Surdoués au travail (2) – Le portrait type du parfait manager pour un surdoué

Aelis ayant lu l’article « Surdoués au travail – Eléments clé de l’innovation en entreprise » m’a suggéré en commentaire la lecture d’autres articles.
Mieux ! Elle m’en a adressé la traduction afin que ces textes vous soient plus rapidement accessibles !
Qu’elle en soit remerciée, car l’aspect collaboratif de ce blog me semble un élément important pour faciliter la diffusion des connaissances sur le surdon chez les adultes.

Cet article, rédigé par Noks Nauta, Sieuwke Ronner et Donatienne Brasseur s’attache à mettre en lumière les besoins des surdoués en matière de positionnement dans l’entreprise.
Utile, pour effectuer une recherche d’emploi plus affirmée, et peut-être même mieux orientée, ou même pour faire évoluer son poste en entreprise… ce qui ne va pas sans un travail sur soi dans certains cas – mais c’est la base de la progression, non ?

Ici, il s’agit de déterminer le type de relation hiérarchique préféré par les surdoués.
A la fin de leur article, les auteures se posent la question de savoir si leur étude reflète seulement la pensée des membres de Mensa Pays-Bas qui ont répondu.

Je serais curieuse d’avoir votre avis – je vous propose de réagir à l’article avec +1 ou 0 si vous n’avez pas envie de commenter particulièrement. Je suis sûre que Noks Nauta, Sieuwke Ronner et Donatienne Brasseur à qui j’ai demandé l’autorisation de publier ce billet sur Talentdifferent seront intéressées à avoir quelques bribes d’éclairage supplémentaire sur la réalité du fonctionnement des surdoués hors leur région d’étude initiale.
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ETRE UN BON RESPONSABLE POUR LES EMPLOYES SURDOUES

Noks Nauta, Sieuwke Ronner, Donatienne Brasseur – 14 février 2012
(Article disponible dans sa version originale (néerlandais) sur le site de l’Institut Néerlandais pour les Adultes Talentueux et Surdoués / Instituut Hoogbegaafdheid volwassenen)

1- Introduction
Nous lisons de plus en plus d’articles sur l’importance du maintien et du développement des talents dans les entreprises.
Reconnaître, développer et conserver ces talents nécessite plusieurs compétences managériales. Le management efficace est une valeur ajoutée essentielle dans les entreprises.
Les recherches indiquent qu’un responsable peut avoir un impact dans l’entreprise, uniquement si son leadership est en ligne directe avec les besoins de ses employés.
Meilleure est la coopération entre responsable et employé, plus efficace est le leadership, ainsi que les bénéfices pour l’entreprise.

Il existe très peu d’écrits sur le management des surdoués. Récemment, Lackner a écrit un livre sur le sujet en Allemagne(2012 – sommaire en allemand). Dans ce livre, ce dernier a fondé ses observations sur des articles hollandais (par Corten, Nauta et Ronner).
Pour avoir une compréhension plus complète des besoins des employés surdoués, nous avons demandé à des membres de Mensa Pays-Bas leur opinion et expériences avec leurs managers et responsables au travail, et comment leur talents se sont développés sous leur égide.

Cette recherche a montré que les membres de Mensa ont une vision largement partagée des caractéristiques et du comportement du responsable  » idéal ».
En plus d’un important besoin d’autonomie, il est frappant de voir que les surdoués qui étaient consultés mentionnent également leur besoin de structure et d’objectifs de performance d’une part, et d’autre part d’appréciation, de respect, de responsabilisation et d’écoute.
Plus loin, nous donnerons une description de l’enquête et de ses résultats.
Dans l’article qui suivra, nous présenterons les recommandations des employés surdoués au sujet de leur relation avec leur responsable, et nous leur demanderons ce que seraient un emploi et un environnement de travail satisfaisants selon eux, en se fondant sur les résultats de cette enquête.

2- Enquête
Nous avons établi la liste de questions ouvertes suivante :
-Comment, à partir de votre expérience d’employé, définiriez-vous un bon responsable, en termes de :
A) Caractéristiques personnelles (homme/femme, âge, niveau d’éducation, type de travail, etc..)
B) Qualités personnelles (empathique, entreprenant, conciliant, investi, chaleureux, appliqué, respectueux…)
C) Son comportement à votre égard? Etre le plus précis possible.
D) Quelles conseils donneriez-vous à un chef de service d’employés surdoués?

Les questions étaient visibles sur une page du site de Mensa Hollande de fin décembre 2010 au 1er février 2011.

3- Panel
129 membres ont répondu aux questions: 62 hommes, 63 femmes et 4 n’ont pas indiqué leur sexe. 12 membres ont envoyé des informations inutilisables, par exemple en mentionnant uniquement que l’enquête était très intéressante, ou en disant qu’ils étaient managers ou chefs de service eux-mêmes, ou qu’ils travaillaient en indépendant, ou encore en ne donnant aucune réponse.
117 réponses ont été utilisées dans l’analyse: 55 hommes, 59 femmes, et 3 de genre non déterminé. Les participants avaient des professions et horaires de travail très variés.

4- Résultats
Compte tenu du nombre de réactions, et de l’élaboration des réponses, nous pouvons dire que le sujet de cette enquête a créé un consensus auprès d’un grand nombre de membres de Mensa.
En analysant les réponses, nous avons découvert que les participants ne faisaient pas toujours la distinction entre les caractéristiques, les qualités et le comportement de leurs responsables. Il y avait également un grand nombre de participants qui ont exprimé leurs souhaits, au lieu de raconter leurs expériences avec un chef de service agréable.
Donc nous nous limiterons aux caractéristiques générales des descriptions du responsable idéal pour les employés surdoués, fondées sur les expériences et recommandations des participants.

4-1 Le responsable idéal pour les employés surdoués
Concernant le comportement, un responsable est jugé bon quand:
• il/elle accueille et reconnaît le caractère unique de son employé surdoué, par exemple en étant flexible dans son approche, en n’exerçant pas de contrôle,et en sachant utiliser ses talents.
• il/elle offre un environnement structuré où les limites sont claires et établies en vue du besoin d’autonomie de l’employé surdoué, avec des objectifs de performance qui vont dans le sens de l’intérêt de l’entreprise.
• il/elle crée un climat dans lequel les employés surdoués s’épanouissent : il leur donne confiance, facilite, motive, délègue, et reconnaît leur participation aux succès de l’entreprise

Les employés surdoués trouvent que leur responsable est stimulant quand il/elle:
• A des compétences relationnelles: s’intéresse aux gens, est abordable, fait preuve de respect, est ouvert et honnête, se sent concerné par la personne et le travail, est empathique, et a un sens de l’équité développé, est concentré sur les tâches à réaliser et sur les objectifs à atteindre, et a une vision globale.
• D’autre part, la stimulation est plus importante si le responsable sait être un bon interlocuteur capable de donner un retour sagace sur les idées présentées , s’il a le sens de l’humour, s’il est flexible, et surtout a assez confiance en lui-même pour ne pas se sentir menacé par l’employé surdoué.

