(Tout) Le monde est fou !

Avez vous entendu parler du DSM ?
Le DSM – Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders (en français Manuel Diagnostique et Statistique des Troubles Mentaux) classifie et catégorise des critères diagnostiques et des recherches statistiques de troubles mentaux spécifiques.
Son usage est international, et il est un outil de référence dans le monde de la psychiatrie, dans la mesure où il harmonise les termes utilisés pour décrire tel ou tel trouble psychique.

Là où le bât blesse, c’est quand on observe l’évolution du nombre de troubles mentaux recensés dans le DSM…
En 1952, le premier DSM (DSM-I) identifiait 60 troubles mentaux.
En 1968, le DSM-II en identifiait 145 (parmi les troubles mentaux, l’homosexualité)
Le DSM-III paru en 1980 listait 265 troubles mentaux (mais depuis un vote de 1974, plus l’homosexualité).
Le DSM-III Révisé, paru 7 ans plus tard, en identifiait… 292
La quatrième édition (DSM-IV), publiée en 1994, listait 410 troubles mentaux.

Cette évolution vous inquiète ? Beaucoup d’autres s’en inquiètent aussi, et tout particulièrement parmi les thérapeutes.

A qui profite le crime ?
Certains pointent les grands noms pharmaceutiques, les lobbies de la chimie. Oui, peut-être… je ne suis même plus sûre qu’il y ait vraiment des coupables à rechercher (même si bien évidemment certains y trouvent leur compte : il se dit qu’un tiers des experts qui participent au DSM ont des intérêts dans des laboratoires pharmaceutiques…).
En la matière, je pense que ce serait peut-être plutôt une prise de conscience qu’il faudrait rechercher.
Prise de conscience que l’hyperspécialisation des tâches encourage à mettre tout le monde et chacun dans des petites boîtes (c’est quand même l’une des bases du marketing);

Prise de conscience que chercher à tout prix la normalité revient à affadir une société, à l’affaiblir, à la faire s’effacer et mourir progressivement. On ne réfléchit plus, on prend ce qui se classe facilement, on met de côté ce qui a du mal à se caser, sans penser à l’avenir de la personne en tant qu’être social membre d’une communauté : on isole la personne en la médicalisant, mais aussi en déchargeant la communauté de toute responsabilité d’intégration, de moins en moins d’efforts de tolérance sont demandés (et puis, finalement, c’est plutôt bien de ne pas trop demander à être tolérant, parce qu’avec la vie de fous qu’on mène, si en plus, il faut faire un effort pour accepter des gens qui ne fonctionnent pas comme nous….)

Prise de conscience aussi d’un modèle économique et de société qui touche à ses limites et s’emballe dans une fuite en avant qui n’a plus vraiment de sens ? A se documenter sur la façon dont le DSM est établi, il apparaît également en filigrane que le DSM est un reflet des considérations politqiues en cours.
A ce train là, tout devient trouble mental, même un simple (bon, d’accord, pas forcément si « simple » que ça…) chagrin d’amour est susceptible de devenir un stress post-traumatique…
… ou un surdoué hypersensible classé en bipolaire par exemple…
sans compter toutes les expressions désormais consacrées et passées dans le langage courant qui montrent combien les désordres mentaux sont autant présents que stigmatisés dans nos sociétés (à commencer par le simple : « c’est un(e) malade ! » )

Prise de conscience des excès commis au nom d’une science qui parfois oublie la conscience et la cohésion sociale, contribue à désapprendre aux individus à se prendre en charge (en fait des assistés à tous les instants de la vie) et contribue ce faisant à perpétuer la notion de « sous-homme » qui désintègre au lieu d’intégrer, et surtout, semble oublier la capacité de résilience et de progression de chaque être humain.

Je ne dis pas qu’il faut rejeter en bloc le DSM et la psychiatrie et nier l’existence de troubles mentaux. Je propose juste de raison garder.

La communication de la British Psychological Society (Société Britannique de Psychologie) en juin 2011 est à cet égard éclairante : la société signale qu’elle exprime « plus de préoccupations que d’approbations » à l’égard du prochain DSM-V. Elle critique les diagnostics sur ce qu’ils sont « clairement et essentiellement basés sur des normes sociales, avec des « symptomes « qui sont fondés sur des jugements subjectifs, qui trouvent peu de confirmation dans des signes physiques ou des causes biologiques […] non pas effectués en toute liberté d’appréciation, mais bien plutôt reflétant les attentes sociales du moment« , et exprime des doutes sur « la fiabilité, la validité et la valeur des critères existants« , dans la mesure où la dispersion des désordres de la personnalité n’est pas rapportée à la population générale, et que les désordres « sans spécifications particulières » couvrent un « vaste » 30% de tous les désordres de personnalité.
La Société exprime également sa grande préoccupation de ce que « les patients et le public en gérénal sont négativement affectés par la médicalisation continue et en permanente évolution des réponses naturelles et normales à leurs expériences […] qui demandent des actions de soutien, mais ne reflètent pas d’autre maladie que des variations individuelles de l’humeur. »

La Société suggére en toute première recommandation, de passer de l’utilisation de « cadres diagnostiques » à celle de descriptions fondées sur les problèmes spécifiques rencontrés par les individus : [Nous recommandons] une révision de la façon dont la détresse mentale est pensée, en commençant par la reconnaissance de l’évidence indiscutable que cette détresse se situe dans le spectre de l’expérience « normale », et que des facteurs psychosociaux tels que la pauvreté, le chômage et autres traumatismes sont les facteurs causaux les plus probants.
En effet, nombre de ceux qui décrivent des formes normales de détresse, comme par exemple se sentir triste trois mois après la mort d’un proche, ou traumatisé plus d’un mois après avoir vécu un conflit armé, sont susceptibles d’entrer dans les critères de diagnostic d’un trouble mental.
Plutôt que d’appliquer des catégories de diagnostics pré-établies à des populations cliniques, nous affirmons que tout système de classification devrait être établi en commençant par la base – commencer avec des expériiences spécifiques, problèmes, ou « symptômes » ou « plaintes »… Nous aimerions que l’unité de mesure de base soient les problèmes spécifiques (par exemple : entendre des voix, se sentir anxieux, etc.) Ce serait également plus utile en termes d’épidémiologie.

Alors que certaines personnes trouvent utile un label avec un nom ou un diagnostic, notre désaccord vient de ce qu’ils s’attendent à ce que leurs problèmes soient reconnus (dans tous les sens du terme), compris, validés, expliqués (et explicables) et se voient apporter un soulagement. Malheureusement, souvent, les patients trouvent que le diagnostic n’apporte à toutes leurs attentes qu’un fallacieux espoir. Dès lors – par exemple – que deux personnes estampillées de « schizophrènie » ou de « troubles de la personnalité » peuvent ne même pas avoir deux symptômes en commun, il est difficile de voir, en matière de communication avec les patients, le type de bénéfice qu’il y a à utiliser ces diagnostics. Nous croyons que la description des problèmes réels rencontrés par une personne devrait suffir. Moncrieff ainsi que d’autres ont montré que les labels diagnostiques sont bien moins utiles que la description des problèmes rencontrés par une personne pour prédire la réponse aux traitements envisagés. Ainsi, nous posons à nouveau qu’il existe des alternatives aux cadres diagnostics, que ces alternatives devraient être préférées et développées avec autant d’investissement qu’il y en a eu à revisiter le DSM-IV. La Société serait à ce titre heureuse d’aider à un tel exercice. (… car il faut savoir qu’il est reproché aux experts du DSM-V d’oeuvre en comité particulièrement restreint et peu ouvert – NdT)

Juin 2011 — Réponse de la British Psychological Society à l’American Psychiatric Association sur le sujet du DSM-V en préparation

Et si les troubles de la personnalité, tout comme l’intelligence, n’étaient qu’une construction intellectuelle ?

Pour ceux qui ont le temps, un reportage intitulé « Le coup de poker le plus funeste de la psychiatrie » :

Et puis, le merveilleux film de Charlie Chaplin (1936) : « Les Temps Modernes »

Pour les anglophones, sur le site de SENGifted cet article de James T Webb qui met en lumière les diagnostics faussés qui peuvent être posés sur les enfants surdoués.

La cinquième édition du DSM (DSM-V) devrait paraître en mai 2013.

76 thoughts on “(Tout) Le monde est fou !

