Surdoués au travail – éléments clés de l’innovation en entreprise

Grâce à Bastet (pseudo de chat), j’ai reçu ce document très intéressant, une communication intitulée Employés surdoués – clé de l’innovation ? »

C’est un papier qui a été présenté à la Conférence Internationale des Spécialistes en Ressources Humaines – Amsterdam 11 octobre 2006 (le document original accessible comporte 22 pages)

Auteurs :
F.G.P. (Frans) Corten  –
Conseil en carrière et Consultants RH (Werk en Waarde)
A.P. (Noks) Nauta  – Médecin du travail et psychologue
S. (Sieuwke) Ronner – Psychologue, coach et médiateur

Extraits

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« Stimuler les talents de personnes surdouées peut être très bénéfique pour l’économie de la connaissance. Ceci est vrai tout particulièrement, dès que de nouvelles solutions intelligentes sont recherchées sur des problèmes majeurs, quand il faut du courage pour conduire des expériences. Nous devons arrêter de regarder les surdoués comme des “monsieur-je–sais-tout” irritants, mais plutôt commencer à tirer parti de ce qu’ils ont à offrir  en les encourageant « .
Voici  une déclaration  du Ministère Hollandais des Affaires Economiques qui a une grande  valeur. 1

Non seulement, elle met en avant l’importance de l’innovation, mais encore elle met en avant les préjugés que l’on peut avoir à l’encontre des surdoués.

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L’étude est axée sur les thématiques suivantes :

  • Comment reconnait-on des surdoués dans un environnement de travail (Section 2)?
  • Comment les sudoués peuvent contribuer à l’innovation  (Sections 3 and 4)?
  • Où leurs talents créatifs peuvent-ils être utilisés à leur avantage  (Section 5)?
  • Comment peut-on les stimuler pour déveloper leurs talents  (Section 6)?
  • Comment les Directeurs de Ressources Humaines peuvent satisfaire les besoins d’innovation des organisations en recrutant des surdoués  (Section 7)?

1 –   Méthode de recherche et sources

Il y a très peu d’études publiées sur le sujet  des surdoués en environnement professionnel.
Dans les publications consacrées aux ressources humaines, le lien est rarement fait entre intelligence cognitive (QI) et innovation d’autant plus que les études elles-mêmes se restreignent à utiliser des QI supérieurs à 130. Ce qui est intéressant quand même dans ces études, c’est que  c’est dans ce petit groupe qu’on observe que la créativité et les possibilités d’innovation sont largement présentes.

Les données utilisées pour cette étude le sont à partir d’entrevues personnelles avec des employés surdoués et des descriptions des postes qu’ils occupent.

2 –   Identifier le surdon

Bien qu’on constate une tendance des organisations à vouloir stimuler l’innovation, en pratique peu est fait pour se focaliser systématiquement sur le sujet. Parce que nous soutenons que les surdoués possèdent un talent bien plus important que la moyenne en termes d’innovation, il serait utile de savoir comment les détecter.

Il n’y a pas de définition formellement acceptée du surdon.  On peut le définir à partir d’un test de QI, mais la limite de 2% est arbitraire.  C’est particulièrement vrai pour tous ceux qui sont handicapés par la dyslexie, ou bien sont tétanisés à l’idée d’échouer au test.

Aux Pays-Bas, on fait une distinction entre les gens très intelligents (qui obtiennent plus de 130 au test de QI) et les surdoués (ceux qui sont très intelligents et occupent de surcroît un poste important dans une société (Mönks & Span 1984). Pour nous, cette distinction n’a pas vraiment de raison d’être dans la mesure où nous voyons des gens passer d’un groupe à l’autre. Donc, notre cible est avant tout celle de « gens avec une intelligence cognitive très élevée ».

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M.E. Jacobsen (1999) identifie 3 “traits ombrelle” majeurs qui peuvent permettre de distinguer des surdoués du reste de la population :  observer, réfléchir / combiner et répondre / agir. Ces trois points sont parfaitement en ligne avec la base neurophysiologique de l’intelligence.

Le surdon peut donc être décrit en termes physiologiques comme suit   :

1       Les stimuli des différents sens sont transmis rapidement au cerveau et tout aussi rapidement traités (Deary, 2001);
2       Le processus de réflexion se développe en parallèle combiné avec des images (une visualisation interne);
3       Des quantités importantes de données sont efficacement associées et traitées.

Suivant l’attitude de chacun à l’égard de la vie, la stratégie sociale adoptée,  et les compétences développées,  différent types de comportement peuvent être observés, qui utilisent quand même le process en 3 étapes décrit ci-dessus :  la forme basse (l’inhibition intellectuelle) , la forme exagérée ou la forme équilibrée de comportement.

Un individu surdoué équilibré présente donc souvent les caractéristiques suivantes :

  • Capte rapidement les concepts, réfléchit et parle rapidement
  • Critique, intrinsèquement motivé, et aime résoudre les problèmes.
  • Créatif, apporte beaucoup de nouvelles idées, a un avis sur tout, n’aime pas l’autorité.
  • Extrêmement sensible à tout type de stimuli
  • Perfectionniste.

Un individu surdoué équilibré peut donc être un collaborateur original, créatif, énergique et constructif. Cependant, si cet individu surdoué tombe sur un écueil, ceci peut conduire à un comportement inadapté. Les signes révélateurs en sont la sous-performance, la dépression, l’hypersensibilité, et des problèmes de communication, au travail comme dans les relations sociales en général. Ceci est un point sur lequel nous reviendrons.

Pour aider à identifier les individus surdoués au travail, nous reproduisons le tableau présenté plus bas (Nauta & Corten 2002).  C’est en lisant ce tableau que beaucoup d’employés ont découvert qu’ils étaient surdoués.

Ce tableau dévoile les malentendus qui peuvent exister entre les collaborateurs surdoués et leur environnement   qui interprète de façons diverses leurs comportements. En rendant ces différences plus explicites, en les nommant, surdoués et non surdoués peuvent mieux se comprendre.

Ce que l’environnement de travail remarque Ce que les collaborateurs surdoués disent
1  Beaucoup de conflits avec le  management et avec l’autorité en général J’ai un grand sens de la justice
2  N’écoute pas ce que les autres disent Mais idées ne sont pas comprises, mais pourtant j’ai en général raison.
3  Motivations difficiles à comprendre.  Qu’est ce qui se cache derrière tout ça ? Apparemment, je représente une menace pour mes collègues
4   Ne sait pas gérer le temps, dans les réunions par exemple On me fait tout le temps revenir en arrière, ça va trop lentement
5   Performances très fluctuantes  sans cause clairement compréhensible Je n’ai aucune idée de ce que je veux, tout ou presque m’intéresse
6    Impossible d’arriver à déterminer le poste optimal où on peut  le/la mettre ; il/elle s’intéresse à tout Je n’ai pas assez de reconnaissance, les gens ne voient pas ce que je suis capable de faire
7    Manque de perséverance et de discipline Je suis facilement distrait
8  Pas facile à approcher, asocial Je n’aime pas les conversations de groupe
9 N’arrête pas de faire des tas de demandes concernant son environnement de travail Je ne comprends pas comment les gens peuvent arriver à travailler dans un tel bruit

Les individus surdoués qui ne fonctionnent pas de façon optimale sont souvent ignorant de leur intelligence. La conséquence est qu’ils interprètent  le manque de connaissances des autres comme un manqué de volonté. Ceci a le don de les irriter et souvent ils commencent à faire de la fuite en avant. De surcoît, il y a une tendance à se focaliser sur le contenu, plus que sur des critères tels qu’enthousiasme et motivation. Ils sont également souvent totalement inconscients des effets de leur surdon sur leur environnement. Parfois ils font trop d’efforts d’adaptation, ce qui induit en général beaucoup d’insatisfaction, et le profilage du poste n’est pas présenté suffisamment clairement pour leur permettre d’occuper le poste qui leur convient vraiment.

Le tableau ci-dessus montre clairement que le surdon n’est pas reconnu pour ce qu’il est (y compris par les surdoués eux-mêmes), les écueils de fonctionnement des surdoués deviennent plus dominants, confirmant alors l’image stéréotypée du surdoué qui est brillant sur le plan intellectuel mais mauvais en relations sociales.

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3 –   Créativité et innovation

La créativité, c’est la capacité d’apporter des idées nouvelles (Van de Braak, 2002), ou – dans une contexte d’organisation –  le processus mental par lequel des personnes produisent de nouvelles idées. C’est un phénomène encore incompris (Gaspersz, 2005). L’innovation c’est quand une organisation obtient une implémentation réussie d’idées créatives (Amabile, 2002, in Miron, Erez & Naveh, 2004).

Sur la base de nos observations, nous croyons que les individus surdoués possèdent un potentiel créatif bien plus important que la moyenne. Afin d’utiliser et d’implémenter ces idées novatrices, la collaboration entre les individus surdoués et leur environnement est de toute première importance.

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Le Concepteur (Inventaire de Belbin)

Dans son livre sur le management d’équipe par les rôles, Belbin fait référence à l’existence de 9 rôles dans une équipe. Le concepteur est le plus créatif de tous, cf le tableau suivant selon la théorie de Belbin (1998):

Points forts  du Concepteur
Points faibles  du Concepteur
• QI très élevé

• dominant

• introverti

• idées originales

• personnalité original e

• imagination puissante

• opinions indépendantes

• apporte des solutions nouvelles à de vieux problèmes

• source principale d’innovations et d’idées dans une équipe

• source constante d’inspiration

• manque de sens des réalités

• tendance à ne pas être très pragmatique

• peut parfois être “la tête dans les nuages” (Pfr Nimbus)

• n’accepte pas facilement la critique

• se sent facilement sous-évalué

• vulnerable

• se met en retrait

• pas très diplomate ou manquant de tact

• communication difficle avec les autres

Bien que Belbin ne mentionne pas explicitement les surdoués, nous voyons bien que les descriptions relatives au Concepteur sont présentes chez un collaborateur surdoué.
De ce fait, nous pensons que les surdoués font partie de ce rare groupe de personnes qui sont parfaitement profiles pour jouer le rôle de Concepteur dans une équipe.  A vrai dire, ils sont de surcroît parfaitement en mesure d’assumer d’autres rôles dans certaines situations, mais ceci n’entre pas dans l’objet de notre article.

Les facteurs qui inhibent la créativité  

Van de Braak (2002) signale qu’une très grande intelligence peut pourtant être un facteur d’inhibition de la créativité. Ce sont les problème d’adaptation qui apparaissent en être la cause.
Selon Van de Braak, les esprits créatifs veulent pouvoir penser au delà des limites traditionnelles. Leur attitude consiste à couper court aux règles établies et ils ont le courage de résister aux conventions. Ils ont une capacité de synthèse qui leur permet de naviguer entre différents univers de pensées et d’élaborer ainsi toutes sortes de connections.  Ces connections viennent de leur habileté à établir des similitudes (Van de Braak, 2002). Robinson and Stern (1998) font la même observation. Et ceci est en ligne avec ce qui est présenté dans le tableau 1 plus haut.

Les individus surdoués pensent et réagissent plus vite que la moyenne, ce qui peut conduire à des problèmes de communication et à ce que leur environnement interprète différemment leurs réactions.
Quand ils sont confrontés à des situations dans lesquels ils se sentent insécures, les surdoués peuvent préférer le retrait ; s’ils ne sont pas compris, ils peuvent alors agir de façon irrationnelle et devenir difficiles à approcher. En matière de créativité, dans de telles situations, leur haut degré d’intelligence devient alors plus un facteur d’inhibition qu’un avantage.
Les surdoués ont besoin d’un environnement de travail favorable pour permettre à leur puvoir créatif d’être pleinement efficace.
Ainsi, un espace de créativité est un besoin de base pour un surdoué, sans quoi il ne pourra trouver de plaisir et être performant dans son travail.

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 4 –    Innovation et surdon

Contributions spécifiques que les surdoués apportent au process d’innovation.

Contributions spécifiques que les surdoués apportent au process d’innovation
•    Ils peuvent aisément identifier les relations qui existent entre buts, missions et description de poste.

•    Ils ont la capacité de se focaliser intensément sur le contenu (la forme importe moins). Les arguments de contenu sont clé. Habitudes, traditions et pression sociale sont rapidement identifiées. Si elles semblent être en conflit avec le contenu, elles sont écartées car jugées inappropriées.

•    Penser “en dehors du cadre” est une seconde nature pour eux.

•    Passer de son domaine d’expertise à d’autres domaines professionnels n’est pas un problème pour eux.

•    L’opinion d’une autorité formelle ne pèse pas plus que l’opinion de qui que ce soit d’autre.

•    L’information transmise est vérifiée à l’aune de leur propre expérience ou de leurs propres informations.

•    Ce sont des passionnés qui ont  un grand sens de l’engagement.

•    Ils suivent les protocoles existants, les structures et les approaches classiques dans la mesure où ils apparaissent efficaces et fondés.  Une solution adaptée est recherchée pour chaque situation, souvent alors même que ça n’a pas été demandé. Les « problèmes standards » sont approchés de la même façon.