4-2 Objectifs structurels
Des tendances se dessinent à partir des réponses données, sur l’organisation désirée du travail. Les participants pensent que leur autonomie doit se déployer dans un cadre clair.
Ils ont besoin d’objectifs de performance non-ambigus, de buts concrets, et d’attentes définies de leurs responsables au sujet d’une mission. Leur autonomie doit être créée en vue de produire des résultats. Le résultat final sera évalué. Ils attendent du responsable qu’il les aide à atteindre l’objectif final.

4-3 Pas de hiérarchie
Les employés surdoués apprécient de travailler sur une base égalitaire, et de chercher des solutions à l’intérieur de ce cadre. Un responsable ne devrait pas traiter les employés surdoués comme des concurrents.
Il est cependant autorisé à émettre des critiques, et à être un partenaire disponible pour des débats. L’égalité et la confiance sont ici des valeurs clés.

5- Débat
Nous ne savons pas si les participants sont représentatifs de tous les membres de Mensa ou de tous les employés surdoués des Pays Bas. Nous avons été très satisfaits du nombre important de participants, de l’amplitude des rythmes de travail et de professions enregistrées.
Compte tenu du nombre de réactions et des remarques élaborées à partir des réponses, nous en déduisons que ce sujet de recherche crée un consensus auprès d’un nombre important de Mensan’s.
Pour des études plus complètes sur le sujet, un autre type d’enquête serait nécessaire. Les résultats de notre enquête pourraient être considérés comme des données indicatives. Nous espérons que plus de recherches scientifiques seront effectuées pour améliorer les connaissances actuelles sur le sujet, ce qui permettrait à ces talents d’être mieux utilisés, et de façon plus large.

Références

Corten, F., Nauta, N. & Ronner, S. Highly intelligent and gifted employees – key to innovation? Academic paper International HRD Conference, October 2006. See www.werkenwaarde.nl.
Lackner, M. Talent-Management spezial. Hochbegabte, Forscher, Künstler … erfolgreich führen. Wiesbaden: Gabler/ Springer, 2012.
Nauta, N. & Corten, F. Hoogbegaafden aan het werk. [Voor de praktijk] TBV 2002; 10(11): 332-335.
Nauta, N., Ronner. S. Giftedness in the work. Environment. English translation of: Hoogbegaafdheid op het werk. Achtergronden en praktische aanbevelingen. [Voor de praktijk] TBV 16 (2008): 396-399.
Vries. R. E. de, Roe, R. A., Tallieu, Th. C. B. & Nelissen, N. J. M. Behoefte aan leiderschap in organisaties: wie heeft het en waarom? Gedrag & Organisatie, Vol.17, Juni 2004, nr.3, pp. 204-226.

Auteurs

Noks Nauta est médecin du travail et psychologue; elle travaille pour le IHBV. Noksnauta@ihbv.nl
Sieuwke Ronner est psychologue, médiateur et expert en organisation. Info@meriones.nl
Donatienne Brasseur MBA,est experte en organisation.
donatienne@brucelle.be

48 thoughts on “Surdoués au travail (2) – Le portrait type du parfait manager pour un surdoué

  1. Bonsoir,
    je découvre ce blog et souhaite commencer par un immense MERCI à Cécile BOST, pour l’impulsion initiale, pour ses travaux et publications, notamment son livre « Etre un adulte surdoué – 3e édition » que je dévore depuis qu’il est arrivé.
    Après avoir longuement « tourné autour du sujet » – mon fils ayant été diagnostiqué « précoce » il y a environ 10 ans – j’ai aujourd’hui la confirmation que je suis également concerné, bien que le qualificatif ne soit plus approprié… je confirme par ailleurs que cette caractéristique (!?), et son mode de fonctionnement inhérent, n’est pas simple à gérer au quotidien.
    Concernant, le monde de l’entreprise, je lis ce post avec énormément d’intérêt car j’y retrouve pour l’essentiel ce que j’attends d’un manager et de la relation avec les membres de son équipe (NB: je suis moi-même aujourd’hui manager d’un département d’env. 20p).
    J’ai longtemps considéré que j’étais probablement « trop » (oui, moi aussi, je suis « trop » ou parfois « pas assez ») exigeant vis-à-vis de ma hiérarchie. Je découvre tardivement – à 46 ans – que c’est plutôt normal, à condition de savoir comment on fonctionne – en partie grâce à ce site – encore merci.
    La grande question reste celle de l’épanouissement dans un système – société du CAC40 pour moi – qui est plutôt conformiste – même si on parle d’innovation dans toutes les réunions 😉 – et de la reconnaissance.
    Dans tous les cas, partager permet a minima de comprendre et d’avancer. Nous sommes tous différents, mais il peut arriver qu’on se reconnaisse dans certains témoignages…

    1. merci de votre commentaire Kris@Lead.
      Oui, le partage est essentiel !
      Quand on découvre qu’on n’est pas tout(e) seul(e), alors il est plus facile de se penser hors normes qu’anormal(e) 🙂
      Ce qui, je trouve, change beaucoup de choses

  2. j’ai lu ce site de long en large , je m’interesse de plus en plus a la douance et pour moi c’est le choc. j’ai toujours su que j’etais nettement plus intelligent que la moyenne, deja a l’ecole primaire ils avaient fait des tests
    a 20 on a mesuré mon qi a 145 au moins, j’ai fait des etudes brillantes d’ingenieur, quand je m’appliquais je faisais 20/20. certains profs m’on meme contacté personnellement
    mais ce que je ne savais pas c’etait que le surdoué fonctionne differamment. je suis de plus en plus scandalisé par ce que je decouvre.
    j’ai aussi lu le livre de Mme Bost mais que je trouve assez negatif et qui ne propose pas de pistes. J’ai vu un specialiste de la douance tres recemment aussi qui m’a ouvert les yeux. J’ai parfois l’impression qu’on est des laissé pour compte.
    Le probleme c’est que maintenant que je commence a mieux comprendre la société et les non-dits, que la douance n’est pas specialement un avantage , que la société favorise le fayotage et le conformisme dans un moule trop petit pour le surdoué.
    Par contre dans le milieu academique ou scientifique le surdoué est comme un poisson dans l’eau selon mon experience personnelle.

