Surdon et carrière professionnelle – tradition, quand tu nous tiens !

Trouvé sur  PubMed, le site de la U.S. National Library of Medicine / National Institutes of Health

Work preferences, life values, and personal views of top math/science graduate students and the profoundly gifted: Developmental changes and gender differences during emerging adulthood and parenthood.

(Préférences de travail, valeurs de vie, et considérations personnelles d’étudiants surdoués mathématiciens de haut niveau et diplômés : changement dans le développement et différences hommes/femmes au cours des premières années adultes puis en âge d’être parents)

Auteurs : Ferriman K ( kim.ferriman@vanderbilt.edu), Lubinski D, Benbow CP.

Source : Département de Psychologie et Développement Humain, Université Vanderbilt, Nashville, Tennessee, USA.

Résumé

Les préférences de travail, valeurs de vie, et considérations personnelles d’étudiants surdoués mathématiciens de haut niveau et diplômés (Les préférences de travail, valeurs de vie et considérations personnelles d’étudiants surdoués mathématiciens de haut niveau et diplômés (275 hommes et 255 femmes) ont été évalués à l’âge de 25 ans, puis à l’âge de 35 ans.

Deux études ont été menées :

Dans l’étude 1 : les analyses de préférences au travail on révélé des changements dans le développement et des différences hommes / femmes dans les priorités de chacun : certaines différences hommes / femmes se sont accrues avec le temps (et ceci, plus chez les parents que chez les participants sans enfant, apparemment parce que les priorités des mères avaient changé).

Dans l’étude 2 : différences hommes / femmes dans les valeurs de vie et considérations personnelles des diplômés à l’âge de 35 ans ont été comparées à celles des participants profondément surdoués (ratio= 1 / 10.000, identifiés à l’âge de 13 ans et suivis sur 20 ans : 265 hommes et 84 femmes. A nouveau les différences hommes/femmes étaient plus grandes dans la population des parents.
Dans les deux cohortes,
– les hommes apparaissaient comme plus libres de leur choix et avec une perspective de vie plus orientée carrière que les femmes, trouvant plus d’importance à créer des produits à grand impact, à recevoir des compensations, à prendre des risque, et à obtenir la reconnaissance de leur excellence dans leurs domaines de compétences.
– les femmes apparaissaient comme favorisant une perspective de vie plus tournée vers la communauté prise dans son entier (famille, amis) et moins orientée carrière.

Les différences hommes/femmes en matière de priorités de vie qui s’intensifient pour ceux qui sont parents, ont anticipé la représentation différentielle homme/femme des carrières à haut niveau très accaparantes. ceci est vrai, même parmi les hommes et les femmes surdoués avec des profils de compétences, des intérêts professionnels et des formations similaires.

(c) 2009 APA, all rights reserved).

PMID:19686005 – [PubMed – indexed for MEDLINE]

Ces études viennent en regard de celle-ci qui elle-même fait référence à une demi douzaine d’autres études sur le sujet et qui vont toutes dans le même sens : même si les femmes surdouées ont de grands rêves, elles les oublient dès leurs premières années de formation supérieure pour pouvoir mener de front carrière et enfants (elles cherchent un travail dont le rythme soit compatible avec celui d’une vie de famille). Ainsi, elles privilégient des cursus plus courts ou moins ambitieux que leurs homologues masculins (pages 5,12,13, 21, 24 – mot-clé : gifted).

7 thoughts on “Surdon et carrière professionnelle – tradition, quand tu nous tiens !

