vie.dasperge.net/

Associations, forums :
http://www.asperansa.org/
http://www.aspergeraide.com/

Auto-évaluation
http://www.rdos.net/fr/
http://pages.infinit.net/frelyne/aspi/AspergerIndex.html

Pour les références en ce qui concerne le syndrome d’asperger au féminin, je fais part de ces références :

http://deboutdanslesfleurs.blogspot.fr/p/blog-page.html
http://aspergersgirls.wordpress.com/

Et le livre de Rudy Simons, l’asperger au féminin.

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83 réponses à Surdon et autisme (2) – Le syndrome d’Asperger

  1. France de Mtl dit :

    Bonjour Cécile
    Décidément…encore des tâtonnements!
    Je viens de terminer l’excellent livre « Derrière le mur de verre – 52 semaines d’une autiste Asperger » de Marie-Josée Cordeau une québécoise. Et je m’y suis assez reconnue.
    Alors se peut-il que je sois HP et Asperger? A cause majoritairement de mon hyperesthésie et maladresse sociale. Et trop de gens, les foules, m’épuisent. Il se produit un melt-down ou effondrement que je prenais autrefois pour de la dépression. J’ai besoin pour récupérer…de silence. Et c’a va mieux!
    Ici au Québec, depuis le « coming-out » de Louis T. , un humoriste, les publications/émissions sur l’autisme ont explosé.
    Et surtout, il semble que l’Asperger au féminin soit extrémement difficile à détecter.
    Nous avons ici un excellent psychiatre spécialisé en autisme, Dr, Laurent Motron.
    Vais-je allé pour une évaluation à ce sujet? Je ne sais pas encore. Je continue de m’informer.
    Bonjour à tous

    • Cécile dit :

      … dans le même temps, j’ai parcouru un article de Scientific American sur les femmes Asperger
      Tout comme vous de votre lecture, j’en suis ressortie perplexe en me posant beaucoup de questions sur moi.
      Agnes Burger-Weltmeijer parle de « zone grise » entre Asperger et surdon.

      Mais malgré tout, les descriptions des filles Asperger n’ont pas laissé de me rendre perplexe et de me faire me poser beaucoup de questions.
      Et puis tout à coup je me suis posé la question : et quel intérêt ça aurait que je soie classée Asperger ? mis à part rassurer ceux et celles que je peux rencontrer pour leur dire qu’on peut vivre avec, ou écrire un bouquin, je n’ai pas imaginé beaucoup d’autres avantages.

      Je me suis plutôt dit qu’il fallait plus que jamais que j’arrête de me comparer à d’autres qui ne sont définitivement pas comme moi, et que je veille plutôt à écouter mes besoins et même mes envies, pour avancer en me sentant sereine. Je crois que le point fondamental est là.

      Je vous souhaite une belle journée sans trop de maringouins 😉

      (et voilà : un article de plus à rédiger – j’ai un retard fou entre ce que je veux publier et ce que j’arrive à écrire…)

      • France de Mtl dit :

        Bonjour Cécile,
        J’espère que vous allez bien. Ici, nombreux les maringouins cette année vu les nombreuses pluies.
        Finalement, selon ma neuropsy, je ne suis pas Asperger mais TDAH, qui est aussi un trouble neurologique. Ce qui expliquerait ma hyper réactivité/impulsivité et mes nombreux excès. La moitié des enfants présentant le TDA ou TDAH le conserve à l’âge adulte, et beaucoup d’adultes sont medicalisés pour cet état.
        En cherchant dans vos rubriques, je n,’ai rien trouvé sur le trouble de déficit de l’attention et hyperactivité.
        Il semblerait que douance, trouble Asperger et le TDAH présentent plusieurs points communs. Quel méli-mélo!

        Alors je lance la question…Lesquels parmi vous seraient TDAH associé avec le haut potentiel / douance?

        • Cécile dit :

          Il y a quelques temps, je présentais les caractéristiques d’une personnalité surdouée à un groupe de psychologues hospitaliers. Je me référais aux trois « traits-ombrelle » cités par Mary Elaine Jacobsen car je trouve qu’ils résument bien ce qu’est un surdoué : Intensité, Complexité et Drive (motivation personnelle / feu intérieur).
          L’un des psychologues en voyant ce qui était rattaché à l’intensité s’est écrié « Mais ! c’est la description de la bipolarité, ça !« .

          Ce qui est normal pour notre population peut apparaître pathologique au regard de la « norme sociale », de la façon dont les gens se comportent en général / en moyenne.
          Nous ne sommes pas dans la moyenne.
          Il n’y a dès lors qu’un pas pour pathologiser notre mode de fonctionnement.
          Et il faut se rappeler que le DSM sur lequel se fondent les psychiatres est avant tout une conception américaine qui permet de « faire entrer dans des petites boîtes » des gens qui, sinon, ne pourraient bénéficier de certaines assurances.

          Ces erreurs de diagnostic portent souvent sur des personnes hautement/profondément surdouées, qui captent plus vite que les autres, et s’ennuient plus vite, ont besoin de beaucoup de stimulation à la hauteur de leur capacité à capter (pour ne pas parler d’intelligence) quand on évoque le THADA;
          qui renoncent à entrer en contact avec les autres avec qui ils s’ennuient plus facilement, parce qu’ils n’arrivent pas à se mettre sur la même longueur d’onde, ou bien qui sont facielemnt épuisés par le contact avec les autres et qui se mettent en retrait et adoptent certains comportements décalés quand on évoque Asperger.

          Il « faut » que j’écrive un billet sur le sujet, d’autant que James Webb, fondateur de l’association SENG (par ailleurs auteur de textes sur la dépression existentielle) a lancé une initiative très intéressante pour lutter contre le diagnostic erroné (en anglais dans le lien joint).

          Au final, être ainsi pathologisé permet de vous inviter (plus ou moins courtoisement) à rentrer dans le rang, à éviter de troubler l’ordre public par un comportement décalé.
          … Une autre solution, à mon avis, est d’apprendre certains rites sociaux, certains comportements attendus ou d’évoquer vos comportements décalés avec humour, afin de pouvoir vivre à votre rythme et en bonne intelligence avec les autres (qui, étant largement plus nombreux que vous à fonctionner de la même manière, auront clairement des difficultés à faire l’effort de s’adapter à vous (le fameux « la raison du plus fort est toujours la meilleure« ….)).

          Sur le principe d’apprendre quelques rites sociaux, je vous invite à écouter cet interview de Josef Schovanec, porte parole des Asperger mais également un temps diagnostiqué comme schizophrène.. et annoncé d’emblée comme surdoué.. n’est il pas tout simplement profondément surdoué ?.. Mais il est plus simple de pathologiser selon le principe de la patate chaude ou du singe que l’on refile pour ne pas avoir à faire d’effort). Vers 50″, écoutez le raconter comment il a développé une stratégie pour avoir une conversation téléphonique.

          • pensée sauvage dit :

            Je ne suis pas d’accord. Avoir un diagnostic TSA quand le décalage est vraiment évident (et Schovanec est un bon exemple ; à comparer par exemple avec Etienne Klein qui est certainement très surdoué aussi et pas du tout aspi) permet justement une reconnaissance de sa différence et un droit à l’être sans continuer de se forcer à rentrer dans le rang. C’est justement de dire « vous n’êtes pas Asperger mais simplement très surdoué » qui nous oblige à tenter de rentrer dans le rang, ce qui est impossible et très douloureux. Écoutez et lisez donc les témoignages des aspi, ils vont tous dans ce sens-là. Il y a certes des points communs entre surdoués et aspi, mais aussi entre eux et traumatisés chroniques et autres, mais c’est une convergence de particularités qui fait qu’on est aspi. Il faut creuser la question et pas se baser sur deux-trois critères. Il y a des tests, il y a discussion autour du parcours de vie. C’est vrai que chez les surdoués, surtout les femmes adultes, c’est difficile à détecter, parce que nous avons mis toute notre énergie et une bonne part de notre intelligence à tenter cette impossible adaptation. Mais les particularités existent, elles sont irréductibles et elles pourrissent la vie. Pourquoi ce refus de reconnaître nos différences ?
            Après, on peut discuter la notion de handicap. C’est sûr que je ne me sens pas plus handicapée que mes voisins crétins, et que je ne devrais pas bénéficier de cette appellation douteuse si la société était ouverte aux différences et acceptait les humains tels qu’ils sont, dans leur diversité. Quand je pense que les « neurotypiques » se croient empathiques, je n’ai pas fini d’en rire (jaune)…

            • Cécile dit :

              Je ne crois pas avoir dit quelque chose de différent.
              Simplement, je signale qu’il arrive parois que l’on colle un diagnostic erroné à des très hautement surdoué pour les faire rentrer dans le rang (en leur collant des médicaments à prendre) ou bien en les qualifiant de handicapés ce qui est une façon très institutionnelle d’exclure quelqu’un de la société.
              Au demeurant, un très hautement surdoué qui ne souffre d’aucune pathologie, n’est pas en capacité de rentrer dans le rang.

    • pensée sauvage dit :

      https://femmesautistesfrancophones.com/2017/04/13/femmes-autistes-diagnostic-phenotype/

      J’ai sauté le pas, le diagnostic est en cours de validation officielle, encore perdu cinq ans grâce aux professionnels non compétents. Faut vraiment être opiniâtre (et avoir du fric).

      Cette nouvelle étiquette ne me fait pas spécialement plaisir mais elle donne tellement de sens à mon vécu que je préfère ça au no woman’s land dans lequel j’errais jusque là.

      • Cécile dit :

        Merci de ce lie, pensée sauvage.
        Il faut que je trouve le temps d’en faire un billet pour une meilleure diffusion.
        Dans la mesure où la détection permet de trouver du sens, et surtout de l’apaisement, oui, bien sûr, la détection est essentielle (cf le témoignage de la dernière personne à s’exprimer dans l’enregistrement audio de la conférence).

        • pensée sauvage dit :

          Je n’en suis pas (encore) à l’apaisement mais trouver du sens vaut quand même largement la peine.