    1. Bonjour Luc

      Vos commentaires sont sans très intéressants.
      Néanmoins, vos adresses mail sont systématiquement fausses (« 550 #5.1.0 Address rejected« ).
      je vous serai reconnaissante de bien vouloir utiliser une adresse valide pour que je puisse continuer à publier vos commentaires.
      merci de votre aide.

    2. bonsoir Luc,

      Le milieu académique n’est pas un paradis pour le surdoué (crois en mon expérience).

      Disons que ca dépend du milieu, de la structure, et de notre statut.

      quand on est plus en bas de l’échelle, c’est très dur de changer de poste, voire meme d’obtenir des nouvelles attributions.

      Quand à la promotion….. elle se fait attendre…. beaucoup trop longtemps, de quoi saquer la motivation de n’importe qui.

      Sauf si on est passionné par ce qu’on fait, encore faut il s’accrocher, meme dans ce cas là.

      Cricri

  3. J’en suis arrivée à cette brillante conclusion ce matin. Il devrait être illégal pour un manager de :
    – Dire à sa collaboratrice qu’elle a des attitudes d’enfant insupportables ou de lui donner un quelconque conseil ou de lui faire une quelconque remarque et dans le même temps :
    – De pourchasser ses collaboratrices après avoir jeté leurs chaussures par la fenêtre
    – D’écouter de la musique à fond dans son bureau
    – De fumer dans son bureau
    – De se rendre compte qu’on est là (15h30) alors qu’on est sur place depuis 9h
    – D’exiger qu’on lui dise qu’il est beau.
    Et j’en passe, de bien plus belles.

    Voilà, c’est simple ça devrait purement et simplement être illégal. Il faudrait penser à exiger des tests de salubrité mentale, des dépistages anti drogues, et exiger un minimum de QI aux managers.

    Il faut aussi arrêter aussi le tutoiement et la bise le matin, par pitié!!!! (c’est prouvé, hein, c’est super toxique ce comportement de faux amis dans un rapport hiérarchique. Il faut arrêter. Il y en a un qui a le pouvoir de virer l’autre, c’est simple, ça n’est donc pas et ne sera jamais un « copain » à égalité. Et si la solitude du manager est pesante, penser à son salaire. Merdalafin).

    J’en ai marre, super ras le bol, je pense que ça se lit, mais alors là, vraiment.
    Que les cabinets de recrutement et les entreprises arrêtent de recruter les mêmes cnn@%ssds toxiques d’une boîte à une autre sous prétexte qu’on jour ils ont suffisamment ciré des pompes pour être managers, et ça fera des vacances à tout le monde, et pas qu’aux surdoués!

    Pardon, hein, mais là, vraiment…

    1. Hélas.. si pas de constatation formalisée de ce genre de comportement inadmissible, effectivement rien d’illégal…
      Finalement, ça serait bien de pouvoir insérer des remarques auprès des responsables qualité…
      Mais la qualité ne prend pas en compte les comportements….

    2. Au-dela du probleme des HPi il faut reconnaitre que le fonctionnement (voulu) de certaines entreprises est toxique pour tout le monde. Tout ceci par des methodes de management retrogrades, scandaleuses et souvent importées d’outre-atlanntique. Et le chomage de masse permet ce genre de pratiques car en temps normal ou de plein emploi personne ne voudrait travailler dans une telle entreprise.
      Je crois qu’il est dangereux de voir des problematique soco-politiques genealisées uniquement sous l’angle des HPi.
      Chomage de masse, qui touche tout le monde (dans mon entourage j’en connais pas mal) et lié a un systeme politique a bout de souffle en Occident.

    3. Je compatis à votre sort et dans le même temps je n’arrive pas à croire ce que je lis !!! Ces comportements que vous décrivez sont sanctionnés dans toute organisation un minimum saine. Mais j’avoue que j’ai quand même vu des exemples ahurissants mais c’était clairement dans un environnement malsain : le département était un placard. J’ai donc vu un manager dans son bocal qui frappait comme un fou furieux son clavier contre sa table et qui sifflait pour appeler des gens.
      Alerte, alerte donc lorsque ce genre de comportements est observé.
      Bon courage lechalote, les environnements sains existent (en tout cas plus sains que ce que vous décrivez). Je vous souhaite de les rejoindre.

  4. Puis-je me permettre un petit jeu de mots pour devier vers un autre sujet: la relation de couple. Et cela donnerait le profil suivant mais cette fois-ci du conjoint d’un HP ( pas forcement aussi un HP):
    4-1 Le conjoint idéal pour les surdoués
    Concernant le comportement, un conjoint est jugé bon quand:
    • il/elle accueille et reconnaît le caractère unique de sa moitie surdouée, par exemple en étant flexible dans son approche, en n’exerçant pas de contrôle,et en sachant partager ses talents.
    • il/elle offre un environnement structuré où les limites sont claires et établies en vue du besoin d’autonomie du conjoint surdoué, avec des objectifs communs qui vont dans le sens de l’intérêt du couple.
    • il/elle crée un climat dans lequel le conjoint surdoué s’épanouit : il lui donne confiance, facilite, motive, délègue, et reconnaît sa participation aux succès (des projets) du couple

    Les conjoints surdoués trouvent que leur conjoint est stimulant quand il/elle:
    • A des compétences relationnelles: s’intéresse aux gens, est abordable, fait preuve de respect, est ouvert et honnête, se sent concerné par la personne et le couple, est empathique, et a un sens de l’équité développé, est concentré sur les tâches à réaliser et sur les objectifs à atteindre, et a une vision globale.
    • D’autre part, la stimulation est plus importante si le conjoint sait être un bon interlocuteur capable de donner un retour sagace sur les idées présentées , s’il a le sens de l’humour, s’il est flexible, et surtout a assez confiance en lui-même pour ne pas se sentir menacé par le conjoint surdoué.
    En tout cas, je me suis bien amusee! ( desolee si le sujet a ete peut etre traite ailleurs…)

    1. rires … c’est tellement vrai, merci de m’avoir fait l’économie de le mettre en mots … bon …. ( et j’entends alors la voix de ma mère me susurrer : tu ne serais pas trop exigeante ? ) et aujourd’hui , je dis non, juste lucide sur mes besoins !