  1. Je n’ai pas envie de faire une heure sur le DSM5 (pfff! 5 heures, oui!), je voudrais juste donner deux trois sentiments sur cette question très complexe, que vous avez abordé par un peu tous les aspects.
    Le DSM5 est clairement un manuel diagnostique pratique américain. Je veux dire par là, si votre plainte, votre douleur, votre maladie n’est pas dans ce bouquin, eh bien au beau pays des USA, vous ne serez pas pris en charge, vous paierez de votre poche si vous en avez les moyens. (Bientôt au pays du camembert, pas de bile…)
    C’est là tout le sens de cette expansion des définitions de ‘troubles’
    Est trouble tout ce qui est issu d’une plainte du patient, ce qui fait souffrir. Si nous être squizo et que vous en rigolez, vous n’êtes pas malade, et donc vous n’allez pas consulter un psychiatre…..
    La seconde chose, c’est la définition de ‘praticien’. En France, les psychiatres sont des médecins qui on étudié la Médecine et la nosographie, avec une spécialisation sur un internat de psychiatrie. La nosographie psychiatrique en France est pauvre et obsolète. Il n’est absolument pas question de psychanalyse ou même de psychologie à ce stade. Un psychiatre reçoit comme un médecin: Un patient au quart-d’heure voire rarement à la demi-heure, en tête à tête. Il écoute votre plainte et y applique la nosographie, l’ensemble de signes que vous décrivez ou qu’il constate, il les relie à une pathologie de sa nosographie, et à un traitement.
    Encore une fois, pour être malade, il faut une plainte et un ensemble de signes spécifiques permettant un diagnostique. Devant ce vide d’intelligence, il faut bien dire, certains psychiatres ont complété leur formation par la psychologie, la neurologie, la psychanalyse, très souvent, parce que c’est rentable, et cela représente un dogme tellement admis dans la population que c’est confortable de s’y référer.
    Partant de là, Le DSM est une ‘super-nosographie’, tellement détaillée qu’elle permet de remiser au grenier la psychanalyse (et je dis tant mieux), mais que par contre c’est un jouet pour surdoué en mal de complexité (c’est déjà moins bien) et bien sûr que les lobbies de toutes sortes y trouvent avantage pour vanter médicaments et pseudo-thérapies (les comportementales, surtout…) .
    Ce qui me semble le plus gênant, c’est que, avez vous vu le bouquin qui répertorie, pour chaque ‘maladie’, le médicament, la thérapie qui y est associée?… Moi pas, j’attends…, ….Si vous avez un lien….. Oui parce que faire un diagnostique pour aider à comprendre une plainte, une douleur, c’est bien, encore que, mais c’est utile si les soins vont être coûteux. Par contre, associer un médicament, nécessairement, à une pathologie psychiatrique, c’est la même question pour la nosographie française ou mondiale… En France aussi on associe votre trouble à un médicament.
    J’ai par exemple suivi les études d’efficacité des recapteurs de sérotonine, ces anti-dépresseurs fourre-tout, 27 à 33 % d’efficacité sur la dépression. Mais on vous le prescrit, en vous spécifiant « Il faut bien le prendre, hein! c’est essentiel! » …En hôpital psychiatrique, c’est pire, on médicamente tout, l’ennui, l’envie de partir de là, la colère…. Je pense que là, on n’utilise même pas la nosographie, on donne des bonbons aux ‘fous’ (s’ils ne le sont pas, ils le deviennent rapidement) pour avoir la paix dans le service.
    Le DSM5 est donc loin d’être seul en cause, et pour certaines ‘pathologies’ qui y sont traitées nouvellement, ce manuel est une vraie avancée, qui permet d’éviter que des enfants et des ados soient privés de soins par le non-diagnostique, et la non-prise en compte par l’assurance santé de leurs parents. Maintenant, je n’ai pas étudié en détail chaque pathologie, mais il me semble que plus que le diagnostique, c’est l’association qui en est faite avec un produit pharmaceutique donné qui est condamnable.
    Très certainement un grand nombre de ‘troubles’ cachent la misère d’une société, mais le médecin se doit d’y répondre avec ses moyens.
    Il y a aussi de vraies pathologies neurologiques de la construction du cerveau, des maladies ‘invisibles’ car sans diagnostique d’imagerie, ou de biologie, à l’heure actuelle, auxquelles la pose d’une étiquette a l’avantage de la prise en charge. Or en France, c’est la préhistoire, seul à l’heure actuelle le DSM5 permet une référence diagnostique, pour certains de ces ‘handicaps invisibles’ parce que touchant la structure du cerveau.
    ‘A certains égards’, la douance en est un de ‘handicap’, qui, vous le savez, justifie que certains d’entre-vous se rendent chez un psychiatre (remboursé) pour exposer votre plainte…. Or, justement, si vous allez faire confirmer un diagnostique chez un psychologue, par des tests, ou si vous faites une psychothérapie, vous êtes hors pathologie (mais on vous en trouve une de rechange si vous voulez!)) et vous y êtes de votre poche bien souvent.
    Faut-il pour autant intégrer la douance au DSM?…. ah ah ah!… Il pourrait être glissé que pour une famille modeste, ce sera impossible de payer un psychologue (un(e) AVS..) si il n’y a pas une ‘prise en charge’ de décidée, et financée par l’assurance santé….
    Le serpent se mord la queue.
    Il se dit aussi que une particularité qui ne touche que 1% à 2% de la population est une anomalie, et que l’on en souffre parce qu’on est pas dans la normale.
    Ça fait mal de monter un escalier, c’est pas une pathologie, tout le monde ressent ses jambes faire un effort…. Si une personne ne sent pas l’effort, c’est une pathologie car cette personne se proposera sans cesse pour monter les courses… et souffrira grandement du dilemme, dois-je m’adapter sans cesse à autrui? ….
    Et effectivement, cela justifie que la douance ne soit pas dans le DSM, mais que par contre, vous soyez pris en compte pour dépression, burn-out, et toute une file de petits troubles, qui eux, sont dans le DSM et permettent une prise en charge.
    En réalité, souvent, chez le psychiatre, il se contente de relever quelques signes qui éventuellement permettront une prise en charge globale de votre plainte.
    Quand à la validité scientifique du DSM5, je ne lui en donne pas cher, la psychologie est morte née, l’étude des processus du cerveau, de ses structures et de ses interactions avec le milieu, l’imagerie, les tests appliqués,permettent déjà d’ouvrir des perspectives extrêmement intéressantes. On ne pourra plus donner n’importe quel produit si on sait vraiment comment, la plupart du temps, il n’agit pas. On fera moins de thérapie, on fera plus de prévention, parce qu’on connaîtra les mécanismes qui mènent à une pathologie.
    Pour avoir un stress post-traumatique, je sais comme le processus est neuronal, biochimique, comme ses traces sont visibles à l’imagerie, et comme la science qui permet de réduire les douleurs, sans les faire taire, malgré tout, est empreinte de cette connaissance ‘mécanique’ du cerveau (reconnaître que son stress permanent vient de cette mémoire traumatique visible en IRM fonctionnelle).
    Aussi ne pas s’en faire, le DSM est une étape, un classement arbitraire, témoin de l’immense variabilité du cerveau, de ses difficultés à intégrer un monde fou, et de se faire une idée interne de ce qu’on appelle ‘normalité’…. On en reparle dans vingt ans?

    1. Merci de cette réponse aussi circonstanciée que distanciée, Patricia.
      La psychiatrie est en France le parent très pauvre de la médecine (budget de la recherche quasi zéro etc.) et un hôpital qui ne sait répondre à la maladie mentale que par l’administration de médicaments…
      Mais à l’opposé de la toute puissance pharmaceutique (et certes, pas pris en charge par les services de santé, mais heureusement faisant appel au solidaire), il y a cette dynamique que je trouve vraiment intéressante, de rétablissement, qui aborde la personne atteinte d’un trouble mental, non par sa pathologie, mais par ses envies et ses projets : le patient (re)devient acteur de sa vie, en bénéficiant d’un entourage bienveillant et de l’accompagnement de pairs aidants (ceux qui sont passés par là et peuvent témoigner qu’on en sort).
      Les pays anglo-saxons sont très avancés sur le sujet et tout particulièrement le Canada.
      Exemple : le Renfort au Québec.

  2. J’aime bien le titre de cet article. Ou plutôt, Le monde est fou, pas tout le monde. Je me demandais cet après-midi par quel miracle ou plutôt par quelle incroyable aberration de ce monde à l’envers on ne classe pas les simplement comportements de harcèlement dans les maladies mentales? Comment peut-on considérer comme normal quelqu’un qui pourrit la vie de ses congénères par des actes répétés, nuisibles et inacceptables? Par quelle aberration encore est-ce qu’on envoie les harcelés se faire soigner au nom de la prétendue sensibilité de chacun et d’un curseur pour pondre des lois évidemment impossibles à définir puisque c’est le harcèlement qu’il faudrait identifier, bannir et punir une bonne fois pour toutes? Quand est-ce qu’on admettra que la loi du plus fort n’est tout simplement pas acceptable dans nos sociétés (pays et entreprises) et qu’il faut passer à une société enfin civilisée? Pardon, c’est un peu mon dada, mais cette Lapalissade m’a saisie et j’avais envie de la partager 🙂 Parce que je vois nombre de personnes sur lesquelles ça glisse, qui me conseillent de laisser tomber, on se fait traiter de sensible, mais moi, je ne peux plus, ni subir, ni assister à ces comportements. Je ne dois pas être normale, ha, non, je ne le suis pas, de devrais laisser courir, laisser glisser, accepter, mais on dirait que plus je vieillis, moins ça glisse…damned.

  3. Ce matin, une petite chronique sur FrQ au sujet du dernier DSM : http://www.franceculture.fr/emission-les-idees-claires-de-caroline-eliacheff-tous-fous-2013-11-06

    Je l’ai trouvée intéressante et je me permets de la retranscrire ici (copie de la page ci-dessus, qui pourrait ne plus être accessible un jour ou l’autre ?)

    « Le 5ème manuel de diagnostic des maladies psychiatriques, le fameux DSM, publié en mai dernier a coûté la modeste somme de… 25 millions de dollars à l’Association de psychiatrie américaine ! Qui dénonce ce « colossal gâchis » ? Le psychiatre américain Allen Frances, responsable de la version précédente. Le gâchis n’est pas que financier. Allen Frances a le mérite de reconnaître les erreurs du passé dans le but, écrit-il, de sauver la psychiatrie et surtout la normalité, menacée par ceux qui veulent nous convaincre que nous sommes tous malades. Selon Allen Frances, les concepteurs, dont lui, n’ont pas tous les torts : ils ont voulu élaborer un outil de référence pour la recherche qui, victime de son succès, s’est substitué au savoir clinique. La conséquence la plus catastrophique est l’inflation diagnostique. Allen Frances reconnaît avoir échoué à prévoir trois fausses épidémies chez les enfants : l’autisme, l’hyperactivité et la bipolarité avec les erreurs et les prescriptions médicamenteuses qui vont avec. Il n’est pas tendre avec les laboratoires pharmaceutiques qu’il compare aux cartels de la drogue, les neuroleptiques commercialisés légalement étant devenus plus dangereux en terme de santé publique que les produits écoulés par les trafiquants. La seule chose qu’Allen Frances ne reconnaisse pas bien que ce soit prouvé, c’est que la majorité des concepteurs du manuel a des liens financiers avec les laboratoires.

    Nul critique n’est plus sévère que lui à propos du DSM5 : « Le DSM5 est le produit d’une ambition démesurée, d’une mise en œuvre bâclée et d’un processus d’élaboration fermé. Il risque de transformer une inflation diagnostique déjà galopante en hyperinflation, de démonétiser la valeur du diagnostic psychiatrique et de provoquer une nouvelle vague de fausses épidémies ». On peut donc s’attendre à ce que le « trouble perturbateur du dérèglement de l’humeur » convertisse de banales colères, en trouble mental. Pour assurer soi-disant une meilleure prévention de la maladie d’Alzheimer, ce qu’on ne sait pas faire, l’invention du « trouble neuro-cognitif mineur » qui atteint la majorité des personnes qui vieillissent plutôt bien ne peut que les inquiéter. Une crise de boulimie par semaine sur trois mois et un banal glouton devient un « hyperphagique boulimique ». En dépit d’une levée de bouclier unanime, le DSM5 a élargi le diagnostic de dépression majeure aux personnes en deuil, dès les premières semaines. Ça va faire du monde. Quant à la découverte de « l’addiction comportementale », elle consiste étendre l’addiction à un produit à l’ensemble de nos comportements un tant soit peu compulsif : internet, sexe ou chocolat. La bonne nouvelle, c’est que le « syndrome de risque psychotique » a été écarté. Enfin pas tout à fait : il existe à présent un « syndrome de symptômes psychotiques atténués » qui risque de provoquer une catastrophe en santé publique pour ceux qui seront diagnostiqués sans jamais entrer dans la psychose.