          Pour l’apaisement, ce doit être plus facile quand on est plus jeune. À mon âge, prévaut surtout un sentiment de gâchis irréparable et tout un deuil à faire (je ne « guérirai » pas de mon mal être en allant voir des psy, par exemple, et j’en passe). Sur ce point, je me reconnais assez dans le personnage (homme) de 50 ans qui passe brièvement dans la BD « La différence invisible »

          Je n’ai pas le courage de lire l’article en anglais que tu cites, Cécile, sur les aspergirls mais c’est vrai que certains témoignages lus ou entendus sur le net m’ont laissée dubitative et ont paradoxalement contribué à ce que j’accepte pendant deux ans le non-diagnostic de l’incompétent du CRA.

          Il est assez difficile d’expliquer les TSA des femmes et encore plus si elles sont surdouées. Pour le coup, je dois dire que les tests, quand on daigne nous les faire passer, sont assez utiles (bien qu’insuffisants) puisqu’ils permettent par exemple de faire ressortir les incompétences sociales qui sont quand même un des points problématiques. Mais si je n’étais pas allée voir cette psy avec l’amie qui m’a remise sur la piste du TSA (son fils venait d’être diagnostiqué après des années d’errance et elle a reconnu en moi de nombreux points communs avec lui), et si je n’avais pas, sur le conseil de cette amie, fait une liste de mes caractéristiques « bizarres » que j’ai remise à la psy, le diagnostic serait sans doute encore une fois passé à côté. Nous sommes tellement habituées à nous conformer aux attentes des autres et à nous montrer autant que possible sous notre meilleur jour pour ne pas embêter les autres, pour paraître comme tout le monde ! Il est possible de sembler à peu près normale, mais sur de courtes périodes, pas n’importe quand, pas avec n’importe qui et surtout à quel prix ! Et, aussi, les NT ont tellement tendance à juger et interpréter de travers nos comportements. Combien de personnes m’ont reprochée d’être si désagréable, de dire les choses de façon si désagréable etc. J’ai passé des années à travailler là-dessus et maintenant, quand je tente de me faire reconnaître pour ce que je suis, on me trouve trop « normale ». Idem pour le truc de regarder dans les yeux. Oui, je regarde mes interlocuteurs. Mais je ne le fais que depuis une quinzaine d’années. Je me souviens très bien de ce qui a déclenché cette prise de conscience chez moi. Mais si je suis trop fatiguée ou si la personne en face de moi m’est trop antipathique, je ne peux pas. Je ne PEUX PAS.

          Pour l’hypersensibilité sensorielle, je pense qu’elle est encore plus développée avec le TSA que chez les surdoués sans TSA. Je me souviens de discussions que nous avions eues (sur le tchat ou qqpart sur ce forum) où tu me parlais de déficit d’inhibition latente ou qqchose comme ça. Comme déjà dit à l’époque, ce n’est pas vraiment ça : effectivement, mon cerveau peine à faire le tri entre ce qui doit être perçu et ce qui doit être négligé, mais c’est parce que je perçois tout infiniment plus intensément que la moyenne, alors effectivement j’ai du mal à faire le tri. Même s’il n’y a qu’un seul stimulus, celui-ci est perçu plus intensément. Pour les bruits, c’est comme si le son était monté à fond quasi en permanence ! C’est vite agressif et épuisant parce qu’il n’y a jamais un seul stimulus. C’est bien décrit, ça aussi, dans la BD, la façon dont tous les bruits, même « légers », nous parviennent et finissent par former un brouhaha insupportable. À quoi il faut rajouter la concentration que nécessite les interactions avec les autres, les stimulations visuelles, olfactives, du toucher (ârgh, la bise ! Il m’arrive de renoncer à aller à telle soirée sympa simplement parce que je sais que ce jour-là je ne vais jamais supporter de devoir faire la bise à toutes ces personnes – quant à expliquer que je la refuse… c’est encore plus fatigant).

          En ce moment, j’ai une fois de plus des tas de soins dentaires (couronne, appareillage à venir, en plus de soins plus conventionnels). Dans le meilleur des cas, il me faut une journée pour m’en remettre, parfois plusieurs jours quand il y a anesthésie et arrachage d’un chicot. Parce que tout est violence, pour moi, là-dedans : la secrétaire qui m’accueille avec un sourire béat en me demandant comment je vais (franchement, je suis censée aller comment quand on va me faire des trucs désagréables et qui en plus vont me coûter cher ?!) ; d’ailleurs, elle ne me le demande plus 😀 Ensuite, être allongée sur le dos, immobile, pendant près d’une heure, avec qqun hors de mon champ de vision. Puis me faire tripatouiller, et dans la bouche encore, donc pénétration. Sans compter que, évidemment, j’ai la langue hyperréactive et facilement des réflexes nauséeux. Puis le bruit de l’aspirateur à salive, et celui des fraises et autres roulettes. Et enfin la douleur. Et mon hypersensibilité aux anesthésiques dentaires. Sans parler de l’interaction avec le/la dentiste : prendre sur moi pour masquer l’intensité de mon désarroi ou subir leur incompréhension, voire leur hostilité, face à la violence de mes réactions si je ne parviens pas à prendre sur moi. Faire le nécessaire pour prévenir ou subir les crises de panique que cet assaut de violences finit par déclencher (je sature vraiment, maintenant, j’ai des pbs de dents depuis plus de quarante ans et j’en ai vraiment marre). Que d’efforts ! Je ressors de là épuisée et je ne peux rien faire d’autre de la journée.

          C’est comme ça pour beaucoup de choses. C’est ça qu’on n’explique pas assez, il me semble. Ou que les NT ne parviennent pas à comprendre, malgré leur soi-disant empathie.

          Bon, voilà… Encore des doutes ? 🙂

  2. Sébastien Lemoine dit :

    Asperger ou l’invention d’une maladie imaginaire !!!

    Contre ce communautarisme de l’autisme pour tous (http://www.cairn.info/revue-psn-2016-3-page-7.htm), je vous envoie au futur livre d’Yves Richez aux éditions ISTE qui sortira en 2017. Il vulgarise en 300 pages le sujet de sa thèse universitaire de plus de 900 pages au format A4.

    Ce que je nomme sa théorie du talent est une déconstruction et un dépassement de la théorie de l’intelligence multiple d’Howard Gardner. On trouve également des articles, des vidéos (youtube), sur le net, et sur site d’entreprise Talentreveal.

    L’intelligence est une invention occidentale qui date de l’antiquité. En Chine, cette notion d’intelligence et comme celle de l’être n’existe pas (cf Yi King et François Jullien). Hegel et sa lignée scientifique (Marx, Vygotsky, Wallon, Stephen Jay Gould, Alexandre Zinoviev) ne font plus de l’être un absolu et mettent également en lumière le complexe des phénomènes par la méthode d’abstraction ou du passage de l’abstrait au concret. Ainsi dans le cadre qui nous intéresse, Yves Richez matérialise et évalue les MOdes Opératoires Naturelles (MOON).

    Or, la définition de la DSM se consilie étrangement avec le MOON Naturaliste (« observation pure » chez Henri Wallon, « principe de l’observation naturelle » chez Yves Richez, « mise en oeuvre de l’abstraction » chez les dialectitiens Karl Marx, Alexandre Zinovier, Lev Vygotski, Bertell Olman) soit un Moon qui est mis à l’écart par notre société au profit du scientifique pur et dur (pragmatisme et ultra-empirisme) et du mathématique (tout numérique) summum de l’intelligence pour l’ordre actuel. L’observation pur, hégémonique dans les sociétés primitives, est vue comme archaïque par le techno-scientisme.

    Ce qui fait que les préjugés de l’éducation font passer les oubliés pour des troublés parce qu’ils ne rentrent pas dans les normes socio-idéologiques. C’est le cas des enfants qui s’intéressent à la biologie, à la géologie, à la psychologie… avec toutes leurs « paresses » (Cyrulnik), sa curiosité et sa recherche d’explicitation du monde. Et, on fait passer pour des génies quand ça rentre dans les normes socio-idéologiques comme en sport, en musique, en mathématique, en technologie en lien avec la « performance », invention du XVIII avec la révolution industrielle.

    L’autisme est une réalité complexe. Mais, il existe une surélévation et une invention de troublés qui se banalisent de plus en plus suite à une propagande totalitaire sur l’autisme d’autant plus que ça rassure les gens qui se sentent « hors-normes » ou isolés.

    Or, c’est lorsque l’on veut rentrer dans les normes que l’on perd nos compétences issues de notre mode opératoire naturelle. C’est l’origine des souffrances et des incompréhensions par rapport aux autres que l’on qualifie de normal à cause de cette idéologie de la mesure a priori (Qi, DSM…).

    • Bonjour, je vous signale la sortie du livre du sémiologue, mentor et entrepreneur Yves Richez qui vient de sortir aux éditions ISTE dont je vous ai parlé en octobre 2016 : « Détection et développement des talents en entreprise ».
      => https://iste-editions.fr/products/detection-et-developpement-des-talents-en-entreprise

      Pour me répéter du message précédent, Richez a observé que le MoON (mode opératoire naturel) dominant chez les gens qualifiés (selon moi, à tort et à raison) d’autiste est de type naturaliste.

      Même si son livre cible l’entreprise, le cadre peut-être étendu à tout milieu communautaire qui a nécessairement besoin de management soit de potentialisation des forces en présence comme dans l’éducation et la pédagogie.

      Sinon, en plus des mérites méthodologiques, épistémologiques et gnoséologiques dans la lignée des grands théoriciens dont j’ai parlé précédemment, les études de Richez sur les « modes opératoires naturels » (MoON) se consilient parfaitement avec les études psychologiques d’Henri Wallon où « On ne saurait distinguer l’intelligence de ses opérations ».

      Cordialement,

      S.L.

      • pensée sauvage dit :

        L’autisme n’est pas une maladie, et elle n’est pas imaginaire. Renseignez-vous, au lieu de lâcher des inepties pareilles. Merci.

        • Cricri dit :

          Bonjour,

          Effectivement, il faut bien distinguer certains troubles, avec des signes cliniques évidents et très précis, prouvés par les recherches existantes.