Nous pouvons voir qu’il est naturel pour un surdoué d’être critique, de même qu’ils ont tendance à ignorer temporairement le context social, ce qui leur permet de se focaliser fortement sur le problème en termes seuls de contenu.
Ces capacités, ainsi que leur talent aigu tout autant que vaste d’observation  et de pensée plus rapidement que la moyenne  sont à nos yeux confirmation que les surdoués sont des personnes adéquates pour arriver avec  de bonne idées.
Pourtant, ces mêmes caractéristiques peuvent conduire à des problèmes dans l’environnement professionnel , et ainsi faire obstacle au développement de ce qui est de bonnes idées.

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 L’innovation en tant que processus naturel

[NdT : Le cas est présenté d’un ancien stagiaire qui travaillait dans un entrepôt et qui (à 17 ans) avait développé un petit logiciel pour faciliter la gestion des stocks de l’entreprise qui l’employait parce que cette entreprise n’avait pas les moyens d’acheter un logiciel du marché. Le stagiaire n’avait pas été payé pour ce logiciel qui, douze ans plus tard, tournait toujours…]

Les histoires d’innovation reposent souvent des actions spontanées dans des situations informelles. Les réussites ne s’inscrivent pas forcément toujours dans un schéma officiel, ce qui montre bien combien l’innovation surgit de façon naturelle.
… Malheureusement, les réussites informelles ne sont pas du tout valorisées dans une société structurée comme la nôtre. C’est pourquoi ces innovations passent tellement inaperçues ou même ne sont pas considérées comme étant de l’innovation.

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Le potentiel d’innovation passe inaperçu

Spécificités des surdoués au travail : Capacité à avoir un avis sur tout, créativité, peu sensible aux effets de mode, mais en même temps très sensibles aux valeurs de la société et à ses besoins.

Le schéma ci-après montre la relation qui existe entre innovation et surdon :

  • Les cercles indiquent des sous-ensembles de la population.
  • Une petite partie (d’une taille inconnue) possède une créativité puissante focalisée sur l’innovation et la résolution de problèmes. Nous les nommons « Innovateurs » (« Innovative »)
  • Environ 2% de la population active sont des surdoués.
  • Nous posons qu’il y a un recouvrement important entre ces deux populations : une part considérable des innovateurs est surdouée et réciproquement.
  • Cependant, une petite partie seulement de ces surdoués est explicitement identifiée
  • Pour les autres, on ne sait pas s’ils évitent de dire qu’ils sont surdoués ou s’ils sont ignorants du fait qu’ils le sont.
  • De fait, la relation étroite qui existe entre innovation et surdon dans le domaine des Ressources Humaines est passée largement inaperçue.

Parce que le processus de création est si naturel, et parce que les surdoués sont ausi peu visibles (soit par choix, soit par ignorance), nous pensons ainsi qu’un immense potentiel d’innovation est perdu.
Ce manque de visibilité  et l’image négative que continue à véhiculer le mot “surdon”  impliquent la mise en oeuvre urgent d’une politique des Ressources Humaines stimulante.

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Les surdoués ne sont pas fiers de leur intelligence qui est au départ une donnée innée… et d’ailleurs pourquoi devraient-ils en être particulièrement fiers ?
Pourtant, ils aimeraient bien utiliser leur intelligence « à leur façon » pour pouvoir apporter leur contribution à l’entreprise. Mais ils notent souvent qu’on ne leur laisse pas la possibilité de s’intéresser à d’autres sujets / d’autres domaines que celui sur lequel ils travaillent.

Quel est alors le climat de travail favorable à l’innovation ? Comment, alors, l’organisation peut-elle offrir un environnement suffisamment sécure aux surdoués qui sont “différents”, mais qui, pourtant, nous en sommes convaincus, peuvent tant apporter ? Et : Comment le Directeur des Ressources Humaines peut-il contribuer  à ceci ?

5-     Caractéristiques organisationnelles favorables et défavorables aux surdoués  

Un travail créatif et innovant peut exister quand il y a possibilité de travailler hors d’un cadre pré-déterminé, hors de règles et de procédures.  Dans un tel environnement, les surdoués tout particulièrement se sentent dans leur élément, ils sont alors fortement motivés et productifs. « Tout ce qui est nouveau m’attire ». Alors que dans le même temps, les collaborateurs non surdoués préfèrent un environnement plus structuré.

Peu de recherches ont été conduites sur la relation entre surdon et caractéristiques organisationnelles en matière d’innovation. Seule Van Geffen (2000) a realize une étude à petite échelle, dont les résultats  sont presents ci-dessous (Tableau 4).

Caractéristiques organisationnelles favorables Caractéristiques organisationnelles défavorables
• flexibilité

• peu d’échelons hiérarchiques

• peu de procédures (sauf si vraiment utiles)

• le développement et les besoins des employés sont importants

• de la place est laissée pour des conflits productifs

• pouvoir et influence peuvent être acquis grâce à l’expertise, à la loyauté et au succès  (ou, au maximum, grâce à la personnalité, l’expertise et une performance hors norme).

• les procédures déterminent le travail

• pouvoir et influence dépendent essentiellement de notre échelon hiérarchique

• le développement et les besoins des employés ne sont pas importants

• les conflits sont évités

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Les caractéristiques favorables sont en ligne avec la “culture de la tâche » et la « culture de la personne », alors que les caractéristiques défavorables se retrouvent dans la « culture du rôle » et la « culture du pouvoir », telles que les décrit Harrison dans sa typologie des cultures (Van Geffen, 2000).

Nous pouvons apprendre beaucoup des organisations secures et stimulantes en regardant comment le Nederlandse Jeugdbond voor Natuurstudie  (NJN – l’Organisation de la Jeunesse Néerlandaise pour les Etudes Naturelles ) est structuré :

  • On donne un plus  important degré de responsabilité à un jeune âge, par rapport à ce que les théories classiques sur les carrières  recommandent
  • On donne aux individus un espace pour inventer la roue eux-mêmes, pour prendre des initiatives, pour faire des erreurs et apprendre de ces erreurs.
  • Les critiques sont acceptées et on expérimente les relations socials dans une atmosphere qui respecte les idividualités.

Sur la base de ces descriptions et douzaines de témoignages, nous allons nous attacher à décrire ce que sont des conditions favorable de travail pour les talents créatifs. Ceci n’est bien sur pas à prendre comme une liste exhaustive.

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Environnement de travail favorable pour les talents d’innovation  

Innover signifie s’éloigner des sentiers battus.  Il n’est doc pas possible pour une organisation qui innove de recourir à toute forme standardisée de coordination. C’est pour cette raison que Mintzberg (1992) propose de recourir à l’‘adhocratie’.
Caractéristiques organisationnelles de cette structure : elle est très organique, avec des comportements  qui acceptent qu’il n’y ait pas beaucoup de formalisme. Au sein de cette adhocratie, les spécialistes regroupent leurs forces dans des équipes multidisciplinaires qui se forment pour chaque projet identifié d’innovation. Les spécialistes de la fonction et du marché se retrouvent au sein d’une structure matricielle.

Tout ceci est cohérent avec les descriptions faites par Harrison (1972) au sujet de la culture fondée sur la réalisation de tâches :  une organisation dans laquelle le manager  coache et prend soin des conditions,  où il y a peu de bureaucratie et où le travail doit être effectué parce que la société doit (presque) toujours répondre aux demandes du client.

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Pour être capable de fonctionner correctement, beaucoup de collaborateurs surdoués veulent (et ont à) trouver par eux-mêmes la façon dont ils vont réaliser la mission qui leur a été assignée. Ce qui signifie que le manager doit d’abord se focaliser sur ce qi va être produit, déléguer les tâches aux spécialistes ; accorder à ses collaborateurs la liberté d’approcher leur travail comme ils l’entendent et faciliter les bonnes conditions de travail. « Le manager doit donc se focaliser sur l’objectif et non pas la façon de l’atteindre » (Bil & Peters, 2001).

C’est aussi ce que Weggeman appelle le style de leadership favorable aux « travailleurs de la connaissance » (Weggeman 2001). Le management accorde plus de place à la créativité et à l’initiative et est moins fondé sur le contrôle.

Lieux de travail favorables : bureaux de consultants, création d’entreprise (van Geffen 2000).

On identifie beaucoup de surdoués chez les artisans, les spécialistes (y inclus les spécialistes techniques), les politiciens, les chercheurs, les artistes, les écrivains, les travailleurs indépendants.

[NdT : Les auteurs de la communication citent l’exemple d’un garçon qui a des difficultés à l’école à cause de sa dyslexie. Il vient travailler dans le magasin de réparation de vélo où travaille son père. Là, il a l’occasion de s’essayer à plusieurs tâches (ce qui lui permet de ne pas s’ennuyer) et il peut arriver et faire des propositions d’amélioration. Le propriétaire (qui est doté d’une bonne confiance en lui-même) ne sent pas menacé par ces propositions. Au contraire, il n’hésite pas à en mettre en œuvre certaines et explique pourquoi il ne met pas les autres en œuvre. Le garçon est ravi : « pour la première fois depuis longtemps j’apprends quelque chose ! »]

Environnement de travail défavorable pour les talents d’innovation 

Il sera difficile de faire émerger de l’innovation dans une organisation bureaucratique avec une culture fortement fondée sur le rôle. Les caractéristiques de fonctionnement d’une telle structure incluent : beaucoup de travail répétitif / de routine, beaucoup de procédures formelles, des règles et des systèmes, une forte division des tâches. Le rôle du manager est de contrôler et de checker que les règles  internes et les procédures  sont bien appliquées. Dans un tel environnement, le surdoué ne peut donner le meilleur de lui-même.

Nous estimons qu’environ 1/3 des surdoués ne travaille pas dans des conditions adaptées à leurs capacités.

Non reconnus pour leurs capacités, ils arriveront peut-être tout juste à se débrouiller pour se maintenir la tête hors de l’eau. Certains sautent d’un job à l’autre,  touche-à-tout et maîtres de rien.
Ils gaspillent une énorme énergie à longuement essayer de s’adapter à des circonstances qui ne leur sont pas favorables. Ils ne sont en général pas conscients de ce qu’ils sont surdoués et beaucoup se considèrent même comme stupides.

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[ NdT : Les auteurs évoquent une femme qui avait sa méthode très personnelle d’accompagnement des enfants. Elle avait du succès, les enfants adoraient, faisaient des progrès et les parents étaient très satisfaits. Mais les pairs, qui ne comprenaient pas cette méthode de travail et ne comprenaient pas pourquoi elle avait du succès, s’inquiétaient de ce qu’on leur demande  de faire de même. Ils ont donc commencé à se liguer contre elle ce qui l’a rendu très malheureuse au point de démissionner. Au final, elle a créé sa propre structure d’accompagnement des enfants ce qui lui permet de travailler comme elle le souhaite et de façon très heureuse.]

Organisations les moins adaptées aux surdoués : services sociaux, agences pour l’emploi, Département de l’Immigration et de la Naturalisation au Ministère de la Justice, registres bancaires et démographiques, affaires familiales traditionnelles, et autorités locales sur des territoires de petite taille.

Les surdoués seront capables d’utiliser leurs talents seulement si il leur est donné des tâches spécifiques avec des opportunités appropriées (par exemple, conseiller sur une réorganisation interne, ou consultant pour des clients très spécifiques et difficiles).

Si les surdoués ne trouvent pas une place appropriée dans la société, ils ne pourront pas exprimer pleinement leur talent. Selon les estimations, ceci arrive à 20 à 40% de cette population. Certains d’entre eux ont travaillé mais ont connu le burnout. D’autres n’ont pas de revenu (ce n’est pas un choix, c’est subi), d’autres encore dépendent des minima sociaux. Certains vivent totalement isolés de la société, sont SDF, drogués ou pensionnaires d’un établissement psychiatrique.

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6-     Surdon et pièges

Ainsi que le fait remarquer Belbin (1998) dans la conclusion de son étude sur les différents rôles dans une équipe professionnelle, à chaque talent correspondent des faiblesses et des écueils. Nous décrivons ici un certain nombre de ceux qui concernent les surdoués. Certains de ces écueils existent à niveau interpersonnel, d’autres au niveau de l’équipe.

Communiquer avec les collègues de travail

Une grande partie de cette difficulté à communiquer réside dans les compétences de communication des surdoués eux –mêmes. Il se dit souvent que les surdoués ont un  Quotient Emotionnel (QE) inférieur à la moyenne. La recherche montre pourtant que ce n’est pas le cas, même si  en fait, il apparaît qu’ils ont un QE « normal » (Derksen et al., 2002).
Mais avoir un QE normal n’est pas suffisant pour un surdoué (qui a souvent un caractère très critique) pour pouvoir s’intégrer  sans heurt dans un groupe.
Certains surdoués ne montrent par exemple pas suffisamment de respect  pour permettre à quelqu’un de sauver la face dans une situation particulière. Ceci est une entrave à la communication (Gerritsen, 2001).
La cause doit en être attribuée à cette focalisation si forte sur le contenu au détriment du contact humain. Pour la même raison, ils auront tendance, et ce, de façon totalement inconsciente, à entrer en compétition sur le plan des savoirs. Ils ont l’habitude d’avoir une position divergente et d’être  éjectés du groupe. En posant leurs opinions de façon  parfois trop catégorique, en fait ils provoquent eux-mêmes leur exclusion.

