Tollé contre le projet d’évaluer les élèves dès cinq ans

Suivi au plus près des enfants pour mieux les aider et les accompagner et éviter l’échec scolaire ?

Il s’agit ici d’un « projet d’évaluation d’enfants en grande section de maternelle, de leur comportement à l’école à leurs capacités d’apprentissage en passant par le langage. »

Cette dépêche de Reuters m’inquiète.

Ce projet me semble aller dans la droite ligne du fameux rapport INSERM repris en 2010 dans un rapport remis par JM Bockel sur le dépistage précoce. J’ai rédigé un billet sur ce point (Prévenir la délinquance ?)

.. Après tout, si cette évaluation permet de mieux détecter les enfants « dys »et de vraiment s’en occuper et les accompagner, effectivement, pourquoi pas ? Mais, à mes yeux, la terminologie employée a des relents douteux.

Ansi que le fait remarquer le communiqué de la Fédération des Conseils des Parents d’Elèves (FCPE) « Il ne s’agit ni plus ni moins que d’un dispositif de normalisation des enfants dès 5 ans ! Plutôt que de privilégier la pédagogie et des effectifs raisonnables en classe, on colle une étiquette extrêmement anxiogène sur des enfants qui peuvent, un jour donné, être fatigués ou malades, récalcitrants, impressionnés et ne pas réussir les « épreuves » imposées« .

Un pédopsychiatre alerte sur l’étiquetage qui a un impact fort sur les enfants étiquetés. Un représentant de l’Education Nationale fait également remarquer que le test sera appliqué à des enfants sans faire attention à leur âge  – et de faire remarquer qu’à des âges aussi jeunes, 4 mois font une grande différence. (vidéo 2424 actu)

Il paraît que les enseignants ne seront pas obligés d’utiliser cet outil d’évaluation (pour l’instant…)

La norme… la fameuse norme qui produit des enfants anormaux alors que, oui, certes, ils sont a-normaux, en dehors de la norme, mais pour des raisons précises : leur intelligence dont, dès la plus petite enfance, beaucoup de parents peuvent témoigner qu’elle cause à leur enfant de l’agressivité de la part de leurs pairs, voire de leurs enseignants. Tout comme ils peuvent aussi témoigner de l’agitation qui peut être celle de leur enfant qui s’ennuie… Enfin, pour ce qui est des troubles du langage, rappelons nous les troubles eb dys qui affectent les enfants dits « doublement exceptionnels »…

L’enfer est pavé de bonnes intentions. Partons du principe que cette évaluation part d’un bon sentiment ? Mais alors, appliquons la les yeux grands ouverts !

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