  5. +1 pour cette étude :
    Concernant cet article, j’y vois des éléments « libérateurs » (l’effet « ça me parle », « je suis d’accord avec ces conclusions qui sont évidentes »).
    Excellent blog, l’utilisation du mind mapping le rend encore plus intéressant.
    Veuillez trouver ci-dessous les aspects que j’apprécie beaucoup :
    – je perçois dans tous vos articles une continuité de la démarche que vous avez adopté pour votre livre (que je vais m’empresser d’acheter et lire) : une combinaison subtile mais rigoureuse de la démarche scientifique avec le partage d’expériences
    – votre modération des commentaires est empris de beaucoup de respect et d’humilité. Il en ressort un travail abouti sur soi et vous me semblez très cohérente par rapport à la devise « être bien avec soi pour être bien avec les autres ».

    Merci de votre contribution à rendre d’autres zèbres un peu mieux dans leurs baskets.

    Très cordialement

  6. Pour ma part, j’ai spontanément opté pour une stratégie classique.

    Après différentes expériences, je n’ai jamais été aussi épanoui que depuis que je me suis totalement rétrogradé au plus bas de l’échelle sociale. Je travaille dans un milieu où beaucoup d’employés sont des cas sociaux, à la limite de l’analphabétisme. Le turn-over est énorme, tout comme la difficulté à trouver des employés fiables, qui tiennent la route sur le long terme. Le simple fait que le travail soit fait tous les jours, que je ne sois jamais en arrêt de travail et que je communique mes très rares absences à l’avance, tout comme mes demandes de congés, font de moi un employé particulièrement apprécié et peu contrôlé.

    Cela me permet d’écouter des émissions de radio ou de la musique pendant mes quelques heures de travail. Le reste du temps, je reste chez moi où je ne produit rien de particulier, parce que glander sur internet m’apporte plus de satisfaction que n’importe quelle autre activité.

    Cette situation me convient très bien, mais il dérange mon entourage, qui voit cela comme un authentique gâchis causé par la flemme.

    Il est vrai que je n’ai absolument aucune envie de faire des efforts et que j’aurais les compétences pour faire mieux. Le problème étant que, dans mon expérience du monde du travail, 20% du temps et de l’énergie sont dépensés dans l’usage réel des compétences, les 80% restant servant à compenser l’incompétence globale et les problèmes d’ego généralisés.

    L’énergie et le temps perdus ayant tendance à alimenter l’espoir de quelques reconnaissances souvent mal placées, j’ai vite lâché l’affaire. Cela serait du gâchis si je devais mes capacités à quelqu’un ou quelque chose, or je crois qu’elles sont essentiellement dû au hasard.

      1. Ben moi je trouve ce témoignage très intéressant. Puisque la société de médiocres ne veut pas de nos talents, au nom de quoi devons-nous nous esquinter pour les leur imposer ? Pourquoi n’aurions-nous pas le droit de nous faire plaisir et de vivre tranquilles, nous aussi ?
        Quant à une activité à son compte… Est-ce mieux ? Dans la jungle des obligations normatives, des paperasses administratives et des taxations délirantes, franchement, est-ce que ça vaut la peine ?
        Sincèrement, j’aimerais être capable de faire comme Djibz.
        Dans tous les projets en « indépendante » vers lesquels je me tourne, au final il faut bosser comme une malade pour tirer un revenu modeste. Il n’y a plus de juste milieu. Et à cinquante ans, ben désolée, je n’ai plus envie de me tuer au travail. Pour qui, pour quoi ?

        1. Dans tous les projets en “indépendante” vers lesquels je me tourne, au final il faut bosser comme une malade pour tirer un revenu modeste.
          Certains, pourtant, s’en sortent, et même plutôt bien….

          Ma question n’était pas une injonction, mais une invitation à la réflexion.

          Certains ne s’en sortent pas, d’autres y arrivent. Pourquoi ? que se passe-t-il ?
          Est-ce seulement une question de moyens financiers et matériels ? Je ne le crois pas.
          En revanche, je crois que cette « réussite » (cette capacité à ne pas s’épuiser à travailler pour un piètre résultat) tient à deux facteurs :
          – bien se connaître (l’évacuation des poids morts de l’enfance en fait partie)
          – apprendre quelques clés pour bien / mieux vivre « avec » et non pas malgré les « autres ».

          … Ca suppose, il me semble, de ne pas lâcher, de ne pas accepter la loi du plus fort, mais de trouver des moyens de se développer à sa juste mesure (celle dont on a envie)
          Ca suppose de se battre pour vivre et non pas survivre.
          Oui, se battre est épuisant… surtout quand on ne possède pas les clés.

          D’où l’importance de l’apprentissage de ces clés.
          C’est souvent l’oeuvre d’un gros travail sur soi, de la mise en oeuvre de changements profonds, du parcours de zones d’inconfort.

          IL est souvent plus « simple » de laisser tomber, d’abdiquer, de s' »endormir ».
          Je ne dis pas « simple » avec du mépris dans mes mots – je connais bien cet écrasement qui est d’autant plus violent qu’il y a isolement.
          Continuer à se battre est parfois affaire de hasard, de « chance », d’énergie, de forces pour aborder des changements importants.

          Pouvoir se déployer et vivre, c’est quand même tellement mieux que de simplement « survivre », nous sommes, je crois, d’accord sur ce point.
          Je veux simplement essayer de dire que cette inadaptation à pouvoir se déployer à sa juste mesure, ce n’est pas une question de fond, mais bien souvent « juste » de forme.

          1. D’accord aussi avec ça aussi. C’est juste que ça fait plus de vingt ans que je « travaille sur moi », apprends à mieux me connaître et tout ce bazar alors par moments, je me désespère un peu, normal. Mais quand je regarde en arrière, je n’ai pas perdu mon temps. Ce que je suis actuellement est sans commune mesure avec ce que je fus (oui, incroyable, j’ai été encore pire que maintenant).

            Pour en revenir aux indépendants, ceux qui s’en sortent, ils font quoi ? et comment ? parce que s’en sortir en bossant comme une malade, ça ne m’intéresse pas non plus. Je peux me contenter de peu, mais ce que je veux surtout, c’est ne plus me tuer à la tâche. Et ça, travailler peu pour gagner correctement, ben je ne vois pas, mais je serais ravie de découvrir que je me trompe.