Travailler avec l’autorité

Les surdoués ne voient pas ou n’ont pas conscience de/ ne comprennent pas  l’importance des différences de statut. Dès leur plus jeune âge, ils ont appris que tout ce que dit l’autorité n’est pas forcément vrai. De ce fait, ils ignorent le phénomène de statut et eux-mêmes omettent  d’occuper pleinement leur position d’autorité quand c’est nécessaire (direction de projet par exemple) (Stultiens & Stultiens, 2004). Des problèmes avec l’autorité peuvent parfois signaler que la culture d’entreprise doit évoluer, ce qui ne peut qu’être profitable à l’ensemble de l’organisation en matière d’innovation.

Manque de discipline

La majorité des tâches à effectuer ne demande ni innovation ni qualité maximum, mais juste la fourniture constante d’une qualité déterminée à un rythme rapide : c’est la description de la routine. Ceci demande un grand degré de discipline, et c’est un talent que les surdoués ne possèdent pas. Ils ne peuvent se satisfaire très longtemps de la routine dès lors qu’ils ont  un vaste champ d’intérêts. Une fois l’attrait de la nouveauté disparu, les surdoués perdent leur motivation et sont rapidement distraits par autre chose, ou bien la qualité de ce qu’ils délivrent est assez fluctuante.

Ils sont rapidement et négativement affectés par les circonstances extérieures et peuvent devenir sombres et irritables, et ceci plus encore si la situation s’éternise. Cette combinaison de caractéristiques peut créer beaucoup de confusion, aussi bien au bureau que pour le surdoué lui-même. Et bien souvent, ces derniers n’en ont même pas conscience.

Exemple : si un surdoué travaille comme éboueur, il identifiera très vite que la façon de ramasser les ordures n’est pas la même pour une impasse que pour les autres rues.
En fait, beaucoup de surdoués, adorent résoudre ce type de problème – c’est ce qu’on appelle la « paresse fonctionnelle » : c’est un challenge de voir si quelque chose peut être effectué plus facilement ou de façon plus intelligente, même si, au final, on ne gagne pas de temps à faire différemment.
Mais les collègues, eux, peuvent bloquer sur ce genre de démarche : en général, il est plus pratique de continuer à faire les choses comme elles ont toujours été faites.

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7-    Identifier les talents innovateurs

Très souvent, les surdoués ont appris dès l’enfance qu’ils dérangeaient. Ils ne se sentent pas à l’aise dans un groupe. Ils ont plutôt appris à faire profil bas en termes d’idées et de suggestions. Ce qui peut facilement conduire à l’inhibition intellectuelle et à la sous-performance.
Plus tard dans leur vie, tout ceci pèse dans la balance quand vient le moment de faire des choix de carrière. Souvent ignorants de ce qu’ils sont surdoués, ce sentiment perturbant de se sentir différent persistera et il leur sera difficile de se projeter sur le marché de l’emploi.

Il est intéressant de voir combien peu d’études soient consacrées aux adultes surdoués.  Ceci concourt à ce que beaucoup de surdoués restent au placard, en même temps que la représentation des surdoués est négativement influencée par des cas extrêmes et des problèmes. C’est un cercle vicieux. Et c’est ainsi que la valeur des surdoués continue à passer inaperçue dans les rangs des Directions des Ressources Humaines.

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Le rôle du Directeur des Ressources Humaines

Si les DRH étaient mieux informés sur les surdoués, ils seraient en meilleure position pour valoriser le profil des collaborateurs surdoués, et de veiller à mieux les positionner au sein d’une organisation. Des politiques RH plus efficaces pourraient être développées et mises en œuvre dans une double perspective :

  • Le besoin d‘innover des entreprises
  • Le besoin du collaborateur de se développer

Satisfaire les besoins de collaborateurs surdoués pourrait tout autant bénéficier aux autres collaborateurs.

En fait, les surdoués sont un peu les « canaris » d’une organisation (ces oiseaux que les mineurs emportaient au fond avec eux et qui, en mourant, signalaient une augmentation du taux de gaz carbonique et donc un danger pour les mineurs). Beaucoup des problèmes que rencontrent les surdoués  s’appliquent aussi aux autres, mais à un moindre degré.

Le besoin d’innover des entreprises

3 options se présentent :

–       En tant que DRH, vous ne savez pas qui dans votre personnel est capable de s’atteler à des tâches d’innovation. Si la lecture de cet article vous a éclairé, alors vous allez vous atteler à leur développement personnel et penser aux postes où ils seraient les mieux à leur place.

–       Vous avez déjà suffisamment identifié et recruté de personnel créatif dans votre propre organisation pour résoudre ces problèmes. Tout l’art restera alors de créer un environnement qui permettra l’usage optimal du personnel surdoué. Ceci suppose de vérifier la culture et le style de management de l’organisation, mais aussi de veiller  à ce que de nouveaux challenges soient en permanence offerts aux surdoués qui, sinon, s’ennuient et perdent leur motivation.

–       Il n’y a pas assez de gens créatifs dans l’organisation (ou ils ne sont pas à la bonne place). Il faut recruter de nouveaux collaborateurs. Le tableau ci-dessous présente une check list des questions à se poser pour sélectionner des individus surdoués adaptés aux besoins de votre organisation.

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Questions pour rechercher le potentiel d’innovation des candidats à un poste
  • Peuvent-ils fournir des exemples d’idées innovantes dans leurs précédentes fonctions ou loisirs ?
  • De quoi ont-ils besoin pour fonctionner de façon efficace ?
  • Sont ils curieux, et si, oui, sur quels sujets ?
  • Ont-ils du respect pour les valeurs profondes de l’organisation ?
  • Peuvent-ils donner des exemples de collaboration ?
  • Savent-ils communiquer de façon adéquate ?
  • Sont-ils prêts à apporter leur soutien total au projet ?
  • Peuvent-ils étudier le sujet, même si leur expérience professionnelle vient d’un autre domaine ?
  • Voient-ils des similitudes entre des idées  innovantes précédentes et le job proposé ?

Toutes ces questions sont largement orientées vers le futur (le passé est vraiment moins important en la matière). Il est cependant important que le candidat sache faire des liens avec ses expériences précédentes. Et aussi qu’il sache se montrer engagé envers la société.
Par rapport à d’autres fonctions plus ancrées dans la routine, une carrière en dents de scie ou au contraire bien lisse ne peut pas être un critère de sélection.
Attention aussi à ne pas envisager les souhaits particuliers (de quoi ont-ils besoin pour fonctionner de façon efficace ?) sous le seul angle coûts / bénéfices. Que la requête soit normale pour l’organisation n’est pas un bon critère de sélection pour le personnel créatif.
Il faut garder en tête que si les personnes créatives émettent des souhaits particuliers, elles sont aussi prêtes à faire des compromis dans d’autres domaines. Elles ont peut-être besoin d’un bureau sel pour être créatif, mais pas forcément d’une voiture de service.

Les besoins de développement du collaborateur surdoué

Est-ce que la culture d’entreprise leur permet d’affirmer leur surdon en toute sécurité ?
Ces employés ont-ils des souhaits pratiques ? Bien souvent, les surdoués préfèrent taire leur surdon parce qu’ils ont eu de mauvais retour de le part de leur environnement. Dans ce cas, il faut veiller à développer une ambiance propice au travail et à l’innovation, par les moyens d’un entretien d’orientation par exemple. Bien souvent, en reconnaissant leur surdon, on fait sauter beaucoup de verrous et on les stimule dans leur développement personnel, tout autant qu’on les encourage à faire un plein usage de leurs capacités.

Le rôle de l’individu surdoué

Comment les collaborateurs surdoués peuvent ils eux mêmes contribuer à rendre leurs talents d’innovation plus explicites ?  Nous avons pu identifier un certain nombre de points clés, qui reviennent de façon récurrente, et qui peuvent aider un surdoué bloqué dans une fonction indésirable à mieux fonctionner. Ces points s’appliquent à pratiquement tous les surdoués.

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Points d’apprentissages personnels
  • Les ressentis sont des faits. Considérer les sentiments des autres comme une dure réalité
  • La subjectivité est l’essence de la société. La majorité des décisions est prise de façon subjective, même si elles sont emballées de façons différentes. La façon dont vous vous présentez (par exemple par le biais de votre CV) est aussi un mélange de facteurs personnels et subjectifs. N’en ayez pas honte.
  • Soyez attentif à l’effet-vitrine. Les entreprises présentent parfois leurs postes sous un jour meilleur qu’il ne l’est vraiment. Soyez attentifs à ça pour éviter tout désappointement.
  • Apprenez à accepter la variable temps dans les process organisationnels. De la même façon qu’il faut plus de temps à 50 personnes qu’il n’en faut à 2 pour descendre d’un bus, de même il faut du temps pour qu’une décision soit prise.
  • Essayez d’apprendre comment garder votre interlocuteur sur la même longueur d’onde que vous.
  • N’ayez pas peur d’exprimer une opinion  non standard et efforcez vous de ne pas systématiquement anticiper un rejet qui n’a pas encore eu lieu.
  • En temps qu’individu surdoué, vous réfléchissez plus vite et à différents niveaux et vos capacités d’observation sont plus aiguisées. Soyez patients avec les autres.
  • Vous êtes aussi humain et donc faillible que les autres. Soyez conscient de ça.
  • Ca arrive de faire des erreurs. Admettez-le quand elles arrivent.
  • Ca arrive d’être en colère, mais alors exprimez-vous sur l’instant au lieu  de le faire de façon sous-jacente dans votre façon de communiquer.
  • Montrez du respect pour les tâches routinières dans la mesure où elles  sont le ciment d’une société. En tant que surdoué vous pouvez ne pas être « équipé » pour les tâches routinières, mais vous en bénéficiez quand même.

Beaucoup de nos clients ont vécu dans la confusion pendant des années. Confusion causée par l’incompréhension de leur environnement social, un environnement avec lequel ils sont en conflit permanent, avec la meilleur foi du monde, car ils sont complètement inconscients des mécanismes à l’œuvre.

En lisant nos articles sur le surdon au travail, ils se sont sentis reconnus et compris.

Ils ont trouvé une explication à ce qui se passait, mais aussi un chemin possible pour leur développement personnel. Une majorité d’entre eux a osé montrer sa vraie nature et se sont mis activement en quête d’un poste plus adapté à leurs besoins. Ils ont d’ailleurs souvent créé leur poste eux-mêmes.

Ainsi, une information améliorée des DRH sur ce qu’est le surdon, et un œil sur les talents et pièges qui y correspondent, peuvent contribuer à plus d’innovation et à un nombre accru d’employés satisfaits.

85 thoughts on “Surdoués au travail – éléments clés de l’innovation en entreprise

  1. qqun a lu ceci ?
    http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-m%C3%A9diocratie-alain-deneault-2
    Il me semble que cet ouvrage est tres pertinent concernants le surdoués..
    Dans une mediocratie on ne veut pas de gens trop competents, mais juste des executants moyennement competents. De plus le sens du travail, si cher au surdoué disparait dans ce type de structure organisationnelle calquée sur le taylorisme.
    Ce n’est plus le pouvoir politique par la coercition (scientifiques, ecrivains engagés pourchassés au moyen-age en france par le pouvoir au mains du clerge ou d’un roi de France absolutiste) qui modele le savoir et exerce un controle sur les surdoués ou surcompetents, mais le pouvoir economique , via les entreprises qui fonctionnent selon une propre logique tayloriste conformiste.
    En corollaire, le citoyen , lui est reduit au rang de consommateur, abruti et endormi par la publicité incessante qui a repris le relais de la propagande d’etat (ou de la foi dans un cadre religieux).

  2. Ce matin, je découvre dans LinkedIn Pulse un billet qui développe le concept de « mad skills » ; en fait un article paru dans la revue Management : Barabel M. et Meier O, « Bad boys et déglingo : ces profils atypiques séduisent les boîtes », propos recueillis par Eve Ysern, Management, février 2016). Ce lien devrait vous y amener http://www.linkedin.com/pulse/lav%C3%A8nement-des-comp%C3%A9tences-mad-skills-comment-la-fonction-barabel
    Je ne suis pas loin de penser qu’il existe un rapport étroit un rapport entre douance et certains profils atypiques aux « mad skills ».

    1. « Je ne suis pas loin de penser qu’il existe un rapport étroit un rapport entre douance et certains profils atypiques aux « mad skills ». »
      Le côté disruptif y fait beaucoup penser effectivement.

  3. Je me définis comme « créative » et pourtant je ne suis pas surdouée. À l’inverse, le peu de personnes se définissant comme « surdouées » que j’ai rencontré n’ont pas démontré de talent créatif particulier, et bien que leurs capacités leur aient permis d’atteindre des fonctions où leur esprit d’analyse est fortement sollicité, ils « exécutent » plus qu’ils ne « créent ».