    Il serait temps de rappeler que ne pas nuire est la principale qualité d’un psychiatre. »

    Je trouve très intéressante la comparaison entre les labo pharmaceutiques et les cartels de la drogue, en précisant qu’actuellement les neuroleptiques commercialisés légalement sont devenus plus dangereux en terme de santé publique que les produits écoulés par les trafiquants…

  4. En passant, je suis en train de lire un livre hyper intéressant qui s’intitule « Petite philosophie du zombie ». Rien à voir avec ce que j’ai pu dire plus bas… Depuis l’âge de 8 ans j’aime les films qui traite du zombie. A l’heure actuelle et depuis quelques années, le phénomène s’est accentué avec la crise que traverse l’Occident. L’analyse proposée dans ce livre à propos du phénomène est ultra intéressante et s’étend de la sociologie à la psychologie, et l’objectif visé est de faire une photographie sociétale et humaine actuelle. A lire pour ceux qui s’interrogent sur la récurrence du phénomène ou pour les curieux. mais au-delà du titre, on y trouve des pépites d’analyses sur le rapport qu’entretien l’humain avec les tabous, la fascination, la transgression, le fantasme inconscient du déclin d’un système, la question des valeurs humaines, le burlesque, la peur de l’apocalypse mais aussi l’idée d’un avertissement, les différentes représentations du zombie… Super nourrissant pour l’esprit (vivant ! ;-))

  5. Bonsoir ou bonjour,

    Je fais suite à ma colère et tiens à vous dire que grâce à un mail bien construit, j’ai obtenu tout ce que je souhaitais obtenir de la part de cette entreprise qui m’a mis à mal pendant des mois. Lors de l’entretien avec les RH et la direction j’ai été confronté certes à la mauvaise foi, néanmoins on a pu reconnaître après moultes arguments visant à expliquer que lors d’un conflit reliant deux parties qui souhaitent accéder au même objectif, l’expression du conflit s’étendant sur la durée ne pouvait incomber uniquement à l’un des partis. Enfin, non, je ne serai pas élitiste comme j’ai pu le dire plus haut, j’aime trop l’humain pour cela… Néanmoins cette expérience me fera avancer, car oui, j’ai fait des erreurs en omettant le cadre concernant certaines propositions, chose bien mal admise en entreprise où la place de chacun relève d’une fonction bien précise… Mai ce que je garde comme leçon est le fait que le cadre est bien trop important dans la psyché de tous et qu’un comportement pouvant mettre en doute le bien fondé des conventions pouvait créer des tensions instinctives, et que telle que l’a cité Cécile dans son ouvrage, j’étais devenu aux yeux de la plupart « le corps étranger que l’organisme doit absolument expulser pour sa survie ». Il est des règles qu’un système telle qu’une entreprise (commerciale) ne peut se défaire qui est bien le rapport hiérarchique entre les membres de la structure. Je pense que mes propositions ne cadrant absolument pas avec ma fonction a amorcé la peur de certains quant à la légitimité de ma présence dans l’entreprise. Effectivement, si un rouage situé « en bas de la pyramide » est capable d’avoir une vision globale, c’est le système tout entier qui n’est plus légitime dans sa structure hiérarchique. je suis un utopiste, je le sais, mais il est important que je me défasse quelque peu de cette vision d’un monde différent… mon erreur est venu je pense de mon enthousiasme face à ce business dont je n’ai pu réprimer l’élan et qui m’a poussé à transgresser mon rôle. Néanmoins, je ne pense pas avoir mérité tout ce qui s’en est suivi. Le problème majeur de cette histoire, est que mon comportement a été mal interprété par la direction et de nombreux collègues. quoiqu’il en soit, je ne peux que tirer une conclusion : j’ai du travail concernant les codes sociaux et professionnels en entreprise, les relations interpersonnelles, me créer un personnage… le plus important est acquis, je prendrais du temps avant de proposer des choses et surtout je ne tenterai plus de changer un système quel qu’il soit de manière spontanée. Une entité qui déroge aux règles et aux codes préétablis régissant les interactions entre les différentes composantes d’un système, représente généralement un danger potentiel pouvant déséquilibrer ce dernier. Je remercie les soutiens d’Ivan et de Cécile.

    A Cécile : je ne retiendrai de cette expérience que le positif en terme de leçon, sans oublier ce que j’ai appris sur place et les bons rapports entretenus avec quelques-uns des employés de la structure.

    A Ivan : complètement d’accord avec votre analyse. Ma colère passionnée a devancé ma raison, mais je parviens déjà à retrouver mes repères premiers qui relèvent d’une vision rationnelle et à la fois humaniste.

    Pour terminer, il me tarde de commencer ma formation (développement informatique niveau bac +3/4) qui me donnera enfin un cadre et le statut pouvant corréler et légitimer mon potentiel. car ce qui a été relevé ce matin lors de l’entretien était que je n’avais pas la légitimité, que ce soit sur mon cv ou dans mon travail pour prétendre à être « pris au sérieux » d’une certaine manière. Cette dernière remarque joue en faveur de l’analyse hiérarchique…

    Enfin, tout est bien qui fini bien, car grâce à mon mail taxé « d’agressif » par la direction, ils ont été obligés de me payé tous mes salaires jusqu’à la fin dudit contrat rompu à ce jour. Je n’ai pourtant rien exprimé d’agressif si ce n’est qu’il n’y avait pas de faille dans mon mail leur permettant de gagner la petit jeu juridique de la négociation. Car ils ont tenté de m’endormir en me faisant écrire à deux reprise le mail. Ils souhaitaient en réalité que je prenne à mon compte le fait de vouloir rompre le contrat. Hors, ils m’ont fait la proposition de la rupture du cdd d’un commun accord par téléphone. je n’ai fait que citer leur volonté et j’ai tout bêtement mis en exergue ce que cela signifiait d’un point de vue juridique concernant le dispositif en question. Je n’ai pas fait de chantage imbécile ou autre, je n’ai fait que faire valoir mes droits selon la situation. En revanche ils ont tenté de me léser en jouant la carte de la « sympathie ». il y a quelques années, je me serais laissé aller à suivre ce qui s’apparente à un couteau dans le dos en y voyant de l’humanisme…

    Enfin, il vient un jour où l’on grandi… Je remercie les basses valeurs de la société qui à force de me montrer que la gentillesse n’est que faiblesse de caractère lorsque les intérêts ne sont pas communs, m’ont fait prendre conscience que la planète dans laquelle je vivais n’étais pas celle où j’espérait vivre. Bon, bah on peut être intelligent et très naïf… D’ailleurs, je pense que la parano provient du conflit « entre ce qui est » et la naïveté qui agit comme barrière protectrice contre la possibilité de faire face à un réel insupportable. Mais ça c’est un autre débat… De ce fait, je me dis à moi-même : « Welcome to the real world » (Morpheus à Néo dans « Matrix » le premier volet).

    1. Bien évidemment je ne me prends pas pour Neo, mais j’aime à penser que ce film est une jolie métaphore du potentiel qui s’ignore et qui est révélé avec tout l’apprentissage qui va avec…

      1. Ce qui m’aide désormais est d’apprendre plus vite qu’avant et de tirer le positif. Il y a quelques années, je me serais effondré et les dommages collatéraux auraient été proportionnel à l’affect négatif corrélé à l’expérience de la souffrance subie. Heureusement qu’aujourd’hui je peux faire confiance en mon bon sens et analyser les composantes.

      2. Lorsque l’on n’est plus soumis à l’inhibition intellectuelle les choses deviennent plus claire, le seul soucis, est de ne plus se comporter comme avant… Avec le temps, on apprend, on comprend, on avance.

    2. un specialiste de la douance (qui conseille tous les jours des jeunes HPs et ne fait que ca) m’a confirmé en privé qu’un surdoué n’est pas fait pour travailler dans des grandes stuctures hiérarchiques. Ca vous evitera une consultation d’un specialiste de la douance. je regrette de devoir me repeter en permanence…
      oubliez ces cons de normopensants et voyez plutôt vos qualités de surdoué
      un surdoué n’a pas a rentrer dans un moule trop petit pour lui !

      1. Certes lepat….
        Mais, concrètement (actions, faits, pistes), qu’avez vous à proposer pour ceux qui sont dans une entreprise impasse ?
        Qu’avez vous mis en place comme stratégie(s) pour ne plus travailler avec des « cons de normopensants » ?

        1. La solution est simple, deja mieux informer les surdoués (il y a du travail, la literature en langue francaise est lacunaire) et les guider des un jeune age dans la mesure du possible dans une voie qui leur convienne mieux (profession liberale etc) . J’ai moi-même ete diagnostiqué tres tot surdoué (tests d’intelligence a l’ecole) mais tres mal orienté par apres (malgré des etudes brillantes, je suis inge bac+5 et plusieurs masters). Il y a aussi un gros probleme de politiquement correct concernant l’entreprise.
          ce n’est pas moi qui ait inventé tout ceci, c’est ce specialiste de la douance qui me l’a raconté.

          1. Bien sûr que non vous n’inventez rien… et votre spécialiste ne l’est pas pour rien non plus.
            Mais vous parlez des surdoués qui ne sont pas encore entrés dans la vie active. Quid de ceux qui y sont et parfois même bien engagés ? Savoir que la grande entreprise n’est pas pour eux ne les aide pas plus que ça à savoir comment s’en sortir.
            D’où l’importance des témoignages pour aider à la réflexion.

