Surdon et Autisme

La question se pose de savoir si surdon et autisme peuvent aller de pair. Je n’ai volontairement pas creusé ce sujet dans mon livre, car mes connaissances en psychiatrie ne sont pas à un niveau qui me permette, en toute quiétude, d’en parler en détail.

Voici en revanche les informations et sites que j’ai identifiés. J’espère que ceci sera utile à ceux qui cherchent et travaillent  sur ce sujet difficile.

Autisme et surdon se retrouvent autour du Syndrome d’Asperger. L’Association Nationale pour les Enfants Surdoués le mentionne, dans les deux cas, on constate chez les enfants

–       Une capacité limitée à se faire des amis  parmi ses pairs
–       Une certaine répulsion à engager ou maintenir une conversation
–       Des tics de langage (répétitions, vocabulaire guindé ou inhanituel)
–       Habiletés sociales et imaginaires limitées
–       Très vif intérêt, très concentré sur certains sujets spécifiques
–       Préoccupation avec certains objets
–       Difficulté à changer d’habitudes, associées à des routines ou des rituels.

Néanmoins, est-il si important de labelliser ? N’est ce pas la façon d’accompagner au mieux qui devrait prévaloir ? C’est ce que mentionnent Temple Grandin et Agnès Burger dans leurs travaux.

GIFTED OR AUTISTIC? THE ‘GREY ZONE’
(Surdoué ou Autiste ? La zone grise) –
Agnes Burger-Veltmeijer
La « zone grise », c’est l’ensemble des caractéristiques que l’on retrouve à la fois chez les autistes et chez les surdoués.  Un tableau comparatif plus précis que ce qui est indiqué plus haut est établi (page 2 du pdf en ligne).  Agnès Burger reprend peu ou prou les questionnements de Temple Grandin (cf références plus bas) :
« Au lieu de se poser la question “Est ce que cet enfant est ou non atteint d’un Syndrome d’Asperger ? »,nous devrions plutôt nous poser la question « Quels sont les besoins éducationnels et psychologiques de cet enfant surdoué qui semple présenter un Syndrome d’Asperger ? » ou encore « .. pour cet enfant avec Syndrome d’Asperger qui présente les caractéristiques d’un enfant surdoué » ? En d’autres termes, il fait passer de la labellisation au questionnement sur les besoins ».
Agnès Burger insiste également sur l’observation de l’enfant dans son environnement habituel, et non pas seulement en milieu clinique et en entretien en face-à-face.

Temple Grandin :
Label of ‘autism’ could hold back gifted children– Nature. 2004 May 20 ; 429(6989):241 – PMID: 15269741 [PubMed – indexed for MEDLINE]

« Genius May Be an Abnormality: Educating Students with Asperger’s Syndrome, or High Functioning Autism, » Un document indiqué par le site de l’Association Nationale pour les Enfants Surdoués et dont l’adresse peut être retrouvée grâce à la « Wayback Machine »

Dans un article intitulé Where Are All the Autistic Adults? (Que deviennent les autistes à l’âge adulte ?), le blogger Catana mentionne que « De plus en plus d’information sur les autistes vient des autistes adultes eux-mêmes, qui écrivent des articles ou des livres ou même bloggent. Ils démontrent ainsi qu’ils parviennent à surmonter la plupart des difficultés de l’enfance, grâce à un traitement adapté, aux apprentissages mais aussi grâce à la maturation naturelle de leur système nerveux. Ce qui est décrit l’est de façon extrêmement précise, une caractéristique du monde de l’autisme« .

Voir Le Papotin, un journal rédigé par des autistes, parrainé par Howard Buten (Buffo) et Marc Lavoine

C’est l’occasion de saluer le travail effectué par Howard Buten, neuropsychologue américain qui travaille en France avec les autistes. Il est également célèbre pour son travail de clown avec le personnage de Buffo et pour un livre intitulé « Quand j’avais 5 ans, je m’ai tué »

Deux sites consacrés à l’autisme :

Le « Autism Research Institute » dispose d’une page de ressources à l‘attention des francophones – plus de 150 documents mis à disposition !