    À tous ceux qui se font chier au travail, quelque soit votre QI, séparer votre identité professionnelle de votre fonction. Vous n’êtes pas ce que vous faites pour gagner de l’argent. La vérité est que plupart des employeurs ne cherchent pas des gens créatifs, ils cherchent des gens qui exécutent des taches. En attendant de trouver la perle rare, utilisez votre énergie et vos capacités pour apporter votre contribution à l’humanité. Soyez entrepreneurs, contributeurs, créateurs de logiciels open source, etc.. au lieu de vous ennuyer. Bref, n’attendez pas que les autres vous donnent une stimulation intellectuelle, créez la vous même. 🙂

    1. « Vous n’êtes pas ce que vous faites pour gagner de l’argent »… ha ben ça, si je pouvais, je ferais!! J’en reve, de brancher mon cerveau en mode automate,de lui faire executer des taches suivant les besoins, de pouvoir tout compartimenter sans etat d’ame. Quoique, etre un robot, bof quand meme 😉

      1. « vous n’êtes pas ce que vous faites pour gagner de l’argent ». A ceci près que cela occupe la majeure partie du temps d’une vie, et qu’il faut être autre chose qu’un HP pour dire un chose pareille, ne pas comprendre comment le cerveau fonctionne AUTREMENT. L’identification à ce que l’on fait est inévitable, d’autant plus dans nos civilisations décadentes où la fonction, le travail, est ce qui définit essentiellement la personne. Je suis forcément ce que je fais, sinon je ne le ferais pas. Ou alors je me sens très mal, un mal-être dont je ne trouve pas forcément la source, mais qui doit me faire questionner. L’arborescence de la pensée gêne la compartimentation, privilège d’un cerveau en mode linéaire.

        1. Se limiter à « être ce que l’on fait pour gagner de l’argent » est entre autre ce qui provoque la souffrance quand le travail ne permet pas d’exploiter ses capacités. Réaliser que son identité ne dépend pas de sa fonction permet de garder confiance en soi et de se donner des opportunités d’explorer tout son potentiel. C’est se garder le choix de se définir soi-même et ne pas donner ce choix aux autres, en l’occurrence votre employeur. Par exemple, travailler comme comptable n’empêche pas d’exceller dans l’écriture de roman, à l’heure d’internet et de l’auto-édition qui vous empêcherait d’être également écrivain ?

          Nous ne vivons pas dans une époque décadente, nous vivons dans une époque pleine d’opportunités, où le partage de l’information n’est plus aux mains d’une élite. La définition du travail est en train de se transformer, ce qui je l’espère donnera a toutes les générations futures des possibilités de se réaliser. Je trouve que cet article (en anglais) résume très bien ce changement : http://www.collabaraproject.com/articles/changingworldofwork

          Bref, séparer travail rémunéré et identité, c’est justement faire fonctionner son cerveau autrement. C’est réaliser que vous avez le pouvoir sur votre vie, c’est se donner les moyens de déployer votre potentiel sans attendre l’autorisation de quelqu’un d’autre. Nombre de personnes le font déjà, beaucoup d’entrepreneurs ou d’auteurs n’ont pas attendu d’avoir le bon diplôme ou de trouver le bon poste pour faire leur contribution. Ils n’ont pas attendu qu’on leur donne une légitimité, ils sont allés la chercher. Si Steve Jobs était rester à attendre que son patron reconnaisse son génie on aurait jamais eu l’Iphone !

          1. Initiative, Innovation, Collaboration, Créativité, Curiosité, (Capacité de prise de)Risque, Expérimentation sont les qualités du Nouvel Ordre Mondial du Travail.
            Pas grand chose à voir avec l’Ancien Ordre, fondé sur la suprématie des machines au point que la main d’oeuvre n’était plus qu’une variable d’ajustement comme une autre.

            Mais l’auteur de l’article le dit bien : nous sommes dans l’entre deux – une génération a grandi avec un cadre de référence – c’est un autre cadre de référence qui accueille les nouvelles générations.

            Dans la même veine, l’entretien qu’a eu l’Usine Nouvelle avec le DRH d’Airbus qui dit « le CV c’est kitsch« .

            Merci de ce partage Laene.

          2. « Nous ne vivons pas dans une époque décadente, nous vivons dans une époque pleine d’opportunités »
            Les civilisations décadentes ont toujours été les plus riches en opportunités. La décadence indique la fin d’une civilisation, et annonce la suivante.
            Je suis ce que je fais, et c’est vraiment important. Cela peut me déplaire profondément. Car je ne fais pas QUE travailler. Je travaille, certes. M’a-t-on mis un révolver sur la tempe pour faire ce travail? non. Je suis alors peut être en désaccord avec moi-même, je suis peut-être en dépression, je suis peut-être triste, je suis quelqu’un qui ne se connait pas, enfin, dans tous les cas, faire ce travail, m’y sentir mal par exemple m’indique précieusement qui je suis, si je m’écoute un peu. Et me permet alors de choisir, si j’en ai la force, un autre chemin pour enfin EX primer QUI je suis, le vivre dehors, pas seulement dedans.
            « Séparer travail rémunéré et identité », alors il faut séparer « mère/père de famille et identité », etc. Nous sommes une somme de nos actions. L’action a d’abord été une pensée. On ne peut pas en enlever un morceau sans causer des dégâts. Et si une part de ce que je fais ne me convient pas, je sais alors que je suis quelqu’un qui fait une chose qu’il/elle n’aime pas. Et qui devrait alors le changer?
            l’analyse fait me semble manquer de profondeur.

          3. @Laene
            Je trouve votre reflection tres « legere » On passe le plus clair de sont temps au travail alors autant le faire dans un travail un minimum epanouissant avec une atmosphere convenable (ambiance). Faire des etudes difficiles, longues et brillantes (ingenieur) pour ensuite bosser avec des cons dans des boites ou la politique et le copinage priment sur tout le reste, et produire de la merde (car dans ce genre de structure dysfonctionnelle on en arrive a ce resultat, bien sur le grand public n’est pas au courant), non merci
            Dans certains metiers vous n’avez plus de vie sociale a coté a cause des horaires (ex : finance) alors je vois pas tres bien comment on peut s’epanouir en dehors du travail dans ces conditions !
            Creer son entreprise (je l’ai fait) oui, mais c’est pas raisonnable/possible dans tous les secteurs, il faut les reins financiers solides (retournement de conjoncture par ex) , il vaut mieux de l’experience aussi

            1. Exact lepat,
              mon truc à moi, c’est l’action publique, je ne peux pas fonder ma république personnelle… si, je pourrais me présenter aux élections, mais dans ce cas, je ne FERAIS plus, je DIRAIS et ensuite je mentirais probablement…

              Je me heurte en ce moment à un mur: est ce que c’est être orgueilleux, que de savoir où est sa vraie place? Les gens n’ont rien à faire de notre intelligence. C’est comme si une très jolie fille n’arrivait pas à être mannequin et qu’elle se présentait dans toutes les agences en disant « mais enfin, je suis canon, vous ne le voyez pas? » et qu’on lui disait: si, mais on s’en fout… et tu es trop orgueilleuse à te croire belle…
              bref… je suis dépitée et je me demande s’il reste de la place pour les idéalistes dans notre monde.

              1. Il n’y a que les idéalistes pour voir le monde tel qu’il pourrait être et le raconter pour donner envie…jusqu’à ce qu’un jour quelqu’un fasse le premier pas vers ce monde.

              2. @atalante
                Un des « defauts » sur durdoué est en effet son idealisme, mais tout ceci est explicable il voit tout en mieux, en plus beau etc (c’est une forme perfectionnisme global qui fait appel a plusieurs dons)
                Le perfectionnisme n’est pas un defaut en soi aussi non vous pourriez oublier les grands musiciens, peintres, scientifiques et tous les gens qui ont contribué d’une certaine facon meme de facon limitée (ex : la creation de ce blog par cecile pour mieux comprendre le surdon) a ameliorer le monde.

              3. Moi j’aime bien être idéaliste. Même aprfois j’arrive à faire taire les autres, les « pas idéalistes »! à force de ne pas voir l’impossibilité à faire, finalement je fais 😉 !
                Je n’aime pas les éréalistes ». Ils me tirent vers le bas, alors je les fuis comme la peste, ou je les casse un bon coup s’ils insistent à me dire tout ce que je ne devrais pas faire. Si tu savais, Altalante, tout ce qui relève de soi-disnat l’impossible et que j’ai fait! alors surtout, reste idéaliste, et vas-y. Mas comme nous sommes hypersensibles, forcément, si une andouille te dis que tu ne vas pas y parvenir, ça te plombe le moral. Il faut juste arriver à les faire taire! tant pis pour le moyen que tu emploies pour ça, l’important est d’être efficace. Ne regarde ni à droite ni à gauche, et fonce!

              4. Bonsoir,

                Etre idéaliste aide à tenir le coup. En ce moment, on ne me laisse pas exprimer mes nouvelles compétences, car on n’a pas trop envie que je déborde du poste type tel qu’il a été conçu dès le départ.

                Bien sur ca vise à me rabaisser tout ca. Ca fait souvent mal, mais en fait à chaque fois, ca ne dure plus très longtemps, je suis tellement blindée.

                Par contre, ce qui est jouissif, c’est que mon entourage professionnel à l’air de croire que je n’ai pas du tout vu leur manège.

                Que les gens sont prévisibles, mon dieu….

                je crois malgré tout que je gagne en maturité, en effet je vais me confier à ma mère, je trouve qu’il est temps là, après quelques années à cacher tout ca.

                Si elle ricane, ce n’est pas si grave après tout. je le fais par respect, elle a le droit de savoir quel zébrette elle a pu engendrer, ca va la rassurer sur le tas d’emmerdes que je lui ai fait subir.

                Après elle en fera ce qu’elle voudra….

                1. Bonsoir,

                  voilà ma mère sait pour moi.

                  Bon évidemment je ne lui ai pas dit direct, j’ai pris mon temps.

                  Et elle n’a pas ricané, elle m’a cru, elle a été surprise, et je pense qu’elle a compris certains de mes comportements.

                  C’est l’essentiel. je suis soulagée, elle connaît mieux sa fille maintenant.

                  Je pense qu’elle va peut etre chercher à en savoir plus, je ne sais pas , mais je ne serais pas surprise.

                  Cricri

            2. @lost in time

              Je me suis mal exprimée. Ce que je voulais dire, c’est qu’il est important de prendre conscience que nous sommes bien plus que notre travail rémunéré. Donc être dans une situation professionnelle non satisfaisante n’est pas une fatalité en soi et ne devrait pas conduire à douter de ses capacités ?

              @lepat

              Je comprends votre frustration et je suis aussi passée par là. En sortant d’études d’ingénieur longues et exigeantes, j’attendais avec grande naïveté de trouver un travail qui me permette de « sauver le monde » et d’utiliser mes capacités… J’ai été assez refroidie par mes premières expériences.

              En ce qui me concerne, le plus difficile a été de réaliser que les apparences étaient souvent trompeuses. Nombre de postes au nom pompeux consistent en fait à réaliser des tâches répétitives qui ne nécessitent pas vraiment de réflexion ou consistent en de la bureaucratie. Toutefois, il est difficile de ne pas se laisser leurrer par les paillettes, parce que « chef de projet XXX » fait toujours plus classe en société (travail = identité pour beaucoup de personnes).

              Pour moi il a été important de réaliser qu’on a toujours le choix, et que les opportunités ne se limitent pas à ce que l’environnement immédiat reflète. (Par exemple les gens qui vont en finance et n’en sont pas heureux parce que c’est idée du succès qu’ils ont).

              Personnellement, j’ai pu commencer à trouver des réponses à mes questions en apprenant à me connaitre moi-même, en expérimentant plusieurs choses (voire métiers). Trouver ce qui me stimule et ce qui m’ennuie et développer les compétences qui me permettront peut être un jour de gagner de l’argent sans avoir l’impression de travailler.

              Je pense qu’il est possible pour tout le monde de trouver sa place… ou de la créer. 🙂

              1. @Laene
                là d’accord. Nous sommes bien plus que ce pour quoi nous sommes payés. Mais c’est valable pour tout le monde, surdoué ou pas. Je suis devenue, avec le temps, une personne avec des côtés durs, parrait-il. Je pense cepednant que se plaindre n’apporte rien, et qu’il faut alors chercher une solution, si l’on se sent mal dans son travail. Je ne dis pas que c’est facile, si ça l’était, ce n’aurait plus rien de beau que de se battre pour vivre ce que l’on est!