          Je pense que M Lemoine a voulu exprimer le fait que, certaines personnes, parce qu’elles ont de difficultés particulières, peuvent dans ce cas imputer abusivement la cause de leurs difficultés à leur trouble, inventé ou avérié.

          C’est comme dans le cas de parents ayant des enfants à problèmes scolaires. Parfois, par facilité, ils attribuent les difficultés de leur enfant à un haut QI.

          C’est bien pratique dans ce cas, le problème trouve sa pseudo solution, et l’orgueil des parents s’en trouve récompensé.

          Et non, hélas : toutes les difficultés des enfants ne sont pas liées aux QI très élevés (heureusement….). Et oui, par compte, un QI élevé dans sa progéniture, ca fait toujours autant fantasmer….

          Et c’est ce que M Lemoine soulève en partie. Il aborde aussi le fait qu’il faille rentrer dans un tel moule pour être conforme, et c’est bien dommage, car la personne y perds de sa substance. Mais ce moule est bien souvent fabriqué par une société formaliste, qui vise à donner leur place aux individus « bons petits soldats, travailleurs, dociles et faciles à diriger (et à abuser) ».

          Bref, M Lemoine nous rappelle qu’il est important de toujours prendre du recul par rapport à ce que l’on peut nous proposer, nous faire avaler, nous faire dépenser (et oui la société de consommation fonctionne aussi par ce biais manipulateur). Nous devons décider non pas en fonction du moule que l’on nous propose, mais en fonction de ce qui est bon pour nous (pas pour les autres qui tirent les ficelles).

          S’adapter un peu, quand c’est possible, ce n’est pas se renier complètement.

          Cricri

          • lepat dit :

            Je suis d’accord avec vous il y a un besoin de formatter enorme alors que la nature nous apprend, que comme il existe des grands, des petits des gros il existe des caracateres introvertis/extravertis etc, des surdoués (avec des caractéristiques qu’on qualifie d’autistes et beaucoup d’autres choses). De plus le surdoué est caricaturé et meme ridiculisé, si pas infantilisé, j’ai meme vu ca dans des conférences sur le surdon, c’est meme lasssant et choquant, meme certaines videos sur ce site m’ont choqué, et n’aide pas dans la comprehension du surdon.

            La nature favorise la diversité (plantes et animaux également) et tout est calculé et lié, car cette diversité profite a diverses conditions de developpement
            Einstein a tres bien reussi comme physicien dans la recherche mais quid en entreprise si c’est la voie qu’il avait choisi. Il correspond pas du tout au modele type de l’employe modele conformiste, docile, fayot etc Je me pose souvent cette question

            « bon petits soldats.. » c’est exactement ca…

  3. lepat dit :

    Le probleme du surdoué c’est qu’il plane par rapport a ses semblables, par definition
    il est parfois dans une autre dimension. Les grands scientifiques sont d’ailleurs toujours affublés de quolibets : excentriques, professeur tournesol, etc
    A la television francaise, autre saloperie qui ne devrait pas exister, les gens interessants ne sont pas invités, seulement des bonimenteurs destinés a propager l’abrutissement des masses.
    Pour se reconcilier avec l’humanite, tel un passager de l’espace lointain, le surdoué doit redecouvrir son animalité humaine enfouie au plus profond de lui-meme.
    Maintenant n’importe quel individu francais meme sous-doué qu’on lacherait dans un parc animalier africain devrait redecouvrir des instincts qu’il a perdu, instinct de survie pur et de tous les instants enfui au plus profond de lui-meme.
    c’est d’ailleurs interessant de constater que les plus grands physiciens ont souvent des theories poltiques tres interessantes (cfr Bricmont) mais tout ceci est inapplicable a cause de masse des sous-doués qui votent pour les gens qui leur disent ce qu’ils veulent bien entendre, plutot que de faire fonctionner leurs quelques neurones

    • Gilt dit :

      Surdon et autisme vaste sujet très intéressant.
      Je suis diagnostiqué, mot choquant car il ne s’agit pas d’une maladie, THQI à tendance autistique(Asperger); j’ai effectivement de nombreux points communs avec Will dans sa description mais également beaucoup de différences.Comme vous l’écrivez , les extrêmement surdoués peuvent présenter des troubles sociaux marqués qui se rapprochent de l’autisme.
      Une analyse m’ a permis cependant d’en saisir certaines différences; le problème peut résider en la définition de l’autisme ou du surdon mais également dans la confusion dans la définition de l’intelligence.Ces notions ont souvent été définies par des normo-pensants, notions qui peuvent les dépasser.
      Cordialement.

      • lepat dit :

        Je me demande quand meme si ces caracteristiques ne sont pas necessaires a la decouverte scientifique :

        1) forte capacité de concentration et pensée focusée sur un point precis (a l’encontre de l’intelligence sociale qui est plus une intelligence globale)
        les femmes plus a l’ecoute de leur environnement (multi cognitif) sont d’ailleurs meilleures en intelligence sociale en general. Perso j’ai une capacité de concentration exceptionnelle, on me l’a fait souvent remarquer.

        2) excentricité proche de l’anticonformisme (il est clair que l’ultra conformiste va jamais rien remettre en cause ou sortir des sentiers battus).

        3) Quelqu’un qui utilise sont cerveau (en recherche c’est indispensable de faire fonctionner ses neurones alors que pour certains jobs il faut le laisser au placard), pour parler simplement, ne va pas toujours suivre beatement le troupeau et est plus difficile a manipuler. Je suis typiquement dans ce cas de figure.

        4) grand souci de precision, pourquoi le voir comme un defaut ?. dans certains metiers c’est necessaire. En finance certains de mes calculs sur instruments financiers complexes exigaient une precision de 5 decimales apres la virgule, aussi non je devais refaire le calcul. Pourtant je suis un surdoué moyen (QI WAIS 144)
        Je parle meme pas du lancement de fusées

        5) curiosité insatiable/capacité de raisonnement abstrait, introversion

        pour les grands artistes certaines de ces caracteristiques sont necessaires egalement comme le 2
        En pratique tout ceci c’est comme si on reprochait a un halterophile d’etre trop musclé ! C’est un veritable non sens uniquement explicable par la psychologie sociale.
        Mais comment se fait-il qu’on tolere les caracteristuiques physiques (grands/petits, gros, etc) differentes mais pas les THP comme tous ces savants et on les caracterise comme asperger ou je ne sais quoi.
        On ferait mieux d’ecrire une theorie generale du HP/THP/HQ . Il me semble que les psys sont a cote de la plaque et n’ont rien compris aux surdoués !

    • lost in time dit :

      Vive la démocratie….enfin, nous ne sommes pas vraiment en démocratie, qui suggérerait que nous nous passions des grands électeurs.
      Il faut se faire à l’idée que l’égalité est impossible, car elle n’est pas naturelle. Rien, dans la nature, n’est égal, ni identique. L’Homme a inventé cette histoire d’égalité pour Dieu sait quelle mauvaise raison (et comme je ne suis pas trop bien avec Dieu en ce moment, je ne peux pas lui demander), et cela fait croire des choses aux gens, choses pour lesquelles ils se battent et luttent fort, dans l’inutilité la plus complète. L’égalité est une utopie.
      Donc, Lepat, dis toi que rien ne peut vraiment changer. Les HP et THP restent des exceptions à la « norme », comme les bas QI. Les « middle class » du QI gouverneront toujours le monde, mal selon nous, mais voilà, ils sont plus nombreux! Brel a dit « Prends 10 types. Un intelligent et 9 imbéciles. Les imbéciles auront toujours raison ». Et ils seront persuadés d’avoir raison, car ils comprennent le monde avec leur potentiel. Il se peut qu’un jour arrivent des TTHP (très très haut potentiel), qui verront le monde encore différemment. Bref, ne t’énerve pas sur les NP, ne leur fait pas cadeau de ton énergie…..Il y a bien de meilleurs moyens de l’utiliser! 😉

      • Sébastien Lemoine dit :

        On n’a mis en avant l’égalité contre l’esclavagisme, le colonialisme, et les idéologies de domination dont le racisme, le sexisme et le capitalisme. La liberté toute seule ne suffit pas.

        Locke organisateur de l’esclavagisme, les pères de la constitution américaine tous propriétaires d’esclave, Voltaire vivant sur le dos des esclaves, Tocqueville qui n’est pas contre l’esclavagisme, les pro-voiles qui se font passer pour féministe sont tous des chantres de la liberté. Mais, la liberté ne suffit pas à elle-même.

        Il y a besoin de l’égalité entre les individus pour une liberté concrète.

        Certes d’un point de vue matériel, comme le dit Engels voir le socialisme l’empire de l’égalité est une vision française très réductrice qui est à dépasser : https://www.marxists.org/francais/engels/works/1875/03/18750318.htm . Mais, il n’en reste pas moins qu’il est possible d’amoindrir les inégalités au plus juste même si on ne peut les supprimer. Par exemple, mettre en place des mesures de « chiottes » dans les sociétés où les sanitaires sont inexistants ou peu développés. Ca rentre dans le possible. la difficulté n’est qu’idéologique. On préfère envoyer des hommes sur Mars.

        Contre l’égalité prôné par l’URSS, Alexandre Zinoviev va à l’inégalité afin de restreindre les phénomènes communalistes de lutte individuelle d’ascension dans les positions sociales ou de leur préservation. Ces luttes se caractérisent par la flagornerie, la calomnie, la délation … d’autant plus extrême sous pression historique entre 1914-1945 (guerre civile mondialisée) et 1952-1984 (guerre froide, tiède, chaude, bouillante).

        Contre l’égalité républicaine, la loi Savary de 1982 remet dans l’éducation nationale de l’inégalité. Les établissements les moins lotis ont ainsi plus de moyens que les mieux lotis. Je considère Savary comme le dernier des socialistes du PS.

        Et comme l’écrit le généticien, écrivain de SF et marxiste J.B.S Haldane :  » Je pense que le monde serait bien plus ennuyeux s’il n’y avait pas de différences dans les possibilités innées entre individus ou groupes d’individus […]. Le dogme de l’égalité humaine ne fait pas partie du communisme. La formule de « chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », ne voudrait rien dire si les compétences étaient égales. »

  4. Eti. dit :

    Bonsoir !