Threshold aborde l’autisme sous divers angles : Physique, Mental, Culturel, Emotionnel et Pratique (une couleur par thématique)

Autres sources :

The Gifted Side of Autism by Penelope McMullen
Le témoignage d’une femme qui, à l’âge de 50 ans, découvre qu’elle est autiste. Une découverte qui apporte un soulagement intense. Les habiletés psychiques et la spiritualité dont font montre les autistes sont également décrites dans ce texte.   (CR)  JOURNAL_CITATION: Focus on Autism and Other Developmental Disabilities; v15 n4 p239-42 Win 2000 ISSN: 1088-3576 ERIC_NO: EJ619739 NOTE: Special Issue, Part 1. ERIC_ISSUE: CIJJUL2001

A Profile of Gifted Individuals with Autism: The Twice-Exceptional Learner by Cash, Abbey B.
Présentation des comportements communs à l’autisme et au surdon. Analyse de sujets surdoués autistes. l’impact du surdon est discuté ainsi que les implications de cet impact (Author/CR)  JOURNAL_CITATION: Roeper Review; v22 n1 p22-27 Sep 1999 ISSN: 0278-3193 ERIC_NO: EJ595003

Savants, segments, art and autism. J Child Psychol Psychiatry. 1995 Sep;36(6):1065-76.  PMID: 7593399 [PubMed – indexed for MEDLINE]

New perspectives in autism, Part II: The differential diagnosis and neurobiology of autism.
Curr Probl Pediatr. 1988 Nov;18(11):613-94. Review.
PMID: 3063439 [PubMed – indexed for MEDLINE]

Visual dyslexia – Vision, audition, balance, magnocells, genes, antibodies and fish!

Organizational effects of fetal testosterone on human corpus callosum size and asymmetry

Changes in the Developmental Trajectories of Striatum in Autism

14 thoughts on “Surdon et Autisme

  1. bonjour il parait qu’il y a des surdoués ici j’ai appris il y a deux semaines que j’étais surdouée 100% et je voulais savoir comment on fait à lécole pour faire ce qu’on appelle le raisonnement entre la question posée et le résultat. j’ai 19 je suis en terminale STMG au CNED et après avoir lu quelques chapitres de « adulte surdoué cadeau ou fardeau » et de « différences et souffrances de l’adulte surdoué » je suis parti dans un gros délire en disant que j’arrêtais de travailler toutes les matières sauf anglais et espagnol parce qu’il y avait pas de raisonnement dans ces deux matières et c’est aussi les deux seules matières ou j’ai eu des notes au dessus de la moyenne les autres matières ne dépassant pas 3/20. Donc si un autre surdoué qui aurait été confronté à un problème du même genre et qui aurait trouvé une solution pouvait m’aider dans ce pétrin c’est pas de refus

    1. Bonjour Ernoul,

      La solution, ou tout au moins un début de solution, serait de te faire confiance, et d’accepter la réponse qui te vient à l’esprit, par rapport à la question posée. Ensuite, seulement tu dois aller chercher des éléments du raisonnement, meme si ceux-ci ne correspondent pas tout à fait au raisonnement d’une personne lambda.

      En effet, la plupart de temps, ton raisonnement prend des chemins de traverse, parfois bien différents des étapes du raisonnement proposé par le professeur. Tu vas avoir sans doute des éléments identiques au raisonnement qi’il propose , mais agencés et reliés différemment.

      Il faut faire cet effort de rechercher comment tu es arrivé à la réponse car : 1 : les étapes de raisonnement sont demandées par le système scolaire, 2 : cela te donne confiance en toi, et en la réponse qui t’est venue spontanément à l’esprit.

      De là à négliger toutes les matières où on raisonne…. c’est je pense une erreur. Il faut te reprendre, meme si tes résultats à ces matières ne seront pas tout à fait satisfaisant. Ce que tu veux, ce son des super notes , ou bien rien du tout et tu laisse tomber.

      Non, l’apprentissage ne marche pas comme ca : il y a dans tout apprentissage, des imperfections, des tâtonnements, des reculs (ou on se dit qu’on y arrivera pas), des recommencements (ou on se dit que tiens finalement en forcant un peu, on y est arrivé, meme partiellement).

      C’est comme dans la vie d’adulte, la vie professionnelle… Le perfectionnisme extreme ne mène pas loin. Par contre, ces essais et tâtonnements, l’imperfection, le simple fait de voir en globalité fait que, à respeceter sa manière de penser (en arborescence et en global), au final, on fait beaucoup moins d’erreur, et on gagne en perfection, sans faire d’excès de perfectionnisme, car le taux d’erreur est de plus en plus réduit, et ce avec des tâches très complexes et nombreuses.

      Crois en mon expérience.

      Cricri, à qui tu rappelle bien des doutes….. d’adolescente.