            Tiens, ça me rappelle des agriculteurs rencontrés un jour, des éleveurs. Depuis qu’ils étaient passés en bio, ils travaillaient moins qu’avant, gagnaient mieux leur vie et leurs bêtes étaient en meilleure santé, plus heureuses. Eh bien, malgré leur volonté de partager leur expérience, aucun de leurs collègues alentour n’a voulu prendre le risque de suivre leur voie. Comme quoi…
            Quelquefois on cherche loin ce qu’on a sous les pieds.
            Enjoy ! 🙂

          2. Bin, en ce moment, et pour la première fois, j’arrive à peu près à vivre comme j’aime et travailler ce qu’il faut. J’ai un métier où je gère mes horaires assez librement, et j’ai passé 15 ans à me mettre la rate au court bouillon de ne « pas faire assez », de devoir mériter ce que je gagnais et rapportais à l’entreprise. Et j’ai fini par comprendre que c’était à eux de me mériter. Ca paraît bizarre, mais cette méthode Coué fonctionne bizarrement bien. Récemment, j’ai demandé une mutation, et mes managers me l’ont refusée, déclarant que j’étais indispensable là où je suis. Pas de problème, ils se sont piégés eux-même : si je suis aussi géniale, ils ne peuvent plus m’emmerder. Ma chef a essayé, elle a vu que ça ne prenait pas, depuis, elle a peur, et c’est une opération déduction permanente. Outre le fait que ça me navre, ma foi, je suis la seule à avoir la paix. Résultat des courses, ils me font des ronds de jambe, sont charmants, et je fais ce que je veux (ce qui ne nuit en rien à la qualité de mon travail, bien au contraire parce que je procrastine à mort quand je m’ennuie, alors que là, je dépote à fond en travaillant trois fois moins longtemps que les autres, mais en faisant 32 autres choses en même temps qui m’éclatent, dont des petits plats pour mes enfants). Je m’invente des RV sans une once de culpabilité pour rentre plus tôt chez moi, une baby sitter malade, et je donne le change avec un mail à 20 heures (comme les autres). Je ne vole rien à l’entreprise, au contraire, parce que j’ai une super pêche, et que, du coup, tout me réussit, sauf que ça me prend 10 min là où il faut 3 jours aux autres, 6 mois dans les bons cas. J’ai aussi annulé toutes les réunions inutiles, c’est fou le temps que je gagne. Et j’apprends, comme les autres, à prendre des airs débordés et affolés, ça me permet aussi de ne pas en faire 43 fois plus. Bon, ça durera ce que ça durera, mais bizarrement, alors que j’en pouvais plus et que j’allais démissionner sans rien après le refus de ma mutation, la situation s’est retournée, et pour une fois, j’ai mon équilibre! Allez, j’ai quelques mois devant moi, et bien l’intention d’en profiter, la vie est faite d’instants, de toute façons! Et ces instants là, j’ai une petite famille qui mérite bien d’en profiter…enfin….

          3. Bon, quand on est « en prime » dyspraxique, beaucoup de choses sont sources de fatigue ou juste pas possibles à réaliser ou sous beaucoup de conditions et je ne sais pas encore lesquelles et comment et tout ça.

            Quand on est hp et dyspraxique, il y a une gouffre entre ce qu’on a envie de faire et ce qu’on peut réellement mener à bien, surtout quand on n’a jamais eu le bon mode d’emploi. Et ce gouffre… ben je ne sais pas encore s’il est franchissable et comment…

          4. Mon commentaire d’hier répondait, tardivement, à celui de Cécile du 28 janvier : « Certains ne s’en sortent pas, d’autres y arrivent. Pourquoi ? que se passe-t-il ?
            Est-ce seulement une question de moyens financiers et matériels ? Je ne le crois pas.
            En revanche, je crois que cette « réussite » (cette capacité à ne pas s’épuiser à travailler pour un piètre résultat) tient à deux facteurs :
            – bien se connaître (l’évacuation des poids morts de l’enfance en fait partie)
            – apprendre quelques clés pour bien / mieux vivre « avec » et non pas malgré les « autres ».
             »

            Quand on est dyspraxique, on s’épuise pour de piètres résultats dans beaucoup de domaines, les plus basiques qui plus est, c’est tout un réapprentissage du quotidien qu’il faut entreprendre, et avant tout ouvrir les yeux sur soi, se débarrasser du déni qu’on a dû mettre en place pour survivre. En l’occurrence, pour la personne dyspraxique le problème n’est pas seulement « d’apprendre à vivre avec les autres au lieu de vivre malgré les autres » pour reprendre les mots de Cécile, mais aussi d’apprendre à vivre avec soi-même et pas contre soi-même ou à l’insu de soi-même. Sacrée expérience à vivre, un énorme chamboulement après un demi-siècle de faux semblants. Autant la révélation du haut potentiel m’a fait du bien au moral, quand même, autant la révélation de la dyspraxie est autrement plus difficile à vivre, même si être plus cohérente avec moi-même m’aide indiscutablement à mieux vivre et gérer ce fichu quotidien. Pour le non-quotidien, on verra plus tard (quand ? aurai-je le temps de vivre un peu avant de mourir ?)

      2. Arriver à développer une activité à son compte, c’est la deuxième solution classique.

        Pour cela, je crois qu’il faut :
        -Avoir une bonne estime de ce que l’on est capable d’apporter dans cette activité.
        Et / ou :
        -Avoir besoin d’obtenir de l’estime à travers cette activité car elle nous semble valorisante.

        Je n’ai ni l’un ni l’autre.

        Chacun développe la stratégie qui lui convient. J’ai clairement opté pour le renoncement, l’isolement, le repli… J’essaye de rester ouvert sur le monde et les êtres. Je trouve l’estime dont j’ai besoin là où je peux la trouver, dans les relations minimalistes que j’ai au quotidien : sourire d’un hôte de caisse, remerciement d’une personne à qui je tiens la porte en sortant d’un magasin…

        Nous sommes comme n’importe quelle minorité, nous cherchons la reconnaissance comme un remède à l’injustice.

        Je dis cela parce que j’ai l’impression que tournevis fait le jugement de sa situation. Il cherche un sens à tout cela. Mais je ne veux pas faire le procès d’une société, ni de ceux qui sont différents de moi / ne peuvent comprendre ma différence.

        1. Merci de cette précision Djibz. Elle me semble aller dans le sens de ce que je souhaitais ajouter à mon précédent message :

          Cela dit, autant j’ai le sentiment que Djibz a accepté (son témoignage me semble dénoter beaucoyp d’acceptation, une situation qui n’est pas évidente et qui recèle en soi beaucoup de sagesse, car je ne sens pas plus que ça de colère à l’encontre des « autres », plutôt une constatation de sa part de ne pas savoir / pouvoir / vouloir jouer le jeu ambiant), autant tournevis me semble encore dans la lutte – mais une forme de lutte désespérée qui ronge et qui fait souffrir, autant soi que les autres. »

          1. Même ressenti, même sensations.

            En une phrase, je dirais que certains pièges se resserrent sur soi à mesure que l’on tente de s’en dégager.