    Pour rappel, je disais dans de relativement vieux messages avoir été détecté « enfant intellectuellement précoce » en maternelle mais sans examens approfondis (insomnie/hyperlexie/grande anxiété/langage peu commun/dinosaures/ »excessif dans tout »/etc.) puis « surdoué » en 2015 (décompensation sévère) sans test de Q.I. Faute de temps et de volonté, je n’en ferai pas pour le moment. Soit. Aujourd’hui je vais mieux mais cela ne m’empêche pas de creuser ces sujets Ô combien passionnants, et pour les besoins de ma nouvelle étude je suis parti du postulat que je suis effectivement surdoué, bien que je n’aie pas de chiffres à l’appui.

    De mes nombreuses recherches je comprends qu’il y a une multitude de points communs entre le syndrome d’Asperger (« SA ») et le surdon. C’en est troublant. Les professionnels de l’esprit à qui j’en ai parlé n’ont malheureusement rien eu à répondre sur le sujet et j’ai fini par leur faire le cours (c’est arrivé très souvent d’ailleurs, cette inversion des fonctions)… je viens donc ici vous partager quelques éléments de réflexion.

    Par exemple, l’hyperlexie (j’ai appris à lire entièrement seul avant le CP) et la passion pour les dinosaures (j’ai appris à lire entièrement seul avant le CP grâce à une encyclopédie sur ces bestioles) est, d’après certaines études américaines, la combinaison courante chez les jeunes garçons atteints du SA.

    Il y en a bien d’autres comme cela mais choisissons quelques éléments : tant l’Aspie que le surdoué détestent le bruit, sont obsédés par les odeurs (le parfum de tante Machin, l’odeur de chlore de la piscine… auxquels ils associent des évènements – une odeur pouvant rappeler ce qu’on faisait, avec qui et où, en juin 2005), ne peuvent pas porter de pulls en laine (simple exemple !), ont une mémoire phénoménale, associent des idées et communiquent de façon déroutante, et j’en passe… mais jusqu’où vont ces similitudes ? Voilà la question.

    Par exemple, un Aspie peut se reconnaître à son obsession pour la règle et son respect, que je raccroche à sa haine viscérale de l’imprévu et du changement, sources de crises terribles : quid d’un surdoué ? Le surdoué qui présente ces caractéristiques est-il un névrosé ? Ou bien le surdon se mue-t-il en SA, passé un certain pallier ? Je soulève la question car des tonnes d’analyses de textes et de témoignages me l’ont amenée à l’esprit.

    Pour parler encore de moi, je suis très ambivalent : je pourrais changer de métier tous les mois car je suis un scanneur mais pourtant j’éprouve un grand mal-être à changer mes rituels quotidiens : un déménagement m’a presque poussé au suicide, les stylos pointent vers la droite, le code de la route est pris au pied de la lettre, et il faut que je sache à tout moment comment les choses vont se dérouler (l’incertitude de ne pas avoir de place devant chez moi pour me garer, quand je rentre du bureau, me rend fou d’angoisse durant le trajet et j’imagine tous les scénarios possibles).

    Ainsi, ces centaines de lectures, témoignages et discussions m’ont permis de dégager une conclusion à affiner : le surdon engendre des traits autistiques et plus le Q.I. est élevé, plus ces traits sont marqués. Qu’en pensez-vous ?

    Dernier point : ces travaux de recherche m’ont conduit à la conclusion que certains « surdoués » et Aspies adorent les mots et adorent jouer avec eux ; pour encore ramener le sujet à ma petite personne, si un mot/nom me plaît de par les sons que sa prononciation produit je le répéterai sans arrêt, des jours et semaines durant, et je serai comme empli de bonheur par cette répétition et la musique ainsi fabriquée… une sorte de déstressant gratis… typique des atypiques ? Ou bien l’anxiété généralisée et durable fabrique-t-elle une forme particulières de tics, en réaction ?

    Des conseils de lecture ?

    Aïe aïe aïe je me relis et c’est décousu… désolé et thanks par avance 🙂

    • Cécile dit :

      « Le surdon engendre des traits autistiques et plus le Q.I. est élevé, plus ces traits sont marqués »
      C’est ce qui se dit. Et c’est ce qui aboutit aussi à des erreurs de diagnostic.

      Agnes Burger-Veltmeijer a beaucoup travaillé sur le sujet. Un papier en particulier est bien connu, intitulé « Gifted or autistic ? The grey zone »

      Vous trouverez ici une checklist des spécificités surdoués / Asperger qui peut aider pour un diagnostic différentiel. Ici (en anglais), un papier de Davidson Gifted qui pose les bases dans les grandes lignes;

      Hélas, tous ces documents sont en anglais.

      • Eti. dit :

        Merci beaucoup pour votre temps et ces conseils de lecture, Cécile !

        Pas de problème pour l’Anglais, c’est ma seconde langue.

      • lepat dit :

        Vous avez raison. Il me semble quand meme que beaucoup de psys sont a cote de la plaque concernant les HPs, comme vous le dites, et c’est inquietant.
        Ou alors on nous sort des discours tout faits rechauffés sur les surdoués dans les conferences alors que moi-meme j’ai des idées qui vont plus loin.
        Sans parler d’une certaine negation du surdon dans certaines sociétés ou on fait comme si ca n’existe pas

    • Bonjour dit :

      ETI
      Desolé si je vous réponds si tard dans Le temps!
      Je viens tout juste de lire votre post.
      Independemment du fait que vous possédez (peut être ) des traits autistiques,
      Ce que vous decrivez correspond â mon humble avis à des problematiques de type TOCS dont on sait qu’ il s’agit d’une gestion de l’anxiété par des pratiques de ritualisation permettant de diminuer celle ci!
      On peut d’autre part retrouver des comportements de ce type par compensation de DYS sous jacents (et en particulier la dyspraxie) visant à diminuer la fréquence d’erreurs ,induisant là aussi « une anxiété de performance »,avec un comportement quasi obssessionnel ,pouvant mimer l’autisme.
      Enfin il existe des psychoses avec une anxiété tres importante ou on retrouve ses signes .
      Ce ne sont pas des signes pathognomoniques,c’est pour cela que l’on parle de « traits autistiques  » mais certainement pas d’un autisme vrai chez les THQI:Ils sont un peu perchés:-)
      My five cents (en meme temps,je ne suis pas psychiatre,il peut y avoir de petites imprécisions)

    • Gilles Jack alias SdV dit :

      Bonjour Eti. La passion pour les dinosaures me rappelle ma passion pour les insectes au point que des scientifiques proche des etudes de JH Fabre venaient me parler moi l’introverti lol. Par la suite ma passion s’est plutot approché des E.M.I. afin de les provoquer durant mes TS. J’en LOL aujourd’hui m’etant appris l’autodérision.
      Un SA, des TS et 3 EMI plus loin j’ai passé la barre des 40 ans, les gens majorité feminine me parle d’eux depuis le timide que je suis a l’age de 5 ans a croire que ma carriere toute tracé aurait du etre celle d’un psy plutot qu’un robin des bois !
      Depuis quelques jours j’ai pris la décision apres la lecture du livre de Cecile Bost de creer mon website perso qui parle de moi, moi qui a horreur de parler et d’etre pris en photo, oui je saisun comble pour un photographe evenementiel qui fait de temps en temps de la photographie therapie 😉
      Bises
      Jack

  5. Agnès dit :

    Bonjour à tous,

    Cela fait très peu que je viens sur ce fabuleux blog et en même temps, j’ai l’impression que cela fait des siècles.
    Il est riche, il apporte tant de lumières mais aussi, et dans ma p’tite caboche de piaf, en même temps, j’ai l’impression d’être à l’intérieur d’un lave-linge. Bôh, ce n’est pas tant le tambour du linge qui me dérange, car cette machine (dans ma tête) et son mouvement, je les connais bien. Je dirais plutôt que le remue ménage se fait sans noyade et sans eau, qu’il n’y aura donc pas d’essorage ni séchage et qu’au sortir de cet endroit, si finalement je décide d’en sortir, je serai redevenue « Moi ».

    Alors pourquoi mon intervention, ici, ce jour. Car…
    – demain, 9 h 30 : rendez-vous pour aborder les tests,
    – hier, ma situation professionnelle et maladie reconnue imputable au service, s’est soudainement re-accélérée après moult rebondissements en deux ans. Comme me le faisait remarquer mon Tom, c’est à la limite de vouloir me pousser par dessus la fenêtre. Et bien, non ! J’irai pas ! Na… Mais au fond, ce qui me déprime complètement, c’est que cette situation rocambolesque et kafkaïenne au possible est totalement dénuée du moindre signe d’intelligence venant de la part de l’adversaire (me v’là à parler comme en temps de guerre, mais c’est malheureusement mon quotidien).
    – vendredi dernier, 6ème expertises avec un psy « pourri » au possible
    – une remarque de ma fille quant à certains de mes comportements qui lui font dire que j’aurais un côté « autiste ».

    Et voilà bien ce dernier « car » qui explique pourquoi je suis ici, à cet instant, sur l’article de ce blog.