              2. « gagner de l’argent sans avoir l’impression de travailler ». C’est ce que j’ai l’impression de faire. je gagne de l’argent en ayant l’impression de vivre, pas de travailler. Mais…..
                Ceux qui travaillent avec moi de façon évidente n’arrivent pas à suivre et montrent des signes d’épuisement. Je supporte assez mal ceux qui se plaignent, alors soit je fais à leur place (j’ai pitié), soit je leur dis de se mettre au boulot et comme ça ils ne penseront pas à se plaindre, le temps qu’ils passent à se plaindre aurait pu être productif (même si c’est prendre du repos, car prendre du repos est productif!). Mais…..je ne cherche pas à gagner beaucoup d’argent (enfin, je commence à compter, mais c’est nouveau), je cherche à faire très bien ce que je fais. Alors comme chef d’entreprise, je suis assez nulle sur certains plans. je cherche à m’améliorer, mais ça me demande de gros efforts (à quoi ça sert de compter? pourquoi ce travail n’a pas été mieux fait? vous n’avez fait que ça ce matin? etc…) je rêve de pouvoir vivre mon travail sans personne pour m’aider! 😉 pas très social, tout ça! et quand, en plus, quelqu’un essaie de discuter mes idées, ou de me dire qu’il a eu une idée et qu’évidemment j’en vois la faille avant qu’il ait fini de parler, alors là….je bous à l’intérieur pour ne pas dire « laisse tomber, je m’en occupe ». pas douée pour deux sous, je suis, en management. j’ai l’impression de perdre un temps fou. Il faut discuter, communiquer. dans ma tête, je pense « taisez vous et suivez moi ». mais ça, ce n’est pas bien, hein? pourtant c’est comme ça qu’on avancerrait le mieux, parce que de toute façon, c’est comme je pensais que tout finit, même si je laisse appliquer des idées autres! (parfois je fais un gros effort, je dis ok, bonne idée, je laisse faire). Voilà donc, mea culpa…

                1. @lostintime: tu m’as fait rire avec ton anecdote sur les collaborateurs qui ont des idées dont tu vois immédiatement la faille et les contrecoups… je fais ça tout le temps… la seule fois où j’ai été en management direct les gens (fonctionnaires) sous ma responsabilité ont pété un câble: je leur avais trouvé des moyens d’automatiser des tâches répétitives pour dégager du temps en mode projet. Quelle erreur!!! Ils VOULAIENT avoir des tâches répétitives… Je ne ferai plus cette erreur! Mais oui, j’adorerais, je rêverais, de pouvoir dire « fermez la et suivez moi nom d’une choucroute garnie ». D’ailleurs j’ai une réunion dans 1h, je teste mon expression et je reviens vous raconter lol

                  1. ouh là! ils VOULAIENT des tâches répétitives? ah alors j’ai dû encore zapper quelque chose! nom d’une banane bleue, il n’y a rien de pire que quelque chose que tu fais tous les jours pareil! Sur ce type de taches, je ne peux pas m’empêcher de calculer le temps que j’y passe, en projetant sur toute une vie. genre, alors, 15 minutes pour faire ça, 350 jours par an, par 30 ans, j’aurais passé tant de temps à faire juste ça? alors, hop, je trouve un moyen de réduire le temps consacré à la tache en question, ou je trouve quelqu’un pour le faire! 😉
                    Suivez moi! non, je ne sais pas où je vais. Pourquoi, il faut savoir???? ce qui est certain, c’est que je garantis l’aventure, les nouveautés, l’imprévu, les beaux souvenirs, le fun, quoi!!!! et de toute façon, quoi qu’on fasse, on va quelque part!

    2. tres beau sur le papier mais :

      – certains metiers/etudes/specialisations ne permettent pas de se mettre a son compte mais uniquement le salariat en grande entreprise a peu de choses pres
      C’est regrattable mais la fac forme souvent a travailler en grande entreprise, de plus vue et presentée comme la voie royale. pour moi c’est presqu’irresponsable a l’heure actuelle
      dans ce cas se mettre a son compte ca veut dire reconversion complete, sans experience, bonne chance apres un age avancé

      Je me rappelle mes profs de fac en derniere année d’inge qui nous conseillaient a l’epoque de ne pas travailler pour n’importe quel boite et pas en -dessous d’un certain salaire et qui nous disaient qu’on etait l’elite du marché de l’emploi si pas de la société ! Ces gars etaient complement a cote de la plaque par rapport au marché de l’emploi actuel (sauf les fonctionnaires, caste a part)

      – un probleme specifique du surdoué est qu’il s’investit enormement (il voit tout en mieux ou plus beau) et a besoin de sens a son travail, c’est d’ailleurs pour cela qu’il est manipulé par la hierarchie des managers sans scrupules, mais ca se gere aussi au risque de quelques desillisions

      – certaines metiers tu n’as aucune vie sociale en semaine a cote du boulot a cause des horaires sans parler de la pression, s’epanouir a cote du travail c’est tout simplement pas possible a cause du manque de temps

      – sans argent tu vas nulle part , rien n’est gratuit. c’est pour cela que dire aux surdoués, specifiquement les artistiques (perso je suis plutot scientifique mais creatif) de vivre de leur don, peu monetisable est presque dangereux. Boulot alimentaire sans pretention (au moins il y a pas de surprises) avec horaires normaux et epanouissement artistique a cote par contre pourquoi pas ?

  4. Bonjour à vous,

    Ce que je lis me réconforte un peu en me sentant moins seule. Rapide résumé de ma situation : suite au rachat de ma boite, j’ai changé de poste et d’équipe (auparavant j’étais seule et autonome sur un super poste motivant mais qui ne rapportait pas assez, mais avec un boss avant-gardiste et bienveillant) au même moment que le décès brutal de ma mère il y a 2 ans. Depuis 2 ans je me bat pour « survivre » : gérer ma douleur, celle de mon père à qui je doit apprendre à faire marcher une maison au quotidien et l’empêcher de sombrer, celle de mon mari qui me voit si mal, gérer la fibromyalgie qui s’est aggravée d’un coup et à été diagnostiquée enfin et un boulot où je m’ennuie profondément bien que je m’y investisse du mieux que je peux. Mais 2 de mes collègues ont décidé de me pourrir la vie et critiquant et remettant en cause chaque chose que je fais et jugeant ma personne, sans que mon nouveau manager, au courant ne bouge le moindre petit doigt pour m’aider. Tout ça qui m’a dangereusement approché du suicide l’année passée et ce n’est que grâce à mon mari et mes amis et les AD que j’ai pu me maintenir un minimum. Un tour chez une psy, conseillée par une vague connaissance,, qui m’a fait passer des tests (je pensais qu’il allait simplement ressortir que j’étais en dépression) et qui à révélé que j’étais HPE. Le choc pour moi ! Déni d’abord puis recherches approfondies sur le sujet, je suis enfin en travail d’acceptation avec une autre psy qui m’aide à apprendre à me protéger de mes 2 collègues toxiques, mais pas suffisamment pour m’éviter de retomber en dépression.
    J’ai contacté la DRH pour lui faire part de mes difficultés avec mes 2 collègues qui sapent le peu de motivation que j’ai pour mon boulot et qui contribuent grandement à l’aggravation de maladie. Elle m’a juste proposé de la prévenir pour « discuter avec l’un des directeurs » du groupe avant mon retour d’arrêt maladie, avec le soutien du médecin du travail. Mais j’ai bien compris qu’ils ne pensent pas faire de changement s radicaux pour que ma situation s’améliore. Ce travail me détruit autant que l’ambiance pesante des deux reptiles qui me servent de collègues. Je ne vois qu’une solution : partir. Ce qui est impossible pour le moment car je n’ai rien d’autres sous le coude et j ne me sens pas assez « solide » pour me lancer en indépendante, bien que j’en rêve. J’ai commencé une formation du soir pour un tout autre domaine, mais je ne serai pas prête avant 1 ou 2 ans, et en attendant je dois continuer de travailler mais c’est une souffrance de me dire que je vais retourner au boulot continuer à prendre des tâcles non justifiées que je ne sais que me prendre comme des coups de poignards qui me tuent. Je suis créative je le sais et l’innovation ne me fait pas peur, mais j’i compris que je ne supportais qu’on cherche à m’imposer des choses autant qu’à me contrôler. Je veux travailler en autonomie avec des gens bienveillants… Est-ce une utopie ? Vers quoi/qui puis-je me tourner pour m’en ouvrir professionnellement ?

    1. Bonsoir Fleur
      L’arrêt-maladie (très) longue durée me semble être la meilleure des protections dans un cas pareil !
      En tous cas, au regard de ce que vous racontez, vous arrêter ne serait pas du luxe.
      Mais auparavant, vous récupérez un maximum de pièces à conviction et de verbatim (qui a dit quoi à quelle date et quelle heure dans quelles circonstances).. et aussi toutes les preuves de satisfaction à l’égard de votre travail.
      Et puis bien sûr, une thérapie en parallèle. Le harcèlement au travail est souvent le prolongement de situations de harcèlement vécues dans l’enfance.
      Bon courage.

  5. Ce qui m’intéresse dans l’article, c’est de voir qu’il y a de l’espoir pour que nous soyons mieux accueilli en entreprise.
    A l’école ça commence a se faire, j’ai deux filles précoces et les discussions avec les directrices montrent qu’elles doivent faire avec les directives de l’éducation national, mais de la a comprendre comment fonctionne un enfant précoce…mais ça avance.
    En entreprise, je pense qu’il est temps de sortir du bois et de pouvoir mettre sur son cv, je suis surdoué, ne plus se cacher et si les DRH comprennent que cela peux apporter quelque chose à leur boite alors ils feront le nécessaire pour que nos qualités mais aussi nos défauts soient pris en compte.
    Sortir de l’image d’Epinal du binocleu premier de la classe, prétentieux qui sait tout.
    Quand je parle avec une directrice d’école, et que je lui dis que c’est la galère d’avoir des enfants surdoués, ça passe plus facilement.

    Il serait important de mettre en avant nos défauts autant que nos qualités.
    Il est surement plus facile a un « normal » d’accepter un surdoué à coté de lui, si il lui reconnait des fragilités, il aura ainsi plus confiance dans nos idées, même si il ne comprends pas tout. Il acceptera mieux nos maladresses, et cela pourrait même être une plaisanterie quand nous manquons de diplomatie.
    Il est important de se faire accepter comme on est (on peut quand même faire un effort pour s’adapter).
    Mettre en avant la créativité et l’inventivité, est le meilleur moyen de se faire accepter.
    Quand un diplômé de grande école pense que compte tenue de notre QI nous serions plus intelligent que lui, ça passe assez mal, surtout en France, mais s’il pense que nous sommes plus créatif que lui, c’est plus facile pour lui de nous accepter, il nous prendra pour une machine a idées dont il pourra en tirer des bénéfices.
    C’est ce dont parle l’article.

    Courage sortons de l’anonymat !!!

    1. Bonsoir Friscou,

      Tout est dit dans ton post, et je suis à 200 % d’accord.

      D’ailleurs, meme si je travaille, je cherche ailleurs, et je l’ai mis dans mon cv.

      plus exactement : j’ai mis en loisirs : jeux de lettres, tests de QI, ca va peut etre leur mette la puce à l’oreille (?)

      Après, ne pas se renier, mais s’adapter un peu, pas trop. Le juste milieu pour se sentir bien soir et avec les autres, et supporter à peu près certaines situations.

      Et avoir la possibilité d’exprimer sa créativité, de donner des idées meme si elles ont l’air parfois originales.

      Je ne demande que ca.

      Cricri (qui continue sa lancée sur un autre poste de reve…… mais qui se garde bien de trop se réjouir, pour éviter l’écroulement en cas d’échec).

    2. Sortir de l’anonymat est une chose, inscrire sur votre CV que vous êtes surdouée… toute une autre affaire !
      Y ‘a t-il ici des personnes en position de recrutement aux Ressources Humaines ? Avez-vous jamais reçu des CV avec une mention  »surdouance«  et si oui, qu’en avez-vous fait ?
      Dans le cas où vous recevriez de tels CV, qu’en feriez-vous ?
      J’ai très hâte de lire vos témoignages.
      Merci bien
      Chan

      1. Tout d’abord, mes souhaits d’une année la plus heureuse possible.
        Mon avis: comme toute information sur un CV, il faut pouvoir « en faire quelque chose » (en anglais, « story telling »).
        Prudence donc, si jamais le job ne nécessite aucune forme d’intelligence « différente » ni de créativité (si si ça existe).

        POURQUOI ?
        J’ai déjà été dans la position de recruteur, dans des domaines qui nécessitent des compétences logico-mathématiques élevées mais aussi de la curiosité et de la créativité.
        De façon naturelle, je suis donc amené à mettre les candidats « sous pression » sur des quizz du type : « comment feriez vous pour estimer le poids d’un éléphant si on ne vous donne pas de balance ? » OU des questions a priori saugrenue de ce type. J’observe autant l’intelligence (au sens « classique ») mais aussi la capacité à trouver une réponse de manière élégante et honnête. Pour être tout à fait franc, j’arrive à me faire une bonne idée du candidat dans les 5 premières minutes de l’entretien.
        Personnellement, je fais preuve de bienveillance que le candidat soit »surdoué » ou pas. Le « surdoué » ( s’il est bien dans ses baskets ) devrait être moins déstabilisé.

        Très amicalement,
        JCR Le lémurien rebondissant

    3. Article très intéressant en effet, qui donne des pistes pour chacun : surdoués, DRH et dirigeants (enfin s’il y en a qui suivent ce post..). Cela serait bien de faire connaitre ces travaux dans notre noble et si conservateur pays. Non ??

      Toutefois, sourire je me fais au commentaire de Tournevis – que je salue – sur les grandes écoles car là aussi, surdoués il y a …. Moins nombreux ils sont, et plus difficile leur intégration est dans la sur-normalité de l’entreprise. Croyez-le bien.

      Et secoués les leaders surnormalisés de nos associations d’anciens de grandes écoles sont lorsqu’il il leur est proposé de travailler sur le sujet des surdoués !

      Faut-il un corps de jedi-surdoués créer pour enfin nous faire accepter dans nos capacités spécifiques ou bien devons-nous continuer à vivre dans l’ombre ????