            Parfois, il faut juste attendre.

            Parfois, à force d’attendre, on apprend à vivre comme ça, en observant le relâchement des forces qui rendaient la situation inextricable.

            Parfois, la passivité est une forme de lutte.

            Il y a aussi ça : le fond et la forme, c’est souvent une question de rythme et de synchronicité.

          2. D’accord avec le dernier commentaire de Djibz : savoir attendre, la passivité comme forme de lutte. Quand j’y parviens, je me sens mieux et, en effet, les choses se débloquent. Il est vrai que ce n’est pas trop dans mon tempérament, ni dans l’air du temps. C’est souvent quand je parviens à retrouver ce fil que Pôle emploi ou mon référent RSA se rappellent mon existence… et paf, rechute.
            Mais bon, je vais m’y remettre, de toute façon j’ai encore chopé la crève, donkeubon, cette semaine je vais lever le pied, chuis raplapla… (tiens donc, merci mon ptit corps frêle ! :-))

  7. Ma n+1 est une nunuche d’un an de moins que moi. Elle se contente de contrôler. C’est insupportable. Mon chef est intelligent et compétent mais il ne s’intéresse qu’à quelques personnes dans son équipe. Je veux dire qu’il se fiche de mon potentiel. Mon chef adjoint, à défaut d’être aussi « moderne » que le chef, est quelqu’un à qui (je pense qu’) on peut faire confiance (je veux dire qu’il n’a pas en tête de calculs à la con pour favoriser sa carrière). En plus, il a l’âge de ma mère.

    Peut-être que ça me suffit comme « qualité d’un chef » : l’honnêteté. Ca inclut pour moi la reconnaissance de ses propres limites, donc ça implique une certaine intelligence.

    Bref. Je me suis dit qu’en 2013 j’allais essayer de changer d’employeur. Je cherche plus de reconnaissance de mon potentiel. Je sais que je cours le risque de tomber sur un management bien pire que celui que j’ai actuellement.

  8. Cette étude me parait tout à fait intéressante. J’ai pour ma part été salariée plusieurs année dans l’industrie où je me suis épuisée à essayer de satisfaire ma hiérarchie sans jamais vraiment comprendre ce qu’elle attendait de moi. A l’époque je ne savais pas que j’était HP et je ne comprenais pas mes difficultés. Le « hasard » m’a conduit à exercer le même métier (chargée de communication) dans une association (800 salariés tout de même) et depuis maintenant 11 ans je savoure chaque jour la joie d’être salariée (j’ai aussi en parallèle créé une activité à mon compte, pour me faire plaisir et m’occuper pleinement). Je me suis souvent demandé ce qui me permet d’être moi-même dans cet organisme et l’enquête confirme certaines piste que j’avais envisagées :
    – l’organisation du travail en milieu associatif est peu structurée, chacun peut plus ou moins façonner son poste
    – les objectifs à atteindre sont énoncés mais chacun est « libre » des moyens pour les atteindre (dans le respect des budgets !),
    – le manque de financement oblige à la débrouille et donc à se creuser la tête pour trouver des solutions, (créer, imaginer des nouveaux supports, de nouvelles façons de travailler, chercher à optimiser les moyens, gagner et faire gagner du temps… me creuser les méninges est ce que j’affectionne le plus et ma hiérarchie m’a souvent dit qu’elle apprécie ça chez moi. Dans l’industrie je faisais le même travail mais je devais suivre des procédures… !)
    – autonomie, polyvalence, confiance sont les bases du management de ma hiérarchie, car en fait ils n’ont pas vraiment le temps d’être sur notre dos, ils sont eux-même surbookés (sous effectifs oblige) !
    – en plus de tout ça, je suis persuadée que mon DG est HP lui aussi ! il n’est certainement pas le seul d’ailleurs. Le DG aurait donc créé un organisme à son image ?
    Par contre, je vois bien que ceux qui ne sont pas HP ne sont pas très à l’aise dans ce mode de fonctionnement, eux rêveraient d’avoir des procédures à suivre…
    Je vous souhaite à tous de trouver un job dans lequel vous puissiez vous épanouir pleinement !

    1. Merci de cette belle bouffée d’optimisme …
      Souhaitons -nous alors un « hasard  » aussi épanouissant que le vôtre.
      PS : À vous avoir lu je me dis que ce PDG dont je parle devait être HPI aussi … Un bel exercice de ce don maîtrisé … C’est donc possible.

    2. merci pour votre temoignage Malheureusement c’est pas possible de faire ca dans tous les secteur et diverses entreprises fonctionnent souvent de la meme facon dans un meme secteur

  9. +1 : Bonjour à tous,
    j’apporte mon grain de sel parce que mon parcours est varié : Salariée 4 ans, puis free-lance pendant 19 ans. À jongler entre employeurs (Producteurs) et clients ( commanditaires) puis glissement des statuts où le client était aussi parfois l’employeur. J’ai donc travaillé avec (pour) une multitude d’interlocuteurs : des directeurs de com, de filiales, de marketing, des responsables des achats, des PDG de très grosses boîtes (type ELF)
    Une seule personne m’a donné l’envie d’être à nouveau salariée (avec lui et dans son entreprise j’entends) : le PDG d’une société de sécurité.
    L’intelligence, la finesse de ses perceptions, la clarté de ses demandes, la simplicité de ses réponses, sa clairvoyance à fédérer des équipes en valorisant les compétences de chacun ( pointant le « voilà où je vous vois bon, efficace, productif, vous allez vous adorer ! plutôt que « voilà où vous êtes mauvais, ce qu’il faudrait booster, vous n’avez pas encore fait … ? ) Une assurance tranquille, mélange d’autorité douce et d’humilité vraie. Un patron qui avait de toute évidence régler ses problèmes d’égo, RESPONSABLE (lors d’une itw, acceptant et prenant à sa seule charge le mécontentement de son client : c’est la seule fois de ma vie que j’ai vu (et j’en ai croisé !) un patron, un manager ne pas se défausser avec de pâles arguments) C’est le vrai talent des visionnaires, qui ont le sens de l’intérêt collectif primant sur leur propres intérêts. Un patron pour moi doit être un visionnaire responsable. Sinon , gros problème de confiance parce qu’alors je ne peux développer deux éléments moteur incontournables pour mon apport créatif : sa crédibilité et sa légitimité. Anecdote : Sur son bureau trônait « l’Art de la guerre  » de Sun Zi … Je devrais peut-être le lire …

  10. J’ai éclaté de rire aux dernières phrases d’Alavetz. Le respect me semble maintenant la seule chose à exiger, et pour avoir cru naïvement qu’il état possible d’allier monde du travail, humour et empathie, j’attends maintenant une saine distance de mes managers et me méfie comme de la peste des « managers copains ». De façon systématique, ça cache une volonté d’emprise qui elle même masque une incompétence crasse. Avec une bonne main dans le dos et trois mots doux, on fait passer le reste (incompétence et crises d’autoritarisme). Ma phrase préférée est de Pennac : « Inapte à l’obéissance et aucun goût pour le commandement ».