    Un souvenir parmi tant d’autres…
    Alors que je venais d’être toute fraîchement embauchée sur un poste en totale création (le premier d’une longue série, faut-il préciser), je me revois finissant une journée de travail (organisation d’un secrétariat et surtout, d’une documentation dans un service d’hygiène, pour un organisme national se rapportant essentiellement aux infections nosocomiales). Je fermais la porte, repassant consciencieusement toute la pièce, ses cartons défaits, à finir, à faire, le poste informatique, les nouveaux équipements, etc. J’avais aussi l’odeur du neuf dans mes narines, puisque la pièce que l’on m’avait allouée venait d’être repeinte flambant neuf. (j’aime cette odeur de propre, mêlée à l’essence de térébenthine et du plastique que je rapporte à des moments de la rentrée scolaire). Personne dans le service, tout le monde devait être soit parti, soit en réunionite aiguë. Je me pensais donc toute seule, certainement à déjà faire mes petites mimiques que je mettais alors sur le compte de la joie, de l’euphorie du moment, du bien être présent.
    Tout à coup, je me retourne et devant moi, trois bonshommes. J’en connaissais deux sur les trois, mon Chef et son sur-Chef. Et du tac au tac, de dire :
    « Vous tombez bien, je m’en vais ! Je ne vous ouvrirai pas car je me sauve ! » Telle la sauvage de base, ou la neuneu extravertie…
    Evidemment, mon cerveau avait déjà enregistré le faciès des protagonistes pour me le restituer plus tard.
    Les messieurs ne s’offusquèrent pas trop de ma réflexion ; l’un jugea tout de même utile de me présenter l’inconnu, à qui je tendis une main distraite pour m’enfuir dans la seconde suivante.
    Et c’est en dégringolant les escaliers que le nom du monsieur en costard cravate très guindé a pris son sens, en même temps que la mémoire des visages et de leurs expressions me revenait : ce n’était ni plus ni moins que le Directeur de l’établissement.

    Toute seule, j’ai rigolé. Toute seule, j’ai écarté et rangé soigneusement ce souvenir dans mon esprit. J’avais alors 28 ans…

    Mais cette histoire n’est pas isolée dans mon parcours. Je suis la reine de la gaffe.

    Dans le témoignage de Will, ce qui m’interpellent aussi c’est le regard dans les yeux. Depuis que je suis gamine, c’est une de mes terribles problématiques lorsque je suis face à quelqu’un. Quand faut-il regarder ? Combien de temps ? Et si je regarde trop, est-ce que l’autre va le sentir ? Va-t-il aller dans ma tête et y voir tout ce que je pense ?

    Vu de l’extérieur, on me dit à l’aise, extravertie et charmante. Et ce questionnement, pareil, je l’ai vite intégré à mes propres règles : c’est la couleur de mes yeux qui surprend, pas ce qu’il y a derrière.

    Donc, ce « car », m’a amené à me pencher sur l’autisme Asperger. Ce que je ressens à lire tout cela : du soulagement, de la compréhension, mais aussi beaucoup d’effrois. Je ne suis donc pas si normale que ça et peut-être depuis tout le temps vue comme a-normale.

    Je travaille ces derniers temps, comme je ne l’ai jamais fait auparavant ! Ca me plait et je m’organise pour me reposer, ne pas accumuler trop de fatigue.
    Je déguste en moi mon petit citron d’or qui me permet de faire toujours des litres de limonades.

    Non, je ne regrette rien. Oui, je me sens exister d’aller sur ce chemin. Mon passé existe et je continue à le prendre, mais je commence vraiment maintenant à le comprendre. Je nourris toujours autant en moi l’espoir de partager ma singularité, de ne plus être contrainte au silence. Car je cherche toujours à communiquer pour améliorer le quotidien des humains. Ici, c’est possible, me semble-t-il.

    Merci Cécile pour votre site. C’est un bijou avec tant de bienveillance, de compassion et compréhension. Merci de m’accompagner sans le vouloir dans mon cheminement, ma reconstruction ou serait-ce tout simplement ma construction ?

    Bonne soirée.

    • Cécile dit :

      J’espère que les tests se ont bien passés ? 🙂

      • Agnès dit :

        Oui merci. 😉
        Pour un premier contact, dans l’ensemble, je suis satisfaite.
        C’était une session « pré-test » en fait.
        La prochaine étape dans quinze jours.
        D’ici là…
        Bon après midi

    • cybercricri dit :

      Bonsoir,

      pour moi idem :

      – comment se comporter avec l’autre : je n’ai jamais eu la réponse ni le mode d’emploi, mais il parait qu’il n’y en a pas, car normalement chez tout individu normalement constitué, c’est intuitif : l’etre humain est grégaire

      Ah bon, ben j’ai du louper un épisode alors, ou bien je ne suis pas comme les autres, bon vu la distance qui me sépare de ce soit-disant instinct grégaire, je laisse tomber, moi j’ai l’instint solitaire (!).

      Les odeurs : moi aussi j’aime bien l’odeur du plastique dont on se servait dans le temps pour couvrir les livres, qui se refilaient d’année en année, et celle des protège-cahiers flambant neuf, oui celle des produits chimiques qui composaient leur fabrication. Ah , ca me transportait (je me demande meme si c’était tout à fait bon pour la santé tout ca). Et aussi, l’odeur de l’eau de javel : quand je revenais de la piscine gamine, je mettais mes mais devant mon nez et pendant tout le cours , je respirais cette odeur (je faisais ca discret tout de meme, faut pas exagérer). C’est dire si je devais etre pas tout à fait dans le cours….

      Aujourd’hui encore, j’aime toujours la piscine, mais maitenant l’eau sent beaucoup moins le chlore, alors forcément ca pert un peu son effet.

      Ca vous fait rire, bon il est vrai que je ne raconte pas ca à tout le monde. Franchement, comment peut on aimer l’odeur des protège-cahiers neufs ??

      C’est absolument ridicule, mais que voulez vous ?….

      Et des gaffes, j’en ai des pas racontables : je crois que certaines iront dans la tombe… ahah, y en a des au choix : triste, traumatisantes, hilarantes, ou franchement décalées.

      Mais dans le genre, mon père faisait pire : et puis ca fait des souvenirs absolument inoubliables.

      En résumé, que ce soit : une odeur, une vision particulière, une sensation ou une émotion aigue, on s’en souvient, ca vous marque au fer rouge.

      Meme si des fois ca ne suffit meme pas, et vous refaites le meme type de gaffe quelques temps plus tard.

      Et quand vous avez quelqu’un dans votre entourage qui fait les memes gaffes, là vous vous dites que celui-là…. il ne serait un peu zébré ?

      Et quand on est fatiguée, c’est pire…

      Cricri la reine des gaffe à 2 balles

      • Agnès dit :

        Marrant, ça ! Pour le Pôpa gaffeur ! J’ai eu le même à la maison.
        Malheureusement, c’était tellement prégnant que certaines situations tout à fait banales (comme de rencontrer des connaissances dans la rue, faire un parcours en voiture, etc…) en devenaient particulièrement anxiogènes alors qu’elles n’étaient que le résultat d’une totale maladresse malencontreuse et un splendide usage du faux self…

        J’ai pourtant longtemps mis cela sur le compte de la mauvaise foi et de l’égocentrisme… Quoi que.

        En ce qui concerne les odeurs, elles sont pour moi comme les sons. Un univers entier, immense et gardien de tant de souvenirs.

        Comme il n’est pas crédible de vivre une main pour boucher le nez, une autre une oreille avec un pied pour la deuxième, il est alors nécessaire de créer des frontières vivables. Le cerveau devient alors le « passeur » pour tout enregistrer, reconnaître, classer mais dans les mailles de son filet, se faufilent un véhicule puissant : les émotions.

        Le choix que j’ai fait : de toutes les ressentir et les connaître, quelles qu’elles soient.

        Et la palette est sans faille, du noir au blanc.

        • lechalote dit :

          Des gaffes?
          L’autre jour, on attend ascenseur avec deux collègues et le chef. L’ascenseur descendait. Donc j’ai appuyé sur le bouton. Pour qu’il remonte. Le chef beugle : « Mais QUI a appuyé sur la flèche qui monte?!! ». Bin quoi?! la flèche qui monte…pour qu’il remonte…Non?
          Non.
          Donc on l’a pris au 3ème, on est allés au 5ème puis on est redescendus…toussa avec le chef qui me regardait d’un oeil torve sous le regard hilare de mes deux collègues.
          Le fou rire quand j’ai compris ma logique!!!

  6. lechalote dit :

    Chère Cécile,
    Je te redis à quel point ton blog et ton livre m’ont apporté de belles choses dans ma vie et celle de ma famille, et il semble que ce ne soit pas terminé. J’avais survolé tes articles sur Asperger, me sentant moyennement concernée, mais j’avais stocké comme souvent l’information, un peu à mon insu, okzou. Le KZou s’est bel et bien présenté. Sous la forme d’un beau frère petit génie de l’informatique ubuesque et épuisant, totalement hors norme, je te passe les détails. J’avoue que je me serais bien passée de me pencher sur son cas malgré l’amitié que je lui porte, si mes beaux parents n’étaient pas décédés cette année, sa femme l’année précédente, le laissant seul en Hongrie avec 3 enfants qu’on adore, et si je n’avais pas passé 2 semaines cet été avec lui et ses enfants, passant de la sidération à le consternation puis à la colère noire, et enfin si je ne devais pas soutenir mon mari depuis des mois dans ses démarches, seul avec un frère complètement à l’ouest, l’euphémisme est doux.
    Avec ma prof de yoga : il vous manque une clé.
    On a pensé à la drogue mais ça ne colle pas.
    Et puis…et puis tout y est, tout se recolle : l’incapacité à exprimer ses émotions malgré une vraie sensibilité, l’absence de relations sociales « normales » (enfin le minimum vital quoi), le désintérêt to-tal pour le matériel, mais une grande maniaquerie sur certaines choses, etc, etc, etc à l’infini.
    On a pas en face de nous quelqu’un qui ne veut pas ou se fout de nous, mais quelqu’un qui ne PEUT pas.
    Je te dis pas que c’est léger, hein, mais bon, j’aime bien les explications.
    Ma prof de yoga qui s’est beaucoup intéressée à l’autisme me dit qu’il y a une autre façon d’aborder le sujet, j’attends d’en savoir plus et vous donnerai cet autre façon de voir les choses (toujours passionnant de changer de point de vue…)
    Je t’embrasse! Merci pour ce blog et tes livres

  7. cybercricri dit :

    A Mounir : 28 aout 2014 8h04

    Bonjour, Mounir,

    Comme toi, j’éprouve des choses sans pouvoir les exprimer

    Comme toi, avant, les gens me disaient froide et sans émotion, ni égard pour les autres.