  1. Mon voisin de bureau est surdoué. Au bout du couloir, il y en autre. Et puis encore un autre.
    Et on travail tous dans la R&D. Plutôt le développement en fait. Mais toujours sur des trucs nouveaux, compliqués et pluridisciplinaires. Étonnant non?
    Ça fait un mois que je sais ce que c’est qu’un surdoué. Pour moi, il était évident que l’intelligence n’était pas égale pour tous. Mais pas plus que la taille, la force, la couleur des yeux… J’avais probablement été « précoce », mais maintenant c’était fini. Juste un peu plus intelligent, et puis aussi différent, fragile peut être. Mais ça n’avait rien à voir.
    Et puis j’ai lu par hasard quelque chose sur la sensibilité associé à l’intelligence. Et j’ai lu des livres, vu des videos de conférences et parcouru tout ce que j’ai pu trouvé à ma porté. Et me voilà ici.
    Ça fait plus de dix ans que j’ai le même voisin de bureau. La plupart des gens le prennent juste pour un gars « gentil ». Lorsqu’il a fallu établir l’ordre des promotions, il est passé en dernier. Mais à la fois, je lui parle toujours des problèmes compliqués. Et il m’aide à les régler. Et quand il y a un dépannage à la con, c’est sur lui que ça tombe, parce qu’il y arrive, lui. Et au fil du temps, on a parlé de plein d’autres sujets. Mais seulement dans notre bureau. Maintenant, on parle de douance. Son aîné est clairement surdoué, les autres probablement.
    Un autre collègue a eu un parcours scolaire inimaginable pour un fils d’ouvrier agricole illettré. Mal vu à cause de son obsession du contrôle. Il a besoin de tout savoir (les autre se sentent fliqués), il ferme ses tiroirs à clé etc. Et il se laisse submerger par ses émotions à chaque injustice: « lui y a droit, les autre devraient aussi! ».
    Le suivant est un phénomène de retenu: quasiment jamais une parole émotionnelle. Tous ses propos sont purement rationnels. Une personnalité extrêmement froide en apparence, duquel il est difficile d’obtenir une opinion tant il préfère se taire. Avec une capacité d’observation et de déduction extraordinaire mais très très bien cachée.
    Bref, une belle brochette de cinglés. Mais moi je les aime bien 🙂

  2. Depuis plusieurs jours, je me suis faite une profonde réflexion sur le devenir du surdoué au niveau carrière professionnelle. En effet, je n’ai pas eu le poste que j’avais convoité et pour lequel j’avais quasiment toutes les compétences.

    Comme tous les HP, j’ai avais investi beaucoup d’énergie, et je me suis valorisée comme jamais (dans le CV, la lettre…mais aussi en interagissant avec le service proprement dit, qui par ailleurs me connait bien).

    Autant dire que j’ai recu le mail laconique et totalement impersonnel de refus comme une météorite sur le tete. Je venais d’etre rejetée, mise à l’écart , au ban, d’etre écartée, remise à ma place…aie aie aie.

    Sur le coup, je n’ai meme pas pu exprimer une émotion, j’avais bien remarqué que depuis quelques temps, je me suis blindée sur beaucoup de choses, mais là maintenant , ma tete et mon corps sont comme clivés, avec blocages et douleurs physiques. Une colère qui ne peut pas sortir, franchement , ce n’est pas ce qu’il y a de mieux pour le santé psychique et physique (dans mes reves , je me suis vue casser tous les objets etc….. jamais je n’avais fait pareil reve avant).

    Grosse déprime de quelques jours, mais en meme temps ca permet de réfléchir. Oui car finalement, à ne pas pouvoir descendre plus bas, ca permet de voir l’avenir d’une manière plus vraie, de voir ce qu’il est possible de faire ou pas.

    Car oui, c’est facile de se replier sur soi, mais en meme temps, ca oblige à repenser l’instant présent, et ne pas penser au mois prochain. Le présent c’est important, moi qui n’ai fait que me projeter dans le futur (le poste de mes reves) pendant 5 semaines, tout ca pour rien. Le présent, ca permet de profiter des petits bonheurs quotidiens, et surtout de se dire qu’on est plus libre qu’on ne le croit en réalité.

    Si ma liberté a bien été cassée sur le plan professionnel, sur les autres plans de ma vie, je suis libre : je n’ai pas de problème finanicer, ma santé reste à peu près à flot, j’ai quelques loisirs. Donc je suis aux commandes de toutes ces libertés qui me sont chères au jour d’aujourd’hui.

    Ce genre de passage à vide permet de voir ce qu’on a, et ce qu’on a pas. A nous de voir si ces choses que l’on a pas pu obtenir sont si importantes pour nous, ou si on peut continuer notre chemin sans elles.