    1. J’adore cette phrase de Pennac ! Tellement moi (et surement beaucoup de vous). Enfin je modère, il semblerait que je commande naturellement mais sans que j’aie l’impression de commander car, en soi, je n’aime pas ça.
      C’est pas très clair mais bon selon vous : peut-on avoir du talent dans un domaine qui ne nous plaît pas ?

      1. Si, c’est assez clair, je « commande » aussi, enfin je sais exactement où je vais, même si j’ai parfois du mal à l’expliquer, donc je ne vais pas dans une autre direction si je sais qu’elle est fausse, et je crois que c’est ce que les gens appellent commander. Je travaille dans un domaine que je n’aime pas spécialement mais où je gagne spécialement bien ma vie. Ce qui me fait rester (outre le salaire), ce qui me motive chaque fois, ce sont les hommes, les rencontres, l’envie de travailler avec certains, de trouver des idées nouvelles (surtout en temps de crise comme en ce moment), des projets que personne n’a jamais mené qui vont, même dans une grosse boîte remplie de process, changer la façon de travailler, faire travailler ensemble des entités séparées qui ne se parlent jamais aussi, amener une stratégie différente. Oui, je pense qu’on peut avoir du talent dans un domaine qui ne nous plaît pas, car si on doit y rester, par obligation ou faute de « savoir faire autre chose », on va forcément chercher un mode de fonctionnement différent, une idée nouvelle, qui bien souvent, qui marche.

      2. Je crois que oui, nous pouvons avoir du talent dans un domaine qui ne nous plaît pas, c’est bien ce qui est compliqué, ces multiples talents divers et variés, mais nous allons vite nous lasser faute de savoir nous motiver longtemps pour des choses dénuées de sens pour nous. Je me trompe ?

        1. Ce que je voulais dire c’est plutôt : Peut-on être un bon chef même si on aime pas particulièrement commander mais qu’en réalité on commande sans s’en rendre compte.
          dans le genre : Pensez-vous qu’on puisse diriger une équipe efficacement alors qu’on a tendance à commander naturellement sans pour autant être à l’aise avec l’idée de commander les autres?
          J’utilise le mot commander mais il ne me semble pas approprié.

          1. Bonjour Grrrr
            Je propose le mot « charisme »
            qui explique pourquoi les gens vous suivent alors que vous ne leur demandez rien de spécial… (en tous cas pas d’ordre)

          2. Cécile a raison c’est du charime! C’est ce qui fait aussi que les gens me suivent sur certaines affaires (et d’autres pas du tout, et dans ce cas, je les laisse purement et simplement sur le bord du chemin). Je ne sais pas répondre, car je n’ai jamais été tentée de manager une équipe. Je veux dire, hum, signer les feuilles de congés de mes collègues et vérifier qu’ils font leur job, et me prendre la pression d’un type au dessus pour les fouetter, ça me semble moyennement tentant. Pour avoir bossé avec des gens qui sont clairement zèbres, j’adore l’autonomie qu’ils donnent, leur façon d’aller à l’essentiel sans se préoccuper de ce qui est « corporate ». Je pense que ça dépend de l’équipe en place, mais après réflexion, oui, je pense sincèrement qu’un HP peut faire un excellent manager, en rendant les gens autonomes, en les responsabilisant, en étant honnête avec eux, en leur apportant des idées innovantes et constructives, en leur permettant d’évoluer sans se sentir en danger par leur compétence.

  11. J’embrasse le propos d’Alavetz. Pour avoir lu quelques bouquin de management, il me semble également que les attentes et aspirations de cette frange de population extrémiste de droite rejoint la résonance de la courbe de Gauss.
    En plus du biais culturel, un biais à considérer est que les gens de MENSA sont globalement insérés socialement et professionnellement. Les secteurs qui permettent la « dématérialisation » sont recherchés (informatiques, etc.). Les poste qui laisse l’amplitude de l’autonomie sont prisés.
    Je me destine également vers l’affranchissement hiérarchique à court terme.
    Distance et vouvoiement me semblent important dans le cadre professionnel.

  12. +1
    Je suis dans l’ensemble assez d’accord avec cet article même si je diverge légèrement sur quelques points.
    Par contre, je doute qu’une telle organisation soit reproductible en France, surtout si le mérite de l’employé doit être mis en avant et récompensé à sa juste valeur!!!
    Je reste persuadé qu’en France, si un surdoué n’est pas particulièrement diplômé et ne sort pas d’une école reconnue, même s’il peut apporter beaucoup à une entreprise en créativité et réactivité, il y a peu de chance qu’il puisse en tirer parti. Il vaut mieux qu’il se mette à son compte.
    L’ouverture d’esprit ne fait malheureusement pas partie des compétences des managers français… et les mentalités arrièregardistes sont beaucoup trop encrées!

    1. bonjour,
      je suis on ne peut plus d’accord avec ce que vous dites Eddie
      je travaille depuis 25 ans dans une grosse entreprise (ancienne administration), j’ai occupé des postes divers et variés.Jj’ai toujours donné plus que ce l’on attendait de moi, étant d’une redoutable efficacité
      Mais j’ai toujours été le subordonné de gens plus ou moins « fins »
      A priori pas un seul HPI dans le lot
      Conséquences :très peu ou pas de reconnaissance de la hiérarchie
      En plus il y a cette propension à « take you for granted », je crois que la traduction approximative serait : « vous prendre pour argent comptant »
      C’est à dire que les employeurs, managers et autres reponsables de service trouvent normal que vous soyez très consciencieux, performant, et efficace
      Nul besoin de vous remercier , vous féliciter ou vous complimenter n’est-ce pas?
      Et puis être au dessus du lot n’est pas récompensé. Heureusement je l’ai compris tôt dans ma carrière et ne nourri aucune amertume envers mon employeur
      Je cherche une porte de sortie pour quitter cette entreprise et tenter autre chose, mais bon je suis une scanneuse, avec de multiples cordes à mon arc et un CV qui ne plait pas sur le marché du travail.Je « dépasse » comme on dit, je ne rentre pas dans les cases
      Mon idéal : être autoentrepreneur, mais je n’ai pas encore trouvé dans quel secteur, à quel titre
      Mais que diable vais-je bien pouvoir faire quand je serais grande?? 😉 (j’ai 49 ans)

      1. « Mon idéal : être autoentrepreneur, mais je n’ai pas encore trouvé dans quel secteur, à quel titre.
        Mais que diable vais-je bien pouvoir faire quand je serais grande ?
         »

        Bienvenue au club (j’ai 51 ans, jamais eu de « vrai » boulot et je suis censée bosser vingt ans à temps plein si je veux toucher un peu de retraite :-()

        Komankonféééééééééééééé !!