      Bien à tous

      1. Etre diplômé d’une grande école est au moins un moyen de se faire reconnaître par un titre officiel qui garantit, aux yeux de notre société aveuglée par ses normes et principes, au moins des considérations minimales pouvant amener une carrière moins semée d’embûches.
        Je regrette beaucoup de ne pas avoir fait une grande école, car aux yeux des ressources humaines que j’ai fréquentées, l’école que j’ai faite est presque insignifiante… Alors, évoquer, ne serait-ce que subjectivement et avec la plus grande retenue possible le fait d’être « surdoué », serait je crois perçu comme une effronterie par les ressources humaines ou la hiérarchie, du genre « mais pour qui se prend-il, celui là, et d’abord, c’est quoi son diplôme, au fait ? ».
        Je crois aussi que les dirigeants de nos grosses entreprises, en France, ont plus besoin de collaborateurs qui se satisfont d’évoluer dans un canal dont les rives sont bien bétonnées sans chercher à voir au delà de ces rives, que de collaborateurs qui remettent en cause, cherchent sans cesse à améliorer, etc… . Selon moi, dans les grandes entreprises, quand on n’a pas le diplôme prestigieux qui va bien, alors mieux vaut ménager les routines et les quiétudes, laisser le système kafkaïen ronronner et accepter au prix de perpétuels renoncements, sous peine d’être plus ou moins insidieusement mis à l’écart.
        Vous aurez compris probablement que j’ai aujourd’hui beaucoup d’amertume. Je suis certainement fautif de ce qu’il m’est arrivé. J’ai longtemps agi contre ma nature, dans un effort de sur-adaptation permanent qui a contribué à mon burn-out. Je croyais répondre à un idéal de jeunesse pour ma carrière, mais je n’ai fait que me contraindre jusqu’à l’effondrement gravitationnel.

        1. Arthur & supernova,

          Je suis diplômé d’une grande école (celle là : http://www.ensae.fr/).
          Pour moi, ce genre d’école qui est moulé sur le modèle de l’X permet quand même à un zèbre de s’épanouir car on y a une liberté assez importante et vous pouvez accéder aux « humanités » si vous en avez envie.
          Pour info, voici quelques exemples d’anciens qu’on pourrait qualifier d’hors normes (des zèbres ?): Karol Beffa, compositeur (http://fr.wikipedia.org/wiki/Karol_Beffa), Jean-Luc Tingaud, chef d’orchestre (http://www.tingaud.com/) Thibaut de Saint Pol (écrivain qui écrivit son premier livre dès sa première année d’école), Benjamin Lebrave DJ, PdG d’un label spécialisé en musiques africaines, vit au Ghana maintenant http://www.ensae.org/docs/2013142150_v37—p—benjamin-lebrave-(03).pdf).
          Ce sont évidemment des exceptions, tout comme les zèbres le sont. Sachant que la majorité des diplômés, aussi brillants soient ils, restent des « normo-pensants ».

          Je peux témoigner que je n’ai jamais pu faire valoir ma « différence » une fois en entreprise. Aujourd’hui autant qu’hier. Dur de déborder des cases établies.
          En même temps, je n’ai jamais su comprendre ni manipuler les implicites ( il paraîtrait que les zèbres sont très mauvais pour ça). En plus, je ne sais pas non plus faire de compromis (encore un défaut de zèbre non ?). On n’efface pas ses rayures à volonté sans dommage. Donc, j’essaie de trouver une place, à défaut de trouver MA place.
          Car in fine, tout ceci n’est pas une question de diplôme mais un problème de COOPTATION.

          Cordialement,

          JCR le lémurien rebondissant

          1. Un « normo-pensant » ne sera jamais surdoué au sens du diagnostic établi de nos jours (par un psychologie lui-même haut potentiel, sinon ça ne vaut rien, tout comme le test de QI traditionnel). Les surdoués sont des (trop) libres penseurs.

          2. J’entends par là qu’il s’accompagne d’un suivi psychologique par quelqu’un de semblable car il est communément admis qu’il n’y en a qu’un pour en reconnaître un autre. Certains auraient moins de 100 sur le test « traditionnel » pour tout un tas de raisons psychiques identifiées et identifiables.

            1. Ok, je comprends mieux.

              Car je voulais signaler qu’un « normo-pensant » peut parfaitement être qualifié de surdoué en passant la barre des 130 – un brillant bosseur performant sera en capacité de performer à 14/15 sur chaque subtest. Ce qui le classera au dessus de 130. Sans pour autant qu’il plafonne sur aucun sub test ce qui sera le propre de nombre de surdoués sans problèmes.
              Car, oui, vous avez raison, il y a beaucoup de raisons pour qu’un surdoué sous-performe.

        2. En fait, je crois que ce qui tue vraiment, ce qui provoque le burn out, c’est quand l’espoir n’y est plus, quand on y croit plus, quand on se dit « bordel, je vais me prendre porte après porte après porte sans jamais en voir le bout tout le temps? Et qu’on ne voit plus ce qu’il y a de bon dans tout ça, le chemin, en somme. On reste comme un con au milieu de la route, et on ne peu plus bouger. Gauche ou droite, tout droit, quelle importance? J’ai trouvé le poste de mes rêves, je tombe sur un pervers, je rebondis dans une énorme boîte, jamais entendu autant de conneries au kilomètre, pas un sou de vision, boulot totalement décérébré, je passe un entretien ou tout colle parfaitement y compris le feeling avec la manager, je me fais coller sur la méthode (tout le monde m’avait dit que ça ne pouvait PAS être un problème) alors que je bosse depuis 15 ans avec des résultats impressionnants (forcément il y a autre chose, je m’en doute). Y’a un moment où il faut une fichue foi quand on sait que tenter de se conformer n’est PAS la solution, qu’il ne faudrait pas démissionner, prendre son mal en patience. Mais quand tout semble ubuesque, on fait quoi?!!. Je peux dire que je suis sacrément à plat. En plus je lis cet article sur le décès de la chanteuse Teri Moïse, visiblement surdouée qui s’est pris le système dans la figure, et bon, j’aurais dû lire autre chose quoi…http://rue89.nouvelobs.com/rue89-culture/2014/01/15/les-poemes-michelle-quest-arrive-a-chanteuse-teri-moise-248994
          PS : punaise, si on m’avait demandé comment peser un éléphant sans balance, je risquais pas d’être retenue, hein. 🙂

          1. Mais… euh… envisager de s’installer à son compte, c’est vraiment pas possible ? Je crois que c’est la seule solution pour la plupart des hp, tout comme c’est la seule solution pour les plus de cinquante ans, non ? Pourquoi continuer à collaborer avec ce système de fous et de brutes qui ne veut clairement pas de nous (et de beaucoup d’autres) ?

            1. @tournevis

              theoriquement c’est ce qu’il faudrait faire, mais c’est pas possible dans tous les secteurs (on oublie ca trop souvent).
              Pour certains postes/fonctions tu n’as que les grandes entreprises, qui refusent de travailler avec des independants ou externes parfois
              C’est pour cela que j’insiste sur l’oritentation des etudes et que je suis choqué par le manque de literature en langue francaise concernant le surdoué au travail (et son choix d’etudes)
              On peut s’en rapprocher parfois en travaillant dans des petites structures, bureaux d’etudes parfois

          2. BEGIN post

            @lechalote,

            Je tiens à préciser que je ne pose cette question qu’en « cerise sur le gâteau » : ce qui signifie que la personne à qui je pose la question a déjà passé quelques barrières (simples) qui ont fait chuter 99% des candidats.
            Si nous nous retrouvons face à face, mon intuition en 5 minutes me permettra de dire si vous aurez droit à une question saugrenue ou pas. Je ne me suis trompé que dans un cas où j’étais trop fatigué et que j’ai laissé mon cerveau « analytique » prendre le contrôle.

            WARNING :
            Encore une fois, un HQI/zèbre/etc ne fait pas de vous/nous LE meilleur candidat. Etre zèbre/HQI/etc c’est avoir un don, il faut savoir s’en servir, le valoriser.
            Même si l’entreprise est un endroit rempli de cons, de petits chefs bornés, etc, où votre don a peu de chances d’être bien exploité.

            REPLY to @tounevis
            se mettre à son compte : OUI mais il faut savoir pour quels objectifs ? Il ne faut pas confondre l’objectif avec le moyen. Si l’objectif est d’être indépendant, le moyen est bien évidemment de travailler comme…indépendant. Élémentaire mon cher Watson.
            Il me semble qu’il faut toujours prendre du recul et ne pas laisser que les émotions guider nos choix. Les émotions sont un formidable moteur, très très puissant. Comme tout ce qui est puissant, il faut apprendre à les maîtriser, les utiliser voire à en faire des armes.

            DEBUT digression
            Je fais une digression ici pour évoquer un art qui va dans ce sens : le kiai jutsu. Cette technique, qui est une composante des techniques enseignées dans les écoles classiques d’escrime japonaise, sert : 1/à aider celui qui le pratique à canaliser et maîtriser ces émotions 2/ à développer une sensibilité pour « flairer » les émotions de l’autre 3/ quand c’est nécessaire à manipuler soit ses propres émotions soit celles de l’autre. Ce peut être pour un objectif létal ou non.
            FIN de la digression.

            Ma modeste suggestion serait : prenez d’abord le temps de faire la paix avec vous même. Je parierai fort que vous verrez plus clair : vous avez en vous mêmes les ressources pour décider plus sereinement. N’ayez pas peur de vous faire aider, même si trouver quelqu’un de « sûr mais pas dur » est une autre paire de manches.

            Veuillez me pardonner (@lechalote, @tournevis en particulier) si mes propos ont pu vous blesser d’une manière ou d’une autre. Je respecte profondément vos sensibilités, vos chemins. Je suis moi même en chemin pour tracer ma voie.

            Que la force soit avec vous, lâchez prise (autant que vous le pouvez bien sur).

            JCR, le lémurien rebondissant

            END post

          3. à Jean-Claude : pas de souci, pas blessée, je n’ai pas bien saisi à quels endroits je pouvais être concernée 😀
            (je n’ai jamais mis les pieds dans l’Entreprise, seulement dans des associations, où ce n’est pas triste non plus, dans un autre genre)
            Maintenant, j’ai 52 ans, âge auquel une femme, trop diplômée et hp de surcroît, n’a absolument pas le moindre risque d’être embauchée par quiconque donc je suis tranquille, et bien contente de l’être 🙂
            (ce qui ne veut pas dire que c’est facile, hein : pas de retraite non plus, mais je ne suis pas sûre que j’aurais voulu de cette antichambre du cimetière)

          4. Jean Claude : je n’étais absolument pas blessée mais amusée et intriguée, j’avais compris le fond , j’ai raisonné en fonction de l’affreux qui m’a planté la semaine dernière sur la méthode 😉 Je suis sincèrement désolée pour l’incompréhension, d’autant plus que vus m’avez fait du bien avec votre commentaire . Pour je reste je suis en phase, il faut faire la paix avec ses émotions. Mais qu’il est difficile d’assumer ses choix quand quasiment personne ne les comprend! Des fois, quand j’en ai vraiment, mais vraiment marre, je me dis qu’on bon Xanax pour être en phase avec le reste du monde, ça doit être sacrément reposant. Mais jamais longtemps heureusement.

        3. @supernova

          le milieu du travail est un terrible desenchantement pou les surdoués, surdiplomés, surefficients

          Le diplome c’est beau (je suis moi-meme surdiplmoé surdoué avec grades) mais dans le privé par apres tu travailles avec des boss en fin de carriere qui ont pas depassé le bac (!), de directeurs financiers qui ont un diplome de… philosophie (et qui maitrisent pas les stats de base ou math niveau bac)
          par contre des beaux parleurs et bonimenteurs oui, aucun doute
          Je vois aussi combien les avocats, notaires facturent par rapport a ce qu’un ingenieur est payé, c’est triste
          Dans des pays comme la France avec la desindustrialisation on a tué le metier d’ingenieur (deja plus respecté en allemagne), le metier d’informaticien en occident (concurrencé par des indiens au smic)

          par ailleurs pour moi (qi 144) par definition un HQI fonctionne differamment de la majorité de la population

        1. Hello Tournevis, je sais pas pour les grandes écoles, mais pour ce qui est de me mettre à mon compte, c’est simple, je ne sais rien faire, donc je ne peux pas me lancer comme ça. Ce n’est pas de la fausse modestie, hein, mais la stricte réalité : j’ai fait une école de commerce et ça fait 15 ans que je vends des trucs auxquels je ne comprends strictement rien. Alors, il y a bien cette école de yoga à laquelle je suis inscrite, mais ça ne peut pas être un projet immédiat. En attendant, je vais devoir bouffer quand même et retourner dans le système, s’il m’accepte, et si j’y arrive. Et en attendant, je vais me reposer avant, parce que mon cerveau continue à mouliner non stop. La seule chose que je sais : je dois bosser avec quelqu’un qui m’apprécie et que j’apprécie, parce que sinon, c’est comme si on me retirait le carburant du moteur, voilà, j’ai pas changé depuis mes 8 ans, et les notes en fonction de l’institutrice. Tu parles d’un critère…

          1. Léchalote, ça m’étonnerait bien que tu ne saches rien faire 🙂 je pense plutôt que tu ne sais pas ce que tu sais faire ? (peut-être parce que c’est plus facile pour supporter le reste ou alors parce que le reste a bien réussi la mission qu’il s’est impartie, te faire croire que tu ne peux vivre en dehors d’eux…) Mais je me trompe sans doute (il y a douze ans de ça, je ne savais pas que je suis créative, ha ha ha… :D)
            Déjà, je sais que tu sais écrire, ce qui n’est pas rien, tu sais vendre, ce qui n’est pas rien non plus, surtout par les temps qui courent, et il m’ a semblé que tu n’es pas nulle en bricolage ? Je suis sûre qu’il y a plein d’autres choses cachées dans les recoins 🙂

      2. Comme vous dites la grande entreprise est avant tout destinée au normopensants conformes ! Quand va-t-on graver cela en grande lettres un peu partout !
        Un surdoué ne peut etre que malheureux dans une entrerprise du CAC40 et doit cacher son surdon (beaucoup de surdoués m’ont avoué le faire car il faut bien ramener le beurre a la maison) et etre le plus conforme possible, ne pas se faire remarquer par sa douance.
        Aussi non je crois qu’un surdoué peut encore tirer son epingle du jeu dans une startup, bureau d’etudes etc Moi-meme ayant travaillé dans un bureau d’etudes j’ai constaté que certains caracteristiques du surdoués y sont valorisées :
        – les multiples competences et la polyvalence du surdoué (qui s’interesse a beaucoup de choses et connait beaucoup de choses) car ces petites strcutures peuvent pas se permettre de multiples specialistes comme les grandes
        – son perfectionnisme peut etre utile en matiere financiere, c’est directement quantifiable en montants financiers gagnés
        – sa competence car dans ce genre de structure on peut moins se permettre de payer des incompetents totaux mais indeboulonables car planqués avec soutiens politiques (combien de fois vu en grande entreprise)

  6. Merci pour cet article. Cela permet d’y voir plus clair sur moi-même. Et sur l’entreprise.
    En effet ma dernière entreprise a été de celles idéales décrites ci-dessus, et c’était génial. Et puis dépôt de bilan pour impayés.
    Toutes les autres que j’ai connu ou que l’on m’a proposé, étaient cloisonnées. Impossible. Je n’ai jamais pu faire le pas.