    A moi de voir si je peux continuer de fonctionner dans l’ombre au niveau professionnel, en gardant une image d’employée ordinaire, mais en fonctionnant en fait tout à fait différemment : faire les taches ordinaires en 2h au lieu d’une journée, aménager mes horaires (à mon avantage), combler le vide avec des occupations diverses, et résoudre les situations improbables qui bizarrement me reviennent souvent en dernier lieu, quand personne n’a pu les résoudre, et auxquelles je trouve une solution (improbable pour les autres) avec un large sourire (!). Ces situations résolues rendent service aux autres, eh oui c’est là ma grande faiblesse : toujours alléger la détresse ou les petits malheurs des autres (blindée et dure avec moi, mais une passoire pour les autres).

    En résumé, je vais profiter des fetes très modestement (je n’aime plus l’aspect cadeaux d’un coté et que je te tire dans les pates de l’autre), mais surtout je ne pense pas pour l’instant à ce que je vais vivre le mois prochain. Pas question, ces 2 semaines ce sont mes 2 semaines, non mais.

    Cricri qui souhaite de joyeuses fetes à tous les talents de Talent différent.

  3. alleye, je la ramène encore : j’ai sacrifié mon premier fils à ma thèse (qui ne me sert à rien) et mon deuxième à la recherche d’un emploi (que je n’ai pas trouvé) ; j’ai consacré du temps à mon 3è fils, et j’en suis très heureuse ; en même temps, j’ai bcp souffert de l’isolement de la mère au foyer (ennui face aux tâches domestiques, solitude dans une société où quasi tout le monde travaille…)

    n’y aurait-il donc pas moyen de trouver un moyen terme raisonnable ? pourquoi un emploi satisfaisant devrait-il toujours être à plein temps voire plus ? si les hommes acceptaient enfin de « travailler » moins et de partager les tâches domestiques, les femmes pourraient enfin concilier maternité et emploi gratifiant, pour le bien-être de tout le monde

    quoi qu’on en dise, la relation mère-enfant est primordiale dans la première année, autant pour l’enfant que pour la mère ! pourquoi les femmes doivent-elles s’amputer de leur formidable puissance de mère pour s’abaisser à ne faire que comme les hommes ?

  4. Si les hommes sont plus entreprenants, plus portés vers le risque, ça n’a peut-être pas plus à voir avec les traditions qu’avec la testostérone, dès l’instant où l’on sait que la prise de risque (ainsi que les comportements violents) est liée à la testostérone.
    Prenons juste le cas des traders. C’est une activité davantage destinée aux hommes qu’aux femmes. Et on comprend pourquoi.

    1. Bonjour
      Ainsi que je l’ai précisé sur la page d’accueil, ce blog est destiné à compléter le livre que j’ai rédigé.
      Je vous invite à vous reporter à la description que je fais des femmes surdouées, mais aussi à y lire la place que tient la testostérone dans le cerveau d’un surdoué.

      1. Oui tout à fait d’accord : les effets de la testostérone ne sont pas que dans les comportements plus risqués et agressifs. Hommes et femmes ont tous deux de la testostérone, et il a été démontré le rôle de cette hormone dans le cerveau des surdoués comme Cécile le rappelle.
        Le fait de penser que la testostérone rend les personnes agressives est une idée reçue, ou du moins il faut une quantité anormalement élevée pour provoquer un tel comportement, tout comme d’autres molécules favorisent un certain comportement à haute dose.

        Ce qui m’interpelle ici ce sont ces 2 phrases :

        « les hommes apparaissaient comme plus libres de leur choix (…) » et « les femmes apparaissaient comme favorisant une perspective de vie (…) »

        Tout est là. Et on est davantage dans la psychologie sociale que dans la psychologie différentielle. Les hommes sont « libres » alors que les femmes « favorisent », tout ceci en accord avec l’éducation et la société.

        Va falloir un peu réformer les moeurs, et on verra si les femmes surdouées s’occupent autant du foyer qu’avant, et si les hommes s’en occupent aussi peu qu’avant….

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