            1. pour ceux qui sont deja engagés dans la vie active, si pas trop agés il peuvent encore essayer de rectifier le tir.
              Moi-même, proche de la cinquantaine c’est trop tard.
              Idéalement tout surdoué devrait consulter un specialiste de la douance pour son orientation pro, surtotu a l’heure actuelle ou on a pas droit a l’erreur (le probleme c’est que les parents n’ont pas toujours volonté ou moyens de le faire)

              moi -meme qui ait diversifié mes activités et revenus a l’approche de la retraite (tres bonne idée selon moi), je suis degouté a un point que vous n’imaginez pas par les gens auquels je suis confronté et pas spécialement les artisans ou les manuels, surtout dans le domaine immo. J’essaye de faire le max moi-même mais c’est pas mon metier
              Alors que j’ai vu des gens adorables, travailleurs, competent (en plus de leur bac+5 master) traité comme de la m* en grande entreprise, dans le domaine de l’immobilier je suis tous les jours confrontés a des gens qui me facturent tres cher pour du service merdique, je m’en foutiste (viennent pas au rdv sans s’excuser imaginez faire la meme chose comme salarié), une atitude peu commerciale (niveau 0), quand pas malhonnêtes et c’est pas pour les métiers manuels, experts immo divers, avocats (ils facturent des sommes enormes pour de la paperasse et en plus c’est mal fait et lent).

            2. Hello!
              Je viens de répondre à un sujet sur les HP dans le monde du travail sur un réseau pro. Rapport d’étonnement : il m’a fallu deux heures pour me décider à mettre un comm ultra neutre qui mentionne ton bouquin (je n’en connais pas 200 sur le sujet). Toujours le fameux suis je légitime pour intervenir, bon bref, c’était informatif. Le second, c’est qu’un coach bidule je sais plus quoi parle d’électron libre result oriented difficile à manager mais parfois recherché par les boîtes pour cet aspect résultat justement. Le coup de l’electron libre difficile à manager m’agace prodigieusement (une heure que j’essaie de me calmer et que j’efface pour la 4ème fois mon comm). Ca me hérisse, parce que même si je sais que c’est très certainement la perception qu’en ont la plupart des entreprises, alors que ce que je vois de la grande majorité des témoignages, c’est une envie d’avancer en équipe dans la bonne humeur (ooouh vade retro satanas), d’améliorer les choses, de proposer des solutions au lieu de ressasser les problèmes.
              Quant au management, il me semble qu’avec un peu de confiance et de dialogue (les HP ne sont pas débiles -ahaha-, ils savent aussi entendre un non), le sujet est réglé. Comme d’habitude, franchement je ne vois pas ce que ça a de compliqué. C’est juste le B-A-BA du management.
              Non, décidément, je ne vois pas ce que ça a de compliqué…c’est tout le problème.
              Je l’écris ici, parce que c’est trop long là bas, que ça va mener à débat, interprétation, etc, etc, etc.

              1. Ce qui sous-tend l’importance du dialogue et des efforts d’aller vers l’autre que la culture de l’instantané balaie de façon désastreuse.

              2. Ils veulent des individus hyper-normés, dociles et obeissants. Un surdoue fera tache avec sa volonté d’apporter des ameliorations.
                On me l’a meme sorti en entretien, c’est tout dire !
                Rien que d’avoir revu la video sur ce site « intelligence days (mensa), surdoués au travail », provoque en moi repulsion. Vous avez vu comme les 2 recruteurs du panel considerent les surdoués ?

          2. Lepat vous y allez fort. Certains surdoués sont aussi cons que ceux que vous appelez avec mépris des normopensants. Voire plus cons, parce qu’ils le font avec plus de neurones.
            Tout le monde ne peut pas être son propre patron. Cela demande des caractéristiques que ne possèdent pas forcément tous les surdoués.
            On peut absolument être mal dans une structure établie, telle qu’une entreprise, et en même temps absolument incapable de créer sa propre affaire, quelle qu’en soit la taille, l’objet, etc.
            Il faut à mon sens, avoir résolu un bon nombre de difficultés liées à la douance pour s’en sortir. Entre autre parce que la plupart des gens à qui vous aurez affaire seront des normopensants, et leurs qualités humaines ne se mesurent pas à l’aune de leur QI.
            bref, je pense que vous sous-pensez. 😉

            1. dans certains secteurs tout le monde est son propre patron quasiment et travaille en independant/solo (vous n’etes pas obligés d’avoir des employés) : professions libérales, artisans, experts divers. etre patron et gerer du personnel par contre c’est autre chose.
              de plus quand vous voyez comment certains traitent leurs clients ou patients… certains médecins sont incompétents (c’est leurs collègues médecins qui vous le disent)
              par ailleurs je voudrais dire que j’ai deja cree plusieurs sociétés, dernièrement société immo. la seule raison pour laquelle j’ai deja du fermer une société c’est a cause du marché
              le probleme de ces grandes structures c’est qu’elles sont vraiment pas faites pour les surdoués

            2. Et pour compléter, il est vraisemblable que les générations montantes devront changer 3 à 5 fois de métier au cours de leur vie, donc l’orientation professionnelle n’est pas sclérosante. Il n’y a jamais eu autant de possibilités de formation, de changement de cap. Tellement d’ailleurs que les jeunes butinent d’une formation à l’autre, en sortent déconfits, parce que finalement « ça ne les éclate pas », repartent dans une autre voie, et commencent éventuellement à travailler sérieusement par la force des choses vers 30 ans, voire plus, voire jamais. Ils pensent que travailler, ça doit les épanouir. Certes, mais c’est l’EFFORT et l’ACCOMPLISSEMENT d’une tache qui sont épanouissants, pas travailler en soi!
              La sagesse ne dit elle pas d’accomplit chaque tache come si elles avaient toutes la même importance. De laver par terre à négocier un gros contrat. Chaque chose. Au même niveau. Quand j’y arrive, je me sens vraiment bien.

              1. d’accord et pas d’accord

                – nous sommes dans une société ou il faut se former en permanence c’est vrai, et se reconvertir parfois

                – d’autre part il est irrealiste a moins de changer fondamentalement le systeme educatif (passerelles) de pouvoir faire 3-4 bac+5 (indispensable pour certains metiers) sans compter les masters sur une seule vie

                1. allon s Lepat, une grande école est supposée formé un ESPRIT, quelqu’un CAPABLE DE REFLECHIR, donc pour se former à de nouveaux métiers, il suffit souvent d’acquérir la technique. Fondée sur des savoirs acquis, sur une solide culture générale, une acquisition de simples techniques permet rapidement de se transformer!!!! pour un surdoué ça va tout seul….j’en suis la preuve vivante!

                  1. Je ne suis pas d’accord, la plupart des professions liberales (avocat, medecin, expert comptable, notaire, geometre etc) pour exercer exigent diplome specifique + stage etc
                    Vous pourriez etre le plus grand savant en medecine au monde, si vous n’avez pas le diplome et le stage, vous ne pouvez pas exercer ce metier

                    1. Qui ne veut pas faire trouve des prétextes, qui veut faire trouve des moyens. Je suis dans le deuxième camp, et vous lepat, semble t il dans le premier… Ma vie n’est pas simple, mais la vôtre doit être…invivable!

                    2. Peut-être pouvons-nous trouver aussi un autre mode d’expression, moins binaire et donc moins sujet à controverse, mais plus à réflexion… : dans de nombreuses situations, la question centrale est vraisemblablement de « s’autoriser à ».
                      Je vous renvoie à la notion d' »impuissance apprise » qui remonte souvent très tr-ès loin dans le temps, à l’aube de l’enfance.

                    3. @lost in time
                      Vous etes vraiment gonflé et de mauvaise foi, en plus d’attaques ad hominemdeguiséesen permanence , avec aucun debat sur le fond. En tout cas c’est terminé de dialoguer dans ces conditions. dialoguer
                      a quoi bon dialoguer avec des gens

  6. Bonsoir,

    Après une expérience professionnelle traumatisante qui se termine lundi prochain suite à un entretien qui devra déterminer les modalités de la fin de mon CDD ainsi que les dispositions financières qui seront prises (le tout à « l’amiable »), je commence sérieusement à penser que de nombreux individus sont des psychopathes en puissance. Après avoir été le bouc émissaire de toute une entreprise pour des raisons totalement irrationnelles, j’ai pu expérimenter et recevoir en pleine face la misère morale et la bassesse intellectuelle de nombreux individus. Je ne raconterai même pas ce que j’ai pu vivre dans cette entreprise, tant cela vous paraîtra incroyable mais qui je pense ferait malheureusement écho pour certains lecteurs. Quoiqu’il en soit, autant dire que je mais en garde les pro-actifs créatifs ayant un bon sens prononcé de calmer leurs ardeurs quant à la possibilité de pouvoir faire des propositions spontannées… car tout mon « drame » repose sur des propositions qui ont touché l’ego de la dirigeante ainsi que des équipes. J’ai fait fasse à ce que l’humain à de pire en lui, soit (en gradation ascendante) : raillerie, isolement, dénigrement de mon travail, rumeurs erronées, dénigrement de mon intégrité morale et physique, abus de pouvoir, sabotage de mon travail, violences verbales et atteinte à ma vie privée.
    Tout ceci m’amène aux conclusions suivante :
    – 1) Si la méchanceté et la bassesse morale seraient un jour considérées par le DSM comme étant les signes d’une grave pathologie, 95% de la population serait atteinte de ce mal. Ce qui m’amène à comprendre désormais pourquoi depuis que je suis enfant je suis fasciné par les films de Roméro sur les zombies trouvant qu’il y avait un parallèle assez étrange avec la manière dont je percevais le monde.
    – 2) Je comprends pourquoi les films portant sur les X-men, la série Heroes, les films Matrix, un monde meilleur, un homme d’exception, la série Fringe, les films Gataca, Existenz, Pi, et bien d’autres faisant appel à une population scindée par des particularités qui les opposent, m’ont fait dans ma vie tellement écho (bien que la qualité des productions audiovisuelles citées ne soient pas toutes égales en termes de mise en scène, etc…)
    – Je sais pourquoi l’allégorie de la caverne de Platon sur laquelle j’ai planché pendant des mois lorsque j’étais ado m’a permis de comprendre que cette allégorie était destinée à faire comprendre aux hauts potentiels qui s’ignorent de l’importance de s’en référer la pensée divergente et que ce que la population générale voyait n’était qu’un mince reflet du réel et qu’il était possible pour certains de percevoir le monde de l’extérieur et de manière hors cadre et encore plus loin.
    – Je sais aujourd’hui pourquoi j’ai toujours pensé que le monde ne tournait pas rond et que plus qu’une grande de la population se trouve dans un aveuglement généralisé permettant à de nombreux individus d’éviter le choc que représente le fait de voir le réel tel qu’il est.
    – Je sais désormais que ce qu’on appelle une personne surdouée est une personne qui comme dans le film « Matrix » est un individu qui sorti du cadre est tout simplement apte à le juger et à le transformer car il a CONSCIENCE que la plupart des individus sont atteints d’une cécité qui les arrange mais les bride par la même occasion.
    – Je sais pourquoi alors que je me sais surdoué, je ne veux plus vraiment peindre, sculpter, écrire des livres ou des essais, ou de la poésie… Pour qui ? Une masse d’aveugle, sourds et muets qui ne comprennent pas la portées des messages.
    – Je comprends pourquoi j’utilise de manière très fréquente l’expression « instinct grégaire » que j’ai emprunté à Nietzsche et dont je comprends désormais le sentiment de solitude et la colère.
    – Je comprends désormais pourquoi je n’ai jamais cautionner, avant même l’expérience du rejet, le fait d’exclure un individu d’un groupe à cause d’une différence quelle qu’elle soit.
    – Je sais pourquoi à 18 ans, alors qu’un homme se jetait dans les rails de la gare d’Enghien-les-Bains dans le Val d’Oise, j’ai été le seul qui après le choc de voir cet homme d’une quarantaine d’année désespéré, soit descendu sur les rails pour extirper l’individu hors des rails avant qu’un train ne passe.
    – Je sais pourquoi plus j’avance dans la vie et plus je me sens différent de trop de gens, pourquoi je ne vois plus mes parents et pourquoi je n’ai presque plus d’amis.