      1. « il y a dans tout apprentissage, des imperfections, des tâtonnements, des reculs (ou on se dit qu’on y arrivera pas), des recommencements (ou on se dit que tiens finalement en forcant un peu, on y est arrivé, même partiellement). »

        La Vie fonctionne comme ça, en fait, quand on regarde l’Évolution, on ne peut que constater des essais-erreurs, des imperfections, des reculs et des recommencements (lire les passionnants, indispensables et accessibles livres de Stephen Jay Gould). Alors comment pourrions-nous ne pas fonctionner comme ça nous aussi ? Un peu de modestie… 🙂

    2. Hello,

      Ce qui est bien, c’est que tu aies conscience de la manière dont tu es construite.
      Ce qu’il faut faire ? Agir en fonction de ce que tu as appris.
      Tes choix sont tes choix, il te faudra les assumer.
      Si tu penses, je caricature, qu’être surdouée te dispense légitimement de faire des efforts, et bien évalue les avantages et inconvénients de ce choix et vois si tu pourras en assumer les conséquences.
      Je pense, à te lire, que tu as déjà les réponses, et que tu conserves l’incertitude de faire « le bon choix ».
      Nous en sommes tous là, c’est inconfortable, mais, finalement, n’est-ce pas la preuve de l’existence de notre responsabilité ?
      Bienvenue dans le monde terrifiant des adultes 🙂

  2. Pour continuer, voici ce que j’ai trouvé dans l’avant-dernier « Cerveau et Psycho » consacré à l’autisme (mai-juin 2012), p44 sur les dernières infos sur l’autisme. Y’a comme des mots communs avec les HP (rien que dans le titre)… :
    « S’isoler pour se protéger
    D’après le modèle proposé par l’équipe de Lausanne, l’évitement oculaire et les troubles de l’attention conjointe résulteraient de l’hyperexcitabilité du système neuronal traitant les stimulus émotionnels (centré sur l’amygdale), et de l’échec de processus de contrôle et de régulation des émotions. En raison de leur expérience émotionnelle accrue et de leur hyperactivité sensorielle, les autistes percevraient des stimulus environnementaux anodins comme hostiles et menaçants.
    De même, comme ils sont incapables de traiter plusieurs informations simultanément et que leur activité cognitive est excessive, ils pourraient adopter des comportements inappropriés et socialement inadaptés ou mettre en place des stratégies cognitives compensatoires. Une activité sensorielle, cognitive et affective trop intense les pousserait à s’isoler, à se mettre en retrait de la société et les rendrait anxieux. Ainsi, les troubles de la socialisation ne seraient que le reflet d’une physiopathologie généralisée touchant de nombreuses fonctions cognitives, et en particulier les fonctions de contrôle et régulation de l’activité cérébrale.
    Les autistes fuiraient ces sensations anxiogènes en évitant les stimulus issus de l’environnement et tout particulièrement de leurs congénères. »

    1. Oui, autistes et hp, même combat !
      Mais… sont-ce nos sensations qui sont anxiogènes, ou juste le fait qu’elles soient intenses, permanentes et trop nombreuses ? Les autistes et les hp perçoivent-ils des « stimulus anodins » comme « hostiles et menaçants » ou ne peut-on admettre que ces stimuli ne sont pas anodins, et que leur excès est réellement hostile et menaçant ? Y avait-il des autistes en des temps où les stimuli étaient moins nombreux ? Est-il anormal d’être à bout de nerf dans un monde rempli de bruits et de fureur ?
      Sommes-nous « trop » ou sont-ce les autres qui ne sont que des brutes hypo-sensibles ?
      Non mais…

  3. Moi j’ajoute celui-ci, d’après Temple Grandin, autiste et qui essaye d’expliquer les liens entre la pensée visuelle, notamment des autistes mais pas que d’eux, et ses liens avec les émotions et la perception de soi.
    http://autisme.aveyron.free.fr/spip.php?article7

    Pas toujours facile à suivre tant il est difficile de se projeter dans la pensée d’un autre, mais très intéressant.

    1. merci Ruthénoise pour ce lien très intéressant

      ce qui est difficile à suivre pour moi dans cet article, en l’état de ma lecture, c’est l’abstraction employée dans cet article ! je ne comprends de fait que les citations de Temple Grandin qui, elles, me sont parfaitement limpides… plus ça va, plus je suis convaincue d’être directement concernée, bien que personne ne me l’ait laissé soupçonner jusqu’à présent ; belle capacité d’adaptation, tromperie pitoyable dont je suis, au final, la première victime 🙁

      bon, je serai sans doute fixée dans qqs semaines 🙂

      1. et aussi :

        article un peu trop manichéen pour mon goût ; pourquoi pas, plutôt que de parler de « penseur visuel », parler de « pensée visuelle préférentielle » (ce ne serait pas le cerveau droit, ça, tout simplement ?)
        je me reconnais de toute évidence dans beaucoup de choses décrites dans cet article, mais pas du tout dans d’autres (émotions, empathie) et, à le lire, je ne vois pas les intermédiaires entre « pensée verbale » et « pensée visuelle » ; il y en a pourtant forcément, sinon les « penseurs visuels » seraient tout simplement incapables d’employer le langage, non ?

        j’ai l’impression de dire des bêtises mais pas tout à fait… 🙁

        en tout cas, je vois de mieux en mieux la nécessité et la légitimité de parvenir à rédiger mes « mémoires » ; le fil conducteur qui me faisait défaut commence à apparaître 🙂

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