    Note : j’ai découvert par hasard mon profil à 50 ans passé !!!!

  7. C’est très intéressant comme article. Et comme site. La vision entreprises vs surdoué est bien drôle : c’est tout à fait ça ! Je reviendrai te lire.

  8. Bonjour,

    Noks Nauta a également publié quatre autres textes sur le sujet:

    1-  » Giftedness in the work environment »:

    http://www.noksnauta.nl/Giftedness%20in%20the%20work%20environment%20%20TBV%20nov%202008%20English%20translation%209%20oct%202009.pdf

    2-  » -Gifted adults in work « :

    http://www.sengifted.org/archives/articles/gifted-adults-in-work

    3-  » Recommandations managing gifted employees »

    4- » Good supervisors for gifted employees « .

    1. Merci aélis !

      Le premier article fait un peu doublon avec ce billet, mais effectivement, ça vaut le coup d’en mettre à dispositio certains comléments.
      SENG faisait partie de mes objectifs 🙂
      Me reste plus qu’à my coller..
      Cela dit si l’un(e) d’entre vous accepte d’en faire la traduction, je le posterai volontiers sur Talentdifferent :)…

  9. Cet article n’est pas directement lié à la douance en entreprise, mais il relate un fonctionnement intelligent dans une entreprise qui respecte ses salariés et ne les prend pas pour des cons ou des filous : http://www.capital.fr/enquetes/strategie/favi-l-usine-qui-tourne-sans-chefs-802390 (il y a plusieurs pages à lire)

    Quelques extraits :

    « Depuis près de trente ans, ce sous-traitant picard pour l’industrie automobile pousse ses 400 ouvriers à élire leurs responsables et à travailler sans hiérarchie. Et le succès de son modèle fait réfléchir.
    «Ça a commencé avec le retrait des pointeuses, explique l’un d’eux. Quand il y en avait, tout le monde faisait la queue et on commençait plus tard.» Bienvenue chez Favi, la PME qui laisse ses ouvriers se débrouiller tout seuls.
    La hiérarchie est quasi inexistante, les fonctions support (comptabilité, bureau d’étude…) se limitent à une quarantaine de personnes et le management repose sur des principes rares dans le monde de l’entreprise. «L’homme est bon, il faut lui faire confiance, tout le monde a le même but, satisfaire le client, et chacun doit être traité de la même façon»
    Fini, les places de parking réservées (sauf pour les clients) et les berlines de fonction à l’usage des cadres (elles sont désormais affectées à ceux qui roulent le plus). Même les toilettes des ouvriers sont plus confortables que celles de la direction : «Normal, elles sont davantage utilisées»
    Prenez l’organigramme. Jusqu’au milieu des années 1980, il comptait quatre ou cinq échelons. Il a été réduit à deux et demi. Et encore. «Le seul véritable échelon, c’est l’opérateur, explique le directeur. C’est lui qui fait, donc lui qui sait, et il ne faut pas le fliquer.»
    Pour redonner de l’autonomie aux ouvriers, l’activité a été découpée en une quinzaine de «mini-usines» de 10 à 40 personnes, chacune dédiée à un client […] ou à une mission transversale, la maintenance par exemple. A leur tête, pas de chefs, mais des ouvriers cooptés par leurs collègues.
    leur organisation atypique […] n’empêche pas l’entreprise d’afficher de bons résultats dans un secteur où la pression des clients et la concurrence sont exacerbées : le chiffre d’affaires augmente chaque année […] et le résultat d’exploitation tourne autour de 15%, bien plus que chez ses rivaux.
    Et du fric, Favi en a économisé beaucoup en donnant des responsabilités aux salariés. Sa structure est légère : pas de secrétaire, pas de magasinier (les stocks sont ouverts et autogérés), pas de régleur (l’opérateur ajuste lui-même sa machine avant de commencer).
    Le service administratif ne comporte que sept salariés, standardiste incluse, le directeur financier est aussi DRH, la responsable de la paie gère la trésorerie et l’informaticien, la logistique. «Toute entreprise qui veut “libérer” ses salariés doit se séparer d’un certain nombre de fonctions annexes […] Ces services peuvent générer des lenteurs et, parfois, parasiter les employés productifs.»

    Ça fait réfléchir, non ?

    1. Je n’ai pas encore pris le temps de lire tout, mais je trouve l’initiative super ! Faire confiance aux gens, en voilà (enfin) une bonne idée.
      Si un jour j’arrive à faire aboutir un projet, j’espère avoir gardé une trace de cet exemple pour m’en inspirer.
      Merci pour ce partage.

    2. Modèle d’entreprise dit « libéré » (le modèle), en puissance:
      – Harley Davidson
      – Favi
      – GFI
      – Les géants du Web « dans une certaine mesure »

      Ce modèle sauvera l’humanité car il coule de source. L’acceptation ? « Moi monsieur bullshit job qui ne sert à rien à pas contrôler, oui moi, le manager 1.0, je dois transformer mon job et mettre la main à la pâte ou je dégagerai par la force populaire libérée ».

      Mais, nous en sommes loin.

      Très bon livre de management libéré que je conseille à tous: liberté & compagnie.

    3. Fondamentalement la question est de savoir pourquoi la plupart des entreprises auraient besoin de surdoués, sauf cas specifiques, labos de recherche, haute technologie ou on valorise la competence (spatial/aero) etc
      Elles veulent des petits soldats dociles, obeissants, conformes (parfois il y a meme unse sorte d’uniforme) malgre de grandes hierarchies pesantes.
      Quand au management, j’ai encore discuté avec un directeur general d’une filiale de multinationale US, qui m’a dit etre un simple executant sans aucun pouvoir… mais tres bien payé bien sur. Un peu comme les polticiens marionnettes de l’UE
      Ces grandes entreprises, meme multinationales fonctionnent comme des dictatures tres hierarchiques ou tout le pouvoir est concentré au sommet avec tous les risques que ca comporte. A quoi bon parler de democratie si dans le domaine economique et social les grandes entreprises fonctionnent comme des dictatures ?
      De plus quand elle produisent de la m* (repandu a l’heure du low cost), un surdoué va etre un empecheur de tourner en rond (encore plus que les autres car personne n’aime travailler toute la journée avec de la merde entre les mains, soit-elle informatique, un management de m* ou autre). Un sous-doué mediocre (et qui la ferme) conviendra beaucoup mieux pour la tache a accomplir.

      Mon impression aussi c’est qu’il y a une caricature assez deplaisante du surdoué, comme on caricature son ennemi et rival pour le peindre sous son plus mauvais jour en mettant ses qualités intrinseques sous un mauvaise lumiere
      On peut meme faire le paralelle avec la politique.
      Perso je me mefie comme la peste de ces grandes organisations, comme a l’armee ou on va te demander de te sacrfier ou manipuler . J’ai encore discuté recemment avec un officier de reserve de l’armée francaise
      En manoeuvres on lui demande de bloquer une division blindee avec un peloton armée de mitrailleuses. Il dit a son officier superieur que c’est du suicide total. Le gars lui repond oui bien sur on vous sacrifie, mais ca fera gagner qqs heures (au plus) au reste de la division dans sa retraite.

  10. Une réflexion concernant la travail, issue de cette semaine notamment. J’ai parlé mutation, et ma manager m’a répondu sur ses sentiments en hurlant en plus (énorme quand on sait à quel point elle se fout des miens), j’ai parlé coordination et efficacité; et on m’a répondu intentions (énorme aussi au vu de la pression sur les résultats et des enjeux). La manipulation à l’état pur (je passe tous les détails ça serait trop long, des situations mille fois vécues de gens qui ont peur, pas envie, et vous renvoient tout ça pour vous en accuser). Voir très clair dans les motivations de chacun et garder un objectif en tête demande une très grande assertivité, qui n’est pas la première qualité d’un surdoué habitué à se remettre sans cesse en question et hypersensible aux critiques des autres. Cette semaine, j’ai eu l’impression de procéder une grande séance de baffes qui n’était qu’une remise en place des sujets. A ma chef : tes émotions sont tes émotions, ce que je fais de votre décision me concernant m’appartient. Quand elle a tenté de me déstabiliser avec ses « on m’a dit que blablibla, je suis furieuse, qu’as tu à répondre? », je lui ai simplement répondu : « Rien. Puisque je ne sais pas qui t’a dit quoi, je n’ai rien à en dire ». J’ai appris tout ça, ça ne m’est pas venu spontanément du tout, avant je me serais justifiée et sentie honteuse. Je demandais pour la 43 ème fois de faire un peu sèchement à un type de faire ce qu’il dit et de dire ce qu’il fait (parce qu’il crée d’énormes confusions), et un autre a pris sa défense en me disant : les intentions sont bonnes (sous entendu tu es méchante). Chouette, mais ça n’est pas la question (surtout que je sais pertinemment qu’elles ne le sont pas, bref). La question c’est : on bosse ensemble ou pas? Mais tout ce temps, j’ai gardé l’horrible impression d’être « la méchante ». En fait, c’est hors sujet, je remets les choses dans les cases, les sentiments des autres je leurs rends, mes intérêts ne sont pas forcément ceux des autres et je n’ai pas forcément à accepter qu’ils m’imposent les leurs, etc. L’entreprise est un haut lieu de la manipulation à deux balles (entre séduction et gentillesse feinte et tentatives d’intimidation dictatoriales pour imposer sa loi et soumettre), qui donne aussi un terrain de jeu incroyable pour mettre en pratique le « cessez d’être gentil, soyez vrai ».

    1. Waow ! Bravo !
      … Et merci aussi de ce partage : je trouve vraiment très intéressant et utile pour soi-même, ces petits « trucs » qui aident à tenir, mais plus encore, à avancer.

      1. Merci Cécile, ça fait du bien (et oui, je doute toujours toujours !) 🙂 L’article de wiki est bien fait avec une liste de littérature sur le sujet intéressante : http://fr.wikipedia.org/wiki/Assertivit%C3%A9
        Je suis convaincue que les surdoués voient « juste », et malgré leur « hypersensibilité » savent parfaitement faire la différence entre le travail et les limites acceptables des comportements et de la soumission. A nous d’en être convaincus aussi, d’apprendre à nous respecter, et par là-même à nous faire respecter. On en a les moyens humains et intellectuels, ce serait dommage de ne pas s’en servir pour améliorer les choses! (perso, j’ai tendance à fuir, mais j’essaie de trouver d’autres solutions, même si parfois, quand la manipulation est trop forte, que le contexte me rend trop malheureuse, que je n’ai pas encore les « armes » c’est la seule solution). Un autre très joli lien sur le site de Jacques Salomé sur une « charte de vie pour de meilleures relations au travail » qui exprime très bien les besoins fondamentaux des salariés : http://www.j-salome.com/02-methode/0205-textes-ressources/txtres.php

        1. MERCI lechalote.
          Voilà qui me parle, tellement ça ressemble à mon propre vécu.
          MERCI, MERCI, MERCI pour ce témoignage.
          Ce sentiment de « déjà vécu » me fait du bien, je me sens moins seul.

          Très cordialement,

          JCR, lémurien rebondissant

          1. Si tu savais comme ce merci me rend le sourire. De rien, c’est moi. Merci parce que je me sens utile, et qu’on ne sait jamais quand on va l’être, c’est ça qui est magique. Allez, je vais mettre un coup de talon dans le fond et remonter, comme d’habitude. C’est mon côté bi-polaire, nan j’déconne. Ce congé sabbatique qu’ils m’ont proposé m’asphixie plus qu’autre chose : je veux PAS y retourner dans cette boîte bordel. Mais une démission, il parait que c’est pas raisonnable, et que raisonnable il faut l’être. Sauf que moi ça me tue, la raison. Comme dans la chanson, ça vaut pas mieux que les bonbons, na. Ca tue l’envie d’avancer, les décisions, le changement. Je veux aller là où je peux changer les choses et être moi même sans me faire dévorer par la bêtise (j’ai encore fait bouger le lignes, je le sais, mais je suis quand même carrément à plat). Pour l’éléphant, mon mari m’a parlé d’archimède (lui, il est intelligent en vrai), moi j’ai évalué à deux chevaux et demi, soit 1/6ème, je te jure ça m’a perturbé ton truc 🙂

  11. Moui. En même temps je ne me vois pas indiquer dans mon dossier de postulation:
    signe particulier: surdouée.
    Quoique, vu les résultats proches du zéro de mes recherches d’emploi, je n’ai pas grand chose à perdre…

  12. Plus je relis l’article et plus je trouve qu’il y a une contradiction fondamentale dans l’intégration des surdoués dans l’entreprise, cela revient à mettre un oiseau en cage, soit-elle dorée, il ne chante plus, notre vertu première étant « d’esquinter la baraque aux idées reçues »(J.Prévert).

  13. Excellent cet article!! Il rejoint tout à fait ma réflexion/mes constatations 🙂
    Après avoir frôlé le burn-out et enchainé deux congés parentaux pour y échapper, je suis retournée en avril dernier au boulot, la mort dans l’âme. J’ai passé le premier mois à batailler pour ne pas être mise au placard sous prétexte que j’avais demandé un mi-temps et j’ai fini par obtenir un autre poste : le pa-ra-dis.
    Je travaille seule, avec pour unique mission de remplir l’objectif qui m’est fixé (pour faire court, il s’agit de faire coller au jour le jour le « prévu » et le « réel ») . Ceci étant très routinier, j’ai commencé par développer des outils pour automatiser au maximum le boulot (en partie aussi parce qu’en étant à mi-temps pour remplacer une personne à plein temps, j’avais peur de ne pas y arriver huhu), ce à quoi je me suis régalée, et maintenant j’ai plein de temps pour développer d’autres outils, pour faire mieux, plus vite, plus facilement, sur mon poste ou d’autres postes, et à l’occasion « dépanner » sur d’autres postes. Mes chiffres sont bons, donc le chef me laisse faire et est ravi des « surprises » que je ramène de temps à autre à l’équipe :))
    Le seul truc qui est un peu dommage, c’est que tout ça (le résultat de mes bidouillages) reste au niveau de l’équipe (alors que je bosse dans une énorme boite et que les collègues de Marseille ou de Lille pourraient en profiter aussi ) et ne filtre sans doute pas jusqu’au RH local (mes possibilités d’évolutions sont nulles tant que je reste à mi-temps). Mais ceci est secondaire tant que je suis heureuse au boulot 😉

        1. Dans ma boite, c’est impossible à faire si directement (il faut le « bon » diplome pour tenir un poste, ou éventuellement passer des examens en interne)…Certains toutefois ont réussi à « faire leur trou » en dehors des « petites cases » où on est sensés rentrer, mais après ils sont coincés parce que le poste/la filière n’existe pas (et donc il faut obtenir des dipomes/passer des examens internes pour évoluer en rejoignant quelque chose d’existant)
          Néanmoins, sur l’insistance de mon supérieur, j’ai déposé un « dossier innovation » en livrant un logiciel opérationnel et correspondant à un réel besoin (sur le papier, je suis « commerciale ») on verra bien si quelqu’un soulève un sourcil 🙂

    1. Et voilààààà, ça y est, je me suis mangé un mur!
      Remarquée par le boss (zèbre?) –> changé de job (manager, omg!) et de petit chef. Tout feu tout flamme, autonomie, inovation, ravie, ravie, ravie!
      Je n’ai pas vu les signes, les collègues qui freinaient tant qu’ils pouvaient (p’tain, elle travaille!! ) et boum! explosion, chefaillon virtuellement menacé, cabale, rumeurs, pilori…Bobo!
      Mes grands fils m’ont remis les idées en place et rappelé ce que je suis et me revoilà ici…J’me marre, je suis une caricature de cet article, mais bordel, ça fait mal!!
      J’ai parlé avec le boss (disons qu’il m’a ramassée à la petite cuiller plutôt) qui dit qu’il est content de moi et voudrait que je continue sur la même voie (d’où mon interrogation sur sa possible zèbritude, il ne voit pas qu’on est tout seuls dans notre bulle?) mais les autres évitent (refusent) tout dialogue…J’fais quoi, moi, maintenant toute seule dans la jungle? Le Boss refuse de m’exfiltrer pour ne pas alimenter la rumeur selon laquelle je suis sa « petite protégée » (m’en fous moi de la rumeur, je veux, j’ai besoin qu’on me protège!)
      Oui, oui, j’ai lu les conseils à la fin de l’article…ça fait du bien à la tête mais ça m’aide pas beaucoup 🙁

      1. Quelle énergie malgré la tristesse qu’on ressent.
        J’ai juste envie de rebondit sur ce besoin d’être protégée que je ne connais que trop bien, et qui m’a fait foncer tout droit dans la gueule ouverte d’un manipulateur pervers au boulot, qui se trouvait être mon chef, et qui avait bien bien compris ce besoin de protection. Je ne dis pas que c’est ton cas bien entendu, je dis juste que ça m’est arrivé, pour cette raison précise et du coup, mettre les autres en garde, si l’expérience, pour une fois, pouvait être une lanterne qui n’éclaire pas que soi. Biz et courage!

        1. Merci Lechalote.
          Il est vrai que j’y ai pensé quelque fois (est-ce qu’il me manipule?)
          Le fait qu’il renonce à son rôle de « protecteur », tout douloureux que ce soit, m’a en quelque sorte libérée : j’ai dépensé énormément d’énergie à protéger cette relation que je croyais privilégiée au lieu de me protéger moi-même.
          Deux mails sont partis aujourd’hui : un pour le Boss, président du CHSCT dont je suis membre pour le mettre en demeure de protéger la santé de ses salariés (en occurrence la mienne), et un pour chefaillon, listant mes modes de fonctionnement particuliers (sans en indiquer le fondement) et signifiant que c’est à prendre ou à laisser. C’est tellement plus facile par écrit (p… d’hypersensibilité! Lire ma tristesse dans tes mots m’a fait monter les larmes!)
          Mon énergie est celle de la colère et du désespoir…Quel gâchis quand il y a tant à faire!

          1. Hé bien j’admire ta détermination et ton courage. En environnement hostile, je n’ai qu’un réflexe : la fuite. J’en suis à ma 10ème boîte tout de même (bon toutes n’étaient pas toxiques, la moitié environ, je suis partie des autres pour cause d’ennui pathologique). Oui, c’est un gâchis terrible, et j’apprends de témoignages comme les tiens, car je devrais m’appuyer beaucoup plus sur les structures internes qui sont là pour protéger le salarié. Disons que au moins, il me semble que je devrais essayer, au lieu de penser que c’est un combat perdu d’avance…Donc, bravo, et courage!

  14. Il aura fallu attendre que du point de vue de l’économie de la connaissance on y trouva un intérêt pour qu’on prenne enfin en compte la spécificité des surdoués, un peu comme si on découvrait d’un coup que les aveugles avaient développé des talents hors norme pour le toucher, l’ouïe et l’odorat niant jusque là leur cécité les enjoignant de faire comme tout le monde, encore faut-il faire un effort pour ce mettre au niveau des sous-doués pour que nos talents soient exploitables.

    1. Autour de l’innovation, le professeur américain d’économie Richard Florida a mis en lumière l’émergence de la « classe créative » qu’il estime à 30% de la population active.
      Selon lui, l’économie ne fonctionne plus que par une fuite en avant dans l’innovation. Or celle-ci coûte très cher. D’où l’importance de pouvoir disposer des meilleurs talents.

    2. Oui, c’est exactement l’impression que j’ai eu en lisant l’article : rentabilité, rentabilité chérie, pourvu que ça rapporte des sous ! Bien vu pour les aveugles !!!
      Et des handicapés dans un fauteuil, on peut en tirer quoi ? Qu’ils participent à des concours de fauteuil roulant avec virage à prendre en épingles à cheveux afin de pouvoir calculer l’angle d’usure des pneus afin de devenir plus performant dans la production, ou développer des GPS qui prennent en compte la circulation : ça ce serait pour les aveugles en fauteuil roulant !
      Bon, c’était le moment de détente : sûr qu’il faut gagner sa croûte, mais en même temps, Dieu a dit : heureux ceux qui ont faim car ils seront rassasiés, et à Findhorn ils faisaient pousser des légumes extraordinaires et divinement bons, juste avec le pouvoir de leur pensée et de leurs prières.
      Oui, dans le travail, j’ai bien repéré que les décisions sont prises de façon subjective, émotionnelles, et c’est ce côté de ma personnalité que j’apprends à développer, pour pouvoir faire passer autre chose. Travailler avec l’énergie, du coeur, des tripes et de la prière plus que du mental. Ca marche ! Mais ça empêche pas d’en prendre plein la gueule parce qu’on peut pas tout le temps se cacher, prendre sur soi, et avoir l’air passionné par des conversations qui crispent la tête d’ennui. Y’a un truc pour avoir l’air passionné : c’est se passionner pour comprendre comment fonctionnent les autres plutôt que se passionner pour ce qu’ils disent : user d’empathie pour comprendre ce qui les motivent à parler de rien : j’ai remarqué de profondes motivations inconsciente comme obtenir du bénéfice par la plainte, dire à l’autre qu’on est quelqu’un de gentil, qu’on va pas l’agresser, qu’on est de son côté…. comme s’il ne suffisait pas d’être, tout simplement.

      1. Binz il n’y a qu’ici que je peux entendre parler de Findhorn…Et ça fait du bien!!! Merci Aline, j’utilise les mêmes techniques de survie en entreprise, enfin, j’essaie 🙂

      2. Aline !!!!!!!!!!
        J’ai tellement ri en lisant votre commentaire ! Chez nous (Canada), on dirait certainement que votre laïus sur les handicapés n’est pas très politically correct, mais enfin pour tout le reste vous êtes si parfaitement grisante de perspicacité ! et j’espère que vous le savez !
        Auriez-vous aussi remarqué, par hasard, qu’à force  »d’user d’empathie pour comprendre ce qui motivent les autres à parler de rien  », nous surdoué\és nous nous usons pas mal beaucoup ? du genre perdre notre vie au boulot à la gagner ?!
        HAAAAA!!!!!
        Bon courage à tout le monde !
        Ciao !
        Chan

  15. Merci beaucoup pour l’article! Je l’ai lu en entier car je meurs d’ennui au boulot en ce moment. Passé le premier projet bidule européen que j’ai vendu, la première étude française qu’on aie jamais menée, la première présentation à une équipe à laquelle personne n’avait pensée et qui nous rammène des tas d’affaires, bin, maintenant j’attends qu’il se bougent et qu’ils mettent le binz en place pour que ça devienne industriel. Et je m’ennuiiiiiiiiie. J’ai lu tout ce qui concerne la communication non verbale pour arrêter de m’ennuyer en réunion, j’ai lu les théories des organisations pour comprendre comment c’est possible de passer autant d’énergie à faire dysfonctionner des groupes, j’ai dévoré la communication non violente pour obtenir ce que je veux sans m’énerver de trop et gérer les abrutis, je fais du yoga pour acquérir de la patience, j’ai travaillé sur la communication assertive, j’ai même réussi à m’adapter aux process sans balancer mon PC par la fenêtre ni insulter qui que ce soit mais rien à faire (j’en ai fait un jeu avec un collègue ami qui a trouvé toutes les astuces et moyens de les faciliter), je m’ennuie, au bout d’une semaine, un mois, un an max. Coup de bol, vu la vitesse de la structure dans laquelle je suis, je dois pouvoir changer de poste tous les ans et demi sans avoir à changer de boîte, on va voir si ça marche, en ce moment, je tente!

  16. Merci à toutes les deux!

    Article très synthétique et surtout proposant des pistes de travail concrètes en particulier de nos pensées automatiques- rejet- ou de nos conduites parfois trop rigides dansle sens non adaptées à notre environnement de travail.
    Je sais qu’il ya des DRH formées dans de grand groupes en particulier chez les ingénieurs en informatiques. Est ce que certains d’entre vous ont des retours de la vie professionnelle dans un espace conçu pour être plus habitable que beaucoup de ceux que nous expérimentons les uns et les autres au quotidien?
    La question dans un autre post était « à quoi ça sert tout cela, cette réflexion sur « être surdoué » …? »et bien, à mon avis,ça sert à cela: analyser, réfléchir et proposer des hypothèses de travail concrètes puis les évaluer et reprendre d’autre hypothèses :-).
    Douce journée à vous!

  17. merci infiniment pour cet article. Oui le surdoué n’a pas que des qualités. Je me retrouve autant dans les qualités que les défauts. Et l’effet miroir est très instructif.
    Enfin des pistes d’amélioration de connections aux autres. C’est super, merci.

  18. Merci pour cet article très intéressant qui devrait répondre aux interrogations de certain-e-s. Je ne l’ai pas encore lu en entier, je suis encore incapable de me concentrer si longtemps, mais ce que j’en ai lu est très prometteur. Merci de l’énorme travail que représente la traduction/transcription de ce très long article (et à Bastet qui te l’a transmis).

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