    je sais désormais que les personnes capable d’empathie sont les humains avec lesquels je peux échanger au sens noble du terme sans compétition d’ego, sans que la personne ne soit dans un combat implicite ou inconscient, et je sais que par-delà les capacités intellectuelles, ce qui fait un humain est la capacité de voir en chacun un égal, chose qui désormais ne me sera néanmoins plus possible.

    Avant je considérais chacun comme un égal potentiel, mais j’ai perdu le vernis de mon bon humanisme. Désormais et selon mon filtre de ce qui me paraît bon ou mauvais, élevé ou bas, avancé ou attardé, je jaugerais les individus selon leurs valeurs morales ainsi que leurs capacités intellectuelles car cela va généralement de pair pour ce qui est de l’intensité de ces deux paramètres.

    A vrai dire, je ne pourrais plus jamais excuser un être humains pour des actes déviants et immoraux selon un problème lié à l’inconscient ou autre.

    je serais élitiste, selon mes propres critères.

    1. Bon courage GPBL
      il me semble d’abord important que vous repreniez votre souffle et que vous digériez cette expérience très certainement traumatisante.
      Prenez soin de vous

    2. Je suis très touché par votre post, GPLB, c’est à peu près le genre de réflexions que je me faisais lorsque j’étais étudiant (j’ai également vu et revu le film Pi…) et c’était extrêmement lourd à porter (dépression existentielle). Cependant, l’expérience m’a appris depuis qu’il ne faut pas généraliser à outrance. On rencontre de « bonnes personnes » douées d’empathie également chez les « normo-pensant », et il ne faut pas idéaliser la catégorie des « surdoués » qui sont également affectés par les tares humaines, principalement les problèmes d’égo, de narcissisme, sans compter les ravages que peut produire au quotidien le manque de confiance en soi et les complexes… Ceci étant posé, nous évoluons je pense dans une société qui a pris comme valeurs et comme normes les manifestations pathologiques de la classe supérieure : c’est la fameuse équation de la poursuite de l’intérêt individuel qui est sensé correspondre, en théorie, à l’intérêt collectif. Cette doxa qui tient à la fois lieu de morale et de postulat économique est en réalité schyzophrénogène puisque concrètement on a jamais constaté une telle équation entre poursuite de l’intérêt individuel et intérêt collectif… Une société qui fonde ses rapports sociaux sur de tels postulats ne peut que produire de la déviance mentale et des conflits de plus en plus nombreux, chacun étant en guerre contre tous. Plus grave, nous favorisons l’ascension aux postes à responsabilités des individus les plus dénués de scrupules moraux, les plus égoïstes, les plus dénués d’empathie, bref, des sociopathes (il n’y a qu’à regarder le personnel politique).
      Les seuls individus ne sont donc pas à blâmer, nous évoluons dans un contexte globale qui favorise et encourage le type de comportement que vous dénoncés.

      PS : Si le sujet vous intéresse, je vous recommande un film absolument fascinant sur la banalité et la « rationalité » du mal : Conspiracy
      https://www.youtube.com/watch?v=tPIctGbAZEQ

      1. Je vais regarder ce film avec grand intérêt… Je ne peux que citer Nicolas Gogol (écrivain russe) qui pensais par un lucide (en partie) et malheureux constat que la main du diable était posée sur le monde (ou un truc dans le genre). Son regard sur la société était sombre, mais sa renommée internationale qui perdure dans le temps est peut-être le reflet d’un art fédérateur. Sa vision pessimiste est néanmoins peut-être le reflet d’une hypersensibilité défensive… Tiens intéressant… « Hypersensibilité défensive »…

      2. Ivan,

        J’ai commencé à regarder le film, mais je crois que ce n’est pas le moment pour l’instant pour moi de voir ce genre de chose. Mais en effet, l’humain peut être terrible…

    3. Quand j’ai su que je suis hp, j’ai compris pourquoi Harry Potter m’avait tellement parlé que je l’ai lu en boucle pendant trois ans, en français puis en anglais. Vous y remplacez « sorcier » par « surdoué » et c’est tout à fait ça. À une époque de grande souffrance, lire et relire Harry Potter a été une véritable thérapie pour moi, et qu’importent les ricaneurs.

      Courage, GPBL, je comprends ce que tu ressens mais il y a malheureusement des cons partout (càd aussi parmi les hp) et, heureusement, aussi des gens bien partout, même parmi les np. 🙂

      Prendre du recul par rapport aux médiocres de tous poils, travailler pour soi et en indépendance, je crois que ce sont les seules solutions. Quant à brider ta créativité au motif que personne n’est digne de tes oeuvres, c’est oublier un peu vite les milliers de personnes qui sont comme toi et sauraient les apprécier, non ? (sous-entendu : ben et nous ?! :()
      🙂

  7. Je suis en train de lire « la renonciation à l’identité » de Georges Devereux. Pour une fois, un ouvrage sans verbiage, très accessible, court avec des idées nouvelles, qui ne sont pas tripatouillées sur 600 pages mais sur une petite centaine. J’y ai retrouvé beaucoup de thèmes qui apparaissent dans ce blog, dans les interrogations : le faux self, l’identité, le rapport à la thérapie, la « normalité », le classement des maladies mentales, c’est pour cela que je vous le fais un peu partager. la première phrase m’a drôlement parlé : « L’objet de cette étude est le fantasme que la possession d’une identité est une véritable outrecuidance qui, automatiquement, incite les autres à anéantir non seulement cette identité, mais l’existence même du présomptueux – en générale par un acte de cannibalisme, ce qui transforme le sujet en objet ». Il explique très bien comment certains modes d’éducation particulièrement en occident visent à nier dès le plus jeune âge les besoins de l’enfant, et surtout, comment on crée des pathologies et des névroses (renonciation à une identité) par incapacité des individus de s’adapter à une société…qui est elle même de plus en plus névrosée. « J’ai signalé jadis que, pour bien remplir sa fonction, le symptôme doit être contraire aux mœurs et aux coutumes; il doit refléter un négativisme social. Ce fait a malheureusement suscité une grave confusion entre l’inadaptation et la névrose; confusion contre laquelle je ne cesse de protester. Un névrosé est toujours inadapté; un inadapté peut fort bien ne pas être névrosé. En effet, un homme normal est inévitablement inadapté dans une société pathologique, mais cesse de l’être s’il peut émigrer » (phrase qui me rappelle celle e Krishnamurti : « Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être adapté à une société malade ». Dans la préface de Robert Neuburger, il est écrit »La classification des maladies mentales est aujourd’hui le carcan de la psychiatrie, qui transforme tout émotion en pathologie » et plus loin : « De nombreuses personnes présentant des troubles d’ordre psychique réclament en effet que leur soit renvoyé par les thérapeutes un « diagnostic » et de plus proposé un traitement – de préférence pharmacologique – comme si les maux de l’âme pouvaient être assimilés à des troubles organiques ». Il faut dire que les patients eux-même réclament pour eux-même de la normalité…et il précise que les thérapeutes bien souvent n’étudient leurs patients qu’en ayant déjà un carde et un résultat en tête, ce qui justifie de bien des résistances…
    Une belle pensée dense en arborescence et à contre courant de bien des écoles, ça devrait plaire à certains, en tous cas ça me plaît beaucoup 🙂

  8. Tout ceci est bien vrai, il faut être vigilant, le monde qui s’est construit autour de nous est bien cynique, et, qu’il s’agisse des médicaments ou de tout autre produit de consommation, l’intérêt des « puissants » sait très bien s’organiser pour manipuler la société.
    J’ai fait des études d’histoire contemporaine et de socio, et j’ai été largement « déniaisée », on apprend des choses qui font froid dans le dos, et surtout on apprend à toujours essayer de savoir pourquoi tel ou tel évènement a lieu, ne pas (trop) croire les médias et voir à qui profite le crime…
    Je porte donc aujourd’hui une attention particulière au cynisme inimaginable dont une société (ou plutôt ses élites) peut être capable.