    Comme toi, je trouvais les autres arriérés, car je ne savais pas que j’avais peut etre un plus intellectuellement, je ne pouvais identifier ma différence

    Comme toi, j’étais stricte au travail, avec un planning à la seconde, moins maintenant, j’ai appris à voir en global sur la journée

    Comme toi, je me rappelle un nom, mais pas le visage qui va avec, donc une connaissance dissociée sur un élément : comme par hasard ce sont des références sociales qui sont touchées, morcelées, comme si il me manquait un maillon : comment font les gens pour se rappeler quelqu’un avec toutes ses caractéristiques ?

    Comme toi, je suis seule, parfois je me mets dans le noir, la musique sur les oreilles, car je ne peux faire autrement pour en profiter.

    Comme toi, il y a des bizareries dans ma vie, et je n’en parle à personne : ai je d’ailleurs envie d’en parler ? non ca m’appartient à moi et pas aux autres.

    oui comparé à toi, toi et moi nous sommes dans la meme normalité, après par rapport à ceux qui fréquentent ce blog (ou la majorité du moins) nous sommes dans la meme normalité, après par rapport au monde extérieur c’est discutable.

    Qu’en penses tu ?

    Christèle (décalée, pas bizarre…..)

  8. Mounir dit :

    Mes ex m’ont toujours trouvé froid et sans cœur, pourtant je suis tellement émotif. Elles voulaient que je leur dise qu’elles sont belles et que je les aime, mais elles n’ont jamais ressenti l’amour que je dégageais via mes réactions…

    J’ai des connaissances mais j’ai de la misère à me rappeler de leurs noms ou numéro de téléphone; Pourtant j’ai une très bonne mémoire. Je n’ai pas d’ami, car même si je suis un peu naïf, je ne pardonne pas l’hypocrisie des dites neurotypiques…

    A l’école, j’étais le meilleur, le plus fort et toujours le premier; Pourtant je n’ouvrai jamais mes leçons pour les réviser. Ils disaient que je suis un génie, mais ce qu’ils ne savent pas c’est que je les trouvais arriérés et retardés intellectuellement…

    Je n’ai jamais été en retard au travail, ma journée est réglée à la seconde! Mes collègues disent que je suis un maniaque, moi je les trouve désorganisés. Mes supérieurs disent que je suis une bonne graine et investissent dans mes formations; moi je leur demande de mettre tout le monde à la porte et de renouveler le personnel…

    Je suis seul, pas d’enfants, pas de copine et pas d’ami; et mon seul réconfort et quand je suis dans ma sombre chambre à faire mon rituel de balancement en écoutant 100 fois le même morceau musical…

    J’en ai marre d’entendre la même réplique : Tu es beau, tu es bon, intelligent, tu as de la culture, tu as de l’humour et tu aimes les gens mais… (y a toujours eu ce FOUTU ‘Mais’)

    C’est pas que je suis anormal, c’est juste que je ne suis pas ordinaire…

    • lechalote dit :

      « Tu es beau, tu es bon, intelligent, tu as de la culture, tu as de l’humour et tu aimes les gens mais… (y a toujours eu ce FOUTU ‘Mais’) »,
      Hum, tu aimes les gens, ce n’est pas ce qui saute aux yeux quand on te lit tout de même…Il est peut-être là, le « mais »…

    • Paula dit :

      Pas d’accord avec lechalote.
      Je vous comprends complètement concernant les collègues de travail. Je m’étais fait la même réflexion : la plupart du temps, les gens n’utilisent pas leur CERVEAU. Ils attendent des autres qu’ils fassent leur boulot à leur place.
      Honnêtement il y a plein d’incompétents partout et les pires sont ceux qui n’ont aucune conscience professionnelle.
      Ce nest pas ne pas aimer les gens que de dire ça, c’est faire preuve d’objectivité.

      • Cécile dit :

        Un vieux dicton mentionne « toute vérité n’est pas bonne à dire ». un autre exprime « Malheur à celui par qui le scandale arrive »
        En l’occurence, ce n’est pas tant le fond qui est remis en cause, que la forme, la façon de le dire.
        Car bien souvent, celui/celle qui va recevoir le message va s’arrêter à ce que semble exprimer le message et pas à la souffrance de son émetteur.

        La société danoise Specialisterne s’emploie à trouver du travail pour les adultes surdoués Asperger (SSII essentiellement). la société a déjà essaimé dans un certain nombre de pays d’Europe du Nord ainsi qu’aux Etats-Unis et au Canada. Mais pas encore en France.
        Specialisterne a également créé une fondation qui favorise le développement des habiletés sociales, qui permet aux Asperger de mieux s’intégrer socialement et professionnellement (et partant, de moins souffrir dans leurs interactions)

        • depeyrot dit :

          ce dicton « toute vérité n’est pas bonne à dire  » trouverait son origine au XIII eme siècle ( de l’eau à couler sous les ponts ( surtout ceux de Galilée, si j’ose dire, en 8 siècles ! ) à une époque où la peur, la soumission (aux nobles, au clergé) dominaient les rapports humains. Depuis il y a eu Martin Luther King, Ghandi, Mandela … Dire sa vérité est dangereux, elle ne peut pas ne pas s’accompagner de courage mais aussi de prudence, et d’une capacité d’aller au delà des peurs. C’est souvent le prix de la liberté. Et elle a un coût.

        • depeyrot dit :

          « la façon de le dire  » … Éternel débat … franco – français ! c’est drôle d’ailleurs que cette société Specialisterne ne se soit intéressée qu’à des pays anglo-saxons … Sans doute pas un hasard. Les échanges anglo-saxons sont souvent plus carrés, simples, directs, parfois nous dirions nous français « un peu brut de décoffrage « . Nous avons très souvent la susceptibilité à fleur de peau, le mot de trop, le mot qu’il n’aurait pas fallu dire, ou pas comme ça , ou moins ceci, ou plus cela … En l’occurrence, ce qui est intéressant de se demander , c’est pourquoi nous français nous attachons nous autant à la forme ( en la remettant en cause … elle ne sera jamais idéale  » comme j’aurais dit, moi « ) serait-ce pour s’éviter le fond ? Les Québecois, lorsqu’ils ont quelque chose de pas forcément facile à dire, donc à entendre pour celui ou celle qui recevra ces propos , ont ce préambule que j’aime particulièrement : « On va se dire les vraies affaires  » précaution introductive ( la forme est donc réglée) pour ne s’intéresser qu’au fond. Dès que nous aurons régler nos problèmes de susceptibilité de forme, nous gagnerons en simplicité. Et peut – être bien qu’alors la société Specialisterne viendra fureter du côté de la France !

      • lechalote dit :

        Paula, quel rapport sincèrement? En quoi le fait de trouver les gens incompétents (et dieu sait que ça m’arrive tout le temps) permet-il de dire qu’on les aime? Parce que c’est pas faute d’essayer de distinguer la personne de ses actes, je n’ai jamais réussi à travailler suffisamment pour tenir plus de 3 ans au même endroit, et pour cette raison précise. Une personne incompétente et qui ne fait pas d’effort surtout me hérisse et j’ai bien du mal à l’aimer, voilà la vérité.

        • Paula dit :

          Il n’y a aucun rapport effectivement.
          Etre objectif, c’est aimer la vérité, c’est tout.

            • lechalote dit :

              Ah c’est bon! Merci Cécile! De quoi méditer pour la prof de yoga que je serai peut-être un jour, si j’ai (beaucoup) grandi! Bises!!!! 🙂 -) -)

            • Paula dit :

              Différence entre vérité conventionnelle et vérité ultime dans le bouddhisme aussi. Des évidences pour celui qui n’est qu’animé QUE par la recherche de la vérité.
              A titre perso, je me demande néanmoins pourquoi je fais ça. La recherche de simplicité ? Mais pourquoi du pourquoi ? Pourquoi ne pourrait-on pas vivre dans le mensonge aussi ? Comment les gens font-ils pour accepter de façon légère un mensonge alors que moi ça me bouleverse ? (je ne dis pas que j’en n’accepte pas quelques-uns, mais les « convenus », qui ne font souffrir personne, dsl j’ai pas d’exemple là lol).
              Si tu as la réponse Cécile…

              • Cécile dit :

                Pour ce qui concerne l’acceptation de l’injustice et du mensonge, c’est une question de tolérance à l’à peu-près – dit en creux, une question de perfectionnisme.
                Certains sont plus perfectionnistes que d’autres (oephémisme)….

        • Paula dit :

          Lechalote, ce que je disais c’était que, dans la mesure où je ne bossais pas dans un endroit où tout le monde était super intelligent et que je devais les supporter, je préférais travailler avec des incompétents avec une conscience professionnelle qu’avec des incompétents sans conscience professionnelle…

          • lechalote dit :

            Et c’est ce que je ressens aussi. Parce que quand je fais quelque chose, j’aime le faire bien, et que ça aie du sens. Une personne qui passera toute son énergie à tenter d’en faire le moins possible m’épuise généralement, et je n’ai aucune envie de me battre contre ça, et si elle se met en travers de mes objectifs, je ne peux pas cacher que ça peut me rendre assez vindicative. Et puisqu’on en parle, je regrette ce terme de vérité, fort inapproprié. Il s’agissait de ma perception personnelle, avec un objectif d’authenticité plutôt. Depuis un temps assez récent, je ne m’oblige plus à aimer tout le monde, j’ai enfin admis aussi que je n’aimais pas tout le monde (ce qui ne veut pas dire que je nuirais sciemment aux autres, ça j’essaie absolument de ne pas le faire), tout comme j’arrive à admettre que les autres ne m’apprécient pas non plus. Et je reconnais mes limites à un instant T de ce que je peux et veux supporter, en fonction de mes possibilités et de mes priorités. C’est assez relaxant, parce qu’on est de moins en moins dépendant du regard et du jugement des autres. Non, c’est Très relaxant en fait 🙂

        • lepat dit :

          j’ai deja eu un incompétents total avec qui je devais travailler, un externe, tellement incompetent au point que j’allais peter un cable. C’est comme si le gars avait pas de cerveau, je devais lui reexpliquer la meme chose x fois pendant des mois. Quand j’ai signalé ca a mes collègues, il m’ont dit que sa competence c’etait pas important, car il avait de l’humour et etait sympathique (ce qui etait strictement vrai) Voila comment tourne le monde de l’entreprise !!
          par contre dans un milieu scientfique ca aurait pas ete possible je crois. J’ai fait un peu de recherche a la fac et une qualité mediocre de travail de recherche etait pas acceptable.

    • Paula dit :

      Ce « Mais » c’est le mur invisible qu’il y a entre les gens et nous.
      Impalpable, invisible mais bien présent.
      L’homme est un animal. Il a besoin de sentir que celui à qui il parle est « comme lui ». Or l’aspie n’est pas comme le NT et le NT le sait. Il appelle cela de la froideur ou « le fait d’être hautain ». Les NT restent tellement en surface la plupart du temps. Ils restent d’ailleurs également en surface d’eux-mêmes. Ils ne cherchent même pas à creuser.
      C’est ça le « Mais ».

      • Mounir dit :

        Y a aucun rapport avec la conscience professionnelle! Un bon à rien peut aussi être conscient.
        C’est claire que vous êtes des neurotypiques! des gens ordinaires. Une personne ordinaire est comme une locomotive, dépourvue des rails, elle ne servirait à rien… Le nombre d’exemples est énorme et je ne prétend pas tous les connaitre vu que vous peuplez plus de 95% de la surface de la terre…
        En lisant vos commentaires, je remarque que vos réactions sont typiquement infligées à votre normalité… Le normal! un terme qui ne devrait même pas exister dans le dictionnaire…

        • Cécile dit :

          CQFD en matière d’apparence – en vous lisant, je me sens agressée par la violence de la façon dont vous vous exprimez et il me faut veiller à aller au delà des apparences.
          Mais c’est un procédé épuisant et par ailleurs, je doute que nombreux soient ceux qui prennent le temps de prendre du recul.
          Alors, sur un malentendu, à la violence perçue répond en général une nouvelle violence.

          Sur ce sujet, j’ai déjà refusé de publier un commentaire dont j’estimais que sa violence frôlait l’insulte. L’auteur était persuadé de son bon droit et il m’était impossible de lui faire comprendre que la forme/l’apparence est essentielle dans l’émission d’un message pour être sûr(e) d’être entendu(e) et compris(e).
          Sans tomber ni dans les échanges bisounours (dont l’onctuosité cache la vacuité) ni dans les échanges sur le mode foire d’empoigne (où les expressions dépassent la pensée de leur auteur dont les émotions s’enflamment vite), je pense qu’il doit être possible de dialoguer de façon constructive en veillant à écouter le point de vue de l’autre… Vous savez, ce que j’appelle le « vivre ensemble »… ou dit autrement, la tolérance que nous appelons de nos voeux de la part des « Autres » à notre endroit, et que nous avons parfois tendance à oublier nous même à l’endroit des mêmes « Autres »…

          Cela dit, pour ce qui concerne la normalité, je voudrais citer Edgar qui signale « lisez plutôt des mathématiciens, tels que Poincaré, si vous voulez savoir pourquoi il est « intelligent » de dire qu’une certaine loi de probabilité est normale, des philosophes, tels que Canguilhem, si vous voulez avoir la meilleure définition du mot « normalité » ! »

          Normalité et vérité, selon le contexte, des notions bien relatives il me semble.

        • Paula dit :

          Aie Mounir, franchement le fait que vous ayez l’air de considérer le terme « normal » comme une insulte me fait poser des questions sur votre présupposé syndrome…
          Avez-vous oublié que l’aspie se considère différent mais pas supérieur aux autres ?
          Non… c’était un fake ? Vous essayez de faire passer les aspies pour des gens hautains ? J’avais déjà vu ça dans un autre forum… des gens aigris certainement d’avoir été repoussés par des aspies, qui le font bien sûr, mais sans malice et pas parce qu’ils se sentent supérieurs aux autres du tout.
          Bonne continuation à vous.

          • tournevis dit :

            Très étonnée aussi par ce mépris écrasant et cette agressivité de Mounir, les qqs aspi que je connais ne sont pas du tout comme ça, heureusement. Toute règle a ses exceptions ? Ou bien Mounir est un troll comme il en rôde partout ?

        • Paula dit :

          Ceci dit, je trouve cela très intéressant…
          La méchanceté existerait donc bien. Ce n’est pas un mythe.

  9. Edgar dit :

    Vers 1836, d’après ce qui est rapporté dans Le Normal et le Pathologique, Isidore Geoffroy Saint-Hilaire proposa quatre espèces d’anomalie : la variété, le vice de conformité, l’hétérotaxie et la monstruosité. Grâce à « variété » et « vice de conformité » on désigne les anomalies « légères » au point de vue de l’anatomie, tandis qu’« hétérotaxie » et « monstruosité » servent à nommer les anomalies anatomiquement « graves » ; en revanche, tandis qu’une « variété » et une « hétérotaxie » ne font obstacle à l’exercice d’aucune fonction, un « vice de conformité » ou une « monstruosité » interdisent l’exercice d’une ou de plusieurs fonctions… Comme l’observe Georges Canguilhem deux pages plus haut, « anomalie » est un terme qui doit être distingué du terme « anormal » (tout d’abord, le terme « anomalie » dérive du terme omalos, qui peut être traduit par « ce qui est égal » (au sens qu’on accorde à ce mot à propos d’un terrain), non du terme nomos, qui signifie « loi » et est proche du terme « norma », qui veut dire « règle » et a donné le terme « anormal ») ; en effet, « anomalie » est un terme « descriptif », tandis qu’« anormal » est un terme « appréciatif »… Les troubles du spectre de l’autisme doivent, avant tout, être regardés comme des anomalies, c’est-à-dire des « atypies », etc. Ensuite, nous pouvons nous demander à partir de quel moment nous avons le droit de parler de maladie ?

    Un point essentiel de la thèse de Georges Canguilhem est que la maladie implique une restriction, par rapport au pouvoir « normatif » d’un « soi » qui devient, dès lors, antérieur, du pouvoir normatif du sujet. (« L’homme normal, écrit en effet l’auteur de l’Essai sur quelques Problèmes concernant le Normal et le Pathologique, c’est l’homme normatif, l’être capable d’instituer de nouvelles normes, même organiques. ») Par exemple, mon syndrome d’Asperger, bien qu’il soit une anomalie, ne doit pas être considéré comme une pathologie ; car, là où je vois que je souffre, c’est dans le fait, plutôt, que je (res)sente moins qu’avant (ou, du moins, que je suis moins conscient de (res)sentir qu’avant) : la séparation de mon âme et de mon corps m’est apparue. En revanche, les « défauts » de continuité qui existent entre mon corps et le monde extérieur ne me font plus mal depuis déjà longtemps ; dans des activités telles que la marche, je me sentais même très bien… (La pratique des mathématiques ou celle de l’écriture, notamment en poésie, pouvaient même me rendre heureux ; etc.)

  10. Edgar dit :

    En fait, c’est plutôt simple : pour les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme, le monde va « trop » vite. C’est assez bien montré par le Docteur Gepner dans Autismes. Ralentir le Monde extérieur, calmer le Monde intérieur. Et Philip K. Dick avait bien compris cela, déjà en 1964 par exemple (comme il est possible de le voir dans Martian Time-Slip). Après ça, une personne présentant un syndrome d’Asperger, par exemple, montrera peut-être un don pour le dessin ou les mathématiques, etc.

    P.-S. : Ce qui apparaît aussi à propos des personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme est, ordinairement, une grande mémoire. (Nombreuses sont, j’ai l’impression, les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme qui sont synesthètes ! La synesthésie, qui, lorsqu’elle est observée chez une personne présentant un trouble du spectre de l’autisme, est souvent, je crois, une synopsie ou une synesthésie « de l’image » (où le sens de la vue est apparemment le sens « central » — comme chez Daniel Tammet, dans Born on a Blue Day), expliquerait que ces personnes ont, habituellement, une grande mémoire… La synesthésie « des personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme » est, par ailleurs, à corréler, probablement, avec le fait que les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme qui sont synesthètes ont, aussi, une grande imagination (contrairement à ce que j’entends ordinairement). Enfin, tout cela est, certainement, à mettre en relation avec le fait que les personnes présentant un trouble du spectre de l’autisme pensent majoritairement en images (voir, sur ce point, Thinking in Pictures, de Temple Grandin).)

  11. Derice dit :

    Bonjour,

    Je viens de regarder la toute première vidéo et le tout première témoignage m’a interpellé. L’autisme n’est pas une maladie mentale. Nous ne sommes pas des malades mentaux. Cela me blesse d’entendre dire ça.
    C’est un trouble neuro-sensoriel d’origine biologique.
    Je suggère vivement de lire les ouvrages de Temple Grandin, diagnostiquée autiste (pas asperger) à l’âge de 4 ans.

    Bonne journée.

    Bonne journée.

    • Cécile dit :

      Merci de votre témoignage Derice

      Le regard de l’autre, le regard du groupe est terrible quand on ne s’y retrouve pas.
      Il peut poser la question de la réalité d’exister.

      Qu’est ce que la maladie mentale ?
      Qu’est ce que la normalité ?

      En filigrane, c’est ce que questionne ce blog qui aspire à mieux de vivre ensemble.

      Et puis merciaussi de la référence à Temple Grondin

      • Edgar dit :

        Cécile a écrit : « Le regard de l’autre, le regard du groupe est terrible quand on ne s’y retrouve pas. »
        — Mais, en le fait de penser que l’autisme est une maladie, il y a, tout simplement, de l’erreur : là, le regard de l’autre (qu’il soit majoritaire ou non) est dans le faux… Et c’est le fait que je me sens devoir me retrouver dans ce regard de l’autre qui peut me « rendre » malade (non le fait que ce regard « [puisse] poser la question de la réalité d’exister » ; au contraire, si je souffre alors le regard de l’autre ne peut poser la question de la réalité d’exister, ni à mon propos ni à propos de l’autre : je sais non seulement que j’existe réellement mais, aussi, que l’autre existe également) ; en effet, plus l’autre est nombreux à penser que l’autisme est une maladie, plus il pèse contre ma normalité (et met en danger ma normativité, c’est-à-dire ma capacité normative (ou « mon pouvoir normatif »), c’est-à-dire « [ma] capacité d’instituer d’autres normes dans d’autres conditions »)… « La frontière entre le normal et le pathologique est imprécise pour des individus multiples considérés simultanément, écrit Georges Canguilhem, mais elle est parfaitement précise pour un seul et même individu considéré successivement. Ce qui est normal, pour être normatif dans des conditions données, peut devenir pathologique dans une autre situation, s’il se maintient identique à soi. De cette transformation c’est l’individu qui est juge parce que c’est lui qui en pâtit, au moment même où il se sent inférieur aux tâches que la situation nouvelle lui propose. »

  12. Personne dit :

    C’est un peu tiré par les cheveux de faire la distinction entre surdoué et Asperger via quelques discussions avec un ou des Asperger.
    Prenez des pincettes, soyez plus scientifiques s’il vous plait.
    Nous sommes plusieurs Autistes asperger a vous avoir lu et a être surprit que les personnes qui se permettent de parler de nousn ne le font qu’a travers leurs regard qui déforment notre réalité !

    • Cécile dit :

      Merci infiniment de votre commentaire.
      Ainsi que je le mentionne, je n’ai pas suffisamment d’informations. En revanche, je pense légitime de prendre en compte le témoignage de Will qui est officiellement identifié comme Asperger, mais aussi identifié comme surdoué.
      Cela dit, je n’ai vraiment pas le sentiment dans le billet incriminé de faire une distinction quelconque. A mes yeux l’autisme de haut niveau fait partie du spectre du surdon, la fameuse « zone grise » mentionnée par Agnes Burger Veltmeijer
      Mais il est vrai que le diagnostic d’Asperger peut etre posé à tort sur un individu surdoué… En même temps que la distinction entre les deux apparait si difficile qu’on est souvent tenté de penser qu’une personne atteinte du syndrome d’Asperger sera « forcément » surdouée.
      Sur ce blog anglophone, l’espoir est mis dans nouveau (et pourtant si décrié)DSM-5, qui met bien avant le déficit d’interaction sociale qui caractérise les personnes atteintes du syndrome d’Asperger.

      A titre d’information, il existe un document anglophone labelsé « Eric » (Institut des Sciences – Departement de l’Education des Etats-Unis) qui présente les traits caractéristiques différenciant surdoués et Asperger.

      Toute information, même contradictoire, sera la bienvenue, et je vous invite à rédiger votre vision du sujet. Je me ferai un réel plaisir de la publier, tant il me semble important de mieux connaitre l’autisme de haut niveau.

    • chan dit :

      @personne
      Vos références scientifiques sont les bienvenues.
      Merci
      Chan

  13. XP dit :

    Bonjour,
    C’est ma première visite sur ce blog et je pense me reconnaitre dans ce témoignage. J’avais moi aussi beaucoup d’interrogations sociales, d’incapacités relationnelles dont j’ai beaucoup souffert dans mon adolescence, mais qui se sont largement arrangées ces dernières années. J’ai par ailleurs un caractère ultrasensible, donc imaginez l’ampleur qu’a pu prendre tout cela :p

    Mais bon maintenant tout cela va mieux. Ce n’est pas évident au quotidien parce que ça fait mal à la tête, mais tant pis. Y’a quand même des avantages à se savoir spécial, il faut simplement le faire pour soi et ne pas attendre de reconnaissance des autres. Pour ma part je n’ai parlé de pratiquement rien des souffrances psychiques que j’ai subies, et encore moins à ma famille.

    Bref les gars (et les filles), gardez courage. Tout ce que nous possédons et qui nous rend spéciaux ne doit pas être pris comme un handicap. C’est certes lourd à porter selon son caractère, mais en se donnant du mal on finit par s’accepter tel qu’on est sans le consentement d’autrui. Au fond c’est ça la véritable force de l’existence : accepter son identité en se foutant du jugement des autres.

    • Cricri dit :

      Bonsoir

      Dans le témoigange de XP : tout est dit

      merci je ne suis pas la seule à penser cela

      XP semble avoir acquis une grande force : ca se sent dans son témoignage.

      Peut etre que s’il trouvait quelqu’un d’extérieur pour se confier, ce ne serait pas mal, car s’en sortir tout seul, oui OK, mais attention à ne pas vouloir tout gérer tout seul comme un héros (pour dire j’ai besoin de personne pour gérer mes prolèmes…)

      Masi bon il y est arrivé apparemment, alors bravo

  14. Jed dit :

    Les gens ont peur de l’étiquette autistique parce que dans leur tête l’autiste est forcément quelqu’un atteint d’un lourd handicap. Mais l’autistme peut exister sans retard mental. D’ailleurs, l’autisme sans retard mental est plus courant, mais est moins visible car non diagnostiqué. L’image de l’autiste handicapé provient des cliniciens, qui naturellement se sont concentrés sur la sous-population à problème. Je vous recommande fortement le livre de Peter Vermeulen: « Comprendre les personnes autistes de haut niveau » qui se trouve dans les références. L’auteur mène justement un combat contre ce préjugé.
    La plupart des autistes finissent par apprendre les comportements sociaux par mimétisme dans un effort conscient pour s’adapter. Oh, ils n’auront jamais la spontanéité des neuro-typiques. Mais ils en feront assez pour passer inapperçus. La frontière entre l’autisme typique (c’est-à-dire sans retard mental) et le syndrome d’asperger est tellement floue, qu’à toute fin pratique nous pouvons parler d’un spectre autistique continue.
    Enfant, j’étais obsédé par la construction d’avion avec les pincettes; je regardais mes pieds en marchant; j’évitais le contact visuel, etc, etc… Avec le temps, j’ai appris ce qu’il fallait et aujourd’hui je passe inapperçu. En contre-partie, ma batterie sociale se décharge après quelques heures et je dois rentrer pour me refaire des forces :-). Voilà.

    • Svad dit :

      Bon nombre de traits autistiques disparaissent avec l’âge, cela est dû à l’adaptation, puis à l’apprentissage des codes sociaux. Est-ce que vous avez d&éjà cherché àen savoir plus concernant les traits que vous décrivez ?

      • Jed dit :

        J’ai beaucoup lu sur l’autisme. Effectivement beaucoup de traits disparaissent avec le temps par adaptation. Prenons un exemple. Le « hand flapping », ce mouvement stéréotypé des mains qui rappelle le battement d’ailes, a systématiquement tendance à disparaître avec l’âge (cf Tony Attwood, The Complete Guide of Asperger’s Syndrome).
        L’autiste sans retard mental apprend les codes sociaux comme tout le monde, mais les apprend de manière intellectuelle et non instinctive. Les intéractions sociales lui coûteraient semble-t-il plus d’énergie que les neuro-typiques. Et quand l’adaptation devient de la suradaptation (quand les dépenses d’énergie dépassent ce qu’il est capable de donner), les problèmes chroniques émergent.

        • Cybercricri dit :

          Pour ma part, bien que n’étant pas autiste, je n’ai jamais pu apréhender les relations sociales sans les apprivoiser de manière raisonnée.

          D’instinct, je ne serai jamais allée vers les autres, n’en n’ayant aucune envie ni besoin. Après quelle angoisse quand il faallait demander de l’aide à quelqu’un.

          Aujourd’hui je maitrise mieux tout ca, mais gamine, combien de fois je me suis fait entendre dire : ne parle pas aux autres, ne communique pas…etc.

          Le décalage de la douance est parfois si fort, meme si on ne le sait pas, que d’office , ca vous place à part, sans meme que vous vous en rendiez compte sur le coup. Mais le bilan ensuite est parfois un lourd à assumer, surtout face à la famille.

          On recoit, on aimerait donner, mais on n’y arrive pas.

          Un dilemme, une contradiction absolue, comme souvent chez les surdoués : on veut tout et son contraire, ou bien on veut dans un sens, mais on agit dans l’autre, alors forcément….

          Cricri (qui sort de sa bulle pour vous parler)

  15. Cailla dit :

    Je partage en tout point le commentaire de SOLSTICE D’HIVER. (j’en profite pour te remercier infiniment pour ton livre et ton blog Cécile)
    Concernant l’article sur la différence entre autiste et aspie il précise bien que ces derniers partagent des traits neurologiques communs (par rapport aux « typiques ») mais qu’ils ont aussi des différences.

  16. Alavetz dit :

    Merci pour cet article et ces références intéressantes.

  17. SOLSTICE D'HIVER dit :

    Merci beaucoup Cécile pour ce billet et ses nombreuses pistes et références !
    Après la « découverte », il y a maintenant deux ans,
    et puis l’acceptation de mon surdon pour laquelle tu m’as bien aidée (il faut le dire !),
    il manquait une pièce au puzzle et j’ai continué à chercher…
    Mon plus grand soulagement a été la lecture du livre de Rudy Simone il y a peu.
    Soulagée, sauvée, délivrée…. de savoir que ce malaise que je ressentais depuis si longtemps n’était pas folie ou vue de l’esprit, toute ma vie est là.. dans ces pages !!
    Je pense être fortement concernée par le syndrome d’ Asperger et je dois voir un spécialiste bientôt.

    Seulement voilà : sur le site « Les tribulations d’un petit zèbre », au mois d’août, il est paru un article fort intéressant à ce sujet :
    il y aurait des différences cérébrales majeures entre « aspies » et autistes.
    http://les-tribulations-dun-petit-zebre.com/2013/08/04/syndrome-dasperger-autisme-des-differences-cerebrales-identifiees-live-science-aout-2013/
    Alors peut-on parler d’autisme pour les Aspergers ?

    C’est drôle que tu publies ce billet alors que je chemine sur cette voie 😉
    Merci ! Je t’embrasse.

  18. tournevis dit :

    « (désolée pour le texte inscrit en gras – impossible de le ramener à des proportions plus sveltes…) »
    te faut aller dans le html mais je ne retrouve plus comment ; cliquer sur l’onglet « texte » et y’a un bouton « fermer les balises » peut-être ?

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