      2. Bonsoir,

        Effectivement, dans le travail, si on est surdoué , on passe rapidement pour le larbin de service (surtout si on ignore qu’on est surdoué et que très naivement on demande du travail supplémenataire sous le prétexte de la bonne volonté et de vouloir rendre service).

        C’est ce qui m’est arrivé il y a quelques années, et bien sur ca s’est retourné contre mois (jalousies, mise à l’écart).

        Alors quoi aujourd’hui, je m’ennuie ferme (je fais en une demi journée ce qu’il faudrait à quelqu’un de normalement doué dans la moyenne un journée pour tout faire (et encore je prends mon temps).

        Mais je ne sais pas travailler lentement (ou sinon ca m’angoisse et j’en viens à faire des erreurs).

        Alors, garder sa dignité, et ne rien demander de plus (on n’est pas payé plus alors) et ne pas culpabiliser, car les autres ne savent pas que vous etes surdoué. Ou alors, en parler à son employeur, mais c’est risqué, au regard des préjugés sur les surdoués.

        Ou encore, apporter bouquins et autres réjouissances, ou squatter l’ordi pour bien d’autres choses que ce qui vous est demandé, ou encore arranger ses horaires de travail à sa convenance (là je vous laisse à votre inspiration…..).

        Tout ca en attendant des jours meilleurs, et quelque chose à ma hauteur à me mettre sous la dent…. pardon sous les neurones. Car quand on est surdoué, si on n’a pas sa dose de travail intellectuel ( c’est comme une drogue), la machine tourne quand meme, produisant un état de manque (angoisses etc….), avec des nuits blanches à la clé.

        Après y a plus qu’à gérer….. mais on remonte toujours la pente et on se dit que finalement on n’échangerait pas notre particularité pour rien au monde. La pire déprime cotoie la plus belle euphorie, mais nous les surdoués (à la différence des bipolaires) sommes dans l’ensemble équilibrés. Enfin ca c’est un pont de vue personnel.

        1. Euh… ma question était : comment on fait pour rentrer dans le monde du travail ?

          Le peu que j’y étais, en milieu associatif exclusivement, dans l’ignorance de mon état d’alterdouée et entourée parfois de probables alterdoués, j’ai effectivement été largement exploitée, je me suis épuisée à bosser comme plusieurs en culpabilisant de ne pas faire plus et mieux. Je suis sortie complètement du monde du travail il y a cinq ans, je ne parviens plus à y rentrer (mes rares candidatures, soigneusement ciblées, ne donnent rien, même pas un entretien), ni même à me remettre de l’épuisement accumulé au fil des ans. Je crois que j’ai accumulé les burn-out sans le savoir, depuis 1999, et que la machine est usée, peut-être même cassée pour de bon 🙁
          En attendant, le loyer tombe chaque mois, et je ne toucherai pas un centime de retraite, alors que mes gamins paieront celle de ma soeur sans enfant qui a bien sagement travaillé, elle. Cherchez l’erreur…

          Pendant ma thèse, de 1987 et 1990, avec un enfant petit, j’ai bossé tous les jours, jusqu’à minuit chaque soir, week-ends et jours de fête compris, ne prenant que dix jours à Noël. Un jour, devant mon ordinateur, j’ai littéralement senti mes nerfs lâcher : cela faisait un mois que je ne dormais que deux fois deux heures chaque nuit. Ce jour-là, j’ai senti que ça faisait « pouinnnnnng ! » quelque part à l’intérieur, et que si je tapais un mot de plus sur le clavier, j’allais hurler. Je suis allée me coucher, et je n’ai même pas pu conduire pour rentrer chez moi.
          Mais après ma thèse, je ne me suis pas reposée, j’ai fait un 2è enfant, préparé les concours (en vain) y compris depuis mon lit de jeune accouchée, cumulé divers jobs, fait une formation d’un an en informatique, un troisième enfant…
          En 2000-2001, espérant commencer une nouvelle vie, j’ai cumulé mes trois enfants petits à mi-temps, un travail à quart-temps, une formation à trois-quart-temps dans deux établissements différents, avec des périodes de stage, chacune de ces activités à au moins trente km des autres.
          En 2007, quand j’ai vraiment craqué, je travaillais chez moi pour trois associations (dont une que j’ai créée), je gérais une bonne demi-douzaine de listes de diffusions, deux sites internet, un bout d’activité commerciale et je rédigeais le bulletin mensuel de l’une d’elle (16 pages) ; je crois que j’en oublie ; je me souviens que sur le coup, je n’avais pas l’impression d’en faire trop, et qu’il m’a fallu craquer pour de bon, et poser sur le papier la liste de ce que je faisais, pour me rendre compte…

          Bon, je suis hors-sujet, désolée, tant pis, fallait bien que je le pose quelque part un jour.

          Le pire, c’est quand je suis allée récemment, sur le conseil de mon référent RSA, voir un toubib censé être spécialisé dans les incapacités de travail, je suis tombée sur sa jeune remplaçante qui avait un gros rhume et m’a trouvée en pleine forme, circulez y’a rien à voir, et voilà.
          Alors quoi ? Faut que j’aille faire caissière qqpart (à supposer qu’ils veuillent de moi) et que je tombe vraiment malade de qqchose qui se voit vraiment ?

  13. Je ne me reconnais pas dans les réponses, ou plutôt, je ne me reconnais pas singulièrement comme hyperphrène dans les réponses, c’est à dire que j’ai l’impression que tout le monde attend ce genre de relation hiérarchique.

    Pour ma part, je n’ai jamais vraiment trouvé de relation hiérarchique qui fonctionne. La seule solution pour moi est de travailler à mon compte, de transformer mes employeurs et mes patrons en clients.
    Je dirais que ce que j’attends pour collaborer avec quelqu’un au travail, d’autant plus si c’est mon supérieur hiérarchique, c’est qu’il soit consciencieux et scrupuleux. Et ce que je ne lui demande pas, c’est d’être chaleureux, rigolo, ou cool. Et pas de tutoiement non plus.

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