    Cependant… Il ne faut pas se tromper de cible…
    Il faut savoir que la psychologie est une discipline assez récente (une centaine d’années) et que de nombreux débats, scientifiques mais avant tout idéologiques et politiques, ont lieu en son sein, et que l’on trouve des multitudes de positionnements différents par rapport à la maladie ou la non maladie, par rapport au style de thérapie à proposer, à la position du patient (que certains se refusent à appeler d’ailleurs « patients »), etc, etc…

    Et dans ces débats, sachez que ceux qui pourfendent le plus ardemment les classifications internationales (avec des arguments pour lesquels je suis en grande partie d’accord) sont cependant les mêmes (les psychanalystes pour ne pas les nommer) qui dénient toute existence à la notion de surdouement, en donnant des explications processuelles aux phénomènes d’hyperintellectualisation par exemple qui sont parfois discutables…(par exemple une personne qui « fait obstacle à la relation thérapeutique » ou voire même, pire, ose parfois penser « être plus intelligente que son psy » s’accroche en fait à la réalité immédiate pour masquer ses phénomènes infantiles ou fait en sorte de tout rater dans la relation thérapeutique car il veut être malade ..sic etc. etc. ..).

    Je ne connais pas encore assez les théories psychanalytiques pour en commenter les aspects acceptables ou non, mais ce que je sais c’est que ces débats autour de la « maladie » sont complètement saturés idéologiquement.
    Les psychanalystes font souvent partie en effet de l’intelligentsia de gauche, celle où l’on trouve les Michea et autres philosophes, sociologues, et heureusement qu’ils sont là, car face aux dérives actuelles de la société libérale nous avons bien besoin de ces garde-fous éclairés, mais à force d’être « contre », ils ne sont plus ouverts à une notion très délicate à manier pour la gauche qu’est « l’intelligence » (même si on sait tous ici que ce n’est pas que d’intelligence dont on parle).
    Mais comme il y a tabou, il n’y a pas de discussion, et quand vous vous aventurez à évoquer ce genre de pistes, vous tombez immédiatement dans le clan des « défendeurs de la vision concurrentielle et élitiste néo-libérale ».
    Bref, j’ai beau être profondément de gauche, je me méfie quand même de la bien-pensance de gauche qui rejette toute volonté de progression scientifique sous prétexte que cette science serait néo libérale (ça ressemble presque à de l’obscurantisme).
    Même si il faut toujours être vigilant et critique vis à vis de la science, qui n’est pas toujours innocente, il n’y rien cependant rien de pire que les dogmes, tout de gauches qu’ils soient.

    Parce qu’à côté, il existe aussi d’autres disciplines du champ psychologique qui tentent de donner d’autres réponses, pas forcément médicamenteuses, et en partant du principe qu’une personne ne se réduit pas à son « trouble » mais qu’il faut s’appuyer chez elle sur ses points forts pour aller plus loin.
    Et qui, pour parfois moins critiquer les DSM, sont assimilés de facto à des « rééducateurs normalisateurs » pour faire rentrer les anormaux dans les clous… Et inutile de vous dire que la plupart de ces psychologues sont bien bien loins de ces visions là, ils cherchent seulement un minimum d' »efficacité » (ouille le vilain mot néo-libéral!) ou du moins d' »utilité » dans leur méthode d’aide, car ils ont en face d’eux des personnes qui souffrent. (Ceci dit, là non plus la question du surdouement n’est pas encore très avancée… mais elle peut au moins être évoquée).

    Mais bon, je reconnais que dans tout ça, je ne parle pas vraiment de la psychiatrie, qui est l’objet même de cet article, car je ne la connais pas vraiment.
    Si ce n’est que je vis avec quelqu’un qui est bipolaire, et que j’ai cru comme beaucoup qu’il pourrait un jour se passer de médocs, et que je dois reconnaitre comme Baguerra que parfois ça aide, vraiment, ça aide à vivre tout simplement …

    Quand à la question de la maladie ou non maladie, de la normalité, de la relativité par rapport au contexte et à la culture, c’est une question récurrente et très intéressante, dont on pourrait dire beaucoup (il y a des choses passionnantes à en dire).
    Je dirai simplement que, quand il y a souffrance, qu’elle est exprimée et que la personne demande à être aidée, les psychologues répondent à la demande de leur patient avant tout. Et qui n’a jamais vraiment connu une dépression ne fera jamais la différence entre une simple humeur chagrine ou un vrai sentiment d’anéantissement morbide (je pensais comme beaucoup avant de l’avoir vécu, que les malheurs des individus se jouaient dans les conditions sociologiques et historiques dans lesquels ils vivaient, et que le meilleur moyen de s’en sortir était de trouver, avec sa volonté et sa raison, une « sagesse » intérieure grâce à la philo ou autres lectures permettant de comprendre le monde, et je pensais que les psy étaient seulement là pour les personnes ayant eus des vrais grands et « beaux » traumatismes d’enfance… et puis quand « ça » m’est tombé dessus, que ma volonté et ma raison ne servaient plus à rien, que mes lectures ne m’aidaient plus, que je n’avais pas trouvé de traumatismes, j’ai du admettre qu’il se passait autre chose..).

    Bref, soyons vigilants, mais gardons à l’esprit que nous sommes nous-mêmes, avec cette notion de « surdouement », « inventeurs » d’un « nouveau » diagnostique, qui, même si il semble être moins « pathologisant » que d’autres, correspond néanmoins à des critères et descriptifs, et qui, même si il ne va pas dans le sens des médocs et grands labos pharmaceutiques, bouscule néanmoins certains esprits, parmi ceux avec lesquels pourtant on est parfois le plus en accord sur de nombreux autres sujets.

    1. Merci Météo de ce commentaire circonstancié et particulièrement constuctif.
      Savoir raison garder… c’est quand même le fond de mon propos (je ne m’oppose absolument pas à la prise de médicaments, mais bien à des décisions prises un peu à l’emporte pièces…)
      Et aussi le sens du billet qui suit celui-ci, qui met en avant les thérapies fondées sur le comportement et la cognition à la place ou à côté des médicaments.

      James T Webb et al. a rédigé un livre qui traite des dangers d’un mauvais diagnostic pour les surdoués (« Misdiagnosis and Dual Diagnosis of Gifted Children » – Authors: James T. Webb, Edward R. Amend, Nadia E. Webb, Jean Goerss, Paul Beljan, F. Richard Olenchak – Citation: Abstracted from Misdiagnosis and Dual Diagnoses of Gifted Children and Adults: ADHD, bipolar, OCD, Asperger’s, depression, and other disorders. (2004) Scottsdale: Great Potential Press.http://www.sengifted.org/archives/articles/misdiagnosis-and-dual-diagnosis-of-gifted-children) – mauvais diagnostic qui vient d’une méconnaissance des mécanismes qui « font » le surdon… bon ok – faudra peut-être que je me fende d’une traduction de la page que je mets en lien…

      Je me faisais la réflexion (au demeurant déjà plus ou moins évoquée ici ou là dans ce blog) que le surdon n’existe QUE parce que nous sommes dans une société fondée sur la division des tâches avec une volonté forte de mise à la norme par la simplification….
      Et je me rends compte que ce sont peu ou prou ce que Huxley d’un côté (Le Meilleur des Mondes) et Orwell de l’autre (1984) ont dénoncé.

      1. Météo, j’ai lu très attentivement votre post, très intéressant.

        Je m’attarderai juste sur sa deuxième partie, la maladie, la dépression, et OUI, je vous rejoins totalement, et tous les dépressifs le savent, seuls ceux qui y sont passés admettent, et…comprennent.
        Je rencontre en ce moment les pires difficultés à faire concevoir à une amie que ma fille NE PEUT PAS chercher du travail, reprendre ses études, vivre, bref « juste faire un effort », comme elle dit.
        Elle conçoit les médicaments, l’état éventuel mais pas l’impossibilité de se bouger. Nous les parents l’écoutons de trop, il faut la bouger, me dit-elle, en toute amitié s’entend.
        Ma fille la semaine passée a fait une crise de désespoir intense, une douleur psychique terrifiante, qui hors ceux qui connaissent peuvent le comprendre??
        La douleur psychique est au moins aussi violente et handicapante que la douleur physique.
        Et quand j’ai annoncé que ma fille avait été détectée surdouée et que sa dépression était accentuée par cela, alors là, grand étonnement…Comment est-ce possible ?
        J’ai beau expliquer les liens, les raisonnements, les questions existentielles profondes, rien n’y fait.
        Je ne comprends pas qu’on ne comprenne pas, vraiment !

        1. Je comprends qu’on ne comprenne pas, mais je comprends très bien de quoi il s’agit, pour être de ces personnes littéralement paralysée du dedans (quoique moi pas en dépression mais coincée par la dyspraxie). Comme dit un personnage de Fred Vargas « Tout fonctionne mais rien ne marche« . C’est… épouvantable à vivre.
          Une des raisons de ma phobie sociale est de ne plus supporter d’entendre ce genre de koneries yakafôkon.

          Pour l’étonnement des gens face à la douance, ben c’est normal, personne ne sait vraiment ce que c’est, les livres de Cécile et des autres (en particulier MdK) sont vraiment indispensables mais encore trop peu connus des personnes non directement concernées.
          Et ce que véhiculent les media est en-dessous de tout, comme trop souvent.

      2. Effectivement, je crois que vous avez en partie raison sur ce point. Le surdoué n’est pas l’homme du fordisme ou taylorisme, ce moule est trop petit pour lui
        De plus je suis surpris du cloisonnement social intellectuel des surdiplomés dans la société actuelle. Par exemple, malgré mon bac+5 et divers masters je n’ai jamais eu de cours de socio ou psycho valable, ne fut ce qu’un seul cours pour aller donner envie de voir plus loin !
        La psycho sociale, extrement interessante n’est enseignée a la fac que depuis récemment, c’est presque hallucinant.
        j’ai tout appris par moi-même
        de plus bien que diagnostiqué HQi a l’ecole, on ne m’a jamais expliqué ce qu’etait la douance, je ne me rappelle pas plus jeune avoir vu un seul article sur la douance ou emission (ou autre) et je trouve la litterature en langue francaise tres lacunaire.
        selon arielle adda le sujet de la douance est meme tabou en France depuis mai 68.

        je crois qu’on sous-estime enormement la manipulation, le contrôle et le formattage social

    2. Merci pour votre commentaire car il pointe du doigt le fait qu’appréhender l’intelligence par la connaissance des sciences durs ou par la croyance, fut-elle psychanalytique, sont deux domaines totalement différents.
      Diagnostiquer le « surdouement » par des sciences durs (neurosciences , génétique…) serait le plus sûr moyen de valider notre différence.

  9. Parmi les 410 « troubles mentaux » du DSM IV la PMD (psychose bipolaire ou maniaco-dépressive) en est un vrai qu’il faut continuer à enseigner aux étudiants en médecine, avec une douzaine d’autres environ.

      1. Je le pense aussi…la maniaco-dépression est connue depuis un certain temps, mais je ne suis pas certaine que toutes les classes qu’elle comporte aujourd’hui l’étaient, elles.

        Le nom a été changé pour celui de bipolaire (deux poles, un haut un bas), plus « doux » que le 1er, et permettant justement d’y englober plus de classes.
        Par exemple, pour ma part, je suis classe II, avec une très forte propension à la dépression, nettement moins à la maniaquerie qui est légère chez moi, enfin était, et de ce fait, ma pathologie était difficilement décelable : quand j’allais bien, et que j’étais « un brin » survoltée, en crise haute, les psys d’alors ne voyaient qu’une amélioration de mon état…amélioration temporaire, quelques jours au plus, et retour dans la dépression, plus ou moins marquée.
        La classe II est la moins risquée si on peut dire en terme de dangerosité (risque de suicide, c’est quand mm chez les bipolaires qu’il est le plus élevé, de dépenses inconsidérées, de conduites à risque…), mais la plus dure à stabiliser.
        Alors je me dis que combinant douance et bipolarité, mes hyper-ceci ou cela prennent une importance démesurée….

        D’aucun diront que c’est un effet de mode, et qu’on en trouve de plus en plus. Ce n’est certainement pas faux sur le fait d’en trouver, pas de l’effet de mode.
        On connait en effet mieux cette pathologie, et est à même de la diagnostiquer, même si de mon avis cela reste encore largement en dessous de ce qu’il faudrait.
        Pour ceux que ça peut intéresser je mets le lien de Wikipedia, bien fait je trouve.
        http://fr.wikipedia.org/wiki/Trouble_bipolaire

        1. Bonjour,
          mon propos va peut-être vous paraître outrancier mais je me pose la question suivante : On a donc « inventé » des tas de nouvelles maladies pour personnes en mal d’adaptation … d’une société qui, elle, va bien, cela va sans dire.
          Nous n’avons pas tous l’étoffe d’un Martin Luther King, loin s’en faut, mais que se serait-il passé s’ il avait été diagnostiqué « troubles mentaux axe II  » avec fortes propensions aux « problèmes psychosociaux et environnementaux altérant le fonctionnement »
          Prends tes médocs et rentre chez toi ? … Réveillons-nous ! Nous aidons nous-même une élite à nous passer la camisole de force !

          1. « Nous aidons nous-même une élite à nous passer la camisole de force ! »

            Et une élite dont il est évident que la plupart de ses membres sont, eux, bien détraqués ! Même si ce n’est pas politiquement correct de le reconnaître…

            Lire et relire la phrase de Krishnamurti « Ce n’est pas un signe de bonne santé mentale d’être bien adapté à une société malade« 

          2. Bonsoir,
            Il y a une sacrée différence entre le mal d’adaptation, et la souffrance psychique réelle.
            Quand vous en êtes au plan suicide, sérieux, posé, défini, que tout est prêt même la date, alors je me permets de considérer que là il y a pathologie, et que là une aide s’impose.
            Je vais à l’extrême, mais c’est bien réel, le bipolaire classe II peut en arriver là….

            Il faut savoir qu’un très grand nombre de maladies mentales sont dues à un déséquilibre hormonal, totalement indépendant donc de soi-même, et qui plus est avec une propension à être héréditaire.
            Le neurologique a également sa part dans ces pathologies.
            Alors l’inadaptation à la société, et de fait l’entrée dans un schéma voulu par les médecins, je ne peux souscrire.
            La société peut accentuer les symptômes, mais pas besoin d’elle pour être déjà en souffrance.

          3. Pour Bagheera : pour moi, il ne s’agit pas de nier les souffrances psychiques réellement liées à des dérèglements ou dysfonctionnements physiologiques, mais de refuser qu’on mette dans ces catégories des personnes qui n’en relèvent pas (et inversement, donc). Parce qu’une personnes détectée malade alors qu’elle est « seulement » hp va aussi énormément souffrir de soigner une maladie qu’elle n’a pas. Personnellement, je n’ai pris de trucs chimiques qu’une fois dans ma vie, quelques semaines quand j’étais jeune, le toubib m’avait prescrit un truc pour « déconnecter » (grosses angoisses, phobies, insomnies etc.) et j’ai failli me faire écraser en traversant devant une voiture lancée à vive allure, tellement j’avais déconnecté (mon cerveau ne comprenait plus que voiture = danger). Je n’ose imaginer la loque que je serais devenue si je n’avais arrêté aussitôt cette cochonnerie. Depuis, j’ai utilisé l’homéopathie en cas de besoin, et diverses techniques « douces » et ça suffit quand il n s’agit pas d’un dysfonctionnement physiologique.

            Bref, c’est drôlement compliqué tout ça, il y a malheureusement beaucoup de malhonnêtes qui en profitent, dans un sens comme dans l’autre.

            En tout cas, c’est super si vous, vous avez trouvé le truc qui vous soulage, c’est ça qui compte, que chacun-e trouve sa solution. Les débats ici y contribuent 🙂

    1. Bonjour Eric

      Merci de l’alerte. Mais ce documentaire n’est pas pour autant à l’origine de mon billet, il est là pour l’illustrer. Je l’ai trouvé en faisant quelques recherches sur l’histoire du DSM et j’ai vu dans ce reportage un montage très « à l’américaine », mais pourtant éclairant.
      J’ai croisé un certain nombre de médecins autour de moi (libéraux et hospitaliers), dont des psychiatres, qui s’inquiètent de cette psychiatrisation / médicalisation à outrance.

      Vous allez mal, hop, une petite pillule et sans effort, vous rentrez dans le rang.
      1) c’est sans effort, c’est le choix de la facilité : la personne ne progresse pas et elle ouvre elle-même la porte à la manipulation d’autrui
      2) on rentre dans le rang, on ne pense plus par soi-même, la créativité perd du terrain, le changement (pour l’amélioration par exemple) est évité – ouf !
      C’est à mon sens la version moderne de la pratique romaine « Du pain et des jeux » (d’autant que les médicaments sont remboursés totalement comme le pain était gratuit)

      C’est en ça que le billet qui présente le documentaire d’Arte et les travaux de Doidge sur la capacité du cerveau à se réparer tout seul est aussi intéressant.

      1. « C’est à mon sens la version moderne de la pratique romaine « Du pain et des jeux » (d’autant que les médicaments sont remboursés totalement comme le pain était gratuit)

        Je pense en effet que nous sommes en plein là-dedans, il n’est que de regarder les programmes télé de + en + affligeants. On a juste remplacé le pain par les médicaments comme le remarque fort justement Cécile (je ne savais pas que le pain romain était gratuit !) Le comble c’est que si les médicaments sont gratuits, la nourriture est, elle, de plus en plus coûteuse et nombre de personnes, même salariées, doivent faire le choix entre manger et payer un loyer ! C’est finalement encore pire sous cette forme « moderne » que sous la forme antique 🙁

  10. Au début le DSM fut un outil de recherche et d’épidémiologie…il serait devenu clinique disent certains..mais est-ce parce qu’ils le disent que cela est vrai?
    La revue Prescrire avait écrit un texte intéressant sur le sujet en 2010 http://www.prescrire.org/fr/3/31/46484/0/NewsDetails.aspx
    pour ma part j’attends avec grande hâte ( ironiquement of course)l’apparition du « risque de trouble psychotique » comme diagnostic clinique…Mademoiselle vous parlez comme une concierge nous disait un excellent prof…
    Ceci dit avez vous déjà lu les causes d’exclusion de garantie de vos assurance ?…celles ci relèvent souvent plus d’un inventaire à la prévert que de notions scienifiques…
    Ne vous prenez pas la tête avec cela croyez moi 🙂

    1. Hm… quand il s’agit de la prescription de médicaments pour des populations qui acceptent tout « parce que c’est le médecin qui le dit » ?

    2. Bah oui, j’ai lu les clauses d’exclusion de garanties de mes contrats d’assurance…c’est normal, c’est mon travail, je bosse dans un cabinet d’assurances…. 😉

    3. Ne pas se prendre la tête avec ça ? Quand des surdoué-e-s sont encore pris pour des psychotiques, des bipolaires ou des borderline et détruit-e-s à coup de drogues chimiques pour fiche la paix aux bien-pensants ? Est-ce bien raisonnable de fermer les yeux pour rester zen ? Est-ce bien raisonnable de rester zen (aveugle !) quand on tue à petit feu des humain-e-s sous nos yeux ?

  11. Une de mes connaissances a perdu son mari l’année dernière, après quarante ans de mariage heureux. Moins de six mois après, elle était tout étonnée de pleurer encore quand elle pensait à lui et envisageait qu’elle faisait un peu de dépression… J’en suis restée baba. Le chagrin n’existe donc plus ?
    Autrefois, alors que les gens se mariaient sans amour, les veuves portaient le grand deuil pendant un an, et maintenant que les gens se marient par amour, il faudrait ne plus rien éprouver quelques jours après le départ de son compagnon de vie ?
    °.°
    Quelle époque barbare nous vivons… La plupart des gens ne souffrent que d’une chose : de carence affective, de manque de tendresse, de manque de respect, de manque de chaleur humaine, de manque d’écoute, de manque de présence, de manque de sens, de manque de temps… Comment ne pas devenir fou dans nos sociétés déshumanisées ?

    1. L’Homme a tout simplement oublié qui il est, a oublié de s’écouter, ne le veut plus même, car ce n’est pas « rentable ».
      Voilà bien le mot, rentabilité, aujourd’hui où tout n’est que profit, argent, réussite sociale, écrasement des autres, qu’est devenue l’essence humaine ?
      A chaque fois que je regarde l’émission TV « Rendez-vous en Terre inconnue », des peuplades, des tribus où être un Humain a un sens, je me dis « voilà les vraies valeurs », oh, effectivement la vie est dure, enfin, finalement dure pour qui, pour quels critères ?
      Les nôtres, car eux paraissent heureux malgré ce que nous nommons difficultés, ils savent profiter de l’existence, et connaissent sa valeur.

      Ma foi, je ne suis pas positive, mais…n’ai-je pas un peu raison quelque part ?

      1. Oui. Cela fait longtemps que je suis toujours frappée par ces photos de petits enfants africains ou asiatiques, vêtus de haillons et couverts de morve et de poussière, mais au large sourire. Quel enfant « occidental » sait encore sourire comme cela ?

  12. La norme récente (récente au regard de l’évolution de nos sociétés) de notre société est établie par les entreprises, et les nouveaux gurus de notre époque sont les grands patrons. Certains articles établissent le lien clairement entre l’entreprise et les profils de psychopathe, idem pour certains patrons (J’ai été proprement sidérée des réactions autour de la mort de Steve Jobs). A partir de là, si la norme d’un mental « sain » est celle là, étalonnée par des gens également « sains » (…) quoi d’étonnant à ce que les divergences constatée par rapport à cette norme se trouvent brutalement décuplées? Ce n’est pas le nombre de maladies mentales qui explose, mais la quantité de gens qui ne peuvent tout simplement pas s’adapter à ce système « inhumain »(interdit d’émotions, de deuil, de rituels, d’échanges authentiques, de contacts, de sens, de place dans cette société…). Echange ce midi à la cantine : « Il était tout paniqué, alors, je lui ai expliqué que ce qu’on fait n’a strictement au-cun sens, il a eu l’air rassuré ». Et non, c’est pas le gentil gars paniqué qui est fou, c’est la boîte, faut juste le savoir avant de prendre ses calmants, comme ça on sait pourquoi on les prend c’est déjà ça.

    1. Vous avez tout à fait raison. Notre société « libérale capitaliste » est régie par des valeurs très particulières empruntées à certains économistes comme Ricardo, Smith et Say. Ces valeurs de base sont la poursuite de l’intérêt individuel, la réussite personnelle, et l’égoïsme décomplexé. Ces dites « valeurs » ont toujours été fermement recadrées car considérées comme nuisibles dans les sociétés post industrielles. Par un tour de passe-passe (emprunté à Ricardo si mes souvenirs sont bons) la doxa économique pose comme principe de base de l’économie et de la vie sociale contemporaine le paradoxe que la poursuite de l’intérêt individuel serait bénéfique à l’intérêt général, ce qui n’a en pratique jamais été démontré. Les valeurs économiques qui régissent la vie sociale de nos sociétés industrielles sont schyzophrénogènes et psychopathologiques. C’est la conclusion de Korzybski. Ce type de société est façonnée par une élite elle même largement composée de psychopathes (dénués de sens moral, d’empathie et de remord) qui imposent leurs valeurs à l’ensemble du corps social. Tout le monde pourra aisément remarquer qu’il est en pratique extrêmement compliqué d’accéder à des postes à haute responsabilité tout en ayant un sens moral élevé. Il est tout à fait normal et logique qu’une telle société qui maltraite psychiquement les individus et les enferme dans des positions paradoxales (par le management, la manipulation mentale) et dans le mensonge du double langage permanent, entraine une augmentation des troubles psychiques… On peut également remarquer l’augmentation parallèle de la judiciarisation de la société et des rapports sociaux, judiciarisation qui vient pallier la déliquescence du sens moral traditionnel remplacé par les pseudo « valeurs » et les injonctions paradoxales du système économique libéral.

      1. Ah j’adore votre réponse étayée, et je vais aller vite regarder ces références! (mon mari me fait ça tout le temps, étayer ses propos avec les références justes, pas un étalage de savoir casse couettes qui me fait m’évanouir d’ennui mais une vraie belle mémoire qui a stocké ce qui l’intéressait et ne ressort que ce qu’il faut au moment opportun, et ça me laisse pétrie d’admiration, même si ça énerve beaucoup les gens en général qui pensent perdre à un coucours, c’est atroce et hilarant quand il s’agit de politique bref je m’égare). Je tilte sur « la poursuite de l’intérêt individuel serait bénéfique à l’intérêt général », car ce qui est faux en terme d’intérêt économique tel qu’il a été traduit dans notre société, serait parfaitement adapté si on laissait chaque personne développer ses propres talents sans chercher à la « (dé)posséder », si on développait et distibuait les richesses de façon mesurée. Le problème de fond, c’est cette idée profondément ancrée qu’on ne peut être comblé que si on a plus que l’autre, voire si il n’y a rien du tout, ce serait l’idéal pour tellement de gens. Et ça, j’ai beau faire, c’est comme la jalousie, je n’y comprends rien.

        1. Si vous êtes intéressée par ce sujet, je vous recommande vivement Jean-Claude Michéa, très clair et percutant : « la double pensée, retour sur la question libérale » ou encore de Christian Arnsperger « l’homme économique et le sens de la vie », ou encore, de Serge Latouche : « L’Occidentalisation du monde : Essai sur la signification, la portée et les limites de l’uniformisation planétaire ». Ces auteurs gagnent à être connus. Bonnes lectures à vous !
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Latouche#Bibliographie
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Claude_Mich%C3%A9a
          http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Arnsperger
          Voir aussi Paul Jorion qui a sorti récemment une BD géniale sur le système capitaliste et financier : « La survie de l’espèce » :
          http://www.pauljorion.com/blog/?p=41739

      2. Tres bien dit et je pensais la meme chose que vous, c’est comme si vous aviez ecrit mes pensées.

        A ce sujet j’ajouterias comme reference « the corporation » qui demontre que l’entreprise est une institution avec des caractéristiques psychopatiques dans sa recherche a tout prix du profit
        Les psychopathes qui réussissent sont dans les grandes entreprises car ils peuvent y exercer le plus de pouvoir (ceux qui réussissent pas sont en prison)

        J’ajouterais qu’un des problèmes des HPi est souvent leur sens moral plus elevé de par leur intelligence plus elevée, ils sont plus dans le rationnel et moins dans l' »animalité humaine ».

  13. Il y a quelques années, je suis tombée sur un reportage télévisuel concernant les laboratoires pharmaceutiques: on y voyait un ancien dirigeant d’un grand groupe américain ( à l’époque ou il était encore en exercice et ou on était moins prudent quant à ses déclarations médiatiques) exprimer avec beaucoup d’entrain que son métier consistait, en partie, à découvrir de nouvelles maladies …. Et il est vrai que dans le domaine de la psychiatrie , « le terrain de jeu » est vaste!!( En parenthèse et un peu sur le meme fil que ce sujet, j ‘ai beaucoup aimé le livre du philosophe Alain, « Propos sur le bonheur », ou il parle entre autre, des causes physiologiques possibles au sujet de nos variations d’humeur- telle une mauvaise digestion qui peut entrainer une certaine forme d’angoisse-, et permet parfois de pouvoir relativiser et apprivoiser certains de nos maux de l’esprit).
    Et puis aussi, autre réflexion sur le meme thème: puisque l’on dénombre de plus en plus de maladies mentales( qui ne sont en faite que des humeurs très humaines),et que nous en sommes très vite informé, cela n’aurait-il pas tendance à mettre sous pression les gens, qui- voulant rester dans une certaine norme et surtout ne pas etre suspecté d’etre potentiellement « malade »- se voient obligé de se controler en présence des autres, d’ou frustration, agressivité, manque de confiance dans la relation, rapports superficiels, isolement…etc, et donc à développer encore plus de mal-etre susceptible de rentrer dans les case du DSM. Un cercle infernal!!!!!

    1. D’où l’importance j’ai envie de dire d’être suivie par un très bon généraliste, qui saura détecter si risque ou non de maladie mentale il y a et orienter le sujet vers un très bon psychiatre si besoin.
      La société dans laquelle nous vivons nous oblige malgré nous à une certaine norme, nous assaille de facteurs sources d’anxiété, d’hyper réactions pour nous les HP, et comment faire quand il faut vivre, puis survivre là-dedans ?

      Tout est sujet à combat, et parfois le combat se perd. Que faire alors ? Laisser le sujet se refaire seul, et de fait supporter tous les désagréments, les risques, les souffrances qui y sont liés, ou l’aider à refaire surface ?
      Et puis plus simplement, a-t-il les moyens de se refaire seul et suffisamment rapidement pour de nouveau intégrer « sa » société, puisqu’il n’a pas le choix?

      Ma foi, pour ma part, je me dis que dans une autre société, un autre mode de vie, je n’aurais possiblement pas été bipolaire…ce d’autant plus que cette pathologie souvent latente ou peu visible explose entre autres au contact d’évènements très perturbants, générateurs de souffrances réelles, un burn out magistral pour ma part, et qui dit burn-out dit stress professionnel (merci la clientèle par exemple…)

      1. Ou alors, dans certains cas, trouver la force de s’éloigner de cet environnement « hostile », environnement au sein duquel des personnes trouvent vos propos dérangeants, d’autres votre comportement trop « libre » au regard de leur aliénation personnelle ( plus ou moins consciemment perçue)à la norme, et préfèrent brandir « l’évidence » d’une pathologie mentale, plutot que d’affronter leur vérité.

        1. Je dirais quand même que quand on est bipolaire, incontestablement, les proches souffrent, des proches qui sont eux aussi surdoués, donc à même d’accepter certains comportements.
          Mais ma fille me le rappelle souvent : quand tu étais en phase haute (rarement), tu étais insupportable, excitée, courant partout, rangeant sans cesse, intrusive dans nos vies persos…Et moi, je finissais cette phase haute épuisée, car on ne dort pas bcp, on n’en ressent pas le besoin, énergie de folie, et le corps ne peut supporter cela longtemps.
          Quant aux phases basses, courantes, elles, c’est déprime, déprime, angoisse, enfermement, manque d’envie, bref. Et ça aussi c’est lourd pour les proches.

          Depuis que je suis sous traitement, et qu’enfin on a trouvé le bon, et le bon dosage, je reste dans des rails gérables, pour moi, comme pour les proches, et tout le monde y trouve son compte.
          Maintenant je peux avancer, chercher à être en phase avec moi-même. Surtout depuis que je connais mon surdon.
          Bref, je suis vraiment bipolaire, car détectée comme telle par un psy magique et confirmée par le Professeur Lançon, préfaceur de l’ouvrage de Cécile.

          1. Merci Bagheera de votre témoignage.
            Exemple de l’importance de poser un diagnostic adapté.
            Mon idée n’est pas de condamner le recours aux médicaments, mais bien de demander aux thérapeutes de raison garder en évitant de recourir abusivement à des médicaments.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *